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Aucun remboursement de prévu pour les Lambrini Girls

Le duo punk Lambrini Girls sortira son deuxième album, « No Refunds », le 15 janvier 2027 chez City Slang. En attendant, il a partagé un tout nouveau single, « Bang Bang Bang », accompagné d’un clip vidéo. Successeur de leur premier elpee, « Who Let The Dogs…

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Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk…

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Stornoway

Beachcomber’s Windowsill

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Stornoway est un nom bien écossais pour un groupe bien anglais (NDR : le premier affront est fait). Le quatuor nous vient d’Oxford (non, pas Radiohead, n’y pensez même pas) et a signé en mars dernier chez 4AD pour un premier opus qui promet de raviver la scène rock/pop britannique réellement indie.

« Beachcomber’s Windowsill » incarne l’hétéroclisme : en quelques mesures seulement, on se trompe trois fois en croyant cerner le genre –encore une petite bulle pop à la Vampire Weekend ?– ah non, voilà des chœurs substantiels qui apparaissent furtivement pour nous laisser coi, puis une trompette (les cuivres sont remis au –bon– goût du jour depuis peu, même dans le monde de la légèreté !) et oh, une harmonie jazzy esseulée mais manifeste, modulations surprises ci et là qui cassent ainsi la rigidité structurelle. L’album continue en ballades plus folk que rock, en un air quasi pastoral (l’orgue électrique sur « Fuel up »). Ensuite, l’apogée du disque, déjà, le magnifique « The Coldharbour Road », qui, avec son début brumeux ‘triolique’ violon-piano-voix railleuse dont la douceur rappellera Gomez, entre en rythme après un couplet pour s’élancer dans des rêves vaporeux plus consistants. On se dit que Brian Briggs, Jon Ouin, Oliver et Robert Steadman en sont à leur comble compositionnel… mais l’on se méprend à nouveau : dans un autre registre « Boats and Trains » offre aussi une émulation absorbante, tout en progression comme chaque piste de ce 11 titres. Etrangement, aucun de ces deux morceaux n’est l’un des trois singles déjà publiés. L’elpee passe ensuite à du country minimaliste aux arrangements scintillants comparables aux Dodos (« We Are the Battery Human », « On The Rocks ») et semble malheureusement s’évanouir sans nous rassasier entièrement.

Que l’on pense aux instruments légèrement cahoteux de Brendon Benson à ses débuts ou aux battements chaotiques de Blur (« Watching Birds »), Stornoway offre un mélange agréablement bringuebalant mais pas mal ficelé, où chaque piste évolue de manière complètement inattendue et où chaque ornement jazzy ne tombe jamais dans le funk lourd. De la légèreté, il y en a, mais l’excès nuit à tout… Néanmoins, l’album –qui a atteint la 14ème place des charts britanniques dès sa sortie– attisera la curiosité et ses jeunes membres méritent qu’on attende leur prochaine publication.

Ratatat

LP4

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Choisir un patronyme qui claque comme celui de Ratatat suggère davantage des beats saturés façon Boys Noize que de l’électro dansante influencée tant par le rock, les musiques du monde ou le hip-hop. Ratatat, c’est d’un duo new-yorkais, réunissant le guitariste Mike Stroud et le mixeur et producteur Evan Mast. Au fil des albums, le tandem élargit sa base de fans. Et ce nouvel elpee ne devrait pas déroger à la règle. « LP4 » clôture un cycle entamé en 2008, lors de la session d’enregistrement de « LP3 », accomplie dans les studios Old Soul à New-York. Ce qui n’a pas empêché la paire de consacrer son temps libre au très lucratif hobby du remix. Une opération couronnée de succès qui leur a permis de revisiter des morceaux des stars du hip-hop US comme ceux de Kid Cudi (dont l’imparable single « Pursuit of Happiness »), Jay-Z ou Kanye West.

Sur le très réussi « LP4 » l’évolution est très subtile. Les compos sont cependant plus étranges et aventureuses que sur les précédents long playings. Mike et Evan osent, par exemple, enrichir le magnifique « Drugs », de cordes. Une compo pourtant taillée dans le rock. Mais surtout un hit potentiel, toutes guitares dehors. « Bob Gandhi » et « Mahalo » baignent dans une certaine forme d’exotisme. Le premier morceau varie constamment les atmosphères et permet à ces sorciers de l’électro de laisser libre cours à leur imagination. Le second trempe au cœur d’une certaine quiétude. Hip-hop shoegaze pour « Billar », beats bossa nova chez « Party With Children » et guitares stellaires tout au long de « Sunblocks » complètent ce tableau particulièrement riche. Les interludes spoken word ne sont pas superflus. Et pour cause, ils sont soit samplés du film ‘Stoszek’ de Werner Herzog –lorsque le personnage principal évoque ses claviers– et d’une interview de l’ancienne star de cinéma Linda Manz, réalisée par Evan Mast himself (elle a entre autres joué dans le très beau film ‘Days of Heaven’ de Terrence Mallick).

Mike et Evan sont sans doute de doux rêveurs. Qu’importe ! D’abord ils sont nés bien avant Justice, Digistalism et consorts. Et puis, dans la jungle de l’électro, Ratatat est devenu une valeur incontournable. Une chose est sure « LP4 » est digne digne du Daft Punk de la grande époque. Idéal pour les festivals !

The Radio Dept

Clinging to a sheme

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Bien que fondé en 1995, Radio Dept ne compte à ce jour que 4 albums à son actif. Et « Clinging to a sheme » constitue le quatrième de ce trio suédois. Mêlant habilement indie pop et électro, leur musique vaporeuse est susceptible d’évoquer, tour à tour, Pale Fountains, Stereolab, Pet Shop Boys, Lightning Seeds ou encore Scritti Politti. Sur ce nouvel opus, on y décèle même des traces de dub (« Never follow suit »), de jazz (« Heaven’s on fire ») de shoegaze (le superbe « The video dept », réminiscent des Pale Saints) et même de lo-fi (« Memory loss »). Les orchestrations peuvent aussi se révéler somptueuses, luxuriantes (« David ») et, à contrario, les arrangements minimalistes (« A token of gratitude »). Légèrement ‘reverb’ la voix de Johan Duncanson chuchote des lyrics trempés dans l’angoisse existentielle ou dans la mélancolie adolescente. Un chouette album qui ne révolutionnera pas l’histoire de la musique, mais dont l’écoute agréable est très susceptible de vous rendre de bonne humeur…

 

Sugar Minott

La Jamaïque endeuillée

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Le parrain du Dancehall, Sugar Minott (Lincoln Barrington Minott), est décédé samedi soir en Jamaïque, suite à une défaillance cardiaque. Le leader des African Brothers avait à peine 54 ans...

