Fence n’en a rien à foutre…

Le combo rock limbourgeois Fence sortira son nouvel album, « Nobody Gives A Fuck », le 16 octobre 2026. Un titre qui laisse peu de place à l'imagination, quoique... Propulsés par un nouveau batteur, Wim Coppers, installé derrière les fûts, les musiciens de…

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Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk…

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Kevin Costner

From Where I Stand

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Très heureuse et très agréable surprise, Kevin Costner revient à ses premières amours.

Avant d’être connu pour ses meilleures prestations dans ‘Les Incorruptibles’, ‘Danse avec les loups’ ou ‘Robin des Bois’, ce Californien de 56 ans a d’abord… dansé en compagnie des membres de son band ‘Roving Boys’.

En 2008, sa carrière cinématographique connait un net recul. Il retrouve ses compères d’antan et retourne à sa passion première : la musique. Rebaptisés ‘Modern West’ pour l’occasion, Kevin et son band retrouvent le chemin des studios et des salles de concert. Et attention, il ne s’agit pas d’une échappatoire ou d’une reconversion due à une carrière cinématographique qui s’essouffle ; non Kevin Costner ne se contente pas d’interpréter le répertoire d’un ‘nègre’, il assure sa part de boulot pour la partie composition et prend également en main la guitare en plus du micro. Et pour une fois, pas besoin de doublage, c’est enfin sa ‘vraie’ voix que l’on découvre ! Une voix chaude et bien présente qui soutient aisément la comparaison avec bien d’autres.

« From Where I Stand » constitue le second elpee déjà depuis la reformation du combo. Celui-ci a profité de la tournée suivant la parution en 2009 d’« Untold Truths » et de l’adrénaline libérée lors des concerts, pour composer ces dix nouveaux titres. 

Oscillant autrefois entre country rock et soft rock californien, Kevin nous livre cette fois un bel album plutôt électrique, un rock puissant, chaleureux, aux multiples inspirations, dont les accents évoquent tantôt Springsteen voire le Tom Petty de la première heure.

Les thèmes abordés dans ses textes sont ceux que défend depuis un bail le ‘Bodygard’ le plus connu de la planète : l’écologie bien sûr (« Hurricane Rain ») et la défense des minorités persécutées (« Indian Summer »).

Ce disque aurait pu être le énième caprice d’une star s’improvisant chanteur et profitant de sa renommée pour nous servir une daube infâme. Pas du tout ! La surprise est de taille et la qualité au rendez-vous !

Ce nouveau rôle, Kevin Costner y tient : ‘C'est le vrai moi qui s'exprime sur scène quand je joue et je chante devant un public. C'est là que vous verrez le plus clairement qui je suis’. On ne demande qu’à le croire !

 

Gui Boratto

III

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Gui Boratto est un artiste brésilien, né en 1974. Ce dernier bénéficie d’une carrière plutôt originale puisqu’en effet, il est à la base étudiant en architecture. Toutefois, atteint du virus de la musique, il se décide, après avoir travaillé pour les autres, à composer ses propres morceaux, à partir de 2004.

En 2007, il rencontre le succès, en publiant « Chronophobia », un premier album stimulant, même si assez sombre. S’en suivra, deux années plus tard, « Take my breath away », plutôt orienté ‘pop’. Son troisième opus, à présent disponible, est sobrement intitulé « III ».

Suivant l’adage : ‘On ne change pas une équipe qui gagne’, gagez que les amateurs de la musique du Brésilien reconnaitront immédiatement ‘le son Gui Boratto’, à savoir une techno minimale galvanisée par une basse profonde, et caractérisée par une montée en rythme progressive.

Toutefois, di « The Drill » séduit tout particulièrement, il faut admettre que ce seul morceau ne suffit malheureusement pas pour convaincre de la qualité générale de « III », qui reste somme toute assez moyenne, tant les musiques paraissent redondantes entre elles.

De même, un des reproches essentiels qui peut être fait à Gui Boratto, est d’avoir beaucoup (trop) assaini le son de son album. En effet, le mixage plutôt maladroit donne à l’ensemble des 12 tracks un aspect plat, comme ‘écrasé’.

Si le style inimitable du Brésilien est présent, l’absence de prise de risque frappe singulièrement tout au long de cet elpee. Et faute de ce petit grain de folie, l’opus se révèle plutôt quelconque, laissant une impression mitigée.

On reste donc clairement sur sa faim, et on aurait préféré que l’auteur retourne à ses premières amours, et notamment qu’il adopte à nouveau le tempo effréné du premier long playing…

 

Blanck Mass

Blanck Mass

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Benjamin Power est un ex-membre du groupe Fuck Buttons. Et « Blanck Mass » constitue le premier elpee de son projet solo. Un disque dont l’écoute est véritablement… éprouvante ! Au départ, on pense qu’il ne s’agit que d’une intro un peu longuette, et on prend son mal en patience. Mais rien à faire : le premier morceau est effectivement à l’image de l’ensemble de l’opus : c’est interminable, lent mais surtout totalement vide !

Pour chacune des 10 pistes que compte le long playing, on attend vainement qu’il se passe quelque chose. Que la musique ‘décolle’ enfin. Bref, que l’artiste nous surprenne un tant soit peu. Mais ce phénomène ne se produit jamais.

Les titres sont parfois longs, parfois courts, mais ils s’avèrent surtout, tous, inévitablement lancinants, flemmards et creux. « Blanck Mass » rendra tout auditeur normalement constitué amorphe.

Par exemple, quasi aucun instrument n’est utilisé, hormis un synthé, et encore, plus que parcimonieusement. Pas de changement de rythme non plus ou même de mélodie à découvrir. Seul un long fond sonore pénible, qui nous rappelle vaguement une séance de relaxation. Inutile donc de souligner que son écoute est pour le moins laborieuse. Et que dire encore lorsqu’on on arrive à « What you know », qui ne dure pas loin de 15 minutes ?!

Au rayon des reproches, on notera aussi l’absence totale de paroles, excepté sur un ou deux morceaux de l’elpee (NDR : et encore faut-il tendre l’oreille). En conclusion, ce disque s’adresse donc aux amateurs de silence…. dans le registre de la musique. Cherchez l’erreur.

Détail amusant : « Blanck Mass » pourrait se traduire en anglais par ‘La masse de vide’. Jamais à mon sens un album n’aura si bien porté son titre. On ne saurait donc que trop conseiller à l’auditeur lambda de passer son chemin : circulez, il n’y a rien à écouter !

