Winter adults only ?

Winter, une artiste issue de la nouvelle génération de shoegaze, a annoncé la sortie de son nouvel album, « Adult Romantix », prévue pour le 22 août via son nouveau label Winspear. Cet elpee, inspiré par des textes de la période romantique comme…

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Foreigner

Can’t Slow Down

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Dire que les fans l’attendaient depuis longtemps est un doux euphémisme. Quinze longues années après la sortie de « Mr. Moonlight », le nouvel album de Foreigner débarque enfin. L’inquiétude et l’anxiété des aficionados du rock racé de la formation anglo-américaine manifesté à l’égard du contenu de cette nouvelle galette est probablement à son comble. En effet, il ne reste plus grand-chose, aujourd’hui, du line-up qui, de la fin des seventies à la moitié des eighties, a enregistré les plus grands hits du groupe. Et, la peur d’avoir la mauvaise surprise de découvrir un Foreigner dont la musique n’aurait pas grand-chose à voir avec celle de la mouture première est bien présente.

Du line up original, il ne reste plus que Mick Jones. En bon capitaine, il a refusé de quitter le navire. Au lieu de laisser couler son embarcation, il a préféré recruter un nouvel équipage.

Suivant la trace de ses collègues de Journey, pour remettre son embarcation à flots, le Capitaine Jones a recruté un nouveau vocaliste et signé un contrat de distribution exclusif pour les Etats-Unis avec la chaîne de supermarchés ‘Walmart’. Cependant, a contrario du groupe de Neal Schon, Foreigner n’a pas recruté un ‘frontman’ amateur sur base de vidéos diffusées sur Youtube. Il a confié ce job à un vétéran de la scène hard rock américaine : Kelly Hansen, un ex-Hurricane. A cet égard, il faut avouer que Jones a eu du flair. En choisissant un chanteur dont le timbre vocal est très proche de celui de Lou Gramm, il évite de déstabiliser ses fans. Il suffit d’écouter « Can’t Slow Down », le titre d’ouverture de l’album pour que toutes les frayeurs soient balayées. Foreigner sonne toujours comme Foreigner et Kelly Hansen, magnifique, n’a aucun mal à remplacer son illustre prédécesseur.

A l’instar de la voix d’Hansen, les nouveaux titres composés par Jones et de ses nouveaux compagnons rassurent le fan de la première heure. L’elpee alterne, comme dans le passé, titres rock racés et ballades langoureuses ; et nous avons même droit à une pléthore de hits potentiels ; notamment « When it comes to love » et « I’ll be home tonight ».

Foreigner est l’un de ces groupes que l’on aime comme il est et que l’on n’a pas vraiment envie de voir évoluer. De ce côté-là, c’est gagné. Magnifique retour pour ce combo qui a marqué l’histoire du rock mélodique.

Signalons pour terminer qu’il existe une version deluxe (3 CDs) de « Can’t Slow Down ». Outre le nouvel album (treize titres produits par Marti Frederiksen (Aerosmith) et Mark Ronson (Amy Winehouse), le package comprend un Cd live intitulé « Foreigner Live » enregistré à Las Vegas en 2005 (jamais sorti –officiellement– à ce jour) et un Dvd réunissant entre-autres, des interviews, des reportages sur la tournée européenne du band et des titres immortalisés live.

Evil

Evil’s Message (Ep ’84)

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Du Métal Pour Pas Un Balle !

Musiczine a décidé de vous aider à faire des économies en ces temps de crise.

‘Du métal pour pas un balle’ est une nouvelle rubrique destinée à vous faire découvrir des albums de heavy métal de qualité ainsi que des démos mis à disposition en téléchargement gratuit et tout à fait légal par les artistes eux-mêmes sur leurs sites internet.

Les enregistrements proposés gratuitement au format mp3 sur internet ne sont pas l’apanage des groupes récents qui désirent faire découvrir leur musique. Certaines formations plus anciennes, perpétuent leur art en mettant à disposition des enregistrements (parfois devenus introuvables ailleurs) de leurs classiques. C’est le cas des Danois de Evil qui offrent gracieusement sur leur site internet, une version mp3/192kbps de leur excellent Ep « Evil’s Message », sorti originellement en 1984, sur Rave On Records.

Formé en 1982 sous le nom de Never Mind, le combo enregistre une démo promotionnelle qui lui vaut d’être remarqué par Rave On Records. Après avoir opté pour un patronyme plus approprié à sa musique, il enregistre en dix jours le mini album quatre titres qui vous est proposé aujourd’hui. Pas de chance pour ce groupe prometteur, le directeur du label déteste ses nouvelles chansons et le vire. Ce coup du sort entraînera le split du combo quelques mois plus tard.

Vingt-six ans on passé ; et on en arrive à se demander si le directeur de Rave On Records n’était pas complètement sourd ; car cet Ep est tout bonnement excellent. Evil y joue du pur heavy métal classique ; à l’Européenne. Son disque semble être le mélange de la musique des deux formations danoises les plus en vogue à l’époque : Mercyful Fate pour les riffs speedés et Pretty Maids pour la voix de Pearl Angel qui ressemble énormément à celle de Ronnie Atkins. Les titres des chansons sont évocateurs et typiques du style de l’époque : « Evil’s Message », « The Devil Wants me », « Son of A Bitch » et « Take Good Care (Of Your Balls) ».

Bien qu’il ait été enregistré il y a plus d’un quart de siècle, le son du ‘quatre titres’ n’a pas pris une ride. Et il est même bien meilleur que celui du nouvel Ep des Américains d’Eternal Voyager que nous vous avons présenté récemment, dans cette même rubrique. Ces derniers auraient tout intérêt à jeter une oreille attentive sur « Evil’s Message » pour se prendre une bonne leçon de savoir-faire métallique.

Alors, elle n’est pas belle la vie en temps de crise ? Merci Evil !

