New Brutalism de 087 à 089…

New Brutalism est un groupe de rock minimaliste formé à Knoxville, Tennessee, en 1998. Le groupe est composé de Shane Elliott (chant), Matt Hall (guitare/chant), David Basford (basse/chant) et Carey Balch (batterie). Son nouvel Ep, « Requiescat Record »,…

logo_musiczine

Bienvenue dans le monde civilisé de Ghostwoman…

Ghostwoman est un duo réunissant Evan Uschenko et Ille van Dessel. Il est canadien et elle est belge. La paire s'apprête à sortir son nouvel album, "Welcome to the Civilized World", le 5 septembre et partage aujourd'hui son nouveau single, "Alive". Evan…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (26721 Items)

Roky Erickson

True love cast out all evil

Écrit par

Roky Erikson, c’était le leader des mythiques 13th Floor Elevators, une formation psychédélique texane, qui a marqué les 60’s. Enfin jusqu’au moment où Roky a été interné. C’était en 1969. Pour détention d’un joint. Il y est bourré de narcoleptiques et doit expérimenter différents traitements expérimentaux. Son parcours va alors alterner entre séjours en hôpital psychiatrique et come-backs anecdotiques sur la scène musicale. Mais en 2001, son frère décide le prendre en charge. Il refait alors lentement, mais sûrement surface. En 2008, il se produit sur scène, accompagné d’Okkervil River. Et ce nouvel album constitue l’aboutissement de cette collaboration. Non seulement Will Sheff produit cet opus, mais son backing group est également de la partie. Et le résultat est tout à fait probant…

Certaines compos d’Erik datent de l’époque au cours de laquelle il a servi de cobaye. Et plus que probablement la première « Devotional number one » ainsi que la finale, « God is everywhere », deux morceaux qui semblent avoir été enregistrés sur un lecteur de cassettes. Mais venons-en au cœur de l’opus. Donc aux 9 autres plages. Depuis la ballade, tramée sur un piano bar, « Ain’t blues too sad », au cours de laquelle, il raconte son traitement aux électrochocs, à la celle semi glam, semi noisy, hymnique, « Bird’s crash », dont la mélodie semble tellement proche de Suede. « Goodbye sweet dreams » constitue la meilleure chanson de l’elpee. Une plage somptueuse, particulièrement électrique, digne du Paisley Underground. Enrobé de cordes délicates et d’arrangements de cuivres discrets, « Be and bring me home » campe une valse lente hymnique, presque celtique. Caractérisé par ses accords de gratte bringuebalants, « Bring back the past » est sculpté dans un country rock épique, allègre, dans l’esprit de REM circa « Out of time ». Nonobstant son interlude noisy atmosphérique, sa voix éraillée et ses tonalités de piano aquatiques, « Please judge » manifeste une tendresse et une mélodicité digne de Neil Diamond. « John Lawman » opère un retour dans l’univers du psychédélisme. Mais plus écrasant. Abordé dans l’esprit de Hawkwind. A cause de ce tempo hypnotique, de ces vocaux torturés et de cette rythmique lourde. Erik et Will partagent un duo tout au long du titre maître. Un morceau empreint de mélancolie. Plus country rock aussi. Et la présence de la slide d’y est pas étrangère. Tout comme sur la valse lente « Forever ». Et on a même droit à une rumba : « Think of as one » ; mais dans l’esprit de Mink DeVille. Un grand coup de chapeau à Will et au frère d’Erik, pour être parvenu à remettre sur pied, cette légende vivante.

 

Half-Handed Cloud

As Stowaways in Cabinets of Surf, We Live-Out in Our Members a Kind of Rebirth

Écrit par

Quel drôle d’énergumène pourrait soudainement avoir envie de composer une petite symphonie pop sophistiquée, dont les 25 titres durent moins de 2 minutes ? Un comparse de Sufjan Stevens bien entendu… Half-Handed Cloud est un projet monté par le multi-instrumentiste John Ringhofer. Issu de Berkeley, ce Californien a choisi ce patronyme en se référant à un passage de la Bible. Faut dire qu’au sein de la galaxie de Sufjan Stevens, les thèmes religieux reviennent constamment à la surface. Et ce one-man band a été signé sur Asthmatic Kitty. « As Stowaways in Cabinets of Surf, We Live-Out in Our Members a Kind of Rebirth » (ouf!) constitue déjà son 6ème album. Et son premier, “Learning About Your Scale”, remonte à en 2001. Si les plages dépassent rarement les 120 secondes, elles ne se limitent pas à évacuer quelques bribes d’idées. Ce sont de véritables chansons, même si à l’instar d’un concept album, il est préférable d’écouter ce « Stowaways… », d’une seule traite… ‘J’essaye de faire en sorte qu’une chanson ne soit pas trop longue, sans une bonne raison. Il n’est pas nécessaire qu’un morceau s’éternise, simplement parce que c’est une règle établie’, justifie d’ailleurs l’artiste. Ses petites capsules pop mélodieuses valent en tout cas le détour. En outre, l’instrumentation est particulièrement dense : piano, reverb’, banjos, synthés, trombones, ... A l’instar d’« Illinoise », album incontournable de Stevens, publié en 2005. L’influence exercée par les Beach Boys est également palpable (« You Flagged Us Down With A Wave », « Sing It ! »), jusque dans la voix maîtrisée mais très fragile de John Ringhofer. Les moments de répit sont rares et c’est presqu’en apnée que l’on découvre son œuvre. Pourtant, il ne serait pas inintéressant de décortiquer chaque plage, afin de pouvoir déceler les mille et une idées qui y foisonnent.

