La clef de TOPS git 6 pieds sous terre…

TOPS sortira son nouvel elpee, "Bury the Key", ce 22 août. Le quatuor propose une musique intemporelle qui allie profondeur et immédiateté. Il s’agit de son premier album complet depuis 2020, un opus qui explore des tons plus sombres tout en restant maîtres…

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La vérité selon RORI

Après avoir marqué les esprits en assurant la première partie de Lana Del Rey, au…

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Various Artists

This is the blues : Volume One

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Vu le titre, on se doute qu’il y aura une suite. En fait, cette série prévoit quatre volumes. Et, bien sûr, nous somme en présence du premier. Néanmoins, au sein de cette collection, ne cherchez pas d’enregistrements originaux! L’essentiel des plages est issu de deux recueils parus il y a quelques années. Le premier, intitulé "Rattlesnake guitar : The Music of Peter Green", avait été publié en 1995. Sur le label Viceroy. Il était consacré au remarquable guitariste anglais qui avait déserté la scène musicale, en 1983. Cet opus, allait paradoxalement provoquer le come-back de l’artiste en question, l’année suivante. Baptisé "From Clarksdale to Heaven : Remembering John Lee Hooker", le second avait été édité en 2002, un an après la disparition du légendaire bluesman noir…

Sur ce premier volume figurent six titres signés par Peter Green. Tout d’abord son inoubliable "Black magic woman" (NDR : surtout popularisé par Carlos Santana), interprété par le chanteur noir américain, Larry McRay. Deux gratteurs, le Texan Vince Converse (NDR : l’ex-leader de Sunset Heights) et l'Anglais Innes Sibun se réservent les vocaux sur "Rattlesnage shake". Pour "I loved another woman", les cordes de Larry Mitchell et la voix de Miss Jay Aston (NDR : mieux connue pour avoir milité au sein du groupe pop Bucks Fizz) tirent leur épingle du jeu. Les interventions à la guitare du Californien Harvey Mandel (NDR : il a sévi chez les Bluesbreakers de John Mayall et bien sûr le Canned Heat), sont tout à fait remarquables, tout au long de "Long grey mare". Pete Mc Mahon est préposé au chant (NDR : il était alors impliqué chez Savoy Brown) et Ray Gomez à la six cordes pour "Evil woman blues". Enfin, les Luther Grosvenor et Mike Kellie (NDR : deux ex-Spooky Tooth) soutiennent, respectivement à la guitare et aux drums, la superbe voix de Jess Roden, sur "Crying won't bring you back".

Quatre plages sont consacrées à John Lee Hooker. "Hobo blues" est traité par le grand Jeff Beck, sur un mode funky. Zakya Hooker, la fille de John Lee, est épaulée par Johnnie Johnson, le pianiste de Chuck Berry, pour chanter "I want to hug you". Jack Bruce aux vocaux et Gary Moore à la gratte adaptent le "I'm in the mood" en blues lent, lui inoculant ainsi une intensité dramatique. Tony McPhee est un grand fan de Hooker. Il avait d’ailleurs baptisé sa formation (NDR : celle qui avait rencontré un beau succès) Groundhogs. Il est au micro pour l’inévitable "Ground Hog blues". Mais également le "Drop down Mama" de Sleepy John Estes.

Reste quatre plage, dont nous épinglerons l'excellent "Going to Mobile, un extrait de l’elpee de Savoy Brown. Puis "The blues keep me hanging on", datant de 1999. Kim Simmonds se charge de la slide. Ensuite, une version kilométrique du "You shook me" de Willie Dixon. Ex-Rolling Stones, Mick Taylor est particulièrement fringuant à la guitare. Dommage que son timbre soit si terne. Enfin, "Rackeeter blues". Une finale acoustique chantée par Chris Jagger ; et c’est Mick, son grand frère, qui la soutient à l'harmonica.

Various Artists

This is the blues : Volume Two

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Ce deuxième volume de la série "This is the blues" propose également quinze titres essentiellement puisés dans cette fameuse collection "Rattlesnake guitar". On y retrouve ainsi, pas moins de huit compositions issues de la plume de Peter Green.

La compile démarre fort par une version du "Leaving town blues" de Rory Gallagher. Il se réserve le chant, la guitare et la mandoline. Il s’agit d’un des tous derniers enregistrements du remarquable musicien irlandais, puisqu’il allait disparaître le 14 juin 1995. Rod Price préposé à la slide, Lonesome Dave injecte énormément d’émotion dans son interprétation du merveilleux slow blues, "Love that burns". Malheureusement, ces deux musiciens de Foghat nous ont quittés depuis. Dave en 2000 et Rod en 2005. Ce duo disparu participe également à l’adaptation du "Baby when the sun goes down" ; mais exceptionnellement, c’est Southside Johnny qui se charge des vocaux ! John Paris chante et souffle dans son harmonica tout au long de "Rambling pony", un morceau coloré par les cordes de Harvey Mandel. "Watcha gonna do" est restitué dans une version très personnalisée par le sympathique chanteur/organiste Zoot Money, un artiste qui sillonne les routes depuis le début des sixties! L'une des meilleures compositions de Green est incontestablement "Stop messing around". Un traitement swing acoustique lui est administré par Savoy Brown. "Albatross" est une compo instrumentale qui avait décroché un hit. S’y collent, l’ex-Manfred Mann et Blues Band Paul Jones, à l’harmo, Bobby Tench à la guitare et Max Middleton (des anciens équipiers de Jeff Beck) aux ivoires. Enfin, soutenue par la formation pop américaine Naked Blue, Jennifer Ferguson Smith pose son fort joli timbre de voix sur "Closing my eyes". Une grande émotion nous étreint, lorsque Peter Green, flanqué de son ami Nigel Watson du Splinter Group, rend hommage au légendaire Robert Johnson sur "Travelling riverside blues". L’enregistrement date de 1997.

Deux plages extraites de la collection sont consacrées à John Lee Hooker. Tout d’abord "I'm leaving". La cover est immortalisée par des musiciens anglais : le chanteur/guitariste Tony Mc Phee, le guitariste Dave Clem Clempson ainsi que le regretté saxophoniste Dick Heckstall Smith, ces deux derniers, membres de Colosseum. John Lee Hooker chante le célèbre blues de Jimi Hendrix, "Red House". Le fameux Booket T siège derrière l'orgue et un autre disparu depuis, Randy California (ex-Spirit), se charge de la guitare rythmique.

