Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

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Le fossé à franchir par Snake Mountain Revival

« The Divide », le nouvel album du trio psychédélique indépendant américain Snake Mountain Revival, sortira le 23 octobre prochain. Formé sur la côte de Virginie à l’été 2017, Snake Mountain Revival est né de la rencontre entre des univers musicaux très…

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Enslaved

Axioma Ethica Odini

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Dans le milieu très fermé du métal extrême, le clonage est devenu une institution quasi-incontournable. Il est devenu impossible de recenser les copies carbones de Dimmu Borgir, Cradle Of Filth et autres Darkthrone. Depuis sa formation en 1991, Enslaved n’en fait qu’à sa tête. Le combo de Bergen (NDR : le Bergen de Norvège, pas celui de notre Henegouwen national) se donne même beaucoup de mal pour ne ressembler à aucun autre. Et ce, même s’il doit, pour arriver à ses fins, bousculer les conventions et les règles (parfois un peu ridicules, il faut bien l’avouer) dans lesquelles se sont enfermées la plupart des musiciens affiliés aux scènes black, viking et death métal.

Ouvertement viking/black métal à ses débuts, Enslaved s’est transformé, au fil de ses onze albums studio, en une entité unique et inimitable. Pour aller du viking/black brutal de « Vikingligr Veldi » en 1994 au Métal Psychédélique de « Vertebrae » en 2008, ces étranges hommes du nord sont passés par un fouillis d’expérimentations sonores (« Mardraum » en 2000) et par le métal progressif (« Ruun » en 2006). Tout en gardant un son immédiatement identifiable et une passion inconditionnelle pour la culture ancestrale (NDR : ce drakkar là n’a pas encore fini son voyage), Enslaved a su, au fil du temps, se renouveler et s’améliorer au point d’atteindre la quasi-perfection sur son nouvel opus « Axioma Ethica Odini ».

Grutle Kjellson (basse & chant), dont les vocaux extrêmes sont toujours aussi violents, atteint désormais le sublime dès qu’il se met au chant clair. Sa faculté quasi inhumaine à passer d’un antipode à l’autre ne peut qu’inspirer le respect. Les guitares d’Ivar Bjørnson et Ice Dale, sont reconnaissables entre mille. En intégrant, tour à tour, les éléments innovateurs qui se sont succédé tout au long de la carrière d’Enslaved, les deux six-cordistes attisent les sens et génèrent une palette d’émotions plus que variée : black métal, métal progressif et rock psychédélique se succèdent au gré des neuf titres d’« Axioma Ethica Odini », en alternant furie haineuse et atmosphères éthérées. Sur les passages les plus psychédéliques, les claviers (et surtout le Mellotron magique) d’Herbrand Larsen font merveille. Cato Bekkevold, tel le tambour qui imposait la cadence aux rameurs des drakkars, apporte la rigueur de son rythme à la tourmente des compositions.

En continuant à se battre contre les esprits étroits du métal extrême, Enslaved frôle le grandiose et gagne à coup sur une place VIP au Banquet d’Odin.

 

Matthew Dear

Black City

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Producteur talentueux, Matthew Dear pourrait être considéré comme le chaînon manquant entre Brian Eno et James Murphy. S’il se cache le plus souvent sous le pseudonyme Audion, cet électronicien marqué par les influences techno minimales, mais aussi ‘made in Detroit’, peut se targuer de posséder une discographie haute comme la tour de Babel. Ses remixes, Ep’s et compilations parlent pour lui ; et depuis 1999, le nom du Texan s’inscrit comme une référence au sein de la sphère électro. Son cerveau jamais épuisé, Matthew Dear opère son grand retour après avoir publié l’excellentissime « Asa Breed », un elpee paru en 2007, sous son véritable nom. « Black City », son dernier long playing, est radicalement l’album le plus sombre de Dear. Concocté à New York, il aurait parfaitement pu servir de B.O. à ‘Ghotam City’. Mais pour l’Américain, il ne s’agit que du titre de son nouvel opus et il n’existe aucune ville fictive dans son imagination. C’est donc un Matthew Dear complètement métamorphosé par son séjour à Brooklyn qui nous offre des compositions denses, riches en émotion et soutenues par ses vocalises graves. Bref, une rondelle qui régale par ses nombreuses pépites. Les poils se dressent et les frissons parcourent un corps en ébullition sur des titres tels que « Monkey » ou le sensationnel « Gem ». L’électronicien nous plonge au sein d’un climat intense, mais ténébreux. Les sonorités sont épurées et racées. La production est comme toujours d’une qualité impeccable. Ce qui explique que ce nouvel essai de Matthew Dear s’installe tout naturellement, dans le haut de mon classement des meilleurs albums, pour l’exercice 2010 ! Et c’est amplement mérité !

 

Colosseum

Live05

Écrit par

Flanqué de ses Bluesbreakers, John Mayall constitue une des figures de proue du british blues boom qui a éclaté à la fin des sixties. C’était un incroyable dénicheur de talents et il changeait régulièrement son line up. Mais en 1968, après la sortie de son album "Barewires", certains de ses musiciens décident de suivre le drummer Jon Hiseman, pour monter une nouvelle formation. Et en particulier le bassiste Tony Reeves et le saxophoniste Dick Heckstall-Smith. Participent également à l’aventure, leur ami organiste Dave Greenslade (il militait alors chez les Thunderbirds, le backing band du chanteur Chris Farlowe), et deux guitaristes, Jim Roche et James Litherland (NDR : ces deux derniers déserteront cependant assez rapidement le navire). Colosseum vient de naître. Le projet est sensé perpétuer la musique d'un autre grand talent anglais, Graham Bond. En mêlant jazz, blues et rock. Et la formule va fonctionner à merveille. Le combo va même devenir un des meilleurs de son époque, en live. Au fil des années, le band va inévitablement connaître des changements de personnel. Mais il va parvenir, néanmoins, à se stabiliser lorsque le chanteur Chris Farlowe, le guitariste Dave Clempson et le bassiste Mark Clarke vont rejoindre alors le noyau dur, John Hiseman et Heckstall-Smith. Sans doute usé par ses innombrables tournées, le groupe finit quand même par se séparer, en 1972.

