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La vérité selon RORI

Après avoir marqué les esprits en assurant la première partie de Lana Del Rey, au festival Rock en Seine, devant 40 000 spectateurs, RORI poursuit son ascension. Cet été, elle s'invite sur les scènes de plusieurs festivals dont Les Francos à Esch/Alzette, Les…

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The Young Veins

Take a vacation!

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Chez les Young Veins, on retrouve le gratteur Ryan Ross et le bassiste Jon Walker, deux ex-membres de Panic ! At The Disco, un groupe cependant toujours bien actif, puisque le guitariste/pianiste Brendon Urie et le drummer Spencer Smith ont décidé de poursuivre l’aventure. Pour l’instant sous la forme d’un duo. Et un nouvel opus est même prévu pour début 2011. Mais revenons à notre quintet, dont « Take a vacation ! », constitue le premier elpee. Et pour se rappeler à notre bon souvenir, figure dans le titre de ce disque, un point d’exclamation !

Le combo s’est établi en Californie. Et ce nouvel environnement influe manifestement sur leur musique, mais pas seulement. Vous pensez aux Byrds ? Et vous avez tout à fait raison. A cause des cordes de guitare bringuebalantes et puis des harmonies vocales échangées entre les deux leaders. Mais la formation puise également ses principales références dans la pop des sixties insulaire. Et en particulier chez les Kinks et les Beatles époque « Please Please me » (ce mid tempo !) Dans le style, The Young Veins me fait parfois penser à Cast. A cause de la voix haut-perchée de Ryan. La mélodie du titre maître lorgne cependant vers un Stone Roses originel. Produit par Alex Greenwald (Phantom Planet) et Rob Mathes (Lour Reed, Panic !), l’opus ne dure qu’un peu moins d’une demi-heure et recèle deux covers en fin de parcours. Tout d’abord une version surf du « Security » signée Otis Redding/Margaret Wessen et une adaptation très réussie du « When you walk in the room » de Jackie DeShannon, dont les Searchers avaient fait un hit en 1964. Rafraîchissant !

Bob Dylan

The best of the original mono recordings

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De 1962 à fin 1967, Robert Zimmerman a publié huit albums studio : “Bob Dylan” (1962), “The Freewheelin' Bob Dylan” (1963), “The Times They Are a-Changin'” (1964), “Another Side of Bob Dylan” (1964), “Bringing It All Back Home” (1965), “Highway 61 Revisited” (1965), “Blonde on Blonde” (1966) et “John Wesley Harding” (1967). En mono. Un coffret consacré à ces huit elpees vient de paraître. Et les compos ont bien sûr été remasterisées. Une compile réunissant 15 des compos les plus notoires de cette anthologie vient également de paraître. Elle s’intitule « The best of the original mono recordings ». Faut donc pas vous faire un dessin. Vous y retrouverez donc, entre autres, « Blowin’ in the wind », "The Times They Are A-Changin'", "Mr. Tambourine Man", "Like A Rolling Stone", "Just Like A Woman" ou encore “All along the watchtower”. Le tout est enrichi d’un booklet retraçant cette partie d’histoire de Bob Dylan ainsi que tous les détails relatifs aux collaborateurs qui ont participé aux sessions d’enregistrement des différents morceaux.

Bob Dylan

The Witmark Demos : 1962-1964

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Avant de signer chez Columbia, Dylan avait enregistré toute une série de demos pour ses premiers éditeurs, Leeds Edition et Witmark & Sons. Ce double album réunit celles destinées à la seconde boîte, composées entre 1962 et 1964. Le titre de l’opus est suffisamment explicite. Des chansons au cours desquelles, le Zim s’accompagne à la sèche, à harmonica et parfois au piano. 47 titres qui devaient, à l’origine, être destinés à de potentiels interprètes. A cette époque, on ressent déjà très fort les influences puisées chez ses maîtres, Woody Guthrie et Pete Seeger. La compile est, en outre, enrichie d’un superbe booklet. Abondamment illustré il contient également un commentaire détaillé de cette période de son existence. Des titres comme « Blowin in the wind », « A hard rain’s gonna fall » et “Mr Tambourine Man” figurent dans le tracklisting, sous une forme on ne peut plus épurée. Démo oblige. Maintenant, si vous n’êtes pas un inconditionnel, je vous déconseille vivement de vous farcir les deux plaques d’affilée, sous peine de coup de blues. Pour collectionneurs et fans uniquement !

Fair Warning

Talking Ain’t Enough – Fair Warning Live In Tokyo

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Les fêtes de fin d’année approchent. Une période associée à l’assommante corvée de dégoter ‘LE’ cadeau qui fera plaisir à l’être aimé. Si votre mari / épouse / petit-ami / copine / frère / sœur / pote / patron / père / mère / compagnon / etc. (biffez les mentions inutiles) est féru de hard rock mélodique, de rock FM ou d’A.O.R. vous pouvez arrêter, dès à présent, de vous torturer les méninges. Musiczine à trouvé pour vous le cadeau idéal. Réservez d’ores et déjà une place sous le sapin pour le tout nouvel opus live de Fair Warning, « Talking Ain’t Enough – Fair Warning Live In Tokyo ».

Suivant votre budget (ou le degré d’intensité de l’amour que vous portez à son destinataire), vous aurez le loisir de choisir votre cadeau sous l’un des trois formats disponibles. Les plus fortunés/amoureux d’entre vous opteront pour la version ‘Boxset’ limitée à trois mille exemplaires pour le monde entier (NDR : un solide box réunissant trois Cds audio, deux Dvds ainsi qu’une pochette et un livret entièrement remaniés). Les autres devront se décider entre le superbe digipack triple Cd ou encore le double Dvd. Peu importe après tout que vous hésitiez entre l’un où l’autre de ces packagings puisque, de toute façon, l’heureux destinataire de votre présent recevra, quelque soit votre choix, ce qui se fait de mieux en matière de rock mélodique.

La présente chronique est consacrée à la version audio, triple Cd digipack. Comme l’indique son titre, « Talking Ain’t Enough – Fair Warning Live In Tokyo » est le témoignage du passage triomphal de Fair Warning au Pays du Soleil Levant. Deux des trois plaques ont été mises en boite à Tokyo, lors de la tournée japonaise ‘archi-sold-out’ de 2010. La troisième, quant à elle, immortalise l’enregistrement intégral de la prestation du combo accordée au ‘Tokyo Loudpark Festival’, en 2009.