Reste encore quatre titres interprétés par des musicos insulaires. "Send for me" est une adaptation qui ne manque pas de charme. Cette compo a été écrite, un demi-siècle plus tôt, par Cyril Davies (trop tôt disparu en 1964), l'un des authentiques pères du blues anglais (en n’oubliant pas, bien sûr, Alexis Korner et Long John Baldry). Jack Bruce chante et joue de l'harmonica. Il est épaulé par Dick Heckstall-Smith et Dave Clem Clempson. Duffy Power est un autre vétéran du british blues. Il interprète son "Go down sunshine", d’un timbre qui nous flanque des frissons partout. Enfin, à travers "Nine below zero", le quartet londonien qui avait choisi ce titre de compo, comme patronyme, rend aussi son hommage à Sonny Boy Williamson.

 

Mitch Woods

Gumbo blues

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Mitch Woods est un passionné de boogie woogie, blues, jazz, swing et jump. Il est originaire de Brooklyn, à New York. Il fêtera ses 60 ans, en 2011. Il définit son style comme du ‘rock-a-boogie’, une forme qu’il teinte de jump blues des années 40 et 50. Son attaque au piano est chargée de nuances. Il s’inspire de toute une série de courants musicaux, dont le Chicago Blues, le West Coast jump blues, le boogie woogie de Kansas City et bien entendu le ragtime de la Nouvelle Orléans. Il compte déjà une belle discographie à son actif. Lorsqu’il militait chez les Rocket 88s, il a publié toute une série d'œuvres chez Blind Pig. Tout particulièrement, "Steady date". En 1994. Un disque dont la musique est largement inspirée par les groupes et artistes populaires d'autrefois. Dont Amos Milburn, Louis Jordan, Wynonie Harrus, Joe Liggins, Louis Prima et Roy Milton. Mais progressivement, il s’intéresse de plus en plus aux rythmes funky de la Crescent city de New Orleans. Professor Longhair, Fats Domino et Dr John, il les érige en maîtres. Parmi ses dernières sorties figurent "Big Easy Boogie", un Dvd paru en 2006, chez Club 88, et "Jukebox drive", en 2008, sur El Toro.

"Gumbo blues" est sous-titré "A tribute to Smiley Lewis and the pionneers of New Orleans Rhythm & Blues". Et Manifestement, il rend bien un vibrant hommage à cette musique néo-orléanaise d'une autre époque. Smiley Lewis était en effet un pionnier de ce style New Orleans. Il est né en 1913 et décédé en 1966. Il est le premier à avoir popularisé le fameux "I hear you knockin'"! Il est également le responsable de "Blue Monday", immortalisé par Fats Domino, et "Gumbo blues", qui donne son titre au présent elpee. Le célèbre producteur/compositeur/chanteur et musicien Dave Bartholomew signe la quasi-totalité des plages proposées. Il est toujours bien vivant et approche les 90 balais. Pour concocter cet opus, Mitch a reçu le concours de musicos issus de célèbre cité louisianaise ; en l’occurrence John Fohl, le guitariste de Dr John, Brian Cayolle et Amadee Castenell, les saxophonistes  d'Allen Toussaint, sans oublier le vétéran Herb Hardesty, saxophoniste de Fats Domino.

Ces  vieux routards ont des planches et il ne leur faut guère plus de cinq secondes, pour trouver le parfait équilibre, dans ce style R&B de la fin des années 40. Le résultat est très excitant. Grâce surtout à la section de cuivres et aux ivoires de notre maître de cérémonie. Les compos communiquent une bonne humeur contagieuse ; à l’instar de "Ooh la la", tellement proche de Fats Domino. Des chansons qui lui collent d’ailleurs à la peau. Sa voix est divine sur "Caledonia's party", une plage dont le tempo a quelque peu ralenti. Mitch pousse sur le champignon et passe au rock'n'roll sur "Ain't gonna do it". C'est dans la liesse générale que l’équipe chante en chœur le notoire "Big Mamou". Un seul reproche à ce disque : il est trop court. Car les compos sont toutes d’excellente facture. Aussi bien imprimées sur un tempo enlevé, à l’instar de la finale "Shame shame shame" (NDR : de la pure dynamite !) que sur les blues lents comme "Too many drivers" et les remarquables "Blue Monday" et "I hear you knockin'".

Yew

White Swan on Black Water

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Issu de la région liégeoise, Yew est né en décembre 2003. Un quintet entièrement masculin dont la réputation a grandi très vite, grâce à une série de représentations assez déjantées. Comptabilisant déjà plus de 150 concerts en cinq années d’existence, Yew nous propose son second album, en l’espace de trois années. « The Circle is Now Complete » fait suite au très instrumental « White Swan On Black Water ». Alors que leur premier elpee se voulait quelque peu ‘explorateur’, partant dans tous les sens, tant vers les musiques traditionnelles que vers le rock, le tout sous influence celtique, ce second ouvrage se veut plus accessible. Il reçoit en héritage du précédent cette ligne légèrement rock, mais toujours très animée de rythmes écossais ou nord-irlandais. 

Après deux ans donc de tournées et de représentations diverses, nos cinq musiciens, Damien Chierici au violon, Gregory Dessart à la batterie, Jean-Paul Kasprzyk au chant et à la guitare, Philippe Lecrinier au chant, à la basse et aux claviers et Julien Mouyart à la guitare, reprennent le chemin des studios pour nous concocter onze nouveaux titres. En six mois, l’affaire est dans le sac. Trois pour composer et trois pour enregistrer seront suffisants. Soucieux de garder leur image de rockeurs celtiques, mais souhaitant conquérir un public plus large, Yew se décide à ajouter, à leurs compos, quelques paroles éparses. Ce n’est donc plus un disque vraiment instrumental ; quoique la majorité des morceaux soit des histoires… ‘sans paroles’. Histoires d’amour vaguement inspirées d’une certaine Ophélie shakespearienne. Probablement l’Ophélie d’un des cinq, l’album étant dédicacé à … Delphine !

Afin d’accentuer l’orientation traditionnelle à leur expression sonore, le combo a quémandé de l’aide à quelques pointures telles Philippe Corthouts à la steel guitare, Johan Dupont aux cuivres, Jean-François Hustin à l’orgue et Quentin Halloy aux percussions. Malgré quelques efforts pour tenter de se positionner un tantinet vers une approche plus pop/rock, le résultat reste toutefois très très folk. Une relative déception donc…

Mais c’est sur scène que Yew est à voir, entendre et apprécier. Et là, il redevient ce qu’il était à l’aube de sa carrière, un véritable OVNI sur la scène musicale wallonne.