Téléchargement : http://www.gudsvrede.dk/evil/

Dark Of Groth

Downwards To The Gates

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Du metal pour pas un balle!

Musiczine a décidé de vous aider à faire des économies en ces temps de crise. ‘Du métal pour pas un balle’ est une nouvelle rubrique destinée à vous faire découvrir des albums de heavy métal de qualité ainsi que des démos mis à disposition en téléchargement gratuit et tout à fait légal par les artistes eux-mêmes sur leurs sites internet.

Il faut avouer que nous ne connaissons pas grand-chose de la Russie. Pourtant la scène métal y est très vivace. Nous avons déjà eu l’occasion de vous présenter, l’année dernière suite à la sortie de son album « Follow Yourself », l’excellent groupe métal progressif moscovite Nova Art et plus récemment, dans cette rubrique ‘métallico-économique’, la merveilleuse Svetlana Vysotskaya et Emerald Mind, son combo métal symphonique originaire de Vladivostok. Pour cette nouvelle escale au pays des Soviets, nous nous rendrons à Vologda, au nord de la Russie pour y faire la connaissance de Dark Of Groth.

Fondé en 2006 par Dmitriy Bezrukov (chant, guitare), Ekaterina Korzunova (claviers) et Sergey Cherkashin (guitare), Dark Of Groth stabilise son line-up en 2008, suite à l’arrivée d’Artur Ivanov à la quatre-cordes et de Maxim Gladin derrière les fûts.

Sa première démo cinq titres, intitulée « Downwards To The Gates » est offerte gratuitement sur son site officiel au format mp3/192kbps ; et c’est un véritable manifeste du métal gothique symphonique extrême. Très inspirée par les premiers opus des Anglais de Cradle Of Filth, la musique du combo russe oscille entre le gothique le plus sombre et le black métal ultra violent. Comme chez Dani Filth et sa bande, les vocaux passent des growls death métal les plus graves (à limite du grindcore) aux hurlements les plus stridents. Bien que ne bénéficiant pas d’une production ‘haut de gamme’, « Downwards To The Gates » est susceptible de procurer quelques excellents frissons de frayeur et quelques moments de violence morbide à un public averti. La pochette de la démo, plutôt réussie, est elle aussi téléchargeable sur le site officiel.

Alors, elle n’est pas belle la vie en temps de crise ? Merci Dark Of Groth !

Téléchargement sur http://darkofgroth.com

 

James Murphy s'essaie à la B.O.

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James Murphy, leader de LCD Soundsystem tente l’exercice d’écriture de musique de films. Il s’agit de la bande son de "Greenberg", long métrage de Noah Baumbach, spécialiste du film indépendant (réalisateur d’entre-autres « Les Berkman Divorcent », « Margot At The Wedding » ; scénariste de « The Fantastic Mr. Fox » ou « The Life Aquatic With Steve Zissou » »). Le film met en scène Ben Stiller, Jennifer Jason Leigh et Rhys Ifans et devrait paraître sur nos écrans en avril prochain.

La bande son signée James Murphy sera, elle, disponible dès le 22 mars via DFA. Le grand manitou souligne que ses compositions sont filmesques et n’ont donc rien à voir avec ses travaux habituels. La tracklist comptera cependant un inédit du combo mené par Murphy.

Tracklist :

People
"Suburbia" (Nite Jewel)
Sleepy Baby
Thumbs
"It Never Rains in Southern California" (Albert Hammond)
Plenty of Time
Photographs
Gente
"Strange" (Galaxie 500)
"Oh You (Christmas Blues)" (LCD Soundsystem)
Birthday Song
Dear You
"Shot Down" (The Sonics)
"The Chauffeur" (Duran Duran)
If You Need a Friend
Please Don't Follow Me
Photographs (Piano)

Fruit Bats

The Ruminant Band

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« The Ruminant Band » constitue déjà le quatrième recueil des Fruit Bats, un projet mené par un certain Eric Johnson. Le premier élément frappant, à l’écoute de cette œuvre, réside en l’indéniable ressemblance des mélodies de Fruit Bats et du phrasé de Johnson avec ceux d’un ‘petit’ combo nommé The Shins. Après avoir fouillé dans le passé de l’initiateur du projet, il s’avère que cette ressemblance est loin d’être le fruit du hasard. En effet, après la sortie de « Spelled In Bones », son troisième effort discographique, Eric Johnson s’est accordé un petit break de quatre années au cours duquel il a notamment milité au sein de la bande à James Mercer. Période qu’il a manifestement mise à profit pour emprunter quelques secrets de fabrication du quatuor d’Albuquerque.

Après avoir retrouvé ‘son’ inspiration, Johnson s’est acoquiné à quatre nouveaux musiciens, qui lui ont prêté main forte dans le processus d’élaboration de « The Ruminant Band ». En ont découlé onze petites séquences pop-rock printanières mais pas nécessairement très originales. L’ensemble résulte sur un sous-produit de The Shins. Ce qui n’est pas nécessairement fâcheux, car « The Ruminant Band » est une œuvre facilement adaptable en fond sonore, sans prise de tête. Mais le travail reste un peu léger pour un projet qui en est déjà à son quatrième essai…

Norah Jones

The Fall

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Norah Jones est de retour. Pour le plus grand plaisir de nos mirettes et de nos oreilles. Deux ans se sont écoulés depuis la publication de « Not Too Late ». Œuvre qui annonçait en douceur un revirement folk-pop, concrétisé aujourd’hui par un quatrième ouvrage des plus respectables. « The Fall » met en lumière la capacité de la belle à s’adapter à un nouveau genre sans pour autant renier ses influences principales. La touche divinement jazzy de « I Wouldn’t Need You », « Back To Manhattan » et autres « It’s Gonna Be » est d’ailleurs présente pour en témoigner. La fillette de Ravi Shankar s’est entourée de Ryan Adams, Will Sheff (Okkervil River) et de son eternel partenaire Jesse Harris, mais continue de signer seule la majorité des compositions. Tout à son honneur. D’autant plus qu’elle excelle dans un exercice dont le résultat aurait pu s’avérer anecdotique.