Cet autre petit génie de la pop contemporaine vient de commettre un superbe album. Pas de quoi révolutionner l’histoire de la musique, mais largement au-dessus de la norme. Le cerveau de Brian Wilson était tellement illuminé qu’il a fini par cramer. Il a laissé quelques héritiers, terriblement doués, mais tout aussi à l’Ouest…

I Got You On Tape

Spinning for the cause

Écrit par

I Got You On Tape est une formation danoise fondée en 2004. A ce jour, elle compte trois albums à son actif, dont « Spinning for the cause », est bien entendu le troisième. La formation semble très marquée par la pop des sixties. Un peu dans l’esprit de The Coral. A cause du sens mélodique contagieux et des claviers fluides. Et puis des harmonies vocales, souvent tramées à la manière des Moody Blues. Le timbre de Jakob Bellens, le lead singer, me rappelant même celui de Justin Hayward. Et c’est également vers cette formation mythique britannique que leur musique lorgne, lorsque les arrangements se font plus luxuriants, emphatiques même. Seul le zeste de synthés, dispensé circonstanciellement, préserve I Got You On Tape d’une étiquette revivaliste. D’ailleurs une compo comme « Polkadate », aurait pu figurer au répertoire d’Archive. L’opus s’ouvre cependant par un titre particulièrement atmosphérique, floydien même, mais post « Dark side of the moon ». Il s’intitule « Cabaret ». Et puis, il se referme par « Wedding song », un morceau plus dynamique, caractérisé par des oscillations noisy, réminiscentes d’un certain My Bloody Valentine. « Spinning for the cause » est paru en 2009 ; et leur nouvel elpee devrait sortir d’ici la fin de l’année…

La Patère Rose

La Patère Rose

Écrit par

Mais qu’est-ce exactement qu’une Patère Rose ? Non, ce n’est pas une quelconque évolution de la célèbre panthère animée ; mais un groupe pop québécois issu de Sherbrook, fondé en 2008, et réunissant Thomas Hébert (aka Roboto, aux claviers et à la programmation), DJ Julien Harbec (aka Kilojules, à la batterie) et Fanny Grosjean (aka Fanny Bloom, au chant et piano).

Une seconde question vient à l’esprit : existerait-il un son spécifiquement québécois ? On serait tenté de le croire, car dès les premières notes, on a l’impression de vivre une rencontre un peu trop téléguidée entre Malajube et Cœur de Pirate (NDR : pas pour rien que La Patère Rose et Béatrice Martin relèvent de la même écurie, Grosse Boîte). Le trio s’est illustré, cet été dernier, lors des Francofolies de Spa. Et ce disque éponyme est leur tour premier.

Leur musique baigne au sein d’un climat mystérieux, une atmosphère entretenue par les accords de piano empreints de mélancolie. Des accords qui balisent des comptines énigmatiques qu’interprète, d’une voix enfantine, Fanny Bloom. Le tout éclaboussé par quelques touches électro, concédées par les claviers de Roboto. Le Vieux Continent ne devrait pas résister trop longtemps au charme de ces compos sculptées dans cette électro pop chargée de sensibilité, onirique et faussement naïve. Et des titres comme « Duet Tacet » ou « Pacemaker » en sont les plus belles illustrations. Il y manque peut-être ce zeste de folie, pour que ce soit parfait…

On risque, en tout cas, rapidement de ne plus pouvoir encadrer les morceaux de La Patère Rose, tant le succès semble leur tendre les bras. Le groupe assurera d’ailleurs le supporting act de la prochaine tournée de Mika, prévue pour cette fin 2010. Rien que ça !

 

Cathy Lemons & Johnny Ace

Lemonace

Écrit par

Cathy Lemons vient de fêter ses 52 ans. Elle nous vient d'Eau Claire, dans le Wisconsin. Elle est née au sein d’une famille presque nomade. Qui finira quand même par se ficher au Texas, en 1971. A Dallas, très précisément. C'est là que Cathy tombe sous le charme du blues. Elle monte régulièrement sur scène, en compagnie de jeunes formations en plein essor. Et en particulier où sévissent déjà Anson Funderburgh, Darrell Nuslish et même Stevie Ray Vaughan. En 1986, elle émigre à San Francisco. Vu son bon goût et son talent, elle partage les planches de Mark Hummel et Paris Slim. Elle attire même l'attention du vétéran John Lee Hooker et participe aux shows du Coast to Coast Blues Band. Elle décide ensuite d’embrasser une carrière individuelle. Bénéficiant du concours, d’abord du guitariste David Workman, puis en 1995, du bassiste Johnny Ace. Ce dernier est aujourd’hui âgé de 61 ans. Il est issu de New York City. Il a joué auprès des plus grands ; et en particulier Otis Rush, John Lee Hooker, Lowell Fulsom ou encore Charlie Musselwhite… Depuis cette époque Cathy et Johnny partagent leur aventure musicale. Leur premier elpee est paru en 1999 : "Dark road". Chez le label Saloon Recordings. Parmi les invités guitaristes figurent quelques noms prestigieux : Tommy Castro, Rusty Zinn et Steve Freund. Depuis, 2006, leur backing group implique guitariste Pierre Le Corre (NDR : il est originaire de Marseille) et le batteur Artie Chavez. Cathy et Johnny se sont partagé l’écriture de la quasi-intégralité des titres.

"Brand new day" ouvre le bal. Une compo très nerveuse, au cours de laquelle le couple partage le chant. Pierre joue en rythmique ; mais son attaque est tellement déjantée, qu’elle se mue en funk détonant. "Love like a fire" baigne dans le même style. Terriblement cohérente, la section rythmique soutient l’ensemble. Johnny se révèle excellent bassiste. Premier invité, Kid Andersen entre en scène. Il semble armé pour accomplir ce superbe voyage, périple psychédélique étincelant, chargé d’intensité, au cours duquel Le Corre lui donne la réplique à la slide. Tommy Castro –l’ami de toujours– dispense un solo troublant et torturé sur "Used to this blues", une plage indolente, parcourue par la voix reverb de Cathy, réminiscente de la Grace Slick des grands jours, lorsqu’elle sévissait chez le Jefferson Airplane (NDR : nous sommes même ici très proche du San Franciso sound !) "Sink or swim" en revient au funk ; mais Johnny se paye un rap à la newyorkaise, pendant que Pierre sort sur le fil du rasoir! Plage atmosphérique, "Shoot to kill" est introduite par la slide de Ron Thompson, un autre pensionnaire émérite du Coast to Coast Blues Band. Une compo de 8’ qui trempe au sein d’un climat menaçant, malsain, inquiétant, malveillant. En fin de parcours, Le Corre vient y injecter sa dose de slide toute personnelle. Chicago blues, "When bad luck looks good" est imprimé sur un tempo enlevé. David Maxwell siège derrière le piano. Un maître du style qui s’offre rapidement son billet de sortie, avant d’être relayé par Tommy Castro. "Gimme a penny" est un autre titre nonchalant. Mais aussi dépouillé. La voix de Cathy est convaincante. Mais Maxwell domine le sujet aux ivoires, dont il partagera ensuite le leadership, en compagnie de Paul Oscher, un ancien membre du Muddy Waters Band, à l’harmonica. "I got it" est sculpté dans le funk pur. La rythmique épaule parfaitement la voix aérienne de Melle Lemon. Cette dernière nous confesse "I'm not the woman I used to be", un blues lent de facture classique, caractérisé par les petites notes concédées par Pierre. Elles font mouche face à Kid Andersen passé à l'orgue. Une bonne ligne de basse balise "Stay", un boogie assez sauvage et de bonne facture, au cours duquel Le Corre s’acharne, en empruntant un ton très John Lee. "Get this thing off's my back" campe un blues saturé par le son Hooker dispensé par le talentueux gratteur norvégien, Kid Andersen. La cover du "Move on" de Baby Washington achève cet elpee. Un peu à la manière d’un rappel, Johnny reproduisant, une nouvelle fois, ses interventions vocales rap. Et pour que votre info soit complète, sachez que ce long playing a été coproduit sous la houlette de Lemon, Ace et Kid Andersen, au sein des studios Greaseland de ce dernier. Perso, je suis surtout ravi d’avoir découvert Pierre Le Corre, guitariste français talentueux…

