Light Asylum lève le voile sur un nouvel album

Peu de groupes peuvent se targuer d'avoir le statut de 'groupe culte', mais c'est clairement le cas pour Light Asylum. Emmené par la voix énigmatique de Sharon Funchess, le projet basé à Portland, dans l'Oregon, a secoué le petit monde de la musique…

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Aidan Moffat (Arab Strap) en featuring sur le nouveau single de ĠENN

ĠENN dévoile aujourd'hui « Jaguar Sun », un nouveau single en collaboration avec Aidan Moffat d’Arab Strap. Le titre sort au format digital ainsi qu'en 12’’ sur le label Rock Action Records, fondé par Mogwai, et accompagne l’annonce d’une tournée européenne…

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These Arms Are Snakes

Tail Swallower And Dove

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Quatre ans auparavant, These Arms Are Snakes, une formation d’Art-punk et post-hardcore originaire de Seattle, publiait « Oxeneers or The Lion Sleeps When Its Antelope Goes Home », un premier recueil détonant. Celui-ci laissait présager le meilleur pour l’avenir du quatuor qui, deux ans après, récidivait. En concoctant « Easter », un cocktail de mélodies tout aussi explosif que son prédécesseur. Après avoir impressionné deux fois de suite, These Arms Are Snakes tente le sans faute en changeant de direction. « Tail Swallower And Dove » est le recueil le plus direct et le plus fourni de la discographie de la formation. De la maturité également.

Mais seulement voilà, à l’écoute de la plaque, on ne peut s’empêcher de penser que certains artistes devraient se contenter d’éviter les risques et se cantonner à exécuter ce qu’ils font le mieux. Car la mutation de These Arms Are Snakes fait l’effet d’un pétard mouillé et la majorité des plages de ce nouvel opus est à mourir d’ennui. Les quatre gaillards sont à la limite d’une imitation ratée de Fugazi et autres Les Savy Fav. Quant aux vocalises de Steve Snere, elles deviennent carrément pénibles au bout d’un moment. Certains arrangements efficaces parviennent à sauver le recueil de la noyade (« Long And Lonely Step », « Lucifer », « Briggs »), mais « Tail Swallower And Dove » ne sera pas probablement pas le disque de la révélation. En attendant son successeur, que l’on souhaite supérieur, mieux vaut se contenter de se (re)plonger dans le plus excitant « Oxeneers or The Lion Sleeps When Its Antelope Goes Home ».

 

Eugene Hutz

The Pied Piper Of Hutzovina (Dvd)

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Difficile d’écrire quelques lignes lorsqu’on n’est pas du tout inspiré par ce qu’on entend ou ce qu’on voit. Pourtant, j’apprécie l’œuvre de Gogol Bordello et de son leader charismatique Eugene Hutz. Mais rien n’y fait, ce Dvd me pompe l’air. Il s’agit, en fait, d’un ‘road movie’  consacré au voyage opéré par le chanteur, au sein de différents pays de l’Est ; un périple filmé par sa compagne Pavla. Cette tentative de retour aux sources aurait pu être passionnante. Les paysage filmés nous extasier. Les moyens de transport utilisés nous mettre l’eau à la bouche. C’est loin d’être le cas. Principale raison : les prises de vue sont lamentables. Et les prises ‘live’ beaucoup trop rares. En fin de parcours, on a quand même droit à quelques minutes de spectacle de rue, qui nous sortent enfin de notre torpeur.