Au contraire, Norah Jones signe une plaque dont une Aimee Mann, pour ne citer qu’elle, serait folle de jalousie. La New-Yorkaise se fait plaisir sans intention financière et produit une série de treize morceaux délicats (« December »), légers (« Stuck », « Young Blood », « Chasing Pirates ») et parfois même incisifs (« Man Of The Hour », « Tell Yer Mama » ou « You’ve Ruined Me », qui jouit de la participation de Marc Ribot). Aujourd’hui, Norah Jones n’est plus une excellente chanteuse de Jazz. Tout simplement une merveilleuse artiste folk-pop.

 

Harriet Lewis

Soulful stew

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Miss Lewis est originaire de Philadelphie. Au cours de sa jeunesse, elle a beaucoup chanté au sein des églises baptistes. Comme choriste. Chanteuse au caractère bien trempé, elle s’est ainsi forgé progressivement un style emprunté au blues et au jazz, mais en le teintant de nuances gospel et soul.

Gregor Hilden est guitariste. De nationalité allemande, il est aujourd’hui établi à Munster. Il fait partie intégrante de la scène blues teutonne, depuis déjà plus de vingt ans. Il compte déjà une dizaine d'albums à son actif. Mais aussi un excellent Dvd live. Intitulé "Live at the Luna Bar", il mettait en exergue un band talentueux, rehaussé par la présence de toute une série d’invités, parmi lesquels figuraient Wilson B, Jimmy Rogers, Keith Dunn et… Harriet Lewis qui chantait avec bonheur "In the heart of the city".

"Wade in the water" est un traditionnel bien familier. Harriet entame doucement les premiers couplets de cette compo, avant de puiser quelque peu dans ses réserves, par ailleurs fort bien alimentées. Pendant qu’Horst Bergmeyer (NDR : un invité) se charge de l'orgue Hammond B3, Gregor Hilden communique de l'effet au son de ses cordes en appuyant sur une pédale de distorsion. Notre chanteuse libère ses cordes vocales pour attaquer "Hard drivin' mama", un blues imprimé sur un tempo bien enlevé. Gregor prend le large lors d’un solo bien calibré, montant progressivement en puissance. Harriet est tout à fait bouleversante lorsqu’elle se fait proche, intime. Elle articule alors parfaitement, lentement, ses mots. Et "Reverend Lee" en est une belle illustration. Un morceau qu’elle interprète face à un accompagnement minimaliste. C’est-à-dire réduit à quelques notes parcimonieuses concédées par Gregor, le piano de Thomas Hufschmidt et l'orgue Hammond. De quoi nous communiquer un fameux frisson. Miss Lewis aime effleurer son micro de ses lèvres pulpeuses, largement colorées. Pas besoin de s'exciter davantage, on est presque dans la confidence. A l’instar de "Love sneaking up on you", imprimé sur un tempo délicatement R&B. Volker Winck en profite pour souffler dans son saxophone ténor tout en rivalisant avec les cordes du virtuose aux cordes, Mr Hilden. "Since I fell for you" est un blues indolent issu de la plume de Buddy Johnson, une plage notoire très appréciée en fin de soirée. Et en particulier par les couples qui s’enlacent tendrement en restant sur le même carreau. Ce que le timbre suave de l'artiste qui se sert de sa voix comme d'un instrument, entretient avec complaisance. Signée Leiber et Stoller, "On Broadway" est une autre cover ayant fait l’objet d’une multitude de versions. Celle-ci est parcourue de subtils changements de rythme et baigne au sein d’un climat subtilement jazz. Les quatre acteurs du GH Band sont au fourneau : Gregor aux cordes, Thomas au piano acoustique, Sascha Oeing à la basse et Jochen Welle aux drums. Harriet interprète ensuite remarquablement le "Dr Feelgood" d’Aretha Franklin. Un excellent blues lent qu’elle chante en y injectant toute sa passion. Gregor s’y réserve un formidable solo, en se servant d’un minimum de notes. Et les silences traduisent manifestement sa sensibilité exacerbée. Une seule plage instrumentale : "Soulful stew". Ecrite par Hilden, cette plage macère dans les sonorités d’un orgue Hammond, joué dans l’esprit de Jimmy Smith. Au sein de cet opus, blues et jazz rivalisent de raffinement ; et pourtant, en fin de parcours, il épingle un superbe blues bien rythmé : "Running and hiding". Enrichi par la présence du très bon harmoniciste allemand Thomas Felmann, ce titre est issu de la plume de Steve Booker ; cependant, il ressemble étrangement au classique de Jimmy Reed, "What you want me to do". D’excellente facture, cet album s’achève par une adaptation chantée, à la fois longue mais particulièrement originale, du traditionnel "Amazing Grace".

 

The Longcut

Open Hearts

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La scène de Manchester a toujours été riche. Enfin surtout depuis 1976. Auparavant, on y a quand même recensé des artistes ou des groupes comme les Hollies, Herman Hermit’s ou encore 10cc. Mais c’est en 1978, lors de la naissance du label Factory, que le phénomène va prendre toute son ampleur. The Fall et Joy Division vont tracer la voie à des tas de formations (The Smiths, Durutti Column, A Certain Ratio, etc.), mais surtout déclencher un mouvement qui va être étiqueté ‘Madchester’ et au sein duquel des groupes comme Happy Mondays, The Inspiral Carpets, The Stone Roses, O.M.D et évidemment New Order, vont littéralement s’engouffrer. Une constante : que ce soit dansant. Raison sans doute, pour laquelle, l’électro va y jouer un rôle important. On va parler ensuite de ‘baggy’, histoire d’être alors à la mode. Et ce mouvement va même déborder largement au cours des 90’s. Depuis, on ne peut pas dire que la relève ait été assurée. Hormis Chemical Brothers, la suite des événements va surtout mettre en exergue des formations de britpop comme Oasis ou The Verve. Ce qui ne veut pas dire que l’héritage ait été laissé en friche. Simplement, on en a moins parlé ; et puis il a été néanmoins entretenu, vaille que vaille, par quelques vieilles gloires (Ian Brown, Black Grape,…) Or une nouvelle génération semble vouloir reprendre le legs à son compte… (B.D.)

