Eric Bibb est chanteur/compositeur. Il est âgé de 63 balais. C’est le fils de Léon, vocaliste de folk et de blues, mais également acteur. La discographie d’Eric est déjà conséquente. Il se considère comme un troubadour du blues. Il aime en rappeler les origines puisées aux sources afro-américaines. L'un de ses héros est le Dr Martin Luther King, qui a tant lutté pour les droits civiques des noirs. Il a intitulé son nouvel elpee, "Blues People" (NDR : traduisez, ‘le peuple du blues’), soit le même titre que l’ouvrage d'Amiri Baraka, signé sous le pseudo de LeRoi James, en 1963. Une approche sociale et politique du blues et du jazz qui a contribué au mouvement ‘Black Power’, destiné à la lutte contre la ségrégation raciale. Pour enregistrer cet opus, Bibb a reçu le concours de nombreux amis et collaborateurs.
L’ouverture de "Silver spoon" est empreinte de pureté et de dépouillement, un peu dans le style du John Lee Hooker originel. La section rythmique opère discrètement son entrée, avant que la guitare électrique –particulièrement inspirée– de Popa Chubby –un pote new-yorkais– n’entre dans la danse. Eric et Michael Jerome Brown cosignent "Driftin' door to door". Ce dernier se consacre à la slide sur cette piste, afin de ressusciter l'esprit du légendaire Bukka White, au sein d’un climat cool, digne de JJ Cale! "Turner station" baigne dans une même atmosphère intimiste. Le producteur, Glen Scott, siège derrière l'orgue Hammond, alors que Brown s’illustre à la slide électrique. Bibb reprend le "Chocolate man" de son ami Guy Davis. Et ce dernier, y participe. Nappé de cordes ténébreuses, "Rosewood" relate l’histoire du massacre d'Afro-américains, dans la petite ville de Rosewood (NDR : c’est en Floride), perpétré en janvier 1923. Eric adapte le "I heard the angels singin" du Reverend Gary Davis, un morceau caractérisé par les interventions à l'harmonica du Français J-J Milteau et le concours des voix envoûtantes des Blind Boys of Alabama. Il partage le chant auprès de la vocaliste de couleur noire Ruthie Foster (NDR : c’est une Texane !) et d'Harrison Kennedy (ex-Chairmen of the Board) tout au long de "Dream catchers", une compo qui mêle habilement gospel et reggae. Eric et son producteur Glen Scott conjuguent leurs voix sur le superbe "Chain reaction", une plage au potentiel commercial indéniable. De nombreux artistes ont apporté leur collaboration à "Needed time", une véritable fête vocale : Taj Mahal, Ruthie Foster, les Blind Boys of Alabama ainsi que Browne à la slide. Linda Tillery (NDR : fin des 60’s, elle assurait les vocaux chez Loading Zone, un combo issu de San Francisco) se réserve le micro sur "Remember the ones", un R&B légèrement cuivré. Le chanteur sud-africain Andre De Lange, apporte sa touche indigène à "Home". Enfin, cet excellent opus s’achève par "Where do we go", une plage à laquelle participe la charmante citoyenne de la Nouvelle Orléans, Leyla McCalla, au chant et au banjo.

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