L’aurore de Lathe of Heaven…

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La vie explosive de Fine Lame

Groupe de rock poétique incisif, enflammé, tumultueux, exalté, tranchant, Fine Lame convoque le rock français à appétence littéraire et la tradition du spoken word anglo-saxon. Le groupe a sorti un premier Ep 5 titres le 29 novembre 2022 qui évoque tant le…

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Saxon Shore

It Doesn’t Matter

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Quatre années se sont écoulées depuis la sortie du dernier album de Saxon Shore (« The Exquisite Death »), un groupe responsable d’un post-rock flirtant allègrement avec le shoegazing des Explosions In The Sky, Mono ou encore Mogwai. Durant toute cette période, la formation a notamment accompli une tournée au pays du soleil levant. Les différents membres ont aussi déménagé aux quatre coins des Etats-Unis : Philadelphie, Baltimore et même New York. Enfin le line-up du combo s’est enrichi de deux nouveaux membres : le bassiste William Stichter et le guitariste/claviériste Oliver Chapoy. Suivant son habitude, Saxon Shore (NDR : le drummer de Fleet Foxes, Josh Tillmann, y a milité à une certaine époque) a décidé de se charger de la distribution ainsi que de la promo de son nouvel elpee. Ce qui ne l’a pas empêché de faire appel au producteur le plus prisé pour l’instant, Dave Fridmann (MGMT, Clap Your Hands Say Yeah, Flaming Lips, …), pour le mettre en forme.

Première constatation, sur ce « It Doesn’t Matter », Matthew Doty (NDR : c’est le membre fondateur, mais également le principal compositeur) a voulu ajouter des parties de chant. Tout au long de « This Place ». Et le résultat est plutôt réussi. Une plage au cours de laquelle la vocaliste japonaise Caroline Lufkin vient poser son timbre suave, un peu comme à la plus belle époque de Cocteau Twins voire de My Bloody Valentine. Une sensation accentuée par ces cordes de guitare distordues, mais distantes, canalisées ici par des accords de piano délicat.

Seconde constatation, Doty a voulu expérimenter des arrangements de cordes. Sur « Small Steps ». Mais si le concours de violons rend la solution sonore homogène, le résultat final n’est quand même pas exceptionnel.

Le reste de l’elpee est partagé entre titres atmosphériques réminiscents de Mogwai et  morceaux plus rythmés, susceptibles de rappeler les Norvégiens de Jaga Jazzist, à l’instar de l’excellent « Sustained Combustion » ou encore de « Japan 412am ».

Bref, si une partie de l’œuvre emprunte une forme largement explorée, Saxon Shore a quand même eu le bon goût de tenter l’une ou l’autre expérience intéressante. Aussi, je conseillerai cet elpee uniquement aux adeptes du genre. Et il est vrai que de nombreux aficionados aiment toujours planer à l’écoute de ces envolées sonores, traversées d’accès de larsen (im)prévisibles. Et tant mieux s’ils y prennent leur pied !

 

Shining (Norway)

Black Jazz

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Il ne doit pas vraiment être simple pour Indie Recordings d’héberger deux groupes différents qui portent le même patronyme. Le Shining qui nous intéresse aujourd’hui est norvégien et s’est inventé un style musical bien à lui qu’il a choisi de baptiser ‘black jazz’. Il ne faudrait surtout pas le confondre avec l’autre Shining, suédois celui-là, et pourvoyeur d’un black métal suicidaire et provocateur. Non contents de porter le même nom et d’être signés sur le même label, les deux combos scandinaves ont pour autre point commun d’être très extrêmes dans leurs genres respectifs. Et, si le Shining norvégien ne pratique pas vraiment le métal, son côté violent et excessif pourrait très bien attirer plus d’un amateur de musique infernale. Leurs compatriotes vikings d’Enslaved l’ont d’ailleurs bien compris en les emmenant dans leurs bagages lors de leur tournée de 2007.

Shining existe depuis 1999 et compte déjà quelques albums à son actif. La musique gravée sur l’album « Black Jazz », aussi étrange et virulente que le look des quatre instrumentistes qui la jouent, est tout à fait indescriptible. Technique et d’une violence extrême, elle est caractérisée par des vocaux schizophréniques hurlés, des guitares sauvages et les interventions complètement folles, au saxophone, de Jørgen Munkeby. Aux expérimentations déjantées de ce multi-instrumentiste viennent se greffer les claviers et les samples industriels de Moen ainsi que la batterie technique de Lofthus et la basse de Kreken. Le résultat est surprenant, déroutant et cependant hautement jouissif. Il navigue quelque part entre les délires jazz rock de Frank Zappa, la violence industrielle de Ministry et les expérimentations progressives de King Crimson. Shining semble d’ailleurs vouer une certaine admiration au groupe de Robert Fripp puisqu’il se fend d’une reprise très personnelle et très réussie du classique « 21st Century Schizoid Man ».

Autant le dire tout de suite, le « Black Jazz » n’est pas destiné à toutes les oreilles et il faut même en avoir une sérieuse paire pour oser s’y frotter. Amateurs de sonorités extrêmes et avant-gardistes, ruez-vous sur ce disque, il est fait pour vous !

