Un dixième album studio pour Idlewild

Idlewild sortira son nouvel opus – un éponyme – ce 3 octobre 2025. Il s’agira de son dixième. En attendant, il a partagé le single intitulé "Stay Out Of Place". Le chanteur Roddy Woomble explique que la chanson traite de la multiplicité des voix et de la…

logo_musiczine

Miossec simplifie…

Miossec, le poète du Finistère, reprend la route avec "Simplifier", un album vibrant de…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

Suede 12-03-26
giaa_kavka_zappa_09
Béber

Béber

mardi, 22 novembre 2016 21:14

Alpine Seas

Très longtemps, Brian S. Cassidy a bossé dans l’ombre de Will Sheff. Il a ainsi participé à la confection d’une grande partie des albums d’Okkervil River. Ce multi-instrumentiste et professeur de musique a finalement décidé de se lancer en solitaire et de mettre en boîte un premier elpee. Il l’a baptisé « Alpine Seas ». Et l’a enregistré quasiment tout seul. Pour un résultat concluant.

Caractérisé par un mélange de folk, d’americana et de country, son univers n’est finalement pas tellement éloigné de celui du groupe au sein duquel il a longtemps servi. Douce et mélodieuse, sa voix rappelle celle de Tony Dekker. Même que sur le sublime « Beyond the Dark », une piste traversée par une lap steel, on ne peut s’empêcher de penser Great Lake Swimmers, dont Dekker est le leader. Le Texan n’hésite cependant pas à sortir des codes du folk pour se nourrir de sonorités davantage contemporaines ; à l’instar du morceau qui ouvre l’elpee. Il nous réserve également des plages plus énergiques (« Arcadia ») et même bien électrifiées (« Uncompahgre »). Ballade parfaitement orchestrée, « The South » fait la part belle au banjo, alors que c’est le piano qui balise « Rich Man ».

Pour un premier opus en solitaire, « Alpine Seas » est une réussite. Brian S.Cassidy y démontre qu’il est capable de s’adapter à des tas de styles différents. Il faudra suivre attentivement le développement de son projet solo…

mardi, 15 novembre 2016 20:24

Fantasy Walk

Après être remonté sur les planches en compagnie de Hollywood Porn Stars, Anthony Sinatra a donc décidé de relancer le projet Piano Club. Et bien sûr, Salvio Ladelfa est toujours à ses côtés. Un come-back qui vient de se concrétiser par la sortie d’un nouvel album, « Fantasy walk », qui fait suite à « Colore », paru en 2013.

Tout au long de cet elpee, Piano Club plonge dans les 80’s pour y proposer une synth-pop aux relents disco. Les Liégeois vont droit au but en recherchant les mélodies censées faire mouche. Et il faut avouer qu’ils y parviennent souvent. A l’instar du titre qui ouvre l’opus, « Splash ». A l’écoute de « Comets », on se surprend même à taper du pied ; et à plus d’une reprise. Les claviers s’en donnent à cœur joie sur des plages imprimées sur des rythmes entraînants, alors que la voix d’Anthony Sinatra adopte un timbre aigu afin de leur communiquer davantage de sensualité. Dommage que sur l’un ou l’autre morceau, la formation flirte avec le mauvais goût. Des pistes comme « 16th floor » ou « Houdini’s Challenge » se révèlent même totalement dispensables.

Mais dans l’ensemble, l’écoute de ce « Fantasy walk » reste agréable. De quoi mettre en forme avant d’entamer sa journée ! Maintenant, je n’irai pas jusqu’à prédire une certaine pérennité à cet LP. C’est d’ailleurs un pas que je n’oserai pas franchir…

 

mardi, 15 novembre 2016 20:18

Sand

Dans Dans est un trio issu du nord de la Belgique. Et "Sand" constitue son quatrième elpee. Le line up implique Steven Cassiers (drummer chez Dez Mona), Frederik ‘Lyenn’ Jacques (bassiste dans le backing group de Mark Lanegan) et Bert Dockx (guitariste de Flying Horseman). Le combo a donc décidé d’inscrire son projet dans la durée, sur la scène rock noir-jaune-rouge. Ce n’était pourtant pas gagné d'avance. Et pour cause, les plages, mêlant rock, blues ainsi que jazz, sont particulièrement longues, et nécessitent un certain temps avant de pouvoir totalement s’y immerger.

