Parfois, on rencontre des gens mystérieux. Prenez Billy Childish, par exemple. Ce gars est une légende vivante, un spectre mythique sous une peau d'homme. Vous ne comprenez rien à tout ce charabia ? Bon, pour vous situer: Howlin' Pelle Almqvist (The Hives) crève d'envie de posséder la discographie complète de Childish (estimée à plus d'une centaine d'œuvres…), Jack White a vainement essayé d'inviter le bonhomme à venir peindre (?) en préambule d'une de ses performances rouge et blanche. Kurt Cobain, lui-même, le chérissait depuis la sortie de "I'am the Billy Childish", disque nombriliste édité par Sub Pop en 1991. Et aujourd'hui, l'organe bluesy défoncé de Dan Auerbach (The Black Keys) s'inspire directement des déviances vocales du bon vieux Childish. Véritable icône en ce bas monde, le gaillard se permet une excursion en compagnie de ses Buff Medways. Le temps d'un album, Billy délaisse ses multiples activités artistiques (écrivain, poète, peintre, critique ou éditeur) et c'est en guitariste-chanteur conquérant que l'on retrouve l'artiste. The Buff Medways signent là un nouvel album et viennent confirmer que Childish demeure la seule et unique incarnation du rock-garage, le maître à penser d'une meute de jeunes loups aux dents bien longues. "Medway Wheelers" est une tuerie, une chiasse virulente de blues décapant: douze titres, douze singles. Sur disque, la facilité mélodique des Kinks croise le fer avec les riffs crasseux de Bo Diddley. Childih est de retour sur terre. Pour combien de temps ? Personne ne sait. Seule certitude: les mauvais élèves du revival rock'n'roll ont intérêt à la jouer profil bas… Billy a la gâchette facile !