Ben Sollee

Learning to Bend

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Sollee Ben est un violoncelliste qui nous vient de Louisville, dans le Kentucky. Un artiste très peu connu qui nous propose son tout premier elpee, « Learning to Bend », un disque paru chez Karate Body. Et ma foi, c’est une excellente surprise. Ce Yankee pratique une forme de folk insolite, contaminé par le blues, la soul et d’un zeste de jazz, qui me rappelle parfois celui concocté par Andrew Bird. Sa musique est douce, harmonieuse, fragile, finement sculptée, inspirée, mais elle sert des textes engagés, raillant tantôt le gouvernement américain ou l’état alarmant de sa société. Il émane une sincérité bouleversante des compos de ce jeune artiste (NDR : il est à peine âgé de 25 ans !) Mais l’originalité de son expression sonore procède de cette rencontre judicieuse entre son violoncelle et le banjo, le saxo ou les harmonies vocales féminines. Tout ceci sous un format pop. Pourtant, c’est lorsqu’il accélère le tempo que je le trouve le plus performant. A cet instant, on a l’impression qu’il est transporté par une forme d’euphorie. L’opus recèle une superbe et émouvante reprise du « A Change Is Gonna Come » de Sam Cooke. Activiste politique, Ben semble avoir choisi la manière douce, pour faire passer son message.

Ben Sollee a figuré dans le top 10, pour l’année 2009, des meilleurs artistes inconnus, de la National Public Radio (la radio gouvernementale américaine). Une bonne raison pour vous pencher sur ce cas vraiment particulier. Il vient également de concocter un album en compagnie de Daniel Martin Moore, un disque produit par Yim James (My Morning Jacket), et publié sur la vénérable Sub Pop ; une œuvre qui a également reçu un accueil très favorable auprès de la presse spécialisée…

The Souljazz Orchestra

Rising Sun

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The Souljazz Orchestra est, aujourd’hui une des formations les plus sollicitées pour jouer sur scène. Leur recette ? Ressusciter les grooves des 60’s et 70’s en préparant un cocktail explosif d’Afrobeat (NDR : surtout celui de Fela Kuti), de rythmes latinos, de soul et de jazz. Etonnant quand on sait que le combo est issu du Canada. Mais peut-être que transis par le froid, le sextuor a décidé de nous réchauffer le cœur. Les six membres du band sont issus d’univers musicaux différents. Une constante quand même : leur passion pour le jazz. Et manifestement, leur nouvel opus, « Rising Sun », en et bien imprégné.

« Rising Sun » fait donc suite à deux bombes larguées par label torontois Do Right ! : « Freedom No Go Die » en 2003 et « Manifesto » en 2006. Depuis, le collectif s’est lié à l’écurie londonienne Strut, prestigieuse pour ses nombreuses rééditions (« Bob Blank », « ZE Records » ou encore récemment « Next Stop… Soweto »). Ce qui devrait permettre à cette formation issue d’Ottawa de prendre une autre dimension. D’ailleurs, leur présence sur les planches, est annoncée un peu partout en Europe.

Gilles Peterson, animateur à la radio BBC One, estime qu’il s’agit du meilleur album paru depuis le début de l’année. Il le qualifie même d’exceptionnel. Faut dire qu’il est riche en énergie et culture musicale ! Jamais l’Afrobeat n’a été aussi bien expatriée, même là où les régions sont froides. Et après un premier morceau mélancolique intitulé « Awekening », histoire d’entrer dans leur univers sonore tout en douceur, c’est « Agbara » qui sonne la charge et donne le groove. Un groove tranchant et efficace ! Percussions, marimba et saxophone vibrent à l’unisson. On croirait le Roi Fela revenu une dernière fois pour envoyer la sauce ! Caractérisé par sa basse élastique, « Lotus Flower lorgne vers Medeski, Martin & Wood, mais un trio qui aurait adopté un jazz soul sans le côté expérimental, trituré et analogique. « Consecration » rend en quelque sorte hommage à John Coltrane, une des influences majeures du groupe. Et le reste est d’aussi bonne facture…

En parvenant à réaliser une fusion parfaite entre Afrobeat et Jazz, The Souljazz Orchestra vient de concocter un disque tout bonnement éblouissant.

 

Jean Ferrat

Ferrat rejoint Ferré, Brel, Brassens : quel quatuor là-haut !

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Jean Ferrat, né Jean Tenenbaum s’est éteint ce samedi à l’âge de 79 ans à Aubenas en Ardèche. Ce grand auteur-compositeur-interprète laisse derrière lui des chansons incontournables telles que « La femme est l’avenir de l’homme », « La montagne », « Que serais-je sans toi », « Aimer à perdre la raison » pour ne citer que celles-là.

Sa carrière commence en 1961 avec la sortie d’un 25 cm « Deux enfants au soleil » directement primé par la SACEM et se termine 41 ans plus tard par un « Ferrat en scène » en 2002. Jean Ferrat aura réalisé plus de 20 albums (studios, compilations ou en concert) et écrit plus de 300 chansons interprétées essentiellement par lui-même. Ses textes et compositions seront également chantés par Isabelle Aubret ou Daniel Guichard, entre autres.

Grand amateur de poésie, il se fera un point d’honneur à mettre en musique une grande partie de l’œuvre d’Aragon, son poète fétiche.

Son histoire n’est pas banale. Son père, déporté par les nazis, mourra à Auschwitz en 1941 et lui-même sera alors caché et protégé par les militants communistes. Dès l’âge de 15 ans, il travaille pour subvenir aux besoins de sa famille. Parallèlement à son boulot, il entre dans une troupe de comédiens et compose ses premières chansons. Ce n’est qu’en 1958 qu’il sort un premier 45 tours, sans succès à l’époque.

Naturellement très engagé politiquement, à gauche pour être plus précis, Jean Ferrat sera aussi de tous les combats tant sociaux que politiques. Vivant intensément mai 68, dénonçant la déportation, l’omnipotence communiste dans les pays de l’est dont les dérives du Printemps de Prague, les guerres coloniales, il n’est pas trop indiqué de programmer Ferrat sur les ondes françaises. Les dirigeants tant à gauche (Marchais) qu’à droite (Giscard) en prendront également pour leur grade.

