La première ébauche de Beguiling Junior

Le mystérieux duo Beguiling Junior, formé par Kaya Wilkins (Okay Kaya) et Oli Burslem (YAK), s'apprête à dévoiler son tout premier elpee intitulé « First Cut ». Attendu pour le 2 octobre 2026, ce disque marque la naissance officielle d'une collaboration aussi…

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Le fossé à franchir par Snake Mountain Revival

« The Divide », le nouvel album du trio psychédélique indépendant américain Snake Mountain Revival, sortira le 23 octobre prochain. Formé sur la côte de Virginie à l’été 2017, Snake Mountain Revival est né de la rencontre entre des univers musicaux très…

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NOFX

The Longest (Ep)

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Fat Mike aime satisfaire les aficionados de punk rock. Depuis quelques temps, Fat Wreck Chords (NDR : le label keupon créé par ‘Gros Mike’) multiplie les rééditions d’albums cultes et les compilations de raretés. Quelques semaines seulement après avoir appliqué ce traitement salvateur à la collection de singles et d’inédits du défunt Good Riddance, sur le génial « Capricorn One », c’est aux publications les plus obscures de NOFX, le groupe dont il est le leader, que Fat Mike accorde une nouvelle jeunesse.

Je le confesse volontiers, la première écoute (distraite) de ce “Longest EP” ne m’a pas vraiment emballé. Ce punk rock yankee, pêchu, est bien foutu, mais tout à fait banal. En outre, la voix de Fat Mike est un peu trop nasillarde, à mon goût. Très peu pour moi ! Enfin, cette réaction, je l’ai manifestée juste avant de m’attarder sur les lyrics du combo californien. Car ils sont désopilants et acerbes. Alors, et tant pis pour l’originalité, ce disque est génial, puisque, pour une fois on se marre un peu en s’enfilant les sempiternelles leçons de morale et les critiques de la société, inhérentes au mouvement punk.

Difficile, en effet, de garder son sérieux au son reggae (accent jamaïcain inclus) de « Kill All The White Man ». Plus difficile encore de ne pas se tordre de rire en écoutant le clip commercial enregistré par le groupe à l’occasion de la sortie de son album « War On Errorism ». Carrément impossible de ne pas se pisser dessus en écoutant les lyrics de « I’m Going To Hell for this One », dont voici un extrait choisi au hasard : ‘Jesus is Back and he wants to kick Mel Gibson’s ass’. Très fun aussi ce « The Punk Song ». Achevant l’opus, ce titre constitue une version très personnelle et débridée du classique de Chuck Berry, « Johnny B. Goode ».

Affichant au compteur trente titres pour plus d’une heure de délires keupon, cette compilation ultime réunit des raretés, des inédits et des titres introuvables, enregistrés entre 1987 et 2009. Elle est vendue sur le site de Fat Wreck pour un prix presque dérisoire et mérite sans conteste son titre de « The Longest EP ».

En conclusion : rien que du bonheur pour les fans de NOFX et pour celles et ceux qui, comme votre serviteur, découvrent sur le tard, un groupe qui vaut vraiment le détour !

The Magic Kids

Memphis

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Memphis est probablement un endroit magique. La capitale du Tennessee a ainsi et notamment hébergé les célèbres labels Sun et Stax ; mais également enfanté des artistes de la trempe de Jerry Lee Lewis, Alex Chilton ou Jay Reatard. Et puis le grand Elvis y a grandi et s’y est éteint en 1977. Les Magic Kids nous viennent également de la ville sudiste. Et la chorale céleste a décidé de baptiser le titre de son opus, du nom de cette cité. 

Tout au long de cet elpee, le quintet magique aligne des compos allègres, entraînantes, contagieuses, imparables et subtilement orchestrées, dans la lignée des Beach Boys, Van Dyke Parks ou Electric Light Orchestra. Admirablement produit par Shane Stonebeck (Vampire Weekend, Sleigh Bells), « Memphis » a bénéficié de la participation d’une belle brochette de collaborateurs. Des potes. Venus jouer des cordes, des cloches, des violons, du hautbois, des cuivres et des synthés en tous genres. Irrésistibles, « Hey Boy » et « Superball » sont nourris à l’énergie pop baroque. Sonorités et harmonies vocales trempent dans un climat digne de la sunshine pop des 60’s. A se demander s’il ne faudrait pas solliciter les Magic Kids pour composer les B.O. des prochains dessins animés, réalisés chez Walt Disney ? Ce qui nous changerait de Phil Collins et Céline Dion. Ces gamins sont vraiment magiques ! Après avoir découvert Delorean et Girls, le label True Panther Sound a manifestement le nez creux…

Les Magic Kids se produiront en concert, au Botanique, ce 3 octobre prochain.

 

Cathy Lemons & Johnny Ace

Lemonace

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Cathy Lemons vient de fêter ses 52 ans. Elle nous vient d'Eau Claire, dans le Wisconsin. Elle est née au sein d’une famille presque nomade. Qui finira quand même par se ficher au Texas, en 1971. A Dallas, très précisément. C'est là que Cathy tombe sous le charme du blues. Elle monte régulièrement sur scène, en compagnie de jeunes formations en plein essor. Et en particulier où sévissent déjà Anson Funderburgh, Darrell Nuslish et même Stevie Ray Vaughan. En 1986, elle émigre à San Francisco. Vu son bon goût et son talent, elle partage les planches de Mark Hummel et Paris Slim. Elle attire même l'attention du vétéran John Lee Hooker et participe aux shows du Coast to Coast Blues Band. Elle décide ensuite d’embrasser une carrière individuelle. Bénéficiant du concours, d’abord du guitariste David Workman, puis en 1995, du bassiste Johnny Ace. Ce dernier est aujourd’hui âgé de 61 ans. Il est issu de New York City. Il a joué auprès des plus grands ; et en particulier Otis Rush, John Lee Hooker, Lowell Fulsom ou encore Charlie Musselwhite… Depuis cette époque Cathy et Johnny partagent leur aventure musicale. Leur premier elpee est paru en 1999 : "Dark road". Chez le label Saloon Recordings. Parmi les invités guitaristes figurent quelques noms prestigieux : Tommy Castro, Rusty Zinn et Steve Freund. Depuis, 2006, leur backing group implique guitariste Pierre Le Corre (NDR : il est originaire de Marseille) et le batteur Artie Chavez. Cathy et Johnny se sont partagé l’écriture de la quasi-intégralité des titres.