Mis en forme  par Koen Gisen (programmateur du Vooruit, guitariste de White Velvet et producteur de Bony king of Nowhere), cet LP baigne toujours au sein d’un même climat. Les compos sont indolentes, ténébreuses et traversées de déflagrations électriques. Des plages qui pourraient parfaitement servir de B.O. à un film où plane le suspense. Une piste comme "Chi Mai" est même hantée par un maître de cet univers, Ennio Morricone. Les musicos affichent une technique irréprochable. Les riffs sont parfois terriblement accrocheurs. A l’instar du titre qui ouvre le long playing, "TV Dreams". Et si certains développements superflus auraient pu être évités, il faut reconnaître que l’œuvre est intéressante. Elle s’apprécie d’ailleurs autant sous le casque, dans son salon, si on souhaite en capter toutes les subtilités, que distraitement, lorsqu’on cherche à récupérer de l’énergie…

 

mardi, 08 novembre 2016 02:00

L’émotion à son paroxysme…

Fondé en 1998, Okkervil River est considéré comme un des meilleurs représentants de la scène folk yankee contemporaine. Et pour cause, au fil du temps, sa musique a constamment évoluée. Sa discographie est conséquente. Elle compte 8 elpees et de nombreux Eps. Sans oublier les diverses collaborations auxquelles Will Sheff, le leader a participé. On rappellera quand même, qu’à l’origine, Jonathan Meiburg militait au sein du combo. Puis il a décidé de monter son propre projet, Sherawater.

S’il faut bien avouer, que les précédents opus ne sont pas exceptionnels, le dernier en date, intitulé « Away », est vraiment excellent. Faut dire que Will a renouvelé le line up de son band, presque dans son intégralité. On était donc curieux de connaître le résultat, sur les planches. Et la Rotonde semblait vraiment l’endroit idéal pour juger, s’il avait fait le bon choix.

Lors de sa tournée, Okkervil River a choisi pour supporting act, un jeune londonien, Lookman Adekunde Salami, aka L.A Salami. Il vient de graver un premier LP, baptisé « Dancing with Bad Grammar ». En général, les premières parties son rarement passionnantes et incitent plutôt le mélomane à s’attarder au bar, en taillant une bavette en compagnie de ses potes. Bon, bien sûr, il y a des exceptions. Et bien L.A Salami en est une. D’ailleurs, tout au long de sa prestation, l’hémicycle ne va jamais désemplir, le folk singer, armé d’une sèche et d’un harmonica, nous réservant un set d’une demi-heure particulièrement inspiré…

A 21h, les lumières de la Rotonde s’éteignent. Will Sheff grimpe sur l’estrade. Il est suivi de ses musiciens. Une demoiselle s’installe derrière son clavier, à droite, tandis que le guitariste et le contrebassiste optent pour la gauche. En arrière plan, siège le drummer. Le décor est adapté à la saison. Un paysage automnal est projeté sur une toile, sur laquelle on a accroché quelques feuilles d’arbre. Bucolique !

Le set s’ouvre par plusieurs titres issus du dernier opus, l’excellent « Okkervil River R.I.P ». Le son est excellent. Les balances sont impeccables. La voix de Sheff est vraiment bouleversante. Les musicos sont excellents, à l’instar du guitariste qui va nous réserver, tout au long du show, de superbes solos. Outre son répertoire récent, Okkervil River va puiser dans sa discographie antérieure. Ce qui nous vaudra de splendides –et surprenantes– versions de « Or Life is not a movie, or maybe », « For Real » ou encore d’« Unless It Kicks ». Entre les morceaux, Will échange quelques mots avec l’auditoire. Il nous rappelle qu’en 2008, il avait vécu un gros stress, sur le ferry, qui le conduisait de l’Angleterre à la France, alors qu’il suivait les résultats des élections aux States, opposant Obama à McCain. Une situation qu’il avoue revivre ce soir (NDR : son réveil a dû être difficile, quand il a appris que Trump avait été élu).