Mais surprise, en 1994, Jon Hiseman invite ses anciens acolytes à remonter Colosseum. Faut dire que les fans allemands réclament cette reformation. C’est le début d’une nouvelle aventure, qui sera malheureusement meurtrie, par la disparition, le 17 décembre 2004, de son exceptionnel souffleur, Dick Heckstall-Smith. Mais Hiseman n'a nulle envie d’abandonner son projet ; d’autant plus que les salles de concert, surtout en Allemagne, ne désemplissent pas lors de leur passage. Son épouse, Barbara Thompson, est également une excellente instrumentiste, même si elle évolue davantage dans les sphères jazz. Elle dirige encore sa propre formation, Paraphernalia. Mais le plus incroyable, c'est qu'elle souffre de la maladie de Parkinson, depuis 1997. Et c’est bien elle qui a le redoutable challenge de succéder à Heckstall-Smith. Elle accuse aujourd'hui 66 ans ; et il faut l'entendre souffler dans ses saxophones. Elle arrive même, comme Dick, à jouer de deux saxophones en même temps. Bien sûr, si la performance de Barbara est remarquable, Dick était, quelque part, un extra-terrestre. Il était capable de souffler dans les saxos alto et soprano ou dans le soprano et le ténor, des notes différentes.

C'est sur les planches que Colosseum tire sa quintessence. Et régulièrement des œuvres ‘live’ garnissent les bacs des disquaires. Ce double Cd a été immortalisé, lors de sets accordés en 2005 au Theaterhaus de Stuttgart, au Music Hall de Worpswede et au Trebhaus d'Innsbruck. Il était déjà paru en 2007 sur leur propre label Temple. Thomas Ruf a décidé de leur réserver une distribution internationale.

Le premier opus est consacré au premier concert susvisé. Il s’ouvre par "Come right back". Un premier sommet est déjà atteint lors de l’adaptation de "Theme for an imaginery western". Signée Jack Bruce et Pete Brown, cette compo avait été popularisé par Mountain. "Rope ladder to the moon" est issu de la plume du même duo. Il est caractérisé par une brillante sortie de Barbara à la flûte. Colosseum s'embarque alors dans "Valentyne suite", une plage de 20 minutes, qui couvrait une face complète de leur elpee, en 1969, et qui répondait au même titre. Le niveau musical est très élevé. Les claviers de Greenslade, le saxo soprano de Miss Thompson et les cordes de Dave Clempson sont bien mis en évidence.

La seconde plaque s’ouvre par "Those about to die", un instrumental qui figurait sur leur tout premier elpee, baptisé du même nom. Il est suivi par le célèbre slow blues "Stormy Monday", un terrain fertile aux prouesses vocales de Mr. Farlowe. "No pleasin'" remonte à 2007. Il est issu de l’album "Bread and circuses". "Tomorrow's blues" est le titre maître de leur opus précédent. Il remonte à 2008. "Lost Angeles" clôt la prestation. Un rituel. Mais aussi un des grands moments à vivre lors des concerts de Colosseum. Ce qui permet en même temps à Dave Clemspon et Dave Greenslade de célébrer un moment de gloire. Amplement mérité, pour ce groupe tout à fait intemporel…

Chrome Hoof

Crush Depth

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Attention œuvre musicale dangereuse ! Difficile de décrire, en quelques lignes, le maelstrom sonore concocté par les dérangés de Chrome Hoof, une formation emmenée par les frères Milo et Leo Smee (NDR : ce dernier n’est autre que l’ex-bassiste du mythique groupe Doom anglais, Cathedral). Adeptes d’un mélange, atypique dirons-nous, opéré entre le métal, l’électro, le jazz, le disco et la pop, les Londoniens nous proposent leur troisième elpee, depuis 2005.

Argument non négligeable en faveur de « Crush Depth », si l’ambiance générale est expérimentale, elle néanmoins audible. Les nombreux instruments (dont une batterie, un saxo, des violons électriques et même un basson !) et la voix hystérique, sous acide, de Lola Olafisoye, conversent au sein d’un climat de ‘saine’ violence. Chrome Hoof a choisi de ne pas faire de choix et le scande dès l’introduction « What section am I in ? » Impossible, en effet, de définir rigoureusement leur expression sonore. Jazz ? Disco ? Electronica ? Heavy métal ? Difficile à dire. Le collectif est réellement inclassable. Jamais un instant, au cours de l’écoute de leur nouvelle production, il n’est possible de prévoir ce que nous réservera les 10 prochaines secondes d’un morceau.

Eprouvant mais rafraîchissant, « Crush Depth » évite tout formatage. Mais cette ouverture d’esprit est de plus accompagnée de bonnes chansons et c’est là le principal ! Les 7 minutes jazzy de « Sea Hornet », le disco futuriste de « Vapourise » ou l’énergie métal de « Third Sun Descedent » sont bien plus que de simples expérimentations mais de véritables réussites. Un ovni musical déstabilisant à découvrir d’urgence ! Imaginez Slayer reprenant le répertoire de Chantal Goya, le tout mixé par Ministry et vous aurez une vague idée de la musique proposée par Chrome Hoof…

 

The Chemical Brothers

Further

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Que peut-on encore attendre des Chemical Brothers ? Le duo britannique n’a certes plus rien à prouver ; mais on constate malheureusement que depuis quelques années, les frères chimiques manquent cruellement d’inspiration. Pis, ils semblent être dépassés par la nouvelle vague d’artistes qui tentent crânement leur chance, en faisant bloc face à leurs illustres aînés ! Mais où sont donc passées les valeurs du respect ? En attendant, Tom Rowlands et Ed Simons ne semblent guère tracassés par la situation, et continuent de faire siffler les oreilles, à l’aide de « Further », leur septième album. Sept, c’est le chiffre parfait paraît-il ? Et dès l’entame, on ressent cette belle impression que les deux Britons vous nous offrir un album concept. Une heure, huit tracks et parfois quelques longs formats. Les Chemical Brothers auraient-ils trouvé un élixir de jeunesse éternel ? Car après « Snow », le titre introductif, parcouru par la voix en léthargie de Stéphanie Dosen, « Escape Velocity » prend la relève sur un mix parfait. Un titre de 11 minutes qui entrouvre une porte que les deux électroniciens ne nous avaient pas encore ouverte. Les beats sont moins agressifs, les BPM sont vifs et les sons synthés restent purs. Malheureusement, à peine en a-t-on passé le seuil, qu’elle nous claque au nez. Fini ! Le reste part en sucette, et la galette s’égare dans une forme d’électro naïve et insipide, à l’instar du nerveux « Horse Power » ou du pathétique « Swoon ». Il ne reste donc plus qu’à nous consoler en pensant aux prestations ‘live’ des Anglais. Car finalement, c’est sur scène qu’ils restent les meilleurs. Une bien triste sortie de route…