 

The Magic Kids

Memphis

Écrit par

Memphis est probablement un endroit magique. La capitale du Tennessee a ainsi et notamment hébergé les célèbres labels Sun et Stax ; mais également enfanté des artistes de la trempe de Jerry Lee Lewis, Alex Chilton ou Jay Reatard. Et puis le grand Elvis y a grandi et s’y est éteint en 1977. Les Magic Kids nous viennent également de la ville sudiste. Et la chorale céleste a décidé de baptiser le titre de son opus, du nom de cette cité. 

Tout au long de cet elpee, le quintet magique aligne des compos allègres, entraînantes, contagieuses, imparables et subtilement orchestrées, dans la lignée des Beach Boys, Van Dyke Parks ou Electric Light Orchestra. Admirablement produit par Shane Stonebeck (Vampire Weekend, Sleigh Bells), « Memphis » a bénéficié de la participation d’une belle brochette de collaborateurs. Des potes. Venus jouer des cordes, des cloches, des violons, du hautbois, des cuivres et des synthés en tous genres. Irrésistibles, « Hey Boy » et « Superball » sont nourris à l’énergie pop baroque. Sonorités et harmonies vocales trempent dans un climat digne de la sunshine pop des 60’s. A se demander s’il ne faudrait pas solliciter les Magic Kids pour composer les B.O. des prochains dessins animés, réalisés chez Walt Disney ? Ce qui nous changerait de Phil Collins et Céline Dion. Ces gamins sont vraiment magiques ! Après avoir découvert Delorean et Girls, le label True Panther Sound a manifestement le nez creux…

Les Magic Kids se produiront en concert, au Botanique, ce 3 octobre prochain.

 

NOFX

The Longest (Ep)

Écrit par

Fat Mike aime satisfaire les aficionados de punk rock. Depuis quelques temps, Fat Wreck Chords (NDR : le label keupon créé par ‘Gros Mike’) multiplie les rééditions d’albums cultes et les compilations de raretés. Quelques semaines seulement après avoir appliqué ce traitement salvateur à la collection de singles et d’inédits du défunt Good Riddance, sur le génial « Capricorn One », c’est aux publications les plus obscures de NOFX, le groupe dont il est le leader, que Fat Mike accorde une nouvelle jeunesse.

Je le confesse volontiers, la première écoute (distraite) de ce “Longest EP” ne m’a pas vraiment emballé. Ce punk rock yankee, pêchu, est bien foutu, mais tout à fait banal. En outre, la voix de Fat Mike est un peu trop nasillarde, à mon goût. Très peu pour moi ! Enfin, cette réaction, je l’ai manifestée juste avant de m’attarder sur les lyrics du combo californien. Car ils sont désopilants et acerbes. Alors, et tant pis pour l’originalité, ce disque est génial, puisque, pour une fois on se marre un peu en s’enfilant les sempiternelles leçons de morale et les critiques de la société, inhérentes au mouvement punk.

Difficile, en effet, de garder son sérieux au son reggae (accent jamaïcain inclus) de « Kill All The White Man ». Plus difficile encore de ne pas se tordre de rire en écoutant le clip commercial enregistré par le groupe à l’occasion de la sortie de son album « War On Errorism ». Carrément impossible de ne pas se pisser dessus en écoutant les lyrics de « I’m Going To Hell for this One », dont voici un extrait choisi au hasard : ‘Jesus is Back and he wants to kick Mel Gibson’s ass’. Très fun aussi ce « The Punk Song ». Achevant l’opus, ce titre constitue une version très personnelle et débridée du classique de Chuck Berry, « Johnny B. Goode ».

Affichant au compteur trente titres pour plus d’une heure de délires keupon, cette compilation ultime réunit des raretés, des inédits et des titres introuvables, enregistrés entre 1987 et 2009. Elle est vendue sur le site de Fat Wreck pour un prix presque dérisoire et mérite sans conteste son titre de « The Longest EP ».

En conclusion : rien que du bonheur pour les fans de NOFX et pour celles et ceux qui, comme votre serviteur, découvrent sur le tard, un groupe qui vaut vraiment le détour !

Peau

Première Mue

Écrit par

Peau… Mais qui donc se cache derrière cet épiderme ? En fait, il s’agit de Perrine Faillet qui, après avoir milité, pendant cinq années, au sein de la formation vocale Crise Carmen (NDR : vous connaissez vous ?) a décidé de changer. De quoi ? Ben de peau, tiens ! Faut suivre hein les gars !!! D’où le titre de son nouvel album, « Première Mue » : ben oui quand on change de peau, c’est normal, non ? A vingt-huit ans, notre Grenobloise, après avoir passé une année à ‘traîner’ son ennui, suite à la séparation de sa ‘chorale’, s’est enfin remise à bosser ; et revêt donc sa nouvelle peau. Elle a enfin fait sa mue…

Auteur/compositeur, Perrine écrit depuis 2008 des chansons dans son home-studio. Les harmonies vocales ont cédé le relais à des guitares, des claviers et des beats. Le cadre vocal n’est donc plus d’actualité ; et Peau redessine les contours de sa carrière musicale. Après une année de recherches en solo, il est temps de passer à la vitesse supérieure.