Ainsi plus récemment, après Delphic, The Longcut revendique également la succession. Son premier elpee était paru, il y a trois ans : « A Call And Response ». Chez Deltasonic, une filiale anglaise de Sony. Mais le trio mancunien a décidé de changer de maison de disque en signant sur le label indépendant Melodic (Windmill, The Isles, …), afin de jouir de plus de liberté. Et la quasi-totalité de « Open Heart » a été enregistrée au domicile du guitariste de Nine Black Alps.

Dès le titre d’ouverture, on retrouve les éléments principaux qui avaient marqué de leur empreinte le premier opus. Tout d’abord le timbre vocal perçant, éclatant et reverb de Stuart Olgivie. Ensuite les tempos sautillants nés de la conjugaison entre boîte à rythmes et drums. Et enfin, les nappes profondes de synthés qui confèrent aux différents morceaux, une belle consistance. Manifestement, au cours des trois dernières années, le trio a pris de la bouteille. Ainsi, il parvient à maintenir une pression constante tout au long de ses morceaux électro-rock qui flirtent régulièrement avec les six minutes. Un peu comme si The Rapture ou encore Foals s’étaient légèrement frottés au post-rock. Et le résultat est tout simplement surprenant. Deux coups de cœur : le titre maître et « Bloody Sunshine », deux plages caractérisées par une superposition de sonorités qui s’achèvent dans une véritable déflagration sonore. Excellent !

 

Los Campesinos!

Romance Is Boring

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Une chose est sûre : Los Campesinos! ne risquent pas de se faire oublier. Les sales gamins en sont déjà à leur troisième LP en un peu moins de deux ans. En 2008, les Gallois dessinaient un large sourire sur le visage des critiques en publiant le sautillant « Hold On Now, Youngsters… » Neuf mois plus tard, ils accouchaient d’un « We Are Beautiful, We Are Doomed » en demi-teinte. Pour son troisième labeur, la grande famille Campesinos a pris le temps de développer ses idées avant de les coucher sur papier. Il en résulte un assortiment de morceaux un peu plus funs et réfléchis. Après une entrée en matière sous forme de cafouillage (« In Media Res »), « Romance Is Boring » renoue avec le son festif typiquement ‘Campesinosien’ (« There Are Listed Buildings », « Romance Is Boring », « This Is A Flag. There Is No Wind »,…).

Mais Los Campesinos! demeure une formation qui se cherche encore. Les brouillons « Plan A », « I Warn You : Do Not Make An Enemy Of Me » et « Who Fell Asleep In » empêchent « Romance Is Boring » de réellement décoller. Mais cette recherche constante permet également au septuor de dévoiler une facette plus posée (« The Sea Is A Good Place To Think Of The Future », « A Heat Rash… », « Coda : A Burn Scar… »), déjà introduite au sein de « We Are Beautiful, We Are Doomed », mais beaucoup plus mise en valeur sur cette galette. Et ‘les paysans!’ ne seraient évidemment pas ce qu’ils sont sans leur bonne palette de titres à rallonge. « Romance Is Boring » n’atteint pas le niveau de « Hold On Now, Youngster… », mais s’en rapproche à nouveau. C’est déjà ça.

The Mary Onettes

Islands

Écrit par

The Mary Onettes est un combo suédois qui excelle dans l’art de passer inaperçu. Malgré la publication d’un premier recueil éponyme de très bonne facture. Les frangins Ekström et leurs deux collègues ont bien du mérite. Ne serait-ce que pour leur ténacité. Car le moins que l’on puisse dire est que l’accouchement de ce deuxième bébé s’est effectué dans la douleur. En 2000, après un démarrage peu glorieux au sein de l’écurie Sony, qui s’est débarrassé du quatuor quelques semaines après la sortie d’un Ep intitulé « Lost », The Mary Onettes a trouvé refuge chez ses compatriotes indépendants de Labrador Records. S’ensuit la publication d’un premier ouvrage très proche d’Echo & The Bunnymen. Trop, diront certains. La comparaison colle à la peau de la formation qui remonte alors en studio pour enregistrer de nouvelles compos. C’est à ce moment que la malchance frappe le combo, victime d’un cambriolage. Envolé, le disque dur à l’intérieur duquel est conservé une bonne partie des enregistrements. Le combo avait heureusement eu l’immense sagesse d’effectuer un backup de ces bandes. Cependant, comme le veut le vieil adage ‘un malheur n’arrive jamais seul’, ce même disque va souffrir peu après d’un gros problème technique irrécupérable. De quoi déprimer un bon coup.

Mais The Mary Onettes n’est pas du style à se laisser abattre. Quelques sessions d’enregistrement sous haute surveillance plus tard, le quatuor met « Islands » en boîte une fois pour toutes. Tous ces déboires vont déboucher sur une deuxième galette plus personnelle, plus atmosphérique que la précédente. L’ombre d’Echo & The Bunnymen est manifestement moins présente, bien qu’il subsiste inéluctablement quelques miettes de cette influence. Malgré un faux départ dû au synthé introductif de « Puzzles », évoquant étrangement celui du « Running Up The Hill » de Kate Bush, « Islands » trouve sa cadence et éloigne peu à peu The Mary Onettes de ses inspirations. Le résultat de ce long et tortueux parcours est condensé de Dream Pop joliment teinté de shoegaze. "Islands" devrait être apprécié, à sa juste valeur, par les plus nostalgiques des trentenaires.