"Brand new day" ouvre le bal. Une compo très nerveuse, au cours de laquelle le couple partage le chant. Pierre joue en rythmique ; mais son attaque est tellement déjantée, qu’elle se mue en funk détonant. "Love like a fire" baigne dans le même style. Terriblement cohérente, la section rythmique soutient l’ensemble. Johnny se révèle excellent bassiste. Premier invité, Kid Andersen entre en scène. Il semble armé pour accomplir ce superbe voyage, périple psychédélique étincelant, chargé d’intensité, au cours duquel Le Corre lui donne la réplique à la slide. Tommy Castro –l’ami de toujours– dispense un solo troublant et torturé sur "Used to this blues", une plage indolente, parcourue par la voix reverb de Cathy, réminiscente de la Grace Slick des grands jours, lorsqu’elle sévissait chez le Jefferson Airplane (NDR : nous sommes même ici très proche du San Franciso sound !) "Sink or swim" en revient au funk ; mais Johnny se paye un rap à la newyorkaise, pendant que Pierre sort sur le fil du rasoir! Plage atmosphérique, "Shoot to kill" est introduite par la slide de Ron Thompson, un autre pensionnaire émérite du Coast to Coast Blues Band. Une compo de 8’ qui trempe au sein d’un climat menaçant, malsain, inquiétant, malveillant. En fin de parcours, Le Corre vient y injecter sa dose de slide toute personnelle. Chicago blues, "When bad luck looks good" est imprimé sur un tempo enlevé. David Maxwell siège derrière le piano. Un maître du style qui s’offre rapidement son billet de sortie, avant d’être relayé par Tommy Castro. "Gimme a penny" est un autre titre nonchalant. Mais aussi dépouillé. La voix de Cathy est convaincante. Mais Maxwell domine le sujet aux ivoires, dont il partagera ensuite le leadership, en compagnie de Paul Oscher, un ancien membre du Muddy Waters Band, à l’harmonica. "I got it" est sculpté dans le funk pur. La rythmique épaule parfaitement la voix aérienne de Melle Lemon. Cette dernière nous confesse "I'm not the woman I used to be", un blues lent de facture classique, caractérisé par les petites notes concédées par Pierre. Elles font mouche face à Kid Andersen passé à l'orgue. Une bonne ligne de basse balise "Stay", un boogie assez sauvage et de bonne facture, au cours duquel Le Corre s’acharne, en empruntant un ton très John Lee. "Get this thing off's my back" campe un blues saturé par le son Hooker dispensé par le talentueux gratteur norvégien, Kid Andersen. La cover du "Move on" de Baby Washington achève cet elpee. Un peu à la manière d’un rappel, Johnny reproduisant, une nouvelle fois, ses interventions vocales rap. Et pour que votre info soit complète, sachez que ce long playing a été coproduit sous la houlette de Lemon, Ace et Kid Andersen, au sein des studios Greaseland de ce dernier. Perso, je suis surtout ravi d’avoir découvert Pierre Le Corre, guitariste français talentueux…

 

La Patère Rose

La Patère Rose

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Mais qu’est-ce exactement qu’une Patère Rose ? Non, ce n’est pas une quelconque évolution de la célèbre panthère animée ; mais un groupe pop québécois issu de Sherbrook, fondé en 2008, et réunissant Thomas Hébert (aka Roboto, aux claviers et à la programmation), DJ Julien Harbec (aka Kilojules, à la batterie) et Fanny Grosjean (aka Fanny Bloom, au chant et piano).

Une seconde question vient à l’esprit : existerait-il un son spécifiquement québécois ? On serait tenté de le croire, car dès les premières notes, on a l’impression de vivre une rencontre un peu trop téléguidée entre Malajube et Cœur de Pirate (NDR : pas pour rien que La Patère Rose et Béatrice Martin relèvent de la même écurie, Grosse Boîte). Le trio s’est illustré, cet été dernier, lors des Francofolies de Spa. Et ce disque éponyme est leur tour premier.

Leur musique baigne au sein d’un climat mystérieux, une atmosphère entretenue par les accords de piano empreints de mélancolie. Des accords qui balisent des comptines énigmatiques qu’interprète, d’une voix enfantine, Fanny Bloom. Le tout éclaboussé par quelques touches électro, concédées par les claviers de Roboto. Le Vieux Continent ne devrait pas résister trop longtemps au charme de ces compos sculptées dans cette électro pop chargée de sensibilité, onirique et faussement naïve. Et des titres comme « Duet Tacet » ou « Pacemaker » en sont les plus belles illustrations. Il y manque peut-être ce zeste de folie, pour que ce soit parfait…

On risque, en tout cas, rapidement de ne plus pouvoir encadrer les morceaux de La Patère Rose, tant le succès semble leur tendre les bras. Le groupe assurera d’ailleurs le supporting act de la prochaine tournée de Mika, prévue pour cette fin 2010. Rien que ça !

 

I Got You On Tape

Spinning for the cause

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I Got You On Tape est une formation danoise fondée en 2004. A ce jour, elle compte trois albums à son actif, dont « Spinning for the cause », est bien entendu le troisième. La formation semble très marquée par la pop des sixties. Un peu dans l’esprit de The Coral. A cause du sens mélodique contagieux et des claviers fluides. Et puis des harmonies vocales, souvent tramées à la manière des Moody Blues. Le timbre de Jakob Bellens, le lead singer, me rappelant même celui de Justin Hayward. Et c’est également vers cette formation mythique britannique que leur musique lorgne, lorsque les arrangements se font plus luxuriants, emphatiques même. Seul le zeste de synthés, dispensé circonstanciellement, préserve I Got You On Tape d’une étiquette revivaliste. D’ailleurs une compo comme « Polkadate », aurait pu figurer au répertoire d’Archive. L’opus s’ouvre cependant par un titre particulièrement atmosphérique, floydien même, mais post « Dark side of the moon ». Il s’intitule « Cabaret ». Et puis, il se referme par « Wedding song », un morceau plus dynamique, caractérisé par des oscillations noisy, réminiscentes d’un certain My Bloody Valentine. « Spinning for the cause » est paru en 2009 ; et leur nouvel elpee devrait sortir d’ici la fin de l’année…