Il ne me reste plus qu’à vous communiquer le sypnosis de ce Dvd, si, d’aventure, vous souhaitiez gaspiller votre temps, votre patience et votre argent. ‘Eté 2004, Pavla Fleischer est tombée amoureuse d’Eugene Hutz, chanteur du groupe new-yorkais gypsy-punk Gogol Bordello. C’était lors d’un road trip accompli en Europe de l’Est. Captivée par son énergie et sa verve musicale, et cherchant un moyen de mieux le connaître, elle a décidé de saisir son énergie sur pellicule et de documenter son voyage.’ Il ne vous reste donc plus qu’à suivre les aventures des membres du groupe lors de leur pérégrinations qui les ont conduits, jusqu’en Ukraine, la patrie de Hutz…

Dave Gross

Crawling the walls

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Dave est un tout jeune musicien. Il vient de fêter ses 24 ans. Et pourtant, il suscite déjà le respect. Il en impose, si vous préférez. Il est parvenu à faire la fusion entre toute une pléiade d’influences, dont le blues, le jazz, le swing et le rock, pour se forger un style qui tient bien a route. "You don't love me", son premier opus, est paru en 2004. Il était déjà chargé de promesses. Deux années plus tard, "Take the gamble" montre de nets progrès. Pour son troisième essai, les médias l’attendaient au tournant. Et avouons-le le gamin n’a pas déçu. Sans pour autant renier la tradition musicale, sa maturité est étonnante. Et sa maîtrise instrumentale impressionne. Au fil du temps, les cordes vocales de Dave prennent de la bouteille. Et transpirent de plus en plus le vécu….

Une impression confirmée dès le premier fragment. Une ouverture royale ! La cover du "It's my life, baby" de Don Robey est enrichie par une section de cuivres imposante. Dave laisse libre cours à son inspiration sur les cordes ; et franchement, c’est un guitariste de première classe. Il chante "Rock in my shoe", un rock'n'roll pur et dur, très fifties. Son timbre vocal libère la même puissance et la même rage que celle de Little Richard. Préposé au piano, Mike Lattrell alimente et balise l’expression sonore. Dave en profite pour arpenter la scène de long en large. Il imite les pas de canard institués par Chuck Berry, au faîte de sa gloire. Les chœurs, auxquels participe la charmante Gina Sicilia, soutiennent la voix de Mr Gross. Signé Ike Turner, "Cubano jump" campe le premier instrumental convaincant. Le son de la gratte est pourri, légèrement rerverb, direct, franc, menaçant. Il domine les interventions des deux saxophones baryton assurés par Garry Niewood et Rob Chaseman. Une compo très solide. La plage éponyme émarge au jazz traditionnel urbain. Celui de la Nouvelle Orléans. Conal Fowkes égrène ses accords de piano érodés. La clarinette et la trompette dodelinent, alors que la section rythmique –composée de Scott Hornick à la basse et de Michael Bram à la batterie– soutient l’ensemble. Un titre admirablement exécuté, dans l’esprit de ce prestigieux passé. "Baby, wont you please come home ?" reproduit la même recette. Tout ce beau monde est épaulé par le banjo de Matt Munisteri et le sax baryton de Scott Robinson. Dave puise également son inspiration dans le R&B de la fin des années 40. A l’instar d’"Inspiration blues". Niewood est passé sans encombre de la clarinette au sax ténor. Un fragment percutant au cours duquel les notes succinctes de guitare s’enchaînent, mais sont abordées dans un esprit purement jazz… Slow blues cabaret, "You're not the one" est imprimé sur un tempo indolent. Un tempo assuré par la basse acoustique de Hornick. Les interventions des solistes, Kellso et Gross, sont majestueuses. L’elpee recèle deux plages ‘hénaurmes’. Très blues aussi. Tout d’abord "Don't take too long". Dennis Gruenling s’y révèle sémillant à l'harmonica. A cours de ce R&B vivifiant, Gross attaque ses cordes sèchement, dans un style fort proche de Jimmie Vaughan. Et puis "Find yourself another man", un merveilleux blues lent, contaminé par l'esprit du Chicago Southside. Plus de 5' de bonheur ! L’elpee est manifestement très éclectique. "It was born in the 20's" en est une nouvelle illustration. Une longue compo qui prélude le final. Plutôt manouche. Cette forme de jazz traditionnelle est même hantée par Django Reinhardt. A l’instar de "A little love, a little kiss", une plage instrumentale dont les accords classiques et hispanisants ne peuvent que se référer au maître. N’empêche, cet elpee reflète toute la maturité de ce futur artiste majeur. Enfin, c’est tout le mal qu’on lui souhaite… 