Se faisant plus rare depuis 2001 et son dernier album studio « Ma France » Jean Ferrat se retire dans son Ardèche pour n’en sortir que de plus en plus rarement.

Gagné par la maladie depuis quelques années, Jean Ferrat est récemment hospitalisé à Aubenas, suite à une mauvaise chute. Quelques jours plus tard, le samedi 13 mars, Jean quitte pour toujours son Ardèche et part rejoindre Christine, son épouse trop tôt décédée.

 

Dark Side Of The Flaming Lips

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« Dark Side Of The Moon », la version revue et corrigée du classique de Pink Floyd par The Flaming Lips et leurs amis StarDeath and White Dwarves, Henry Rollins et Peaches, distribuée fin 2009 via iTunes uniquement, connaîtra également une sortie physique. Le CD du projet de Wayne Coyne et ses acolytes atterrira dans les bacs le 30 avril.

Eddy Current Suppression Ring

Rush To Relax

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L’univers, l’influence et la morgue de Mark E. Smith (The Fall) ou celle, plus récente, d’Eddie Argos (Art Brut) viennent directement à l’esprit, lorsqu’on écoute les 10 morceaux concoctés par Eddy Current Suppression Rings. Même esprit punk, même humour noir tranchant et même rock primaire joliment sous-produit…

Formé à Melbourne en 2003, le gang aussie nous propose son troisième album. Pour la circonstance, il n’a fallu que 6 heures à Brendan Suppression et consorts afin de composer ce joyeux foutoir qui doit beaucoup aux guitares métalliques des Stooges et à la férocité de leurs compatriotes de X. Totalement débraillées, les compositions d’E.C.S. R. semblent avoir été interprétées en ‘live’, tant le ton est caustique. L’humour est en effet mordant tout au long des titres de « Rush to Relax ». Ainsi lors du morceau rock très basique, « Burn », par exemple, Brendan Suppression console à sa façon, c'est-à-dire férocement, un ami souffrant de dépression : ‘You Make Mistake But You Never Learn, You’re Are Going to Burn…’

Se dépêcher pour se relaxer donc. Un programme appliqué à la lettre car, après un peu plus de 30 minutes de rock direct et sincère, Brendan et ses sbires nous laissent seuls, un peu groggy, pendant une vingtaine de minutes, à l’écoute du bruit des vagues et des oiseaux… ‘You’Re Going to Holiday and You’re Never Coming Back, Slow Down Before You Fall Down…’ sont les dernières paroles du groupe avant l’apaisement. Un petite claque salvatrice et primitive en quelque sorte…

 

Haircuts That Kill – Nouvelle Coiffure

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Le printemps n’est plus loin, les beaux jours arrivent et avec eux le besoin de rafraichir la crinière hirsute qui à tenu nos oreilles au chaud tout l’hiver. En clair, nous avons besoin d’une nouvelle coupe de cheveux qui tue !

Les Haircuts That Kill (HTK pour les intimes) qui portent haut l’étendard du Heavy Métal tournaisien depuis le début des années nonante,  viennent de terminer l’enregistrement de leur second opus intitulé « Hurricane » et sont actuellement à la recherche d’un label. Selon le groupe, ce nouvel album est beaucoup plus technique et moins ancré dans le métal des eighties que son prédécesseur.

Pour s’en convaincre, il suffit d’écouter l’excellent « Mr Jack », extrait du nouvel album et proposé en téléchargement gratuit sur la page MySpace du groupe : http://www.myspace.com/haircutsthatkill

Le combo tournaisien semble avoir le vent en poupe puisqu’en plus de la sortie imminente de son nouvel album, il assurera la première partie du légendaire Blaze Bailey (ex Iron Maiden) le samedi 27 mars 2010 à la « Mare Aux Diables » de Templeuve (près de Tournai) et qu’il figurera à l’affiche du prestigieux Power Prog & Metal Festival de Mons dont, nous vous le rappelons, Scorpions assurera la tête d’affiche le 10 avril 2010.

 

Les reprises de Nada Surf

Écrit par
Le prochain Nada Surf s’intitule “If I Had a Hi-Fi” et sera entièrement composé de reprises. Ils ont reçu à cette occasion le concours de Holly Miranda et Martin Wenk (Calexico) au micro. Le disque sera publié le 7 juin et la formation viendra le défendre ce 19 avril, au Botanique.

Tracklist :

Electrocution (Bill Fox)
Enjoy the Silence (Depeche Mode)
Love Goes On (The Go-Betweens)
Janine (Arthur Russell)
You Were So Warm (Dwight Twilley)
Love and Anger (Kate Bush)
The Agony of Laffitte (Spoon)
Bye Bye Beauté (Coralie Clement)
Question (Moody Blues)
Bright Side (The Soft Pack)
Evolution (Mercromina)
I Remembered What I Was Going to Say (The Silly Pillows)

Le meilleur de Doves

Écrit par
Après avoir délivré 4 albums impeccables, Doves se permettent une petite rétrospective en publiant « The Places Between », leur premier best of. La compile comprendra le nouveau single « Andalucia » et sera disponible en 3 formats. Au choix : Un CD simple, reprenant uniquement les singles du trio; un autre augmenté d’un second disque compilant faces B et raretés;  et un dernier, véritable mine d’or pour les fans, comprenant les 2 CDs ainsi qu’un DVD reprenant tous les clips de la formation. En vente le 5 avril.