The Books

The Way Out

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The Books est un duo américain de folktronica expérimentale formé à New-York, en 1999, par le guitariste Nick Zammuto et le violoncelliste Paul de Jong. Tout deux passionnés par la manipulation du langage et le montage de véritables puzzles musicaux, ils ont pour habitude de mettre sur pied des petites constructions sonores incorporant une multitude de samples et d’extraits vocaux étranges…

« The Way out » constitue leur 4ème album ; mais The Books a, entre autres, également collaboré à d’autres projets. Notamment auprès d’autres têtes chercheuses de la musique contemporaine, comme Scott Heren de Prefuse 73. Chers lecteurs, apprêtez-vous à une singulière expérience musicale à l’écoute de leurs 14 vignettes. En effet, les morceaux des deux alchimistes américains se dévoilent comme de véritables collages dans l’esprit de The Avalanches ou des Dust Brothers. En plus barré. Les mélodies souvent acoustiques et les boîtes à rythmes sont accompagnées de dialogues sortis d’on ne sait où mais collant parfaitement à leurs compositions. Une certaine forme de poésie se dégage de ce patchwork un peu fou et assez passionnant, lorgnant aussi bien du côté de l’électro funk, du folk que de la pop. « The Way Out » est une œuvre un peu théorique (on ne s’appelle pas The Books pour rien…) et parfois abstraite ; mais le son du duo est tellement unique en son genre, qu’il mérite un vif intérêt. Et suscite même la curiosité. Un disque qui fait du bien au cerveau à défaut d’être immédiatement accessible.

 

Apocalyptica

7th Symphony

Écrit par

Le moins que l’on puisse écrire c’est que les membres d’Apocalyptica ne se sont pas creusé les méninges pour choisir le titre de leur nouvel opus. Une septième offrande reproduisant la recette qui a forgé ses lettres de noblesse. Un quatuor de violoncellistes se la joue heavy et bénéficie du concours d’invités de marque, histoire de ne pas déroger à la règle du succès. Sur « Worlds Collidde », qui nous sépare de trois ans, les musiciens classiques avaient fait appel à Till Lindemann (Rammstein), Corey Taylor (Slipknot) ou encore à la belle Cristinia Scabbia (Lacuna Coil).

Pour cette septième symphonie, on retrouve le même cocktail ; mais parmi les invités, Gavin Rossdale (Bush), la chanteuse Lacey Mosley (Flyleaf) et même le très en vogue Joe Duplantier (Gojira), afin de redoubler le côté résolument métal. Un panel des plus alléchants. Et un bien beau travail de marketing, pour un combo qui semble néanmoins s’essouffler quelque peu. Les titres chantés et les pièces instrumentales s’enchevêtrent joyeusement, le tout desservi par une production d’enfer. Le sommet est atteint sur l’imparable et costaud « 2010 », un morceau au cours duquel on appréciera une nouvelle prestation époustouflante de Dave Lombardo (Slayer), complètement allumé derrière ses fûts. Et même si le combo finnois pèche par un manque d’originalité, il conserve son sens inné de la belle mélodie et du bagage technique indéniable, à l’image du grandiose « Beautiful », une respiration de bon aloi signée par Joe Barresi, le producteur de Tool. Aucune innovation, mais un opus en accord avec ce qu’attendent les fans d’Apocalyptica…

Mention spéciale pour le très arty digipack !

Annuals

Count the rings

Écrit par

Fondée en 2003, Annuals est une formation dont les membres sont issus de Raleigh et de Chapel Hill, en Caroline du Nord. Un sextuor drivé par Adam Baker, chanteur, compositeur et producteur. Deux albums et une poignée d’albums, à leur compteur. Car « Count the rings » est une compile qui puise un peu au sein de toutes les plaques. Et en particulier de leur dernier opus, « Sun fun », publié en 2008. Leur musique mêle habilement instrumentation électronique et organique. A tel point que parfois on ne parvient plus à discerner les percus des boîtes à ryhtmes. Des percus le plus souvent afro-latines. Adam possède une superbe voix, dont le timbre et les inflexions peuvent rappeler Paddy McAloon. Et paradoxalement, le sens mélodique emprunte également parfois à Prefab Sprout. Les orchestrations et les arrangements sont riches, soignés. C’est d’ailleurs souvent le reproche que leur adresse la presse spécialisée. Et pourtant, leur musique ne manque pas de charme. Rappelant même Broken Social Scene sur le luxuriant, construit en crescendo, « Springtime », titre qui s’ouvre par de superbes accords au piano, à la fois graciles et sonores. Si « Hot night hounds » campe un blues, curieux, orchestral, « Loxstep » réalise une fusion étonnante entre flamenco, funk blanc, électro et garage (ce groove fortuit produit par la guitare et l’orgue !), un peu comme un croisement hypothétique entre Sting, Yeasayer et Kula Shaker. On a même droit à un titre country, soutenu par une slide (« Always do ») et en finale un morceau de charleston ludique (« Holler and howl »). C’est vrai, ça tire un peu dans tous les sens, mais le résultat est plutôt réussi et suscite l’envie de découvrir leur futur troisième album. Une chose est sûre, ce groupe a du potentiel. A suivre, donc, de très près…

Yew

White Swan on Black Water

Écrit par

Issu de la région liégeoise, Yew est né en décembre 2003. Un quintet entièrement masculin dont la réputation a grandi très vite, grâce à une série de représentations assez déjantées. Comptabilisant déjà plus de 150 concerts en cinq années d’existence, Yew nous propose son second album, en l’espace de trois années. « The Circle is Now Complete » fait suite au très instrumental « White Swan On Black Water ». Alors que leur premier elpee se voulait quelque peu ‘explorateur’, partant dans tous les sens, tant vers les musiques traditionnelles que vers le rock, le tout sous influence celtique, ce second ouvrage se veut plus accessible. Il reçoit en héritage du précédent cette ligne légèrement rock, mais toujours très animée de rythmes écossais ou nord-irlandais. 

