La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

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Denver ou DNVR ?

DNVR est l'étoile montante de la scène soul française, fusionnant les grooves sensuels des années 60, l’âme vibrante de la Motown, et l’improvisation subtile du jazz. Formé de sept musiciens passionnés, le groupe (qui se prononce Denver) propose une musique à…

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lundi, 30 mai 2016 23:29

Eric Bachmann

Avant de se lancer en solitaire, Eric Bachmann était un mec très occupé. Début des 90’s, cet Américain (NDR : il est originaire de la Caroline du Nord) avait fondé Archers of Loaf, un combo indie-rock. Au cours de cette aventure, le band a publié 4 albums avant de se séparer ; des disques réédités en 2011 par le label Merge. Dans la foulée, il monte un projet baptisé Crooked Fingers, pour lequel il alimente régulièrement la discographie. Mais en même temps se multiplie au cœur de différentes collaborations ; que ce soit pour Azure Ray, Micah P.Hinson, Spoon ou encore Damien Jurado. Ce n’est qu’en 2002, qu’il décide d’entamer sa carrière solo. Il sort alors son premier opus.

Ce nouvel essai est éponyme, un disque tout au long duquel Bachmann se met à nu. L’image de l’enfant qui illustre la pochette (certainement Bachmann) en est certainement la parfaite illustration. Pour mettre en musique ce concept, Eric Bachmann a troqué sa guitare contre un piano et nous livre des morceaux pop/folk au format classique mais surtout classieux. Et les chœurs qui enrichissent la plupart des compos ainsi que le soin apporté au sens mélodique en sont une belle démonstration. Le songwriter jette un regard dans le rétroviseur afin de nous balancer des compos déchirées entre nostalgie, gratitude (« Belong to You », le superbe « Mercy ») et parfois de regret (« Separation Fright »). Encore que certaines pistes adoptent un ton plus allègre, nonobstant les lyrics qui le sont nettement moins, à l’instar de « Modern Drug ». Et pour que l’info soit complète sachez que Liz Durrett, la nièce de feu Vic Chesnutt, signe un titre du long playing, « Carolina ».

 

lundi, 23 mai 2016 19:22

Fractures

Contrairement aux paisibles et verdoyants paysages auvergnats évoqués par son patronyme, ce quintet établi à Bruxelles préfère les climats bruyants et violents. C’est du moins ce qui transparaît, après avoir écouté son premier opus intitulé « Fractures », un disque publié sur le label bruxellois Black Basset Records (NDR : sur lequel sont également hébergés Ed Wood Jr., Quadrupèdes et electric)noise(machine ) et mixé par Magnus Lindberg (Cult of Luna).

Le long playing s’ouvre paisiblement par « Before We Go », avant de monter en crescendo et de produire une avalanche de décibels, dès le cri de ralliement. Car, à partir de « Don’t Go Wasting Your Devotion », le band passe à la vitesse supérieure en nous assénant du punk hardcore qui ne fait pas dans la dentelle. Un titre rapide, puissant, et qui fait plaisir ! Pour « Let’s Not Slam Doors Anymore », le ‘chanteur’ nous réserve toute sa palette de couleurs émotionnelles, avant que l’expression sonore ne reparte de plus belle. Si Mont-Doré envoie le bois, il n’en oublie pas pour autant de calmer, circonstanciellement, le jeu. A l’instar de « The Longest Silence Even Heart ». Tout est dans la nuance comme dirait l’autre…

En gravant « Fractures », Mont-Doré confirme qu’il a un beau potentiel. Son punk-hardcore aux accents post-rock constitue une véritable bouffée d’air frais. Que demande le peuple !