Half-Handed Cloud

As Stowaways in Cabinets of Surf, We Live-Out in Our Members a Kind of Rebirth

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Quel drôle d’énergumène pourrait soudainement avoir envie de composer une petite symphonie pop sophistiquée, dont les 25 titres durent moins de 2 minutes ? Un comparse de Sufjan Stevens bien entendu… Half-Handed Cloud est un projet monté par le multi-instrumentiste John Ringhofer. Issu de Berkeley, ce Californien a choisi ce patronyme en se référant à un passage de la Bible. Faut dire qu’au sein de la galaxie de Sufjan Stevens, les thèmes religieux reviennent constamment à la surface. Et ce one-man band a été signé sur Asthmatic Kitty. « As Stowaways in Cabinets of Surf, We Live-Out in Our Members a Kind of Rebirth » (ouf!) constitue déjà son 6ème album. Et son premier, “Learning About Your Scale”, remonte à en 2001. Si les plages dépassent rarement les 120 secondes, elles ne se limitent pas à évacuer quelques bribes d’idées. Ce sont de véritables chansons, même si à l’instar d’un concept album, il est préférable d’écouter ce « Stowaways… », d’une seule traite… ‘J’essaye de faire en sorte qu’une chanson ne soit pas trop longue, sans une bonne raison. Il n’est pas nécessaire qu’un morceau s’éternise, simplement parce que c’est une règle établie’, justifie d’ailleurs l’artiste. Ses petites capsules pop mélodieuses valent en tout cas le détour. En outre, l’instrumentation est particulièrement dense : piano, reverb’, banjos, synthés, trombones, ... A l’instar d’« Illinoise », album incontournable de Stevens, publié en 2005. L’influence exercée par les Beach Boys est également palpable (« You Flagged Us Down With A Wave », « Sing It ! »), jusque dans la voix maîtrisée mais très fragile de John Ringhofer. Les moments de répit sont rares et c’est presqu’en apnée que l’on découvre son œuvre. Pourtant, il ne serait pas inintéressant de décortiquer chaque plage, afin de pouvoir déceler les mille et une idées qui y foisonnent.

Cet autre petit génie de la pop contemporaine vient de commettre un superbe album. Pas de quoi révolutionner l’histoire de la musique, mais largement au-dessus de la norme. Le cerveau de Brian Wilson était tellement illuminé qu’il a fini par cramer. Il a laissé quelques héritiers, terriblement doués, mais tout aussi à l’Ouest…

Roky Erickson

True love cast out all evil

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Roky Erikson, c’était le leader des mythiques 13th Floor Elevators, une formation psychédélique texane, qui a marqué les 60’s. Enfin jusqu’au moment où Roky a été interné. C’était en 1969. Pour détention d’un joint. Il y est bourré de narcoleptiques et doit expérimenter différents traitements expérimentaux. Son parcours va alors alterner entre séjours en hôpital psychiatrique et come-backs anecdotiques sur la scène musicale. Mais en 2001, son frère décide le prendre en charge. Il refait alors lentement, mais sûrement surface. En 2008, il se produit sur scène, accompagné d’Okkervil River. Et ce nouvel album constitue l’aboutissement de cette collaboration. Non seulement Will Sheff produit cet opus, mais son backing group est également de la partie. Et le résultat est tout à fait probant…

Certaines compos d’Erik datent de l’époque au cours de laquelle il a servi de cobaye. Et plus que probablement la première « Devotional number one » ainsi que la finale, « God is everywhere », deux morceaux qui semblent avoir été enregistrés sur un lecteur de cassettes. Mais venons-en au cœur de l’opus. Donc aux 9 autres plages. Depuis la ballade, tramée sur un piano bar, « Ain’t blues too sad », au cours de laquelle, il raconte son traitement aux électrochocs, à la celle semi glam, semi noisy, hymnique, « Bird’s crash », dont la mélodie semble tellement proche de Suede. « Goodbye sweet dreams » constitue la meilleure chanson de l’elpee. Une plage somptueuse, particulièrement électrique, digne du Paisley Underground. Enrobé de cordes délicates et d’arrangements de cuivres discrets, « Be and bring me home » campe une valse lente hymnique, presque celtique. Caractérisé par ses accords de gratte bringuebalants, « Bring back the past » est sculpté dans un country rock épique, allègre, dans l’esprit de REM circa « Out of time ». Nonobstant son interlude noisy atmosphérique, sa voix éraillée et ses tonalités de piano aquatiques, « Please judge » manifeste une tendresse et une mélodicité digne de Neil Diamond. « John Lawman » opère un retour dans l’univers du psychédélisme. Mais plus écrasant. Abordé dans l’esprit de Hawkwind. A cause de ce tempo hypnotique, de ces vocaux torturés et de cette rythmique lourde. Erik et Will partagent un duo tout au long du titre maître. Un morceau empreint de mélancolie. Plus country rock aussi. Et la présence de la slide d’y est pas étrangère. Tout comme sur la valse lente « Forever ». Et on a même droit à une rumba : « Think of as one » ; mais dans l’esprit de Mink DeVille. Un grand coup de chapeau à Will et au frère d’Erik, pour être parvenu à remettre sur pied, cette légende vivante.

 

Black Rainbows

Carmina Diabolo

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Si vous avez ingurgité de saines lectures au cours de votre jeunesse, vous le savez déjà, ce n’est pas la première fois que des Romains tentent d’envahir la Gaule. Mais autant vous prévenir tout de suite, cette nouvelle intrusion transalpine risque d’être un peu plus douloureuse pour les tympans que les précédentes. En effet, c’est armée de guitares bien plus lourdes que les poings d’Obélix et gavée d’une potion magique à haute teneur en champignons hallucinogènes, qu’une légion baptisée ‘Arc-en-ciel noir’ s’apprête à traverser nos frontières.

Black Rainbows est un trio aussi lourd qu’enfumé, formé en 2005 dans la capitale italienne. Son second opus, « Carmina Diablo » devrait, en toute logique, squatter les platines lasers de tous les accros au stoner, au désert rock et autre heavy psychédélique de la planète. En mêlant habilement les riffs ancestraux écrasants de Black Sabbath ainsi que les délires spatiaux et hallucinés d’Hawkwind aux ambiances arides des déserts californiens chères à Kyuss, Queens Of The Stone Age et Nebula, Black Rainbows s’impose comme la ‘crème de la crème’ du heavy rock plombé interplanétaire.