Tracklist complète :

CD1 (The Best Of):

01 There Goes the Fear
02 Black and White Town
03 Snowden
04 Here It Comes
05 Words
06 Kingdom of Rust
07 Sea Song
08 Pounding
09 10:03
10 Catch the Sun
11 Jetstream
12 The Man Who Told Everything (Summer Version)
13 Andalucía
14 Caught by the River
15 The Cedar Room

CD2 (Rarities, B-sides & alternate versions):

01 Blue Water
02 Eleven Miles Out
03 Rise
04 Darker
05 Push Me On
06 Willow's Song (Bury Version)
07 Valley
08 Northenden
09 M62 Song
10 Drifter
11 Friday's Dust (Capitol Tower Session)
12 Almost Forgot Myself (Demo)
13 Your Shadow Lay Across My Life
14 The Last Son
15 The Sulphur Man
16 At the Tower (Instrumental Edit)
17 Reprise
18 Ambition
19 Firesuite (Noise Version)

DVD (music videos):

01 The Cedar Room
02 Sea Song
03 Here It Comes
04 Catch the Sun
05 The Man Who Told Everything
06 There Goes the Fear
07 Pounding
08 Caught by the River
09 Black and White Town (Director's Cut)
10 Snowden (Live Edit)
11 Sky Starts Falling
12 Kingdom of Rust
13 Winter Hill

Un opéra pour (Calixia) Who

Écrit par

Collectif belge de rock alternatif et d’art total, Calixia Who s’est lancé dans l’écriture d’un opéra rock électronique et visuel. Il aura fallu deux ans à Hyden Moore et à l’ingénieur du son belge Handrein Peters pour concrétiser ce projet hybride au sein duquel poésie, images et vidéos ont été intégrés. Le fruit de leurs élucubrations sera reproduit sur un album intitulé « Boyhood ».Il réunit onze titres dont la musique serait inspirée à la fois par Depeche Mode et Patti Smith, dans sa période punk. Il sera disponible sur iTunes et les principaux revendeurs digitaux dès le mois de mai.

Pour plus d’infos http://www.calixiawho.com

 

Various Artists

Where the blues crosses over 2010

Écrit par

Le label Ruf a été fondé par un fan acharné de blues, Thomas Ruf. De nationalité allemande, il était aussi promoteur, agent et manager. Il adorait tout particulièrement Luther Allison, un artiste noir chicagolais exilé en France depuis le début des années 80. Pas étonnant que le label fasse une large place au regretté bluesman (NDR ainsi qu’à son fils, Bernard) au sein de son catalogue. Mais pas seulement ! En dix ans, Ruf compte plus de cent albums dans ledit catalogue. Cette écurie a également permis à de jeunes artistes de s’illustrer. Des Anglais tout d’abord. Dont Aynsley Lister, Ian Parker et Oli Brown. Mais aussi et surtout des artistes féminines comme Deborah Coleman, Sue Foley, Ana Popovic, Roxanne Potvin, Joanne Shaw Taylor, Dani Wilde, la Scandinave Erja Lyytinen et la diva Candye Kane. En outre, la boîte s’est surtout investie pour relancer certains artistes ou groupes autrefois notoires. Et je pense tout particulièrement à Canned Heat, Walter Trout ainsi qu’Omar Dykes avec ou sans ses Howlers.

Pour assurer la promo de son label, Thomas édite circonstanciellement des compiles à prix réduit. A l’instar de "Blues guitar women", "Summertime blues" et aujourd’hui de ce "Where the blues crosses over". Dont il s’agit déjà du second volume. Il met en exergue un éventail non exhaustif (sans considération d’âge ou de sexe) de son catalogue.

Big Daddy Wilson est un bluesman noir américain. Il s’est établi, depuis bien longtemps au Nord de l’Allemagne. Il chante "Love is the key" en s’accompagnant à la guitare acoustique.

Jeff Healey soufrait de cécité. Il nous a quittés ce 2 mars 2008. Le souvenir de ce chanteur/guitariste nous est rappelé tout au long d’"I think I love you too much".

Luther Allison vient de concocter un double album, "Songs form the road". Un espace lui a donc été réservé sur le recueil.

Omar Dykes est un personnage que j’apprécie tout particulièrement. Il est soutenu par Jimmy Vaughan lors de son excellente reprise du "Big town playboy" d'Eddie Taylor.

Coco Montoya a acquis une notoriété certaine depuis son long séjour opéré chez les Bluesbreakers de John Mayall, où il a longtemps milité auprès de Walter Trout. C’est la dernière recrue du label. Le titre maître de son nouvel elpee lui est consacré.

Les quatre filles retenues pour figurer sur ce cd sont peu connues. Surnommée la ‘Bonnie Raitt’ finlandaise, Erja Lyytinen nous propose "Crows at your door", une plage lente, aux accents dramatiques, au cours de laquelle ses interventions au bottleneck sont particulièrement subtiles. Elle assure également le chant, d’une voix tendre mais passionnée, soutenue par les accents d’une slide à la fois envoûtante et mélodieuse

Joanne Shaw Taylor est un jeune anglaise. Elle a bénéficié du concours du producteur et claviériste Dave Stewart (ex-Eurythmics), pour enregistrer "Just another word". Elle chante d’une voix intimiste "White Sugar", un extrait de cet elpee.

Shakura S'Aida est née à New York. Elle a passé sa jeunesse en Suisse, mais s’est établie depuis plusieurs années au Canada. Une chanteuse de couleur noire qui possède un joli brin de voix. Et elle le démontre tout au long de "Chasing the sun", une compo au tempo lent, soulignée par un orgue Hammond. Cette plage figurera sur son premier album intitulé "Brown sugar". Bénéficiant du concours de Jim Gaines à la production, ce disque sortira dans les prochaines semaines.

