Je dois remercier mon rédacteur en chef, car il me propose, en effet, un tour du monde musical en ce début d’année ! Après avoir analysé l’album d’un natif des Iles Féroé, tEituR, place à la Guatémaltèque Gaby Moreno ! Il est beau le métier de chroniqueur me direz-vous…
Bien qu’elle ait emménagé à Los Angeles en 2001, Gaby Moreno est donc originaire d’Amérique Centrale. Mais, pas de bossa-nova ou de tango ici, plutôt une musique pop-folk relativement classique interprétée dans la langue de Shakespeare, et parfois de Cervantès.
« Still the Unknown » constitue son premier album. Il est sorti, il y a déjà 3 ans (!), aux Etats-Unis. Les morceaux de cet opus sont essentiellement acoustiques. L’instrumentation est soignée, surtout les accords de piano, mais manque cruellement de relief. La voix de la jeune compositrice est joliment enrouée. « Still the Unknown » est une œuvre paisible. Parfois un peu trop. Ce qui ne l’empêche pas de receler l’une ou l’autre plage de toute bonne facture. A l’instar du mélodique « Letter to a Mad Woman » ou du légèrement plus électrique « Little Sorrow ». Mais, en général, les plages nous communiquent une impression de lassitude (« It’s Been a Pleasure », « Song of You »). On est d’ailleurs, parfois, pas très loin de l’univers de Tracy Chapman voire d’Ani Difranco, en compagnie de laquelle elle a d’ailleurs tourné.
Hormis l’interprétation en espagnol de deux titres, difficile de déceler la moindre trace de musique latino dans ses chansons. Une exception qui confirme la règle, la ballade bouleversante, « Amapola », reprise d’une chanson traditionnelle du Guatemala que lui chantait sa grand-mère, quand elle était enfant.
Si l’influence de la pop anglaise était évidente pour tEituR, celle du folk américain l’est tout autant pour Gaby Moreno. Reste à espérer qu’elle creuse avantage le sillon d’« Amapola », lors de la confection de son nouvel elpee, qui devrait paraître tout prochainement.