‘There will be blood’ (Trad : ‘Il y aura du sang’) est un film américain signé Paul Thomas Anderson, sorti en 2007, c'est aussi le patronyme d’un trio italien, issu de la région de Varèse, qui ne fait pas dans la dentelle. Une formation née 2009 qui réunit Davide Paccioretti (chant et guitare rythmique), Riccardo Giacomin (guitare et harmonica) et Mattia Castiglioni (batterie et percussions). Ce groupe avait déjà publié un Ep en 2010 intitulé "Prologue" et un autre en 2013, "One to nothing", dit le Diddley EP, ainsi qu’un album en 2011, "Whenever you go".
La mise en route est un peu chaotique, avant que le trio n’adopte le tempo du boogie pour attaquer "Ain't no places, no matter". La voix de Paccioretti est tonitruante. Elle prend naturellement le dessus. La musique est rustre, sans concession. Les deux grattes lui donnent son relief. "Twister" est imprimé sur un tempo vif, une compo largement inspirée par le blues primitif du delta. Castiglioni martèle ses fûts sans ménagement, mais c’est lui qui assure la cohésion de l’ensemble. Les cordes réverbèrent des sonorités particulièrement métalliques. A l’instar d’un Canned Heat enfermé dans un garage, le trio cherche une ouverture. "Kneel to your slave" se révèle plus menaçant. Davide hurle sa colère, tel un rapper assoiffé de sang, face aux riffs écrasés à la manière du Sabbath originel. Un style de riff qu’on retrouve sur "My face carved in stone", un autre blues lent au cours duquel les grattent érigent un véritable mur de son. Oui TWBB aurait pu naître au cœur des collines du Nord du Mississippi et enregistrer sur le label Fat Possum, comme le Jon Spencer Explosion en compagnie du bluesman R.L Burnside ou des Black Keys. Et c’est sur ces routes du Mississippi que "Souls cart" écrase la pédale des gaz. Une accélération fatale ! Manifestement le combo italien adore le boogie. Il le démontre sur "Voodoo", "Swamp" plage impressionnante au cours de laquelle il lorgne vers le ZZ Top des bons jours, et, en fin de parcours, "Back no more". A cet instant, Davide est proche de l'agonie. Une chanson qui s’achève à la manière d’une work song, comme à l’époque des chœurs d'esclaves dans les champs de coton. Le band se plonge dans l’atmosphère infernale d'un vieux juke joint branlant du Sud profond pour y déverser son énergie débordante et libérer un groove incroyable. C’est en sueur que la formation pousse son public au bord de l’anoxie. Se servant de "Truck", "Moonshine" et "Son of the lightning", ce dernier titre baignant dans un véritable climat de transe hypnotique. Le reste de l’elpee permet à tout le monde de souffler. Tout d’abord à travers "Snout", une piste unplugged. Les cordes sont bien sûr acoustiques, mais Mattia assume les percus à l’aide de cuillères. Rock/blues "Deeply well" adopte un tempo plus tempéré. Et l’opus s’achève par une chanson paisible intitulée "Last march", la marche d'un retour après une guerre qui aura été féroce…

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