 

Nick Oliveri / Mondo Generator

Death Acoustic

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L’ex-Queens Of the Stone Age effectue un retour par la (toute) petite porte. L’acoustique de la mort de Nick Oliveri réunit quelques nouvelles compositions mais se focalise essentiellement sur des reprises. La reine déchue s’égosille sur des morceaux de Kyuss (« Love Has Passed Me By »), Danzing (« Hybrid Moments ») ou même de sa formation originelle (« I’m Gonna Leave You »). Le résultat de ce travail de dépouillement est assez pénible à entendre. A trois exceptions près (« Follow Me », « I’m Gonna Leave You » et « Hybrid Moments »).

Oliveri apparaît sur son « Death Acoustic » comme un être en chute libre qui tente désespérément de s’accrocher aux dernières branches de l’arbre. Les vocalises du bonhomme sont parfaites lorsqu’elles sont noyées sous les distos de son Mondo Generator. Mais, ici, elles sont tout simplement insupportables. L’intitulé de cette œuvre est donc probablement le seul choix judicieux opéré par le musicien.

 

Pierre Souchon

Piteur’s Friend

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Bon sang ne saurait mentir ! Pierre Souchon est évidemment le fils de l’autre. Et il a visiblement hérité du talent de son géniteur : le sens de la mélodie, les textes mi-sérieux, mi-comiques. Et parfois, une réplique de la voix. C’est ‘la totale’ !

Le rejeton Souchon n’en est pas à ses balbutiements. Heureusement, car à l’approche de la quarantaine (Pierre est né en 72), ce serait un peu ‘juste’. Sa carrière musicale, il l’a débutée… devinez auprès de qui ? Ben le fils Voulzy évidemment. Ensemble, ils ont écrit, composé et interprété deux superbes albums sous le patronyme des ‘Cherche midi’. C’était au cours des années 90. Hélas, la critique a été, injustement, sévère avec eux. Et le duo a fait long feu…

Après avoir passé quelques années dans l’anonymat, Pierre a décidé de revenir à la charge. En solitaire cette fois. Concoctant en 2004, le bien nommé « Jamais plus pareil » ! Mais qu’il est difficile dans ce métier de se réserver une place au soleil quand on est ‘fils de’. Ignoré, snobé, rejeté, il y aurait de quoi rendre son tablier et enterrer son talent (réel). Ce qu’il a fait partiellement durant 6 années pour se mettre au service des autres : papa (bien sûr), Patxi, Sandrine Kimberlain ou encore Jane Birkin…

Fin 2009, il a enfin publié un nouvel opus. Un disque réunissant 9 titres seulement. On y retrouve les ingrédients habituels des bonnes petites chansons françaises. Car cet elpee est de bonne facture, de très bonne facture même. Il recèle même de petites perles comme « Piteur’s Friend », « L’A.O.T », « Il et Elle » ou encore « Bonhomme hélium ». Des morceaux au cours desquels bonne humeur, rythmes et jeux de mots exquis font bon ménage. Il y a visiblement du talent chez Pierre Souchon. Ce serait vraiment du gâchis de passer, une fois de plus, à côté d’un tel artisan ; car c’est bel et bien de l’artisanat d’excellente facture. A l’heure où papa se fait un peu plus discret, un peu moins enthousiaste, un peu moins talentueux peut-être, ce serait bien d’aller voir du côté des enfants… (NDR : l’autre fils d’Alain, c’est Ours, vous le saviez je suppose ?)

 

Sweethead

Sweethead

Écrit par

Un ‘supergroupe’ de plus ? Sauf que Sweethead ne rassemble pas vraiment des têtes d’affiches, à l’instar de Monsters Of Folk ou Them Crooked Teeth. Il s’agit ici du projet parallèle du tout aussi actif que réservé Troy Van Leeuwen, membre actuel de Queens Of The Stone Age (décidement…) et de deux membres du Mark Lanegan Band. Sweethead dévoile également les talents vocaux d’une Serrina Sims, qui serait inconnue au bataillon si ce n’était pour ses chœurs au sein du « Era Vulgaris » des Reines de l’Age de Pierre. Bref, on reste en famille.

Dès les premières écoutes, le constat est inévitable. Serait-ce là le pied-de-nez bien placé de Troy Van Leeuwen envers Brody Dale et Alain Johannes ? Car l’éponyme de Sweethead évoque indéniablement celui de Spinnerette, publié quelques mois plus tôt. Une comparaison qui peut s’étendre jusqu’à la suggestivité des pochettes respectives. Musicalement, au contraire de Brody Dale, Serrina Sims sait se faire entendre sans user d’édulcorants superflus. La collaboration entre la blonde et le brun jouit d’un punch, d’une cohérence et d’une détermination dont souffrait cruellement l’œuvre de Spinnerette. Elle compte également beaucoup moins de prétentions. « Sweethead », successeur d’un premier Ep publié en juillet 2009, démontre que Van Leeuwen est l’un de ces héros discrets qui n’ont pas besoin de spotlights braqués sur eux pour opérer un travail admirable. Score final : Sweethead : 1 – Spinnerette : 0.

 

Valgard

Elements

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Du Métal Pour Pas Un Balle !

Musiczine a décidé de vous aider à faire des économies en ces temps de crise.

‘Du métal pour pas un balle’ est une nouvelle rubrique destinée à vous faire découvrir des albums de heavy métal de qualité ainsi que des démos mis à disposition en téléchargement gratuit et tout à fait légal par les artistes eux-mêmes sur leurs sites internet.

Il est parfois réconfortant de se montrer chauvin. En présentant Valgard, par exemple, un groupe bien de chez nous.

Les plaines du Limbourg n’ont manifestement pas grand-chose à envier aux mers tumultueuses de la Scandinavie et les fiers guerriers belges de Valgard n’hésitent pas une seconde à s’aventurer sur le terrain de chasse des Vikings.