 

Biffy Clyro

Revolutions / Live At Wembley

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Preuve, s’il en est, de leur ascension surprise et éclatante, Biffy Clyro délivre un premier combi Cd/Dvd live, relatant les prouesses scéniques des Ecossais. Après avoir publié cinq albums studio et un best of, le trio mené par Simon Neil est clairement parvenu à un point culminant de sa carrière. « Revolutions//Live at Wembley » permet donc de faire le point. Des petites scènes à celle autrement plus impressionnante du Wembley Arena, Biffy Clyro a pris son temps mais son efficace mélange de Rock, Pop et Metal, est arrivé à convaincre le globe. Et ce, notamment grâce à un album imparable, « Puzzle », publié en 2007, et, surtout, des tournées mondiales interminables.

Neil et les frangins Johnston ont donc, très logiquement, immortalisé leurs riffs, les mélodies et la sueur au cœur d’un ‘Live’ d’excellente facture au niveau de la production mais un peu trop focalisé sur « Only Revolutions », le dernier LP studio de la bande. Normal, me direz-vous ; mais malgré quelques bonnes surprises (les excellentes versions de « 57 » et de « Who’s Got A Match »), il y a de quoi être déçu de ne pas y retrouver « Semi-Mental », « 27 » et « The Ideal Height » ou que l’épique « Living Is A Problem Because Everything Dies » ait perdu énormément de sa substance dans sa mouture live.

Biffy Clyro se rattrape néanmoins au niveau de l’énergie déployée sur les planches et de la puissance dégagée par des riffs, ici gonflés aux stéroïdes. Il n’en demeure pas moins que l’objet s’adresse aux fans inconditionnels avant tout, ce live n’étant pas spécialement représentatif de la discographie du trio.

 

Android 80

Suburban Robot

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Cyber-homme à tout faire, le plus Liégeois des sujets de Sa Majesté Elisabeth, Brian Carney, alias Android 80, continue de sonder les sonorités eighties, tel un pionnier de l’histoire de la musique propulsé dans une capsule capable de voyager dans le futur.

Malgré des claviers vintage, les compositions de ce pur produit de l’ère disco-wave sonnent terriblement modernes. Elles sont même savamment équilibrées, à mille lieues de tout passéisme élitiste.

Mélodies imparables et textes cyniques qui font mouche, parsèment cet elpee de bout en bout.

Sortant de sa boîte à rythmes comme un diable robotisé, Android 80 remue les fessiers les plus rouillés et inflige un sérieux coup de jeune à la vielle garde sur le retour (Human League en tête).

Chanteur des défunts UFO Goes UFA et claviériste au sein de Phantom Feat. Lio, l’ami Brian nous offre ici une relecture moderne d’un passé que nous chérissons tous d’une manière ou d’une autre, que l’on soit fan de Kraftwerk, Depeche Mode ou de Jean Michel Jarre (et j’aime beaucoup l’improbabilité de cette référence).

Un album ‘boule à facettes’ hautement jouissif, et iconoclaste à souhait.

Second degré et (im)pertinence se disputent la part belle sur cette galette digitale calibrée pour devenir un must des années à venir et servir de référence à des générations et des générations à venir.

 

The Workhouse

The Coldroom Sessions

Écrit par

On travaille sérieusement chez The Workhouse, trop sérieusement peut-être... A l’instar de moines cisterciens, ces musiciens bâtissent des cathédrales sonores shoegaze –qui ont d’ailleurs séduit John Peel il y a quelques années– un peu austères. Le titre de leur 3ème album, « The Coldroom Sessions », décrit à merveille leurs morceaux glacés, mais encore suffisamment humains pour ne pas être chirurgicaux. Epurée, la musique de The Workhouse pêche donc parfois par sobriété ; et le mélomane risque fort de se détacher progressivement de son écoute, car il est parfois difficile de différencier un morceau de l’autre. Le chanteur possède une voix profonde. Un peu comme Lou Reed. Le climat est sombre. Martial même. Un peu dans l’esprit de Joy Division. Mais les « Coldroom Sessions » finissent par nous plonger dans une certaine torpeur, malgré quelques moments de bravoure, comme les trois plages qui ouvrent la plaque : « Fading Fast », « Stalker » et « The Last Time I Saw the Stars ». Difficile pourtant, de ne pas avoir du respect vis-à-vis d’une formation rendant hommage de si belle manière à son producteur, mort avant l’enregistrement de son album : ‘We were due to record this album with Rich Haines. Sadly, he was taken ill and passed away before we could begin. This album is dedicated to him’…

           

Seesayle

Stowaway

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L’univers de Cécile Gonay se tient perché entre deux nuages, dans un équilibre si subtil qu’il tient presque du miracle.

Jouissant d’une voix dont les intonations ne manquent pas de rappeler une certaine Kate Bush, et présentant de longs doigts effilés, aussi à l’aise sur un clavier que sur les six cordes de sa guitare, la gente demoiselle égrène la poussière des étoiles au rythme de ses chansons n’appartenant à aucune convention ni diktat imposé.

Pénétrez dans son antre, laissez vous bercer par la douce lumière tamisée qui y  règne et éclairer par ses mélodies aux charmes suaves. Approchez, approchez !

Découvrez par vous même  l’étrangeté singulière de son monde habité d’une multitude de créatures célestes virevoltant avec grâce dans un rêve intemporel. Et valsez sur ces compositions aux influences aussi multiples que difficilement discernables.

Les vents baltiques qui portent les murmures d’anciennes légendes oubliées se rappellent au souvenir d’une triste complainte susurrée l’hiver au coin d’un feu où crépitent les flammes du désir (« Vampire », « Five »). Et au dehors, la pluie se mue en rideau mélancolique (« I Gave My Soul »).

Escapade en terrains celtiques (« Sorry My Dear ») et échappée belle dans la langue de Voltaire (« Dormir Debout »).

Un album fièrement assumé par une fée aux sortilèges enivrants et qui s’il manque de maturité, n’en demeure pas moins un excellent point de départ vers une galaxie aux jeux de miroirs déroutants.

En concert :

le 11novembre à L’an Vert, Liège.
le 10 décembre à l’Atelier Rock de Huy.
le 22 décembre à la Porte Noire, Bruxelles.