Afin d’enfanter son projet, Perrine a convié deux explorateurs chevronnés du rock à la fois esthétique et électro : Olivier Depardon et Daniel Bartoletti. Interprétées tour à tour en français ou en anglais, les onze titres graciles ou vifs, nerveux ou intimistes mais toujours intelligemment construits, évoluent sur des rythmes lancinants. Et au sein d’un univers pop folk, ouvert tant à l’électricité qu’à l’électronique. Bien que souvent comparé à Emilie Simon voire à Noir Désir, la musique de cet opus intrigant, mais joliment maîtrisé, ne manque toutefois ni de personnalité ni d’originalité.

S’il n'est pas facile pour un jeune artiste de créer un univers fort et cohérent, dès ses premiers pas, Peau est quand même parvenue à faire l’unanimité autour d’elle, lors de la sortie de ce premier Cd. Un disque véritablement encensé par la critique. Bref, ce mélange de pop, d’électro et de folk n’attend plus que vous. Alors, entrez donc dans l’univers mystérieux et sensuel de Perrine susceptible de vous caresser à fleur de… Peau !

Richy Pitch

Ye Fre Mi Richy Pitch

Écrit par

Le Ghana se porte bien et s’exporte tout aussi bien. Les Black Stars ont réussi un super mondial en Afrique du Sud et sont passés à deux doigts d’entrer dans la légende, en devenant la première équipe africaine à atteindre le stade des demi-finales. Bref, ça mousse grave pour le Ghana. Coté musique, la nation africaine semble entretenir un certain climat de mystère. Mais les événements sont occupés de se précipiter, depuis que le DJ et producteur londonien Richy Pitch a séjourné pendant deux ans sur les terres ghanéennes. Ancien résident notoire du mythique club hip-hop ‘Scratch’, Pitch a accumulé un tas d’expériences depuis 1996. Il est aujourd’hui devenu un des producteurs hip-hop les plus notoires. Son dernier projet a de quoi susciter l’enthousiasme. Et pour cause, à l’issue de son périple, dès qu’il a retrouvé son studio, il a décidé de revisiter la musique ghanéenne, en lui administrant de bonnes doses de hip hop et de beats électros. Un concept accueilli les bras ouverts, par l’écurie BBE. « Ye Fre Mi Richy Pitch » constitue donc le fruit de ses expérimentations accomplies en compagnie de la crème des artistes ghanéens. Parmi lesquels on épinglera, quand même, MOBO, Samini (vainqueur du MTV Africa Awards) ou encore Reggie Rockstone (plus connu sous le nom de Godfather of Hiplife).

Et le résultat est tout à fait convainquant. Le producteur peut d’ailleurs être fier de son œuvre. Et pour cause, non seulement, les compos sont riches en références hip hop, afrobeats et percussions traditionnelles, mais elles nous plongent au cœur d’un univers sonore coloré et remuant. Les emcees balancent des flows qui en jettent ! Les chants typiques épousent les beats électro de Pitch et la galette s’enflamme à  la moindre étincelle. On se souvient que l’Afrique du Sud, et en particulièrement Soweto, nous avait valu de chouettes découvertes ; c’est ici au tour du Ghana d’être mis en exergue. 2010 est bien l’année du Continent africain !

 

The Spermbirds

A Colombus Feeling

Écrit par

Un glaviot préhistorique, craché pour la première en 1982, et une première plaque vinylique, pressée en 1985, font probablement des Spermbirds l’un des plus antiques combos keupons germaniques en activité. Formé à Kaiserslautern par Lee Hobson Hollis, un G.I. américain stationné en Allemagne, le groupe s’est forgé, dans les années quatre-vingt, une solide réputation scénique au pays de la choucroute garnie. Malgré une carrière plutôt conséquente, ces cousins germains des Sex Pistols et des Dead Kennedys ne livrent ici que leur huitième méfait discographique.

Tout comme le plat traditionnel mentionné ci-dessus, le punk rock des Spermbirds est mitonné à l’ancienne. Rien que des ingrédients naturels dans la recette du combo. Du rock’n’roll virulent, cultivé dans la rue, sur un lit de crachat, de haine et de vomi. Que les accros à facebook et à la punk pop aseptisée aux OGM exportée en masse par les yankees s’empressent de passer leur chemin. Les Spemrbirds ne sont pas des ados en goguette. Ici, tout respire l’expérience, la sueur et l’authenticité. Le punk des Allemands répond aux normes les plus strictes : les lyrics sont sarcastiques et ponctués d’hymnes à reprendre en chœur. Le son des guitares est cradingue à souhait et la basse carrément explosive. Seul écart de conduite (vite pardonné car hautement jubilatoire) l’intro au banjo du titre éponyme « Colombus Feeling ».

Bienvenue  à l’école du rock’n’roll, c’est la rentrée des crasses. Ouvrez votre livre de punk à la page Spermbirds !

Timber Timbre

Timber Timbre

Écrit par

Si le nom de Timber Timbre ne vous dit rien (du moins pour l’instant), cette méconnaissance ne fera pas long feu. Projet du Canadien Taylor Kirk, il risque fort de constituer l’une des sensations de l’année, à l’instar de Bon Iver, deux ans plus tôt. Autoproduits, ses deux premiers elpees, « Cedar Shakes » et « Medicinals » sont parus respectivement en 2006 et 2007. De quoi permettre au Torontois de se produire sur les scènes de la métropole canadienne, et même extra-muros. Il est repéré par le label Arts & Crafts (Broken Social Club, Ra Ra Riot, Phoenix, Feist, Los Campesinos, …), qui n’hésite pas une seconde à le signer. Eponyme, son dernier opus, est sorti l’an dernier, au Canada. Ce qui lui a permis de se forger une certaine notoriété sur l’ensemble du territoire nord américain et d’assurer le supporting act de la tournée d’Owen Pallet. Faut dire que la presse spécialisée lui a réservé une multitude de bonnes critiques. Il avait d’ailleurs été nominé lors du ‘Polaris Prize’ (meilleur album canadien). Le Vieux Continent aurait encore pu longtemps ignorer l’existence de cet artiste, si le label anglais Full Time Hobby (Tunng, Malcolm Middleton, Micah.P.Hinson) n’était pas entré dans la danse. L’écurie est attentive aux talents en devenir et a donc engagé le chanteur/compositeur/guitariste. Puis a décidé de publier ce dernier elpee. Et on lui en est mille fois reconnaissant !!!

