Agé de 65 balais, Eric Bibb chante une forme de blues traditionnel. C’est, en quelque sorte, un digne héritier du grand Taj Mahal. Né à New York, il réside depuis longtemps en Europe. Il s’est établi aujourd’hui à Londres, après avoir vécu à Helsinki. C'est là qu'il a rencontré les frères Haavisto, soit Janne (batterie) et Olli (pedal steel, dobro). Ces deux derniers lui avaient présenté Petri Hakala (mandoline, mandola). Et ensemble ils avaient entamé une aventure sous le patronyme d'Eric Bibb & North Country Far. Pour enregistrer cet elpee, le band a reçu le concours du bassiste Danny Thompson (Pentangle, Alexis Korner, John Martyn). Un vétéran anglais. Ce qui constituait à leurs yeux une priorité. Un disque enregistré au sein du studio The Grange, dans la campagne du Norfolk.
Eric chante d’une voix grave et sereine "The happiest man in the world", un excellent country/blues. Les cordes sont magiques, et tout particulièrement celles du dobro d’Olli et de la mandoline Petri Hakala, qui s’autorisent l’une ou l’autre sortie. Et ce dernier remet le couvert sur "Foolin' down the road", en s’appuyant sur la solide base rythmique constituée par la basse de Thompson et la batterie de Janne Haavisto. Petri se consacre au violon et Eric au banjo sur l’indolent "Tossin' an' turnin". "Creole Cafe" est une plage à la fois belle et cool. La basse acoustique et la mandoline y sont bien mises en exergue. "Born to be your man" élève le tempo. Ce qui permet une nouvelle fois à la magie des cordes d’opérer. Le poète Wendell Barry a participé à l’écriture de deux compos. Lui et Eric cosignent "Prison of time" une très ballade roots traversée par la pedal steel d'Olli. Et puis Bibb a mis un de ses poèmes en musique, "On the Porch", un texte qui traite du manque de communication et de dialogue. Le tout dans un climat paisible, entretenu par le dobro. Deux instrumentaux. Tout d’abord, l’interlude "1912 skiing disaster", une plage remarquable découpée par les interventions immaculées de Petri Hakala, aux cordes. Puis "Blueberry Bat", un intermède celtique que colore Mary Murphy de son irish whistle. Baignant au sein d’une atmosphère pastorale, cet opus s’achève cependant par une cover surprenante. En l’occurrence celle du notoire "You really got me" des Kinks. En version acoustique bien sûr. Cependant, le riff est intact. Et le tout est épicé par un zeste d’harmonica, dispensé par un pote finlandais, Pepe Ahlqvist…

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