Une intro tribale à souhait met d’emblée le public nippon en émoi. Ce dernier réserve à Helge Engelke un accueil triomphant dès l’entame du premier accord de guitare. Il faut dire que le six-cordiste allemand tue. Ses rythmiques sont précises et ses parties lead, gorgées de feeling. Il est soutenu par une section rythmique impitoyable. CC Behrens à la batterie, marque le tempo appuyé par les lignes de basse subtiles et puissantes d’Ule Ritgen. Tommy Hart, l’Américain du combo chante aussi bien en concert que sur les opus studio. Leader charismatique, il n’a aucun mal à se mettre l’assistance japonaise dans la poche.

La setlist a des allures de ‘Best Of’. On y retrouve en effet tous les meilleurs titres du combo. « Here comes the heartache », « Generation Jedi », « Save Me », « Don’t Give Up », « Get A Little Closer », « Walking On Smiles » et « Hey Girl ». La carrière du groupe est résumée en une trentaine de titres, tous plus excellents les uns que les autres. L’un des moments forts est sans aucun doute l’enchaînement subtil opéré entre l’interprétation du titre traditionnel « Sakura » (hautement apprécié par l’assistance nippone) et l’immense cover instrumentale du classique « Kashmir » de Led Zeppelin.

Si, de nos jours, beaucoup trop d’albums rock mélodiques sont enregistrés par des formations préfabriquées, montées de toutes pièces par les labels spécialisés, Fair Warning, lui, démontre une nouvelle fois, que pour sortir l’album parfait, il n’y a rien de tel qu’une formation soudée. Depuis son retour en 2006 (NDR : après un break d’environ cinq ans) le combo américano-allemand semble être au top de sa forme. Et, si deux albums studio frisant la perfection (« Brother’s Keeper » en 2006 et « Aura » en 2009) n’ont pas encore réussi à convaincre les mélomanes les plus frileux, il ne fait nul doute que « Talking Ain’t Enough – Fair Warning Live In Tokyo » devrait y parvenir et surtout prouver une fois pour toute que Fair Warning est décidément LE groupe rock mélodique de la décennie.

Bryan Ferry

Olympia

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Il y a bien des lustres que Phil Manzanera, Andy Mackay, Bryan Ferry et surtout Brian Eno n’avaient plus bossé ensemble. Si mes infos sont exactes, c’était en 1973. Pour concocter le deuxième elpee de Roxy Music, « For your pleasure ». Moment choisi par Eno pour voler de ses propres ailes. Et le dernier album personnel de Ferry remonte à 2002. Il s’agissait de « Frantic ». Entretemps, il avait bien commis « Dylanesque », mais c’était un opus consacré à des reprises du Zim.

Première constatation, à l’instar des albums de Roxy Music, la pochette est illustrée par une pin-up alanguie. Ce n’est plus Amanda Lear, mais Kate Moss qui s’affiche. Et finalement, ce choix n’a pas été pris au hasard, vu la réunion du quatuor de base. Encore que de grosses pointures sont venues participer aux sessions d’enregistrement ; et parmi elles, David Gilmour (Pink Floyd), Jonny Greenwood (Radiohead), Nile Rogers (Chic), Flea (Red Hot Chili Peppers) et Mani (ex-Stone Roses, Primal Sream). Sans oublier les Sissor Sisters pour échanger un duo sur « Heartache by numbers » et le Groove Armada sur « Shameless ». Démontrant ainsi que le dandy britannique est capable de se fondre dans l’univers sonore contemporain. Et « Alphaville », trempé dans le disco/funk, « BF Bass (Ode to Olympia) », dans le r&b, ou encore « You can dance », relifté par DJ Hell, en sont d’autres belles illustrations. Produite par Ferry et Rhett Davies, cette œuvre épingle quand même l’une ou l’autre reprise. Dont le célèbre « Songs to siren » de Tim Buckley et une adaptation du « No face, no name, no number » de Traffic. Une des rares compos au cours desquelles Bryan se pose en crooner. Sur le reste de l’opus, sa voix tout en retenue, constamment en retrait, séduit par le velouté de son timbre. Ce qui n’empêche pas les compos de rivaliser de sophistication, de classe et de glamour, en alternant morceaux up tempo et ballades. Bref, un bien bel album

 

Robert Pollard

Moses on a snail

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Robert Pollard est un artiste prolifique. Il est cependant surtout devenu notoire pour son aventure vécue à la tête de Guided By Voices, entre 1983 et 2004. Un fameux bail ! Depuis, il multiplie les albums solos, les projets et les collaborations. Il doit avoir commis 12 albums lors de ces 2 dernières années, sans compter les singles, Eps et compiles en tous genres. Il a écrit la bagatelle de 1300 chansons, au cours de ses 25 dernières années de carrière. Excusez du peu ! Le souci, c’est que certains disques sont tellement expérimentaux, qu’ils passent complètement inaperçus. Heureusement, en solitaire (NDR : pas tout à fait, puisqu’il est alors épaulé par le drummer/producteur Todd Tobias), ses opus se révèlent bien plus consistants.

Robert aime le Who, Peter Gabriel, le punk et la prog. Il le concède. Des goûts qui l’ont influencé et l’influencent toujours. Il accorde un soin tout particulier au sens mélodique de ses chansons. Quand ce sont des chansons, bien sûr. Ce qui est bien sûr le cas tout au long de « Moses on a snail ». Elles peuvent même se révéler contagieuses. A l’instar de « Each is good in his own home ». Découpé en 12 plages, son dernier long playing baigne au sein d’un climat plus ténébreux, même si Pollard n’a pas perdu son sens de l’humour (le chacha/rockabilly « Big time wrestling »). Tout au long de ce disque, il alterne ballades et compos plus vivifiantes (l’excellent « It’s news » trempe même dans le punk tumultueux), parfois à la limite du hard rock (riffs lourds assénés sur « Lie like a dog » et percutants réservés à « In a cold war », dans l’esprit du « Who's Next » de la bande à Daltrey). Un spectre du Who, mais davantage proche de l’opéra rock « Tommy », hante également « Arrows and ballons ». Trois titres s’écartent cependant de l’ensemble. Tout d’abord l’élégiaque « Teardrop Paintballs », un morceau sculpté dans la lo-fi acoustique. L’épique, presque prog, « A constant strangle », ensuite. Puis en final, le titre maître. Dramatique, majestueux, il est parcouru d’un solo de guitare brûlant, digne du Blue Oyster Cult dans sa phase la plus classique. Bref, un album de bonne facture, mais sans surprise pour Robert Pollard.