Vers 22h15, la formation vide les lieux. Quelques minutes plus tard, un spot éclaire Will Sheff. Il est derrière le public, seul armé de sa sèche. Le Texan attaque alors « The War Criminal Rises and Speaks ». L’auditoire est littéralement subjugué. Alors que le morceau entame un long crescendo, le musicos reviennent sur le podium pour lui emboîter le pas. A cet instant, un frisson vous parcourt l’échine. Rarement un concert n’a d’ailleurs été autant chargé d’émotion. Un set hors normes. Finalement, en ce sombre 8 novembre, on aura quand même vécu quelque chose de positif…

(Organisation : Botanique)

vendredi, 04 novembre 2016 02:00

Plus good good que bad…

Ce jeudi 3 novembre, Badbadnotgood se produit à l’Ancienne Belgique. Nonobstant son style musical, pas vraiment accessible, le groupe torontois a attiré la grande foule. C’est même sold out. Etonnant ! Maintenant, il est exact que depuis 2010, la progression du quatuor est constante. Elle ne souffre même d’aucun accident de parcours. En outre, le band canadien jouit d’une solide réputation en ‘live’. Et enfin, son dernier album, « IV » est vraiment excellent, une œuvre qui, outre ses morceaux instrumentaux, bénéficie du concours d’excellents featurings ; à l’instar du saxophoniste Colin Stetson, du chanteur Sam Herring (Futur Islands), du rappeur Mick Jenkins ou encore de la vocaliste Charlotte Day Wilson. On était donc impatient de découvrir comment les Canadiens allaient parvenir à retranscrire ce concept sur les planches.  

Le concert débute à 21 heures pile. A droite du podium, se plantent le bassiste Chester Hansen et le saxophoniste Leland Whitty. Et à gauche, le claviériste, Mathhew Tavares. Alexander Sowinski siège, derrière ses fûts, au centre.

Pendant une heure et demie, les quatre jeunes musiciens vont en mettre plein les oreilles au public, puisant leurs titres au sein de l’ensemble de leur discographie. Ce qui a manifestement plu aux amateurs de jazz. Chacun leur tour, les musicos vont démontrer leur aisance sur leur instrument. Le set est truffé de solos de basse, batterie, sax et batterie. Il y en aura pour tous les goûts. Mais heureusement, le show ne s’est pas limité à une succession de démonstrations gratuites. Pas du tout. Et pour cause, Badbadnotgood nous a réservé également des parties mélodiques, émouvantes, parfois même, entraînantes. Ainsi, derrière ses fûts, Alexander Sowinski galvanise l’auditoire, qui n’a pourtant guère besoin de stimuli pour s’éclater.

La réputation live n’était donc pas usurpée ! Ce type de groupe jazz à la technique irréprochable, capable de soigner l’aspect mélodique tout en communiquant autant avec son public, ne court pas les rues. C’est une certitude. Une chose est sûre, la formule fonctionne à la perfection. Et on comprend ainsi mieux l’engouement suscité par ce spectacle.

Pomrad assurait le supporting act, un groupe anversois –de jazz, of course– qui est parvenu à tirer son épingle du jeu. Un choix judicieux donc…

(Organisation : Botanique)

 

En 1997, Dinosaur Jr. explose. Et le mot est faible ! Les musicos se quittent d’ailleurs en très mauvais termes. Mais, en 2005, le combo se reforme, sous le même line up. Et il rencontre autant de succès qu’au cours des 80’s et des 90’s. Ce soir, il se produit à l’Ancienne Belgique ; et le public a répondu présent. Faut dire que le groupe devenu mythique peut toujours compter sur une ‘fan base’ conséquente. Et puis, le band ne s’est pas uniquement reformé pour des raisons financières ; il continue de publier des albums aussi inspirés que ceux gravés lors de sa première tranche d’existence. Le Dinosaur Jr. n’est pas du genre à se travestir. Intitulé « Give a Glimpse of What Yer Not », son onzième opus (quatrième depuis son come-back), ne déroge pas à la règle et s’inscrit clairement dans cette lignée.

La salle est presque pleine. Majoritairement masculin, le public est essentiellement constitué de trentenaires. Et plus que probablement des nostalgiques du grunge et de l’indie rock des nineties, vu le look qu’ils arborent : pour la plupart, cheveux longs et chemises à carreaux. Des murs d’amplis Marshall sont disposés des deux côtés du podium. De quoi rappeler de beaux souvenirs aux adeptes du genre.