Musiczine avait consacré , fin 2008, une excellente critique de non album "New day" : http://www.musiczine.net/fr/chroniques/sugar-minott/new-day/

 

Family Jammin se prépare pour le festival de Dour

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Du funk au reggae, en passant par le dub et le rock, cela fait bientôt 10 ans que Family Jammin crée sa propre musique. La détermination de ces sept musiciens, inspirés par Groundation, The Roots, Antibalas et bien d’autres, les conduit cet été sur l’une des scènes les plus convoitées d’Europe.

Le festival de Dour. Tel est notre propos aujourd’hui. Family Jammin, ses fans, certains professionnels du secteur et la Communauté Française qui soutiennent le groupe n’ont pas ménagé leurs efforts. Enfin, leur persévérance a largement porté ses fruits car c’est un franc succès.

On en oublierait presque le long parcours jalonné d’étapes (pénibles autant qu’aléatoires) à affronter pour convaincre, propager et diffuser cette musique. A présent, tout s’enchaîne. En septembre 2009, un premier album autoproduit « In Skank We Trust » voit le jour et, quelques mois plus tard, séduit les programmateurs Thierry Ashanti (Le Monde est un Village Reggae) et Alex Stevens (responsable programmation du festival).

Ce dimanche 18 juillet, dès 14h, Family Jammin ouvrira la « Red Frequency Stage » et fera trembler la région avec une présentation dynamitée de morceaux repris sur l’album, mais également de quelques inédits et nouveautés que nous vous invitons vivement à découvrir !

Il est temps de porter votre curiosité au-delà du classique pop-rock qu’on a l’habitude d’entendre dans le paysage musical belge. Ce ne sont pourtant pas les créations originales qui manquent ! Pour preuve, Family Jammin. Ce groupe vous convaincra que d’autres genres méritent d’être explorés…

Website MySpace : http://www.myspace.com/family_jammin

Cactus 2010 : samedi 3 juillet

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La présence d’Elvis Costello, à l’affiche du Cactus, ce samedi 10 juillet, avait donc incité votre serviteur de se déplacer à Bruges. Au Minnewaterpark. Superbe site qui accueillait donc, cette année, sa 29ème édition. Pour rappel, ce festival se déroule en trois jours ; mais son organisation impeccable et sa formule antistress (NDR : un seul podium, pas besoin de marcher des kilomètres, pendant la journée, pour aller applaudir les artistes) lui ont valu de décrocher, en janvier dernier, l’Award de meilleur petit festival d’Europe… Anecdote, avant de pénétrer dans l’enceinte, je suis totalement fasciné par le nombre de vélos rangés face à l’entrée du site…

Il revenait à Balthazar d’ouvrir les festivités. Un quintet courtraisien que j’avais déjà eu l’occasion d’applaudir lors de l’édition 2009 du D’hiver Rock à Tournai. La popularité du combo monte apparemment en flèche au Nord du pays, puisqu’il s’est produit ce vendredi 2 juillet, sous le Pyramid Marquee, dans le cadre du festival de Werchter. Leur tracklisting n’a pas négligé les inévitables « Fifteen floors » et « Hunger at the door », issus de leur album « Applause ». Mais surtout le groupe démontre qu’il a, aujourd’hui, toutes les planches pour s’exporter…

Little Dragon est une formation suédoise, au sein de laquelle milite la vocaliste Yukimi Nagano. Elle est d’origine japonaise Sa voix soul se pose sur une musique mêlant jazz, r&b, électro, lounge, rock, hip hop et folk. Mais sa notoriété, le quatuor se l’est surtout forgée en participant à l’enregistrement de l’album de Gorillaz, « Plastic Beach ». Responsable de deux chouettes elpees à ce jour, on pouvait s’attendre à un show excitant. Yukimi est vêtue d’un kimono de couleur vive, mais tout au long du set, on a surtout envie de piquer un roupillon…

Faut croire que le public n’était pas encore suffisamment réveillé ou supportait mal la moiteur orageuse de l’air, car lorsque la formation canadienne, Black Mountain, est montée sur les planches, il était toujours aussi amorphe. Un peu comme s’il avait abusé de la fumette. Pas étonnant, lorsqu’on sait que la musique du quintet, alors sur le podium, baigne dans le psychédélisme 60’s : rythmique lourde, nappes de clavier rognés, cordes de guitare torturées, bourdonnantes, chargées de larsen. Le spectre d’Iron Butterfly semble manifestement hanter leurs compos. Cheveux longs et barbes, les musicos masculins affichent le même look que les baba cools qui avaient participé aux célèbres festivals de Wight et Woodstock. Malheureusement, Black Mountain ne recèle pas de vocaliste de la trempe de Doug Ingle. Il y a bien une chanteuse, mais elle passe plutôt inaperçu (NDR : non, elle ne porte pas la barbe !) Guère sexy, peu de présence et un timbre insipide, incolore et inodore. Dommage, car quoique revivaliste, leur musique a apporté un petit coup de fraîcheur au festival. Faut dire qu’il fait de plus en plus chaud… Et tant pis pour celles et ceux qui somnolaient encore…

José James ? C’est un formidable vocaliste. Un baryton dont les inflexions peuvent rappeler Louis Armstrong. Qu’il pose sur une musique oscillant entre soul, r&b, jazz et hip hop. Il est soutenu par des instrumentistes extrêmement brillants. Dont le claviériste, responsable d’interventions au Fender Rhodes, particulièrement chaleureuses. Et leur laisse, à tour de rôle, le loisir de démontrer tout leur talent. La dégaine de José, sur les planches, est chaloupée ; un peu comme s’il marchait sur l’eau. Au beau milieu du set, la vocaliste new-yorkaise Jordan de Lovely rejoint la troupe sur le podium. Histoire de donner encore plus de relief à la prestation. Cependant, le public ne semble pas très réceptif. Mais il est vrai que ce style de musique s’apprécierait plus facilement dans le cadre d’un festival de jazz ; ou alors au sein d’un petit club.