Originaires des villes de Bilzen et Molenbeersel, ces six cavaliers de l’apocalypse chevauchent allègrement entre les frontières qui séparent le folk, le black et le powermetal classique pour proposer une musique guerrière qui n’est pas sans évoquer le viking métal d’Amon Amarth, Mithotyn et Einherjer ainsi que le back métal d’Ancient Rites. Le rythme des guitares varie du speed au mid-tempo tandis que le clavier emmène les ambiances du folk au symphonique. Les vocaux sont extrêmes et renforcent le côté guerrier des compositions.

Réunissant 8 titres pour une durée totale de 27’31, « Elements » est une œuvre disponible en téléchargement gratuit, pochette comprise, au format mp3 (320kbps) sur le site officiel du groupe : http://www.valgard.be

Alors, elle n’est pas belle la vie en temps de crise ? Merci Valgard !

Benjamin Biolay

La superbe

Écrit par

Benjamin Biolay est certainement un des artistes les plus controversés du paysage musical français. On l’aime ou on le déteste. A vrai dire il s’en fout éperdument ; choque juste pour le plaisir et ne fait rien pour plaire. Il continue son bonhomme de chemin, et n’en a rien à cirer de ce que l’on pense de lui. Tant mieux pour les uns, tant pis pour les autres !

Benjamin nous propose son cinquième opus. Réunissant 22 titres, il est double. Et, avouons-le tout de suite, c’est certainement ce qu’il a fait de meilleur jusqu’à présent. Non content de proposer des compositions très soignées, couvertes de pop anglaise, mais il est parvenu à les habiller de textes à la hauteur de son immense talent.

Les comparaisons foisonnent : de Gainsboug à Sheller, en passant par Brel, Daho ou Bashung, Benjamin ferme le bec à tous ses détracteurs, y compris à quelques-uns de ses soi-disant ‘bons collègues du métier’.

Evidemment, sur ce double Cd, certains morceaux sont un peu plus réussis que d'autres ; mais franchement « Ton héritage », « Night Shop », « Tu es mon amour », « Sans viser personne », « Brandt Rhapsodie », « Tout ça me tourmente », « Raté », « Lyon Presqu'île », « Jaloux de tout », « 15 septembre » et le titre maître sont tout bonnement extraordinaires. Onze chansons qui brillent tant par leurs textes, la musique, la voix que les arrangements…

Tout y est. Les onze autres sont seulement ‘excellentes’, un demi-ton en-dessous d’extraordinaire donc… Tout a un sens ; à chaque plage, Benjamin, magicien des mots et des mélodies qu'il manie avec réel talent, nous invite, sans redites, sans raccourcis, sans facilités, à accomplir un voyage chargé de tristesse et de mélancolie ; mais aussi empreint d’une beauté susceptible de vous flanquer le frisson.

Si vous n’avez jamais trop aimé Biolay, ce n’est pas cet album qui va vous faire changer d’avis. Si vous ne le connaissez pas, je vous invite vivement à le découvrir. Quant aux autres, ils se sont déjà probablement procuré l’elpee. En un mot comme en cent : génial !

 

Bosque Brown

Baby

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Non, Bosque Brown n’est pas une cantatrice dont la jolie voix domine cet album ; mais un groupe drivé par la très talentueuse chanteuse (of course !), et également compositrice Maria Lee Miller. Encore une Texane ! Mais issue de Denton. Lorsqu’on parle du Texas, inévitablement, vous pensez à son folklore (les cowboys, le rodéo, les westerns) ou alors à ses hydrocarbures. A moins que vous ne songiez à la technologie aérospatiale. Voire à J.R. Ewing (NDR : figure notoire de la saga ‘Dallas’ !) ou encore Georges W. Bush… Musicalement, c’est plutôt du côté de Midlake, de Spoon, des frères Nourallah ainsi que de Shearwater que mes idées se focalisent…

Maria a opté pour le patronyme de Bosque Brown, en référence à une rivière texane coulant dans sa ville natale de Stephenville (NDR : c’est toujours au Texas). « Baby » constitue son second opus. Il fait suite à « Plays Mara Lee » et à « Cerro Verde », deux Eps parus successivement en 2005 et 2006. Peu connue en Europe, cette formation a été découverte aux States par Damian Jurado.

La principale force de Bosque Brown procède donc de la voix de Maria Lee Miller, souvent doublée par celle de sa sœur, Gina. Un timbre que les mauvaises langues estiment trop proche de celui de Cat Power, Alela Diane ou Joanna Newsom. Un reproche qui n’engage que ces détracteurs. Et pour cause, les trois compos interprétées a capella, par Maria, sont tellement bouleversantes. Trois interludes intitulés « On and Off » au cours desquels sa voix, à la fois belle, puissante et fragile, vous retournent littéralement l’âme. Des intermèdes qui permettent en même temps de souffler entre les quatre segments que comporte cette œuvre.

Le reste de l’elpee propose dix comptines sculptées dans un folk sombre, mélancolique, mais non dénué de charme, qu’on imagine facilement issu de la bande-son d’un film réalisé conjointement par Tim Burton et John Ford. Piano, guitare, pedal steel, claviers et percus aussi discrets qu’efficaces colorent parcimonieusement l’instrumentation minimaliste. Une instrumentation qui paradoxalement nous invite à parcourir les grands espaces du Sud des Etats-Unis. Les lyrics traitent d’ailleurs de la vie quotidienne, de l’amour et de l’espoir entretenu au sein d’une petite bourgade texane… quelque part dans l’Ouest américain rural. Du tracklisting, j’épinglerai également « Oh River » et « So Loud ». Deux titres qui m’ont particulièrement fait vibrer.

