Phil est issu du New Jersey ; mais en 1989 il décide de s’établir à San Francisco afin de poursuivre des études universitaires. C'est dans la ville californienne qu’il prend goût au blues et au jazz et décide de devenir chanteur et harmoniciste. Il fait son écolage au contact d'autres musiciens ; et en particulier des souffleurs comme RJ Mischo, Gary Primich, Gary Smith ou encore Billy Branch. En 96, il fonde les High Rollers. Puis transforme ce patronyme en Dirty Cats. Sa musique s’inspire à la fois du Chicago blues, du West Coast Jump et du R&B de New Orleans. A cette époque, il enregistre deux elpees : "The High Rollers" en 1999 et "High time" en 2001. En 2004, il avait rendu hommage à Louis Jordan, en compagnie de son ami, le guitariste Dany Caron, un ancien membre du Charles Brown Band. Un disque intitulé "Phil Berkowitz plays… Louis's blues", très bien reçu par la critique.
Phil n'est plus un débutant. Pour concocter « All night party », il a fait appel à ses meilleurs amis. Et en particulier aux guitaristes Dany Caron et Sean Carney, Bill Stuve ainsi qu’Eric Blume ; et la liste n’est pas exhaustive. Sans oublier ses propres musiciens. En l’occurrence le guitariste Marvin Greene, le pianiste William Beatty, le bassiste Tim Wagar et le drummer Bowen Brown.
Cet opus est dédié à la mémoire de Jimmy T-99 Nelson et de Gary Primich. Et il s’ouvre par le titre maître. Bienvenue pour une belle nuit de fête et d’ivresse sonore. Gratteur notoire issu de Columbus, Sean Carney est venu renforcer le line up de base. "All night party" baigne manifestement dans la bonne humeur. "Straight up" a été mis en boîte à Colombus, dans l’Ohio, en compagnie du Sean Carney Band. Un shuffle bien rythmé, bourré de dynamisme (NDLR : qui a dit dynamite ?) La guitare rythmique de Carney est bien en place ; puis elle s’envole vers les sommets. Sean il a ramené son drummer, Eric Blume. Berko en profite à son tour pour se libérer sur son harmonica. Manifestement il est très à l’aise sur l'instrument chromatique. Il prend un nouveau billet de sortie lors de l'instrumental "Tonka T", démontrant qu’il est aussi bien capable d’intégrer des éléments jazz que swing à son blues de base. A cet instant, son style est très proche des autres souffleurs californiens. Phil ralentit le tempo afin d’aborder le blues indolent spécifique aux night-clubs. La solution sonore est aussi douce et savoureuse que celle d’un Charles Brown. Il interprète ce "Ghost child" d’un timbre plus velouté ; une compo relaxante cosignée par son ami Dany Caron. Le piano de Beatty occupe l'avant-plan. L'harmonica colore cet univers sonore paisible. La cover du "Always a first time" d'Earl King est abordée dans un style radicalement différent. Un R&B des fifties, façon New Orleans. Il souffle parcimonieusement dans son instrument au beau milieu d'une section de cuivres. Fort varié, le blues de Berkowitz est très susceptible de nous transporter aux quatre coins des States. Repris en chœur par ses acolytes et pimenté par les ivoires joués dans un style New Orleans, son "Beach bar boogie" est très vivace. Il libère à nouveau l'instrument chromatique face aux percus renforcées par Boven Brown. "Fine little honey dripper" nous transporte dans le monde jazz blues de T-Bone Walker. Son gratteur Greene peut enfin dévoiler son talent sur ce blues lent. La voix de Phil est convaincante tout au long du "If you were mine" de Ray Charles. Pour la circonstance, il est enfin épaulé par les cordes de Dany Caron. Direction Chicago pour la reprise du "Here's my picture" de Billy Boy Arnold, un personnage réputé pour ses rythmes sautillants (NDR : souvenez-vous également d’"I wish you would" et d’"I ain't got you"). Mais la version vire soudainement au boogie. En cause, les ivoires de Beatty ; et si la voix du leader affiche ses limites, il éclate littéralement sur son instrument. Sean Carney refait surface lors du très jazzy "She's my baby". Il s’appuie sur Mr Bill Stuve, son contrebassiste d'exception. Jeff Ervin en profite pour s’autoriser une très belle sortie au sax ténor! Particulièrement tonique, "I want a roof over my head" baigne dans le swing le plus pur. Et les musiciens prennent véritablement leur pied. "Midnight rooster" est un des meilleurs morceaux de l’elpee. Un blues dépouillé à l'extrême. L’émotion dans la voix est difficilement contenue. Stuve ne concède que de rares notes lugubres de sa contrebasse. Carney est d'une grande discrétion. Et l’harmo n’a jamais été aussi ténébreux… D’excellente facture, cet album s’achève dans la bonne humeur. La boucle est bouclée et on a l’impression de revenir à la case départ à l’écoute de "The party's over". Un blues qui rocke sur un tempo alerte. Le piano de Beatty est mis en exergue, pendant que Phil se met à improviser le thème de "Ce n'est qu'un au revoir", avant que la fête ne se clôture dans un élan de dixieland tonitruant!

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