Balkan Beat Box est une formation américano-israélienne fondée par l’ex-drummer/percussionniste de Gogol Bordello, Tamir Muskat, le chanteur/percussionniste Tomer Yosef et le saxophoniste Ori Kaplan (NDR : ancien Firewater !) Ces deux derniers se chargeant également des samplers et des différents bidouillages électroniques. Leur musique oscille entre funk, jazz, ragga, reggae et la world du Moyen-Orient ainsi que des Balkans. Vu la formule du trio, on aurait pu craindre devoir se farcir un set à la fois synthétique et glacial. Pas du tout ! Tout d’abord, parce que le band a eu la bonne idée de recruter des collaborateurs pour se produire en tournée. Soit le bassiste Itamar Ziegler (ses interventions sont à la fois sinueuses et terriblement groovy), le guitariste Uri Kinrot et le clarinettiste/saxophoniste Eyal Tamuldi (NDR : associé à Ori, le duo de cuivres donne littéralement le vertige). Tomer est une véritable pile électrique. Il se charge des vocaux, passant du rap à la ballade contagieuse, avec une aisance étonnante, et lorsqu’il ne participe pas aux percus, il harangue la foule. Un bémol : le climat un peu trop linéaire de leur set. Et pourtant, en fin de parcours, le combo va démontrer qu’il est capable de s’aventurer dans un univers sonore plus subtil, plus envoûtant, presque arabisant. Ce qui lui vaudra, d’ailleurs, un rappel…

K’s Choice est extrêmement populaire dans le Nord du pays. A peine le présentateur a-t-il annoncé leur arrivée sur le podium, qu’une immense clameur traverse le Minnewaterpark. Sarah et Gert Bettens avaient donc décidé de dissoudre le groupe, en 2002, pour embrasser des carrières individuelles. Mais la sœur et le frère ont donc relancé la machine, l’an dernier, enregistrant même un nouvel album, cette année, intitulé « Echo Mountain ». Quoiqu’accueillant un nouveau guitariste au sein de son line up, on ne peut pas dire que leur musique ait beaucoup évoluée depuis leurs débuts, c’est-à-dire en 1993. Les musiciens sont excellents, ils mettent toute leur âme et leur passion dans leurs compos ; mais honnêtement, j’ai l’impression que leur horloge s’est arrêtée depuis au moins 15 ans. Aussi, après 20 bonnes minutes, je suis allé casser la croûte. Et aussi prendre un petit rafraîchissement…

Le dernier album de Declan Patrick MacManus, alias Elvis Costello, s’intitule « Secret, Profane & Sugarcane ». C’est apparemment son 29ème studio. Un disque de bluesgrass/americana/country auquel les musiciens de son backing band de tournée, baptisé The Sugarcanes, avaient déjà collaboré. Et en particulier Jeff Taylor à l’accordéon, Mike Compton à la mandoline, Dennis Crouch à la double basse (NDR : ça ressemble à une contrebasse) Jerry Douglas au dobro, Stuart Duncan au violon et Jim Lauderdale (NDR : lors des sessions d’enregistrement, il s’était contenté d’apporter son concours aux harmonies vocales) à la guitare. Un sextet qui ne recèle pas de drummer. Costello est coiffé d’un superbe canotier (pas d’un wiki !), mais toujours affublé de ses lunettes caractéristiques. Il s’accompagne à la sèche. Et le band ouvre le set en catimini, par « Complicated Shadow » et « Blame it on Cain ». Tiens, il tombe quelques gouttes. Le tracklisting alterne compos issues du dernier opus de Costello et de son back catalogue. Et nous réserve quelques reprises, dont un medley entre « New Amsterdam » et le « You’ve got to hide your love away » des Fab Four, ainsi qu’un peu plus tard, une cover du « Friend of the Devil » de Grateful Dead. Il commence à tonner. Il pleut. Le tracklisting défile : « Good year for the Roses », « The angles wanna wear my ». Il drache. Et pourtant, le public est ravi. Pas du temps, mais de la prestation du groupe. Et puis Elvis nous lance quelques boutades (NDR : l’humour britannique, dans toute sa splendeur, comme lorsqu’il exhibe une bouteille d’eau avant d’en boire une bonne lampée) Enthousiaste, la foule résiste aux intempéries. Pas votre serviteur, qui se réfugie sous la tente presse, pour assister à la suite des événements. Pas l’idéal, mais à un certain âge, il faut préserver sa santé… Quoique privée de percus, la musique commence à prendre du corps (NDR : qui a dit l’eau ?) Peut-être dans le but de réchauffer l’atmosphère. Après une version retravaillée d’« Everyday I write the book » et “Don’t lie to me”, Costello nous livre une version bouleversante, intense, tourmentée d’“I want you”. Au fil de l’âge, ses cordes vocales semblent renforcées. Une gigantesque ovation salue cette interprétation. En regardant l’écran, on y observe, aux premiers rangs, des tas de filles, souriantes, radieuses, mais trempées jusqu’aux os. Faut dire qu’il tombe alors des hallebardes. Le temps ( ?!?!?!?) de quitter le podium et le band revient pour accorder, « Sulphure to Sugarcane », le titre maître de son dernier album et « Happy ». La pluie vient de cesser. Le concert aussi. Revenu sur le site, je constate la présence d’une multitude de marres d’eau. Mais elle n’avait enfin plus la parole. Mais cause-t-elle l’eau ? La question méritait d’être posée…

Jamie Lidell a accordé 3 concerts en 24 heures ! Avant de se produire à Bruges, il avait assuré le supporting act de Prince (NDR : auquel il rend hommage, lors de son set, sur « I wanna be your telephone) sur la plaine de Werchter. Bonne surprise, si dans le passé, le natif de Huntingdon (NDR : c’est dans le Cambridgeshire, en Angleterre) qui s’est établi à Manhattan, se muait en véritable homme-orchestre, tripotant furieusement des tas de boutons, il a décidé de se produire, soutenu par un trio. Ce qui permet à ce véritable showman de se libérer de ses contraintes. En outre, il bénéficie du concours d’un excellent percussionniste, Guillermo Brown. Ce qui ne l’empêche pas de jouer encore, suivant les circonstances, à l’human beatbox. D’ailleurs le principal atour de Jamie, c’est sa voix. Une voix faite pour la soul, dont le timbre campe un hybride entre Stevie Wonder et Steve Winwood. Il nous réserve même une interprétation a cappella absolument époustouflante de « Another day » Et s’amuse encore parfois à la torturer à travers son mégaphone. Il vient aussi jouer des drums, sur une compo. Ah oui, j’allais oublier ? La musique. Elle est essentiellement funk ; même si elle trahit des traces de doo wop, d’électro, de pop, de rock, de soul et de blues. Ne m’en demandez pas plus ; je suis incapable de donner un avis objectif sur cette prestation. Vu l’enthousiasme manifesté par le public, elle devait donc être excellente… (Merci à Erwin)

 

Je rêvais de ‘L’Autre Monde’.