Annuals

Count the rings

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Fondée en 2003, Annuals est une formation dont les membres sont issus de Raleigh et de Chapel Hill, en Caroline du Nord. Un sextuor drivé par Adam Baker, chanteur, compositeur et producteur. Deux albums et une poignée d’albums, à leur compteur. Car « Count the rings » est une compile qui puise un peu au sein de toutes les plaques. Et en particulier de leur dernier opus, « Sun fun », publié en 2008. Leur musique mêle habilement instrumentation électronique et organique. A tel point que parfois on ne parvient plus à discerner les percus des boîtes à ryhtmes. Des percus le plus souvent afro-latines. Adam possède une superbe voix, dont le timbre et les inflexions peuvent rappeler Paddy McAloon. Et paradoxalement, le sens mélodique emprunte également parfois à Prefab Sprout. Les orchestrations et les arrangements sont riches, soignés. C’est d’ailleurs souvent le reproche que leur adresse la presse spécialisée. Et pourtant, leur musique ne manque pas de charme. Rappelant même Broken Social Scene sur le luxuriant, construit en crescendo, « Springtime », titre qui s’ouvre par de superbes accords au piano, à la fois graciles et sonores. Si « Hot night hounds » campe un blues, curieux, orchestral, « Loxstep » réalise une fusion étonnante entre flamenco, funk blanc, électro et garage (ce groove fortuit produit par la guitare et l’orgue !), un peu comme un croisement hypothétique entre Sting, Yeasayer et Kula Shaker. On a même droit à un titre country, soutenu par une slide (« Always do ») et en finale un morceau de charleston ludique (« Holler and howl »). C’est vrai, ça tire un peu dans tous les sens, mais le résultat est plutôt réussi et suscite l’envie de découvrir leur futur troisième album. Une chose est sûre, ce groupe a du potentiel. A suivre, donc, de très près…

Apocalyptica

7th Symphony

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Le moins que l’on puisse écrire c’est que les membres d’Apocalyptica ne se sont pas creusé les méninges pour choisir le titre de leur nouvel opus. Une septième offrande reproduisant la recette qui a forgé ses lettres de noblesse. Un quatuor de violoncellistes se la joue heavy et bénéficie du concours d’invités de marque, histoire de ne pas déroger à la règle du succès. Sur « Worlds Collidde », qui nous sépare de trois ans, les musiciens classiques avaient fait appel à Till Lindemann (Rammstein), Corey Taylor (Slipknot) ou encore à la belle Cristinia Scabbia (Lacuna Coil).

Pour cette septième symphonie, on retrouve le même cocktail ; mais parmi les invités, Gavin Rossdale (Bush), la chanteuse Lacey Mosley (Flyleaf) et même le très en vogue Joe Duplantier (Gojira), afin de redoubler le côté résolument métal. Un panel des plus alléchants. Et un bien beau travail de marketing, pour un combo qui semble néanmoins s’essouffler quelque peu. Les titres chantés et les pièces instrumentales s’enchevêtrent joyeusement, le tout desservi par une production d’enfer. Le sommet est atteint sur l’imparable et costaud « 2010 », un morceau au cours duquel on appréciera une nouvelle prestation époustouflante de Dave Lombardo (Slayer), complètement allumé derrière ses fûts. Et même si le combo finnois pèche par un manque d’originalité, il conserve son sens inné de la belle mélodie et du bagage technique indéniable, à l’image du grandiose « Beautiful », une respiration de bon aloi signée par Joe Barresi, le producteur de Tool. Aucune innovation, mais un opus en accord avec ce qu’attendent les fans d’Apocalyptica…

Mention spéciale pour le très arty digipack !

The Books

The Way Out

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The Books est un duo américain de folktronica expérimentale formé à New-York, en 1999, par le guitariste Nick Zammuto et le violoncelliste Paul de Jong. Tout deux passionnés par la manipulation du langage et le montage de véritables puzzles musicaux, ils ont pour habitude de mettre sur pied des petites constructions sonores incorporant une multitude de samples et d’extraits vocaux étranges…

« The Way out » constitue leur 4ème album ; mais The Books a, entre autres, également collaboré à d’autres projets. Notamment auprès d’autres têtes chercheuses de la musique contemporaine, comme Scott Heren de Prefuse 73. Chers lecteurs, apprêtez-vous à une singulière expérience musicale à l’écoute de leurs 14 vignettes. En effet, les morceaux des deux alchimistes américains se dévoilent comme de véritables collages dans l’esprit de The Avalanches ou des Dust Brothers. En plus barré. Les mélodies souvent acoustiques et les boîtes à rythmes sont accompagnées de dialogues sortis d’on ne sait où mais collant parfaitement à leurs compositions. Une certaine forme de poésie se dégage de ce patchwork un peu fou et assez passionnant, lorgnant aussi bien du côté de l’électro funk, du folk que de la pop. « The Way Out » est une œuvre un peu théorique (on ne s’appelle pas The Books pour rien…) et parfois abstraite ; mais le son du duo est tellement unique en son genre, qu’il mérite un vif intérêt. Et suscite même la curiosité. Un disque qui fait du bien au cerveau à défaut d’être immédiatement accessible.

 

The Chemical Brothers

Further

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Que peut-on encore attendre des Chemical Brothers ? Le duo britannique n’a certes plus rien à prouver ; mais on constate malheureusement que depuis quelques années, les frères chimiques manquent cruellement d’inspiration. Pis, ils semblent être dépassés par la nouvelle vague d’artistes qui tentent crânement leur chance, en faisant bloc face à leurs illustres aînés ! Mais où sont donc passées les valeurs du respect ? En attendant, Tom Rowlands et Ed Simons ne semblent guère tracassés par la situation, et continuent de faire siffler les oreilles, à l’aide de « Further », leur septième album. Sept, c’est le chiffre parfait paraît-il ? Et dès l’entame, on ressent cette belle impression que les deux Britons vous nous offrir un album concept. Une heure, huit tracks et parfois quelques longs formats. Les Chemical Brothers auraient-ils trouvé un élixir de jeunesse éternel ? Car après « Snow », le titre introductif, parcouru par la voix en léthargie de Stéphanie Dosen, « Escape Velocity » prend la relève sur un mix parfait. Un titre de 11 minutes qui entrouvre une porte que les deux électroniciens ne nous avaient pas encore ouverte. Les beats sont moins agressifs, les BPM sont vifs et les sons synthés restent purs. Malheureusement, à peine en a-t-on passé le seuil, qu’elle nous claque au nez. Fini ! Le reste part en sucette, et la galette s’égare dans une forme d’électro naïve et insipide, à l’instar du nerveux « Horse Power » ou du pathétique « Swoon ». Il ne reste donc plus qu’à nous consoler en pensant aux prestations ‘live’ des Anglais. Car finalement, c’est sur scène qu’ils restent les meilleurs. Une bien triste sortie de route…

Chrome Hoof

Crush Depth

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Attention œuvre musicale dangereuse ! Difficile de décrire, en quelques lignes, le maelstrom sonore concocté par les dérangés de Chrome Hoof, une formation emmenée par les frères Milo et Leo Smee (NDR : ce dernier n’est autre que l’ex-bassiste du mythique groupe Doom anglais, Cathedral). Adeptes d’un mélange, atypique dirons-nous, opéré entre le métal, l’électro, le jazz, le disco et la pop, les Londoniens nous proposent leur troisième elpee, depuis 2005.

