Si Jesca Hoop est de plus en plus visible sur la scène musicale contemporaine, ce n’est pas un hasard. Evidemment, les mauvaises langues vont imputer cette situation au coup de pouce accordé par Tom Waits. Et ce n’est pas tout à fait faux. En fait, Jesca était la baby-sitter de ses enfants ; aussi en gage de remerciement, il a fait parvenir la démo de la demoiselle à son producteur. Les relations, ça aide… Mais ne nous contentons pas de raccourcis faciles ; car même si la famille Waits lui a servi de tremplin, le potentiel de Jesca Hoop était plus que prometteur.
Déjà responsable d’une démo en 2004 (« Silverscreen Demos »), d’un album en 2007 (« Kismet ») et d’un Ep en 2008 (« Kismet Accoustic »), elle vient donc d’enregistrer « Hunting my Dress », une œuvre dont la beauté naturelle finit par griser. Affichant des faux airs de Björk, elle lorgne également vers la superbe d’une Kate Bush. Mixant le tout sur une trip hop non conventionnelle et timidement sautillante. Et lorsque ses compos empruntent des chemins de traverse, c’est pour osciller entre folk et rock, tout en prenant soin d’y apporter des arrangements post-prod tout bonnement sublimes.
Si « Whispering Light » semble couler telle une goutte de miel le long de son pot, « Feast of the Heart » libère une énergie et une rage positive plutôt rock. « Tulip » nous plonge dans une ambiance irlandaise, digne de Sean O’ Connor, tandis que « Murder of Birds » arracherait même des larmes à Joan Baez. L’éclectisme est d’ailleurs une des caractéristiques essentielles de « Hunting my Dress ». Et quoique constamment différentes, chaque plage nous procure un même plaisir. De brève durée (40 minutes découpées en 9 fragments), cet elpee n’en demeure pas moins abouti, empreint de charme et de volupté. Aussi je vous conseille vivement d’y goûter, avant d’y succomber…

Nederlands
Français 