 

lundi, 23 mai 2016 19:19

Trading Change (De Luxe)

Lorsqu’on observe une photo de Jeremy Loops, on remarque ses longs cheveux blonds et son look de surfeur. Et on le verrait bien pratiquer ce sport en Australie. Après vérification, il appert que cet activiste pour la cause environnementale est originaire d’Afrique du Sud. Son premier elpee, « Trading Change », a fait un carton dans son pays ; ce qui a permis à l’artiste de décrocher le prix de l’album pour l’année en 2014 ainsi que le MTV Best Pop alternative, en 2015. Et il traversera bientôt toute l’Afrique pour se produire dans le cadre des festivals estivaux en Europe. Il est d’ailleurs programmé à Couleur Café le 3 juillet et dans le cadre du Brussels Summer Festival, ce 13 août. Et ses chansons risquent de faire mouche. Jeremy a l’art de reprendre à son compte tout ce qui peut flatter l’oreille. En mêlant subtilement surf/pop (trop) léchée et folk. Principe : il construit des boucles de guitare et les superpose, avant de venir y greffer un harmonica, un banjo,… Un peu à la manière de Jack Johnston. Encore que le Sud-africain y insère parfois des chants tribaux (NDR : histoire de rappeler ses origines), à l’instar de « Sinner ». En outre, lors des sessions d’enregistrement, il a bénéficié du concours de quelques invités. Dont le rappeur local Motheo Moleko, qui pose ses mots sur « Down South », un single en puissance. Autre guest, Jamie Faull vient brièvement souffler dans son saxophone sur « Mission to the sun ».

Trop stéréotypés, les morceaux qui figurent sur ce « Trading Change » n’ont certainement pas recueilli les faveurs de votre serviteur. Eventuellement, ils pourraient servir de fond sonore, lors d’un barbecue entre amis. On parie même que son single deviendra un tube. Mais ils ne laisseront pas de souvenir impérissable…

Jeremy Loops se produira à l’Ancienne Belgique ce 29 octobre 2016.

 

En ce jeudi 19 mai, dans le cadre des Nuits du Botanique, le Cirque Royal reçoit trois formations qui à elles seules assurent de beaux lendemains au rock et à la chanson française. Radio Elvis, Nicolas Michaux et Feu ! Chatterton, ont tous publié leur premier album cette année et ont recueilli les éloges de la critique tant en France qu’en Belgique. La soirée promettait donc d’être –ma foi– fort sympathique…

Il est plus ou moins 19 heures, et face au Cirque Royal, il commence à y avoir du peuple. Un public hétéroclite issu de tous les horizons et multigénérationnel y fait la file. Une demi-heure plus tard, alors que l’hémicycle est bien rempli, Radio Elvis monte sur le podium. Le trio parisien est venu défendre son dernier elpee, « Les Conquêtes ». Pierre Guénard (chant et guitare) débite ses textes imagés sur une musique minimaliste mais entraînante, canalisée par la batterie et la basse. Même si les morceaux ne sont guère notoires, il faut bien reconnaître que contagieux, ils sont d’une rare efficacité. Le public semble en tout cas conquis lorsque le combo vide les lieux, après un set d’une bonne trentaine de minutes (pour les photos, c’est ici)…

Nicolas Michaux jouit déjà d’une solide popularité en Belgique. Avant de se lancer en solo, ce Liégeois d’origine, aujourd’hui établi à Bruxelles, militait au sein de la formation pop/rock Eté 67. Son premier album, « A la vie, à la mort », n’est plus une découverte ; et pour cause, c’est la troisième fois qu’il le défend au Botanique. Enfin, pour la circonstance, au Cirque Royal. Vu l’accueil qui lui est réservé, il a d’ailleurs dû laisser un bon souvenir lors de ses précédentes prestations. Nicolas Michaux se plante au centre du podium, derrière son imposante gratte. Il est soutenu par un batteur, un guitariste et un bassiste. Dès le départ, on sent l’artiste particulièrement à l’aise. Il glisse d’ailleurs quelques commentaires entre ses morceaux. Sa voix claire et faussement nonchalante passe parfaitement la rampe. Sa musique est entraînante et bien plus tranchante que sur disque. Les musicos sont loin d’être statiques –a contrario de bon nombre de leurs contemporains– et s’agitent au rythme des compos. Et en 45 minutes, Nicolas va passer en revue l’essentiel de son elpee.

Il est 21h30. Le public est fin prêt pour accueillir la tête d’affiche. La salle est bien remplie. Ce n’est pas la première fois que Feu ! Chatterton se produit dans le cadre des Nuits. En 2015, il était déjà programmé. Nuance, mais elle est d’importance, il a publié depuis son premier LP, « Ici le Jour (a tout enseveli) », décroché une victoire de la musique, dans la catégorie ‘Révélation scène’, squatté différents plateaux TV et participé à plusieurs grands festivals. Ce qui explique pourquoi le show est passé de la Rotonde au Cirque Royal. Une sacrée promotion pour une formation qui le mérite amplement. 