Chanteuse autrichienne, Meena est âgée de 33 ans. Et possède également une jolie voix. Elle vient également de commettre son premier elpee. Et (tiens tiens), c’est encore Jim Gaines qui est à la mise en forme. Publié en janvier, ce long playing s’intitule "Nothing left". Elle nous en propose un rock R&B de bonne facture

Et pour clore le chapitre, la plaque épingle Oli Brown, un jeune blues rocker anglais responsable, voici peu d’un elpee intitulé "Open road". En est extrait, "Stone cold (Roxanne)", un blues rock interprété sous la forme d’un trio bien ‘british’ !

 

Takana Zion

Rappel à l’ordre

Écrit par

Né un 30 juin 1986 à Conakry, capitale de la Guinée, Zion Takana se sent très tôt interpelé par les inégalités dont sont victimes ses compatriotes ; et en règle générale la majorité de la population vivant sur le continent africain. C’est donc tout naturellement qu’il se tourne vers un des seuls moyens d’expression autorisés sur cette partie de la planète : la chanson. Ses racines et ses goûts musicaux le poussent immédiatement vers un style qui oscille entre le rap et le reggae. Bien vite cependant, c’est ce dernier courant qui emporte ses suffrages. Le reggae est en effet un des styles musicaux les plus appropriés pour véhiculer tous les désespoirs et toutes les douleurs des hommes de couleur.

Responsable, entre décembre 2006 et janvier 2007 d’un premier pamphlet intitulé « Zion Prophet », pour lequel il avait reçu la collaboration de Manjul (rencontré à Bamako au Mali où il s’est exilé), Takana réalise et produit ce second album deux années plus tard.

Takana nous propose 13 plages d’un reggae tout ce qu’il y a de plus traditionnel. Ses influences oscillent, à l’instar de nombreux interprètes du genre, entre Tosh, Marley et Joseph Hills. Entre autres. Contrairement aux deux premiers cités, Takana a l’audace d’interpréter la plupart de ses compos dans son idiome natal, le Soussou ; mais il n’hésite pas à utiliser l’anglais ou le français afin de toucher un public plus large encore.

Afin d’insuffler davantage d’authenticité à sa musique afro-jamaïcaine, Takana n’a pas hésité à demander la collaboration des chanteurs Victor Démé (Burkina Faso) et Winston McAnuff (Jamaïque), chacun pour un morceau. Il a également fait appel au grand ingénieur du son anglo-jamaïcain Godwin Logie, responsable de la mise en forme des meilleurs albums de Steel Pulse et Island de la grande époque, qui a, avec un énorme enthousiasme, accepté de mixer l’album.

On peut être sûr que cet album ne figurera pas au top des ventes. Sûr aussi que Takana Zion restera pour beaucoup d’entre nous un parfait inconnu. Cependant, si vous en avez l’occasion, tendez l’oreille. En effet, il est toujours agréable d’entendre et de remuer aux sons de ces rythmes ‘ensoleillés’ qui font référence aux grands du reggae. D’autre part, vu la noblesse du combat mené par Takana, il mérite évidemment tout notre respect.

 

Luther Allison

Songs from the road (Cd + Dvd)

Écrit par

Luther était un des plus bluesmen contemporains les plus notoires. Né dans l'Arkansas en août 1939, il a rejoint Chicago, dès l’âge de douze ans. Il nous a quittés en août 1997. Il était alors au sommet de sa gloire ; et ce succès il le méritait assurément.

Son premier enregistrement date de 1965. Il s’agit d’un single. Et son premier album "Love me Mama" (publié chez pour Delmark) de 1968. En 1977, il avait décidé de vivre en France, à Saint Cloud très exactement. Depuis sa disparition, plusieurs albums posthumes ont été édités ; mais il faut reconnaître que ce petit dernier est vraiment intéressant

Il avait accordé un de ses tous derniers concerts, le 4 juillet 1997, soit un mois avant sa mort, au Festival International de jazz de Montréal. Mais sa dernière apparition sur scène remonte au 10 juillet. Elle s’est produite à Madison, dans le Wisconsin, alors qu'il était au plus mal.

Mais revenons à son set accompli à Montréal. Luther est soutenu par son backing band américain, le James Solberg Band. A la tête, James Solberg (NDR : saviez-vous que James figurait déjà au sein du backing band d’Allison en 1979 ; un épisode immortalisé par le "Live in Paris", gravé cette même année). Au sein du line up, militent le bassiste Ken Faltinson, le claviériste Mike Vlahakis et le drummer Rob Stupka ; c’est-à-dire la même équipe qui avait participé à l’enregistrement du superbe elpee "Live in Chicago", paru en 1995. De ce concert, Ruf a sélectionné dix titres audio et six ‘vidéo’. Il faut dire que l'émission réalisée par la TV montréalaise ne pouvait aller au-delà de l’heure.