Dirigé par Gabriele Fiori, un chanteur guitariste dont l’organe vocal présente parfois des  similitudes surprenantes avec celui de Pepper Keenan (Corrosion Of Conformity), Black Rainbows explore l’espace interstellaire au moyen de dix compositions flamboyantes, où la lourdeur des guitares se noie dans un océan d’effets psychédéliques hallucinants.

Ils sont fous ces Romains !

Elvin Bishop

Red dog speaks

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Elvin Bishop est aujourd’hui considéré comme un vétéran du blues blanc. Il est né à Tulsa, dans l'Oklahoma, en 1942. Au cours des 50’s il accomplit ses études à Chicago. En 1963, il y rencontre l'harmoniciste Paul Butterfield. Ensemble, ils fondent le Butterfield Blues Band, un blues band qui entrera dans l’histoire ; cette formation sera bientôt rejointe, par un autre gratteur mythique : Mike Bloomfield. Elvin côtoiera neuf années Paul ; mais dès 1968, il monte son Elvin Bishop Group et entame une aventure personnelle qui est toujours bien d’actualité. Sa première œuvre est publiée en 1969 : "The Elvin Bishop Group". Elle paraît sur le label Fillmore. Depuis, il a aligné une multitude d’albums, sans oublier les collections, compilations et autres ‘best of’. Dans sa carrière, son plus gros hit demeure le single "Fooled around and fell in love". Il remonte à 1976. Une compo qui figure également sur l’elpee "Struttin' my stuff". Il a enregistré pour Fillmore, Epic et Capricorn, avant de signer chez le célèbre label blues, Alligator. En 1988. Il y gravera 5 long playings. Fin 2008, il avait déjà édité un premier cd pour Delta Groove, "The blues rolls on". Et l'année dernière, il avait concocté un elpee, en compagnie du légendaire chanteur/guitariste Little Smokey Smothers, "Chicago blues buddies" (NDR : de couleur noire, ce musicien chicagolais avait côtoyé Muddy Waters, Magic Sam et Earl Hooker).

Son line up habituel implique le tromboniste/percussionniste Ed Earley (NDR : il a milité au sein des backing bands d’Albert King et de Joe Louis Walker) le guitariste/pianiste Bob Welsh, le bassiste Steve Evans, le claviériste/accordéoniste S.E Willis (il a accompagné Chuck Berry, Bo Diddley et Albert King) ainsi que le drummer Bobby Cochran. Evans et Willis n’ont pas participé aux sessions d’enregistrement, mais les invités se bousculent.

Elvin se sert, depuis une éternité, d’une Gibson ES 345 de couleur rouge. Il l’a baptisée ‘Red Dog’. Ce qui explique le titre de l’opus qui ouvre les hostilités. Elvin chante et nous raconte l'histoire de cette compagne avant de la faire vibrer à l’aide de son bottleneck. Un bien bel hommage! La voix d’Elvin Bishop n’est pas exceptionnelle. Ce qui explique pourquoi, il ne se charge pas de l’intégralité des vocaux. Il se réserve néanmoins le nerveux et amusant "Fat and sassy", soutenu à la rythmique par le passionnant gratteur norvégien, Kid Andersen et son ami Earley au trombone, qui lui donne, par ailleurs, la réplique vocale. Seul, il chante ou plus exactement récite "Clean livin'", un blues au cours duquel sa fidèle Red Dog est alimentée par un son pas possible, sale et primaire. Il se réserve encore les vocaux lors de la finale, "Midnight hour blues", un blues lent signé Leroy Carr. Bob Welsh siège derrière l’orgue lors de ce morceau au cours duquel sa voix ravagée s'adapte parfaitement à ce style. Bishop cède les vocaux, pour trois titres, à son ami californien John Nemeth (NDR : son dernier opus, "Name the day", est paru chez Blind Pig). Il est vrai que celui-ci jouit d’un organe aérien, assez extraordinaire, taillé pour chanter le blues et la soul. Tout d’abord le notoire "Neighbor neighbor" de Huey P. Meaux. Elvin est impérial à la slide. Fin gratteur, Mighty Mike Schermer assure la rythmique. Le "Many rivers to cross" de Jimmy Cliff, ensuite. Nemeth se révèle bouleversant tout au long de cette splendide ballade. Et enfin, une version enlevée du "Got your hand out of my pocket" d'Otis Spann. Une plage au cours de laquelle, son intervention à l’harmo est judicieuse. Dans le rôle de Spann, Welsh (NDR : il milite également dans le backing group de Nemeth !) se réserve le piano. Trois instrumentaux sur ce long playing. Et ils sont de très bonne facture. Soit "Barbecue boogie", un boogie au cours duquel Welsh est omniprésent sur ses ivoires, le bouleversant "Doo wop medley", lorsque la slide rouge est épaulée par les cordes rythmiques de Schermer et de Kid Andersen ; et enfin le charmant "His eye is on the sparrow", une plage bourrée de charme, raffinée par le trombone d'Earley et le sax ténor du Californien Terry Hanck. L’opus recèle encore un titre immortalisé ‘live’. En l’occurrence "Blues cruise", une jam zydeco accomplie lors de la Legendary Rhythm & Blues Cruise, en 2009, au large du Mexique. Elvin est derrière le micro ; mais pour présenter les différents invités. Pas des illustres inconnus, puisqu’on y retrouve Ronnie Baker Brooks (le fils aîné de Lonnie) à la guitare, Tommy Castro et Roy Gaines à l'harmonica, John Nemeth à l'accordéon ainsi que Buckwheat Zydeco et Sir Reginald Master Dural au frottoir. Un excellent album !

 

Teeny Tucker

Keep the blues alive

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De son véritable nom Virginia Westbrook, Teeny est née en 1958. C’est fille de Tommy Tucker, le compositeur du célèbre "High heel sneakers", publié en 1964! Elle est originaire de Dayton, dans l'Ohio. Dès son plus jeune âge, elle chante dans la chorale de son église de quartier. Elle a embrassé une carrière de musicienne professionnelle, en 1996. Et a été deux fois finaliste de l'International Blues Challenge, organisé annuellement à Memphis. Elle s'est déjà produite à plusieurs reprises en Europe.