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Deux morceaux inédits de M83 figureront sur la BO du film "L'Autre Monde", réalisé par Gilles Marchand ("Qui a tué Bambi"), coécrit avec Dominik Moll ("Harry, un ami qui vous veut du bien", "Lemming"), un long métrage mettant en scène Louise Bourgoin, Grégoire Leprince-Ringuet et Melvil Poupaud.

Le film a été présenté en sélection officielle au dernier Festival de Cannes (hors compétition).

La musique originale a été composée par Anthony Gonzalez (M83) et Emmanuel d'Orlando, arrangeur de musiques de films et de "La Ritournelle" de Sébastien Tellier.

http://www.naivenews.com/newmedia/PopFR/m83.html

 

Un quart de siècle plus tard

Écrit par

Le second elpee solo de John Fogerty, le leader du mythique Creedence Clearwater Revival, « Centerfield », date déjà de 1985. Et pour célébrer cet anniversaire, une version remasterisée sera publiée ce 19 juillet. Elle inclura plusieurs bonus tracks.

Tracklisting

1. The Old Man Down The Road
2. Rock And Roll Girls
3. Big Train (From Memphis)
4. I Saw It On T.V.
5. Mr. Greed
6. Searchlight
7. Centerfield
8. I Can’t Help Myself
9. Vanz Kant Danz
10. My Toot Toot (Sidney Simien) Bonus Audio Tracks (B sides)
11. I Confess (T. Vann-N. Nathan) Bonus Audio Tracks (B sides)

http://www.johnfogerty.com/tour.aspx

 

Caetano Veloso

L'étoile du Brésil

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Ce mercredi 7 juillet, alors qu'une demi-finale de football attire les foules dans les bars du centre-ville, l'Ancienne Belgique accueille le tout grand chanteur brésilien Caetano Veloso. Censuré et interdit au temps de la junte militaire brésilienne au pouvoir jusqu'en 1985, rejeté par la gauche socialiste qui lui reprochait son goût pour les musiques nord-américaines, exilé en Angleterre, Caetano Veloso est aujourd'hui une fierté nationale adulée bien au delà de la terre brésilienne.

Auteur, compositeur, et interprète de grand talent, il a été révélé par chez nous grâce à ses collaborations aux B.O. de films, notamment le sublime "Cucurrucucu Paloma" du "Parle avec elle" de Pedro Almodovar. Et son concours à celle, non moins superbe, du long métrage "Frida" a contribué à sa popularisation en Europe. Veloso est aujourd'hui un familier de la scène, et c'est sans difficulté que celle de l'Ancienne Belgique s'est remplie pour ce concert.

Ce soir, le public est cosmopolite et multi-générationnel, d'une moyenne d'âge de trente-cinq ans. Les conversations polyglottes se mêlent dans une atmosphère chaude ; des bribes de mots en espagnol et portugais s’échappent ça et là. Caetano Veloso se fait attendre et réclamer à plusieurs reprises, à grand renforts de sifflements. A 20h35, le rideau s'ouvre enfin sur un bonhomme aux cheveux blancs, mais toujours aussi charismatique. Souriant, il est vêtu en toute simplicité. Il entame la soirée par "A voz do morto", un morceau enjoué chaloupant déjà le public. Quelques titres plus tard, entre rock et bossa nova, l'étincelle Veloso gagne l'assistance qui s'embrase du parterre au deuxième balcon. Sa voix douce, capable de monter très haut, envoûte tout un chacun. Sans frime, mais pas sans humour, Veloso danse avec sa guitare, tape dans les mains des spectateurs du premier rang, regarde les visages éclairés par les spots le temps d'une chanson apparemment très populaire (les paroles sont connues très précisément par la foule). Par rapport à Veloso (NDR : il affiche 67 balais au compteur), les trois musiciens qui l'accompagnent sont jeunes. Sa présence scénique ne se laisse heureusement pas éclipser par une projection vidéo (si tendance !) présente le temps de quelques chansons, images sans queue ni tête du Brésil, vagues en pagaille et Christ de Rio. La fierté nationale est palpable dans l'assistance qui brandit un drapeau vert et jaune à chaque applaudissement.

Les morceaux, très différents les uns des autres, font preuve d'une grande liberté d'écriture, d'une inventivité et d'un intérêt continu pour les musiques actuelles. Veloso et ses musiciens (NDR : le guitariste Pedro Sa, le percussionniste Marcelo Callado et le bassiste Ricardo Dias Gomes) aiment puiser dans les musiques traditionnelles latines, et les déstructurer. Ainsi, un tango se métamorphose, grâce à des guitares électriques, sur "Volver". Chanté en anglais, le détonnant " Maria Bethania", écrit lors de son exil en Angleterre en hommage à sa sœur (également musicienne), rappelle le groupe français Dynonisos. On y retrouve l'influence, revendiquée par Veloso, des Beatles. Tous les muscles de son visage s'animent pour exprimer les sentiments humains, et l'homme nous apparaît fragile, touchant.

Après dix-huit morceaux énergiques, et un bis conséquent, les sifflements reprennent et les spectateurs tiennent dix bonnes minutes la barre des décibels pour un second rappel. Mais déjà le rideau rouge se referme. Celui qui s'est fait siffler se fait maintenant huer. Le rideau s'arrête in extremis ; on croit au miracle, mais quelques furtifs allers-retours indiquent qu'il est simplement bloqué ! L'auditoire déçu manifeste sa frustration, le concert n'a duré qu’1h45. Mais alors que la salle désemplit, restent les fans, les vrais, qui arrachent la tracklist collée au sol et la brandissent comme un trophée (NDR : de quoi faire des envieux ?), en ayant au moins la satisfaction de rentrer chez soi en emportant une photo souvenir (d'une liste de titres !)

De son vrai nom Velloso, auquel il a ôté un l (NDR : ce qui signifie ‘duveteux’), Caetano Veloso a malgré tout ravi son public de sa voix si douce, de ses yeux malicieux et de l'énergie contagieuse avec lequel l'on repart.