The Tellers

Close the evil eye

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Lorsque Charles Blistin quitte les Tellers, pour embrasser une carrière solo, laissant Ben-Baillieux-Beynon à son triste sort, la rumeur colporte une fin d’aventure pour le groupe belge. D’autant plus que le moral des troupes n’est plus au beau fixe. C’est Fabrice Detry (Austin Lace, Hallo Kosmo), qui avait déjà assuré un intérim à la basse et surtout mis en forme leur premier opus, « Hands full of ink », qui va le remettre en selle. Il reprend sa quatre cordes et incite Ben à se remettre à la composition, tout en l’aidant à rechercher de nouveaux collaborateurs. César Laloux (ex-Archishops) Joos Houwen (Skag) et Aurélie Muller viennent compléter le line up. Puis, c’est 62TV qui convainc, à la demande fortuite du groupe, Gordon Raphael (l’homme derrière les manettes, chez les Strokes) de produire leur futur long playing.

Si “Close the evil eye” se révèle plus musclé, plus électrique, circonstanciellement secoué par de solides pulsations de basse, il n’a pas pour autant gommé toutes ses spécificités ‘Tellers’. D’abord, il y a les deux premiers morceaux de l’opus, « Dream » et « Evil eye », dont les lyrics décrivent la période douloureuse traversée par Ben, après le départ de Charles. Puis « Secrets », une compo particulièrement épurée. Caractérisé par de superbes arrangements de cordes, « 7 words » est probablement le meilleur morceau du long playing. Parsemé d’accords de guitare un peu sales et souligné de vocaux vindicatifs, « Cold asice » évoque un Telephone qui se serait mis à la langue de Shakespeare. Plus complexe, « I wish » est bien balisé par le xylophone. Mais les autres compos souffrent trop souvent d’un manque d’homogénéité. A cause de ce sens mélodique un peu trop spasmodique que ne parvient pas à fédérer la richesse de l’instrumentation. Même le second single, « I’ve got a world », qui rend un hommage à feu Dennis Wielemans, drummer de Girls In Hawaii, est trop décousu pour convaincre. On terminera cependant par une bonne note : la pochette de l’album. Imaginée par l’artiste suisse Felicie Haymoz, elle est absolument superbe.

Various Artists

Strange Games & Funky Things Volume 5, Compiled by DJ Spinna & BBE Soundsystem

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Figure incontournable dans le milieu du hip hop, le producteur et DJ Vincent Williams, plus connu sous le pseudonyme de DJ Spinna, s’est illustré, entre autres, sur des remixes réalisés pour De La Soul ou encore Stevie Wonder. En plus d’être un technicien hors pair, le Newyorkais est également, au même titre qu’un Danny Krivit, une bible en matière de raretés que les puristes tentent de dénicher en vain. Sa dernière galette en date est donc publiée sur le label londonien bbe. Les Britons se sont penchés sur Spinna afin de concocter leur cinquième compilation de leur superbe série intitulée « Strange Games & Funky Things ». Ces compiles créées au cours de l’été 1997 recouvrent la soul, le hip hop et le R&B des 70’s, 80’s et 90’s. Elles proposent des tracks aux grooves hypnotiques ; et les raretés mixées sont un véritable régal, à l’instar des recueils issus du catalogue Soul Jazz ou encore Strut.

Pour ce 5ème volume, la complicité entre DJ Spinna et la BBE Soundsystem (Peter Adarkwah et Jonathan Rau) est irréprochable et les mixes s’enchaînent à la perfection. Jonglant entre hymnes soul et grooves disco, les titres défilent à une vitesse vertigineuse. Faut dire que les morceaux sont, en général, assez courts. Ce qui n’empêche pas de savourer des plages comme « Family Tree ». Ou encore la cover du « Gimme Shelter » des Stones par Merry Clayton, une petite merveille au cours de laquelle le rock qui roule vient se frotter à la soul black. Le tout magistralement remodelé par Clayton. Sans oublier le très bossa nova « Brazilian Skies » de Bill Summers (percussionniste de Herbie Hancock), un titre superbement remixé par Spinna qui clôt cette compilation qui vous en met plein les oreilles. Indispensable !

 

Suzanne Vega

Close Up – Vol 2 – People & Places

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Suzanne Vega, c’est 25 ans de carrière, 7 millions d’albums vendus et 7 nominations aux Grammy Awards. L’Américaine s’est imposée comme l’une des plus grandes songwriters de sa génération et une inspiration pour beaucoup de musiciens.

Née à Santa Monica, en Californie, le 11 juillet 1959, Suzanne Vega grandit dans un quartier défavorisé de New York. Très tôt, elle commence à embellir son quotidien en écrivant des poèmes, puis des chansons. Elle apprend également à jouer de la guitare, et se construit une solide culture musicale, en écoutant de vieux disques de folk, de jazz ou encore de bossa nova. Le soir, après ses études, elle joue dans des petites salles de Greenwich Village et commence à se faire connaître. Son style très traditionnel, inspiré de grands noms de la musique comme Bob Dylan, Leonard Cohen, les Beatles et Lou Reed, séduit le public mais ne convainc pas les producteurs. Il lui faudra persévérer jusqu'en 1985 pour sortir enfin un premier album éponyme. Deux ans plus tard, « Solitude Standing » la révèle au monde entier. Il recèle des tubes comme « Tom' s Dinner » ou « Luka », qui aborde le thème de l'enfance maltraitée. L'opus suivant, « Days of Open », est plus expérimental et rencontre un accueil mitigé, vite effacé par la rythmique contemporaine de « 99, 9 Degrees Fahrenheit », produit par son époux Mitchell Froom. Leur divorce sera d'ailleurs le thème principal de « Songs in Red and Gray », paru en 2001.

