Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

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Tommigun fait de vieux os…

Les vétérans belges de l'indie pop signent un retour marquant. Dix ans après la parution de Wooden Son, Tommigun rompt un long silence et dévoile « Heavy Bones ». Ce morceau inaugure un nouvel elpee éponyme, dont la sortie se profile pour le 20 novembre 2026…

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Hilde Marie Kjersem

A killer for that ache

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Cette jeune chanteuse/compositrice finnoise vient d’enregistrer son premier album sous son propre patronyme. A ce jour, elle avait commis deux elpees au sein du groupe TUB Quartet : Red shoes diary » en 2004 et « Twelve o’clock tales » l’année suivante. Evidement, lors des sessions d’enregistrement, elle a reçu le concours de toute une panoplie de collaborateurs qui se partagent une belle brochette d’instruments : notamment à vent (clarinette, saxophone, trompette, flûte, etc.) ; mais aussi de la basse, des guitares, des percus, du banjo, du piano, des claviers, des drums, etc. Insolites également. Dont une harpe miniature (autoharp) que se réserve cependant Marie. Sans oublier les effets électroniques et les arrangements (NDR : de cordes surtout).

Les trois premiers morceaux de l’elpee ne sont guère convaincants. Ils sont, à la limite, soporifiques. Il faut attendre « Marie Antoinette » pour que cette œuvre commence enfin à perdre la tête. Ou plus exactement permette de découvrir le véritable potentiel de cette artiste. Dont la voix limpide, brumeuse, douce, épouse parfois les inflexions de Björk ou de Sharleen Spiteri (Texas), mais sans en avoir le timbre. Mais le plus intéressant procède de l’apport des chœurs. Impressionnants a capella sur le titre maître et « Save up », ils peuvent devenir angéliques, complètement ‘cartoonesques’ (« It is easy ») ou épouser des harmonies dignes d’Abba (« Catching a star »), une compo dont la mélodie rappelle également le célèbre quatuor suédois, même si la structure du morceau est plus proche de la prog. Car finalement, la plupart des morceaux de cet opus sont assez complexes. Puisant, outre la prog,  aussi bien dans le jazz, la pop, la country (l’excellent « Midwest country ») que le trip hop. Bref, un disque dont une première écoute peut laisser de glace ; mais qui au fil des écoutes se révèle aussi mystérieux qu’intriguant…

Mogwai

The Hawk Is Howling

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Retenu par plusieurs publications et autres webzines comme l’une des meilleures œuvres de l’année 2008, « The Hawk Is Howling », la sixième œuvre de Mogwai, est effectivement de celles que l’on souhaiterait avoir écouté en temps et en heure pour les tops de fin d’année. Une critique dithyrambique s’impose donc. Histoire de se racheter. Précédé par le single « Batcat », mariage retentissant du Post-rock et du Heavy Métal, « The Hawk Is Howling » est une collection de dix morceaux qui marque un retour aux sources. Les Ecossais ont par ailleurs opté pour la production d’Andy Miller qu’ils avaient délaissés durant une bonne décennie. Entre morceaux éthérés et tourmentés, cette nouvelle brochette irréprochable est un cadeau inespéré pour les fans de la première heure. Il concilie en effet la splendeur de « Young Team », l’intensité de « Rock Action » et l’ambition de « Happy Songs For Happy People » tout en se débarrassant des défauts de « Come On Die Young » et des mimiques adoptées sur les plus récents « Mr. Beast » et « Zidane : A 21st Century Portrait ».

Mogwai se réinvente également à travers des morceaux plus singuliers, tels que « The Sun Smells Too Loud », « Daphne And The Brain » ou l’émouvant « Scotland’s Shame ». Une écoute prolongée de « The Hawk Is Howling » révèle une subtilité encore plus prononcée qu’auparavant dans le travail de la formation. Le quintet est parvenu à se surpasser et éradique les pyrrhonismes engendrés par un « Mr. Beast » qui avait divisé fans et critiques. Mogwai a donc recouvré son grade de premier de classe. Une position parfaitement méritée.

 

Nneka

No longer at ease

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Nigérienne exilée en Allemagne, Nneka publie son second ouvrage, « No Longer At Ease », l’album de la révélation. Précédé par l’excellent single « Heartbeat », ce nouveau recueil est une introduction bien fournie (16 morceaux) à un univers mêlant sans complexe Hip Hop, Soul, Rock et l’Afrobeat à la Fela Kuti. Injustement comparée à Lauryn Hill, Nneka fait partie de ces artistes qui gravent leurs travaux d’une évidente passion ainsi que d’une certaine honnêteté. Et originalité, surtout ! Assurément, la jeune femme bouillonne d’inspiration. Elle étale celle-ci tout au long d’un recueil qui fait souvent mouche mais souffre également de ce foisonnement d’idées incontrôlées. Les principales faiblesses de « No Longer At Ease » sont en effet un manque de cohérence et une durée qui peut s’avérer contraignante. D’autant plus que quatre ou cinq extraits de l’ensemble auraient pu en être soustraits sans porter atteinte à l’âme de l’œuvre.

Nneka n’a cependant rien à envier à ses grandes sœurs américaines, Erykah Badù en tête. Car malgré ses longueurs, « No Longer At Ease » est un deuxième recueil fouillé, passionnel et résolument ancré dans les racines africaines de son interprète. Nneka Egbuna est un nom à retenir, si ce n’est déjà fait.

Roy Orbison

The best of the soul of rock and roll

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C’est à un tout grand artiste de l’histoire du rock’n roll qu’est consacrée cette compile. Né en 1936, Roy est décédé en 1988, terrassé par une crise cardiaque. A l’instar d’Elvis Presley, Jerry Lee Lewis, Carl Perkins ou Johnny Cash, il avait entamé sa carrière au cours des 50’s. Comme chanteur de rockabilly. Sa première chanson, « Ooby dooby », décroche un succès sur un label local. Et va lui permettre de signer chez Sun. Il obtient ainsi son premier tube international. Car des hits, Roy en a commis une bonne douzaine. De nombreuses ballades. « In dreams », par exemple, qui figure sur le disque. Un répertoire au sein duquel il pouvait mettre en exergue ses prouesses vocales. Il ne faut pas oublier que son registre lui permettait de chanter sur trois octaves. Sans oublier ses classiques comme « Mean woman blues », « Only the lonely » et bien sûr l’intemporel « Oh, pretty woman ». Orbison n’était ni un rebelle, ni un agitateur. Il était même gêné de son succès. Il avait alors décidé de ne plus se produire sur les planches ni d’enregistrer pour lui ; mais de composer pour d’autres artistes. Avant de se raviser. En 1965, suite à un accident stupide de motocyclette, son épouse perd la vie. Pire encore, en 1968, ses deux fils périssent dans l’incendie de sa maison. Il va alors vivre une longue traversée du désert. Ponctuée par une lourde opération du cœur, en 1978. Mais deux ans plus tard, il refait surface. Et en 1986, il est embarqué dans l’aventure des Travelling Wilburys, en compagnie de Bob Dylan, George Harrison, Jeff Lynne et Tom Petty. Un titre, « Not alone any more » épingle cet épisode. Le recueil recèle une rareté immortalisée ‘live’ : « (All I can do is) dream you » datant de 1987. Un morceau qui démontre qu’il n’avait pas besoin des artifices studio pour jouer en public. Décembre 1988, il décède donc inopinément alors qu’il venait d’achever un opus de nouvelles chansons. « Mystery girl » paraît le mois suivant et recèle le remarquable « You got it », signé par Jeff Lynne et Tom Petty. Trois ans plus tard, un opus posthume réunissant des maquettes sera publié « King of hearts ». Sur lequel figurent « Crying » (en duo avec kd Lang) et « I drove the night ». Et pour votre info, sachez que ce « The best of the soul of rock and roll » fait également l’objet d’un boxset réunissant 4 disques.