Son premier elpee, "Tommy's girl" (enregistré en compagnie de Sean Carney) date de 2001. Le second, "First class woman", de 2003. Le troisième, "Two big M's" est paru en 2008. Il rendait un hommage à deux chanteuses légendaires : Big Mama Thornton et Big Maybelle. Teeny a souvent partagé la scène auprès du guitariste Sean Carney (NDR : très populaire en Europe, il est également né dans l’Ohio, mais à Colombus) ; en outre, elle avait collaboré à la confection de son excellent album "Life of ease", paru en 2006. Au cours des dernières années, Teeny s’est produit au célèbre Festival blues de Monterey. Le 29 mai dernier, elle s’était rendue en Belgique, à Puurs très exactement, pour accorder un set dans le cadre du Duvel Blues Festival. Excellente vocaliste, elle confesse pour influences majeures, son père Tommy, disparu il y a déjà près de 30 ans, Etta James, Big Maybelle et Koko Taylor. Teeny signe huit des onze plages de ce nouvel opus ; un disque pour lequel elle a reçu le concours de son partenaire musical Robert Hughes (NDR : c’est également son guitariste). Au sein du line up figurent également le bassiste Scott Keeler, le drummer Darrell Jumper et l’harmoniciste David Gastel.

"Ain't that the blues" ouvre l’elpee. Il raconte la sombre histoire d'une jeune aveugle, âgé de 12 ans, qui vient de perdre sa mère, victime du SIDA. La voix de Teeny est remarquable et autoritaire. Elle s'étend sur plusieurs octaves. Hughes lui donne une excellente réplique sur ses cordes, en empruntant un phrasé institué par Carlos Santana! Imprimé sur un tempo enlevé, "Make room for Teeny" est hanté par un piano qui me fait penser… à un chant gospel.  Soutenue par l’harmo et la slide, elle nous hurle son amour paternel tout au long de "Daughter to the blues", des sanglots dans la voix, un blues lent empreint de nostalgie… Shouteuse sur "Old man magnet", elle charme, envoûte même, sur l’indolent "I wish we could go back", une plage caractérisée par les répliques vocales féminines. Le titre maître trempe dans un gospel d’une grande pureté, une compo bercée par le flux et le reflux des voix puissantes. Gastel son souffleur, se signale sur "I live alone". Mais manifestement, il manque de punch. Morceau acoustique, "John Cephas" rend hommage à cet adepte du Piemont blues tout en témoignant son admiration aux maîtres du préwar blues. Et son timbre s’y révèle cristallin. Deux reprises. Tout d’abord, "Heartbreak", un titre enrichi par les remarquables interventions à l’orgue Hammond de Linda Dachtyl. Ensuite le notoire "Got my mojo working" de Muddy Waters. Féminine, la version est bien différente de l’originale. L'album s’achève par "Respect me and the blues", une composition au cours de laquelle Teeny échange un duo en compagnie de son gratteur émérite, Robert Hughes…

 

The Triffids

Wide Open Road

Écrit par

Les Triffids ont donc décidé de remonter sur les planches. C’était en 2006. Sans leur leader et chanteur/compositeur, David McComb, décédé le 2 février 1999. Depuis, il leur arrive encore de se produire en ‘live’, rejoints par d’autres musiciens ou tout simplement des amis, qui vouent un culte à ce poète australien. A l’instar de Steve Kilbey (The Church) ou de Mick Harvey (Nick Cave & The Bad Seeds). Mais même si l’intention est louable, de rendre hommage à cet artiste mésestimé et trop tôt disparu, ce type de réunion passe mal la rampe, chez votre serviteur. The Triffids sans McComb, c’est un peu les Doors sans Jim Morrison, T.Rex sans Marc Bolan ou Joy Division sans Ian Curtis. Sans leur âme, si vous préférez, même si elle peut continuer à hanter les autres musiciens. Ce dernier groupe avait d’ailleurs préféré opter pour un autre patronyme, en l’occurrence New Order.

Depuis 2006, les rééditions des œuvres des Triffids se sont donc succédées, toutes enrichies de bonus, raretés et d’inédits. En guise de conclusion, le label Domino a donc décidé de publier une compile réunissant les meilleurs compos du combo aussie. Enfin, vu la richesse du répertoire de la formation, fatalement, le choix est subjectif. Surtout qu’il se limite à 18 plages. Néanmoins, cette sélection est une bonne introduction à quiconque voudrait entrer dans leur univers lyrique, tourmenté et visionnaire. Je vous renvoie d’ailleurs aux chroniques consacrées aux elpees du groupe, pour vous en faire une meilleure idée…

 

The Hundred in the Hands

Jeunes, beaux, et bientôt célèbres.

Écrit par

Jason Friedman, c’est la demi-tête pensante des Hundred In The Hands. Par un bel après-midi, cet homme affable sirote un Cola et bouquine entre deux interviews. Au fil d'une conversation charmante et non dénuée d'humour, j'apprends que cet ancien étudiant des Beaux Arts et membre fondateur de The Boggs a aussi été guide touristique à Berlin. Entre culture cinématographique et escapade historique, notre conversation navigue au gré des mots. Rencontre avec ce qui pourrait bien être l'attraction de demain.

Jason, première visite sur nos terres, après l'annulation de votre date en avril dernier au Domino Festival?

Exact. Nous avions été contraints d'annuler à cause des émanations du volcan islandais. Ce n'est que partie remise. Nous espérons être bientôt de retour.

The Hundred In The Hands revendique un son qui lui est propre. Ni chaude, ni glaciale, ni sombre, ni aveuglante, votre musique est une synthèse de ces descriptions. Un mix d'émotions et un brassage d'influences diverses. Comment avez vous élaboré ce son spécifique?

Chacun de nous deux possède un vécu historique et musical différent. Nos influences sont également différentes. Et ce que nous créons ensemble, est donc le fruit de ces influences. Dans la mesure où nous ne sommes que deux, il est impossible pour nous de composer comme n'importe quel autre groupe, du genre: on se voit au local, on répète et on crée des morceaux dans cette veine. Non, nous travaillons chacun de notre côté des ébauches de chansons que nous refilons à l'autre, qui à son tour les retravaille. Et nous finissons d'écrire les chansons pendant le processus d'enregistrement. Ce qui engendre une interaction entre Eleanore et moi-même et apporte une certaine homogénéité à l'ensemble. Procéder de la sorte nous procure d’ailleurs beaucoup de plaisir. C'est assez amusant. Et nous permet d'emprunter différentes voies et évite l'évidence de nos influences qui sont alors noyées dans le processus.

Vous accordez-vous avant de commencer sur l'ambiance d'un morceau et la façon dont vous aimeriez qu'il sonne?