Vêtu d’un costume trois pièces, les cheveux tirés en arrière et la petite moustache parfaitement taillée, Arthur Teboul a une allure de dandy. C’est le maître de cérémonie et il se plante au milieu de l’estrade. Il est flanqué d’un backing group réunissant deux gratteurs, un bassiste et un drummer. Feu ! Chatterton ouvre le set par « Ophélie » et embraie sur « Fou à lier », deux morceaux parfaits pour chauffer le public. Le son est nickel. Arthur Teboul pose ses textes sur la musique en gesticulant dans tous les sens, lorsqu’il n’esquisse pas quelques pas de danse, alors que ses comparses bondissent aux quatre coins de la scène. Les spectateurs sont directement conquis. Avant d’entamer « Côté Concorde », il amorce le sujet en déblatérant des paroles loufoques qu’il déverse avec une rapidité déconcertante. Superbe, le light show est adapté aux différentes compos. Ainsi, il entretient une ambiance cosy tout au long du paisible « Les Camélias » et baigne au sein d’un climat plus chaud et ondoyant sur l’épatant « La mort dans la pinède ». Avant de s’éclipser, le groupe ne pouvait pas passer à côté du single « Boing ». Un titre qui fait littéralement mouche. En rappel, Feu ! Chatterton nous réserve « La Malinche », trahissant ainsi les (légères) influences électroniques des Français. Les quelques lignes de synthé vont même suffire pour faire danser la foule, déjà chauffée à blanc pendant plus d’une heure. Difficile de mieux conclure une chouette soirée !

Ce soir, le rock ‘en français’ (et non pas français !) a trouvé une relève. Au-dessus du Cirque Royal planait les fantômes de Bashung, Gainsbourg et Noir Désir. Dorénavant rassurés par leurs dignes héritiers, ils peuvent reposer en paix (pour les photos, c’est ).

Radio Elvis + Nicolas Michaux + Feu! Chatterton

(Organisation : Les Nuits Botanique)

mercredi, 04 mai 2016 17:45

Will

Bien que née en Louisiane et résidant aujourd’hui à Brooklyn, Julianna Brawick ne tient pas en place. Pour enregistrer le très réussi « Nepenthe », son opus précédent, elle s’était rendue en Islande, profitant ainsi des paysages faits de glace et de volcans, pour en imprégner l’atmosphère de sa musique.

« Will », son troisième elpee, a été écrit entre New York, Lisbonne et la Caroline du Nord, à une époque où elle multipliait les collaborations. En compagnie de Yoko Ono ou des Flaming Lips, par exemple. Pourtant, malgré le changement de climat, on ne peut pas dire que l’ambiance de cet LP soit particulièrement chaleureuse. A l’instar de son précédent essai, Julianna Barwick nous propose de longues plages sculptées dans un électro/folk saupoudré d’effets (NDR : des loops par exemple), des compositions sur lesquelles elle vient paisiblement poser sa voix. Une voix –parfois soutenue d’un backing vocal– noyée dans la reverb. Une expression sonore propice à la méditation ou à la contemplation. Un titre sort quand même du lot, l’excellent « Beached », au cours duquel les nappes de claviers se superposent sans jamais se froisser. Pourtant, l’artiste se sert également d’instruments organiques. Afin d’étoffer l’ensemble. Dont un piano ‘classique’ sur « Heading Home ». Inévitablement, à cet instant, on ne peut s’empêcher de penser à Olafur Arnalds. 

Julianna Barwick se produira à Bruxelles dans le cadre des Nuits du Botanique le mardi 7 juin en compagnie de Julia Holter. Une soirée de saine décontraction, en perspective…

 

mercredi, 04 mai 2016 17:44

City sun eater in the river of light

Depuis 2005, malgré plusieurs changements de line up, Woods continue de briller sur la scène musicale. Une formation issue de Brooklyn qui jamais ne flirte avec le mauvais goût. Et qui, en outre, continue de publier des œuvres incontournables. Et ce « City sun eater in the river of light » ne déroge pas à la bonne règle. Son neuvième album studio est peut être son plus abouti commis à ce jour ; et constitue certainement un des meilleurs de ce premier semestre.