Après une brève présentation de l’artiste, les hostilités peuvent démarrer. "Cancel my check" nous replonge dans ce bon vieux temps des concerts du père Luther. Il a une présence pas possible. L’attaque sur sa Gibson Les Paul est brutale. Jamais il ne la ménage. Et puis sa voix emporte tout sur son passage. Luther chante "Living in the house of the blues". Un régal ! Il vit, il sent ce blues. Difficile d'imaginer qu'un mois plus tard il ne serait plus des nôtres! Allison était capable de mettre le feu en deux temps trois mouvements à ses sets. Et à les rendre même torrides. Tout au long de "What have I done wrong", il libère de courtes phrases assassines, une compo subtilement funky et une invitation à se déhancher sur la piste de danse. Il autorise James Solberg, également excellent gratteur, à sortir de sa réserve. La marque d’un bon leader! "Will it ever change" est imprimé sur un tempo allègre. L'attaque sur les cordes est dévastatrice. Mais que ses interventions nous remplissent de joie ! Et aussi de fièvre ! Si à cet instant du set, l’artiste n’a plus un poil de sec, il en est probablement de même pour son public. De ce show accordé à Montréal, on épinglera encore quelques morceaux particulièrement bouillants. Dont le superbe "(Watching you) Cherry Red wine". Une compo introduite par la guitare très amplifiée. Souveraine, la voix transpire le blues. Probablement le style au sein duquel l’artiste était au sommet de son art. Il empoigne une Flying V (NDR : comme Albert King) ; et à cet instant, il est trempé jusqu’aux os. Même ses doigts dégoulinent de sueur. Et puis les échanges qu’il opère avec Solberg sont de haute facture! Slow blues, "It hurts me too" est signé Tampa Red. L’adaptation proposée par Luther met en exergue sa dextérité naturelle à la slide. Un exercice de style au sein duquel il brille. Et cet adepte du doigt d'acier glisse sensuellement le sien le long de ses cordes. Il achève sa prestation par "Serious". Une des ses meilleurs compos, caractérisée par des accès plus calmes au piano, dispensés par Vlahakis. Lors du rappel, il aborde "Move on the hood", un titre qui ne figure pas sur le Cd.

Le Dvd rend hommage à Luther, notamment à travers une des ses interviews. Luther avait un profond respect vis-à-vis du public. Ses concerts pouvaient prendre des allures de marathon, et dépasser les quatre heures. Thomas Ruf rêve toujours de retrouver un nouvel Allison. Mais il risque d’attendre encore bien longtemps…

 

Audrey Horne

Audrey Horne

Écrit par

Audrey Horne est un autre ‘super-groupe’ issu de la scène extrême norvégienne. Cependant, contrairement à beaucoup de leurs compatriotes aux cheveux blonds et à l’âme noire, les quatre musiciens ont compris qu’il ne servait pas à grand-chose de former un ‘side-project’ pour y jouer la même musique que dans leur formation d’origine. Et de fait, depuis sa formation en 2002, Audrey Horne est toujours parvenu à marquer sa différence. Tout d’abord, en optant pour un nom tout à fait inhabituel, inspiré du patronyme de l’une des héroïnes de ‘Twin Peaks’, la série culte de David Lynch. Ensuite, en se détachant musicalement de la scène black/extrême métal dont la plupart de ses membres sont issus.

Probablement en manque d’inspiration pour le titre de ce troisième album (mais fort  heureusement pas pour son contenu), le combo a tout simplement décidé d’appeler son dernier rejeton « Audrey Horne ». La musique, comparée à celle de Faith No More à la sortie du premier opus « No Hay Banda » en 2005, est parvenue à évoluer. Et en 2010, elle baigne au sein d’un univers beaucoup plus personnel, quelque part entre le classic heavy rock, le post-grunge et le métal alternatif.

Si musicalement l’ombre de Faith No More plane encore à quelques rares occasions (« Circus »), le timbre vocal de Torkjell‘Toschie’Rød s’est éloigné de celui de Mike Patton et lorgne même parfois vers celui de Kjetil Nordhus (Green Carnation). Mention spéciale aux deux six-cordistes Ice Dale (Enslaved, Gorgoroth, Ov Hell) et Thomas Tofthagen (Sahg) ; et pour cause en faisant abstraction de leurs styles viking, black et doom rituels, leur jeu dynamique accroche instantanément, à contrario de celui dépressif, guerrier et blasphématoire, concédé auprès de leurs autres combos.

Et si Eyolf Nysæther et Herbrand Larsen (Enslaved) ne sont pas officiellement membres de la formation, les deux claviéristes de session, apportent davantage d’intensité à « Audrey Horne » (l’album) ; l’utilisation intensive de sons vintage (l’orgue Hammond) apportant une couleur ‘Classic Rock’ tout à fait jubilatoire.

Autre gage de qualité et d’ouverture, l’enregistrement, la production et le mixage sont signés par l’Américain Joe Baresi (Melvins, Clutch, Queens Of The Stone Age).

En clair, si vous aimez Alice In Chains, Deep Purple, Ozzy Osbourne, Faith No More et Green Carnation, « Audrey Horne » (le disque), la meilleure réalisation d’Audrey Horne (le groupe) à ce jour, devrait probablement susciter votre intérêt.

Bettie Serveert

Pharmacy Of Love

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Le patronyme de cette formation batave a été emprunté à Bettie Stove. Cette tenniswoman néerlandaise avait atteint la finale du tournoi de Wimbledon en 1977. Bettie Serveert s’est tout d’abord formé en 1986. Après avoir joué un seul concert, il splitte. Puis, décide de recommencer l’aventure en 1990. Cette aventure qui dure (NDR : ça rime !) depuis vingt bonnes années est synthétisée par la publication de 9 albums et d’une quinzaine d’Eps. Une constance au sein de leur solution sonore : la voix suave et charmante de Carol Van Dyk ainsi que les riffs de guitare acérées et torturés de Peter Visser. Un abus ? La consommation de drummers. Le dernier en date, Gino Geudens constitue déjà le cinquième préposé aux baguettes de leur histoire.