Après deux ans donc de tournées et de représentations diverses, nos cinq musiciens, Damien Chierici au violon, Gregory Dessart à la batterie, Jean-Paul Kasprzyk au chant et à la guitare, Philippe Lecrinier au chant, à la basse et aux claviers et Julien Mouyart à la guitare, reprennent le chemin des studios pour nous concocter onze nouveaux titres. En six mois, l’affaire est dans le sac. Trois pour composer et trois pour enregistrer seront suffisants. Soucieux de garder leur image de rockeurs celtiques, mais souhaitant conquérir un public plus large, Yew se décide à ajouter, à leurs compos, quelques paroles éparses. Ce n’est donc plus un disque vraiment instrumental ; quoique la majorité des morceaux soit des histoires… ‘sans paroles’. Histoires d’amour vaguement inspirées d’une certaine Ophélie shakespearienne. Probablement l’Ophélie d’un des cinq, l’album étant dédicacé à … Delphine !

Afin d’accentuer l’orientation traditionnelle à leur expression sonore, le combo a quémandé de l’aide à quelques pointures telles Philippe Corthouts à la steel guitare, Johan Dupont aux cuivres, Jean-François Hustin à l’orgue et Quentin Halloy aux percussions. Malgré quelques efforts pour tenter de se positionner un tantinet vers une approche plus pop/rock, le résultat reste toutefois très très folk. Une relative déception donc…

Mais c’est sur scène que Yew est à voir, entendre et apprécier. Et là, il redevient ce qu’il était à l’aube de sa carrière, un véritable OVNI sur la scène musicale wallonne.

Mitch Woods

Gumbo blues

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Mitch Woods est un passionné de boogie woogie, blues, jazz, swing et jump. Il est originaire de Brooklyn, à New York. Il fêtera ses 60 ans, en 2011. Il définit son style comme du ‘rock-a-boogie’, une forme qu’il teinte de jump blues des années 40 et 50. Son attaque au piano est chargée de nuances. Il s’inspire de toute une série de courants musicaux, dont le Chicago Blues, le West Coast jump blues, le boogie woogie de Kansas City et bien entendu le ragtime de la Nouvelle Orléans. Il compte déjà une belle discographie à son actif. Lorsqu’il militait chez les Rocket 88s, il a publié toute une série d'œuvres chez Blind Pig. Tout particulièrement, "Steady date". En 1994. Un disque dont la musique est largement inspirée par les groupes et artistes populaires d'autrefois. Dont Amos Milburn, Louis Jordan, Wynonie Harrus, Joe Liggins, Louis Prima et Roy Milton. Mais progressivement, il s’intéresse de plus en plus aux rythmes funky de la Crescent city de New Orleans. Professor Longhair, Fats Domino et Dr John, il les érige en maîtres. Parmi ses dernières sorties figurent "Big Easy Boogie", un Dvd paru en 2006, chez Club 88, et "Jukebox drive", en 2008, sur El Toro.

"Gumbo blues" est sous-titré "A tribute to Smiley Lewis and the pionneers of New Orleans Rhythm & Blues". Et Manifestement, il rend bien un vibrant hommage à cette musique néo-orléanaise d'une autre époque. Smiley Lewis était en effet un pionnier de ce style New Orleans. Il est né en 1913 et décédé en 1966. Il est le premier à avoir popularisé le fameux "I hear you knockin'"! Il est également le responsable de "Blue Monday", immortalisé par Fats Domino, et "Gumbo blues", qui donne son titre au présent elpee. Le célèbre producteur/compositeur/chanteur et musicien Dave Bartholomew signe la quasi-totalité des plages proposées. Il est toujours bien vivant et approche les 90 balais. Pour concocter cet opus, Mitch a reçu le concours de musicos issus de célèbre cité louisianaise ; en l’occurrence John Fohl, le guitariste de Dr John, Brian Cayolle et Amadee Castenell, les saxophonistes  d'Allen Toussaint, sans oublier le vétéran Herb Hardesty, saxophoniste de Fats Domino.

Ces  vieux routards ont des planches et il ne leur faut guère plus de cinq secondes, pour trouver le parfait équilibre, dans ce style R&B de la fin des années 40. Le résultat est très excitant. Grâce surtout à la section de cuivres et aux ivoires de notre maître de cérémonie. Les compos communiquent une bonne humeur contagieuse ; à l’instar de "Ooh la la", tellement proche de Fats Domino. Des chansons qui lui collent d’ailleurs à la peau. Sa voix est divine sur "Caledonia's party", une plage dont le tempo a quelque peu ralenti. Mitch pousse sur le champignon et passe au rock'n'roll sur "Ain't gonna do it". C'est dans la liesse générale que l’équipe chante en chœur le notoire "Big Mamou". Un seul reproche à ce disque : il est trop court. Car les compos sont toutes d’excellente facture. Aussi bien imprimées sur un tempo enlevé, à l’instar de la finale "Shame shame shame" (NDR : de la pure dynamite !) que sur les blues lents comme "Too many drivers" et les remarquables "Blue Monday" et "I hear you knockin'".

Various Artists

This is the blues : Volume Two

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Ce deuxième volume de la série "This is the blues" propose également quinze titres essentiellement puisés dans cette fameuse collection "Rattlesnake guitar". On y retrouve ainsi, pas moins de huit compositions issues de la plume de Peter Green.