 

Reigns

The Widow Blades

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« The Widow Blades » constitue le 4ème album du duo américain Reigns pour le compte de la maison anglaise Monotreme (65DaysOfStatic, Barzin, …) Et, comme d’hab, l’ambiance n’est pas à la fête. Leur nouvelle œuvre s’inspire de la véritable histoire d’une veuve qui a disparu  mystérieusement, en 1978. Leur album reflète à merveille cette atmosphère mystérieuse. « The Widow Blades » a d’ailleurs été enregistré dans les différents lieux que la dame est sensée avoir visité avant sa disparition, dont son propre domicile, celui d’un homme suspecté de l’avoir assassinée ou encore une maison de thé locale… « The Widow Blades » ressemble à une sorte d’exorcisme musical. Le climat finit même par envoûter. Reigns érige des paysages sonores en se servant de nappes de pianos, de cordes de guitare acoustique (« Over Tone Gulley ») ainsi que de samples (« The Diagram »). Notre esprit vagabonde, mais comme s’il tournait au ralenti, en compagnie de Miss Blades, au sein d’une ambiance éthérée proche de Sigur Rós voire d’Arab Strap (« I Will Burn for This »). Un œuvre réussie, malgré quelques longueurs, en fin de parcours…

 

The Walkabouts

‘Devil's Road’ n’existerait pas sans ‘Born Sandy Devotional’…

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Les Walkabouts viennent donc de publier leur nouvel album. Son titre ? ‘Travels in the Dustlands’. Il fait suite à ‘Acetylene’, sorti déjà il y a six longues années. Entretemps, Chris Eckman et Carla Torgeson ne se sont pas pour autant reposés sur leur lauriers. Chris a même multiplié les projets parallèles. Bref, leur nouvel opus est très riche. Musicalement, mais aussi et surtout au niveau des textes. Et franchement, il m’aurait fallu une bonne demi-journée d’interview, si je m’étais évertué à décortiquer leur prose, en leur compagnie, tant elle est intéressante. Mais, l’important était quand même de vous donner une idée globale du contenu de cet elpee, en essayant de poser des questions (im)pertinentes, auxquelles Chris et Carla ont eu la grande gentillesse de répondre…

Mais où se trouvent donc les ‘Dustlands’ ? Près de la frontière mexicaine, quelque part en Afrique ou en Australie ? Vu les lyrics, pas loin du désert, c’est sûr. D’ailleurs la collaboration de Chris apportée à Tamikrest, formation malienne, est peut-être une explication. Chris réagit : « C’est près du Mexique, pas en Afrique. Bien sûr, j’y ai puisé quelques idées pour écrire mes chansons, mais les ‘Dustlands’ se situent bien en Amérique » Et Carla d’ajouter : « S’ils étaient localisés en Afrique, on aurait mis en scène des chameaux… »

Ex-Willard Grant Conspiracy, Paul Austin a rejoint le line up des Walkabouts. Mais était-ce Chris et Carla qui le souhaitaient ou Paul qui a demandé de rejoindre le groupe ? Carla clarifie la situation : « Nous l’avons invité. On le voulait pour son talent, sa créativité ; et puis parce qu’il fait partie de la famille de nos amis depuis au moins dix ans. En fait, on souhaitait tout réorganiser de fond en comble. C’est un peu comme quand on joue aux cartes et puis qu’on décide de les redistribuer. »

Les lyrics sont donc très importants chez les Walkabouts. Ils sont signés par Chris. Une des compos s’intitule ‘They are note like us’ (Trad : ils ne sont pas comme nous). Mais qui sont-ils ? Chris nous éclaire à ce sujet : « Cette chanson parle d’un gars qui vit en Amérique profonde ; un type issu de la droite conservatrice, un peu fêlé. Il conduit un camion avec semi-remorque et porte un flingue. Il s’est taillé dans le désert avec son véhicule. Et quand il s’arrête enfin, il se place devant son camion, l’arme à la main, en se demandant de quoi sera fait demain. Cette histoire décrit la mentalité de ce type de personnage qui vit là-bas, aux States. Et elle est encore bien d’actualité. Il ne faut cependant pas s’arrêter au rôle du camionneur. En fait, le narrateur se met dans sa peau. C’est un peu caricatural, mais vous savez, aux Etats-Unis, il existe encore des hameaux où les habitants se barricadent dans leur ranch ou s’isolent dans une forme de camp retranché, en érigeant de hautes clôtures faites de fils barbelés. Ils veulent se protéger, se défendre. Mais qui craignent-ils ? Les bourgeois. En fait ce qu’ils considèrent comme des bourgeois : les démocrates, les intellos, les gens qui débarquent de l’extérieur. Ils ne comprennent pas les décisions prises par le gouvernement. Ce sont de farouches individualistes qui votent pour des partis d’extrême droite et s’accrochent à un certain style de vie. D’un point de vue politique et philosophique, je ne partage pas leurs opinions. Elles sont dangereuses. Par contre, je leur reconnais un sens des responsabilités particulièrement élevé. Ils ne demandent rien à personne. »

Dans les textes, Chris évoque souvent la sécheresse. Je lui signale qu’en Belgique, il pleut très souvent. ‘Rainmaker blues’ nous parle d’un faiseur de pluie. Existe-t-il vraiment ? L’a-t-il vu à l’œuvre. Il commente : « En fait, à la fin du XIXème siècle et au début du XXème, on rencontrait des faiseurs de pluie, au cœur des Etats-Unis. Ils se déplaçaient de ville en ville et proclamaient qu’ils étaient capables de faire pleuvoir. En tirant un boulet dans les nuages, par exemple. En fait, cette chanson traite de faux espoirs placés en quelqu’un. Le ‘Rainmaker’ arrive dans un bled et déclare qu’il peut la sauver la région de la sécheresse. Mais rationnellement, on sait que ce n’est pas possible. Donc, le personnage de la chanson, celui que j’interprète, croit fermement qu’il va y parvenir. Mais sa femme émet des doutes sur ses pouvoirs. En fait, elle n’y croit pas du tout. Et lui, répond qu’elle doit y croire et ne pas se montrer aussi cynique, car c’est leur dernier espoir. Il s’agit d’une métaphore qui vise notre monde contemporain, au sein duquel nous sommes tous en attente d’une solution. On espère que la technologie va nous sauver des dégâts causés à la planète. La crise que nous vivons est symbolisée par la sécheresse. Elle n’existe pas seulement en Amérique et en Europe. Elle sévit partout. Beaucoup de gens, aujourd’hui, se posent des questions, doutent et rejettent même la science… » Cette compo est imprimée sur un tempo tribal. Chris argumente : « Il faut demander à Terri. Elle a transmis (NDR : par e-mail) trois propositions pour le tempo, et j’ai choisi celle qui me semblait la plus adaptée à cette chanson. Mais ne me demandez pas quelle est son inspiration ? » Carla approuve et précise : « C’est une compo plus agressive »