A l’AB, les spectacles sont ponctuels. A 21h, les lumières s’éteignent. Le trio légendaire monte sur l’estrade. Murph s’installe derrière ses fûts au centre de la scène tandis que Jay Mascis prend place à sa droite et Lou Barlow, de l’autre côté. Un quatrième larron viendra circonstanciellement rejoindre le band, à la rythmique.

Dès le début, le ton est donné. Dinosaur Jr. est venu se produire un concert. Pas question de perdre du temps en palabres (NDR : si Mascis a prononcé trois phrases, c’est beaucoup !) La set list s’ouvre par des plages du nouvel elpee. Le light show privilégie les teintes vertes et violettes, à l’instar des couleurs affichées sur la pochette du long playing. Les sonorités de gratte et de basse sont grasses. Tranchantes, les distorsions sont légion. Cependant, les vocaux semblent un peu trop en retrait. Résultat des courses, ils sont trop souvent noyés dans l’ensemble. Sans doute pour mettre davantage en exergue le talent des trois instrumentistes. Impassible, Mascis enchaîne les solos sans manifester aucune excitation (NDR : il est considéré aujourd’hui comme un des meilleurs guitaristes contemporains). A contrario, Lou Barlow sautille et secoue constamment sa chevelure. Derrière ses fûts, Murph est aussi précis que puissant dans ces frappes.

Pendant une heure et demie, le groupe va enchaîner les titres de son répertoire. Particulièrement homogène, sans jamais baisser de régime, son set peut être qualifié d’excellent, même si on regrettera le manque de communication entre le groupe et le public. Sinon, musicalement, c’était parfait…

(Organisation : Ancienne Belgique)

lundi, 31 octobre 2016 02:00

Pile

A Giant Dog a donc publié son troisième opus, « Pile » chez Merge (Destroyer, Arcade Fire, M.Ward, Lambchop,…) ; une formation texane (NDR : elle est originaire d’Austin) qui cherche à ressusciter le punk/rock des 70’s. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien qu’elle reconnaît pour influences majeures, les Ramones, les Stooges ou encore le Velvet Underground.

L’elpee a été mis en forme par Mike McCarthy (Poliça, Spoon, ...And You Will Know Us by the Trail of Dead, …) ; et il est parfaitement parvenu à capter l’énergie débordante de la blonde Sabrina Ellis. Mais aussi à la restituer. Les plages de « Pile » allient simplicité et efficacité, surtout à travers les refrains. Le quintet ne cherche jamais midi à quatorze heures. Des morceaux comme « Sleep When Dead » ou « Creep » flairent la bière et suintent de transpiration. Rien de tel pour se réveiller de bon matin ! Les Américains n’hésitent cependant pas chercher d’autres ouvertures. A l’instar de « King Queen », véritable morceau de rock’n’roll ‘old school’. Ou tout au long de la ballade « Get With You and Get High ». Et même sur l’excellent « Jizzney », une piste sculptée dans le psyché/folk.

A défaut d’être original, ce troisième essaie constitue un joli ballon d’air frais. Il y a peu de chance qu’il rejoigne les œuvres incontournables ; mais une chose est sûre, il procure de bonnes sensations.

 

dimanche, 16 octobre 2016 19:01

Ha, Ha, He

Quelques mois seulement après avoir publié un premier elpee éponyme, le jeune quatuor barcelonais (NDR : les musicos sont âgé de 17 à 20 ans !) nous propose déjà une suite. En fait, le laps de temps qui s’est écoulé entre la sortie des deux opus est tout simplement la conséquence d’un changement de label. Et c’est justement ce passage chez l’écurie new-yorkaise Captured Tracks (DIIV, Mac Demarco, Wild Nothing,…) qui a posé problème.

Tout au long de « Ha, Ha, He », Mourn adresse un nouveau clin d’œil au noise-punk-rock des 90’s. Alignant 11 morceaux en moins d’une demi-heure, la band espagnol ne perd manifestement pas de temps. La musique est incisive et énergique. Imaginez Shellac en version juvénile et accessible ; le tout coloré par des voix féminines. D’ailleurs, on aurait bien imaginé Steve Albini derrière les manettes.

L’elpee s’ouvre par l’excellent instrumental « Flee ». La suite est plus noise-rock, des plages sur lesquelles les voix féminines entrent dans un jeu de questions/réponses (« Evil Dead », « Howard »). L’opus recèle des pistes plus pop, à l’instar de la ballade faussement nonchalante, « Brother, Brother ». Et si « The Unexpected » permet à Mourn de démontrer sa maîtrise de l’art du crescendo, « Storyteller » se distingue par sa ligne de basse caoutchouteuse et ses brisures rythmiques subtilement inoculées.  