La compile démarre fort par une version du "Leaving town blues" de Rory Gallagher. Il se réserve le chant, la guitare et la mandoline. Il s’agit d’un des tous derniers enregistrements du remarquable musicien irlandais, puisqu’il allait disparaître le 14 juin 1995. Rod Price préposé à la slide, Lonesome Dave injecte énormément d’émotion dans son interprétation du merveilleux slow blues, "Love that burns". Malheureusement, ces deux musiciens de Foghat nous ont quittés depuis. Dave en 2000 et Rod en 2005. Ce duo disparu participe également à l’adaptation du "Baby when the sun goes down" ; mais exceptionnellement, c’est Southside Johnny qui se charge des vocaux ! John Paris chante et souffle dans son harmonica tout au long de "Rambling pony", un morceau coloré par les cordes de Harvey Mandel. "Watcha gonna do" est restitué dans une version très personnalisée par le sympathique chanteur/organiste Zoot Money, un artiste qui sillonne les routes depuis le début des sixties! L'une des meilleures compositions de Green est incontestablement "Stop messing around". Un traitement swing acoustique lui est administré par Savoy Brown. "Albatross" est une compo instrumentale qui avait décroché un hit. S’y collent, l’ex-Manfred Mann et Blues Band Paul Jones, à l’harmo, Bobby Tench à la guitare et Max Middleton (des anciens équipiers de Jeff Beck) aux ivoires. Enfin, soutenue par la formation pop américaine Naked Blue, Jennifer Ferguson Smith pose son fort joli timbre de voix sur "Closing my eyes". Une grande émotion nous étreint, lorsque Peter Green, flanqué de son ami Nigel Watson du Splinter Group, rend hommage au légendaire Robert Johnson sur "Travelling riverside blues". L’enregistrement date de 1997.

Deux plages extraites de la collection sont consacrées à John Lee Hooker. Tout d’abord "I'm leaving". La cover est immortalisée par des musiciens anglais : le chanteur/guitariste Tony Mc Phee, le guitariste Dave Clem Clempson ainsi que le regretté saxophoniste Dick Heckstall Smith, ces deux derniers, membres de Colosseum. John Lee Hooker chante le célèbre blues de Jimi Hendrix, "Red House". Le fameux Booket T siège derrière l'orgue et un autre disparu depuis, Randy California (ex-Spirit), se charge de la guitare rythmique.

Reste encore quatre titres interprétés par des musicos insulaires. "Send for me" est une adaptation qui ne manque pas de charme. Cette compo a été écrite, un demi-siècle plus tôt, par Cyril Davies (trop tôt disparu en 1964), l'un des authentiques pères du blues anglais (en n’oubliant pas, bien sûr, Alexis Korner et Long John Baldry). Jack Bruce chante et joue de l'harmonica. Il est épaulé par Dick Heckstall-Smith et Dave Clem Clempson. Duffy Power est un autre vétéran du british blues. Il interprète son "Go down sunshine", d’un timbre qui nous flanque des frissons partout. Enfin, à travers "Nine below zero", le quartet londonien qui avait choisi ce titre de compo, comme patronyme, rend aussi son hommage à Sonny Boy Williamson.

 

Various Artists

This is the blues : Volume One

Écrit par

Vu le titre, on se doute qu’il y aura une suite. En fait, cette série prévoit quatre volumes. Et, bien sûr, nous somme en présence du premier. Néanmoins, au sein de cette collection, ne cherchez pas d’enregistrements originaux! L’essentiel des plages est issu de deux recueils parus il y a quelques années. Le premier, intitulé "Rattlesnake guitar : The Music of Peter Green", avait été publié en 1995. Sur le label Viceroy. Il était consacré au remarquable guitariste anglais qui avait déserté la scène musicale, en 1983. Cet opus, allait paradoxalement provoquer le come-back de l’artiste en question, l’année suivante. Baptisé "From Clarksdale to Heaven : Remembering John Lee Hooker", le second avait été édité en 2002, un an après la disparition du légendaire bluesman noir…

Sur ce premier volume figurent six titres signés par Peter Green. Tout d’abord son inoubliable "Black magic woman" (NDR : surtout popularisé par Carlos Santana), interprété par le chanteur noir américain, Larry McRay. Deux gratteurs, le Texan Vince Converse (NDR : l’ex-leader de Sunset Heights) et l'Anglais Innes Sibun se réservent les vocaux sur "Rattlesnage shake". Pour "I loved another woman", les cordes de Larry Mitchell et la voix de Miss Jay Aston (NDR : mieux connue pour avoir milité au sein du groupe pop Bucks Fizz) tirent leur épingle du jeu. Les interventions à la guitare du Californien Harvey Mandel (NDR : il a sévi chez les Bluesbreakers de John Mayall et bien sûr le Canned Heat), sont tout à fait remarquables, tout au long de "Long grey mare". Pete Mc Mahon est préposé au chant (NDR : il était alors impliqué chez Savoy Brown) et Ray Gomez à la six cordes pour "Evil woman blues". Enfin, les Luther Grosvenor et Mike Kellie (NDR : deux ex-Spooky Tooth) soutiennent, respectivement à la guitare et aux drums, la superbe voix de Jess Roden, sur "Crying won't bring you back".

Quatre plages sont consacrées à John Lee Hooker. "Hobo blues" est traité par le grand Jeff Beck, sur un mode funky. Zakya Hooker, la fille de John Lee, est épaulée par Johnnie Johnson, le pianiste de Chuck Berry, pour chanter "I want to hug you". Jack Bruce aux vocaux et Gary Moore à la gratte adaptent le "I'm in the mood" en blues lent, lui inoculant ainsi une intensité dramatique. Tony McPhee est un grand fan de Hooker. Il avait d’ailleurs baptisé sa formation (NDR : celle qui avait rencontré un beau succès) Groundhogs. Il est au micro pour l’inévitable "Ground Hog blues". Mais également le "Drop down Mama" de Sleepy John Estes.

Reste quatre plage, dont nous épinglerons l'excellent "Going to Mobile, un extrait de l’elpee de Savoy Brown. Puis "The blues keep me hanging on", datant de 1999. Kim Simmonds se charge de la slide. Ensuite, une version kilométrique du "You shook me" de Willie Dixon. Ex-Rolling Stones, Mick Taylor est particulièrement fringuant à la guitare. Dommage que son timbre soit si terne. Enfin, "Rackeeter blues". Une finale acoustique chantée par Chris Jagger ; et c’est Mick, son grand frère, qui la soutient à l'harmonica.