A l’instar des elpees précédents, la bande à Jeremy Earl a assuré le boulot de A à Z : de l’écriture au mastering en passant par l’enregistrement. Et pas seulement ! « City Sun Eater in the River of Light » paraît sur le propre label, Woodsist du band (NDR : une écurie qui héberge notamment Ducktails, Moon Duo et Real Estate) et la production a été confiée au bassiste, Jarvis Taveniere. Si une telle emprise lors de la conception d’un album, sans devoir faire face au moindre ‘contre-pouvoir’, peut se révéler néfaste ; force est de constater que sur cet LP, tout est parfait.

Le long playing commence d’ailleurs très fort par« Sun City Creeps », une piste magnifiée par les trompettes et dynamisée par la guitare. Le temps d’un morceau, Woods nous entraîne du côté de la frontière mexicaine. Avant d’en revenir à un style plus académique, fruit d’un mélange entre folk, rock et psyché. Woods se consacre à la lap steel (« Morning Light »), se réserve l’un ou l’autre solo de guitare (« Creature Comfort ») ou encore tapisse la compo d’orgue (« Can’t See At All »). Il parvient constamment à insuffler de l’énergie à chacune des compositions, à l’instar de l’excellent « The Other Side », un des temps forts de cet album.

Les mélodies sont, en général, atmosphériques et paisibles. Mais surtout elles sont illuminées par le falsetto de Mr Earl.

Woods vient de graver un album tout bonnement remarquable. Et après nous avoir littéralement scotchés, le band new-yorkais va se produire près de chez nous, d’ici un bon mois ; soit le 20 juin à Aéeronef de Lille le 20 juin et le 23 au DOK de Gand.

Ought figure au sein de la longue liste d’artistes ou de groupes qui ont dû annuler leur concert, en novembre dernier, suite aux attentats perpétrés à Paris. On était donc impatient de découvrir, enfin, en ‘live’, le quatuor montréalais, dont les deux elpees, parus en 2014 et 2015, avaient tous deux reçu des critiques favorables. Pratiquant une forme d’indie rock, ce band est souvent comparé à la fine fleur de la musique dite alternative. Sur le site du Botanique, par exemple, les références citées oscillent de Fugazi à Sonic Youth, en passant par Television et Talking Heads. On leur prête également des affinités avec les Feelies. Rien que ça! Il était donc normal d’aller vérifier si les opinions dithyrambiques manifestées à leur égard étaient fondées. Votre serviteur n’est d’ailleurs pas le seul à attendre de pied ferme les Montréalais, puisque la Rotonde est pleine à craquer.

Wynn assure le supporting act. Un trio issu alostois responsable d’un rock indus. Malheureusement en débarquant après sa prestation, difficile d’émettre un avis objectif. Ce n’est que partie remise.  

Ought est ponctuel. Il grimpe sur l’estrade à 21 heures pile. Tim Darcy, le chanteur/guitariste, se plante au milieu du podium. Difficile d’imaginer qu’un type au physique aussi rachitique puisse jouir d’une voix aussi grave. Le set s’ouvre par plusieurs morceaux issus du dernier opus. Mais pas facile d’entrer dans le concert. L’atmosphère est glaciale et le son loin d’être au top. Il faudra un bon quart d’heure avant que le band ne trouve ses marques. Et le mixing, le bon équilibre. Soit à partir de « Beautiful blue Sky », une remarquable composition d’une bonne dizaine de minutes. La basse impose un riff hypnotique, envoûtant même. Tim Hardy fixe la foule de son index et déclare ‘I’m not longer afraid to die’ qu’il ponctue de ‘Yes…Yes’… sensuels. Un grand moment de la soirée ! Faut dire aussi que les compos de la formation excellent lorsque la voix du chanteur est déclamatoire. Le quatuor embraie ensuite par des chansons mélodieuses issues du premier LP, à l’instar du titre maître, « Today, More Than Any Other Day ». Il n’en faut pas plus pour que la température de la Rotonde monte en flèche. L’auditoire est complètement dedans. Et lorsqu’Ought entame « Habit », les mélomanes sont aux anges. Tim Hardy donne tout ce qu’il a dans le ventre et n’hésite pas à forcer sa voix. Même le claviériste qui, jusqu’alors, se contentait de jouer de pianoter d’une seule main, se sert également de la seconde. A l’issue de ce morceau, le groupe quitte le podium. Et revient quand même pour accorder un bref rappel.