(Organisation: Greenhouse Talent, Gand)

 

Rafter

Animal Feelings

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Rafter Roberts est un drôle d’animal, dont le parcours est plutôt contradictoire. Impossible, en effet, de déceler une direction claire dans sa nouvelle collection de morceaux aussi hétéroclite que réussie. Succédant au très moyen « Music for Total Chickens », sorti en 2007, « Animal Feelings » constitue le 5ème album de Rafter Roberts. Un artiste friand d’expérimentations. Issu de San Francisco, il est également producteur. Il a signé chez Asthmatic Kitty, la maison de disques de Sufjan Stevens (pour le compte duquel il est également ingénieur du son). Ne se refusant aucune folie, son cœur balance constamment entre Cody Chesnutt, Justin Timberlake, les Jackson 5 et Phoenix, sans avoir peur de faire le grand écart ou de déraper dans le mauvais goût. Auto-tune R&B sur « No Fucking Around » ou basse funk sur « Feels Good », il mélange les genres comme le Beck de la grande époque (flagrant sur des titres comme « Fruit » ou « Feels Good »). Si le mélomane pourrait, dans un premier temps, se perdre dans les dédales de son inspiration, il reviendra rapidement sur terre à l’écoute de l’imparable single « Timeless Form, Formless Time ». Une pépite pop à faire danser les filles dans l’esprit ‘nerd’ de Hot Chip: ‘I’ve never heard this before / ‘Cept for the part where I say / Get your ass out on the floor’. Bercé par ses rythmes africains chaloupés, le très dansant « Paper » s’en tire également haut la main.

Difficile d’accès à première écoute, « Animal Feelings » est une œuvre étrange, inégale et kitsch ; mais captivante et agréable de bout en bout.

 

Julien Pras

Southern Kind of Slang

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Chaque pays possède son trésor musical caché. Si je suis bien incapable de vous dénicher ceux du Cambodge ou du Paraguay, je viens par contre de me rappeler du secret qui est probablement le mieux gardé en France : Julien Pras. Après avoir participé activement aux aventures de Calc, comme leader, Julien Pras nous propose un premier elpee en solitaire. Calc, c’était une formation bordelaise, responsable de comptines pop hyper mélodiques et d’une sensibilité mélodique à fleur de peau. Injustement méconnu, ce combo a aligné toute une série d’albums, avec une régularité de métronome.

Les compos du premier opus solo de Pras ne s’écartent guère de celles de son band. Le spectre d’Elliott Smith est toujours aussi présent. A cause de son timbre vocal, et puis du raffinement de ses arrangements. A l’instar d’« Engine Smoke » ou « Allien Town », chansons dignes de son illustre mentor texan. Les mauvaises langues lui reprocheront sans doute, de pomper trop généreusement son inspiration chez son maître spirituel. Pourtant, sa pop est tellement soignée, qu’on finit par succomber à ses charmes. Et puis ses références, il les puise également chez Nick Drake, Fairport Convention ou encore les Beach Boys. Des choix nobles, il faut le reconnaître. Les accords cristallins de sa six cordes, les jolies envolées de violons, les accords délicats du piano, les interventions de vibraphone aussi subtiles que judicieuses ainsi que les chœurs angéliques. Tout un arsenal qui contribue à ciseler finement sa pop. Un véritable régal !

Lors des sessions d’enregistrement, Julien a reçu le concours de la Californienne Emily Jane White. En compagnie de laquelle il partage un savoureux duo sur « Son Of the Stars ». Probablement conscient du poids de son héritage, l’orfèvre girondin est parvenu une nouvelle fois à relever le défi de se mesurer à la référence absolue du songwriting de la dernière décennie ! Et à ce titre, Julien Pras mériterait de sortir de son relatif anonymat ! Si vous êtes mélomane, ne passez pas à côté de cette œuvre. Allo ?  Gus Van Sant? Possible de filer un coup de pouce à un ami?

 

Joel Plaskett

Three To One

Écrit par

Joel Plaskett est une figure emblématique de la scène indie canadienne. Inconnu en Europe, il était le leader, chanteur et guitariste des mythique Thrush Hermit. Depuis une dizaine d’années, il mène une carrière solo. Une carrière couronnée de succès, puisqu’il a remporté de nombreux prix dans son Canada natal (Juno Awards, Polaris Music Prize et East Coast Music Awards). « Three To One » est une sorte de synthèse de son triple elpee, « Three », publié en 2009. Treize titres, sur les 27, en ont été extraits pour figurer sur cette compile. Les morceaux figurant sur ces trois disques étaient baptisés, pour la plupart, sous la forme de la triple répétition d’un mot (« Deny, Deny, Deny », « Run, Run, Run » ou « Precious, Precious, Precious », par exemple)… Ce programme dogmatique était-il un peu vain ?

Les compositions de Joel Plaskett naviguent entre l’americana classique (« Deny Deny Deny ») et la country introspective (le superbe « New Scotland Blues »). Majoritairement acoustiques, ses morceaux échappent toutefois à un trop grand classicisme grâce à de petites touches personnelles : les chœurs féminins omniprésents, le violon country sur « Deny, Deny, Deny », la trompette Motown sur le magnifique « Through, Through, Through » ou l’ambiance celtique de « Sailors Eyes ». Dans l’esprit des Hold Steady ou de Whiskeytown, Joel Plaskett s’inscrit dans la lignée des artistes évoquant les grands espaces nord-américains. Malgré sa tendance à tracer sa route musicale sur des chemins déjà arpentés, il n’oublie pas d’insuffler des mélodies de qualité évitant à l’ensemble de sombrer dans la facilité. Le songwriter canadien mélange habilement les morceaux rock et les ballades acoustiques, en y injectant une réelle sincérité. Les fans de Bruce Springsteen, Neil Young et Wilco devraient apprécier cet artiste particulièrement talentueux…

Neu!

Neu!

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Neu! est considéré comme un des ensembles les plus radicaux de la scène krautrock. Si Michael Rother et Klaus Dinger ont brièvement transité par Kraftwerk, le duo s’est rapidement orienté vers un style minimaliste, réputé pour son groove hypnotique et mécanique. Urbaine, expérimentale et répétitive, la musique de ce duo allemand se voulait le reflet de l’aliénation moderne, à contrario de l’évasion et du rêve proposé par nombre de ses contemporains, insulaires tout particulièrement. Elle a ainsi influencé le mouvement punk, mais également industriel. Fondé en 1971, Neu ! s’est séparé, puis reformé à plusieurs reprises. Il avait même enregistré un opus au cours des 80’s qui n’est sorti qu’une dizaine d’années plus tard. De nombreux artistes et groupes se sont réclamés et se réclament toujours de ce combo ; et pas des moindres. Jugez plutôt : David Bowie, Brian Eno, PIL, LCD Soundsystem, Radiohead, Julian Cope, Sonic Youth, Stereolab, et la liste est loin d’être exhaustive.

