Chanteur et guitariste Guitar Ray, alias Raymond Nijenhuis, est (NDR : vous vous en doutez !) néerlandais. Cet elpee (NDR : sur lequel Duke Robillard a eu la courtoisie de rédiger quelques notes sur la pochette) a été immortalisé ‘live’ au Nix BBBLues Club d’Enschede en 2003. Flanqué de ses Rhythm Dukes (Jaap Van der Sluijs à la basse et au chant ainsi que Hans Molenaar aux drums), Ray est avant tout un guitariste. Il maîtrise ses cordes jusqu'au bout des ongles. Il est capable de s’adapter à toute une panoplie de styles : blues, jazz, mais surtout le surf et le trash.
Il ouvre et clôture son concert par un instrumental surf issu de sa plume : "Rock Billy rock!". Signé B Johnson, "Rock", est un solide shuffle à la texane. La section rythmique soutient bien son leader. Ray ne possède pas une voix inoubliable ; aussi il privilégie avant tout les cordes. Et c’est dans ce domaine qu’il peur montrer tout son savoir-faire. Il se révèle même brillant sur le très west coast "Gee I wish". Une composition qui libère beaucoup de swing. Une tonalité jazzyfiante née de la créativité et de la virtuosité de Ray sur le manche. Une compo qui figure également au répertoire de Duke Robillard, pour ne rien vous cacher. Et il est capable d’accélérer son jeu le Hollandais. Aussi bien dans le domaine du jazz que lors de l’exercice country. A l’instar de "Jerry's breakdown" du countryman Jerry Reed. Il y joue de la guitare comme si c'était un banjo. Mais le style qui lui convient le mieux est la surf music. Il injecte un maximum de réverbération dans la sonorité. Comme sur "Well D-surfed". Une plage qu'aurait apprécié Link Wray. Et puis "Taco Taco", une autre de ses compositions au cours de laquelle il se rapproche très près des Ventures. Long slow blues, le "Reap what you sow" de Guitar Slim libère un bon feeling ; mais il se montre bien plus à l'aise dans le jazz. Et je pense tout particulièrement au très jump et rapide "Lonesome train". Tout en continuant à cultiver l’esprit jazz, il reprend brillamment "Chitlins con carne", un célèbre instrumental composé par Kenny Burrell dont Stevie Ray Vaugham avait concocté une illustre version. Autre instrumental, "Brent new" évolue dans un style country jazz. En finale, Guitar Ray revient à la surf music en interprétant "The ramble", un fragment écrit par l'une de ses sources d'inspiration majeures : Link Wray.