Très peu loquace, Ought est quand même parvenu faire la différence grâce exclusivement à sa musique. Une expression sonore sombre et bruitiste et pas nécessairement accessible. Mais terriblement efficace. En outre, il doit certainement se sentir plus à l’aise lorsqu’il se produit dans une cave chaude et humide. Néanmoins, la Rotonde, c’est quand même plus confortable…  

(Organisation : Botanique)

 

dimanche, 24 avril 2016 18:32

At hope’s ravine

Holy Esque est une formation réunissant des potes qui se connaissent depuis leur enfance ou les études. Ecossaise, elle nous vient de Glasgow. Et quand on parle de cette ville, on pense immédiatement aux immeubles et maisons ouvrières qui constituent le paysage urbain. Sous la pluie, of course. Et en écoutant « At Hope’s Ravine », on ne peut qu’y penser. Car la musique proposée, froide et sombre, est quelque peu abordée dans l’esprit de Joy Division voire de Jesus and MaryChain. Un post punk qui rappelle celui du band mancunien Wu Lyf, en compagnie duquel Holy Esque a d’ailleurs tourné. Même que la voix nasillarde et écorchée de Pat Hynes semble hantée par ses compos, comme si sa vie en dépendait. En outre, les deux combos sont friands de sonorités de grattes réverbérées, alternant climats paisibles et intenses, très susceptibles de lorgner vers le shoegaze.

Tout n’est cependant pas parfait sur ce premier essai. Certaines pistes sont même carrément dispensables. A l’instar de « Prism ». Mais il y a manifestement du potentiel…

 

Il a fallu s'armer de patience avant que le concert de C Duncan. puisse enfin se dérouler. Initialement prévu dans le courant du mois de novembre, il avait été annulé suite aux attentats perpétrés à Paris. Suite à ceux commis à Bruxelles (NDR : comme quoi lorsque la poisse te colle aux basques, elle ne te lâche plus), on craignait donc une seconde annulation.  Heureusement, le spectacle a été maintenu et, c’est avec une certaine excitation qu’on allait enfin pouvoir découvrir la musique de Christopher Duncan, alias C Duncan, responsable d’un superbe premier elpee baptisé "Architect", un disque paru en juillet de l’an dernier.

Hormis quelques personnes qui profitent du soleil dardant ses rayons sur la terrasse des jardins du Botanique, le site est pour le moins vide, ce mercredi soir. Et pour cause, seul le show du Glaswégien est programmé. Direction vers le Witloof Bar, avant 20 heures, afin de se réserver une place idéale et surtout ne pas avoir la vue partiellement obstruée par les arches en briques. La salle est loin d'être bondée. Il ne faudra donc pas jouer des coudes.

Vers 20 h les lumières s'éteignent. C Duncan monte sur l'estrade. Il est accompagné d’un bassiste, qui se plante à sa gauche, d’un claviériste, à sa droite, et d’un drummer, à l’arrière.   Le jeune songwriter se consacre à la gratte. Le set s’ouvre, tout comme sur l’opus, par l'excellent "Say". La voix de l’artiste insulaire est douce et paisible ; en outre, elle colle parfaitement à la musique. Ses musicos assurent les chœurs dans un climat propice aux belles harmonies vocales. "I'll Be Gone By Winter" est même digne des veillées de Noël. La set list alterne titres cool, comme "For", et morceaux remuants, à l'instar de "Here to There". Mais aussi de nouvelles compos, ainsi qu’une remarquable reprise du "Pearly-Dewdrops' Drops" de Cocteau Twins.