Argument non négligeable en faveur de « Crush Depth », si l’ambiance générale est expérimentale, elle néanmoins audible. Les nombreux instruments (dont une batterie, un saxo, des violons électriques et même un basson !) et la voix hystérique, sous acide, de Lola Olafisoye, conversent au sein d’un climat de ‘saine’ violence. Chrome Hoof a choisi de ne pas faire de choix et le scande dès l’introduction « What section am I in ? » Impossible, en effet, de définir rigoureusement leur expression sonore. Jazz ? Disco ? Electronica ? Heavy métal ? Difficile à dire. Le collectif est réellement inclassable. Jamais un instant, au cours de l’écoute de leur nouvelle production, il n’est possible de prévoir ce que nous réservera les 10 prochaines secondes d’un morceau.

Eprouvant mais rafraîchissant, « Crush Depth » évite tout formatage. Mais cette ouverture d’esprit est de plus accompagnée de bonnes chansons et c’est là le principal ! Les 7 minutes jazzy de « Sea Hornet », le disco futuriste de « Vapourise » ou l’énergie métal de « Third Sun Descedent » sont bien plus que de simples expérimentations mais de véritables réussites. Un ovni musical déstabilisant à découvrir d’urgence ! Imaginez Slayer reprenant le répertoire de Chantal Goya, le tout mixé par Ministry et vous aurez une vague idée de la musique proposée par Chrome Hoof…

 

Colosseum

Live05

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Flanqué de ses Bluesbreakers, John Mayall constitue une des figures de proue du british blues boom qui a éclaté à la fin des sixties. C’était un incroyable dénicheur de talents et il changeait régulièrement son line up. Mais en 1968, après la sortie de son album "Barewires", certains de ses musiciens décident de suivre le drummer Jon Hiseman, pour monter une nouvelle formation. Et en particulier le bassiste Tony Reeves et le saxophoniste Dick Heckstall-Smith. Participent également à l’aventure, leur ami organiste Dave Greenslade (il militait alors chez les Thunderbirds, le backing band du chanteur Chris Farlowe), et deux guitaristes, Jim Roche et James Litherland (NDR : ces deux derniers déserteront cependant assez rapidement le navire). Colosseum vient de naître. Le projet est sensé perpétuer la musique d'un autre grand talent anglais, Graham Bond. En mêlant jazz, blues et rock. Et la formule va fonctionner à merveille. Le combo va même devenir un des meilleurs de son époque, en live. Au fil des années, le band va inévitablement connaître des changements de personnel. Mais il va parvenir, néanmoins, à se stabiliser lorsque le chanteur Chris Farlowe, le guitariste Dave Clempson et le bassiste Mark Clarke vont rejoindre alors le noyau dur, John Hiseman et Heckstall-Smith. Sans doute usé par ses innombrables tournées, le groupe finit quand même par se séparer, en 1972.

Mais surprise, en 1994, Jon Hiseman invite ses anciens acolytes à remonter Colosseum. Faut dire que les fans allemands réclament cette reformation. C’est le début d’une nouvelle aventure, qui sera malheureusement meurtrie, par la disparition, le 17 décembre 2004, de son exceptionnel souffleur, Dick Heckstall-Smith. Mais Hiseman n'a nulle envie d’abandonner son projet ; d’autant plus que les salles de concert, surtout en Allemagne, ne désemplissent pas lors de leur passage. Son épouse, Barbara Thompson, est également une excellente instrumentiste, même si elle évolue davantage dans les sphères jazz. Elle dirige encore sa propre formation, Paraphernalia. Mais le plus incroyable, c'est qu'elle souffre de la maladie de Parkinson, depuis 1997. Et c’est bien elle qui a le redoutable challenge de succéder à Heckstall-Smith. Elle accuse aujourd'hui 66 ans ; et il faut l'entendre souffler dans ses saxophones. Elle arrive même, comme Dick, à jouer de deux saxophones en même temps. Bien sûr, si la performance de Barbara est remarquable, Dick était, quelque part, un extra-terrestre. Il était capable de souffler dans les saxos alto et soprano ou dans le soprano et le ténor, des notes différentes.

C'est sur les planches que Colosseum tire sa quintessence. Et régulièrement des œuvres ‘live’ garnissent les bacs des disquaires. Ce double Cd a été immortalisé, lors de sets accordés en 2005 au Theaterhaus de Stuttgart, au Music Hall de Worpswede et au Trebhaus d'Innsbruck. Il était déjà paru en 2007 sur leur propre label Temple. Thomas Ruf a décidé de leur réserver une distribution internationale.

Le premier opus est consacré au premier concert susvisé. Il s’ouvre par "Come right back". Un premier sommet est déjà atteint lors de l’adaptation de "Theme for an imaginery western". Signée Jack Bruce et Pete Brown, cette compo avait été popularisé par Mountain. "Rope ladder to the moon" est issu de la plume du même duo. Il est caractérisé par une brillante sortie de Barbara à la flûte. Colosseum s'embarque alors dans "Valentyne suite", une plage de 20 minutes, qui couvrait une face complète de leur elpee, en 1969, et qui répondait au même titre. Le niveau musical est très élevé. Les claviers de Greenslade, le saxo soprano de Miss Thompson et les cordes de Dave Clempson sont bien mis en évidence.

La seconde plaque s’ouvre par "Those about to die", un instrumental qui figurait sur leur tout premier elpee, baptisé du même nom. Il est suivi par le célèbre slow blues "Stormy Monday", un terrain fertile aux prouesses vocales de Mr. Farlowe. "No pleasin'" remonte à 2007. Il est issu de l’album "Bread and circuses". "Tomorrow's blues" est le titre maître de leur opus précédent. Il remonte à 2008. "Lost Angeles" clôt la prestation. Un rituel. Mais aussi un des grands moments à vivre lors des concerts de Colosseum. Ce qui permet en même temps à Dave Clemspon et Dave Greenslade de célébrer un moment de gloire. Amplement mérité, pour ce groupe tout à fait intemporel…

