De son véritable nom David Kiefer, San Pedro Slim est issu de Los Angeles, même si depuis peu, il s’est installé à Costa Mesa . Un harmoniciste particulièrement apprécié au sein des milieux branchés. Au cours des années 90 , il avait commis un premier elpee intitulé "Another night in the town", sur le label hollandais Tramp Records, cher à Paul Duvivié. A l’époque il avait accompli un périple en Europe. Il s’était même produit au Grand Mix de Tourcoing, flanqué du guitariste Henry Carjaval, un musicien qui milite aujourd'hui chez les Mighty Flyers de Rod et Honey Piazza!
Il est resté un proche du clan Piazza ; car pour ce second opus, il a bénéficié du concours de Rick Holmstrom, le gratteur qui avait précédé Carjaval au sein des Flyers. Et force est de reconnaître que le niveau musical est ici très élevé. Andy Kaulkin au piano est irréprochable et la section rythmique (NDR : issue de Detroit), constituée du bassiste Dale Jennings et du drummer Donny Gruendler, est particulièrement solide. Slim est un compositeur et un conteur talentueux. Il signe les onze plages de ce "Barhoppin", dans un style immédiatement identifiable : le West coast blues.
"If I had my way" ouvre l’elpee. Une compo qui baigne dans le Chicago blues classique des années 50. Toutes les interventions d’Holmstrom sur son manche, sont savoureuses. "You're a vedil now" glisse vers le west coast, un style saturé de swing. Pour notre plus grand bonheur, Holmstrom est dans une forme réminiscente des meilleurs jours vécus chez les Flyers. Il est intenable. Dès que l’occasion se présente, ses cordes occupent le devant de la scène. Et il y porte une véritable empreinte de maître. Les cinq musiciens participent à "Door to door", un Chicago blues souverain caractérisé par un son pourri, comme ce n’est pas possible. La voix de Slim colle parfaitement à son sujet, pendant que Kaulkin libère toute son énergie derrière ses claviers. Pour la première fois, San empoigne sa musique à bouche. Une excellente intervention, manifestement inspirée par le dieu Little Walter. Il chante "When will I get my time". Un blues lent, dépouillé, qu’il interprète d’un timbre chargé de passion, de vitalité et d'émotion. Les arrangements sont minimalistes. La basse est acoustique. Les balais caressent les peaux. Dénuées d’amplification, les cordes de Rick sont bouleversantes. Andy ne concède que les notes indispensables sur ses ivoires. Rick amorce le titre maître. Le son de cette plage instrumentale est complètement pourri. La symbiose opérée par les différents écrase tout sur son passage. Le riff dramatique de "Tables do turn" est emprunté au fameux "Help me" de Sonny Boy Williamson. De bonne facture, cet elpee s’achève par une compo intitulée "Testify". Un morceau qui baigne au sein d’une atmosphère nonchalante et blafarde. Celle des marais louisianais. Réverbérés, les accents dispensés par les cordes de Rick se traînent.
Kaulkin est un musicien particulièrement talentueux. Il s’est illustré auprès de Billy Boy Arnold, Janiva Magness, Rick Holmstrom, et a participé à la dernière aventure de Lester Butler. Et ça c'est une référence ! Il compte un album solo à son actif : "Six foot seven and rising". Qui remonte quand même à 1996. Un personnage qui a participé aux sessions d’enregistrement du "Groove time" de William Clarke. C’était déjà en 94.

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