Non, en fait, de par cette liberté que nous nous accordons pour la composition de nos chansons, celles-ci peuvent à tout moment prendre une direction ou une autre. Les versions démos sont tout à fait différentes du résultat final, et parfois assez méconnaissables. Par exemple, la première mouture de « Young aren't young », la chanson qui ouvre notre album, était une sorte de version afro-beat des Young Marble Giants : une ligne de guitare posée sur des percussions africaines et un martèlement de batterie. Au final, même si nous avons gardé la mélodie et pas mal de choses, le résultat est sensiblement différent. Ce qui illustre la liberté de direction de nos chansons ; et c'est ce côté imprévisible qui nous excite.

Vous prenez donc votre pied dans l'expérimentation?

Effectivement. Je me souviens, quand nous avons commencé à élaborer le projet, que notre ambition était de travailler en compagnie de différents producteurs aux visions personnelles des choses, d'essayer de tirer un maximum parti de leur savoir et nous en servir en retour.

Ce qui vous éloigne drastiquement du processus de création opéré au sein de The Boggs, votre premier groupe?

Absolument. A l'époque, j'étais le maître à penser, je composais seul les chansons et les autres membres me suivaient à la trace. Même si mes acolytes, en compagnie desquels je partageais cette aventure depuis plusieurs années, épousaient une même conception de la musique, c’est souvent ma vision des choses qui prévalait. En quelque sorte, nous étions esclaves de mes limites. Certaines chansons auraient pu être mieux, plus abouties. Tandis que maintenant, il s'agit d'un projet à deux cerveaux complémentaires ; et c'est ce que j'aime. J'apprends de mes erreurs. Et je me suis amélioré en tant que chanteur ; ce qui me permet d'appréhender les choses de manière différente. Ensuite, il y a l'apport des collaborateurs. Je pense au producteur Chris Zane qui bosse sur nos compos depuis notre premier single « Dressed in Dresden » et dont le travail est fantastique. Toutes ces contributions nous ont permis de forger notre propre identité.

Etre signé sur Warp change-t-il les règles ?

Certainement. Par le passé, nous avons eu notre part de frustrations. On a galéré, ce ne fût pas toujours évident. Le label Warp était LE label en compagnie duquel nous rêvions de travailler. Et que les choses se soient passées exactement comme nous n'osions pas l'imaginer, mais que nous espérions de tout cœur, est totalement surréaliste. Ce sont eux qui sont venus à nous, et quand ils nous ont proposé de signer, nous n'avons pas hésité l'ombre d'une seconde. L'image qu'on s'en fait n'est pas usurpée. Il s'agit réellement d'un label de qualité, artistiquement très engagé, dont la vision est ouverte et intelligente. Je suis certain qu'après le mini-succès de « Dressed in Dresden », n'importe quel label aurait été tenté de nous demander de répéter la même recette, encore et encore. Mais pas les gens de Warp. Ils nous laissent carte blanche de A à Z, et cette liberté est vraiment précieuse. Nous ne sommes pas obligés de pondre des chansons en batterie, pas obligés de tourner. Non, ils nous disent ‘prenez votre temps, créez à votre rythme, on s'occupe de tout le reste’. C'est une chance inestimable.

Comment s’est déroulé l'enregistrement de l'album?

Le plus simplement du monde. De juin à septembre 2009, Eleanore et moi nous sommes concentrés sur l'écriture, à l'écart, dans notre coin. A partir de là, nous avons prévu quelles chansons figureraient sur l’Ep, et celles que nous envisagions de mettre sur l'album. Et puis nous nous sommes mis au travail sous la houlette des producteurs que nous souhaitions et finalisé le tout.

Tout en gardant votre mot à dire sur le résultat?

Tout à fait. C'était une réelle coopération entre les différents producteurs et nous-mêmes. Chacun apportant sa touche personnelle, ses idées. De plus, nous avons gardé pas mal du matériel enregistré 'à la maison'. Pour les guitares par exemple, nous n'avons pas eu à les réenregistrer. Mais nous avons profité du matériel haut de gamme du studio pour refaire les voix et certaines programmations.

N'est-ce pas un procédé délicat en prévision de la performance scénique?

Oui et non. En sauvegardant la plupart des prises démo, nous conservions cette perspective à l'esprit ; mais le fait de les jouer en concert me donne à réaliser comment je souhaite que telle guitare sonne ou telle ligne de basse soit. Nous utilisons beaucoup de bandes et nous essayons de trouver l'équilibre afin de restituer chaque chanson dans un contexte ‘live’. Ce qui nous oblige à envisager nos morceaux sous un autre angle, en prenant par exemple en considération le volume du son. Plus puissant sur scène. Et modifie quelque peu l'approche du morceau ; mais ceci rend aussi excitante cette méthode de travail.

Envisagez-vous intégrer d'autres musiciens en concert?

Peut-être bien un percussionniste pour la prochaine tournée. Mais pour les jeux de guitares et autres séquences sur bandes, nous avons trouvé nos marques en duo, alors pour l'instant nous ne pensons pas engager d'autres musiciens.

Ne craignez-vous pas d'être tôt ou tard limité au niveau du son?

Dès le début, nous avons conçu notre musique en duo avec en point de mire la tradition du Sound System, que ce soit en Jamaïque ou dans les débuts du Hip-Hop et cette faculté de transposer un enregistrement à différents volumes, dans différents contextes. C'est donc pourquoi nous possédons notre propre Sound System sur scène. Et il est intéressant de découvrir comment une chanson peut sonner différemment selon l'environnement. Que ce soit en studio, à la maison ou en ‘live’. Je pense qu'en ce qui concerne nos prestations scéniques, notre son est suffisamment puissant, suffisamment étoffé, sans nécessiter d'autres personnes. Donc, d'un côté, ce choix exige beaucoup d'abnégation, pour restituer les chansons dans toute leur ampleur quadriphonique, mais nous apporte une certaine liberté, puisque d'un show à un autre, nous pouvons apporter certaines modifications. En constante évolution. Et la formule du duo me convient parfaitement. A la fin, au sein de mon groupe précédent, je me lassais de devoir changer de musiciens tous les trois mois, leur apprendre les accords, les structures, et adapter mes propres chansons. Je me sens en fait plus libre. Eleanore et moi apprenons et progressons ensemble. C'est un processus qui nous sied parfaitement.