Sister Flo

The Healer

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“The Healer” constitue le second opus de cette formation finnoise dont le patronyme (Sister Flo) s’inspire à a fois du joueur de football de leur pays (Tore André Flo), d’une chanson du Velvet Underground (« Sister Ray ») ainsi que d’une phrase extraite du « Queen Bitch » de Bowie (‘He's down on the street / And he's trying hard /to pull sister Flo’). Leur pop raffinée, hypersophistiquée, ensoleillée, est très susceptible d’évoquer tantôt Love, les Beach Boys, les Zombies voire Belle & Sebastian (NDR : qui a dit Laurent Voulzy ?) A cause des harmonies vocales limpides et particulièrement soignées. Maintenant, dans la construction des morceaux, filtre un aspect prog qu’on retrouvait chez Caravan à ses tous débuts. Ce n’est pas trop désagréable à écouter, d’autant que les mélodies sont plutôt bien ficelées (NDR : surtout l’excellent « Spirit of Christmas »), mais au fil de l’elpee, la lassitude commence à vous envahir et vous n’avez plus qu’une seule envie : passer au disque suivant...

The Streets

Everything is Borrowed

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Comment ne pas avoir un petit pincement au cœur en entamant l’écriture de cette chronique ? The Streets vient de décider d’achever son parcours en nous balançant leur dernier album. Autant l’annoncer d’entrée de jeu, et plomber l’ambiance directement. Les quelques martiens qui viendraient à  peine de découvrir l’univers de Mike Skinner sur ce quatrième album auront certainement moins de difficultés à s’en remettre que les fans de la première heure,… dont je fais partie. Enfer et damnation, ce trublion de Skinner a donc toujours un mauvais coup, à nous réserver, derrière la tête…

Il y a  8 ans que l’aventure à commencé. Après l’incroyable « Original Pirate Material », le magnifique « A Grand Don't Come for Free », le moins terrible «  The Hardest Way To Make An Easy Living », « Everything Is Borrowed » vient donc clôturer les festivités. Brillamment. Par cette dernière galette, Skinner nous fait comprendre qu’il a fait le tour des questions posées en compagnie de son groupe. Son univers indéfinissable, sis quelque part entre rap, electro et le garage –sa marque de fabrique– a vécu. Et comme tout bon fêtard qui se respecte, c’est sur un dernier coup de génie qu’il a décidé de se retirer.

« Everything Is Borrowed » est certainement l’album le plus abouti de l’artiste. Celui qui se détache radicalement des autres. Après avoir posé ses éternelles questions sur l’amour destructeur et projeté sa vision souvent acide de la société, Mike Skinner vient à présent nous parler de foi, de fin du monde, d’espoir et d’amour sincère. « Everything Is Borrowed » est aussi très loin des bidouillages musicaux des premiers elpees, mais il arrive tout du moins, à conserver ce cachet indélébile, cette odeur indécrottable de pub anglais. Skinner n’a pas perdu pour autant son accent Cockney à couper au couteau ni son humour grinçant. Il continue de manger ses phrases à moitié. Mais il s’ouvre à un monde empreint d’espoir. Caché derrière de véritables bijoux de composition comme « Everything is Borrowed », « The Escapist » ou « On The Edge Of A Cliff », les textes ont vite fait de nous toucher tant ils sont proches de notre quotidien. C’est donc le cœur chargé de nostalgie que l’on tournera la page de cet ultime opus ; mais Skinner déborde d’idées et de projets, tant musicaux que cinématographiques. Il est donc prévu de le revoir d’ici peu sous d’autres formes. The Streets est mort, vive The Streets ; car tout ne fait que commencer…

 

Alexander Tucker

Portal

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Il faut admettre que parfois certains disques vous passent au-dessus de la tête sans trop savoir pourquoi. En fin d’exercice, lorsqu’on a un peu de temps, on se met à réécouter le stock des indésirables et, on tombe parfois sur une perle. Comme cet album d’Alexander Tucker. Un type issu de Kent, en Grande-Bretagne. Un artiste qui a décidé de se lancer dans une carrière en solitaire depuis le début du XXIème siècle (NDR : auparavant, il a milité au sein de toute une série de groupes noisy, hardcore et même punk ; de quoi faire ses premières armes). Ce qui ne l’empêche pas d’opérer une multitude de collaborations. En compagnie de Stephen O'Malley de Sunn O))), par exemple. Ou encore de Daniel O'Sullivan et Dave Smith de Guapo. Et en analysant son parcours, on se rend compte qu’il n’en est pas à ses premières expérimentations du genre.

Mais venons-en à son quatrième opus solo, « Portal ». Un disque découpé en huit paysages sonores baignant au sein d’une forme de psychédélisme avant-gardiste déchiré entre folk, drone metal et electronica. Alexander y joue de la guitare acoustique (NDR : le plus souvent en fingerpicking !) et électrique (NDR : il doit disposer d’un éventail de pédales de distorsion plutôt impressionnant !), du banjo, de la mandoline, du violoncelle. Il y ajoute un tas de sonorités électroniques, dont des boucles. Et chante également. D’un timbre hanté, dont les inflexions peuvent parfois rappeler Brian Eno. Bref, dans ce style qui puise autant chez Six Organs of Admittance, Jim O’Rourke, Stockhausen, Velvet Underground, Steve Reich que John Fahey, Tucker fait absolument merveille. Vivement conseillé !

 

War of Ages

Arise n’ Conquer

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« Arise n’ Conquer » constitue la suite logique du furieux « Unite us All », paru en 2004. Un retour en force traduit par ce quatrième album tant attendu. Même s’il évolue dans le registre metalcore, le combo américain s’est toujours différencié de ses pairs par le côté captivant de ses œuvres, bourrées de puissance, mais aussi d’esprit ; tout en préservant de réelles mélodies. Intégrant certains éléments de death mélodique, on comprend pourquoi War of Ages a assuré les premières parties de formations comme Soilwork ou As I Lay Dying. Par ailleurs, ils ont également participé au célèbre festival itinérant ‘Persistance Tour’, aux côtés de Madball et de Sick of it All.

Le line up du combo réunit, à la base, les frères Alex et Leroy Hamp (respectivement batterie et chant). Les frangins se sont accoquinés à trois autres ‘brutes’ qui ne cachent pas leur attachement au christianisme. Cette nouvelle plaque est même accompagnée d’un verset biblique dédié au frère du guitariste Steve Brown, décédé inopinément. Le chant est puissant et rauque, typiquement hardcore ou évoquant Phil Anselmo époque Pantera, mais les riffs, loin d’être répétitifs, sont lourds et mélodiques. Parsemés de superbes soli, réverbérant un heavy metal plus classique, les 10 titres donnent cette impression de parfaite harmonie entre les musiciens. Les textes, inévitablement véhéments, ne sombrent pas dans les pires clichés du genre, même s’ils demeurent sans équivoque. On n’est pas loin du concept album en définitive.