Reconnaissant, car l’album du Canadien est tout simplement fabuleux ! Œuvre intemporelle rappelant autant Tom Waits et Léonard Cohen que Bon Iver et M.Ward. Taylor Kirk y propose un folk sombre, intimiste, mystérieux, qu’il mêle habilement et tour à tour au blues, à la soul (« Trouble Comes Knocking ») ou à la country. La plupart du temps, il accompagne sa voix de sa gratte, d’un clavier et de beats pour imprimer la rythmique. Les arrangements sont parfaitement dosés, bien équilibrés. D’une extrême douceur, son timbre vocal évoque tantôt Justin Vernon (Bon Iver) ou Antony Hegarty (Antony and The Johnsons). Une voix uniquement soutenue par sa guitare, sur « Demon Host ». « We’ll Find Out » est un autre moment fort de l’opus. Enrobé de chœurs et parcouru d’interventions au violon, cette compo lorgne manifestement vers son compatriote, Léonard Cohen. On pourrait décortiquer tous les morceaux de cette œuvre, mais je ne voudrais pas vous gâcher la surprise.

Il faut le reconnaître, Timber Timbre joue déjà dans la cour des grands. Et son dernier long playing constituera certainement un des sommets de cette année 2010. Cependant, si vous souhaitez vous forger votre propre opinion, je vous invite à aller l’applaudir en concert, puisqu’il se produira en première partie de Phoshorescent, le 15/09, au Botanique, et le 17/09, au festival Leffingeleuren. 

 

Toog

Goto

Écrit par

Gilles Weinzaepflen AKA Toog nous vient de Mulhouse. Si Jacques Tati l’avait un jour rencontré, il l’aurait certainement invité à rejoindre son équipe d’ingénieurs du son, lors de l’un ou l’autre tournage. Et « Goto », son nouvel opus, en est une parfaite démonstration. Car si le Français déborde d’imagination, il ne se soucie pas de faire aboutir ses compos. Pour lui, l’essentiel est de créer des ambiances en y incorporant de nombreux bruitages et quelques notes d’instruments. Mais en brouillant constamment les pistes tout en expérimentant, sans tenir compte de l’auditeur, on a l’impression que Toog cherche parfois par agacer. Et ca marche ! C’est même parfois (pas toujours) efficace.

« Traffic Jam » ouvre le bal. Une mélodie simpliste est perturbée par des bruitages de voitures et de klaxons. On se croirait en plein « Traffic » de Tatischeff. ‘Où va la vie’ chante-t-il. ‘Partout, n’importe où !’, répond Gilles. Et c’est ce que côté un peu niais et mielleux qui énerve… Bref, si l’univers cinématographique constitue l’inspiration première de Toog, on a quand même droit à une excellente conclusion lors du très mélodique et visionnaire « L’Esprit De l’Inventeur », où le cinéaste Michel Gondry (« Be Kind Rewind », « Eternal Sunshine of The Spotless Mind », etc.) pose sa voix sur de superbes nappes de pianos et des sonorités électro minimalistes.

Toog partage volontiers ses idées qui foisonnent dans sa tête. Parfois farfelues parfois géniales, elles sont le fruit des élucubrations d’un personnage haut en couleur ; mais elles ne ciblent qu’un public bien spécifique. Ne cherchez pas de trame ni de structure. On a parfois l’impression d’être en présence d’un véritable foutoir ! Un peu à l’image de l’artiste. Intéressant, ce disque n’est cependant pas pour autant vraiment brillant.

 

The Hundred in the Hands

Jeunes, beaux, et bientôt célèbres.

Écrit par

Jason Friedman, c’est la demi-tête pensante des Hundred In The Hands. Par un bel après-midi, cet homme affable sirote un Cola et bouquine entre deux interviews. Au fil d'une conversation charmante et non dénuée d'humour, j'apprends que cet ancien étudiant des Beaux Arts et membre fondateur de The Boggs a aussi été guide touristique à Berlin. Entre culture cinématographique et escapade historique, notre conversation navigue au gré des mots. Rencontre avec ce qui pourrait bien être l'attraction de demain.

Jason, première visite sur nos terres, après l'annulation de votre date en avril dernier au Domino Festival?

Exact. Nous avions été contraints d'annuler à cause des émanations du volcan islandais. Ce n'est que partie remise. Nous espérons être bientôt de retour.

The Hundred In The Hands revendique un son qui lui est propre. Ni chaude, ni glaciale, ni sombre, ni aveuglante, votre musique est une synthèse de ces descriptions. Un mix d'émotions et un brassage d'influences diverses. Comment avez vous élaboré ce son spécifique?

Chacun de nous deux possède un vécu historique et musical différent. Nos influences sont également différentes. Et ce que nous créons ensemble, est donc le fruit de ces influences. Dans la mesure où nous ne sommes que deux, il est impossible pour nous de composer comme n'importe quel autre groupe, du genre: on se voit au local, on répète et on crée des morceaux dans cette veine. Non, nous travaillons chacun de notre côté des ébauches de chansons que nous refilons à l'autre, qui à son tour les retravaille. Et nous finissons d'écrire les chansons pendant le processus d'enregistrement. Ce qui engendre une interaction entre Eleanore et moi-même et apporte une certaine homogénéité à l'ensemble. Procéder de la sorte nous procure d’ailleurs beaucoup de plaisir. C'est assez amusant. Et nous permet d'emprunter différentes voies et évite l'évidence de nos influences qui sont alors noyées dans le processus.

Vous accordez-vous avant de commencer sur l'ambiance d'un morceau et la façon dont vous aimeriez qu'il sonne?

Non, en fait, de par cette liberté que nous nous accordons pour la composition de nos chansons, celles-ci peuvent à tout moment prendre une direction ou une autre. Les versions démos sont tout à fait différentes du résultat final, et parfois assez méconnaissables. Par exemple, la première mouture de « Young aren't young », la chanson qui ouvre notre album, était une sorte de version afro-beat des Young Marble Giants : une ligne de guitare posée sur des percussions africaines et un martèlement de batterie. Au final, même si nous avons gardé la mélodie et pas mal de choses, le résultat est sensiblement différent. Ce qui illustre la liberté de direction de nos chansons ; et c'est ce côté imprévisible qui nous excite.

Vous prenez donc votre pied dans l'expérimentation?

Effectivement. Je me souviens, quand nous avons commencé à élaborer le projet, que notre ambition était de travailler en compagnie de différents producteurs aux visions personnelles des choses, d'essayer de tirer un maximum parti de leur savoir et nous en servir en retour.