Teho Teardo

Soundtrack work 2004-2008

Écrit par

Compositeur reconnu et maintes fois récompensé dans son Italie natale, Teho Teardo est un impressionniste musical, apprécié de ses pairs. Ayant participé dans le passé à des projets musicaux en compagnie d’une multitude d’artistes, dont Nurse with Wound, Cop Shoot Cop, Lydia Lunch ou encore Scott Mc Loud (ex-Girls VS Boys), remixé des groupes comme Placebo ou Rothko, sa palette comporte moult nuances, qui par touches répétitives et superposition de couleurs, dessinent le paysage sonore que tel script ou tel autre imprime à son esprit dès la première lecture. Les images n’apparaissant que bien après dans son processus créatif, cette démarche iconoclaste lui permet de créer, de la sorte, un univers nullement influencé par la vision d'autrui. Aquarelles minimalistes aux teintes plutôt sombres, chaque saynète instaure un climax d'une troublante beauté. Piano, cordes et touches électro confèrent à l'ensemble des morceaux choisis, sur ce recueil, une coloration intimiste en harmonie avec la nature même du projet. Fruit de quatre années de travail (entre 2004 et 2008), cette compilation invite notre esprit à voyager sur des terres baignées d'aurores crépusculaires et à naviguer sur des océans de chagrins contenus. Nul besoin d'avoir vu la filmographie à laquelle se rapporte ces titres pour s'imprégner du sentiment général qui s'en dégage. Se suffisant à elle même, la musique de Teho Teardo n'a nullement besoin du support de l'image pour exister. Le fait qu'Ennio Morricone ne tarisse pas d'éloges à son égard ne rendant finalement qu’hommage à ce talent à découvrir d'urgence.

 

The Sword

Warp Riders

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Dès leur premier essai, les Texans de The Sword avaient fait très fort. Un opus asséné sous la forme d’une grosse baffe alliant à la perfection stoner et doom à la Trouble. Sur son troisième effort, le combo transcende ses influences, sur fond de science-fiction et de heavy metal, à la fois moderne et avant-gardiste. Un troisième elpee qui élargit un spectre musical déjà très aride et groovy.

On sait qu’un troisième album est décisif dans la carrière d’un groupe. Il symbolise souvent la maturité et le savoir-faire. C’est le cas de « Warp Riders », le plus abouti des trois travaux. Déjà, la différence est palpable, vu le concours d’un producteur. En l’occurrence Matt Bayles, qui semble avoir tout compris des aspirations du trio. Dès le premier titre, on se sent en territoire connu. Les influences de Metallica et de Black Sabbath sont évidentes. Mais il n’est guère question de plagiat. Lars Ulrich en personne n’est-il pas le premier à clamer que la musique des Texans est comparable à ses formations favorites de la New Wave of British Heavy Metal ? Si bien que The Sword s’est payé le luxe de peaufiner ses nouvelles compos en assurant le support act de Metallica sur une kyrielle de date à travers l’Europe et les States.

En véritable pièce maîtresse, « The Chromancer I : Hubris », s’érige à partir d’une pyramide de riffs assassins, parfois blues, souvent seventies. De toute évidence, « Lawless Lands » apparaît comme un tube en devenir, tandis qu’une énorme surprise s’impose dès les deux premières minutes de « Night City », probablement le titre le plus ambitieux de la courte, mais prolifique carrière de ces héritiers d’Hawkwind, de Black Sabbath et de Blue Cheer. Du gros metal old school ni trop violent, ni trop technique, mais simplement envoûtant.

The Divine Comedy

So British… so kitschy !

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The Divine Comedy, c’est avant tout Neil Hannon, un auteur, compositeur et interprète qui reconnaît pour influences majeures Burt Bacharach, Kurt Weill, David Bowie et même Jacques Brel. Lors de sa dernière tournée, il était soutenu par une belle brochette de musiciens. Et son dernier opus, « Bang Goes The Knighthood », paru en mai dernier, ne trahissait certainement pas une volonté de se la jouer perso. En homme-orchestre si vous préférez. C’est pourtant, en solo qu’il se produisait ce mardi 28 septembre, à l’Orangerie du Botanique. Sous le patronyme The Divine Comedy…

21h10’ : le rideau rouge s’ouvre brusquement sur le cabaret musical de Neil Hannon ! Sous une formule intimiste et dépouillée de ses musiciens, le leader charismatique de The Divine Comedy entrouvre les portes confidentielles de son univers précieux et facétieux. Seul. Sobre. Vêtu d’un complet noir. Coiffé d’un chapeau melon noir. Instrumenté d’un piano Yamaha noir. L’artiste sort méticuleusement les précieuses partitions qui architecturent les symphonies sophistiquées de « Bang Goes The Knighthood » de sa serviette noire. A l’image d’un automate aux mécanismes parfaitement huilés, Neil Hannon se dandine au clavier, fabriquant, de ses doigts d’horloger, des atmosphères piano-bar sublimées d’une décadente nostalgie pop. Image d’un personnage semblant sortir des « Noces Funèbres » de Tim Burton qui aurait emprunté la voix de Sweeney Todd pour nous fredonner de charmantes capsules de comédies musicales désuètes (« Down In The Street Below »).

Toutefois, les ingénieuses orchestrations –point fort du dernier opus– brillent par leur absence et condamnent la première partie du set au calme et à la vacuité. Une impression d’inachevé résonne. Mais, ici, le chanteur irlandais se livre à un tout autre exercice : sa propre mise en scène. Son talent scénique, son humour british parviennent cependant à faire oublier l’absence de musiciens. Aidé de ses fidèles aficionados venus en nombre (concert sold out !), il parviendra finalement à tisser un lien de complicité avec les spectateurs. Interactivité croissante qui a eu le mérite de nous faire passer un chaleureux moment d’une heure trente-cinq. Les applaudissements suivant le premier rappel de plus de quinze minutes en témoignent d’ailleurs largement.

En outre, l’auteur-compositeur-interprète britannique passe sans complexe du piano à la guitare, livrant une musique baroque. Un retour aux sources qui rappelle son éternelle passion pour Scott Walker et ne laisse assurément pas indifférents les fans de la première heure.     