Sur chaque fragment, un guerrier s’adresse à Dieu et communique ses doutes, sa détresse, ses états d’âmes face à une foi qu’il ne contrôle pas. L’ensemble fait mouche, pour peu qu’on fasse preuve d’ouverture d’esprit, car les adeptes de l’extrême risquent d’être déçus par cette œuvre qu’ils jugeront trop léchée. War of Ages s’adresse davantage aux amateurs d’In Flames ou de Bleeding Through qu’aux puristes du hardcore US. Du beau travail !

 

Blind Faith

Blind Faith

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Universal a donc décidé de ressortir l’unique album de Blind Faith. Blind Faith était né de la rencontre entre Steve Winwood qui venait de quitter Traffic, Eric Clapton le dieu de la guitare et Ginger Baker, le virtuose des drums, tous deux ex-Cream, ainsi que l’ancien bassiste de Family, Rick Grech. Un quatuor alors annoncé comme le futur Supergroupe. Jimmy Miller, le producteur des Stones avait même été choisi pour mettre en forme leur premier opus. Qui ne va pas récolter le succès escompté. Pourtant, il recèle plusieurs morceaux absolument remarquables. Et je pense tout particulièrement à la cover du « Well all right » de Buddy Holy. Ou encore des superbes « Presence of the Lord » et « Can’t find my way home ». Finalement, c’est la pochette qui fera parler le plus parler d’elle. Affichant une jeune fille impubère au torse nu, elle sera interdite en Grande-Bretagne. Pourtant, les musiciens disposaient de tout le potentiel pour se forger une notoriété incontournable. Des instrumentistes exceptionnels, un chanteur (Steve Winwood) à la voix éthérée, belle et envoûtante. N’empêche si ce disque ne mérite pas de figurer parmi les albums culte, il demeure un classique que tout collectionneur doit posséder dans sa discothèque. Ah oui, j’allais oublier, l’elpee n’est ressorti qu’en vinyle. A low price. Mais le plus intéressant procède du coupon inséré dans la plaque qui vous permet de télécharger l’œuvre en MP3.

 

Yasushi Yoshida

Little Grace

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Yasushi Yoshida nous vient du pays au soleil levant (NDR: fallait pas être devin pour s’en douter). D’Osaka, très exactement. Il est surtout connu pour avoir composé des bandes sonores destinées aux séries télévisées ("Walk Alone in Arktos", "Mr. Hyohichi Kohno Walked to the North Pole", etc.) et au théâtre. Mais c’est également un multi-instrumentiste, même si ses instruments de prédilection sont le piano et la guitare. Et un ingénieur du son qui s’intéresse autant à la musique classique, au jazz et à la world qu’à la musique électronique. Son précédent opus baignait d’ailleurs dans l’ambient. Pour cet elpee, on n’en est pas plus éloigné. Simple différence, si l’électronique est toujours  bien présente, les drums, la guitare, le violon, le violoncelle, la basse, la scie musicale, le saxophone et la clarinette sont également de la partie. Une constate : le piano trame toute l’œuvre. Le résultat embrasse un format post-classique qui pourrait servir de bande sonore pour un film mélancolique voire dramatique. Mais privé de tout support visuel, ce disque suscite rapidement l’ennui…

 

Les fantômes de MGMT !

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Alors que Soulwax remixait, il y a peu, « Kids » des Newyorkais de MGMT, un autre combo de la Grande Pomme, mais moins réputé que celui des frères Dewaele, s’attaquait lui aussi à l’un des titres du buzz de 2008. Holy Ghost !, duo ravageur signé sur l’écurie de James Murphy et Tim Goldsworthy, DFA, s’est emparé de « Of Moons Birds And Monsters » et l’a reconstruit dans un style disco psyché totalement irréprochable ! Le titre est disponible sur http://www.lastfm.fr

 

Veence Hanao

Les robots et les humains…

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Rencontre avec ce jeune emcee hyperactif dont le premier album officiel est paru après une multitude de passionnants projets underground encore téléchargeables gratuitement sur le net. Veence Hanao est passionné par les beats innovants de Madlib et du défunt Jay Dee mais aussi par des fines plumes de la chanson française comme Gainsbourg. Ce qui donne un mélange musical audacieux et prometteur qu’on vous enjoint à découvrir au plus vite !

Pour « Saint-Idesblad », tu t’es passé des beats de ton fidèle complice Noza. Qu’est-ce qui t’a amené à vouloir assurer les parties musicales et les paroles ?

J’ai bossé pendant des années en compagnie de Noza ; et il y aura certainement encore d’autres projets en commun. Ce gars est super talentueux. Simplement, sur celui-ci, j’avais besoin d’être seul dans ma bulle, de m’évader quelque temps, et d’aller au fond de mon univers. Aussi bien pour le fond que pour la forme. Je pense que cette envie se ressent à l’écoute du disque. C’est une ‘tranche de vie’, témoignage plutôt très personnel, relativement ‘fermé’ en ce qui concerne les possibilités de conception. Quant à l’aspect purement pratique, la plupart l’ignore, mais il y a des années que je produis des sons (depuis mon premier groupe SLK). Par exemple : « Midi Pile » sur Autumn I, « Photo de classe » sur Autumn II, « Anal Sex » sur le projet de Claud’French… J’ai senti qu’il était temps que je le fasse.

« Manège » me fait un peu penser à « Where’s my Mind ? » des Pixies, c’est un hommage ou le pur hasard ?

Un pur hasard ! On me l’a fait remarquer à mon retour à Bruxelles, quand l’album était bouclé. Cette allusion ne m’inquiète pas. Au contraire, cette histoire me fait marrer. Puisqu’on m’a déjà posé la question, c’est bien ma voix, et pas un sample grossier. Par contre, le hasard fait bien les choses, si l’on observe que mon premier projet solo s’ouvrait sur un sample de Tyler Durden (du film « Fight Club ») et que « Where’s my Mind » des Pixies a été utilisé pour le climax de ce même film. Etrange…

Pour le clip de « Manège », on te voit déambuler à la Foire du Midi, comment s’est passé ce tournage ?

Très bien ! Et relativement à l’arrache, comme on aime. Toute l’équipe (Florent Sauze – Eve Duchemin) était sur la même longueur d’ondes. On voulait un clip ‘cinéma/docu humain’ dont le grain sente la vraie vie plutôt qu’un clip de ‘graphiste/studio’ trop parfait, tourné sur fond vert, comme beaucoup le sont aujourd’hui. On l’a tourné au feeling, freestyle, caméra épaule, let’s go. On a arpenté la Foire comme si on filmait un docu et ils ont pris les images que la vie nous donnait, plusieurs soirs d’affilée, dont la clôture, le dernier jour, afin de capter le départ des forains. On pensait qu’on nous ferait chier davantage, mais les gens ont été cool. Notre plus gros obstacle, finalement, aura été ma réticence à monter dans certaines machines infernales. J’ai un putain de vertige.

Comme pour le projet « Autmun », le jazz est omniprésent dans « St Idesbald ». Il contribue à l’atmosphère sombre et enfumée de l’album. Dans quels disques puises-tu la matière sonore ? D’où te vient la passion pour cette musique ?