Un coffret réunissant cinq vinyles vient de paraître en édition illimitée. C’est Michael Rother en personne qui a pris l’initiative de sortir ce box. Il contient « Neu ! », « Neu 2 », « Neu 75’ », « Neu ! ‘86 » (remixé par Michael) et « Neu !72 », un enregistrement ‘live’ inédit de 20 minutes. Le tout est enrichi d’un livret de 36 pages signé Illife. T-shirt et codes d’accès pour téléchargement numérique complétant le packaging.

 

Nada Surf

If I had a hi-fi

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Le sixième album de Nada Surf est exclusivement constitué de reprises. Un projet qui n’est cependant pas destiné à mettre en exergue de leurs références. En fait, les musicos ont tout simplement décidé de mettre à leur sauce, des chansons qu’ils avaient appréciées, au cours des derniers mois. Des sessions qui n’ont duré que 3 semaines. Elles se sont déroulées en septembre 2009, aux studios texans ‘Resonate’ d’Austin (Texas) ; des sessions au cours desquelles, le trio a notamment reçu le concours du pianiste Louie Lino. Douze covers parfois méconnaissables (et en particulier le « Love and anger » de Kate Bush) mais souvent remarquablement réappropriées (le décalé « Enjoy the Silence » de Depeche Mode, le pétillant « You were so warm » de Dwight Twilley, le ‘byrdsien’ –ces superbes harmonies vocales et cette électricité crépitante !– « Electrocution » de Bill Fox et « Bye Bye Beauté » de Coralie Clément ; chanté dans la langue de Molière par Caws, il est bercé par de subtiles cordes de guitare bringuebalantes). Plus fidèle à l’original, le « Love goes on » des Go-Betweens communique parfaitement son feeling mélodique. Tout comme le vivifiant « The agony of Laffitte » de Spoon. Ballade mid tempo, « Evolution » est signée par un obscur combo espagnol répondant au patronyme de Mercromina. Imprimée sur un mid tempo, elle est enrichie d’orchestrations de cordes. Des orchestrations que l’on retrouve sur la version du « Question » des Moody Blues. Etoffée de cuivres, pour la circonstance. Superbe, elle est presque parfaite. Presque, à cause de la voix de Matthew qui ne parvient pas à moduler son timbre, comme David Justin Hayward, lors du couplet central. Reste le trop bref et intimiste « Janine » d’Arthur Russell, et puis le pêchu et nerveux « Bright side » de The Soft Pack. Une adaptation qui baigne dans la power pop réminiscente des Buzzcocks. Pas l’album de l’année, mais un opus aussi agréable que rafraîchissant…

Les Ramoneurs de Menhirs

Amzer an Dispac’h

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Si vous ne connaissez pas encore les Ramoneurs de Menhirs choisissez l’option 1. Dans le cas contraire, passez directement à l’option 2.

Option 1 : en quelques mots, Les Ramoneurs de Menhirs est un groupe français. Enfin plus exactement breton. Il pratique un rock alternatif mâtiné de folklore traditionnel. Loran en est le guitariste. C’était un des membres de la formation mythique Bérurier Noir. Il s’est établi dans la Bretagne profonde. Chez LRDM on retrouve les riffs de gratte tranchants très caractéristiques des Bérus. Mais aussi la boîte à rythmes minimaliste. Et le tout se marie allègrement avec l’instrumentation bretonne, comme le biniou ou la bombarde.

Option 2 : fondé en 2006, Les Ramoneurs de Menhirs n’en est pas à son premier essai discographique. Une chose est sûre, sur ses disques précédents, il avait déjà prouvé qu’il excellait dans les reprises de chants traditionnels ; à l’instar de « BellArb », qui figurait sur l’elpee « Dañs an Diaoul », publié en 2007. Pour la circonstance, le combo nous propose 11 titres sorti de derrière les fagots (NDR : ou d’un vieux meuble châtaignier, si vous préférez),  réarrangés à la sauce bretonne.

Les textes sont résolument engagés. Des lyrics qui sont également le fil conducteur. Suffit de consulter le booklet pour s’en convaincre. D’ailleurs, "Amzer an dispac'h" se traduit par "Le temps de la révolte". Résistance, liberté, solidarité ainsi que défense de l’environnement et des minorités sont autant de thèmes développés sur les chansons de cet elpee.

L’opus s’ouvre par deux plages dispensables. Et en particulier « Oy oy oy », dont le punk extrême et violent lorgne un peu trop vers les Cockney Rejects. La suite est bien plus intéressante. « La blanche hermine » évoque les Bérus. Un peu normal, puisque Gilles Servat y fait une apparition. Autre invitée : Louise Ebrel. Malgré son âge respectable (NDR : elle est née en 1932 !), elle est venue booster les refrains de « Menez unan ». Le long playing recèle également une reprise du « If the Kids ar United » de Sham 69. Une cover qui correspond parfaitement à l’esprit des Ramoneurs, et de l’ambiance qui règne lors de leurs concerts. Imaginez une horde de punks levant le poing en reprenant en chœur, ‘If the kids are united, then we’ll be never divided’ !

Si vous avez choisi l’option 1, je vous conseillerai d’abord d’assister à un de leurs sets. Celui, particulièrement animé et sold out, accordé à la Zone (Liège) en février dernier, pourrait d’ailleurs servir de référence. Ou de vous procurer « Dañs an Diaoul », un somptueux opus qui vous permettrait de mieux vous familiariser avec leur style musical. Car « Amzer an Dispac’h », bien que rafraîchissant comme un hydromel ‘suchenn’, nécessite plusieurs écoutes et surtout une bonne connaissance de leur parcours, avant d’être apprécié à sa juste valeur…  

Les Blérots de Ravel

Sauve qui peut

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Les écrivains éprouvent souvent le syndrome de la page blanche. Cette fameuse angoisse de ne pas trouver l'inspiration au moment d'entamer son œuvre. Et les chroniqueurs n’échappent malheureusement pas à cette règle. La volonté de rester à la fois objectif et exhaustif sur ce site, m’oblige toutefois à réécouter plusieurs fois de suite cet album. D’autant plus que le groupe est constitué d’excellents musiciens. En outre leurs lyrics tiennent la route. Pas comme chez Tryo, dont les textes font parfois un peu pitié…

Tout au long de leur nouvel opus, les Blérots de Ravel explorent différents univers sonores : ska, folk, rock, jazz, chanson française de rue, sans oublier d’emprunter à la culture yiddish et slave (l’intro de « Radio tribale », en est certainement la plus belle illustration). Mais pas des univers sonores différents. Nuance !

