Séduisante, Miss Janiva Magness est âgée de 59 ans. Elle compose et chante. Du blues et de la soul. "Love wins again" constitue déjà son douzième album. Janiva n'a certes pas connu que des joies dans son existence ; pourtant, elle se déclare aujourd'hui heureuse, car c'est l'amour qui est au-dessus de tout.
Elle ouvre l’elpee par "Love wins again", un morceau de soul dansante, tapissé élégamment par l’orgue Hammond d'Adrian Schierbaum. Superbe, la voix de Janiva est soutenue par les backing vocaux de Dave Darling. Et ils s’intègrent parfaitement à l’ensemble. C’est également son producteur, un personnage qui a beaucoup bossé en compagnie de Brian Setzer (Stray Cats) mais aussi de Tom Waits. Il signe aussi "Real slow", une plage qui baigne dans le même style. La mélodie est instantanée. La voix de Janiva légèrement rauque, mais délicieuse. Empreinte de sensibilité, elle est encore bien mise en relief sur l’indolent "When you hold me", un morceau enrichi par l'orgue Hammond et le saxophone d'Alfredo Ballesteros. "Say you will" est une autre chouette ballade soul. Les interventions de Darling à la gratte sont parcimonieuses. Profond, intense et tendre, "Doorway" constitue certainement le meilleur titre du long playing. Et il met en exergue une très belle conjugaison entre voix féminine et masculine, probablement celle de Darling, devant des cordes acoustiques. Un échange vocal qu’on retrouve sur "Just another lesson", une autre ballade harmonieuse, empreinte de douceur. Si on retrouve la chaleur naturelle de l’orgue Hammond tout au long de "Moth to a flame", ce blues est subtilement découpé dans les accords d’une guitare (NDR : serait-ce celle de Zach Zunis?) Cette gratte s’excite tout au long de "Your house is burnin'", une plage de pur funk qui remue, secoue même ! "Rain down" est une autre ballade au cours de laquelle on savoure la voix exceptionnelle de Janiva. Une seule véritable reprise, le "Long as I can see the light" de Tom Fogerty. L’adaptation est impeccable. Guitares et banjo servent de trame à une piste destinée à mettre à nouveau en lumière, l’organe vocal de Magness. A vous flanquer des frissons partout ! Et particulièrement homogène, l’LP s’achève par une compo à la fois belle et sentimentale, mais plutôt solennelle, "Who will come for me".

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