Dès lors, Suzanne Vega se repose sur une gloire assurée. Mais après cinq ans d’absence volontaire, entrecoupée de la sortie d’un best of en 2003, « Retrospective », elle décide de sortir de son mutisme pour nous proposer son dernier album studio en date « Beauty and Crimes ».

La Newyorkaise qui a collaboré avec, entre autres, Léonard Cohen, revient ainsi pour une série de 4 albums qui compileront quelques uns de ses plus grands succès comme ses plus belles perles rares revisitées en acoustique minimalement folk...

« Close Up » en est le second volume. Le premier tome de ses mémoires « Close up volume 1 - Love songs »,  compilation mielleuse et mélancolique était sorti en juin dernier.

Pour les fans uniquement.

24 Pesos

Busted broken and blue

Écrit par

24 Pesos n’est pas une formation texane ou mexicaine, mais bien insulaire. Il faut d’ailleurs avouer que la scène blues britannique, n’est plus très prolifique. C’est donc une bonne surprise. Les musiciens sont issus de Londres et du Sud de l’Angleterre. Leur leader n’est pas un inconnu, puisqu’il s’agit du chanteur/guitariste/compositeur Julian Burdock. Habitué des circuits belges, il avait monté, il y a quelques années, un trio répondant au patronyme de Waterzooi, un combo impliquant une section rythmique tournaisienne. Il se produit encore régulièrement sur le Vieux Continent, en compagnie de musicos locaux, sous le patronyme de Julian Burdock Blues Experience.

Il aime, par-dessus tout, la musique qui remue : le funk et le blues. Il a monté 24 Pesos en 2008, un quartet au sein duquel milite le bassiste Silas Maitland (NDR : également producteur de l’opus), l'organiste Moz Gamble et le batteur Mike Connolly. Le band avait publié un premier elpee en 2009 : "The boogie worm"

"Maxwell street" est une ouverture royale. Le son du dobro est métallique. La voix de Burdock sort vraiment de l'ordinaire. Rocailleuse, elle véhicule un vécu certain. Elle nous entraîne dans cet univers sonore rythmé à souhait. Tous les acteurs sont bien en place. En trame de fond, les sonorités de l'orgue Hammond apportent une densité judicieuse à la compo. La slide en profite pour se libérer. Julian a du métier. Sa musique est excitante. Comme si vous aviez des fourmis dans les jambes. Nous avons tous envie de regagner Maxwell Street, ce soir. L’orgue est toujours bien présent pour le funkysant "Never saw the devil", une obsession des bluesmen. Nos Pesos s’inspirent ici manifestement du géant texan disparu, Freddie King. La section rythmique est imparable. Direction les grands espaces du delta du Mississippi pour un "Waitin' at the station", toujours imprimé sur un tempo soutenu. Julian double avec bonheur et panache, slide et harmonica. "In the summertime" (NDR : non, non, ce n’est pas le hit de Mungo Jerry) baigne au cœur d’une atmosphère torride. La slide et l'harmo sont toujours à l'avant-plan. Julian malmène son bottleneck comme un vétéran du sud. Ses partenaires répondent à son chant conquérant. Le band possède un style bien propre et affiche une cohésion qui force le respect. Les compos sont solides. Orgue et slide dialoguent à haut niveau, tout au long de "Lowdown sweet and dirty", une compo qui mêle gospel, blues et soul, en lorgnant vers Memphis. Outre leur delta funk, les Pesos injectent un zeste de rap sur "Live my life to sing the blues". Une plage puissante, musclée, dévastatrice. Le registre vocal de Julian est particulièrement ample. Et il le démontre tout au long la douce ballade soul, "Somebody else". Swing et le jump alimentent le titre maître, une compo réminiscente des Stray Cats de Brian Stezer. "Day become night" campe le slow blues de circonstance. En finale, "Neckbones and gumbo" nous replonge dans ce que les 24 Pesos font le mieux : le funky blues. Cette voix chaleureuse, les cordes et l’orgue : tout nous rappelle la Nouvelle Orléans et en particulier l’ensemble mythique Little Feat. Un chouette album !

Autolux

Transit Transit

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Paru pendant la période des vacances, l’excellent dernier album des Etasuniens d’Autolux est plutôt passé inaperçu. Un dix titres qui mérite pourtant un arrêt sur image.

Fondé en 2000 et rapidement signé en 2001, sous le label DMZ –petite écurie créée par T-Bone Burnett et les frères Coen– Autolux a dû attendre 2004 pour nous illuminer de son premier long playing, « Future Perfect ».

Malgré un accueil élogieux de la critique, le trio de Los Angeles doit encore patienter six longues années avant de pointer le nez sous la forme d’un deuxième opus. Une paresse créative (deux LP et un Ep en dix ans !), un caprice artistique, un défi à la perfection ? Peu importe. Le résultat est stupéfiant. Une pop lo-fi expérimentale subtilement éclectique qui conjugue les genres : dream-pop,  shoegaze, krautrock, électronica, post-punk... « Transit Transit » se caméléonne habilement et superpose des nappes atmosphériques joliment souillées et simplement tortueuses. Une simplicité cachée d’un kaléidoscope aux facettes sonores plus brillantes les unes que les autres. Une diversité de sons dissemblables chantant à l’unisson. Véritable laboratoire musical, la galette allie le limpide et le brouillon, le chaos et l’harmonie. Un pur désordre coagulé d’un bricolage électro intelligemment organisé. Deux voix exsangues et désincarnées viennent porter le coup final. Une œuvre qui ne s’enlise pas dans la fréquente linéarité de la scène indie rock des années 80-90. Bien entendu, les comparaisons vont bon train : Blonde Redhead, Sonic Youth, Can, My Bloody Valentine, Swirlies, Pale Saints… Mais le groupe parvient à conserver une identité unique. Sans se couper de son passé, il innove.

Les plus belles expressions esthétiques ne suscitent-elles pas souvent de la tristesse ? Si tel est le cas, écoutez la première piste et vous tomberez rapidement sous le charme dépressif d’« Autolux ». Un nymphée d’où s’échappe un timbre plaintif qui imprimerait la voix d’un Thom Yorke sous Effexor, une séquence électro lugubre en boucle, des backing vocals venues des contrées les plus tristes d’Islande… D’emblée, « Transit Transit » s’évertue à assouvir vos pulsions les plus morbides.