Leur musique s’inspire, depuis leurs débuts, de la musique pop/rock indie des 90’s. Et en particulier de groupes comme Sebadoh, Pavement mais aussi et surtout Liz Phair. Devenue culte aux Pays-Bas, cette formation a eu l’opportunité d’accompagner en tournée des artistes notoires comme Jeff Buckley, Buffalo Tom, Wilco ou encore Dinosaur Jr. Des groupes ou des artistes qui ont marqué les années 90. Malgré la confection d’une solution sonore hyper mélodique, et un accueil favorable auprès de la presse spécialisée, B.S. n’a jamais récolté de succès vraiment populaire. Une forme d’injustice, quand on sait que dans le style, des artistes ou des combos bien moins talentueux, ont réussi à rafler la mise…

En 2000, le band décide de fonder son propre label : Palomine. Il y publie son cinquième elpee : « Private Suit ». Et « Pharmacy Of Love » constitue donc leur dernier essai. Un disque censé en revenir à ses premières amours. Le sens mélodique et l’énergie sont intacts. Les compos contagieuses. Les sonorités de six-cordes métalliques. Les compos un peu datées, mais bien ficelées. L’elpee recèle un hit potentiel : le titre maître. Quant à « Love Lee » et « Souls Travel », ils lorgnent manifestement vers Rilo Kiley ; surtout à cause de la similitude entre les timbres vocaux de Carol Van Dyk et de Jenny Lewis ! Sans quoi, rien de bien neuf à l’horizon.

Pas trop branché sur ce type de musique, je dois avouer être quelque peu ému lorsque je vois le parcours de ces anciens combattants qui refusent de sombrer dans l’anonymat en se battant avec leurs propres armes. Bettie nous sert du Bettie Serveert ; mais après tout c’est ce que Bettie fait de mieux. Et c’est déjà pas mal.

En concert le 1er mai au Handelbeurs de Gand.

Bikinians

Rhinocirrhosis (Ep)

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L’avarice est un vilain défaut !!! Mais pourquoi, quand on a tant de talent, ne pas en faire profiter davantage son entourage ?

Seconde parution et second Ep pour les Bruxellois de Bikinians, un ensemble promis à une belle carrière. Mais que c’est triste ! Quatre titres seulement ! Quatre excellentes compositions. Quelle musicalité, quelle fraîcheur. On baigne en plein dans la pop hyper sophistiquée, style ‘Supergrass’, ‘Blur’ ou autres formations de ce calibre. Rien à jeter… tout est bon. Qui n’a jamais entendu le titre phare “Rhinocirrhosis” ? Branchez-vous donc sur les bonnes fréquences ! Ce titre a déjà fait, fait toujours et fera encore les beaux jours des ‘bonnes stations’ de radio, style Pure FM ou ‘Studio Brussel’. Mais cet Ep ne recèle pas que ce single. Les trois autres plages sont aussi différentes qu’intéressantes. Dans un autre registre, « 2nd Hand Shop », nous caresse les pavillons d’une brise imperceptiblement acidulée, très légèrement soufflée par les Beach Boys voire les Dandy Warhols. « How » nous balance une série de crochets, de directs au foie. Une partition beaucoup plus rock, excellemment soutenue par une rythmique qui ‘déchire’… Enfin, « Old Lady Face » nous invite doucement à revenir sur terre. Une ballade plus tendre, mais d’une efficacité redoutable.

Allez les p’tits gars, sortez-nous un ‘dix titres’. Tous les atouts sont dans votre jeu…

 

Invaders

Floating

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Le rock lo-fi à tendance noisy a décidemment le vent en poupe aux Etats-Unis. Après avoir découvert les dérangés mais passionnants Times New Vikings, puis les quelconques Vivian Girls, place aux Invaders, une formation discrètement importée de Louisville dans le Kentucky. Bonne nouvelle, les compos –d’excellente facture– de ces nouveaux héros de la guitare distordue lorgnent plutôt du côté des Nouveaux Vikings. Info importante, quand même, chez Invaders on retrouve Joe Meredith. Il en est le leader. Un personnage qui a sévi tout un temps chez les très obscurs Merediths…

« Floating » ouvre l’opus. Un superbe morceau. « Sky Canopi », « Couldn’t Come » et « The Flu » sont de petites bombes lo-fi aux mélodies imparables. Sous leur aspect discount, la compo vous accroche dès le premier riff saturé. Dix minutes qui valent leur pesant d’or. D’ailleurs si toutes les plages de l’elpee étaient de la même trempe on aurait pu attribuer à ce disque une mention d’incontournable. Evoluant quelque part entre l’univers (NDR : du pauvre ou du caniveau, à vous de choisir !) de Belle and Sebastian, de Pavement, de Spacemen 3, des Butthole Surfers et celui de Times New Vikings, mais en plus pop, les Invaders livrent d’emblée la quintessence de leur création. Les 8 autres morceaux de ce « Floating » n’ont pas la même saveur, mais ils tiennent cependant honorablement la route. Faut croire que Joe Meredith a préféré conserver ses futures pépites pour un prochain cd. Quoiqu’il en soit, ce « Floating » constitue une chouette découverte.

Sean Kingston

Tomorrow

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C'est au cours de l'été 2007 que Sean Kingston, chanteur ‘Dancehall’, également contaminé par le Hip Hop et le R’n’B, s’illustre pour la première fois. Il n’est âgé que de 17 ans et sort un single. Intitulé « Beautiful Girl », il se classe en tête des charts américains. Dans la foulée, son premier album éponyme décroche un disque d'or aux USA. Ça, ce sont les chiffres.

Fort de ce succès, le chanteur jamaïco-américain publie, à la rentrée 2009, son deuxième opus studio, « Tomorrow ». Annoncé par l'extrait « Fire Burning », il contient des productions de RedOne, J.R. Rotem, Pete Rock, Akon, T-Pain ou encore Lucas Secon. Ça, ce sont les ennuis (mortels) qui commencent pour votre serviteur. Ben oui, vous croyez que la critique est toujours un plaisir ?