Peu importe la guitare, peu importe le piano ! Car, finalement, Neil Hannon, c’est avant tout une voix. Un timbre qui souffle et le chaud et le froid, invite le rire et les larmes. Up & down qui navigue, lunatique, entre drôlerie et tristesse. Un clown triste qui improvise et use d’inflexions vocales sur « At The Indie Disco » pour amuser le spectateur de beat box. Single qui sera suivi d’une délicieuse reprise parodique de « Human League ». Puis, la pénombre. L’artiste décide alors de jouer avec les cordes sensibles de l’auditeur et vous balance une drama-song mélancolique. Mais, attention, non sans une pointe d’ironie qui vous griffe au tournant. En bref, un artiste qui use habilement de sa voix et de la langue de Shakespeare.

L’ensemble du concert reste cependant fidèle au disque. Il nous livre une grande musique pop-baroque et un storytelling capricieux. Ici, pourtant, l’attention se porte davantage vers ce personnage imprévisible, capable de passer tout naturellement du drama au piano-bar popeux excentrique avec une grande cohérence.

Assurément, le passage de « The Divine Comedy » sur scène demeure toujours un événement inédit et incontournable.   

Organisation Botanique

(Voir aussi notre section photos)

Goldfrapp

Retour vers le futur

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Saviez-vous qu’Alison Goldfrapp avait vécu en Belgique ? A la sortie de son adolescence. Avant de devenir ‘backing vocalist’ chez Tricky et Orbital. Elle a même participé à l’enregistrement de quelques uns de leurs disques. Ce n’est qu’en 1999, que Will Gregory et Alison fondent le duo Goldfrapp. Responsable de 5 albums à ce jour, dont le dernier, « Head first », fait un peu pâle figure au sein de leur discographie, Goldfrapp se produisait donc à l’Aéronef de Lille, ce mardi 28 septembre. On se demandait donc si la formation était capable de donner une autre dimension à des titres pas vraiment folichons…

En arrivant dans la salle, un chansonnier interprète son répertoire dans la langue de Molière. Ce genre de spectacle serait tout à fait indiqué pour animer les fêtes de famille ou un piano bar. Anecdotique. Embraie un certain Wagner. Non, non, par Richard, il est mort en 1883. Mais Yan. Un franco-américain qui chante dans celle de Goethe en s’aidant de machines. Tout un programme ! Mais au bout du compte, pas vraiment de quoi s’enflammer.

Il est déjà 9h30 lorsque le large rideau tendu tout au long de la scène tombe. On aperçoit un énorme cylindre au fond du podium, duquel s’échappe un brouillard de fumée. Un décor qui me fait penser à la célèbre série B de science-fiction, programmée à la TV, au cours des seventies, ‘A cœur du temps’. Pour les plus jeunes, ils penseront sans doute davantage à ‘Blade Runner’, voire à ‘La guerre des étoiles’, mais les comparaisons me semblent moins judicieuses. A cause de l’esprit ‘vintage’ que semble véhiculer le groupe. Bref, on est en plein univers intergalactique. Mais d’une autre époque. « Voicething », le dernier morceau du dernier album de Goldfrapp, « Head first », est diffusé en fond sonore. Puis les musiciens entrent par ce tunnel. Outre Alison, ils sont six. Une drummeuse, qui s’installe, au fond de la scène, à droite. Un bassiste, planté du même côté, mais plus en avant. Côté gauche, une claviériste et Will Gregory, plus centré, mais en retrait, tous deux à l’AX-Synth, lorsque la première ne se réserve pas les synthés et le second le violon ou circonstanciellement la guitare. Ces deux derniers sont vêtus d’une combinaison zébrée, couleur noir et blanc, mais en oblique. Alison s’approche du bord de l’estrade. Elle a revêtu une sorte de poncho fabriqué à l’aide de bandes de cassettes. Et face au ventilateur, placé au sol, l’effet est assez saisissant. Les bandelettes s’agitent dans tous les sens et scintillent à la lumière des spots. Il souffle en même temps les boucles dorées de ses cheveux. Collants noirs, yeux hyper-maquillés, son look colle parfaitement à la mise en scène particulièrement kitsch, glamoureuse, si vous préférez. Elle possède un charisme fou. C’est une star et elle le sait. Enfin, elle jouit d’un timbre de voix assez exceptionnel. Tour à tour opératique, cristallin, éthéré, sensuel ou puissant. Le set s’ouvre par « Cristalline Green » (NDR : ben tiens !) et embraie par « Supernature », avant de concentrer l’essentiel de son répertoire sur le nouvel opus, « Head first », dont les inévitables singles « Rocket » et « Alive », en n’oubliant pas d’y inclure un de leurs plus anciens tubes, « Number 1 ». La prestation est énergique, passionnée, flamboyante, mais un peu trop linéaire à mon goût. Et puis ces références pompées chez ABBA ou dans le disco ne me bottent pas vraiment. Il faut attendre la seconde moitié de set, pour enfin vibrer. Tout d’abord lors d’un des derniers morceaux de « Head first », soit le ‘robotique’ « Shining and warm » (NDR : oui, c’est une plage du dernier opus, mais une des meilleures). Puis « Train » (NDR : il figure sur Black Cherry), dont la version proposée ici est absolument époustouflante, digne du « I feel love » de Donna Summer (NDR : oui, je sais c’est du disco, mais quand c’est bon, il faut le reconnaître). La voix d’Alison atteignant alors vraiment le sommet de son art. Et enfin, lors de la finale, l’inévitable « Ooh la la », dont le tempo imprimé sur un boogie, réminiscent du « On the road again » de Canned Heat, met littéralement le feu à la salle.

Rappel inévitable. Alison a changé de look. Elle a enfilé une parure scintillante, couleur chrome et noir. Le combo se lance dans « Little bird » (NDR : extrait de « Seventh Tree »), une compo atmosphérique, construite en crescendo, à la croisée des chemins de Spiritualized et de Cocteau Twins. Epatant ! Et de terminer par « Lovely head », morceau ‘enniomorriconesque’, sifflements samplés à l’appui. Acclamations soutenues.

Et le public en veut encore. Ce soir Goldfrapp est généreux. Alison a encore changé de look. Elle porte une autre parure en longs poils colorés d’orange, de rose et de jaune. Le show s’achève par un titre plus rock. D’ailleurs, Will a alors repris sa guitare. Chouette concert qui contraste avec leur dernier album, « Head first ». Ce sont d’ailleurs les plus anciennes compos qui ont fait la différence, même si le public lambda a sans doute aimé se trémousser, sur les titres les plus contagieux et à caractère disco. Fallait s’en douter.