Dans les lyrics, on retrouve souvent un sentiment de culpabilité qui ronge les personnages. Pourquoi donc ? Chris argumente : « En fait, l’émotion principale véhiculée est la déception et souvent la culpabilité va de pair avec la déception. Et quand on analyse pourquoi naît cette déception, la réponse est en nous-mêmes. On n’a que soi à critiquer. Et c’est alors que surgit la culpabilité. La plupart des personnages mis en scène dans mes chansons sont des gens qui on le mal de vivre. Qui n’ont plus beaucoup de choix. Qui sont acculés. Et donc, ils jettent un regard rétrospectif. Ils regardent d’où ils viennent et essaient de trouver des solutions (‘Quand tu ne sais pas où tu vas, rappelle-toi d'où tu viens’ – Aimé Césaire). La culpabilité est une réponse parmi d’autres, mais une réponse à court terme. A longue échéance, vous devez faire des choix. Un exemple ? On arrête un criminel. On le met en prison. A-t-on résolu le problème ? » Autrement dit, ce dont l’avenir sera fait ne devrait pas être l’héritage de notre responsabilité envers le passé. Mais laissons notre interlocuteur poursuivre ses explications : « On doit regarder vers l’avant. Dans mes textes, on retrouve également des personnages qui sont toujours pressés et d’autres qui décident de mettre les voiles. En fait on pourrait penser qu’ils vont de l’avant pour donner une nouvelle orientation à leur existence. Mais en réalité, ils sont paumés et ne savent pas de quoi demain sera fait… »

Dans la chanson ‘No rhyme, no reason’, on parle d’un scorpion cerné par les flammes, qui se pique lui-même pour ne pas périr brûlé. Une description qui méritait des éclaircissements. Chris nous les fournit : « Cette histoire est puisée dans une de mes lectures. Un épisode qui se déroule au Sahara. Lorsque les indigènes trouvent un scorpion sous leur tente, ils allument des feux autour de cette tente. Et le scorpion se pique. Il meurt. Il se suicide quoi. Maintenant, j’utilise cette image pour illustrer l’état d’esprit d’une personne désespérée, prête à mettre fin à ses jours. Elle pose un choix : je me suicide ou pas ? »

Parmi les références littéraires reconnues par Chris, on retrouve les écrivains Paul Bowles, Willa Cather et William T. Vollmann. On peut lire d’ailleurs des citations de ces artistes, au sein de son booklet. Chris confirme : « Ce sont trois écrivains que j’aime. Ils contribuent à décrire ce que j’essaie d’exprimer. Ils me construisent un cadre qui m’aide dans ma création. C’est une sorte de fenêtre que j’ouvre au groupe. Des sources multiples qui oscillent des écrits journalistiques aux bouquins d’histoire, en passant par la Bible ou des récits mystérieux. Ce qui contribue à focaliser les collaborateurs sur le contenu de la chanson. Il y a 9 ans que je vis en Slovénie. Et donc je communique avec les autres musiciens par internet. » Carla confirme : « Il donne ce cadre général constitué de citations et invite le groupe à digérer le tout… » Tiens, parmi les citations, dans son booklet, figure également un passage de la Bible. De l’Ancien Testament, justement (NDR : Jérémie – chapitre 12 – paragraphe 11 et12 – ces passages évoquent les thèmes de la désolation et de la dévastation). Voudrait-il concurrencer David Eugene Edwards ? (rires) Chris se défend : « Je ne suis pas croyant. J’ai utilisé ce texte comme référence littéraire, pas religieuse. J’apprécie la description de ce qu’il raconte. Pas davantage. En ce qui concerne Eugene, je respecte son œuvre ; mais afin de ne pas nous brouiller, il est préférable de ne pas aborder de sujets religieux ou politiques avec lui, mais plutôt parler de la pluie et du beau temps… »

‘My diviner’ est une chanson très lente, une sorte de slowcore qui me rappelle les Cowboy Junkies. Carla partage cet avis : « Absolument ! Effectivement, ce groupe pourrait reprendre cette compo. C’est une chanson d’amour, et dans cet exercice de style, les Cowboy Junkies sont remarquables. Ce qui est singulier, c’est que lorsque je la chante, le public la reprend en  chœur, et ça me touche. Et si Margo a envie de l’interpréter, j’en serais très flattée. D’ailleurs, je l’encourage à l’adapter… »

The Appolon Chamber Orchestra a participé aux sessions d’enregistrement de l’album, pour plusieurs morceaux. On a même parfois l’impression que l’esprit de Scott Walker plane sur ces compos. Chris nuance : « En fait, personnellement, je fais la distinction entre deux mondes. D’abord, il y a les arrangements pour cordes, ensuite les arrangements de cordes de Scott Walker. Et là, on n’est plus dans la même division. C’est vrai que dès que me viennent des idées d’orchestrations de cordes, je pense à Scott Walker. En fait, c’est la référence. Une voie universelle. Le summum de la maîtrise. Une référence à la production de la fin des années 60, en termes d’orchestration. On n’a jamais l’impression que les cordes écrasent l’ensemble ou le travail de l’artiste. Elles le subliment. Elles font partie intégrante des morceaux. C’est harmonieux. Il ne s’agit pas d’en remettre une couche. On avait repris ‘Cowbell shakin’’ sur une compile intitulée ‘Out of the Blue Volume 6’. Mais je n’imite pas, mes influences sont intégrées, digérées. Sur ce nouvel album, il y a 4 chansons qui bénéficient de ce type d’arrangements. Dès le départ, on savait qu’on les intégrer. C’était prévu. On a arrangé les compos en conséquence, car on considérait cette technique comme complémentaire » Carla insiste : « Les arrangements sont destinés à capter l’attention ». Et Chris d’enchaîner : « Ils ont une présence réelle. C’est une voie fondamentale pour ces morceaux… »