Passionné, c’est un grand mot. J’écoute autant de jazz que de chanson française, de rap ou d’électro. C'est-à-dire en petite quantité (rires). En fait, j’ai un rapport bizarre à la musique. J’ai accroché au jazz et à la soul grâce à des sons Hip Hop signés Jay Dee, Pete Rock, Mos Def, Talib Kweli, Madlib ou même Oxmo, Rocé et consorts. C’est un domaine que j’explore depuis des années. En essayant de savoir ce qu’ils avaient samplé. Puis d’écouter un peu la racine, et au-delà, les grands noms qui m’avaient déjà, c’est vrai, un peu giflés (rires) ! C’est donc un contact indirect. A la base, je suis de formation classique. A 12 ans, stop, j’ai bouffé du Hit Box, comme tout le monde. Puis du rap, comme beaucoup. Puis toujours du rap, mais plus le même. Et ça m’a fait du bien d’écouter un autre genre de Hip Hop. Le jazz et la soul m’intriguent particulièrement, c’est vrai, car ils me renvoient des images, des ambiances, des sensations. Atmosphère sombre, mouais. Enfumée, à mort. Hallucinée, un peu. En quelques notes tu te retrouves dans un film. Le jazz, j’ai l’impression qu’il permet de pleurer en souriant. Ou l’inverse, je ne sais pas. Quant aux disques dans lesquels je puise, bah je fonctionne par heureux/malheureux hasard, m’aventurant dans des vieux bacs, soldes de braderies, brocantes et vieux greniers …

Le grand absent musical du disque, c’est le rock. C’est un genre qui te passionne peu ?

Il y a des choses énormes, mais dans le rock actuel, j’ai du mal, je ne sais pas. C’est peut-être parce qu’en Belgique, l’establishment culturel rock m’a saoulé. Mais j’écoute cependant certains trucs.

« Saint-Idesbald » est un disque où tu saccages et sabotes les formats ‘chanson’. Est-ce que tu as déjà essayé de démarcher les grosses radios de la bande FM pour obtenir quelques passages ? Quelles sont les réactions ?

Et dire que j’ai fait quelques efforts (rires). « Manège » et « Force et Honneur », non (rires) ? Non, sérieusement, il est trop tôt pour que je puisse répondre à cette question. Nous sommes occupés de négocier.

On sent un certain désabusement dans ce disque. Qu’est-ce qui t’inspire ce dépit ? La précarité à laquelle est (souvent) condamné un artiste en Belgique ou la ‘robotisation’ de la société, dont tu parles dans les « Robots » ?

Tout ! Oui, la robotisation, l’abrutissement, la culture imposée, nos références prises pour vérités, nos médias, le côté ‘carotte devant l’âne’, les œillères qui en découlent, la difficulté voire l’impossibilité de se soustraire à ce régime sans passer pour un branleur, un malade ou un danger… Les émissions « Next » ou « Parental Control » diffusées en journée devant des gosses qui n’ont pas nos grilles de lecture ; de quoi devenir crétins et on le cautionne. Le mec lucide en vient à se sentir anormal de n’être pas intéressé par la même chose que les autres, de ne pas vouloir une caisse, un écran de 3 mètres, une baraque, un jardin, un i-Pod… Paraît que j’suis un con parce que je ne veux rien foutre de mes journées sinon de la musique. ‘Je n’ai envie de rien, suis-je normal ?’ Je ne comprends pas pourquoi je devrais passer ma vie à la gagner. On la vit quand alors ? Mais la peur l’emporte. La notion de sécurité est bien ancrée. Salaire, pouvoir d’achat = outils de survie modernes. La peur de tout perdre. L’individu est vraiment un tube, cette fois. Bosser/acheter, gagner/jeter. Poursuivre un idéal vendu. Bouffer, chier. ‘On ne va pas refaire le monde’ ! Et tout paraît normal. Je ne suis pas pessimiste, mais réaliste : il n’y a plus rien ! En tous cas, pas de ce côté-là. Il reste des petits plaisirs du quotidien humain. Je pense qu’une discussion de comptoir vaut toujours mieux qu’un samedi devant Arthur. Rencontrer des gens, le dialogue, les barres de rire, les regards codés, décodés, pas ceux qui fuient en rue, les moments spontanés et privilégiés, les échappées, les filles, le cul, une bonne bouffe, la peau grillée sur du poulet, une Duvel (rires). Non mais c’est sérieux… Il reste l’humain derrière les machines. Dur à trouver, mais il doit être là quelque part.

Est-ce que la multiplication de projets dans le collectif d’artistes que vous formez (Festen, Autumn, Claud’French, Carl) ne crée pas une confusion dans l’esprit des gens qui essaient de vous suivre ?

Bah, au pire ils se disent que les différents projets sont issus de la même ‘famille’ ; mais je trouve que chacun d’entre eux est assez bien identifié et identifiable. C’est la raison pour laquelle on leur a attribué un nom différent. Jusqu’ici, iles étaient underground et touchaient des gens relativement initiés. Sans quoi ils n’auraient pas eu vent de nos activités. Sinon, ouais, faut un peu creuser (rires). C’est possible qu’il y ait une confusion, mais cette situation ne nous tracasse pas. On fait ce qu’on veut et ce qu’on aime, et je pense que les gens ne sont pas cons. D’ailleurs, il aurait été pire de tout regrouper sous une même appellation. Ici, chaque projet a son nom et sa couleur. A ce propos, en faisant abstraction de mon album, un nouveau verra le jour en 2009 : DAWNZONE (Teme Tan et moi-même). On finalise, c’est une méduse, c’est pour bientôt.

Vous n’avez jamais pensé à enregistrer un disque en impliquant tout le collectif, à la manière du Wu-Tang dans les années 90 ?

Je pense que cette idée nous a traversé l’esprit… mais elle n’a pas fait long feu (rires). Plus sérieusement, on aime bosser en binôme ou en trio, mais sinon, c’est trop compliqué. Nos personnalités sont trop complexes et trop chiantes.

Tu es un des rares Mc francophones belges à toucher d’autres personnes que le public hip hop de base. Baloji a pas mal puisé dans la soul et le funk pour pondre un disque très ambitieux et James Deano a privilégié l’humour. C’est quoi ta recette ?

Je ne sais pas. Il n’y a pas de calcul. Heureusement pour l’intégrité de ma démarche. Je n’ai pas cherché à quitter le rap –j’estime d’ailleurs que ce n’est pas le cas– pour un plus grand public. Simplement, je tiens à être fidèle à ce que je suis, sans démagogie, sans me plier aux modes et pressions de mes différents environnements. Résultat, je suis au carrefour de plusieurs intentions. Je veux pleurer et rire, faire du son et du texte, gueuler et chuchoter, parler de robots ou de sexe, que ma musique me fasse du bien, ne soit pas commandée, que mes textes soient des tranches de vie et qu’il se passe un échange.

A l’inverse, comment es-tu perçu dans les sphères de ce que tu appelles le ‘rap social’ ?

Ca dépend. Il y a des mecs fermés, et d’autres pas. J’ai d’excellents rapports avec certains groupes de la scène belge. Pour d’autres, par contre, je fais du rap institutionnalisé, bourgeois, récupéré. C’est leur avis. Qu’est ce que je peux y faire ? J’ai moins d’envie et d’énergie à leur donner pour m’expliquer ou les clasher qu’auparavant... Pour moi, ce sont les rappeurs clichés que je vois à la télé qui ont été récupérés. Pas moi. Les faux clashs, les fausses cailles, le rap français qui fait des pompes et qui roule en berline, ça, pour moi, c’est du rap récupéré qui surfe sur la vague ! Mais à l’époque, quand je parlais de ‘rap social’, et que je disais qu’il me saoulait, je parlais plutôt d’une sorte de rap pseudo militant pas mûr, bidon, sans revendications réelles. Celui qui pataugeait dans un amateurisme décrédibilisant pour tous ou d’un rap d’éducation permanente, où on fait croire tout et n’importe quoi à des gars qui rappent depuis 3 mois.  