Globalement, ce dernier long playing made in California explore des ambiances hautement atmosphériques. A grands coups de guitares noisy et de pédales de distorsion, « Census » et « Headless Sky », hybrides entre My Bloody Valentine et Ride, font écho aux grands remous bruyants des côtes du Pacifique.

Autre facette du groupe, les tendres ballades oniriques de « Spots », « The Boucing Wall » et « The Science Of Imaginary Solutions ». Lieux sonores où la caresses des deux voix mixtes (Eugene Goreshter et Carla Azar), le piano domestiqué, la batterie délicate tracent d’étranges voyages imaginaires. Puis, soudainement, changement de cap. La folie confuse ressurgit sur les mélodies alambiquées de « Audience No. 2 ». Un single complet sur lequel l’ancien Autolux rejoint le nouveau. Un tracklisting qui ne s’ennuie jamais. Qui ne vous ennuie jamais.

« Transit Transit », un sadisme sonore hypnotique chaudement recommandé.

 

Carl Barât

Carl Barât

Écrit par

Carl Barât et Pete Doherty étaient co-leaders au sein des The Libertines ; mais le premier cité n’est pas, à l’instar de son ex-compère, adepte des tabloïds british. Depuis le split de la formation, en 2004, il tente, vaille que vaille, de refaire surface, malgré les moments difficiles qu’il a traversés (dépression, maladie, …) En 2005, il avait ainsi fondé les Dirty Pretty Things, une aventure qui lui avait permis de publier deux albums. Faute de succès vraiment convaincant, il décide de mettre un terme à l’histoire du groupe. C’était en 2008. Depuis cette époque, il ne donnait plus signe de vie. Et puis deux bonnes nouvelles sont venues simultanément, le remettre sous les feux de l’actualité. Tout d’abord une reformation des Libertines, afin d’accomplir une mini-tournée. Et surtout, la sortie de son premier elpee solo.

Sur ce long playing, on découvre un Carl Barât introspectif, authentique, sincère. Mélancolique, mais jamais morose. Il se dévoile à travers des textes qui parlent de sa vie, de ses désillusions, de ses déceptions amoureuses. Il tire, en quelque sorte, le bilan de son existence. Et l’artwork de la pochette, illustré par une photo qu’il a prise de lui-même, sur laquelle on aperçoit sa compagne, confirme cette impression. En outre, davantage qu’éponyme, le titre de son album est vraiment explicite.

Pourtant les compos de son elpee sont rythmées et intenses. Les arrangements sont parfaits. Et je pense tout particulièrement aux accords de piano prodigués tout au long de « The Fall » ou aux cordes qui bercent « So Long, My Lover ». Ce qui n’empêche pas certaines plages de se révéler très allègres, à l’instar de « Run With The Boys ».

Perso, j’estime qu’il s’agit du meilleur opus d’un ex-Libertines depuis la séparation du groupe. Mais surtout, il révèle le talent d’un songwriter, qu’on n’imaginait pas…

Big Moustache Bandits

Really Big (Demo)

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Attention ! Nous nous peut-être en présence d’une intervention divine. Comment expliquer autrement qu’un groupe qui démarre sa carrière en empruntant la voie facile de la Pop/Rock, change tout à coup sa guitare d’épaule pour se lancer sur le chemin tortueux qui mène au paradis des hard rockers ? La bible nous l’a appris, les manifestations divines peuvent prendre des formes diverses et variées : un buisson ardent, une lumière éblouissante, un fougueux amant ailé ou un mec qui marche sur l’eau. Dans le cas des Big Moustache Bandits, l’apparition céleste était probablement vêtue d’un uniforme d’écolier, culottes courtes et cartable sur le dos, casquette cornue vissée sur la tête et Gibson bien calée entre les mains.

Les Bandits à Grandes Moustaches sévissent depuis 2007 au cœur de Cité Ardente (NDR. : rien à voir avec le buisson). Une première démo, orientée pop-rock, est enregistrée en compagnie de la chanteuse Alkaline Claire. Ce premier méfait permet aux Bandits d’exposer sur scène une pilosité faciale naissante. Au fil de l’expérience des planches, vient la maturité. Le fin duvet pop qui orne la lèvre supérieure des Liégeois se mue peu à peu en une grosse moustache hard rock’n’roll.

Ces bacchantes viriles ne conviennent pas à de pulpeuses lèvres féminines et le combo se débarrasse d’Alkaline (dans un container de recyclage approprié, il faut l’espérer) pour continuer dans une configuration 100% mâle. En 2010, le quintet est complètement métamorphosé. « Really Big », le nouvel Ep neuf titres, révèle un hard rock’n’roll sauvage, fleurant bon la testostérone et la poudre à canon. On y découvre un groupe dont la véritable identité vient d’éclore. BMB puise son inspiration dans le hard rock des seventies (et du début des eighties). La section rythmique carrée et les riffs de six-cordes évoquent les élucubrations groovy-rock’n’rollesques d’un AC/DC en début de carrière. La voix de Tony The Devil fait un peu penser à celle d’un Brian Johnson qui aurait avalé du Justin Hawkins (The Darkness) en guise de quatre-heures.

« Really Big » est un Ep découpé en neuf plages pour une grosse demi-heure de musique. La production est d’une qualité plus que raisonnable pour une démo. Hautement recommandable pour tous ceux et celles aiment taper du pied en se prenant une décharge de rock’n’roll haut voltage.

Le but des Big Moustache Bandits est de défendre sa musique sur scène. Avis aux promoteurs !

Michael Bormann

D.i.f.f.e.r.e.n.t.

Écrit par

Fils de musicien, Michael Bormann est âgé d’à peine treize ans lorsqu’en 1979, il fonde High Voltage. Le combo qu’il partage en compagnie de son frère publie plusieurs albums et remporte un succès d’estime en Allemagne. Cependant, c’est au sein de Jaded Heart, le groupe disputant à Fair Warning, le titre de ‘meilleure formation A.O.R. d’Outre-Rhin’, qu’il rencontre le succès. Son talent vocal l’amène à partager le destin d’autres formations, dont la plus célèbre est Bonfire, pour laquelle il tourne pendant deux ans sans sortir d’album. Chanteur, multi-instrumentiste, compositeur et producteur de talent, il consacre tout son temps à la musique.

