Le MacKenzie Blues Band nous vient du Canada. De l’Ontario, très exactement. Un combo qui a d'ailleurs décroché, en 2014, le Maple Blues Award 2014, comme ‘Best new artist’ (NDR ; il s’agit des Oscars du Blues canadien). Ce quatuor est drivé par un couple. En l’occurrence le guitariste Trevor MacKenzie et la chanteuse Tara MacKenzie. Le duo est soutenu par le bassiste Joel Dawson et le drummer Mike Weir. Le groupe avait publié un premier opus en 2012, "Black road revelation".
Etrange, mais cette œuvre s’ouvre par une brève intro a cappella, réunissant voix féminines et masculines. Une sorte de spiritual baptisé "Prelude". "Down with love" nous plonge ensuite immédiatement dans un univers plus blues rock. Sara se réserve le micro. Les différents instrumentistes mettent le nez à la fenêtre ; Rod Ramsey ou Rob McLean à l’harmo ou encore Drew McIvor à l'orgue, invités pour la circonstance. Sans oublier Trevor à la gratte. Plus enlevé "Sweet stuff" embraie. Une piste au cours de laquelle Trevor semble plus cool sur ses cordes. Les choses sérieuses ne font que commencer. Tara se livre à fond sur "Move on", un morceau plus complexe. Le lead vocal se libère totalement sur le superbe blues "Bone cage". Mike et Joel assurent le backing de leurs voix graves. Et cet échange en devient finalement hypnotique. Excellente piste, "Burned when you play with fire" baigne dans un climat dramatique. La voix de Tara, l'harmonica et les cordes acoustiques entretiennent cette ambiance, avant que Trevor ne s’autorise une sortie déjantée. Il est même particulièrement inspiré tout au long d’"On the other side" une ballade empreinte de tendresse et de charme ; même si parfois, saturé de feeling, la guitare est au bord de la rupture. Drew McIvor signe "Ain't tryin' to hide", une compo intimiste. Soul, la voix de Tara est claire et précise. Elle s’étale sur trois octaves et demie. Une faculté dont l’exercice s’assimile à un art. Les interventions d’orgue et de guitare sont parcimonieuses, mais empreintes d’une grande sensibilité et mélodieuses. "I feel the storm coming" est la plus longue plage du long playing. Elle s’étale sur plus de 8’. Un blues indolent au cours duquel la guitare de MacKenzie s’aventure dans le psychédélisme, un voyage à l’acide, réminiscent d’une certaine époque vécue par la cité magique de San Francisco. "Up! Up! Up!" se singularise par sa rythmique bien marquée et son tempo énergique, un morceau où se mêlent soul, gospel et rock et au cours duquel Tara nous invite à se secouer. Le funk dispensé tout au long de "Higher road" est tempéré. Les échanges opérés entre l'orgue Hammond et les cordes de Trevor évoquent les débuts de Santana. Mais sans les percus. Nuance qui a son importance. Tara chante d’un timbre voluptueux "Spiritual power", un excellent soul blues. Sa voix pénètre intimement dans les accords de gratte, une voix généreuse, raffinée, respectueuse et tout simplement belle, qui monte progressivement en puissance. Cet elpee s’apprécie au fil de l’écoute. Enfin, il faut épingler le graphisme de la pochette réalisée à la manière d'une bande filmée.

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