Tu es accompagné par Teme Tan sur scène. C’est une formule que tu vas développer/élargir à d’autres musiciens pour cet album ?

C’est une question qui me saute à la gueule chaque matin quand je me réveille. Pour l’instant, la formule fonctionne très bien ainsi. Et j’ai du mal à me dire que j’arriverai à faire entrer quelqu’un d’autre dans la bulle de l’album… Pour l’instant, en tous cas.

Imagine qu’on te propose 1 featuring pour un artiste français. Tu ne peux en choisir qu’un. Qui choisis-tu entre Oxmo Puccino, Abd Al Malik et Rocé ?

Sans aucune hésitation, Oxmo Puccino. Il a bercé une période-clé de ma vie.

Tu vas tenter de faire sortir cet album en France ?

On a un peu démarché, mais je suis relativement hors format et apparemment ‘pas facile’. Et la musique, en France comme partout actuellement, fonctionne par étiquettes et par images. Si ça se passe bien en Belgique, oui, on essaiera d’aller plus loin. Mais chaque chose en son temps.

Quelles sont tes ambitions/objectifs pour cet album ?

Ce n’est pas très précis, mais on va s’investir à fond : le faire tourner un maximum, gagner en visibilité, aller plus loin que pour les précédents. Essayer, effectivement, de dépasser un peu nos limites, et accorder de bons concerts… La scène, c’est un des objectifs principaux.

Sur certains titres de « St Idesblad », tu es à la limite du chant. T’as jamais pensé à chanter sur tes disques et abandonner progressivement le rap ?

Une nouvelle fois, c’était totalement involontaire. L’adaptation s’est produite super naturellement, sans calcul. Arrêter le rap, ou choisir un camp, je ne prendrai jamais une telle décision. Ca sort comme ça sort. Effectivement, je me suis surpris, sur plusieurs morceaux, à pousser la chansonnette. Ca m’a plu. Hors de question de me mettre un filtre et des barrières. Donc on verra où cette évolution mènera.

 

Les ‘Tops’ 2008 de Muziczine

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Vous trouverez ci-dessous les différents ‘tops’ confectionnés par les différents collaborateurs de Musiczine. Au fil des semaines et jusque fin janvier, ce listing s’enrichira des avis de celles et ceux (rédacteurs et photographes) qui ne se sont pas encore prononcés à ce sujet. En attendant, toute l’équipe vous souhaite une Bonne Fête de Noël et vous présente ses meilleurs vœux musicaux pour l’année 2009.

JoWell

Top 20 albums

1) Alain Bashung : Bleu Petrole
2) The Streets : Everything is Borrowed
3) Monkey : Journey To The West
4) Peter Björn & John : Seaside Rock
5) The Ruby Suns : Sea Lion
6) Departement Of Eagle : In Ear Park
7) The Week That Was : The Week That Was
8) Radiohead : In Rainbows (sorti le 31: 12: 07)
9) Jordan : Oh No ! We Are Dominos
10) Bloc Party : Intimacy
11) Vampire Weekend : Vampire Weekend
12) Portishead : Third
13) TV on the Radio : Dear Science
14) Rodolphe Burger : No Sport
15) The Delano Orchestra: A Little Girl, a Little Boy, and All the Snails They Have Drawn
16) Seabear : The Ghost That Carried us Away
17) Fujiya & Miyagi : Lightbulbs
18) Sebastien Tellier : Sexuality
19) Bowerbirds : Hymns for a Dark Horse

20) James Deano : Le Fils du Commissaire

Top 5 concerts

The Streets aux Halles de Schaerbeek
Alain Bashung à l’AB
Tracy Chapmann au Bozart
Midnight Juggernauts à l’Orangerie du Bota
Puppetmastaz dans le cadre des Nuits du Bota et aux Ardentes 

Sébastien Leclercq

Top 20 albums (International)

1) Amadou & Mariam : Welcome To Mali
2) Vic Chesnutt, Elf Power, The Amorphous Strums : Dark developments
3) Nick Cave And The Bad Seeds : Dig!!! Lazarus Dig!!!
4) Lykke Li : Youth novels
5) The Ting Tings : We started nothing
6) Kings of Leon:– Only by night
7) The Kills : Midnight Boom
8) Walls of Jericho : The american dream
9) Stanislas Renault : L’équilibre instable
10) The Mars Volta :The Bedlam in Goliath
11) Bénabar : Infréquentable
12) Neon Neon : Satinless style
13) Black kids : Party traumatic
14) Ryan Adams and the Cardinals : Cardinology
15) The Dirtbombs : We Have You Surrounded
16) TV on the Radio : Dear Science
17) Lambchop : Oh (Ohio)
18) A Silver Mount Zion : 13 Blues for Thirteen Moons
19)  Los Campesinos! : We are Beautiful, We Are Doomed
20)  Oasis : Dig out your soul

Top 5 albums (made in Belgium)

Monsieur & Madame (Marka-Bibot)
René Binamé : Le temps payé ne revient plus
Absynthe Minded : Introducing
Elvis Ghettoblaster : Love is a schizophrenic hungry monster
Black sheep : Première Conclusion

Top 5 concerts

Benjamin Biolay aux Francofolies de Spa
Siouxsie au V Festival de Chelmsford (UK)
Babyshambles à l’AB
The Pogues au Carling academy de Glasgow
Fujiya & Miyagi au festival de Dour

Antoine Verhoeven

Top 20 albums (sans ordre particulier)

Hercules And Love Affair : Hercules And Love Affair
Hot Chip : Made In The Dark
Syclops : I’ve Got My Eye On You
Free Blood : The Singles
YACHT : I Believe In You. Your Magic Is Real
Various Artists : Supersoul Recordings Presents Nobody Knows Anything
Various Artists : Notwave
Friendly Fires : Friendly Fires
Midnight Juggernauts : Dystopia
Carl Craig : Sessions
Elvis’ Ghettoblaster : Love Is A Schizophrenic Hungry Monster
Tetine : Let Your Xs Be Ys
TV On The Radio : Dear Science
Ladyhawke : Ladyhawke
Simian Mobile Disco :  Sample And Hold
The Roots : Rising Down
Fuck Buttons : Street Horrrsing
The Kills : Midnight Boom
Gang Gang Dance : Saint Dymphna
Pivot : O Soundtrack My Heart

Top 5 concerts

1) The Roots à l’AB
2) Alain Bashung au Cirque Royal
3) Midnight Juggernauts au Botanique
4) Hercules And Love Affair dans le cadre du Pukkelpop
5) Digitalism à l’AB

Enzo Porta

Top 20 albums (sans ordre particulier)

Herman Dune : Next Year in Zion
The Cool Kids : The Bake Sale
Al Green : Lay It Down
Mark Stewart : Edit