Après Emily Jane White, cette jeune artiste particulièrement douée vient enrichir la scène made in Midwest. Et Tom Sawyer en serait probablement tombé amoureux…

En concert à la Maison de la Musique à Bruxelles le 10 mars prochain…

Jackson Browne

Time The Conqueror

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Ce disque est paru en 2008. Une œuvre dont les lyrics se focalisent sur la politique yankee. Passée et présente. Passant notamment sous ses fourches caudines l’administration de l’ex-président des Etats-Unis, Georges Bush (NDR : contre lequel il a milité lors de la campagne électorale de 2004), mais également les problèmes et les controverses qui ont alimenté les affaires publiques des années soixante. Pas étonnant qu’il fasse également référence à des personnages mythiques et engagés comme John F. Kennedy ou Martin Luther King. Faut dire que l’artiste est né en 1948. En Allemagne. Son père y était militaire. Puis la famille est retournée aux States. A Los Angeles, très exactement.

Il a sévi chez le Nitty Gritty Dirt Band au cours des 60’s, puis écrit des chansons, notamment pour Tom Rush, The Eagles, Linda Ronstadt, et les Byrds. Il a également transité par le groupe de Tim Buckley et a collaboré à l’enregistrement de l’album « Chelsea Girl » de Nico.

Découpé en 10 titres, cet elpee (NDR : c’est son quinzième !) s’adresse cependant essentiellement aux ondes FM de l’oncle Sam. A cause de la musique. Une sorte de rock/pop/folk qui sans être de mauvaise facture manque singulièrement de relief. Un style que l’auteur/compositeur/interprète a toujours privilégié, pour mettre ses textes engagés en exergue.

 

Danny Brillant

Just as I am

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Danny est un jeune chanteur/guitariste. Et pour cause, il fêtera ses trente balais en juillet 2010. De nationalité britannique, il excelle dans le ‘blues rock played with passion’ comme il le décrit lui-même. Au fil des années, il s’est forgé une solide expérience ; et notamment en partageant l'affiche auprès de grosses pointures comme Carlos Santana, Walter Trout, Mick Taylor, Peter Green, Joe Cocker, Buddy Guy et bien d'autres. Il avait été très tôt remarqué par le magazine/webzine et label anglais, Blue Matters, écurie pour laquelle il avait publié successivement "Watching soul" en 2002, "Shadows passed" en 2003, "Covering their tracks" en 2005 et "Days like this" en 2006. Depuis, il signé chez Rounder ; et plus particulièrement le département Continental Blue Heaven, gravant un "Live" en 2007 et "Black & White" en 2008.

"Just as I am" constitue déjà son septième album. Danny est uniquement soutenu par une section rythmique classique. Soit son papa Ken, à la basse, et Trevor Barr, à la batterie. Une formule trio qui lui convient parfaitement. La musique de Danny est puissante. Sa voix aussi. Naturellement. Il manifeste également beaucoup de présence. Son attaque sur les cordes est assez agressive. Pas étonnant que son style soit comparé au hard rockin' blues. Nuance quand même, il existe en permanence une volonté de préserver le sens mélodique. Sur cet opus, hormis une plage, il a écrit l’intégralité du tracklising.

"Shut out of the light" nous invite à pénétrer dans l’univers sonore du Redeye Band. Danny n'a pas besoin de forcer sa voix pour se faire entendre. Elle domine largement son sujet, à la manière d'un Leslie West (ex-Mountain). Il maîtrise parfaitement ses cordes, en dispensant quelques riffs assassins, dans un style proche d'un Walter Trout, mais sous une forme bien ‘british’. Tout au long de "Blues for Buddy", il décoche des notes imparables, impétueuses, très sonores, meublant chaque espace à la manière de Buddy Guy, à qui il rend, bien entendu, un vibrant hommage. Le jeune artiste ne fait pas dans la dentelle, mais il accomplit fort bien ce qu'il entreprend. L'attitude est de toute évidence menaçante. Ses rugissements évoquent tour à tour Muddy Waters, Litghnin' Hopkins, Freddie et BB King, dont les fantômes (sauf celui de BB, bien sûr!) doivent encore en frémir. Le fils Bryant est cependant capable de varier son répertoire. Tout en y conservant l’intensité de son timbre vocal. A l’instar des ballades tendres et mélodieuses "For the last tripe" et "Every time the devil smiles". Blues lent, le titre maître embrasse un développement volontairement dramatique. Le dédoublement opéré entre les cordes, tant rythmiques que distinctes, est savamment dosé. Faut dire que la production est irréprochable. Cordes acoustiques et électriques se conjuguent sur la cover du "Master of disaster" de John Hiatt. Et sa voix colle à merveille à cette version personnelle du fameux songwriter de l'americana music. Autre plage indolente, "Day by day" libère une fameuse dose d’intensité. Pour épancher ses émotions, Danny emprunte aisément le sens dramatique. Ses accords à la gratte sont meurtriers. Le climat devient lourd et angoissant. C’est bien au sein de cette atmosphère ténébreuse, qu'il est au sommet de son art. "The hard way" campe un blues rock accablant, réminiscent de son aîné Robin Trower. L’opus s’achève dans la douceur et la quiétude d’"Alone in the dark", une plage aussi belle que mélodique, à nouveau caractérisée par ses subtils entrelacements de cordes acoustiques et électriques. Sans doute le meilleur album commis par Danny, à ce jour !

Patrick Cleandenim

Orange Moonbeam Floorshow

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Votre serviteur a déjà pu lire des âneries dans des chroniques de webzines concurrents ; mais je pense que pour le deuxième album de cet artiste américain, le sommet a été atteint. David Bowie aurait influencé Cleandenim. Ah bon ! La musique gothique aussi. Parfait ! Et même le blues des 60’s. Ben tiens ! Pourquoi pas Rika Zaraï tant qu’on y est. Honnêtement, je ne suis pas contre la liberté d’expression ; mais quand un collaborateur ou un journaliste en herbe ignore complètement l’histoire de la musique, pop/rock en particulier, ou qu’il ne dispose pas d’un tuteur susceptible de rectifier voire de guider sa prose, il est préférable qu’il se contente de s’épancher sur un blog pour épater ses copines et ses copains. Désolé, mais même si chez Musiczine, on peut se planter, on cherche d’abord à se documenter ; et puis surtout on écoute les disques qui nous sont envoyés… C’est dit, point à la ligne !