‘Thin of the air’ me fait penser à Jefferson Airplane, surtout la voix de Carla, finalement proche de celle de Grace Slick, et ‘Every river will burn’ lorgne également vers la musique issue de la West Coast des seventies. Ce titre me semble même abordé dans l’esprit d’‘If I could only remember my name’ de David Crosby. Chris s’extasie : “Il est hors catégorie”. Et Carla d’embrayer : “Nous sommes des produits issus de la West Coast. On y est nés. C’est dans notre nature. » Chris approuve : « Même en Slovénie, on est ‘West Coast’. C’est notre seconde peau. Le berceau de notre enfance, c’est CSNY, The Doors, Buffalo Springfield, les Byrds, … le premier album que j’ai acheté, gamin, c’était ‘Déjà vu’. Mes parents avaient bien des albums des Beatles, qu’ils m’avaient filé, mais le premier que je me suis procuré est celui-là… » Carla reprend la parole : « J’aime bien ‘Thin of the air’, c’est une chanson un peu venimeuse… De mon côté, j’appréciais surtout Paul Revere & The Raiders. D’ailleurs, à l’époque, on s’habillait comme les Beatles du ‘Sgt Peppers’… »

Sur ‘Long drive on a slow machine’, il y a une étrange atmosphère, hantée par le spectre des Triffids ; même que la voix de Chris me fait penser à celle de feu David McComb. Chris réagit : « Ah bon, parce que la presse a déjà écrit que je chantais comme Bruce Springsteen. Et soit dit en passant David McComb appréciait beaucoup Springsteen. Il en était même un fan. C’était un de ses 3 ou 4 dieux. Quelle famille ! Bon, on l’avoue, on ne s’est jamais réellement prononcés et on n’a pas davantage émis la moindre dénégation à ce sujet ; mais les Triffids nous ont quand même influencés. » Carla nuance : « Mais ils étaient quand même plus romantiques » Chris reprend le crachoir : « C’est surtout l’atmosphère de leurs chansons qui nous a marqués ; mais nous ne sommes pas des voleurs. Et ‘Devils’s road’ n’aurait jamais existé sans ‘Born Sandy Devotional’. Mais, vous savez, entre le moment de la sortie de l’album de la formation australienne (NDR : 1986) et le nôtre (NDR : 1996), des années se sont écoulées. Oui, bien sûr, ‘My Diviner’ baigne encore dans un climat susceptible de rappeler ‘Born Sandy Devotional’. Faut dire que Paul (Austin) nous avait envoyé un bouquin consacré à David McComb et puis aussi des bandes d’enregistrements ‘live’ réalisé par un Tribute Band des Triffids, juste avant de commencer les sessions d’enregistrement… »

La manière de jouer des claviers de Glenn évoque quand même Garth Hudson, le claviériste du Band. Surtout lorsqu’il nappe les compos d’orgue Hammond. Il fluidifie les compos de la même manière. Chris est d’accord : « Dans le groupe, on le surnomme Garth ! C’est une inspiration majeure pour lui. Il vient pourtant de l’univers de la musique électronique, voire même progressive. En fait, il a tourné en notre compagnie avant d’enregistrer. Je l’avais prévenu qu’il ne devait pas jouer du synthé sur notre album, mais uniquement du clavier et du piano. Et à la fin des sessions, on lui a dit qu’il pouvait mettre du synthé. Il a assumé tous les morceaux d’une traite, mais il ne participe pas à toutes les plages… »

Outre les Walkabouts, Chris et Carla sont impliqués dans de multiples projets. En duo, d’abord. Chris sévit notamment chez Dirtmusic et L/O/N/G, lorsqu’il ne tourne pas au sein du backing group de Willard Grant Conspiracy, alors que Carla bosse de temps à autre en compagnie du musicien grec Akis Boyatsis. Et bien, soyez rassurés, ils ne comptent pas abandonner leur différentes expériences parallèles. Ils vont les poursuivre, sans aucun problème. Carla se déclare quand même moins active, mais publiera quand même un nouvel album avec le producteur et multi-instrumentiste hellène, l’an prochain.

(Merci à Vincent Devos)

Sortie du nouvel album, « Travels in the Dustland », ce 21 octobre chez Glitterhouse / Munich

Machiavel de retour au ‘Live Act’ !

Écrit par

Pour la toute première date de sa tournée, Machiavel a choisi de se produire au ‘Live Act’, à  Braine l'Alleud. Le 25 novembre, le groupe y présentera un nouveau spectacle qui préfigure son prochain périple. Cette date sera aussi l'occasion pour la formation belge de présenter son nouvel album, sorti ce 15 octobre, le 11ème studio, intitulé “Eleven”.

http://www.liveact.be/machiavel
http://www.machiavel.be
http://www.liveact.be

Tracklisting:

1. Here comes the crash
2. Feel the sun
3. Sail away
4. The spirits fly again
5. Save the world
6. Never-ending day
7. Hope to see you again
8. Find the mistake
9. What’s next
10. Without mask

 

Big Deal, duo féminin gagnant ?

Écrit par

S’appuyant sur leurs deux voix et guitares, Alice Costelloe et Kacey Underwood créent une musique vaporeuse mais spartiate ; la voix sombre de Kacey et cristalline d'Alice se conjuguant comme par enchantement… En attendant la sortie de leur premier album, "Lights Out", chez Mute, le 24 janvier prochain, l'Ep "Chair" devrait donner aux plus curieux un avant-goût de la pop minimaliste concoctée par Big Deal.

http://www.youtube.com/watch?v=rW5j3z0AMhk
http://www.myspace.com/weareabigdeal

 

Tous les chemins mènent à Carl Cox.

Écrit par

Carl Cox publiera son 4ème album, “All Roads Lead to the Dancefloor”, ce 18 novembre sur Intec Digital. Fruit d’un mélange de techno, de breakbeat et même de musique latine, cet opus a été définitivement conçu pour les dancefloors et a été enregistré dans ses studios australiens avec l’aide de Josh Abrahams et David Carbone!

Tracklisting :

01. Carl Cox - Short Black
02. Carl Cox - Bread & Butter
03. Carl Cox - We Rob Together
04. Carl Cox - Nexus
05. Carl Cox - One Nation Under a Groove
06. Carl Cox - Family Guy - Acid Mix
07. Carl Cox - Kommen Zusammen
08. Carl Cox - Sentiemento Latino
09. Carl Cox - Avenger
10. Carl Cox - Fantasee
11. Carl Cox - Chemistry
12. Carl Cox - Day into Night.

 

François Staal version écolo.

Écrit par

La musique de François Staal a souvent été considérée comme le résultat d’un mélange hypothétique entre celle d’Alain Bashung et de CharlElie Couture. Un artiste plutôt singulier, responsable de la composition de plus de quarante B.O. de films. Il vient de commettre son quatrième elpee, « Canyon ». Pour la circonstance, il a bénéficié du concours d’un invité de luxe, en l’occurrence Jean Fauque (« Osez Joséphine », « Ma petite entreprise »), qui signe deux nouvelles chansons, dont « Terre M’Atterre », une compo qui aurait pu figurer au répertoire du célèbre chanteur parisien, disparu voici déjà deux ans.