(Organisation A Gauche de La Lune)

Goldfrapp

Head first

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Il aurait été intéressant que le duo insulaire Goldfrapp s’explique sur son plongeon opéré dans les eighties. Davantage disco que new wave, d’ailleurs. Après avoir commis quatre albums plus ou moins expérimentaux, drôle d’idée, en effet, de chercher à concurrencer Madonna et surtout Lady Gaga. Paraît que c’est la musique des d’jeuns. Mais faudrait alors que ces mêmes d’jeuns s’intéressent à ce qui a été pondu, il y a trente ans. Malheureusement, le couple n’accorde pas d’interviews, en tournée. Histoire, peut-être d’éluder les entretiens, un peu trop embarrassants… Bref, revenons à nos moutons, et fonçons tête première (NDR : oui, je sais la formule est facile !), au sein de cet elpee.

Neuf titres en une trentaine de minutes. L’opus s’ouvre par le single « Rocket ». Passe encore pour les riffs de synthés pompés sur le « Jump » de Van Halen, mais lorsqu’ils collent à la ligne vocale du refrain, ça me fout les boules. Tout comme sur « I wanna life ». Ringard ! Le disco, votre serviteur n’a jamais trop aimé. Moroder, pas vraiment ma tasse de thé. Même lorsque Debbie Harry y a goûté. Et l’electro-pop « Believer » s’inscrit parfaitement dans ce contexte. Tout comme le kitsch « Alive ». Un peu come lors d’une rencontre entre ABBA et Kylie Minogue, sur fond de bande sonore ‘Flashdance’. Le quatuor suédois invite même Eurythmics sur le titre maître. Enfin, en extrapolant. Et le duo insulaire, à son tour, convie Human League, voire Depeche Mode, sur le sombre « Dreaming ». Là on approche davantage de l’electro/new wave. Comme sur le très atmosphérique « Hunt », hanté par OMD, au cours duquel la performance vocale d’Allison est remarquable, surtout dans le registre falsetto. C’est vrai qu’Allison possède une très belle voix. Sensuelle, éthérée, angélique ; bref, envoûtante. A contrario, le robotique et enlevé, quoique toujours aussi glamoureux, et nonobstant sa rythmique funky, « Shiny and warm », évoque plutôt D.A.F. Manifestement, c’est lorsque Goldfrapp tâte de l’électro/new wave qu’il se révèle le plus performant. Et on en a encore une nouvelle démonstration, en finale, lors de « Voicething », un titre ambient, au cours duquel le chant a cédé le relais aux murmures, onomatopées et soupirs ; un peu dans l’esprit de Laurie Anderson époque « O superman », même si les nappes de claviers lorgnent plutôt vers Vangelis circa « Blade Runner »…

Pas vraiment le meilleur album de Goldfrapp, c’est une certitude. Will Gregory (NDR : c’est le compositeur !), l’autre moitié du tandem, semble s’être contenté du minimum syndical. Il nous doit une revanche… En concert ce mardi 28 Septembre à l’Aéronef de Lille, le lundi 22 novembre 2010 au Trianon de Paris et le lendemain à l’AB de Bruxelles. Mais, il paraît qu’en live, le nouveau spectacle nous en met plein la vue. On vous racontera…

The Posies pas encore finis…

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"Blood/Candy", le 7ème opus de Posies en plus de vingt ans de carrière, sortira le mardi 28 septembre prochain. Après avoir accompli quelques escapades en compagnie de Big Star et REM (pour Ken Stringfellow) et concocté un dernier disque studio en 2005 ("Every kind of light"), Jon Auer et Ken Stringfellow sont de retour !

‘Après l'éclectisme de notre dernier cd, nous avons pensé que ce serait une bonne idée d’enregistrer une sorte d’album classique, retourner à nos racines, privilégier les guitares pop avec beaucoup d'harmonies… Nous n’avons, au final, pas tout à fait réalisé ce que nous souhaitions, mais à la place, notre disque le plus aventureux, ludique et sincère, à ce jour. Si je devais choisir un album pour qu’on se souvienne de nous, pas de doute, j’opterai pour celui-ci’ déclare Ken Stringfellow…

Crions-le en cœur !

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Après avoir concocté deux premier opus plus que prometteurs (« Howl Howl Gaff Gaff » en 2005 et « Our Ill Wills » en 2007), Shout Out Louds publiera son troisième elpee, le 27 novembre prochain. Il paraîtra sur le tout jeune label Starlight Walker et s’intitulera « Work ». Phil Ek, qui a, entre autres, produit les Fleet Foxes, The Shins et Band of Horses, a assuré la mise en forme.

http://www.shoutoutlouds.com/

Du beau monde…

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Le premier album d’Alice Lewis a été enregistré sous la houlette de Ian Caple (Bashung, Tindersticks, Tricky). Un disque qui a bénéficié d’une flopée de collaborateurs, parmi lesquels figurent Maxime Delpierre, Laurent Bardainne (Poni Hoax), Steve Arguelles (Katerine), le quatuor à cordes de Tindersticks et de The Divine Comedy… Une bien belle brochette d’invités pour ce premier elpee qui s’intitulera « No One Know We’re Here », et dont la sortie est prévue pour le 19 octobre, chez Naïve.

http://www.myspace.com/alicelewiss

http://www.le-hiboo.com/24825-hiboo-dlive-alice-lewis

Révélation française ?

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Les auditeurs de France Inter ont pu découvrir Melissmell cet été à travers le titre « Le Mouton ». Cette artiste au timbre vocal rocailleux propose une musique sise quelque part entre ritournelle et chanson réaliste. Si vous souhaitez en connaître davantage sur cette chanteuse, je vous invite à découvrir la session ‘Le Hiboo’, en attendant la sortie d’un Ep 3 titres digital, intitulé « Aux Armes », prévue pour ce 25 octobre.

http://www.dailymotion.com/video/xep73y_hiboo-d-live-melissmell-sobre-la-mu_music

http://vimeo.com/14710161

http://www.discograph.com/previewmel