Matthew Dear

Black City

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Producteur talentueux, Matthew Dear pourrait être considéré comme le chaînon manquant entre Brian Eno et James Murphy. S’il se cache le plus souvent sous le pseudonyme Audion, cet électronicien marqué par les influences techno minimales, mais aussi ‘made in Detroit’, peut se targuer de posséder une discographie haute comme la tour de Babel. Ses remixes, Ep’s et compilations parlent pour lui ; et depuis 1999, le nom du Texan s’inscrit comme une référence au sein de la sphère électro. Son cerveau jamais épuisé, Matthew Dear opère son grand retour après avoir publié l’excellentissime « Asa Breed », un elpee paru en 2007, sous son véritable nom. « Black City », son dernier long playing, est radicalement l’album le plus sombre de Dear. Concocté à New York, il aurait parfaitement pu servir de B.O. à ‘Ghotam City’. Mais pour l’Américain, il ne s’agit que du titre de son nouvel opus et il n’existe aucune ville fictive dans son imagination. C’est donc un Matthew Dear complètement métamorphosé par son séjour à Brooklyn qui nous offre des compositions denses, riches en émotion et soutenues par ses vocalises graves. Bref, une rondelle qui régale par ses nombreuses pépites. Les poils se dressent et les frissons parcourent un corps en ébullition sur des titres tels que « Monkey » ou le sensationnel « Gem ». L’électronicien nous plonge au sein d’un climat intense, mais ténébreux. Les sonorités sont épurées et racées. La production est comme toujours d’une qualité impeccable. Ce qui explique que ce nouvel essai de Matthew Dear s’installe tout naturellement, dans le haut de mon classement des meilleurs albums, pour l’exercice 2010 ! Et c’est amplement mérité !

 

Enslaved

Axioma Ethica Odini

Écrit par

Dans le milieu très fermé du métal extrême, le clonage est devenu une institution quasi-incontournable. Il est devenu impossible de recenser les copies carbones de Dimmu Borgir, Cradle Of Filth et autres Darkthrone. Depuis sa formation en 1991, Enslaved n’en fait qu’à sa tête. Le combo de Bergen (NDR : le Bergen de Norvège, pas celui de notre Henegouwen national) se donne même beaucoup de mal pour ne ressembler à aucun autre. Et ce, même s’il doit, pour arriver à ses fins, bousculer les conventions et les règles (parfois un peu ridicules, il faut bien l’avouer) dans lesquelles se sont enfermées la plupart des musiciens affiliés aux scènes black, viking et death métal.

Ouvertement viking/black métal à ses débuts, Enslaved s’est transformé, au fil de ses onze albums studio, en une entité unique et inimitable. Pour aller du viking/black brutal de « Vikingligr Veldi » en 1994 au Métal Psychédélique de « Vertebrae » en 2008, ces étranges hommes du nord sont passés par un fouillis d’expérimentations sonores (« Mardraum » en 2000) et par le métal progressif (« Ruun » en 2006). Tout en gardant un son immédiatement identifiable et une passion inconditionnelle pour la culture ancestrale (NDR : ce drakkar là n’a pas encore fini son voyage), Enslaved a su, au fil du temps, se renouveler et s’améliorer au point d’atteindre la quasi-perfection sur son nouvel opus « Axioma Ethica Odini ».

Grutle Kjellson (basse & chant), dont les vocaux extrêmes sont toujours aussi violents, atteint désormais le sublime dès qu’il se met au chant clair. Sa faculté quasi inhumaine à passer d’un antipode à l’autre ne peut qu’inspirer le respect. Les guitares d’Ivar Bjørnson et Ice Dale, sont reconnaissables entre mille. En intégrant, tour à tour, les éléments innovateurs qui se sont succédé tout au long de la carrière d’Enslaved, les deux six-cordistes attisent les sens et génèrent une palette d’émotions plus que variée : black métal, métal progressif et rock psychédélique se succèdent au gré des neuf titres d’« Axioma Ethica Odini », en alternant furie haineuse et atmosphères éthérées. Sur les passages les plus psychédéliques, les claviers (et surtout le Mellotron magique) d’Herbrand Larsen font merveille. Cato Bekkevold, tel le tambour qui imposait la cadence aux rameurs des drakkars, apporte la rigueur de son rythme à la tourmente des compositions.

En continuant à se battre contre les esprits étroits du métal extrême, Enslaved frôle le grandiose et gagne à coup sur une place VIP au Banquet d’Odin.

 

John Foxx

The quiet man

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Pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas John Foxx, un petit historique s’impose. De son véritable nom Dennis Leigh, John Foxx a accompli des études artistiques au Royal College of Art de Londres. Il a fondé Ultravox en 1973. Il en était le leader. Et a enregistré trois albums, en compagnie de ce groupe. Les plus expérimentaux. Et aussi les plus intéressants. De cette période, des groupes ou artistes comme Gary Numan, OMD et Human League, reconnaissent une influence majeure. En 1979, Ultravox embrasse un profil plus commercial (NDR : souvenez vous de l’album « Vienna », publié en 1980). John n’est déjà plus au sein du line up. Il refuse toute compromission et embrasse une carrière solo. Dont les débuts seront très fructueux. Et notamment lors de la sortie de ses deux premiers elpees, « Metamatic » et « The garden ». Même s’il prend une pause musicale entre 85 et 92, Foxx continue de graver des disques. Dont presque plus personne ne parle. Trop avant-gardistes. Et puis, il a dépassé le stade du concept musical, pour l’intégrer dans différentes formes d’art. La littérature, le cinéma, la photographie et la poésie, tout particulièrement. Il bosse aussi en compagnie de Robin Guthrie (Cocteau Twins), Harold Budd et Steve Jansen (Japan), mais également et surtout, depuis 1995, Louis Gordon.

« The Quiet man » est un opus de ‘Spoken word’. John Foxx s’y accompagne au piano et y ajoute des éléments electro. Mais « The Quiet man », c’est d’abord Foxx. Puis des acteurs qui l’ont remplacé. Depuis 30 ans. Dans un costume gris. Le même. Conjugué au passé et au présent. Dans les rues de Londres. Un concept artistique qui a fait l’objet d’un bouquin, et constitue également un spectacle présenté en ‘live’, à l’appui de clips vidéo. L’objectif est clairement de relier le temporel et l’intemporel. Bonjour la prise de tête ! Ne m’en demandez pas plus, j’ai essayé de décortiquer des articles consacrés au sujet, et même des interviews accordés par le natif de Lancashire, mais honnêtement, ils sont tellement alambiqués, que je n’ai pas compris grand-chose.

