Sixième album de Richard Buckner, et là on se dit que le bonhomme a enfin compris qu’il ne sert à rien de faire du bruit pour qu’on parle de lui. En mode mineur les guitares, profil bas le chant et les intonations, basse tension, Léon : avec « Dents & Shells », Buckner prend tout le monde par surprise, ah ah americana. Entouré de types pourtant dérangés du ciboulot (les Butthole Surfers et Bob Mould, entre autres), le songwriter déballe ses hantises country-rock sans trop jouer au tortionnaire de la pedal steel. « Steel » comme acier, sauf qu’ici la seule chose de trempée, c’est notre bonne humeur. Ridiculisée par les plumes et le goudron, elle s’est barrée la queue entre les jambes. Résultat : il n’y a plus personne pour écouter Buckner se plaindre, et c’est un peu dommage. Y a d’la joie, bonjour bonjour les hirondelles ? Pas de bol : ce salaud les a butées. Gageons que sans le printemps, on écoutera ce disque jusqu’à l’hiver. L’été ? Un truc d’indiens, pas de cow-boys. Et Buckner en est le plus beau des spécimens… Et le plus rare aussi. Vivement l’empaillement : sur la cheminée ça fera plein de jaloux.