Ben Folds

Way to normal

Écrit par

Né en Caroline du Nord, Ben Folds est le leader du trio excentrique Ben Folds Five (NDR : on s’en serait douté !) Parallèlement au groupe, il multiplie les projets en solo. Et « Way to normal » constitue déjà sa sixième œuvre en solitaire. Ben est pianiste. Un virtuose ! Mais il possède également un don inné de mélodiste. Il ne faut d’ailleurs pas plus de trois écoutes de cet opus, avant de commencer à reprendre ses refrains en chœur, tant ils sont contagieux. En écoutant ses chansons, on ne peut que choper la bonne humeur. Si on ne comprend pas trop les lyrics. Car leur contenu sarcastique est susceptible de vous mettre mail à l’aise. Un humour noir, drôle et acerbe qu’il mêle à une forme de romantisme assez proche d’un Elton John. C’est-à-dire un romantisme déchiré entre tristesse et enjouement. Alors, sommes-nous en présence d’un caricaturiste pour nerd ? Ben Fold serait-il devenu un nouveau Randy Newman ? A vous de juger ! Ainsi, sur « Bitch went nuts » (NDR : il vient d’ailleurs de se marier pour la quatrième fois) il règle ses comptes avec ses ex-partenaires. « Effington » pose un regard critique sur les banlieues américaines, alors que « Free coffee » tourne en dérision son statut de nouveau riche. En fait, ce clown-pianiste est en colère contre la terre entière. Même si parfois, on se demande si ce qu’il raconte est vraiment bien sérieux. Et l’illustration de sa pochette en est la plus belle démonstration. En fait, le personnage est atteint d’une forme de folie douce qui alimente une imagination débridée. Parfois tellement débridée qu’elle dessert ses nombreuses bonnes idées.

« Way to Normal » récolte déjà un énorme succès populaire. Comparable à « Whatever and Ever Amen », paru en 1994, au sein de Ben Folds Five. Un disque fort agréable à écouter, même si certains titres donnent l’impression de ‘déjà entendu’. J’épinglerai quand même le single très ‘catchy’ « You don’t know me », une compo qu’il partage en compagnie de Regina Spektor.

 

The Cure

4:13 dream

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“4:13 dream” constitue le 13ème album studio de la formation insulaire en 30 années d’existence. En fait, si le groupe existait déjà sous les patronymes The Obelisk et Easy Cure, il n’a opté définitivement pour The Cure, qu’en 1978. Première info, la saga des allées et venues au sein du line up continue. C’est Porl Thompson, le guitariste, qui est revenu au bercail, après une absence de 14 longues années. Oui, mais l’elpee, alors ? Ben, c’est du Cure ! Qui n’a pas reçu de très bons échos, outre-Manche. En fait, le disque est partagé entre deux types de compos. Tout d’abord, il y a les pop songs. Dont la plus réussie est manifestement la très contagieuse « The reasons why ». Dans ce style, les autres chansons reposent très souvent sur un refrain mélodique, mais le couplet ne parvient jamais à accrocher. Par contre les morceaux les plus expérimentaux tiennent beaucoup mieux la route. Depuis le très noisy presque post rock « Underneath the stars » (Mogwai ?), s’il n’y avait les vocaux démoniaques de Smith au tourmenté « It’s over », une finale dont le psychédélisme aventureux, groovy, imprimé sur un tempo soutenu, est tramé sur un crescendo implacable, en passant par le très sombre mais complexe (Peter Hammill ?) « The real snow white », le ténébreux, très cold wave, caractérisé par ses riffs en boucle, « The Scream », au cours duquel Smith finit, comme le titre l’indique, par hurler sa douleur et enfin le bref mais intense et convulsif « Freakswhow », qui renoue manifestement avec le post punk.