Mais revenons à ce Patrick Cleandenim. Dont cet « Orange moonbeam floorshow » s’ouvre par un remarquable morceau : « Hotel gansevoort ». Robotique, ‘kraftwerkien’, il s’inscrit dans l’esprit de la cover du « Model » de Snakefinger, une compo, bien sûr, signée Ralf Hütter et Florian Schneider. La suite me fait davantage penser à du Heaven 17, parfois en plus swing. Il y a même un morceau pimenté de bossa nova (« Stage fright »). Mais franchement après le plat consistant, on n’a plus droit qu’aux cacahuètes…

 

Nancy Elisabeth Cunliffe

Wrought Iron

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Deux années après avoir publié son premier album intitulé « Battle & Victory », Nancy Elizabeth Cunlife est de retour. Tout au long de cette période, l’artiste n’a cependant pas chômé. Et pour cause ; elle a notamment collaboré en compagnie de James Yorkston et du Japonais Susuma Yokota.

Agée aujourd’hui de 25 balais, la jeune Galloise a troqué sa harpe contre un piano, un instrument dont elle serait tombée sous le charme lors d’un voyage en Espagne. « Cairns » ouvre l’opus. Une plage dont l’ambiance douce et mélancolique est entretenue par les accords de piano et les chœurs ; des chœurs très souvent remarquables. Tout au long de cette œuvre, elle nous invite à accomplir un périple entre les Etats-Unis et son pays natal. « Bring on The Hurricane » escalade les Rocheuses américaines. « Canopy » flâne du côté des collines irlandaises. Quant à « Divining », il explore plutôt les tréfonds de son âme, reflétant ainsi un sentiment d’intégrité, jamais prise en défaut. Si le piano domine l’expression sonore, les cuivres, la guitare acoustique ainsi que le violon ont également droit au chapitre. Néanmoins, c’est la voix de Nancy Elizabeth qui fait la différence. Tout en préservant un parfait équilibre entre les parties vocales et instrumentales, ses compos libèrent une fameuse dose d’émotion. On pense souvent aux Américaines Alela Diane et Mariee Sioux. Mais en moins mystique. Et puis aussi parfois à Tori Amos voire à Chan Marshall. En plus minimaliste. Bref, un superbe album que je vous invite à découvrir de toute urgence…

 

Seasick Steve

…songs for Elisabeth

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Alias Seasick Steve, Steven Gene Wold est un personnage atypique dans l’univers de la musique roots contemporaine. D’origine californienne, tatoué, la longue barbe grise, ce presque septuagénaire (NDR : il est né en 1941) affiche un look de vieil ermite. Dans la vie, il a accompli une multitude de jobs ; et puis il a bourlingué à travers de nombreux pays. Il chante et joue de la guitare. On ne sait plus trop depuis quand. Il a côtoyé Janis Joplin et Joni Mitchell. Et puis, il a également participé à de multiples sessions d’enregistrement. Tant comme ingénieur du son que producteur. Il s’est établi en Norvège. En 2001. Il y concocte son premier album, "Cheap", en compagnie de musiciens locaux, les Level Devils. Il embrasse ensuite une carrière en solitaire. Et publie son premier opus solo, en 2006, "Dog House Music". Un disque qui rencontre un succès certain, notamment en Angleterre. Ce qui lui permet de se produire au cours de très nombreux festivals. Il signe chez Warner et grave un nouveau long playing, en 2008 : "I started out with nothin' and I still got most of it left", puis un Ep intitulé "It's all good". L'an dernier, il a encore édité un elpee, "Man from another time", une œuvre parue sur Atlantic. « …Songs for Elisabeth" compile ses premières œuvres. Il a choisi ce titre sous la forme d’un présent, qu’il a adressé à son épouse, Elisabeth, lors de la Saint-Valentin.

"8 ball" et "Dr Jekyll & Mr Hyde" sont issus de son premier elpee, "Cheap". Excellent, le premier morceau est imprimé sur un tempo bien carré. La section rythmique est solide. Ce qui n’empêche pas la gratte électrique de se frayer son chemin. La série de notes dispensées par le vieil homme sont récréatives. Elles peuvent rappeler un certain Albert King. Graveleux, son chant passe au second plan. Tout au long de "Dr Jekyll & Mr Hyde", il s’inspire de John Lee Hooker. Il y dispense ses sonorités métalliques, face aux percussions bien marquées. Son chant est répétitif, hypnotique. Un style réminiscent de Howlin' Wolf, au sommet de son art. "My donny" figurait sur "Dog house music". Steve est seul, chante en s’accompagnant d’un dobro acoustique. Il semble possédé par sa musique, dont il accélère le tempo, jusque la rupture finale. "Just like a king" et "Walkin' man" sont extraits d’"I started out with nothin' and I still got most of it left". La voix du loup solitaire est douce et apaisante. Une plage sculptée dans le folk blues, caractérisée par son jeu de cordes envoûtant! "Just like a king" est un titre dont il partage l’écriture avec Nick Cave. Un morceau complexe dont la structure est en progression constante. Lors de ce titre, il est soutenu par son drummer norvégien. Terriblement expressif, son timbre est remarquable. Et ses accords filtrés par le bottleneck lancinants. "My home (blue eyes)" est issu de son dernier cd. La pureté de son jeu y est mise en exergue. Reste "Ready for love", une plage inédite, bien dans le style de l’artiste. Une question me taraude quand même l’esprit : nonobstant le talent de Seasick Steve, difficile de comprendre pourquoi son blues acoustique sans concession a acquis une telle popularité ?