« D.i.f.f.e.r.e.n.t. », son quatrième opus solo sort le 19 novembre 2010 chez AOR Heaven. Et on peut dire que l’hiver sera chaud pour les amateurs de hard rock aux mélodies sucrées et de jolies ballades acoustiques. Michael Bormann c’est avant tout une voix superbe, une combinaison parfaite entre la douceur de Bon Jovi et la chaleur râpeuse de Joe Eliott (Def Leppard). Mais l’Allemand est aussi un musicien accompli. Sur  « D.i.f.f.e.r.e.n.t. », c’est lui qui se charge de la plupart des instruments (NDR : quelques soli ont été confiés à des amis). Il compose tous les titres, les enregistre et les produit.

Musicalement non plus, nous ne sommes pas loin de Bon Jovi, ni de la période la plus commerciale de Def Leppard. Les douze titres sont bien produits, et se partagent entre un hard FM ultra-léché et dynamique (qui aurait fait fureur sur les ondes américaines dans les années quatre vingt) et les ballades acoustiques romantiques à souhait (NDR : toutefois, nous nous serions quand même bien passés de ce « Was Mir Fehlt » un peu poussif chanté entièrement dans la langue de Goethe). Ce petit désaccord linguistique mis à part (après tout, nous sommes en Belgique), « D.i.f.f.e.r.e.n.t. » est une véritable réussite qui réjouira non seulement les fans de Jaded Heart, mais aussi les amateurs de très bon rock mélodique à la sauce américaine.

Les Copeland

Don't let the devil in

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Les Copeland est issu du Canada. De Colombie Britannique, très exactement. Il est âgé de 45 balais. Dans le domaine des cordes, c’est un véritable expert. Il a d’ailleurs assimilé des tas de styles, depuis le Mississippi Delta blues au jazz, en passant par le celtic folk et le finger picking Piemont. Il excelle aussi bien sur la gratte acoustique qu’électrique. Il a composé 14 des 15 plages de son premier opus.

L’intro de "That needing time" est très rythmique, percussif dans l'attaque des cordes acoustiques. Il me rappelle Bert Jansch, un musicien britannique. Sa voix est grave et assurée. Grâce au re-recording, il inocule discrètement quelques doses de slide électrique. La production est bien équilibrée. Instrumental, "Ry cooder" rend évidemment hommage au célèbre guitariste américain, féru de musique world et traditionnelle américaine. Le son de la slide est à la fois métallique et d’une grande pureté. La voix de Copeland impressionne tant elle se révèle naturellement autoritaire. Et "What's your name", un duo qu’il partage en compagnie de Michael Frank, le boss du label Earwig, préposé pour la circonstance à l’harmo, en est une belle illustration. Les est un gratteur prodigieux. Son jeu paraît simple, mais en réalité il est d'une savante complexité. En outre, il parvient à produire ses effets au moment le plus opportun. Il interprète "Distant train" en picking, un blues de bonne facture, dans l’esprit des meilleurs artistes du style! Le thème du chemin de fer hante également "Riding the sky train". Il glisse subtilement son bottleneck sur son manche, arrachant parfois des sonorités orientales. Douce ballade folk, "Silently" est parcourue par le souffle délicat de son harmonica. Une seule reprise : "Anna Lee" de Robert Nighthawk. Un Chicago blues remarquable, empreint de sensibilité et d’émotion, au cours duquel Les est rejoint par un second six-cordiste, le vétéran David ‘Honeyboy’ Edwards (NDR : Copeland a tourné pendant 14 années au sein du backing band du légendaire bluesman), dont le jeu est plus fragile, hésitant même, mais tellement authentique. David est toujours au poste pour le sombre "How's that drummer", dont l’histoire raconte l'épisode au cours duquel le drummer s’est taillé avec la compagne de Les! Les aime aussi beaucoup le jazz. Surtout mélodique. Et son phrasé, proche de Charlie Christian, est impeccable tout au long de l'instrumental "Ginseng girl". "Wet paper bag" évolue dans le même style, mais manouche. Ce qui lui permet de s’évader sur ses cordes acoustiques. Chargé d’émotion, très dépouillé, "Everyday people" constitue le dernier blues de l’elpee. Michael Frank souffle ultimement dans sa musique à bouche lors du titre maître, une plage qu’il chante à la manière d’un protest singer. Empreinte d’une grande délicatesse, la finale est instrumentale. A vous couper le souffle ! Une compo très belle, bouleversante, intitulée "Crying for an angel". Elle reflète les sentiments éprouvés par l'artiste, comme illuminé par cette douceur angélique. Dans le style, cet opus est de très bonne facture. En outre, les textes, qui ne figurent malheureusement pas au sein du booklet sont remarquables…

 

Mark Hummel

Retro-active

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Mark Hummel est un des meilleurs harmonicistes contemporains, et je l’avoue, un de mes favoris. Ce passionné de la musique à bouche organise depuis de nombreuses années de remarquables concentrations de souffleurs baptisées ‘Harmonica blowouts’, au cours desquelles il partage la scène en compagnie des plus adeptes les plus notoires de cet instrument de poche. James Cotton, Billy Boy Arnold, Magic Dick, Jerry Portnoy, Charlie Musselwhite, Rick Estrin, James Harman, et bien d’autres y ont déjà participé. Responsable d’une bonne quinzaine d'albums à ce jour, et après avoir décroché une nomination aux Blues Music Awards, en 2010, Mark nous propose une nouvelle et excitante collection de 16 plages ; et comme d’habitude, toute une série de potes sont venus l’épauler…  