Pour en revenir à l'écriture même de vos chansons, qu'est-ce qui vous inspire?

Et bien, l'Art en général. J'ai accompli des études dans le domaine de la peinture, avant d'être totalement absorbé par mon groupe, The Boggs. Mais de toute façon, je n'y trouvais pas mon épanouissement. Je veux dire, je ne savais pas comment vivre en tant qu'artiste. Je réalisais mes trucs, mais j'ignorais comment diffuser mes œuvres, comment attirer l'attention sur elles. Je ne traînais pas dans les galeries toutes la journée ; par contre, j'adorais passer mes nuits dans les clubs et écumer les salles de concert. C’est ainsi que la musique a pris le pas sur mes prétentions graphiques. Et puis, je n'étais pas assez doué. Je me suis essayé un peu à la vidéo aussi. Finalement, The Boggs était la synthèse de mes aspirations, une sorte d'intellectualisation de mes envies artistiques au travers de la musique. Mais ce qui m'influence profondément dans la conception d'un morceau reste le cinéma et l'art vidéo. Notamment au niveau de la structure temporelle d'une chanson. Un titre comme « Last City » est directement inspiré par les œuvres de cinéastes tels Chris Marker, par exemple. Les textes étant eux plus influencés par la littérature ; même si je n'use pas de ces codes, j'aime l'idée de raconter une histoire. Bien sûr, je n'ai pas la prétention d'être un Alistair Grey ou un Samuel Becket! Il n'en demeure pas moins qu'ils font partie de mes références majeures. Et l'Histoire est un autre moteur d'inspiration. D'où le nom du groupe (NDR : faisant référence à une célèbre bataille américaine, menée par Crazy Horse, fier indien qui allait mener, une fois n'est pas coutume, les indigènes à la victoire sur l'armée US) ou d'un titre comme « Dressed in Dresden » qui parle des premiers essais bombardiers.

En parlant de vidéo, participez-vous activement à la création de vos clips?

Pour « Pigeon », j'avais imaginé un personnage central, dont je parle dans la chanson, cette jeune fille qui vit dans une grande ville et rencontre des problèmes à l'école ; même si au demeurant elle est assez intelligente, elle fréquente des idiots. Elle ne sait pas où elle va, ce qu'elle veut faire, et comme beaucoup, elle sort, boit, couche pour le fun et essaie de s'oublier. Et elle en a conscience. Les pigeons, dans la chanson, constituent son point d'ancrage avec la réalité. Tous les jours, elle se rend au square et regarde ces oiseaux qui inlassablement tournent en rond, stupides et sales. Et elle se dit qu'elle vaut mieux qu'eux. J’en ai donc parlé à la production, et ensemble, nous avons élaboré les traits de ce personnage. Au final, elle est moins misérable que dans mon esprit. Elle possède plus de recul Peut-être est-elle plus arrogante? Quoiqu'il en soit, le résultat est tout simplement incroyable. Et les effets spéciaux vraiment épatants. Le tout dessert bien le propos de la chanson.

Revenons un instant sur votre étiquette? Quelle est la part de gothique qui sommeille en vous?

Le formule ‘summertime Goth’, je dois bien confesser qu'elle vient de moi. En fait, un ami, à l'époque, organisait chaque semaine des soirées qu’il avait baptisée ainsi. Et immédiatement, j'ai pensé qu’elle collerait bien à notre type de musique. Loin des clichés du genre. Je veux dire, je n'ai jamais aimé la façon dont les Cure s'accoutraient, je ne vois pas de rapport entre leurs vêtements et leur musique. A New York, chaque semaine, se déroule au moins une soirée branchée, et les soirées gothiques sont nombreuses. Mais vous n'y croiserez pas de personnages dont les accoutrements sont propres à cet imagier de grenier. De ce fait, nous estimions amusant de dépeindre notre musique comme influencée par l'aspect gothique, mais sans le côté ridicule du concept. Une version plus ensoleillée en quelque sorte. Pour le prochain album, je pense déjà renouveler notre étiquette.

Etes-vous la partie sombre du projet, et Eleanore la touche ensoleillée?

Non, en fait, c’est seulement un juste équilibre entre elle et moi. Parfois, nos chansons prennent une direction trop noire ou trop guillerette, et nous tentons de trouver le juste milieu. Nous peinons quelquefois à égayer nos compositions, mais nous nous efforçons toujours d'appliquer ces deux aspects en une belle harmonie. Si nos chansons ne sonnent pas profondément dépressives, c’est parce que notre palette musicale, au niveau de nos goûts, est large. Il y a un soupçon de R&B dans notre façon de procéder ; et OK, j'admets que ce n'est pas directement audible, mais il nous permet justement d'avoir une approche radicalement différente par rapport à notre côté gothique. Le juste équilibre, c'est notre quête.

Pour conclure, vous semblez promis à un bel avenir. Craignez-vous les lendemains difficiles?

Je suis assez paranoïaque ; alors oui, définitivement, j'ai peur de ce que l'avenir me réserve. Je me focalise donc sur les améliorations à apporter. Par exemple, je souhaite qu'on évolue sur scène, qu'on devienne meilleur. Nous allons beaucoup tourner dans un proche avenir, pour justement aller dans ce sens. Ce qui ne nous empêchera pas de concevoir de nouveaux titres. Mais pour l'instant, nous devons nous concentrer sur cet album. Ce n'est pas évident par exemple de jouer des titres comme « The Beach » devant un public n'ayant jamais entendu la plupart de nos morceaux. J'espère et j'imagine que les choses seront différentes quand l'album sera sorti. Il ne faut pas trop que je pense à demain.

Ne dit-on point que l'avenir sourit aux audacieux?

(Voir également la chronique de l'album dans la rubrique ad-hoc)

 

Johnny Clegg : nouvel album et concert à Roubaix en octobre

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Johnny Clegg sortira ce 4 octobre un nouvel opus intitulé "Human". En attendant, son best of "Celebrating 30 years of Johnny Clegg" est disponible dans les bacs. En outre, Clegg se produira près de la frontière belge, à Roubaix très exactement, salle Wattremez, ce 20 octobre. Et ce dans le cadre de la traditionnelle fête de l’accordéon, qui en est déjà à sa 14ème édition.

Plus d’infos sur :
http://www.roubaixtourisme.com/index.php?fichier=detail-articles_com&lang=fr&rub=51&srub=181&artid=1153
et sur :
http://www.caramba.fr/caramba-artiste-9-johnny-clegg.html

 

Pas de répit pour PVT !