Les quatre musiciens ne sont pas des ‘bêtes de scène’ ; cependant, ils parviennent à créer une chouette ambiance en communiquant avec le public. Et tout particulièrement lorsque le bassiste dédie "He Believes in Miracles" à un ami présent dans l’auditoire qui lui avait annoncé son prochain mariage. Ce qui va déclencher une belle salve d’applaudissements. Christopher Duncan confesse que lui et sa troupe visitent Bruxelles, pour la toute première fois et qu’il comptent se rendre, dès que le concert est terminé au Delirium. Mais les spectateurs de la capitale belge sont les premiers à les dissuader. C’est une brasserie très souvent bondée qui n’attire que les touristes. Rendez-vous est donc pris, après le spectacle, pour échanger les adresses.

Après une heure de set, rappel compris, le combo écossais tire sa révérence. Il est à peine 21 heures, mais la soirée est déjà réussie.

(Organisation : Botanique)

 

 

mercredi, 13 avril 2016 01:00

Sonorisation approximative…

Il y a un peu moins d’un an, Black Mountain se produisait dans le cadre des Nuits Botanique. Une belle opportunité de fêter le dixième anniversaire de la sortie de son premier elpee. Il était de retour ce mercredi soir à l’Orangerie, pour défendre son quatrième opus, baptisé logiquement « IV », un disque encensé par la critique. Un retour magistral à son premier amour.

La première partie est assurée par Guy Blakeslee. L'Américain est surtout connu comme leader du The Entrance Band. Il est venu présenter son premier LP solo, "Ophelia Slowly". Il grimpe sur l’estrade vers 20 heures. Il est seul, armé de sa sèche. Peu notoire sur le Vieux continent, il se produit dans l’indifférence quasi-totale. Faut dire que lors de son set, le public est plus que clairsemé…

Vers 21 heures, les lumières s'éteignent à nouveau. Les choses sérieuses peuvent commencer. Le line up du band réunit la chanteuse Amber Webber, le bassiste Brad Truax, le drummer, Josh Wells, le claviériste Jeremy Schmidt et le chanteur/guitariste Stephen McBeam. Ce dernier est le parfait sosie de Dude (interprété par Jeff Bridges), dans le film ‘The Big Lebowski’. En moins apathique, quand même. Il se plante à gauche du podium, tandis qu’Amber s’installe au centre. Le quintet canadien ouvre le set par deux titres du dernier long playing. Le climat est lourd. Tamisé et minimaliste, le light show émane de l’arrière-scène. Très à l’aise, la chanteuse se réserve alors le lead vocal. Mais rapidement, les riffs blues/rock entrent dans la danse. Paradoxalement, des riffs à la fois subtils et puissants. McBeam s’en donne d’ailleurs à cœur joie sur sa gratte. Et lorsqu’il chante, l’intensité monte encore d’un cran. Les interventions de l’orgue –le plus souvent en nappes– colorent les compos de psychédélisme. Tout est parfaitement en place. Et le band canadien n’hésite pas à aller repêcher des morceaux plus anciens, à l’instar de l’excellent « Stormy High ».

Malheureusement, le son n’est pas à la hauteur. Ce n’est pas la première fois que l’Orangerie souffre de ce déséquilibre de balances lors du mixing. Ainsi l’amplification d’un instrument dépend beaucoup trop de l’endroit où l’on se situe dans la salle. Quand on est planté devant le préposé au synthé, on n’entend guère la guitare. Alors imaginez la frustration, lorsqu’au bout d’une demi-heure, Black Mountain attaque le splendide « Tyrants », un titre magnifié –sur disque– par les cordes électriques. Soit…

D’une bonne heure, le concert s’achève par un superbe morceau de 10 minutes, que McBeam met à profit pour démontrer toute l’étendue de son talent sur sa gratte. Enfin, quand on l’entend…

La formation vancouvéroise revient rapidement pour accorder un rappel au cours duquel elle va nous réserver l’excellent « Don’t Run Our Hearts Around ».

Malgré une sonorisation approximative, Black Mountain est parvenu à tirer son épingle du jeu ; et tout particulièrement grâce au duo McBeam/Amber. Vu le monde agglutiné au stand merchandising, en sortant de la salle, il faut croire que le public a accroché.

(Organisation : Botanique)

 

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