Vous pouvez découvrir ce titre à travers un clip, tourné dans les conditions live, telles que le disque a été enregistré.

http://www.youtube.com/watch?v=b2eKkgMYIxA
http://gallery.me.com/lestaal
http://www.olympiahall.com

 

Fink

Un concert soporiFink!

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Fink avait posé sa guitare sur la scène de l’Aéronef de Lille ce 24 octobre. Fin Greenall, de son vrai nom, présentait son album « Perfect Darkness », sorti au mois de juin dernier. Il était passé sous la loupe attentive de votre serviteur. Je lui avais fait la part belle en vous écrivant une critique avantageuse. Il fallait donc concrétiser cette première attache envers le Britannique par un concert.

Il est 20h30. Rachel Sermanni monte sur les planches de la salle lilloise. Sa guitare et sa douce voix séduisante embarquent le public vers les contrées écossaises, lieux de sa naissance. La petite artiste fait virevolter les notes comme des oiseaux voletant aux abords d’une forêt. Nous planons même au-dessus d’une verdure chatoyante, au sein de laquelle coule une rivière aux sons délicats et mélodieux. Rachel Sermanni est, elle aussi, un plaisir pour les yeux comme pour les oreilles. Du haut de sa petite taille, elle a ravi toute une salle, agrémentant les pauses entre ses chansons de quelques mots en français. Entourée comme il se doit, cette jolie demoiselle pourrait bien se révéler. Une belle découverte en somme. Le soleil qui précède la pluie voire même un gros orage.

Ah oui, c’est vrai… C’est du groupe soporiFink dont je venais vous décrire le triste concert. Effectivement, au bout de trois morceaux, je somnolais presque sur mon siège. Alors que peut-on retenir de cette soirée à l’Aéronef ? Pas grand-chose à vrai dire. Il est difficile de poser des mots sur l’ennui. Un live mou, sans vie, marquant très peu de différences par rapport au dernier opus. Assis sur son tabouret, le chanteur laisse jaillir ses chansons de sa bouche sans qu’aucune autre parole ne passe la frontière de ses lèvres. Pas la moindre communication entre deux titres avec les fans présents. Seulement un déballage continu et morne sans le moindre petit interlude. De quoi avoir envie de filer avant la fin. Et certains ne s’en sont d’ailleurs pas privés. En gros, Fink m’a juste offert une fantastique déception. Peut-être ma sévérité est-elle aussi liée à la forte impression que The Do m’a laissée il y a 10 jours. Car il est vrai qu’entre les deux, il existe plusieurs mondes de différences. Mais là, je suis bien redescendu sur terre. Cependant, certains artistes s’en sortent très bien en exprimant simplement leur talent en studio. Mais il faudrait malgré tout une fameuse dose de folie en plus pour pouvoir présenter ce spectacle sur des scènes de plus grande envergure. Plus d’envie aussi, sans doute. Parce qu’on est en droit de se demander quel plaisir Fin Greenall et ses musiciens prennent en ‘live’ lorsqu’on les voit peiner comme en ce lundi soir. La musique doit avant tout être motivée par le partage, rythmée par la passion, bercée d’une harmonie entre spectateurs et artistes. Autant de critères qui étaient aux abonnés absents et n’ont pas habité Fink, au cours de ce concert.

(Organisation : Aéronef)

Les heures In D 2011 : samedi 22 octobre

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Après avoir vécu l’édition de l’an dernier qui avait accueilli Midlake ou encore Anna Calvi, dans la cité bouillonnante, j’ai donc remis le couvert pour assister à ce festival parallèle aux Ardentes. Un événement qui jouait en 2011, la carte de l’éclectisme et de la découverte. Son appellation ne souffrant d’aucun malentendu, l’accent était, bien entendu, placé sur les artistes en marge du ‘mainstream’. Jeunes talents en devenir ou valeurs (r)assurées, cette nouvelle a permis au public considéré comme le plus ‘chaud boulette’ de s’éclater et de frémir aux sons les plus divers.

Day two.

C'est dans un silence religieux imposé par une assistance des plus clairsemées, que Leaf House, collectif local, dispense les premières mesures de cette deuxième journée, placée sous la bannière étoilée des cœurs plaintifs. Puisant son inspiration dans le souffle des vents d'une Americana en suspens dans le temps et métissant sa musique d'apports electro pertinemment agencés en séquences subliminales, le jeune combo dépose au pied de l'autel de cette plage désertée quelques pétales de fleurs arrachées au balcon de cités noyées dans les brumes de la nuit. Nuancées et délicates, les compositions trouvent un écho timide auprès d'une assistance néanmoins très concentrée sur le sujet, type de respect relativement rare à l'entame d'un festival.

BRNS quant à lui, se charge d'électriser quelque peu l'ambiance par le biais d'un set peut-être un peu inégal, mais bien maîtrisé. Laissant l'excellent "Mexico" terminer leur prestation de superbe manière.

La première gifle de la soirée est assenée par Imany, beauté comorienne montée sur des jambes qui ne finissent jamais et dont la voix est sans conteste à l'instar de son physique d'ex-mannequin. Décortiquant les plages de son premier album, "The Shape Of A Brocken Heart", dont le titre évoque le parallèle subtil entre la forme du continent africain et la moitié d'un cœur brisé, cette grande artiste (dans tous les sens du terme) nous dévoile sa forte personnalité et son talent énorme. Drôle dans ses interventions et touchante dans ses textes, Imany capte l'attention par la grâce d'une technique vocale sans faille mais surtout par une présence scénique remarquable si l'on considère sa frêle silhouette, accompagnée le plus simplement du monde par une guitare acoustique. Sorte de Grace Jones métissée de Tracy Chapman, elle a du bagout et son humour est bien balancé. Bref, cette ex-star des podiums réussit brillamment son virage. Nul doute qu'on en reparlera.

L'atmosphère se drape alors dans des apparats de soie noire, lors de l'apparition du trio Fink. Le protégé du label Ninja Tune n'a pas son pareil pour ensorceler son auditoire en dispensant un folk sombre et pourtant lumineux, parcouru par sa voix au timbre habité par mille démons du passé. Emotions portées à leur paroxysme (en témoigne cette jeune fille en larmes du début à la fin du concert) et efficacité d'un set mené de main de maître basé sur le nouvel opus de cet esthète hors normes. Un moment poignant et à la hauteur des espérances.

