Enregistré en novembre de l'année dernière, au cours de la célèbre émission ‘Unplugged’ d'MTV, cet album constitue, en quelque sorte, le testament du combo de Seattle. Parce que, faut-il encore vous le rappeler, six mois plus tard, son leader se donnait la mort. Témoignage dramatique, vibrant, d'un passé encore tellement récent, "Unplugged in New York" implique quatorze adaptations acoustiques, parmi lesquelles figurent un extrait de "Bleach" ("About a girl"), quatre de "Nevermind" ("Come as you are", "Polly", "On a plain" et "Something in the way"), trois d'"In Utero" ("Pennyroyal tea" , "Dumb", "All apologies") et un éventail de reprises partagé entre celles de Meat Puppets ("Plateau", "Oh Me" et "Lake of fire"), de David Bowie ("The man who sold the world") et enfin de Leadbelly ("When did you sleep last night"?). Ce disque, qui établit la balance vibrante entre le formalisme délicat et l'émotion âpre, exerce cependant autre chose que la fascination morbide d'un album posthume. Nirvana se montrant sous un angle auquel, jusqu'alors, il nous avait peu habitués. Suivant les nombreuses déclarations recueillies dans l'entourage de Kurt Cobain, il appert que Nirvana avait projeté d'enregistrer un album studio entièrement acoustique. Son projet s'est quand même concrétisé. Mais il sera le dernier. En tous cas sous la férule du James Dean des nineties.

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