The Gracious Few

The Gracious Few

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Né sur les cendres encore chaudes de Live (suite au départ de leur chanteur Ed Kowalczzyk), The Gracious Few est en fait le résultat de la réunion entre les ex-Live Chad Taylor (guitare), Patrick Dalheymer (basse) et Chad Gracey (drums), ainsi que du chanteur et du guitariste de Candlebox, soit Kevin Martin et Sean Hennesy. Le line up planté, passons au contenu de leur opus éponyme. Si du point de vue casting, il y a moyen de broder quelques phrases, il est malheureusement plus difficile de décrire leur musique, tant leur classic rock me paraît insipide et vide d’un quelconque intérêt. Mais bon, trêve de paresse et tentons donc une analyse… 

En bref, imaginez un chanteur dont le timbre strident campe un hybride entre Brian Johnson (AC/DC) et Axel Rose, ajoutez-y des riffs de guitares empruntés au classic rock typiquement 70’s (pensez à Led Zeppelin), et imprimez-le sur un tempo enlevé. Jusqu’à présent, pas de quoi fouetter un chat ! Si on est adepte du classic rock, pas de problème ! Malheureusement, il y a un hic !!!  Et pas des moindre. The Gracious Few prend un malin plaisir, sur pas mal de morceaux, à intégrer systématiquement des solos de gratte dégoulinants. Mais surtout, les morceaux du combo sont plus que prévisibles. Les refrains pour stade sont ici légion. Et pour couronner le tout, on a droit aux ballades romantiques qui arracheraient presque quelques larmes, lorsque les distorsions se mettent à résonner, à l’instar de l’ignoble « Crying Time ».

Ce premier elpee sort tout simplement quelques décennies trop tard. Cela ne prend plus. Désolé. Plutôt que de tenter de former des supergroupes bancals, certains artistes auraient intérêt à prendre leur retraite…

Jane’s Addiction

Live Voodoo (Dvd)

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Si un jour on me demandait la liste de mes dix albums préférés des années 90, « Ritual de Lo Habitual » de Jane’s Addiction y figurerait certainement en très bonne place. Quel réel bonheur, dès lors, de découvrir un exemplaire de « Live Voodoo », dans mon bac courrier ! Malheureusement, l’euphorie a été de courte durée.

Nouvelle Orléans. 2009. C’est la nuit d’Halloween. Quelques dizaines de milliers de fêtards ont préféré rejoindre le ‘Voodoo Experience’ pour célébrer le retour du line-up original de Jane’s Addiction (NDR : celui qui a enregistré "Jane’s Addiction" (1987), "Nothing’s shocking" (1988) et "Ritual de lo habitual" (1990), les trois classiques du groupe) plutôt que de se déguiser et d’aller faire le tour du quartier en quémandant des friandises. C’est donc Dave Navarro (Guitare), Eric Avery (Basse) et Stephen Perkins (Batterie) qui partagent les planches, aux côtés de Perry Farrell, pour un concert qui promet d’être unique.

Disons le tout de suite, la déception vient de Farrell. Voulant célébrer dignement ‘Halloween’ l’organisateur du mythique Lollapalooza festival s’est déguisé en ce qu’il croit probablement être un vampire. Malheureusement, cette tenue bleue à paillettes et la cape assortie le font plus ressembler à Dalida dans sa période disco qu’au monstrueux Vlad Tepes. Mais ce look de vampire d’opérette n’est pas le pire problème de Farrell. Ce qui coince, c’est que la star du rock alternatif n’a absolument aucune voix. Et, si sur disque, il arrive encore à faire illusion, sur scène, son couinement hésitant tient presque du ridicule.

Pourtant, derrière lui, Navarro, Avery et Perkins assurent comme des bêtes. A la six-cordes, Navarro est un dieu. Quant à Avery et Perkins, leurs rythmiques endiablées parviennent à remuer la foule. Les 3 musicos virevoltent, dansent et sautillent en délivrant une prestation musicale si impeccable que l’on ne peut s’empêcher de penser que, sans Farell, le groupe serait toujours au top de son art. Contrairement à votre serviteur, le public ne semble pas s’offusquer des frasques du chanteur. Même quand, sur « 3 days », ce dernier, accompagné de deux danseuses plutôt lascives, se trémousse comme une meneuse de revue.

Ce soir, la Nouvelle Orléans à décidé d’oublier les problèmes causés par l’ouragan Katrina et se fait un point d’honneur à prendre son pied au son des immenses « Mountain Song », « Ain’t No Right », « Been Caught Steeling », « Ocean Size » et « Stop ! ».  L’ambiance atteint des sommets lorsque, sur « Ted, Just Admit It », les deux danseuses, (dés)habillées de manière identique aux jeunes filles qui apparaissent sur la pochette de « Nothing’s shocking » répondent par des poses suggestives aux lyrics dépravés de Farrell. A la fin de la prestation, sur l’envoûtant « Jane Says », une foule costumée (NDR : entre autres, un fakir, un mexicain, des nains, la mort et un Elvis obèse) monte sur le podium pour accompagner Farrell dans une sarabande infernale. En bonus du Dvd, une interview et deux titres joués un an plus tôt dans de petits clubs présentent le vocaliste sous un bien meilleur jour.

Perry Farrell à beau être un personnage unique et haut en couleurs, sa prestation sur « Live Voodoo » frise souvent le ridicule. Elle gâche le plaisir que l’on prend à regarder un Dvd qui, sans cette (in)suffisance, aurait pu être parfait. Dommage !

 

James Labrie

Static Impulse

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A l’heure où l’on nous annonce un possible split de Dream Theater (NDR : Mike Portnoy, épuisé par les tournées du groupe aurait, semble-t-il, décidé de jeter l’éponge), nous sommes très heureux de constater que James Labrie tient, quant à lui, une forme olympique. « Static Impulse », son nouvel opus solo, est d’ailleurs le plus énergique qu’il ait enregistré à ce jour.

Les aficionados du chanteur canadien seront probablement plus que surpris de la tournure plutôt extrême du successeur d’« Elements Of Persuasion» (NDR : le premier effort solo de Labrie publié en 2005 »). Car si, en 2010, Labrie reste encore et toujours dans le créneau du métal progressif, il renforce tout de même son propos d’une bonne dose de violence, inspirée, semble-t-il par la scène death métal mélodique de Gothenburg. Non, vous ne rêvez pas, vous avez bien lu ‘Death Métal’. Mais, rassurez-vous ! Labrie ne compromet pas l’intégrité de ses fantastiques cordes vocales en hurlant comme un damné. Il laisse ce soin à son batteur Peter Wildoer (Arch Enemy, Old Man’s Child, Pestilence, Darkane) qui se charge ici brillamment des parties vocales extrêmes. Et il faut bien reconnaître que ce dialogue de vocaux extrêmes et clairs est plutôt excitant.

Côté musique aussi le ton est plutôt dur. Les guitares techniques et incisives de Marco Sfogli, couplées aux lignes de basse ultra-percutante de Ray Riendau (Halford) ainsi qu’au martelage intensif de Peter Wildoer n’ont rien à envier à celles des combos mélodeath suédois. C’est probablement l’effet recherché par Labrie, qui, pour le mixage de sa furieuse rondelle, a fait appel à l’un des experts du genre : le Suédois Jens Bogren (Opeth, Soilwork, Katatonia). En emballant la violence des guitares de nappes de claviers subtiles et épiques, Matt Guillory, le claviériste et co-compositeur de la plupart des titres de l’album, assure à James Labrie la continuité progressive de son œuvre.

