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Serious fun

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David Barrett prend goût à l’harmonica dès l’âge de 14 ans. Et pourtant, il joue déjà de la trompette et du saxophone. Il accomplit ses premiers pas sur scène, à San Francisco. Auprès du souffleur Gary Smith. Il s'inscrit au Collège de musique et se forge rapidement une notoriété. A 20 ans, il écrit déjà son premier bouquin. Son titre ? "Building Harmonica Technique". Puis fonde ensuite un groupe répondant au patronyme d’Harmonica Masterclass Workshop. Il monte ensuite son propre atelier. Qui va attirer une multitude d’étudiants. Aussi bien issu des States (NDR : au moins 26 Etats !) que de huit autres pays. Depuis, il a publié une quarantaine de livres, cds et vidéos. Dans son fief, à San José, il a créé the School of the Blues, une école privée qui se consacre à l'étude du blues. Enfin, où on enseigne la guitare, l’orgue, l’harmonica, la basse, la batterie, le chant et l’improvisation. Il a côtoyé pratiquement tous les souffleurs notoires. John Garcia est prof de guitare au sein de cette School of the Blues. Faut dire qu’il est gratteur depuis plus de 35 ans. Il a notamment épaulé John Lee Hooker, Albert et BB King, Buddy Guy, Junior Wells, James Cotton, Hubert Sumlin, et des tas d’autres icônes du blues. Il a fondé son propre combo : le John Garcia Band. Garcia et David militent au sein du School of the Blues All-Star Band, un projet au sein duquel participent régulièrement d'autres bluesmen issus de la région. Et en particulier les bassistes Frank De Rose et Randy Bermudes, le pianiste Steve Lucky ainsi que le drummer Paul Revelli. La majorité de ce team a participé à la confection de cet elpee, paru en 2003.

L'opus s'ouvre par "Serious fun ", un titre instrumental rythmé. La densité sonore est conséquente. L'harmonica est au centre des débats. Tous les autres instruments se mettent au service du souffleur. Ce qui n’empêche pas les cordes de Garcia et l'orgue de Steve Czamecki (professeur instructeur à la Community Music School de Santa Cruz) de se réserver leur premier billet de sortie. Garcia se réserve les vocaux pour "I love you more everyday", un blues shuffle bien rythmé, au cours duquel Steve Lucky assure tant à l'orgue qu’au piano, alors que Barrett et Garcia démontrent, lors de leurs soli, que leur technique est très affûtée. Instrumental, "Lick train" est conduit par l'harmonica puissant de Barrett. Seul maître à bord, il s’inspire alors largement de Little Walter, empruntant une démarche fort proche d'un Rod Piazza des bons jours. Blues imprimé sur un tempo bien enlevé, le "Pretty girls everywhere" d'Eugene Church permet à Steve Lucky de tirer son épingle du jeu aux ivoires (NDR : Steve est également le leader d'un swing band californien, les Rhumba Bums, une formation au sein de laquelle milite la délicieuse Carmen Getit, au chant et à la guitare). Barrett accomplit un remarquable exercice de style en solitaire sur "Quiet world". A passage, il nous rappelle les meilleurs moments de Sonny Boy Williamson II. "Chicago style" est un autre instrumental au titre adéquat. Les sorties des principaux acteurs, David, Steve Czamecki et Garcia sont ici tout à fait remarquables. Garcia aborde  un "Minor attitude" sur un mode mineur qui sied si bien au blues. Toujours dans le registre ‘instru’, "Don't fight it" permet à l’excellent drummer Paul Revelli de sortir de sa réserve ; et il est soutenu par Steve Lucky sur le mode boogie woogie. Revelli a longtemps milité chez les Boss Talkers de Joe Louis Walker. Quant au bassiste, Randy Bermudes, il sévit aujourd’hui chez les Fabulous Thunderbirds. Particulièrement divertissant et de bonne facture, cet elpee s’achève par le tendre "Feelin' good"…

 

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