L’ouverture est surprenante. Une plage funky et dansante intitulée "Funky way", que Mark chante d'un timbre soul très assuré. Rusty Zinn imprime une rythmique implacable et Chris Burns colore le tout de son orgue Hammond. La première sortie à l'harmonica est particulièrement puissante. La voix de Mark est convaincante tout au long de "The price of love", un R&B soutenu par les cuivres. Zinn s’y révèle remarquable. Une tonalité R&B qui s’étend sur "Never no more", même si tous les acteurs y glissent une touche swing jazz. Hummel retrouve son partenaire des Blues Survivors, Charles Wheal, aux cordes, pour attaquer "One more time", du west blues classique d’excellente facture. Un Wheal qui remet le couvert lors du tout aussi étincelant "It's my life, baby". Plages instrumentales, "Rollercoaster" et "Ready steady stroll" démontrent toute la maîtrise de Hummel à l’harmo. Mark, Zinn et Kid Andersen conjuguent leurs guitares sur "My baby's so sweet", une plage rythmée, aux accents des swamps louisianais. Mark est également un spécialiste du slow blues classique. Et "Honeybee blues" en est une parfaite illustration. Balisée par le piano de Bob Welsh, la reprise du "I want to be loved" de Muddy Waters passe bien la rampe. Mais c'est sur "Strange things happening" que Mr Hummel se réserve sa meilleure sortie. Un véritable sommet ! Andersen se charge des drums pour "Lord oh lord blues", un country blues chaleureux. Invité, Steve Lucky siège derrière les ivoires, pour le ludique, "Highway rumba", une compo imprimée sur un tempo syncopé. "Before the beginning" réverbère les accents ténébreux des bayous. Un autre summum de l’opus. Bob Welsh est passé à l'orgue, Paul Revelli se charge des percussions, alors que dans un style très proche du grand Peter Green, Steve Feund nous prodigue une merveilleuse intervention aux cordes. Et pour couronner le tout, Mark ose une sortie très originale à l'harmo. Hummel a de nouveau réalisé un album de haute facture et se retire en acoustique, lors d’un "Can't be successful" au cours duquel il échange un duo bouleversant en compagnie d’un certain Charlie Musselwhite, à la guitare…

Poison Sun

Virtual Sin

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Madame Frank est chanteuse. Choriste de studio, elle a notamment posé sa voix sur des disques d’UFO et de Weinhold. Monsieur Frank est un guitariste célèbre qui connait la gloire au sein d’Accept, de Victory, de Moon Doc et de Sinner.

Aspirant passer à l’avant de la scène, Madame Frank s’associe à Monsieur Frank (ainsi qu’a deux ex-Silent Decay (Stefan Hammer à la basse et Florian Schönweitz à la batterie) pour fonder son propre groupe : Poison Sun.

Le trône de Doro serait-il menacé ? Est-il possible qu’à travers Martina Frank, l’Allemagne ait enfin découvert une nouvelle prétendante au titre de Reine du Métal ? Hermann Frank, en tout cas, semble croire dur comme fer au potentiel de son épouse.

Inutile de chercher, sur « Virtual Sin », une quelconque structure alambiquée ou même un refrain gothico-symphonique. Les Franks privilégient l’efficacité et proposent dix titres de métal teuton classique, à l’ancienne. Hermann Frank distille ici tout le savoir faire du riff et toute la science du solo si chèrement acquise au cours de sa longue carrière. Certains titres comme « Hitman », « Phobia » ou « Killer » sonnent carrément comme du Accept période « Balls To The Wall ». Bien sûr, Martina n’est pas Udo Dirkschneider. Cependant, sa voix chaude et rauque à souhait, fait merveille sur les titres les plus heavy comme sur les plages plus hard rock. Les amateurs apprécieront la sympathique reprise (version métal tout de même) du hit « I’m so excited » des Pointer Sisters.

Dans son genre, « Virtual Sin » est une réussite. Un disque fait sur mesure pour ceux et celles qui seraient pris d’une irrésistible envie de headbanger.

The Posies

Blood / Candy

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Si vous avez flashé sur la musique ‘indie’ des années 90, vous ne pouvez être passés à côté des Posies, une formation de power-pop issue de Seattle. Un combo drivé –d’une main de fer– par ses deux chanteurs/compositeurs Ken Stringfellow (NDR : il accompagne R.E.M. en tournée) et Jon Auer. Ce qui explique pourquoi, tout au long de l’existence du groupe, la section rythmique a souvent été remplacée. Devenu culte, suite à la publication de leur 3ème opus, « Forsting on the Beater », en 1993, il s’est fait virer par Geffen en 1998, s’est séparé en 2000 pour mieux se reformer en 2005, en ponctuant cette réunion par la confection de l’elpee « Every Kind of Light ».

« Blood / Candy » constitue leur septième effort studio en presque 25 ans de carrière. Au fil du temps, il faut reconnaître que la musique du band yankee est devenue plus ténébreuse, moins instantanément mélodique, s’éloignant progressivement de références originelles, qu’ils puisaient chez Todd Rundgren et Big Star. Les compos sont même de plus en plus complexes. Dans l’esprit des Beach Boys. Un constat particulièrement flagrant sur « Enewetak », le titre qui clôt leur nouvel album. Les sessions d’enregistrement de cette nouvelle œuvre ont été assurées, un peu partout à travers le monde. A Seattle, bien sûr, mais également en Espagne, Equateur et France (NDR : à Paris très exactement) sous la houlette de 8 mixeurs différents. Les climats au sein desquels les compos baignent sont plutôt variés. Les sensibilités d’écriture différentes d’Auer et de Stringfellow y sont sans doute pour quelque chose. Mais aussi la présence des invités. Parmi lesquels figurent Hugh Cornwell (The Stranglers), Kay Hanley (ex-Letters to Cleo) et Lisa Lobsinger (Broken Social Scene). Encore que ce soit surtout cette dernière qui apporte sa collaboration la plus intense, mais pour un morceau sans grand relief : « Licenses to Hide ». Les autres participants, se contentant d’étoffer la solution sonore. Si le climat de l’œuvre a quelque peu changé, on y retrouve toujours ces harmonies vocales imparables très caractéristiques des Posies et puis ce feeling pop unique en son genre. A l’instar de l’excellent « The Glitter Prize », bercé par son refrain hymnique au cours duquel est scandé ‘I’m ready for daylight’, l’efficace « Cleopatra Street » ainsi que le sublime et émouvant « So Caroline ». Malheureusement, certains morceaux épousent une structure presque prog (« For the Ashes ») ou souffrent d’une certaine carence mélodique (« Take Care of Yourself »), négligeant ce feeling contagieux qui constitue pourtant sa force.

Nonobstant l’une ou l’autre plage dispensable, il faut admettre que ce « Blood / Candy » ne manque pas d’allure, constituant même un retour réussi pour ces héros de la power-pop de la côte Ouest ! Et ce challenge a été réalisé quelques semaines après le come-back tout aussi enthousiasmant des autres éternels adolescents, mais écossais, du Teenage Fan Club… 2010 ou la renaissance de la Power-pop ?