Ce qui vous éloigne drastiquement du processus de création opéré au sein de The Boggs, votre premier groupe?

Absolument. A l'époque, j'étais le maître à penser, je composais seul les chansons et les autres membres me suivaient à la trace. Même si mes acolytes, en compagnie desquels je partageais cette aventure depuis plusieurs années, épousaient une même conception de la musique, c’est souvent ma vision des choses qui prévalait. En quelque sorte, nous étions esclaves de mes limites. Certaines chansons auraient pu être mieux, plus abouties. Tandis que maintenant, il s'agit d'un projet à deux cerveaux complémentaires ; et c'est ce que j'aime. J'apprends de mes erreurs. Et je me suis amélioré en tant que chanteur ; ce qui me permet d'appréhender les choses de manière différente. Ensuite, il y a l'apport des collaborateurs. Je pense au producteur Chris Zane qui bosse sur nos compos depuis notre premier single « Dressed in Dresden » et dont le travail est fantastique. Toutes ces contributions nous ont permis de forger notre propre identité.

Etre signé sur Warp change-t-il les règles ?

Certainement. Par le passé, nous avons eu notre part de frustrations. On a galéré, ce ne fût pas toujours évident. Le label Warp était LE label en compagnie duquel nous rêvions de travailler. Et que les choses se soient passées exactement comme nous n'osions pas l'imaginer, mais que nous espérions de tout cœur, est totalement surréaliste. Ce sont eux qui sont venus à nous, et quand ils nous ont proposé de signer, nous n'avons pas hésité l'ombre d'une seconde. L'image qu'on s'en fait n'est pas usurpée. Il s'agit réellement d'un label de qualité, artistiquement très engagé, dont la vision est ouverte et intelligente. Je suis certain qu'après le mini-succès de « Dressed in Dresden », n'importe quel label aurait été tenté de nous demander de répéter la même recette, encore et encore. Mais pas les gens de Warp. Ils nous laissent carte blanche de A à Z, et cette liberté est vraiment précieuse. Nous ne sommes pas obligés de pondre des chansons en batterie, pas obligés de tourner. Non, ils nous disent ‘prenez votre temps, créez à votre rythme, on s'occupe de tout le reste’. C'est une chance inestimable.

Comment s’est déroulé l'enregistrement de l'album?

Le plus simplement du monde. De juin à septembre 2009, Eleanore et moi nous sommes concentrés sur l'écriture, à l'écart, dans notre coin. A partir de là, nous avons prévu quelles chansons figureraient sur l’Ep, et celles que nous envisagions de mettre sur l'album. Et puis nous nous sommes mis au travail sous la houlette des producteurs que nous souhaitions et finalisé le tout.

Tout en gardant votre mot à dire sur le résultat?

Tout à fait. C'était une réelle coopération entre les différents producteurs et nous-mêmes. Chacun apportant sa touche personnelle, ses idées. De plus, nous avons gardé pas mal du matériel enregistré 'à la maison'. Pour les guitares par exemple, nous n'avons pas eu à les réenregistrer. Mais nous avons profité du matériel haut de gamme du studio pour refaire les voix et certaines programmations.

N'est-ce pas un procédé délicat en prévision de la performance scénique?

Oui et non. En sauvegardant la plupart des prises démo, nous conservions cette perspective à l'esprit ; mais le fait de les jouer en concert me donne à réaliser comment je souhaite que telle guitare sonne ou telle ligne de basse soit. Nous utilisons beaucoup de bandes et nous essayons de trouver l'équilibre afin de restituer chaque chanson dans un contexte ‘live’. Ce qui nous oblige à envisager nos morceaux sous un autre angle, en prenant par exemple en considération le volume du son. Plus puissant sur scène. Et modifie quelque peu l'approche du morceau ; mais ceci rend aussi excitante cette méthode de travail.

Envisagez-vous intégrer d'autres musiciens en concert?

Peut-être bien un percussionniste pour la prochaine tournée. Mais pour les jeux de guitares et autres séquences sur bandes, nous avons trouvé nos marques en duo, alors pour l'instant nous ne pensons pas engager d'autres musiciens.

Ne craignez-vous pas d'être tôt ou tard limité au niveau du son?

Dès le début, nous avons conçu notre musique en duo avec en point de mire la tradition du Sound System, que ce soit en Jamaïque ou dans les débuts du Hip-Hop et cette faculté de transposer un enregistrement à différents volumes, dans différents contextes. C'est donc pourquoi nous possédons notre propre Sound System sur scène. Et il est intéressant de découvrir comment une chanson peut sonner différemment selon l'environnement. Que ce soit en studio, à la maison ou en ‘live’. Je pense qu'en ce qui concerne nos prestations scéniques, notre son est suffisamment puissant, suffisamment étoffé, sans nécessiter d'autres personnes. Donc, d'un côté, ce choix exige beaucoup d'abnégation, pour restituer les chansons dans toute leur ampleur quadriphonique, mais nous apporte une certaine liberté, puisque d'un show à un autre, nous pouvons apporter certaines modifications. En constante évolution. Et la formule du duo me convient parfaitement. A la fin, au sein de mon groupe précédent, je me lassais de devoir changer de musiciens tous les trois mois, leur apprendre les accords, les structures, et adapter mes propres chansons. Je me sens en fait plus libre. Eleanore et moi apprenons et progressons ensemble. C'est un processus qui nous sied parfaitement.

Pour en revenir à l'écriture même de vos chansons, qu'est-ce qui vous inspire?