Bref, « Ha, Ha, He » est un LP parfaitement abouti. Il ne souffre d’aucun temps mort. Et ce n’est que le deuxième de la carrière du band catalan. Quand on pense que les musicos n’ont pas encore 20 printemps, le futur leur ouvre les bras…

dimanche, 16 octobre 2016 18:55

Wrong Motel

Après avoir gravé « Butchery » en 2011 et « Distoris Clitortion » en 2014, The Chikitas nous propose son troisième long playing. The Chikitas, c’est un duo helvète réunissant Lynn Maring (chant/guitare) et Saskia Fuertes (drums/choeur). Tout au long de ses deux premiers elpees, le tandem pratiquait un punk/garage primaire et jouissif. A l'époque, les observateurs étaient unanimement enthousiastes. On était dès lors curieux de voir si les deux filles étaient capables de confirmer ces excellentes dispositions et surtout de dépasser l'effet de surprise.

Pour enregistrer « Wrong Motel », les deux Suissesses se sont exilées à Tucson en Arizona. Elles ont ainsi pu bénéficier du concours de Jim Waters (Sonic Youth, The Jon Spencer Blues Explosion, ...) à la production.

Morceau d’ouverture, "I Wish Your Mine" libère énormément d’énergie. De quoi rassurer le mélomane. Les sonorités de la guitare sont saturées à l’extrême et le fuzz est omniprésent. Les riffs sont tranchants, saccadés et certains particulièrement inspirés. Sur certains morceaux, The Chikitas s’écarte pourtant du punk-garage, pour frôler le stoner, à l’instar de "Oh Greed". Lynn Maring y donne tout ce qu'elle a dans le ventre.

Mais au fil de l’opus, on se rend compte que seule la voix ressort bien de l’ensemble. A tel point qu’elle finit par agacer. La gratte manque de nuances et les drums de percussion. L’instrumentation semble comme garrottée. Si bien que même si l'on imagine la rage de ces morceaux, elle n’éclate jamais. Résultat des courses, les titres se succèdent et finissent par se ressembler.

La mise en forme, et tout particulièrement le mixage, de "Wrong Hotel" a tout gâché. Dommage ! Espérons quand même qu’en concert, le duo féminin puisse remettre les pendules à l’heure, et surtout libérer toute son énergie réputée bouillonnante…

 

mercredi, 05 octobre 2016 11:47

Desdes

Le parcours d’Awalom Gebremariam est comparable à celui de nombreux jeunes Erythréens. Alors qu’il n’a encore 30 ans, il quitte son pays, au péril de sa vie, afin de fuir le régime liberticide du dictateur, Isaias Afeworki. Une fois la frontière franchie, il est cantonné quelque temps dans un camp de réfugiés éthiopien, avant d’émigrer aux Etats-Unis où il acquiert l’asile politique.

Avant de quitter sa patrie, en 2007, Awalom Gebremariam avait enregistré un album intitulé « Desde » à Asmara (capitale de l’Erythrée). Il l’a bien entendu emporté dans ses valises. A son arrivée aux USA, le label Awesome Tapes From Africa décide de ressortir cet elpee afin de faire connaître le jeune artiste et, plus largement, la musique traditionnelle de son pays. Là-bas, Gebremariam enseignait le maniement de deux instruments traditionnels : le wata (instrument à corde qu’on utilise à l’aide d’un archet) et le krar (instrument à 5 cordes). Deux instrus insolites dont il se sert tout au long de ce « Desdes », et sur lesquels il pose sa voix haut perchée.

Une belle opportunité pour (re)découvrir un style musical bien spécifique rappelant de loin la musique éthiopienne (mieux connue). C’est aussi l’occasion de mettre en exergue le talent d’un artiste et pas seulement d’un peuple trop souvent victime d’évènements tragiques.

Pour la petite histoire, aujourd’hui, âgé de 29 ans, Awalom Gebremariam s’est installé en Caroline du Nord, travaille dans un restaurant et fait découvrir sa musique aux Etats-Unis. Il espère toujours, un jour, rejoindre sa patrie…

Page 32 sur 98