Ce qui explique pourquoi, le 6ème album des comparses du Renouveau Artistique Volontairement Elaboré par des Losers (R.A.V.E.L.) ne déçoit pas. Mais ne m’emballe pas non plus. On y recèle bien l’un ou l’autre refrain contagieux. A l’instar de ceux dispensés sur « File d’attente » ou « Fleur bleue ». Et puis de subtiles et efficaces envolées de cuivres qui parviennent à tenir en haleine. Ouf, la page ne sera pas blanche ; par contre je crains fort que cet album des Blérots de Ravel ne fasse chou blanc…

 

Daniel Johnston

The story of an artist

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Dessinateur, chanteur, pianiste et guitariste, Daniel Johnston est né en 1961. Il serait à l’origine de la lo-fi. Faut dire qu’une bonne moitié de son œuvre ne figure (figurait), à ce jour que sur des cassettes, enregistrements qu’il distribuait ou vendait au gré de sa fantaisie. Après y a voir collé un des ses dessins. Surtout à ses débuts. Sur ces supports sonores, la qualité sonore est souvent fort limite, mais les compos, sculptées dans le rock, le folk ou la pop trahissent un sens mélodique particulièrement aiguisé. Des chansons qu’il interprète d’un timbre étonnement juvénile. Munster a décidé de graver ses premiers enregistrements, composés entre 1980 et 1986, sur compact discs. Et de les publier sous un même box. Après remasterisation. Le disque promo, objet de cette chronique, recèle 24 de ces morceaux, puisés parmi les différentes rééditions.

Maniaco-dépressif, Daniel a été interné à plusieurs reprises. Et à chaque sortie, il a refait surface. Souvent en bénéficiant du concours de ses admirateurs. Parmi ses plus grands fans, on retrouve ainsi Beck, Jad Fair, mais aussi les membres de Sonic Youth et de Butthole Surfers. Sans oublier Adem et James Yorkston. Ces deux derniers avaient d’ailleurs permis à Johnston de remonter sur les planches, en juillet 2007, lors d’un concert accordé à Islington, en Angleterre ; un événement immortalisé sur Dvd.

Insidious Disease

Shadowcast

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Insidious Disease est le nouveau ‘Supergroupe’ death métal. Le milieu du métal extrême ressemble parfois à un immense club échangiste. Les musiciens passent d’un groupe à l’autre, forment des projets parallèles, sortent des disques solo ou sont invités sur les albums d’autres formations. Bref, il est quasiment impossible de dénicher un musicien ‘death’ ou ‘black’ qui ne soit pas impliqué dans plusieurs bands différents. Si certains d’entres eux se contentent d’une petite infidélité de temps à autre, il y en a, par contre, qui sont de véritables partouzeurs.

C’est le cas, par exemple, de Shane Embury. L’imposant bassiste anglais de Napalm Death, est bien connu pour frotter ses gros doigts velus sur les manches (des basses) de Lock Up, Brujeria, Unseen Terror, Warhammer, Meathook Seed, Venomous Concept, Azagthoth, Drop Dead, Blood from the Soul et j’en passe. Le batteur américain Tony Laureano (Nile) est un autre échangiste musical compulsif. Son patronyme apparait sur les listes de membres de clubs aussi privés qu’Acheron, Angelcorpse, Astaroth , God Dethroned, Internecine, Malevolent Creation, Nidingr, 1349, Aurora Borealis, Belphegor, Brujeria, Devolution, Dimmu Borgir, Eulogy, Naphobia, Nachtmystium, Sanctification, The Black Dahlia Murder, Insidious Disease et Kult ov Azazel.

Bien qu’ils soient un peu moins portés sur la chose, les autres membres d’Insidious Disease, ne sont pas non plus adeptes de la fidélité musicale. Le guitariste norvégien Silenoz (Sven Atle Kopperud, comme l’appelle sa maman), est aussi le six-cordiste de Dimmu Borgir, Nocturnal Breed et Malefic. Jardar, l’autre guitariste est le plus raisonnable du lot puisqu’Insidious Disease constitue sa seule tromperie à Old Man’s Child. Marc Grewe, le dernier de ces pervers notoires jouit d’un statut quasi culte, puisqu’il est le hurleur de l’une des plus anciennes formations death métal allemandes : Morgoth. Ses adultères musicaux, l’ont, quant à lui, amené à partager la couchette du tour bus d’Action Jackson, Comecon et Power of Expression.

Cette liste (non-exhaustive) des inconstances de nos cinq instrumentistes lubriques vous a déjà probablement mis le morpion à l’oreille : le virus de la maladie insidieuse qu’Insidious Disease transmet via son premier album « Shadowcast » a été cultivé sur une vielle souche du métal de la mort ! ‘Death Metal Old School’, le mot est lâché. En tant qu’experts du style, les cinq gangbangers savent que pour donner du plaisir, le death métal doit rester simple et brutal. Ne pas être trop technique, trop poli ou trop mélodique. « Shadowcast » évoque l’agressivité morbide des vieux opus d’Entombed, Death, Suffocation, Grave et même parfois le death ancestral de Celtic Frost. Cependant, le son puissant et moderne séduit davantage, même les amateurs de death moderne pré-pubères. L’organe vocal de Marc Grewe, moins guttural et standardisé que celui de la plupart des groupes death actuels, renforce encore agréablement ce côté ‘old school’.

Sans être innovateur, voici un album qui sort vraiment de la masse. Et, chose rare pour un album de death métal ; après 36 minutes, on en redemande ! Encore, encore, …

Herbie Hancock

The Imagine project

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Herbie Hancock vient donc de fêter ses 70 balais. Pour célébrer cet événement, ce compositeur d’exception et remarquable pianiste a donc décidé d’enregistrer un nouvel album, « The Imagine Project ». Il s’est donc entouré une pléiade de collaborateurs notoires issus de l’univers du jazz, mais également du rock, de la pop, du blues, du r&b et de la world, pour concrétiser ce projet. Il a, en outre, enregistré les compos, au sein des pays des musiciens invités, histoire de communiquer le feeling des différents lieux aux compos. Et confié la mise en forme au producteur Larry Klein (partenaire de Joni Mitchell, Madeleine Peyroux, Luciana Souza, Tracy Chapman, Melody Gardot et déjà impliqué sur l’album d’Hancock, « River »).

Véritable icône de la musique contemporaine, Hancock adore expérimenter. Fusionner et transcender les genres. Et c’est ce qu’il a voulu, à nouveau réaliser, sur cet elpee. Une constante, les ivoires d’Herbie. Il n’en fait jamais trop, mais ce sont ses accords parcimonieux et judicieux au piano qui font vibrer les compos. Mais passons un peu au crible les 10 plages de cet opus.