Le final de cette seconde édition est donc laissé à Jean-Louis Murat, dont le mot de la fin se déclame en une sombre poésie où la langue française se conjugue au passé Baudelairien, à cheval sur les grands horizons américains. Fidèle à lui même, l'Auvergnat, dans un très bon jour, captive l'assistance en nous racontant ses histoires d'amours déchus et d'espoirs sans lendemain. Présentant son nouvel album ("Grand Lièvre"), le plus Indé des Français recueille un succès mérité pour sa prestation énergique et savamment équilibrée entre hier et aujourd'hui. Au delà du cliché de poète maudit, il affiche la classe d'un artiste n'ayant plus rien à prouver mais toujours un incroyable talent et surtout manifeste une envie insatiable d'aller toujours plus en avant. Chapeau bas, monsieur Murat.

Enfin, l'after party peut commencer à avaler la nuit, et dans son sillage, les échos d'un festival encore mineur, mais plus pour très longtemps.

Les heures In D 2011 : vendredi 21 octobre

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Après avoir vécu l’édition de l’an dernier qui avait accueilli Midlake ou encore Anna Calvi, dans la cité bouillonnante, j’ai donc remis le couvert pour assister à ce festival parallèle aux Ardentes. Un événement qui jouait en 2011, la carte de l’éclectisme et de la découverte. Son appellation ne souffrant d’aucun malentendu, l’accent était, bien entendu, placé sur les artistes en marge du ‘mainstream’. Jeunes talents en devenir ou valeurs (r)assurées, cette nouvelle a permis au public considéré comme le plus ‘chaud boulette’ de s’éclater et de frémir aux sons les plus divers.

Day one.

En débarquant après le boulot, j’ai manqué les prestations de Divine et Radio Radio.

Selon les échos glanés à chaud, la prestation de la jeune Liégeoise a récolté un franc succès ; elle a même emporté dans son flow les doutes éventuels quant à assumer seule l’ouverture du festival.

Sur la lancée de sa première Mixtape et déjà reconnue dans le milieu pour son talent de MC, Divine a assuré remarquablement un exercice toujours périlleux avec un certain aplomb. 

Suivent donc les Canadiens de Radio Radio, dont le hip hop electro aux accents Chiac (un franglais parlé principalement par la jeune génération du Nouveau Brunswick au Canada) convainc une assistance qui allait gonfler au fil des minutes. Prozac dans la grisaille et les premiers froids de cette soirée d’octobre, leur enthousiasme et bonhommie a instauré un climat on ne peut plus favorable pour la suite des festivités.

Auxquelles je me suis enfin invité sur le coup de vingt heures. Juste à temps pour le début du set de 1995… Absolument réfractaire au Hip Hop hexagonal perclus de clichés en tous genres –depuis la grosse chaîne en or qui brille, aux gestuelles formatées (Yo !) jusqu’au phrasé inlassablement copié-collé de générations en générations– je ne peux qu’émettre deux constatations. La première : sur les six minutes vingt-six secondes de patience accordée au set, chaque fois que j’ai tourné la tête, un membre de plus est apparu sur scène. La seconde : après coup, j’ai réalisé que la moyenne d’âge des fans oscillait autour des treize ans. Conclusion : trop vieux et trop Rock & Roll pour vous donner mon avis sur un épisode que j’ai de toute façon snobé.

Les choses sérieuses peuvent donc commencer par la prestation des Lillois de Skip The Use. Quelle énergie ! Quelle pêche ! Mêlant ingrédients pop aux forts accents British (Bloc Party comme référence majeure), son vachement burné (Dog Eat Dog ?) et influences glissant du funk au reggae, ces cinq là ont un allant certain pour mettre la patate et mettre l’ambiance dans une salle. Si ce n’est pas tout à fait ma tasse de thé, j’en reprendrais volontiers une petite goutte en infusion veineuse. Un chanteur époustouflant, et un groupe qui dégomme derrière. Bref, cette révélation des Ardentes 2009 n’a rien perdu de sa superbe.

L’ambiance montée d’un cran, les Français de Caravan Palace n’avaient plus qu’à assener le coup de grâce. L’ennui, c’est que je déteste ce genre de jazz manouche teinté de disco house. J’admets un savoir-faire indéniable ; et au vu de la réponse du public et de son enthousiasme, le concert devait être particulièrement bon. Mais perso, ça m’horripile et je m’ennuie ferme face à telle prestation. Truc de jeunes ou de filles (ou les deux), le plan clarinette sur fond de boîte techno me laisse profondément de marbre. Au milieu de ces centaines de jambes qui s’agitent, de ces fessiers qui rebondissent, de ces poitrines qui se soulèvent, je ressemblais à une frêle embarcation prisonnière d’une tempête. Et je n’avais qu’une hâte, rejoindre le rivage.

Le premier soir s’achève donc par un salut théâtral dans une ambiance survoltée, pendant que je m’engouffre dans ma voiture, chauffage à fond.

A demain pour d’autres aventures…

 

Collapse Under The Empire

Shoulders & giants

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Dans le domaine du post-rock, les bonnes découvertes ne sont pas légion. Il faut habituellement se farcir une vingtaine de groupes insignifiants avant de dénicher l’oiseau rate. Au cours des dernières années, on a, par exemple, frémi à l’écoute des premiers albums de 65daysofstatic (manifestement à la recherche d’un nouveau souffle), Aucan ou encore And So I Watch You From Afar. A cette liste, on peut dorénavant ajouter le duo hambourgeois Collapse Under The Empire.

Epinglé, il y a quelques semaines, lors de la sortie du superbe split album partagé en compagnie de Mooncake, les Teutons font mieux que confirmer tout le bien que l’on pouvait penser d’eux, en publiant leur troisième album intitulé « Shoulders & Giants ». Quelque part entre Mogwai, pour les ambiances sombres et 65daysofstatics, pour le recours à l’électronique, Collapse Under The Empire développe de longs crescendos débutant sur une ligne de piano et s’achevant dans un déluge de rythmiques et de guitares. Cependant, quoique ténébreuse, leur solution sonore ne manque pas d’éclaircies. Baignant au sein d’un climat mystique, le morceau qui ouvre l’opus pourrait servir de B.O. à un film  de Guillermo Del Toro.