Nick Cave & The Bad Seeds : Dig !!! Lazarus, Dig !!!
Toumani Diabaté : The Mandé Variations
Eugene McGuinness : Eugene McGuinness
Orchestra Baobab : Made In Dakar
Vampire Weekend : Vampire Weekend
Public Enemy : How You Sell Soul to a Soulless People Who Sold Their Soul ? ? ?
3MA : 3MA
The Apples In Stereo : Electronic Projects For Musicians
Benga : Diary Of An Afro Warrior
James Hunter : The Hard Way
Juana Molina : Un Dia
Madlib the Beat Konducta WLIB AM : King of the Wigflip
Roots Manuva : Slime and Reason
This Is The Kit : Krülle Bol
The Explorers : Club Freedom Wind
The Bug : London Zoo

Top 10 rééditions (sans ordre particulier)

Eddie Bo : In the Pocket with Eddie Bo
Mary Queenie Lyons : Soul Fever
Eccentric Soul : The Outskirts of Deep City
New Orleans Funk volume 2
Liquid Liquid : Slip In And Out Of Phenomenon
Fela Ransome Kuti : Lagos Baby 1963-1969
Tommy Tate : I’m So Satisfied - The Complete Ko Ko Recordings and more
The Ragga Twins : Ragga Twins Step Out
An England Story : The Culture of the MC in the UK 1984-2008
Johnny Osbourne : Truths and Rights

Top 5 Concerts (sans ordre particulier)

Black Lips à l’AB et au Trix
Puppetmastaz au Botanique
Young Marble Giants dans le cadre du festival factory
Roots Manuva à l’AB
Phoenix à l’AB

Stéphane Deroubaix

Top 20 albums

1) QNTAL : Translucida
2) Metallica : Death Magnetic
3) Opeth : Watershed
4) Kludde : In Den Vergetelheid
5) Lordi : Deadache
6) Volbeat : Guitar Gangster and Cadillac Blood
7) Tiamat : Amanethes
8) Def Leppard : Songs from the Sparkle Lounge
9) Ayreon : 01011001
10)  Rush : Snakes n’Arrows (live)
11)  Don Caballero : Punkgasm
12)  AC/DC : Black Ice
13)  Satyricon : The Age of Nero
14)  Alice Cooper : Along Came a Spider
15)  Airbourne : Running Wild
16)  Solenoid : Solenoid
17)  Emergency Gate : Rewake
18)  Danko Jones : Never too Loud
19)  Devian : God to the illfated
20) Virgin Black : Requiem-Fortissimo

Top 5 concerts

1) Qntal au 013 de Tilburg
2) Blue Oyster Cult au Zoetermeer
3) Opeth ) l’AB
4) Lizzy Borden au Frontline de Gand
5) Motorhead/Danko Jones au 013 de Tilburg

Taï

Top 20 albums

1) Vampire Weekend : Vampire Weekend
2) Fleet Foxes : He Doesn't Know Why
3) Get Well Soon : Rest Now Weary Head You Will Get Well Soon
4) MGMT : Oracular Spectacular
5) The Walkmen : You & Me
6) Calexico : Carried to dust
7) Bon Iver : For Emma, forever ago
8) The New Year : The New Year
9) Man Man : Rabbit Habbits
10) Vincent Delerm : Chansons
11) Bodies Of Water : A certain feeling
12) Why? : Alopecta
13) Wolf Parade : At Mount Zoomer
14) Mogwai:  The hawk is howling
15) Coldplay : Viva la vida
16) Jamie Lidell : Jim
17) Ruby Suns : Sea lion
18) Shearwater : Rook
19) Radiohead : In rainbows
20) Girls In Hawaii : Plan your escape

Top 5 concerts

1) Devotchka à l'AB
2) Micha P. Hinson au Bota
3) Vampire Weekend au Bota
4) Alela Diane à l'AB
5) Justice à l'AB

Redouane Sbaï

Top 20 albums

1) M83 : Saturdays=Youth
2) Bon Iver : For Emma, Forever Ago
3) The Rosebuds : Life Like
4) Gang Gang : Dance Saint Dymphna
5) French Kicks : Swimming
6) The Black Keys : Attack & Release

7) Dan Le Sac vs Scroobius : Pip Angles
8) Portishead : Third
9) Fleet Foxes Sun Giant EP + Fleet Foxes
10) Foals : Antidotes
11) Vampire Weekend : Vampire Weekend
12) Bohren & Der Club Of Gore : Dolores
13) MGMT : Oracular Spectacular
14) Fujiya & Miyagi : Lightbulbs
15) The Dodos : Visiter
16) Calexico : Carried To Dust
17) Crystal Castles : Crystal Castles
18) Elbow : The Seldom Seen Kid
19) Kanye West : 808’s & Heartbreak
20) Midnight Juggernauts : Dystopia

Top 10 concerts

1) !!! & Danton Eeprom dans le cadre duN.A.M.E. Festival
2) Bon Iver au Botanique
3) Pukkelpop 2008 (Fuck Buttons, The Dodos, Santogold, Hot Chip, Caribou, Holy Fuck et Dan le sac vs Scroobius Pip)
4) N*E*R*D* à l’AB
5) Dan le Sac vs Scroobius Pip à l’AB
6) Fleet Foxes à l’AB
7) Portishead à Forest National
8) Kanye West à Forest National
9) Digitalismà l’AB
10) Masaladosa à l’Atelier 210

Bernard Dagnies

Top 20 albums (International)

1) Okkervil River : The Stand Ins
2) The Fuzztones : Horny as hell
3) Nick Cave & the Bad Seeds : Dig!!! Lazarus dig!!!
4) dEUS : Vantage Point
5) Centro Matic/South San Gabriel : Dual hawks
6) Wovenhand : Ten stones
7) Elbow : The seldom seen kid
8) The Fleshtones : Take a good look
9) O’Death : Broken hymns, limbs and skin
10) Oasis : Dig out your soul
11) The Rascals : Rascalize
12) Beck : Modern guilt
13) Rykarda Parasol : Our hearts first meet
14) The Nits : Doing the dishes
15) Calexico : Carried to dust
16) Threatmantics : Upbeat love
17) Triggerfinger : What grabs ya?
18) The Kill Devil Hills : The drought
19) Mudhoney : The lucky ones
20) The Dodos : Visiter

Top 5 albums (made in Belgium)

1) dEUS : Vantage point
2) Triggerfinger : What grabs ya?
3) Girls In Hawaii : Plan your escape
4) Elvis Ghettoblaster : Love is a schizophrenic monster

5) Jeronimo : Mélodies démolies

Top 5 concerts

1) The Dodos au VK
2) Friendly Fires au Splendid (dans le cadre des Inrocks)
3) Willard Grant Conspiracy au Handelsbeurs
4) Morrissey à l’Aéronef
5) Mercury Rev à l’AB

Charlotte Plaideau

Top 20 albums

1) Department of Eagles : In Ear Park
2) Chad Van Gaalen : Soft airplanes
3) MGMT : Oracular Spectacular
4) Bon Iver : For Emma Forever Ago
5) The Dodos : Visiter
6) Fleet Foxes  : Fleet Foxes
7) Mugison : Mugiboogie
8) Portishead : Third
9) Black Mountain : In the Future
10) Peter Björn & John : Seaside Rock
11) The Last Shadow Puppets : The Age of Understatement
12) Vampire Weekend : Vampire Weekend
13) Fujiya and Miyagi : Lightbulbs
14) The Black Keys : Attack & Release
15) Isobel Campbell & Mark Lanegan : Sunday At Devil Dirt
16) Foals : Antidotes
17) Calexico : Carried to Dust
18) High Places : High Places
19) TV on The Radio : Dear Science
20) Hot Chip : Made In The Dark