Sans quoi, vu le retour de Porl, les guitares (surtout électriques, parfois acoustiques) sont donc beaucoup plus présentes. Et l’électronique ainsi que le piano plus discrets. « 4:13 dream » n’est manifestement pas un elpee incontournable de Cure. Mais il a le mérite d’essayer d’ouvrir de nouveaux horizons sonores. En souhaitant qu’il ne s’agisse que d’une œuvre de transition. Et surtout que la bande à Robert Smith ne soit pas au bout du rouleau…

Anne Clark

The Smallest Acts Of Kindness

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Anne Clark est une figure majeure de la scène new wave des eighties. Très exactement depuis la sortie de son premier elpee, « The Sitting Room », en 1982. Dans le domaine de l’electronica/new wave, il faut reconnaître qu’elle est une pionnière. Elle nous revient donc après plus de dix ans d’absence. Textes poétiques empreints d’une grande sensibilité et d’amertume qu’elle récite d’une voix monocorde, ondes de piano vibrantes, cordes et beats minimalistes sont à nouveau au menu de « The Smallest Acts Of Kindness », une œuvre qui nous plonge au plus profond de la mélancolie. Enrichis de tablas, d’accords d’accordéon, de violons et de violoncelles, la solution sonore navigue entre rêves obscurs et réalisme sincère. Une solution sonore qui oscille entre folk électro acoustique et trip hop réminiscent de Massive Attack. La Londonienne est manifestement ici au sommet de sa forme et termine l’opus par un morceau remarquable : « If » ; un titre dont les beats électro m’ont littéralement laissé sur le cul. Et le mot est faible !

« The Smallest Acts Of Kindness » est un disque étonnant ; mais surtout renvoie à leurs études tous ces hypes péninsulaires qui risquent de disparaître aussi rapidement qu’ils ne sont apparus…

Bohren & Der Club of Gore

Dolores

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Bohren & Der Club Of Gore quitte délicatement l’obscurité pour se rapprocher de la clarté. La formation allemande de doom jazz nous avait habitués à une atmosphère suffocante et des mélodies à la fois puissantes et angoissantes. Le quatuor revient aujourd’hui avec « Dolores », un disque qui marque un nouveau départ. Et quel départ ! Ce sixième opus dévoile un Bohren & Der Club Of Gore comme on ne l’a encore jamais entendu. Si le côté sinistre des compositions constituait la richesse de la discographie des Teutons, il a laissé place à un positivisme salvateur qui n’est pas sans rappeler certaines des meilleures commandes Lynchiennes de Angelo Badalamenti. Affirmer que des morceaux tels que « Schwarze Biene », « Karin », « Orgelblut » ou « Welk » sont hypnotiques relève pratiquement de l’euphémisme.

Sur « Sunset Mission » (2000) Bohren & Der Club Of Gore était déjà parvenu au sommet de son art. Deux ans après, paraissait « Black Earth », une merveille surpassant son prédécesseur. Le « Geisterfaust » de 2005 n’avait pas véritablement réussi à convaincre. En cause, une suite de morceaux un peu trop nonchalants ainsi qu’une certaine stagnation dans le style. Cet épatant « Dolores » relance donc la formation dans l’arène. Par ailleurs, il se dégage de certaines compositions, comme « Still am Tresen », « Faul » ou « Karin » pour ne citer que ceux-ci, une sorte de sensualité inopinée très susceptible d’amplifier l’attrait de la plaque. Unentbehrlich !     

 

Antony & The Johnsons

Another World

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On avait pu se délecter des interventions sublimes de la voix d’Antony Hegarty, sur l’album de Hercules And Love Affair, formation androgyne de revival disco. Un style qu’on ne lui aurait jamais attribué auparavant. Ce Britannique aime les duos. Il nous l’avait également démontré auprès de Bjork, Devendra Banhart ou encore Andy Butler. Mais il drive également ses Johnsons. Et nous revient pour un nouvel Ep, prélude à un prochain opus qui devrait paraître en janvier prochain et s’intitulera « The Crying Light ». Un elpee qui fera donc suite au remarquable « I Am A Bird Now », une œuvre éditée en 2005 qui avait décroché le Mercury Prize