Force est de constater que ce genre de musique s’adresse principalement à un public très très jeune, à peine pubère, n’ayant encore aucune culture musicale, se fiant principalement sur ce qu’il voit sur MTV ou MCM ; c'est-à-dire trois fois pas grand-chose…

Une musique simpliste, sans aucun relief, 14 fois (dans le cas présent) le même genre de truc susceptible de faire remuer le popotin de jeunes filles trop jeunes, trop maquillées, trop fières qu’un stupide boutonneux les remarque dans la masse des invités de la boum fêtant les 14 ans d’une de leurs meilleures copines ! Bref, le vide intégral.

Sean ! Tu n’as que 19 ans, il est grand temps de remettre les pieds à l’école ! Ou d’aller faire un tour au conservatoire. Là tu apprendras l’abc du métier, une base qui te servira sûrement, si tu veux faire carrière dans ce milieu.

Ouf, fini ! Désolé, mais c’était plus fort que moi !

The Kissaway Trail

Sleep Mountain

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Les références se bousculent à l’écoute du second effort de ce quintette danois mais deux illustres, et pas des moindres, se détachent du lot : Arcade Fire et Mercury Rev. Une écrasante filiation pour une formation se réclamant d’un même lyrisme, d’une même passion, de mêmes rêveries… Rien de nouveau, cependant, sous le ciel froid scandinave, mais assurément une collection de compositions de très bonne facture tout au long du nouvel opus de The Kissaway Trail…

« Sleep Mountain » succède à un premier album éponyme paru en 2007, en grand renfort de sonorités glanées tant chez les Flaming Lips que chez les New-yorkais de Sonic Youth. Thomas Fagerlund, co-chanteur et guitariste du groupe a déclaré récemment : ‘notre nouvel album a plus de profondeur et de style. Il démontre que nous avons grandi en tant que musiciens et êtres humains’. Pour appuyer les déclarations de notre ami danois, il faut avouer qu’une grande cohérence lie les plages de ce « Sleep Mountain ». Et pourtant, les voix des deux vocalistes, Thomas Fagerlund et Soren B. Corneliussen, sont totalement différentes. Mais c’est la mélancolie qui sert de fil conducteur à « Sleep Mountain ».

Dès « SDP », morceau d’ouverture, l’intensité et l’émotion envahissent le territoire sonore. Un piano doublé d’une guitare aux accords acérés balise une magnifique envolée lyrique s’étalant sur près de 6 minutes. Une plage au cours de laquelle la voix campe un timbre étrangement proche de celui de Wayne Coyne des Flaming Lips. « Sleep Mountain » bénéficie de superbes orchestrations mélodramatiques : cloches religieuses, piano cristallin, chorales épiques, accordéon triste, arpèges délicats… les ingrédients parfaits d’une pop baroque susceptible de permettre au mélomane de voyager mentalement à travers des paysages musicaux somptueux. Et l’œuvre recèle d’autres compos bouleversantes. A l’instar de « Beat your Heartbeat » ainsi que de la reprise du « Philadelphia » de Neil Young, morceau écrit à l’origine pour le célèbre film réalisé par Jonathan Demme. L’elpee a bénéficié du concours de Peter Katis (maître d’œuvre chez Interpol et The National) à la production ; et l’homme n’a pas pour habitude de prendre son job à la légère.

« Sleep Mountain » est un véritable régal. En 50 minutes, The Kissaway Trail nous y démontre qu’Arcade Fire ne possède pas le monopole du lyrisme ! Bien sûr, la formation canadienne en est toujours le fer de lance ; et les mauvaises langues reprocheront sans doute à  The Kissaway Trail de piller systématiquement leurs maîtres. Pourtant, le combo danois ne se contente pas d’incarner l’Arcade Fire du pauvre. Et j’ai la nette impression que leur talent ne devrait pas tarder à éclater au grand jour. Car de si bonnes influences mélodiques ne sauraient mentir…

 

Local Natives

Gorilla Manor

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En concoctant « Gorilla Manor », Local Natives, combo originaire de Los Angeles, vient de rejoindre la grande famille de ces formations indie-rock inspirées qui, à peine débarquées, fracassent tout sur leur chemin. Et s’offrent ainsi une œuvre à la hauteur des incontournables « Yellow House » et « Veckatimest » de Grizzly Bear, des éponymes de Fleet Foxes, Arcade Fire et Vampire Weekend ou du « Family » de Le Loup. Emmené par le terrible « Sun Hands », pépite pop qui débute par de superbes harmonies vocales avant de se transmuter en feu d’artifice distordu, ce premier ouvrage est l’exemple même du disque quasi-parfait. « Gorilla Manor » est une galette, percussive, mélodique, euphorique, dégoulinante de cohésion. Oui, rien que ça !! Les sublimes « Cards & Quarters », « Wide Eyes », « Stranger Things » ou la manière dont ils s’approprient, retournent, pilonnent et reconstruisent le « Warning Sign » des Talking Heads méritent à eux seuls le respect.

Les harmonies à trois voix parcourent le disque de part en part, lui accordant une atmosphère éthérée que la formation retranscrit à la perfection lors de ses prestations ‘live’. « Gorilla Manor », baptisé du nom de la demeure que se partagent les cinq musiciens, est un disque exemplaire, même si l’on peut leur reprocher une trop grande proximité mélodique avec les artistes mentionnés plus haut. Mais nul doute que Local Natives est une formation qui tend à devenir l’une des valeurs sûres de la scène indie-rock. A condition que les cinq gaillards exploitent leur potentiel comme il se doit.