Puissant, épique, varié et surprenant « Static Impulse » est probablement la plus belle escapade de Labrie en dehors des sentiers balisés par sa formation principale. Un Cd qui s’adresse autant aux fans de Dream Theater qu’à ceux de Dark Tranquility et d’In Flames.

Zodiac Mindwarp

We Are Volsung

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Au milieu des eighties, la  scène glam/sleaze rock est à son apogée. A Los Angeles, dans les salons de coiffure, on engrange des fortunes en permanentant les tignasses hirsutes de rockers habillés de tenues multicolores en spandex. C’est alors que débarquent une poignée de graisseux britanniques, sapés comme des bikers et utilisant l’huile de vidange en guise de gel coiffant. Ils sont sales, ils sont sauvages et bottent les culs efféminés des hard rockers américains. Leur nom : Zodiac Mindwarp & The Love Reaction.

A peine un an après sa formation en 1985, le groupe est remarqué par Polygram qui s’empresse d’éditer « High Priest Of Love », un premier Ep couronné d’un succès prometteur. Ce dernier est suivi de l’album « Tattooed Beat Messiah ». Le single « Prime Mover » qui en est extrait cartonne dans les pays anglophones. Mötley Crüe, qui, comme chacun, le sait est l’un des géants de l’époque, déclare à qui veut l’entendre que Zodiac Mindwarp est son groupe préféré. Durant les quelques années qui suivent, Mindwarp et son gang accumulent les succès et les opportunités. Ils tournent en co-headlining avec Guns’n’Roses (d’autres bad boys qui font leur trou), ouvrent pour Iron Maiden et obtiennent les faveurs d’Alice Cooper. En 1991, Zodiac et Alice coécrivent le morceau « Feed My Frankenstein » dont ils enregistreront chacun une version différente. Cooper en fait le titre phare de son « Hey Stoopid » et l’inclut dans la bande originale de l’hilarant ‘Wayne’s World’. Zodiac, quant à lui, le réserve à « Hoodlum Thunder ». Rien ne semble pouvoir arrêter l’avènement des furieux bikers anglais. Cependant, chaque Titanic rencontre son iceberg. Pour Zodiac Mindwarp, c’est la perte subite de sa section rythmique qui cause le naufrage. Son bassiste, croyant flairer la bonne affaire, part rejoindre The Cult. Pire, le batteur abandonne la musique et s’expatrie à Vancouver pour devenir GoGo Dancer.

Nous sommes en 2010. Au diable le passé ! Les légendaires Zodiac Mindwarp & The Love Reaction sont de retour. Et en grande forme s’il-vous-plait ! Aux côtés des deux tauliers (Zodiac Mindwarp himself au micro et Cobalt Stargazer à la guitare), deux nouvelles recrues (Jack Shitt à la basse et The Cat derrière les fûts) ont pris la place des déserteurs. « We Are Volsung » remise au placard toutes les velléités semi-commerciales des eighties. Zodiac joue désormais la musique qui colle à son look. Du hard rock pour motard : couillu, gras, velu et crade. Zodiac, version 2010, c’est Mötorhead, AC/DC, Alice Cooper, Grand Funk Railroad, Mötley Crüe et le MC5 réunis en un seul groupe. La guitare de Cobalt est salement efficace. Le bûcheron londonien débite du riff qui tache et colle aux oreilles. Les petits nouveaux cognent et bastonnent comme si leur place au sein du groupe en dépendait. Au micro, Zodiac éructe, vocifère et crache plus qu’il ne chante. Pas besoin d’être la plus belle voix du rock pour nous en mettre plein les esgourdes !

« We are Volsung » fleure bon le bitume, le whisky et la sueur. Le comeback de l’année !

C.W. Stoneking

Jungle blues

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C.W est un chanteur guitariste compositeur australien. Il manifeste un grand respect pour la tradition, c’est-à-dire le blues d'avant-guerre, le jazz, le calypso des années 20 et le folklore universel. Des styles qu’il a beaucoup écoutés et patiemment étudiés. Il signe, en général, tout son répertoire et chante en s'accompagnant d'une guitare National Reso-Phonic ou d'un ténor banjo. Parfois, il est soutenu par des cuivres : le Primitive Horn Orchestra, un ensemble réunissant James Clark au tuba, Kynan Robinson au trombone et Stephen Grant au cornet. Son premier elpee, "King Hokum", était paru en 2005. C.W. est un accro au blues originel, et en en particulier aux field hollers, au hokum et à la jungle. Proches des ‘spirituals’, les ‘field hollers’ étaient des chants primitifs, entonnés par les afro-américains, lors du travail accompli dans les champs de coton. Le hokum est plutôt un chant humoristique. On le retrouve au XIXème siècle lors des fameux ‘minstrel shows’. Le hokum blues était célébré par les jugbands de Memphis ; et en particulier les Gus Cannon's Jug Stompers et le Memphis Jug Band de Will Shade. Stoneking s'est inspiré d'un long voyage accompli en Afrique occidentale. Hormis le "Brave son of America" de Wilmoth Houdini, toutes les compos sont issues de sa plume

Le banjo ouvre "Jungle blues". Hilare, C.W. chante au cœur de cette jungle, épaulé par le brass band, le tuba assurant les parties de basse. Cuivres et voix alimentent ce jazz traditionnel empreint de bonne humeur. Dépouillé, "Talkin' lion blues" est toujours d’inspiration africaine. Une compo dont l’instrumentation est limitée à la guitare. Et pour donner la parole à son lion, Stoneking se met à iouler comme un tyrolien. Personnellement, "Jungle lullaby" me botte davantage. La voix est indolente. Le tuba la talonne, pendant que les interventions du Brass Band fluent oscillent au sein du décor sonore. Et le résultat est aussi saisissant que réussi. L'ambiance devient festive lors de la cover de "Brave son of America", une compo imprimée sur le rythme d'une samba! D’une grande simplicité, "Jailhouse blues" est une compo abordée comme les bluesmen des années 20 et 30, lorsqu’ils parcouraient les routes du Sud profond. Le chant est gémissant mais assure parfaitement. "Housebound blues" lorgne bien plus vers le jazz traditionnel dixieland. On y retrouve les instruments adéquats : piano, clarinette, trompette et trombone, alors qu’une voix féminine se réserve le chant. On se croirait dans les rues de la Nouvelle Orléans, dans le sillage du Brass Band, à l'écoute de "I heard the machine of the drum". L'ambiance baigne parfaitement au sein de ce jazz traditionnel du Primitive Horn Orchestra. Notre citoyen de Melbourne aime la fête. A l’aide de quelques modestes percussions, il nous invite à danser sur "The love me or die", un calypso bien poussiéreux mais terriblement participatif. De forme classique (NDR : y compris dans les lyrics), "Early in the mornin" est essentiellement animé par les interventions du banjo et du tuba. Stoneking se mue une dernière fois en chanteur, animateur et comédien, lors de la finale "The greatest liar",  un acte hokum à coup sûr. Ce jeune artiste australien vient de commettre une œuvre tout à fait intemporelle, mais dans tous les sens du terme. En fait, et pour que votre info soit complète, il aurait été converti à ce type de blues, suite à un naufrage vécu le long des côtes africaines, et dont il est sorti sain et sauf.  