Et bien, l'Art en général. J'ai accompli des études dans le domaine de la peinture, avant d'être totalement absorbé par mon groupe, The Boggs. Mais de toute façon, je n'y trouvais pas mon épanouissement. Je veux dire, je ne savais pas comment vivre en tant qu'artiste. Je réalisais mes trucs, mais j'ignorais comment diffuser mes œuvres, comment attirer l'attention sur elles. Je ne traînais pas dans les galeries toutes la journée ; par contre, j'adorais passer mes nuits dans les clubs et écumer les salles de concert. C’est ainsi que la musique a pris le pas sur mes prétentions graphiques. Et puis, je n'étais pas assez doué. Je me suis essayé un peu à la vidéo aussi. Finalement, The Boggs était la synthèse de mes aspirations, une sorte d'intellectualisation de mes envies artistiques au travers de la musique. Mais ce qui m'influence profondément dans la conception d'un morceau reste le cinéma et l'art vidéo. Notamment au niveau de la structure temporelle d'une chanson. Un titre comme « Last City » est directement inspiré par les œuvres de cinéastes tels Chris Marker, par exemple. Les textes étant eux plus influencés par la littérature ; même si je n'use pas de ces codes, j'aime l'idée de raconter une histoire. Bien sûr, je n'ai pas la prétention d'être un Alistair Grey ou un Samuel Becket! Il n'en demeure pas moins qu'ils font partie de mes références majeures. Et l'Histoire est un autre moteur d'inspiration. D'où le nom du groupe (NDR : faisant référence à une célèbre bataille américaine, menée par Crazy Horse, fier indien qui allait mener, une fois n'est pas coutume, les indigènes à la victoire sur l'armée US) ou d'un titre comme « Dressed in Dresden » qui parle des premiers essais bombardiers.

En parlant de vidéo, participez-vous activement à la création de vos clips?

Pour « Pigeon », j'avais imaginé un personnage central, dont je parle dans la chanson, cette jeune fille qui vit dans une grande ville et rencontre des problèmes à l'école ; même si au demeurant elle est assez intelligente, elle fréquente des idiots. Elle ne sait pas où elle va, ce qu'elle veut faire, et comme beaucoup, elle sort, boit, couche pour le fun et essaie de s'oublier. Et elle en a conscience. Les pigeons, dans la chanson, constituent son point d'ancrage avec la réalité. Tous les jours, elle se rend au square et regarde ces oiseaux qui inlassablement tournent en rond, stupides et sales. Et elle se dit qu'elle vaut mieux qu'eux. J’en ai donc parlé à la production, et ensemble, nous avons élaboré les traits de ce personnage. Au final, elle est moins misérable que dans mon esprit. Elle possède plus de recul Peut-être est-elle plus arrogante? Quoiqu'il en soit, le résultat est tout simplement incroyable. Et les effets spéciaux vraiment épatants. Le tout dessert bien le propos de la chanson.

Revenons un instant sur votre étiquette? Quelle est la part de gothique qui sommeille en vous?

Le formule ‘summertime Goth’, je dois bien confesser qu'elle vient de moi. En fait, un ami, à l'époque, organisait chaque semaine des soirées qu’il avait baptisée ainsi. Et immédiatement, j'ai pensé qu’elle collerait bien à notre type de musique. Loin des clichés du genre. Je veux dire, je n'ai jamais aimé la façon dont les Cure s'accoutraient, je ne vois pas de rapport entre leurs vêtements et leur musique. A New York, chaque semaine, se déroule au moins une soirée branchée, et les soirées gothiques sont nombreuses. Mais vous n'y croiserez pas de personnages dont les accoutrements sont propres à cet imagier de grenier. De ce fait, nous estimions amusant de dépeindre notre musique comme influencée par l'aspect gothique, mais sans le côté ridicule du concept. Une version plus ensoleillée en quelque sorte. Pour le prochain album, je pense déjà renouveler notre étiquette.

Etes-vous la partie sombre du projet, et Eleanore la touche ensoleillée?

Non, en fait, c’est seulement un juste équilibre entre elle et moi. Parfois, nos chansons prennent une direction trop noire ou trop guillerette, et nous tentons de trouver le juste milieu. Nous peinons quelquefois à égayer nos compositions, mais nous nous efforçons toujours d'appliquer ces deux aspects en une belle harmonie. Si nos chansons ne sonnent pas profondément dépressives, c’est parce que notre palette musicale, au niveau de nos goûts, est large. Il y a un soupçon de R&B dans notre façon de procéder ; et OK, j'admets que ce n'est pas directement audible, mais il nous permet justement d'avoir une approche radicalement différente par rapport à notre côté gothique. Le juste équilibre, c'est notre quête.

Pour conclure, vous semblez promis à un bel avenir. Craignez-vous les lendemains difficiles?

Je suis assez paranoïaque ; alors oui, définitivement, j'ai peur de ce que l'avenir me réserve. Je me focalise donc sur les améliorations à apporter. Par exemple, je souhaite qu'on évolue sur scène, qu'on devienne meilleur. Nous allons beaucoup tourner dans un proche avenir, pour justement aller dans ce sens. Ce qui ne nous empêchera pas de concevoir de nouveaux titres. Mais pour l'instant, nous devons nous concentrer sur cet album. Ce n'est pas évident par exemple de jouer des titres comme « The Beach » devant un public n'ayant jamais entendu la plupart de nos morceaux. J'espère et j'imagine que les choses seront différentes quand l'album sera sorti. Il ne faut pas trop que je pense à demain.

Ne dit-on point que l'avenir sourit aux audacieux?

(Voir également la chronique de l'album dans la rubrique ad-hoc)

 

The Hundred in the Hands

The Hundred in The Hands

Écrit par

Si les chances de connaître la douceur d’un été indien s’estompent jour après jour, réjouissons nous de connaître notre premier summertime goth. En effet, autoproclamée sous cette forme, la musique de ce duo issu de Brooklyn débarque en cette rentrée de septembre et promet de laisser traces de son passage.

Si l’on peut faire fi des clichés du genre, ambiances sépulcrales et voix d’outre-tombe en tête, il reste néanmoins un certain romantisme new wave mis en lumière ici par une palette sonore riche et pléthore d’influences allant du disco au funk blanc. Fragile équilibre entre spleen et hédonisme, ce premier album, signé chez Warp, distille subtilement, voire insidieusement son potentiel pop au creux de nos oreilles. Sorte d’hybride à deux têtes pensantes et quatre jambes pour danser (nonchalamment et non frénétiquement, tout de même !), The Hundred In The Hands est une combinaison de charme, réunissant Jason Friedman, ex Boggs et Eleanore Everdell, dont la voix céleste s’était déjà illustrée chez TV On The Radio. Osmose parfaite créant un juste équilibre d’ombre et de lumière, ce qu’ils présentent, à défaut d’être foncièrement révolutionnaire, a du moins l’intelligence de renouveler les genres dans un mix généreux et fort agréable. Jamais vulgaires, souvent entraînants, les mélodies, les riffs de guitares et les touches d’électro apportent judicieusement leur contribution à l’élaboration d’un son propre, desservant le propos avec justesse.

