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Savane (1)

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Feu Ali Ibrahim Touré est né 1939. Au Mali. Le long du fleuve Niger. Dans le village de Kanau, très exactement. Il avait reçu le surnom de "Farka" (NDR : traduction ‘âne’, symbole de la force et de la résistance physique), car il était le premier des dix enfants de la famille à avoir vécu jusque l'âge adulte. Très jeune, il s'installe à Niafounké, une bourgade sise à 200 km au sud de Tombouctou. Il en deviendra le maire. Ali s'est éteint en mars dernier. Il était atteint d’un cancer des os. Ali n'a pas fréquenté l'école. Il est devenu chauffeur de taxi, mais s’intéressait surtout à la musique. Il jouait de la guitare et plusieurs instruments traditionnels, tels le ngoni, le luth à 4 cordes, le njarka, le violon populaire ou encore le gurkel, petite guitare à une corde. Le Mali fête son indépendance en 1960 et Touré devient musicien professionnel. A la fin des années 60, il découvre la musique noire américaine et bien entendu le blues. Il est séduit par John Lee Hooker. En 1976, il commet son premier album "Farka". En 1987, il tourne en Europe et se produit à Wembley devant 18.000 personnes. Il se rend ensuite aux Etats-Unis et au Japon. Il signe chez World Circuit et grave un album éponyme. Puis "The river" en 1990 et "The source" en 91, flanqué de Taj Mahal. Il devient l'une des vedettes majeures de la World Music. Paru en 1993, et concocté en compagnie de Ry Cooder, "Talking Timbuktu" remporte un très gros succès. Réunissant des enregistrements antérieurs, "Radio Mali" est édité en 1996. Mais un an plus tard, il se retire chez lui, à Niafounké, pour se consacrer à l'agriculture. Il n'abandonne cependant pas définitivement la musique, puisqu'il aligne encore "Niafunke" en 99 et "In the heart of the moon" en 2005, avec le joueur de kora Toumani Diabaté. Pour cet elpee, un Grammy Award leur sera attribué ! En 2004, le réalisateur Martin Scorcese filme Ali dans un documentaire intitulé "Du Mali au Mississippi".

"Savane" constitue donc son album posthume. L’étiquette ‘le roi des chanteurs du blues du désert’ y a été apposée. Sur la pochette, Ali est assis sur un ‘rocking chair’. Sous les rayons d'un soleil que l'on devine brûlant, sa pose est nonchalante. Si la musique est qualifiée de ‘blues du désert’, c'est dans le sens le plus large du terme qu'il faut le comprendre. Balayé par le sable du désert malien, mais hydraté par le fleuve Niger, cette musique africaine est imprimée immuablement sur une rythmique hypnotique et entretenue par les cordes des ngonis, des njarkas et autres percussions. Des motifs répétitifs sur lesquels viennent se greffer l'harmonica de l'Anglais Little George Sueref (ex- Big Joe Louis & the Blues Kings) et le saxophone de Pee Wee Ellis (ex-James Brown Band). Ces deux musiciens opèrent le trait d'union entre le folklore malien et le blues tout au long du puissant titre d’ouverture "Ewly". Touré le chante d’une voix chaude qui ressemble étrangement à celle de John Lee Hooker. "Yer bounda fara" nous plonge davantage dans la culture indigène. Farka rejoint les voix des chœurs masculins. Tout comme sur "Sopa". La guitare adopte une ligne répétitive pour "Beto". Elle est suivie par le saxophone d'Ellis. Mais pour la circonstance, des voix féminines répondent au maître du désert. Enfin, d’une grande pureté, le titre maître met les cordes à l'honneur. Le rythme épouse imperceptiblement celui du reggae. Il provoque une certaine transe. Ali y improvise des mots dans la langue de Molière. "Penda yoro" rapproche davantage Touré du blues, en traçant, d'une certaine manière, un axe Niger Mississippi. Les deux grands fleuves entonnent des chants tribaux soutenus, par les inévitables percus. Sueref, le ngoni démoniaque de Ledi Coumbe, verse des larmes. Les cordes fiévreuses d’Ali entrent en éruption. Une nouvelle fois, "Machengoidi" nous entraîne dans un monde imaginaire fouetté par le blues des sables. Le motif rythmique y véhicule des chants plaintifs. Face à un ngoni dont la tonalité est empruntée à la basse, les poumons de George Sueref libèrent les notes d’un harmonica empreintes d’une grande tristesse. Cette conjugaison de sonorités opérées tout au long de "Ledi Coumbe" apporte du relief à cette plage à la richesse insoupçonnée. "Savane" poursuit son périple à travers les diversités des sons et des rythmes ainsi que des constantes imposées par l'ensemble. En finale, "Njarou" enfile de petites perles sur des cordes, des perles subtilement nacrées de jazz africain… Excellent!

Informations supplémentaires

  • Band Name: Ali Farka Touré
  • Genre: World/Reggae
  • Label Prod: World Circuit / Munich
  • Date: 2006-08-22
  • Rating: 0
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