Tim Robbins

Tim Robbins & The Rogue Family Band

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En commençant cette chronique, je tiens tout d’abord à chasser les doutes qui pourraient vous encombrer l’esprit : oui, Tim Robbins est bien le célèbre acteur et réalisateur américain oscarisé pour ses rôles bouleversants dans ‘Les Evadés’, ‘Mystic River’ ou encore le superbe ‘Dead Man Walking’, film mettant également en scène Sean Penn et son ex-épouse Susan Sarandon. L’immense (1m 94 !) Tim s’est en effet offert une parenthèse musicale en compagnie d’un band bien roots, qu’il a baptisé The Rogue Family.

Etonnant d’entamer sa carrière musicale à plus de 50 ans, même s’il est né au sein d’une famille de musiciens (NDR : son père était folk singer). C’est donc conditionné par de multiples aprioris que j’ai entamé l’écoute de cet opus. Mais, après en avoir découvert les 9 plages, il a fallu me rendre à l’évidence : cet elpee éponyme est davantage qu’un simple caprice de star. Car il sonne juste, honnête et authentique. Clairement influencé par Bruce Springsteen, Tim Robbins conte des histoires belles et sombres d’une voix profonde, en s’appuyant sur un backing band particulièrement bien rôdé et plus americana que nature. « Time to Kill » aurait d’ailleurs pu figurer au répertoire du Boss. « You’re My Dare », également, un des sommets de la plaque. Cette chanson baigne d’ailleurs dans un climat proche des « Seeger Sessions ». A cause de ces interventions à l’accordéon celtique. Bien sûr, Tim marche encore parfois trop sur les traces de ses idoles. Que ce soit, Bruce, Dylan ou Woddie Guthrie, mais son folk prolétaire est tout à fait crédible et touchant. Il lui reste maintenant à se forger sa propre identité musicale…

 

The Shoes (Italy)

The Shoes

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Les chaussures italiennes ont toujours été réputées pour leur grande qualité. Et celles-ci ne feront pas exception. The Shoes est une formation originaire de la ville de Taranto, dans le sud de l’Italie. En 2005 le guitariste/chanteur Elio Di Manza s’associe à deux musiciens locaux afin de tenter de suivre les traces de ses idoles : Cream et The Jimi Hendrix Experience. Le trio enregistre une démo. Bien accueillie au niveau local, cette dernière permet au groupe d’enchaîner quelques concerts dans les bars et les clubs de la région de Taranto.

Hormis Di Manza, qui tient le projet sur ses épaules, le line-up des Shoes est manifestement à géométrie variable. Plusieurs musiciens se succèdent à la section rythmique. Le premier album, distribué à l’échelle nationale est suivi d’une tournée visitant plusieurs villes d’Italie.

Eponyme, le nouvel album des Shoes dévoile, à nouveau, une formation entièrement remaniée. Aux côtés de l’éternel leader, figure à présent le bassiste Marco Pizzolla et le batteur Andrea Basile.

Mission accomplie ! Elio Di Manza a atteint le but fixé au début de son aventure musicale. La nouvelle rondelle des Shoes ramène à la vie ses idoles du passé. La musique de Cream et d’Hendrix tiennent, bien sûr, une place de choix dans la liste des influences du trio. Mais on peut aussi reconnaître la patte de Led Zeppelin, d’Humble Pie, du Grand Funk Railroad et même des Beatles (au niveau des harmonies vocales). Tout sur cet elpee » ramène à la grande époque du classic rock et du rock psychédélique. Le son gras et vintage de la guitare. Les riffs tranchants combinés de superbes soli bluesy. Le tempo chaloupé, parfois à la limite du funk, de la section rythmique.  

Un superbe retour dans le passé pour un disque hautement délectable. Normal. Que contient la chaussure ? Le pied !

 

A.O.R. : Nouvelles Frontières !

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Le label italien Frontiers Records, spécialiste de l’A.O.R. et du Melodic Rock annonce ses nouvelles sorties et rééditions. Quelques idées cadeaux pour les fêtes de fin d’année.

Frontiers publiera pour commencer, « Kiss of Life », le premier opus du groupe Vega.  Le leader de ce nouveau projet  n’est autre que Nick Workman (ex-Kick).  Le mixing de la galette est signé par Dennis Ward (Pink Cream 69, Place Vendome, Primal Fear).

Un autre premier opus, celui de Prime Suspect, un groupe formé par Daniele Liverani, Tommy Ermolli et Dario Ciccioni. Ces  trois musiciens italiens sont bien connus de la scène melodic rock pour leur participation aux albums de Khymera.

Décembre marquera aussi le retour des jumeaux Matthew et Gunnar Nelson,  fils du chanteur coutry/rock américain Nelson. Pas de nouvel album pour Nelson cependant, mais une double sortie quand même. « Before The Rain », en premier lieu, est la compilation des démos grâce auxquelles les jumeaux ont attiré l’attention du label  Geffen en 1989. Quelques raretés ont été ajoutées aux huit titres inédits. « Perfect Storm », ensuite, est un album live de Nelson immortalisé en 1991. Cette nouvelle édition recèlera, elle aussi, quelques titres rares et inédits.

Le double CD « Live at The Firefest » est l’enregistrement de la prestation de Jeff Scott Soto au Firefest de 2008. Le tout premier chanteur d’Yngwie Malmsteen et membre fondateur de Talisman y interprétait, pour la première fois en Europe, les titres de son dernier album solo en date : « Beautiful Mess ».

Frontiers rééditera, pour terminer, dix albums classiques de l’un des meilleurs combos hard rock canadiens : Triumph. Comme ses compatriotes de Rush, Triumph a été l’un des précurseurs du hard rock mélodique et progressif. Les dix albums réédités avaient été publiés, à l’origine, entre 1976 et 1987. « In The Beginning », «Rock and Roll Machine », « Just a Game », « Progressions of Power », « Allied Forces », « Never Surrender », « Thunder Seven », « Stages (Live) », « The Sport of Kings » et « Surveillance », sortiront pour la première fois en format digipack.

Pour  plus d’infos : http://www.frontiers.it/