Ex-Smokin' Chillums, Backbone et Maxwell Street, ‘Lightnin' Guy’ Verlinde est belge. Il aime le blues ; et tout particulièrement celui qui nous vient de Chicago et de la Louisiane. Il chante, joue de la slide et de l'harmonica. Ce n’est pas encore un vétéran mais il n'est certes plus un débutant. Il a baptisé son nouveau groupe les Mighty Gators, un combo au sein duquel il a recruté le très jeune espoir Arne Demets à la guitare, Thierry Stievenart aux drums et Stefan Boret à la basse (NDR : deux anciens membres de Maxwell Street). Sans oublier Dominique Vantomme aux claviers (NDR : il avait notamment participé aux sessions d’enregistrement de l’album d’Ana Popovic, "Live in Amsterdam"). Si le combo s’était produit en juillet dernier, dans le cadre du Belgian Rhythm & Blues Festival de Peer ainsi qu'au Gouvy, ce long playing a été immortalisé en novembre 2008, au Link de Sint Eloois Winkel. Depuis, le line up a subi quelques modifications. Apparemment le prometteur Demets a quitté le navire et a été remplacé par Fredeerick Defraeye. Quant à Boret, il a cédé la basse à Dominiek Buyse.
Les Gators ne sont certainement pas des créateurs ; mais manifestement ils constituent des animateurs de premier choix. Car cette bonne heure de spectacle est de la pure dynamite. Lightnin' Guy joue de la slide et de l'harmonica. Une association d’instruments plutôt rare, il faut le souligner. Studebaker John Grimaldi en est probablement le plus bel exemple, cependant. Un blanc. Issu de Chicago, pour être plus précis. Et c’est justement par une reprise de son répertoire que l’opus s’ouvre. Une superbe cover de son "Highway king", au cours de laquelle la slide de Guy rugit sauvagement. Que du bonheur! Fougueuse et très présente elle attaque le "Goin' down" de Don Nix, un classique au cours duquel le jeune Arne s’autorise une sortie autoritaire et de toute grande classe sur ses cordes. Verlinde a également une bonne voix. Et il le démontre tout au long du "Cut you loose" de Mel London. Soutenu par un arrangement R&B, né de la conjugaison de la section de cuivres et de l'orgue de Van Tomme, les cordes se déchaînent une nouvelle fois lors de cet excellent morceau de funk. Le tempo ralentit pour permettre d’adresser un solide clin d'œil au reggae jamaïcain ; en l’occurrence le "Ain't no sunshine" de Bill Withers. Les Gators apprécient la musique issue du Sud des Etats-Unis. Un vent de fraîcheur souffle lorsqu’ils adaptent le répertoire de Sonny Landreth ; et en particulier "Congo square" et "Gone pecan". Guy empoigne enfin son harmonica et son intervention est remarquable tout au long du blues rocker très entraînant, "Automatic". Le voyage se prolonge au cœur de la Louisiane profonde à travers un "Gator bop" (NDR : signé Guy) très remuant ; puis de la quiétude des swamps, lors d’une version d’"Out in the rain" de Tony Joe White interprétée à la manière des Stones époque "Gimme shelter". Après s’être prêté à un nouvel exercice du funk ("Junko partner"), puis du blues ("Nine below zero)", les Mighty Gators mettent finalement le feu aux planches en alignant le "Hip shake" de Slim Harpo, "Do that boogie" et "Bon ton roulet", des morceaux de southern boogie participatifs de toute bonne facture. Un excellent album !

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