 

Bernard Hulet (photographe)

Top 10 concerts

1) Queensryche à l'AB
2) Joe Jackson à l'AB
3) Metallica à Arras (Rock en France)
4) Baschung à l'AB
5) My Own Private Alaska à Tournai
6) Stray Cats à l'AB
7) Motorhead à l'AB
8) The Subways au Bota
9) Blood Red Shoes au Bota
10) The Kills à l'AB

 

 

 

 

 

Emergency Gate

Rewake

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Aussi incroyable que cela puisse paraître, le combo teuton Emergency Gate entame sa treizième année d’existence, mais n’affiche que trois albums au compteur. En sortant cet encourageant « Rewake », 2009 s’annonce plutôt prometteur ces sept Germains colériques. Si leur disque précédent évoluait entre power metal et death mélodique, Rewake » emprunte un chemin fort semblable. Toutefois, les compos paraissent un peu plus abouties, plus fournies et ciblées. L’atmosphère constitue la base d’envol pour de multiples spirales mélodiques, tantôt teintées de Children of Bodom, tantôt dévoyées à des ambiances pas trop éloignées d’un Opeth contemporain. Certains refrains empruntent même des accents de rock classique, et on se réjouit des incursions au piano, à la guitare acoustique et de la présence de claviers finement utilisés, sans jamais tomber dans le piège du symphonisme. Caractérisée par une tonalité qui ne baigne que très rarement dans l’optimisme (le titre d’intro s’appelle « Double Suicide »), la plaque risque de faire le bonheur, tant des amateurs de death sophistiqué que des fanas de dark metal bien puissant. Une mention toute particulière au titre « Slave » dont le refrain entêtant s’imprime dans les neurones dès la première écoute, ainsi qu’à « Remains » qui offre des respirations acoustiques des plus intelligentes. Une plaque très agréable dans son ensemble pour peu qu’on ne soit pas rebuté par un death mélodique, mais néanmoins burné. Un combo à découvrir sur scène lors de la tournée à venir des fabuleux Kreator !

 

Lou Reed

Berlin – Live at St. Ann’s warehouse

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Lorsque Lou Reed compose “Berlin” en 1973, la critique n’est pas tendre à son égard. Et son elpee est boudé par le public. Lou aura beaucoup de mal à se remettre de cet échec et va commencer une longue descente aux enfers de l’addiction… Evidement, la suite est une autre histoire. Pourtant, en prenant du recul, on peut considérer cet opus comme un véritable chef-d’œuvre. Mais particulièrement sombre. Trop sombre, sans doute. En fait, ce concept album raconte l’histoire d’un couple, qui emprisonné au sein du mur de la honte, s’abandonne aux drogues, au sexe, à la trahison et à la violence. Une tragédie qui n’aura qu’une seule issue : la mort.

Il y a trente ans que Reed cherche à mettre en scène cet opéra-rock. Et en décembre 2006, son rêve est devenu réalité. Il va ainsi interpréter, entouré d’une solide équipe de collaborateurs, dont Fernando Saunders Steve Hunter, Rob Wasseman, Rupert Christie, Antony Hegarty et Sharon Jones, sans oublier les chœurs du Brooklyn Youth ainsi que des cuivres et des cordes, l’intégralité de cet ouvrage. Pendant quatre jours. Au St Ann’s Warehouse de Brooklyn. Une série de dates qui feront l’objet d’un Dvd et de ce cd. Produit par Bob Ezrin (NDR : c’était déjà lui qui avait mis en forme la mouture originale) et Hal Williams, ce ‘live’ est enrichi de trois bonus tracks : la cover du Velvet Underground, au cours de laquelle il partage un duo en compagnie d’Antony des Johnsons, « Candy says », « Rock minuet » et le hit intemporel « Sweet Jane », trois plages qui alimentent le film du même titre signé par Julian Schnabel.

Projet très ambitieux ce ‘live’ nous replonge au sein d’un univers conceptuel qui faisait référence au cours des 70’s. Aussi, si vous n’êtes pas issu de cette génération ou êtes peu réceptif à la discographie de Reed, vous risquez fort de ne pas trop apprécier cet elpee. Voire même de l’abandonner en cours de route. Pourtant, les musiciens sont irréprochables. Lou est au sommet de sa forme. Mais proposé sous cette forme thématique, il est très difficile pour un néophyte d’accrocher à cette musique angoissante, austère, nonobstant la grande intensité instrumentale. En outre, il ne faut pas oublier que « Berlin » est considéré comme un des albums rock les plus déprimants de tous les temps. Et comme pour l’instant, il manque de soleil…

Sugar Minott

New Day

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Authentique légende du dancehall, le grand Sugar Minott affiche plus de soixante albums au compteur. L’homme est toujours en grande forme vocale, et il le prouve sur « New Day », premier album en quatre ans réunissant quinze titres réalisés entre la Jamaïque, les Etats-Unis et la Grande Bretagne. Le producteur anglais Roman Pryce s’est chargé de la musique et une flopée d’invités est passée lui dire bonjour… et pas seulement… : Toots Hibbert des Maytals, Andrew Tosh, Sly Dunbar, Bongo Herman, pour n’en citer que quelques uns. L’elpee contient quelques morceaux très dancehall qui ont fait la légende de Sugar. Entre romantisme échevelé et appels à la fraternité, Sugar Minott reste fidèle à ses idéaux : des plages comme « Show Me A Sign », « One Life », « Reach’in Out 2-U », l’excellent « I’ve Been Workin’ », « Lover’s Rock » et « Keep the Fire Burnin’ » nous renvoient aux superbes travaux produits par Sugar Minott à la fin des années 70 et pendant les années 80. Les styles plus contemporains ne sont pas absents, comme en témoignent le beat ragga de « Gettin’ It On », l’atmosphère éthérée de « Good Friends » ou encore « Oh Mamma », en duo avec Andrew Tosh. C’est du travail de haut niveau, même si on ne peut s’empêcher de penser qu’il manque cette petite touche magique émanant de Jamaïque il y a trente ans… « New Day » n’est donc pas un chef d’œuvre, mais s’avère de très bonne tenue, ‘soulful’ à souhait, ce qui devrait suffire aux nombreux fans de Sugar.

Malibu Stacy

Marathon

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Suffit de lire les notices de la pochette pour savoir que le deuxième album de Malibu Stacy a été enregistré aux studios Headgar de New York, sous la houlette de Scott Norton (TV On The Radio, CocoRosie), mixé par Mike Major (At The Drive In) au Mike’es Mix Room, en Floride, et masterisé au Sterling Sound de N.Y. par Steve Fallone (The Strokes). Faut croire que le sextuor est fasciné par les States, puisque pour réaliser leur premier clip vidéo, il s’était rendu à Los Angeles.