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Décidemment les membres de PVT sont hyper actifs. Ils préparent la sortie d’un nouvel Ep (« Light Up Bright Fires »), ont réalisé une vidéo sous la houlette d’Alex Smith et préparent une tournée européenne imminente ! Une tournée qui passera par le Botanique de Bruxelles, ce 14 septembre et le Stuk de Louvain, ce 7 octobre au Stuk à Leuven. Manifestement leur changement de patronyme n’a pas altéré leur créativité…

http://vimeo.com/14582891
http://www.youtube.com/watch?v=cbW0qRPYeqY

Tracklisting:

1. Light Up Bright Fires
2. Light Up Bright Fires (Nathan Fake Remix)  
3. Light Up Bright Fires (Seekae Remix)
4. Window (Dorian Concept Remix)
5. Window (Danimals Remix)

 

Daniel Lanois produit Neil Young

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Le nouvel album solo de Neil Young paraîtra ce 24 septembre. Intitulé « Le Noise », il a bénéficié du concours de Daniel Lanois à la production et de la participation de Brian Eno, U2, Bob Dylan, Peter Gabriel et Emmylou Harris. Bien que Neil Young et Daniel Lanois se soient déjà croisés, c’est bien la première fois qu’ils travaillent ensemble. Très touché par la catastrophe qui s’est produite dans le golfe du Mexique, il a décidé d’en faire le thème principal de son opus.

Tracklisting:

1.Walk With Me
2.Sign of Love
3.Rescue Me
4.Love And War
5.Angry World
6.Hitchhiker
7.Peaceful Valley Blvd.
8.Rumblin’

http://www.neilyoung.com
http://www.myspace.com/neilyoung

 

Un elpee éponyme pour Clapton

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Eric Clapton, le dieu de la guitare, publiera son 19ème album studio ce 24 septembre. Coproduit par le guitariste Doyle Bramhall II, il sera éponyme. Un album riche en collaborations, puisqu’on y relève la présence de son ami, le légendaire JJ Cale, ainsi que du batteur Jim Keltner, du bassiste Willie Weeks et du claviériste Walt Richmond… Sans oublier les inévitables invités notoires. Soit pour la circonstance, Steve Winwood, Wynton Marsalis, Sheryl Crow, Allen Toussaint & Derek Trucks.

Tracklisting:

1 Travelin’ Alone
2 Rocking Chair
3 River Runs Deep
4 Judgement Day
5 How Deep Is The Ocean
6 My Very Good Friend The Milkman
7 Can’t Hold Out Much Longer
8 That’s No Way To Get Along
9 Everything Will Be Alright
10 Diamonds Made From Rain*
11 When Somebody Thinks You’re Wonderful
12 Hard Times Blues
13 Run Back To Your Side
14 Autumn Leaves

http://www.ericclapton.com

 

Revival Grunge ?

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Le 27 septembre, Soundgarden publiera « Telephantasm », son nouvel album. Ce sera le premier elpee de la bande à Chris Cornell, depuis leur reformation. Il s’agit cependant d’un ‘best of’, mais qui recèlera cependant des inédits. L’année 2010 sonnerait elle le début du grunge revival ? D’un seul coup, votre serviteur, se sent vieillir…

L’album sera offert au 1er million d’exemplaires du jeu ‘Guitar Hero : Warriors of Rock’.

Pas sur que Kurt Cobain aurait apprécié l’initiative…

http://www.soundgardenworld.com

Tracklisting "Telephantasm"

1. Hunted Down
2. Hands All Over
3. Outshined
4. Rusty Cage
5. Birth Ritual
6. Black Hole Sun
7. Spoonman
8. My Wave
9. Fell On Black Days
10. Burden In My Hand
11. Blow Up The Outside World

12. Black Rain (Previously Unreleased)

 

Seal. Clap, 6ème.

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Seal nous revient avec un tout nouvel opus intitulé « VI Commitment ». Ce 6ème  album studio sortira ce 17 septembre 2010. Il a été produit par le légendaire David Foster (Michael Bublé, Josh Groban, Céline Dion), son complice, avec qui il a collaboré en 2008 sur l’album « Soul ». Le premier single « Secret » est une ballade qui s’inscrit dans la lignée de ses chansons d’amour…

Track listing:

1) If I’m Any Closer
2) Weight Of My Mistakes
3) Silence
4) Best Of Me
5) All For Love
6) I Know What You Did
7) The Way I Lie
8) Secret
9) You Get Me
10) Letting Go
11) Big Time

http://www.seal.com
http://www.myspace.com/seal

Attention, trésor caché…

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The Delano Orchestra est un remarquable groupe clermontois réunissant six musiciens (guitare électrique, basse, batterie, trompette, violoncelle, guitare/chant). Leurs compos baignent au sein d’un climat cinématographique très riche en arrangements. Ténébreuse, leur musique projette des images tour à tour paisibles ou tempétueuses… Leur nouvel album, « Now That You Are Free My Beloved Love », sera disponible dès le 4 octobre. A ne pas manquer !

 

Du Mièle pour les oreilles.

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Quatre ans après publié son 1er disque éponyme, Mièle signe son retour. Son second opus s’intitule « Le Jour et la Nuit », et est dans les bacs depuis ce 26 août. Enregistré entre Halle et Paris, par Lucas Chauvière (Salif Keita, Helena, De la Soul, Tony Allen), et mixé à Bruxelles par Marc François (Ozark Henry, Wim Mertens), ce nouvel effort des Bruxellois sera plus pop que rock.

http://www.myspace.com/legroupemiele

 

 

Goose change de cap.

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Goose dévoilera son nouvel opus ce 18 octobre. Il s’intitulera « Synrise ». La formation courtraisienne annonce un album très différent du très dansant, rock et proche de l’univers d’Ed Banger, « Bring It On ». Elle puiserait, pour la circonstance, ses influences du côté de la ‘Space disco’ des 70’s et des BO des années 80, composées par Philip Glass, Giorgio Moroder ou même Vangelis ! Des morceaux pop pour danser, mais dans la lignée des Klaxons. Les prodiges de l’électro belge se produiront dans le cadre d’I LOVE TECHNO, au Flanders Expo de Gand, le 13 novembre.

http://www.goosemusic.com/
http://www.k7.com/
http://www.stormthorgerson.com/