Collapse Under The Empire apporte une belle bouffée d’air frais à une scène post-rock, devenue quelque peu moribonde. Un groupe qui gagne à être connu. Ce qui ne devrait d’ailleurs pas tarder !

 

Shaka Ponk

The Geeks and the Jerkin’ Socks

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Voir ou entendre un artiste ou un groupe pour la première fois est souvent déterminant, lorsqu’on doit ensuite poser une analyse. En ce qui concerne Shaka Ponk, quintet français exilé à Berlin, c’était lors de leur passage sur le plateau de l’émission Taratata. Ma réaction n’était peut-être pas très pro, mais mon esprit a été profondément marqué. Pas dans le bon sens, je dois l’avouer. Le kit du parfait combo néo-métal du début du millénaire arboré par des trentenaires ; désolé ça ne pardonne pas ! Autant dire que lorsque j’ai reçu le troisième album du groupe, « The Geeks and the Jerkin’ Socks », son sort (NDR : celui de l’album, évidemment !) était déjà à moitié scellé. Notre histoire avait commencé sur de mauvaises bases. Quoi qu’il en soit, par acquis de conscience et par déontologie, j’ai donc écouté le disque…

A leur décharge, il faut avouer que Shaka Ponk est un groupe essentiellement visuel. Et l’énergie live est difficile à reproduire sur cd. Dès « Let’s Bang », le ton est donné. Tempo rapide, mélodies prévisibles ; bref du punk électronique rappelant la scène californienne d’une décennie plus tôt. La voix de la nouvelle recrue anglo-égyptienne vient cependant adoucir celle aigue et insupportable du chanteur des débuts. Très vite, ce punk festif se répète et finit par lasser. On épinglera quand même la présence du rappeur Beat Assaillant sur « Old School Rocka » ainsi que celle de Bertant Cantat, aux vocaux sur « Palabra Mi Anor ». Ce qui devrait faire un peu de pub à leur long playing.

« The Geeks and the Jerkin’ Socks » va rapidement filer au fond de mon armoire, à l’abri des regards, et prendre peu à peu la poussière. 

 

Samiyam

Sam Baker’s Album

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Samiyam ou la preuve par 17 que les produits redevables de près ou de loin à Flying Lotus ne sont pas forcément et systématiquement exceptionnels. Si Samiyam, de son nom de baptême Sam Baker, voulait cet essai éponyme à son image, il lui faudra la repenser de A à Z.

Sur ce premier LP en solo, le bidouilleur originaire du Michigan renvoie indubitablement l’image d’un personnage qui foisonne d’idées mais n’arrive pas vraiment à les enrober de façon marquante ou à les disposer de manière cohérente. « Sam Baker’s Album » se limite à une suite de beats Hip Hop sans relief. Parcourir le disque de long en large, et à répétition, ne permet même pas de dégager le moindre morceau marquant. L’impression globale laissée, au terme de l’écoute de la plaque, est irrévocable : « Sam Baker’s Album » sonne cruellement comme du Flying Lotus. Ou plutôt comme une série de démos que Flying Lotus n’aurait même pas pris le temps d’achever.

Rien d’épatant, rien d’exceptionnel. A croire que toute la vigueur et les bonnes idées du projet FlyAmSam de Baker et de son mentor reposaient entièrement entre les doigts d’un seul de ses deux membres. Tout le potentiel des beats de « Sam Baker’s Album » se noie dans un travail bâclé et inachevé. Du côté de chez Brainfeeder, mieux vaut s’attarder sur les dernières galettes de Thundercat et de Lorn.

 

Sandro Perri

Impossible Spaces

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Les espaces musicaux ouverts par Sandro Perri, sur « Impossible Spaces », son second album enregistré sous son véritable nom, semblent, à première écoute, difficile d’accès pour le commun des mortels. Le Canadien s’autorise toute liberté sur des longs morceaux rappelant les élucubrations de Sufjan Stevens en compagnie duquel il partage un goût immodéré pour le mélange du folk et de l’électro (le superbe « Wolfman »). Autrefois connu sous le patronyme de Polmo Polpo, Sandro Perri était surtout notoire pour son travail dans le domaine de la production. Et tout particulièrement en matière de musique électronique.

Au fil du temps, il s’est intéressé davantage au style acoustique ; ce qui explique pourquoi il a apporté sa collaboration à Great Lake Swimmers ainsi que Barzin. Multi-instrumentiste, ce petit génie est donc parvenu, en bidouillant dans son home studio, à concocter de véritables pépites uniques en leur genre, accessibles à l’oreille malgré leur originalité. Ses compos qui empruntent constamment de complexes chemins de traverse, mais finissent par retomber sur leurs pattes, pour un résultat pour le moins saisissant mais réussi (le diptyque « Futureactive Kid »). Il parvient même à conjuguer crescendos électro et cuivres ou percussions latines (« Love and Light »), sous un format pop, malgré la longueur des morceaux. Bref, Sufjan Stevens s’est trouvé un nouveau concurrent…

 

Milagres

Glowing Mouth

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Memphis Industries est un label exigeant. De qualité aussi. C’est ainsi la maison mère des Anglais de The Field et des Américains de Coulourmusic. Il concède cependant un fort penchant pour le rock progressif, un brin cérébral et sous addiction. Milagres, trio issu de Brooklyn, ne déroge pas à la règle, en dispensant une dream-pop à tendance… progressive. Dans un style sis à la croisée des chemins de Beach House, Grizzly Bear et Flaming Lips…

« Glowing Mouth » est un opus riche et varié. Les compos sont inventives et intemporelles, mais parfaitement maîtrisées. Longues en bouche elles surprennent et parfois même émerveillent. « Here to Stay » puise ses sources à la fois chez Arcade Fire et R.E.M., « To be Imagined » pourrait correspondre à une version moderne des Beach Boys (NDR : Kyle Wilson, chanteur du groupe au falsetto éthéré, partage d’ailleurs curieusement le même le nom de famille), alors que le titre maître, caractérisé par son électro-soul subtile et chaloupée, rappelle carrément James Blake. Des synthés bizarres soutiennent des harmonies vocales étonnantes de maturité pour une formation dont c’est le premier elpee. Il faut dire que Kyle Wilson a disposé d’énormément de temps pour le composer, immobilisé chez lui pendant de longs mois, à la suite d’un accident d’escalade !

Bref « Glowing Mouth » est un disque ambitieux et frais, pas toujours très facile d’accès, malgré son sens mélodique aiguisé. A découvrir d’urgence!