« Imagine » de John Lennon. Un classique. Y participent notamment Seal, Pink, Konono No l, Jeff Beck, Oumou Sangare, India.Arie, Lionel Loueke et Marcus Miller. Malheureusement, les vocalistes veulent en faire un peu trop. Un peu comme dans la Star’Ac. Et gâchent l’excellence de l’instrumentation.

A contrario, sur le « Don't give up » de Peter Gabriel, Pink et John Legend conjuguent leurs timbres à merveille. Sans en remettre trois couches. Un grand moment d’émotion.

Signé Baden Powell/Vinicius De Moraes, l’adaptation de « Tempo de amor » bénéficie la participation de la Brésilienne Céu, et exhale un petit parfum latino très rafraîchissant…

Derek Trucks et Susan Tedeschi se partagent les voix sur le « Space captain » de Matthew Moore. Pour les amateurs de gospel, exclusivement

The Chieftains, Toumani Diabate et Lionel Loueke épaulent Herbie lors de la cover du “The times, they are a’ changin’ » de Bob Dylan. La superbe voix de Lisa Hannigan me rappelle une certaine Mélanie.

Issu de la plume de Juan Esteban Aristizabal, « La tierra » baigne également dans un climat latino. Et c’est la superstar Juanes qui se charge des parties vocales.

Les musiciens de Tinariwen et Los Lobos participent à l’« Exodus » de Bob Marley, une version revue et corrigée par la formation malienne. Superbe !

Encore une belle réussite. Le “Tomorrow never knows” des Fab Four. Dave Matthews est au chant et à la guitare. Matt Chamberlain aux drums. Encore plus psychédélique que l’original.  

L’organe vocal de James Morisson domine le « A change is gonna come » de Sam Cooke. Si vous aimez les vocalises r&b. Pas ma tasse de thé.

Le « The song goes on » de Larry Klein nous projette en Inde. La sitariste Anoushka Shankar (NDR : la fille de Ravi est soutenue, pour la circonstance, d’une myriade de musiciens locaux), s’y révèle vraiment brillante. Chaka Khan ne l’est pas moins, mais sa voix se fond parfaitement dans l’ensemble, tout comme le saxophone de Wayne Shorter. Envoûtant !

Enfin, pour que votre info soit complète, sachez que pour célébrer l’anniversaire d’Herbie Hancock, Sony Music publiera, en septembre, un coffret intégral de 35 Cds regroupant l’ensemble de ses albums enregistrés pour Columbia entre 1972 et 1988.

 

Gorillaz

Plastic Beach

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2D, Noodle, Russell et Murdoc se tiennent tranquilles, un cocktail à la main et les pieds dans l’eau. Les quatre ‘virtual heroes’ ont rassemblé du beau monde autour de leur ‘Plastic Beach’. C’est à Snoop Dogg que revient l’honneur de délivrer le petit speech d’ouverture (« Welcome To The World Of The Plastic Beach ») et déjà, ça le fait grave. Les hôtes ne se sont pas foutus de la gueule des convives. En guise de première danse, « White Flag » prend un envol arabisant, sorte de séquelle orientale au projet « Monkey : Journey To The East ». La promenade ne fait que commencer, mais le quatuor en fait déjà voir de toutes les couleurs à leurs invités au travers d’hymnes estivaux aux atmosphères diamétralement opposées (l’intriguant « Stylo » suivi d’un « Superfast Jellyfish » délirant et soutenu par De La Soul et Gruff Rhys).

Au terme de cet échauffement, un magnifique coucher de soleil. En fond sonore, le splendide « Empire Ants ». Gorillaz a sorti le grand jeu, en compagnie de Yukimi Nagano de Little Dragon. Les invités de marque se succèdent alors à une vitesse folle. Ainsi, Mark E. Smith (The Fall) s’active sur un « Glitter Freeze » déboulant à du 100 à l’heure avant de donner le relais à un Lou Reed relax derrière son « Some Kind Of Nature ». S’ensuit un petit tour du côté de la bien nommée ‘Melancholy Hill’ où Albarn prend les choses en main, seul. L’air se rafraîchit. Sur le chemin du retour, le chanteur conte ses déboires à qui veut l’entendre au son d’un « Broken » qui parvient, judicieusement, à focaliser toute l’attention sur lui. La promenade se clôture autour d’un feu de joie sur une plage d’où s’échappent des sons hypnotiques (« Plastic Beach », « To Binge »). Mos Def et Bobby Womack, qui se relayaient  au micro de « Stylo », s’y succèdent cette fois (« Sweepstakes », « Cloud Of Unknowing ») pour un ultime adieu. Les festivités touchent à leur fin. 2D, Noodle, Murdock et Russell remontent alors à bord de leur « Pirate Jet » avant de filer vers de nouvelles aventures. Et si leur nouvelle destination est aussi surprenante que celle-ci, dieu sait qu’on sera les premiers au rendez-vous…

Fehlfarben

Glücksmaschinen

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Souvenez-vous, en 1982, « Ein Jahr (Es geht voran) » cartonnait au sein des charts internationaux. Une compo issue du premier elpee de Fehlfarben, « Monarchie und Alltag », paru deux ans plus tôt. Depuis, la formation allemande (NDR : fondée à Düsseldorf, en 1979) n’est plus jamais parvenue à renouer avec le succès. Changements de line up, séparations, reformations, ont même émaillé le parcours du combo, au cours des trois dernières décennies. Peter Hein, le leader et vocaliste, s’était même barré pour embrasser une carrière individuelle, à l’issue de la sortie de ce long playing. Pour revenir au bercail, en 2003.

« Glücksmaschinen », le nouvel album de la formation germanique, recèle une compo qui vaut son pesant d’or : « Neues leben ». Digne de leur hit du début des eighties. Tout y est : la fureur lyrique, le groove de la ligne de basse et les pulsions électro industrielles. Sans oublier les lyrics qui traitent de la situation socioéconomique contemporaine. Des thèmes qui alimentent d’ailleurs la plupart des textes de ce disque. Malheureusement, le reste de la plaque fait un peu pâle figure. Il y a bien encore le titre maître, dansant et mélodique, qui nous replonge dans l’univers post/punk (NDR : ou new wave, si vous préférez). Ou encore « Vielleicht leute 5 », caractérisé par son clavier vintage et ses accès de basse ténébreux, cold, même s’il est quelque peu gâché par des interventions vocales, un peu trop approximatives. Voire le final « Respekt ? », rappelant que les musiciens de Fehlfarben sont toujours des inconditionnels du Clash (NDR : et certainement du classique « The magnificent seven »). Un Ep aurait suffi !