 

The Morlocks

Play Chess

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Les Morlocks, c’était ce peuple mutant, imaginé par H.G. Wells dans son roman ‘La machine à explorer le temps’, un bouquin dont l’adaptation cinématographique de George Pal, réalisée en 1960, est considérée comme un classique du cinéma de science-fiction. The Morlocks est aussi une formation californienne (NDR : issue de San Diego, très exactement) de garage/rock née en 1986, et drivée par le vocaliste Leighton Koizumi, un personnage dont le magazine Spin avait annoncé la mort, suite à une overdose. Information erronée, puisque le personnage a reformé le groupe depuis 2006. Et a recommencé à enregistrer des disques. Dont le dernier, « Play Chess » rend simplement hommage au célèbre label chicagolais de blues.

Mais ces classiques, il les a revisités à la sauce garage punk. La plupart du temps, dans l’esprit des Stooges. Les accords de gratte sales, malsains et torturés nous renvoient à Ron Asheton, alors que la voix rauque mais puissante, susceptible de grogner ou de hurler, évoquent inévitablement l’Iguane. Et franchement ça décape ! Bo Diddley (le furieux « I’m a man », le standard « Who do you love », repris au moins 25 fois à ce jour, et revisité dans l’esprit des Stones, voire des Petty Things,), Sony Boy Williamson II (« Help me », caractérisé par un début et une fin de parcours empruntant le célèbre riff de « My generation »), Howlin Wolf (« Killing floor », et deux titres qu’il a popularisé, soit une version surprenante du « Smokestack ligthning » de Chester Burnett, traversé ici par un harmonica spectral et celle du « Sitting on top of the world » de The Mississipi Sharks, adaptée également en son temps par The Cream, et ici modulée suivant deux approches rythmiques différentes), Chuck Berry (pour une version plus lente de « You never can tell », mais une particulièrement sauvage de « Back in the USA », malgré ses chœurs à la Fleshtones ainsi qu’un « Promised land », dont le tempo 4/4 est plus Ramones que nature), Chuck Willis (pour un virulent « I feel so bad », une compo interprétée en son temps par Elvis Presley) ainsi que The Dovells (l’échevelé « You can’t sit down », abordé dans l’esprit des Trashmen). Si les dernières productions d’Iggy Pop vous ont laissé sur votre faim, cet album devrait largement vous consoler…

Brendan Perry

Ark

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Brendan Perry vient seulement d’enregistrer son second opus solo. Faut dire qu’il était l’autre moitié de la formation culte Dead Can Dance, auprès de Lisa Gerrard. Son premier personnel remonte d’ailleurs à 1999, et s’intitule « Eye of the hunter ». DCD s’était séparé en 1998, et afin d’accomplir une tournée, s’était reformé, sporadiquement en 2005.

Et le premier titre d’« Ark » est une compo que le combo avait interprétée lors de ce périple. Les sept autres fragments sont de nouvelles chansons. Mais tous les titres de cet opus ce fondent dans un bel ensemble empreint de lyrisme et d’esthétisme glacial.

Pour enregistrer cet elpee, Brendan a eu recours tant à la technologie moderne (surtout) qu’à l’instrumentation conventionnelle (parfois). Et il réalise la parfaite fusion entre ces deux pôles. On négligera les lyrics, un peu trop légers, au vu de la gravité des thèmes abordés : l’environnement et la corruption dans la politique, mais se tournera plutôt vers le contenu de ce disque. Dont le climat tour à tour mélancolique, incantatoire, mystique, lancinant, dramatique, parfois gothique, (moyen)oriental, est susceptible de vous flanquer des frissons partout. Une sensation accentuée par la voix de ténor emphatique de Brendan. Pulsations électroniques, couches de cordes, parfois de cuivres (« Babylon »), chœurs sinistres, tempo martial, l’osmose instrumentale frôle la perfection, à un tel point qu’on est à la limite de l’envoûtement. Un des ‘musts’ de l’année 2010, probablement…

Peter Wolf Crier

Inter-Be

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Décidément, le Wisconsin s’érige en tant que nouvelle Mecque du folk-rock indie américain. Après Bon Iver et The Daredevil Christopher Wright, l’inestimable maison Jagjaguwar, et la mystérieuse scène musicale d’Eau Claire par la même occasion, nous présentent Peter Wolf Crier. L’instituteur, guitariste et chanteur Peter Pisano, accompagné du discret Brian Moen, batteur et arrangeur, forment ce duo accroché à une époque révolue bien qu’intemporelle dans l’imaginaire collectif. Si leur premier album, « Inter-Be » avait été composé il y a 50 ans, le résultat aurait probablement été identique. Esprit vintage quand tu nous tiens… Sur les traces de M. Ward, Peter Wolf Crier nous offre, sur cet opus, 11 morceaux pastoraux et mélodieux, bercés d’harmonies vocales, trempés dans la reverb’ et souligné par des accords de piano réminiscents des 60’s. Un concept dissimulant un manque de moyens souvent touchant. La sous-production comme gage d’authenticité ? Certains titres comme « Crutch & Crane », « Down Down Down » ou « For Now » manifestent un charme décalé et vous flanquent parfois de petits frissons. « Inter-Be » est un album à découvrir absolument sous le casque, afin d’y déceler les trésors d’arrangements dont ceux concédés par la batterie fantomatique et austère de Brian Moen. Des interventions remarquables, il faut le souligner.

Si on rêve parfois que Peter Wolf Crier s’émancipe de ses trop évidents penchants indie, le duo américain s’épanouit toutefois quelque part entre Justin Vernon et M. Ward. Un premier essai très intéressant, inégal mais souvent bouleversant. En toute intimité, leurs chansons de folk-blues bourrées de feeling, semblent sortir de la vieille radio qu’écoutait Johnny Cash, enfant, dans « Walk The Line »…