Leurs prestations live devraient quand à elles leur assurer prochainement une notoriété, peut-être relative, mais tout à fait justifiée. Et si comme votre serviteur, une première écoute ne vous relève pas la richesse de leur travail, n’hésitez pas à gratter la fine pellicule de vernis pour  découvrir les pépites dont cet album regorge. Dans le fond, le concept est le même que chez certains malins qui tirent leur épingle du jeu le temps d’un succès. Certes, le talent en plus ici. Mais le succès, il faut l’assumer. Car tomber dans un hype devient un danger… Alors on danse… 

Johnny Clegg : nouvel album et concert à Roubaix en octobre

Écrit par

Johnny Clegg sortira ce 4 octobre un nouvel opus intitulé "Human". En attendant, son best of "Celebrating 30 years of Johnny Clegg" est disponible dans les bacs. En outre, Clegg se produira près de la frontière belge, à Roubaix très exactement, salle Wattremez, ce 20 octobre. Et ce dans le cadre de la traditionnelle fête de l’accordéon, qui en est déjà à sa 14ème édition.

Plus d’infos sur :
http://www.roubaixtourisme.com/index.php?fichier=detail-articles_com&lang=fr&rub=51&srub=181&artid=1153
et sur :
http://www.caramba.fr/caramba-artiste-9-johnny-clegg.html

 

Pas de répit pour PVT !

Écrit par

Décidemment les membres de PVT sont hyper actifs. Ils préparent la sortie d’un nouvel Ep (« Light Up Bright Fires »), ont réalisé une vidéo sous la houlette d’Alex Smith et préparent une tournée européenne imminente ! Une tournée qui passera par le Botanique de Bruxelles, ce 14 septembre et le Stuk de Louvain, ce 7 octobre au Stuk à Leuven. Manifestement leur changement de patronyme n’a pas altéré leur créativité…

http://vimeo.com/14582891
http://www.youtube.com/watch?v=cbW0qRPYeqY

Tracklisting:

1. Light Up Bright Fires
2. Light Up Bright Fires (Nathan Fake Remix)  
3. Light Up Bright Fires (Seekae Remix)
4. Window (Dorian Concept Remix)
5. Window (Danimals Remix)

 

Daniel Lanois produit Neil Young

Écrit par

Le nouvel album solo de Neil Young paraîtra ce 24 septembre. Intitulé « Le Noise », il a bénéficié du concours de Daniel Lanois à la production et de la participation de Brian Eno, U2, Bob Dylan, Peter Gabriel et Emmylou Harris. Bien que Neil Young et Daniel Lanois se soient déjà croisés, c’est bien la première fois qu’ils travaillent ensemble. Très touché par la catastrophe qui s’est produite dans le golfe du Mexique, il a décidé d’en faire le thème principal de son opus.

Tracklisting:

1.Walk With Me
2.Sign of Love
3.Rescue Me
4.Love And War
5.Angry World
6.Hitchhiker
7.Peaceful Valley Blvd.
8.Rumblin’

http://www.neilyoung.com
http://www.myspace.com/neilyoung

 

Un elpee éponyme pour Clapton

Écrit par

Eric Clapton, le dieu de la guitare, publiera son 19ème album studio ce 24 septembre. Coproduit par le guitariste Doyle Bramhall II, il sera éponyme. Un album riche en collaborations, puisqu’on y relève la présence de son ami, le légendaire JJ Cale, ainsi que du batteur Jim Keltner, du bassiste Willie Weeks et du claviériste Walt Richmond… Sans oublier les inévitables invités notoires. Soit pour la circonstance, Steve Winwood, Wynton Marsalis, Sheryl Crow, Allen Toussaint & Derek Trucks.

Tracklisting:

1 Travelin’ Alone
2 Rocking Chair
3 River Runs Deep
4 Judgement Day
5 How Deep Is The Ocean
6 My Very Good Friend The Milkman
7 Can’t Hold Out Much Longer
8 That’s No Way To Get Along
9 Everything Will Be Alright
10 Diamonds Made From Rain*
11 When Somebody Thinks You’re Wonderful
12 Hard Times Blues
13 Run Back To Your Side
14 Autumn Leaves

http://www.ericclapton.com

 

Revival Grunge ?

Écrit par

Le 27 septembre, Soundgarden publiera « Telephantasm », son nouvel album. Ce sera le premier elpee de la bande à Chris Cornell, depuis leur reformation. Il s’agit cependant d’un ‘best of’, mais qui recèlera cependant des inédits. L’année 2010 sonnerait elle le début du grunge revival ? D’un seul coup, votre serviteur, se sent vieillir…

L’album sera offert au 1er million d’exemplaires du jeu ‘Guitar Hero : Warriors of Rock’.

Pas sur que Kurt Cobain aurait apprécié l’initiative…

http://www.soundgardenworld.com

Tracklisting "Telephantasm"

1. Hunted Down
2. Hands All Over
3. Outshined
4. Rusty Cage
5. Birth Ritual
6. Black Hole Sun
7. Spoonman
8. My Wave
9. Fell On Black Days
10. Burden In My Hand
11. Blow Up The Outside World

12. Black Rain (Previously Unreleased)

 

Seal. Clap, 6ème.

Écrit par

Seal nous revient avec un tout nouvel opus intitulé « VI Commitment ». Ce 6ème  album studio sortira ce 17 septembre 2010. Il a été produit par le légendaire David Foster (Michael Bublé, Josh Groban, Céline Dion), son complice, avec qui il a collaboré en 2008 sur l’album « Soul ». Le premier single « Secret » est une ballade qui s’inscrit dans la lignée de ses chansons d’amour…

Track listing:

1) If I’m Any Closer
2) Weight Of My Mistakes
3) Silence
4) Best Of Me
5) All For Love
6) I Know What You Did
7) The Way I Lie
8) Secret
9) You Get Me
10) Letting Go
11) Big Time

http://www.seal.com
http://www.myspace.com/seal

Attention, trésor caché…

Écrit par

The Delano Orchestra est un remarquable groupe clermontois réunissant six musiciens (guitare électrique, basse, batterie, trompette, violoncelle, guitare/chant). Leurs compos baignent au sein d’un climat cinématographique très riche en arrangements. Ténébreuse, leur musique projette des images tour à tour paisibles ou tempétueuses… Leur nouvel album, « Now That You Are Free My Beloved Love », sera disponible dès le 4 octobre. A ne pas manquer !