En 1992, les Nits s'étaient complètement plantés en nous infligeant un "Ting" emphatique, sophistiqué à l'extrême, à la limite du prétentieux. Aujourd'hui, l'ensemble batave semble vouloir faire marche arrière. D'abord, le trio de base Hofstede-Stips-Kloet est revenu à une forme instrumentale plus conventionnelle. Impliquant la guitare, par exemple. Et même si elle n'est pas encore suffisamment mise en évidence, elle a enfin de nouveau voix au chapitre. Le mellotron et l'harmonium également. Quant à la participation d'un bassiste et d'un violoniste-percussionniste, elle permet au groupe d'élargir son horizon sonore... Ensuite, la construction mélodique épouse les vertus les plus naturelles, les plus beatlenesques de la pop. Pas seulement à cause des harmonies vocales qui sont toujours aussi raffinées et savoureuses. Mais parce qu'elles réverbèrent certains accents mélodiques courtisés par John Lennon, tout en abritant l'un ou l'autre intermède savoureusement chaotique, réminiscent de "Good Moorning, Good Morning" voire de "A Day In The Life". Un seul regret, l'album se complaît un peu trop dans un style confidentiel, sentimentaliste. Pourtant avec davantage de fragments de la trempe de "Bilbaoboa", cet opus aurait véritablement pu décrocher la timbale... Ce n'est peut être que partie remise.

Nederlands
Français 