Mais venons-en au contenu de cet opus. Tout d’abord, il recèle une majorité de compos pop bien dans le style du premier elpee. C’est-à-dire pas facile à assimiler à première écoute, même si les mélodies peuvent paraître contagieuses ou hymniques. A la limite, dans ce style, le type de chanson évoque à nouveau Ficher Z. Et les inflexions, alors proches de John Watts accentuent cette impression, tout comme les chœurs qui les soutiennent. Maintenant, il est vrai qu’en filigrane, on décèle toujours quelques traces de Weezer et de Maxïmo Park, mais elles sont de plus en plus diluées. Heureusement le combo a le bon goût d’essayer de varier sa palette sonore. A l’instar de « Maria », plutôt proche de la comédie musicale, du slow crapuleux (NDR : ce mid tempo !) « Duck and cover », qui aurait pu naître au cours des seventies, si l’instrumentation n’avait pas été aussi contemporaine et puis du final « White teeth », notamment lorsque le rythme emprunte un tempo new wave. C’est le moment choisi par les cordes de guitare pour grésiller frénétiquement comme à la plus belle époque de Wedding Present. Pourtant, les deux plages qui me bottent le plus sont aussi les plus enlevées. Tout d’abord l’intro « Hotel de police », caractérisé par ses vocaux reverb, dispensés dans l’esprit de Roy Orbison et puis surtout le violent, véhément et punkysant « Older bolder (and stuff like that…) » qui devrait faire un malheur sur les planches. Et à mon humble avis, c’est sans doute aussi dans ce créneau que le groupe a le plus de chance d’asseoir sa crédibilité…

 

Madlib

WLIB AM : King of the Wigflip

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S’il existe bien un producteur imprévisible et étrange, c’est bien Madlib. C’est peut-être la raison pour laquelle ce producteur californien a été chargé de clôturer la prestigieuse série « The Beat Generation », qui a bénéficié de la collaboration d’invités illustres comme J Dilla, Jazzy Jeff, Pete Rock ou encore Marley Marl. Le concept de cette série d’albums est de donner ‘carte blanche’ au beatmaker hip hop pour qu’il puisse se laisser aller à ses délires musicaux les plus fous, sans penser aux conséquences.

Madlib les a donc pris au mot et s’est lancé dans un furieux délire d’une vingtaine de titres, entouré de son frère Oh No, de Talib Kweli ou encore de la géniale Georgia Anne Muldrow. Madlib est capable d’entretenir des atmosphères les plus étranges et menaçantes comme dans l’introductif « The New Resident ». Mais aussi de pondre des hymnes rap comme « Blow The Horns On ‘Em » que Guilty Simpson rehausse de sa présence au micro ou encore l’excellent « Life », flanqué de Karriem Riggins. Et même encore se perdre dans les délires hallucinogènes. A l’instar de cet étrange « Heat » où il déballe son rap un peu bancal… Sans oublier la soul futuriste de « Yo Yo Affair »… Audacieux, psychédélique et complètement fou, on aimerait que tous les disques de hip hop soient aussi surprenants et passionnants que ce « King of the Wigflip »…

Jenny Lewis

Acid Tongue

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Actrice (NDR : et star !) au cours de son enfance, Jenny Lewis s’est reconvertie dans la musique country alternative en 1998. Mais avant d’entendre sa jolie voix, vous avez peut-être eu l’occasion d’admirer ses talents de comédienne dans le très beau film « Pleasantville » ou les séries « Roseanne » et « Alerte à Malibu ». Pourtant, « Acid Tongue » ne constitue que son deuxième elpee solo. En fait, parallèlement à son projet en solitaire, elle milite au sein de Rilo Kiley ; un groupe déjà responsable de cinq elpees à ce jour.

« Acid Tongue » fait suite au très convaincant « Rabbit Fur Coat », paru en 2006. Toujours d’inspiration country alternative, il s’avère néanmoins bien moins réussi que le précédent opus. Trop conventionnel, il suscite rapidement l’ennui. En fait, tout au long de cet elpee, elle marche constamment sur les traces de ses sources d’inspiration principales : Loretta Lynn et Dolly Parton. Chacune des compos a beau nous transporter au cœur des grands espaces américains, on a beaucoup de difficultés à accrocher aux mélodies. Et ce n’est pas la présence d’invités prestigieux dont Elvis Costello (sur l’affreux « Carpetbaggers »), M. Ward ou encore Chris Robinson (des Black Crowes) qui y change quelque chose. Jamais les compos ne parviennent à s’extraire de leur académisme. Tout n’est cependant pas médiocre (Jenny possède une très belle voix et peut s’appuyer sur d’excellent musiciens) ; en outre, j’insiste pour sauver du naufrage le très beau et énergique « See Fernando » du reste de l’album…

 

Grace Jones

Hurricane

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19 ans après « Bulletproof Heart », son précédent ouvrage, la plus fameuse des chanteuses/actrices/mannequin a retrouvé le chemin des studios d’enregistrements. Celle qui a fêté ses 60 ans en mai dernier s’offre une nouvelle parenthèse sonore au sein du label Wall Of Sound. Précédé d’un « Corporate Cannibal » que Massive Attack n’aurait pas renié, « Hurricane » est partagé en neuf compositions traduisant la volonté de la panthère noire d’explorer des nouveaux terrains de jeu, du trip hop au rock en passant par un reggae à la Sly & Robbie.

Plus abouti que « Bulletproof Heart », ce nouvel ouvrage souffre néanmoins d’un manque d’homogénéité. Grace Jones saute d’un genre à l’autre sans transition pertinente. La face sombre de la diva, également la plus alléchante, passe malheureusement au second plan. Illustré par les très bons « Devil In My Life », « Corporate Cannibal » ou « Hurricane » (co-écrit par Tricky), le côté obscur de l’œuvre est noyé par des morceaux upbeat surproduits (« Sunset Sunrise », « Well Well Well », « Love You To Life »…) Si on est bien conscient que le retour de la déesse des années 70/80 constitue davantage qu’un petit caprice, il faut reconnaître que le tourbillon annoncé a laissé place à un courant d’air…

 

Hinder

Take it to the Limit

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Cette pochette et ce livret intérieur sont du plus mauvais goût. Ils évoquent les pires clichés du hip hop, voire de certains groupes de hair metal des années 80. Pétasses blondes aux gros lolos, hôtels de luxe, voitures impayables, look de poseurs machos, drapeaux américains et whisky à gogo. Mais faisons abstraction de ce déballage nauséabond pour se concentrer sur le contenu de cette deuxième rondelle de Hinder, formation issue de l’Oklahoma (NDR : On l’aurait deviné).

« Use Me », le titre d’introduction démarre plutôt fort, et nous replonge à l’époque ou Kiss, Motley Crüe et Bon Jovi squattaient les premières places des charts américains. Gros son, production bétonnée, refrain glamour…Tout y est ! « Loaded and Alone » enchaîne sur une tonalité big rock façon David Lee Roth. Mais dès le troisième titre, le ton change. Les grosses grattes bien grasses et la voix éraillée d’Austin Winkler deviennent cajoleuses, pour ne pas dire ennuyeuses et racoleuses ! C’est déplorable, mais on comptabilise pas moins de sept ballades sur les onze titres de ce brûlot qui avait pourtant bien commencé. Heureusement l’excellentissime « Take it To the Limit », titre maître de l’opus, parvient à redresser la barre. Une sixième plage salvatrice, rehaussée par la présence de Mick Mars, guitariste de Motley Crüe. Elle aurait même pu rivaliser avec le hit comparable « Bed of Nails » d’Alice Cooper, dans les eighties. Pêchu et mélodique, ce titre réussit à sauver à lui seul un album un tantinet trop mou du genou pour convaincre les infâmes headbangers que vous êtes… et que nous sommes… Trois bons morceaux sur une grosse production metal américaine c’est un peu maigre ! Ressortez de vos tiroirs un bon « Shout at the Devil » ou un solide « Stay Hungry » plutôt que de dépenser inutilement vos précieux deniers.