Il aura donc fallu attendre trois longues années pour retrouver toute la troupe nous offrir cet « Another World ». Quel régal d’entendre cette voix suave, empreinte de mélancolie douce. Quel plaisir de retrouver cet étrange personnage nous souffler au creux de l’oreille ses magnifiques ballades qu’il interprète, malgré la présence d’un piano et de quelques cordes, de son instrument le plus marquant : sa voix (« Another World », « Sing For Me »). Les cinq plages addictives de ce disque sont à écouter lors des longues soirées d’hiver qui nous attendent. De quoi clouer le bec à ses détracteurs qui n’avaient guère apprécié sa participation à l’aventure Hercules And Love Affair. Vivement janvier 2009 !

Amadou & Mariam

Welcome to Mali

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Autant l’avouer de suite, cet elpee figurera parmi mes coups de cœur de l’année 2008. Il s’agit déjà du cinquième d’Amadou et Mariam, si on ne tient pas compte du coffret compilatif « 1990-1995: L'Intégrale des Années Maliennes ». Il fait suite à « Un dimanche à Bamako », paru en 2004 ; une œuvre qui avait bénéficié de la collaboration de Manu Chao. Responsable de la production, il s’était également impliqué dans le futur hit « Sénégal fast food ». C’est à partir de ce moment que l’histoire d’Amadou et Mariam va démarrer et nous en mettre plein la vue (NDR : sans faire de mauvais jeu de mots).

Après avoir commis un album aussi populaire, on craignait que le duo ne bascule dans la world radiophonique. Ou si vous préférez qu’il ne se soucie plus que du grand public. Heureusement, « Welcome to Mali » remet les pendules à l’heure. Et n’hésite pas à brouiller les pistes. « Sabali » ouvre le disque. Damon Albarn, le leader de Blur, y apporte son concours. Une compo surprenante par sa légèreté. A cause de son mélange entre chant traditionnel et électro minimaliste. Les puristes risquent cependant de crier au scandale ; et n’hésiteront probablement pas à clamer haut et fort que ce titre ne ressemble à rien. Pourtant, en manifestant un peu d’ouverture d’esprit, cette prise de risque est tout à fait louable. En fait, l’échange vocal opéré habituellement au sein du duo a été ici purement et simplement remplacé par un couplage entre la voix de Mariam, enrichie de chœurs, et une boîte à rythme prête à imploser. « Ce n’est pas bon » se révèle beaucoup plus engagé. Côté textes, bien sûr. Il est plus proche de racines maliennes. En outre, le mélange world/funky est parfaitement soutenu par la guitare bluesy d’Amadou. L’œuvre recèle bien sût des morceaux plus classiques. Et je pense tout particulièrement à « Magossa » puis « Djama ». De quoi remettre l’église au milieu du village ; car ces deux plages renouent avec le style Amadou et Mariam pur et dur.

A l’écoute de cette œuvre, on comprend mieux pourquoi les auteurs qualifient leur musique de ‘Pour tout le monde’ plutôt que de ‘Musique du monde’. Outre Damon Albarn, les invités sont légion. Mathieu Chedid prête ses backing vocals à « Masiteladi ». Et inocule quelques riffs de guitare très caractéristiques. Keziah Jones, K’naan et même Tiken Jah Fakoly sont également de la partie. Laurent Jaïs, aussi. Mais à la console de mixage. Il faut cependant avouer que la présence d’une telle brochette de collaborateurs comportait un risque : s’égarer des pistes maliennes pour emprunter des chemins un peu trop exotiques. Mais les craintes ont été rapidement balayées. Cet album respire l’amour et la joie de vivre. Enfin, pas nécessairement sur les morceaux les plus mélancoliques. Une chose est sûre, Amadou Bagayoko et Mariam Doumbia conduisent ici parfaitement leur barque. Et nous invitent à voyager dans leur univers multiculturel éclectique, mais tellement savoureux. Je vous suggère même de placer ce compact disc sous le sapin de Noël, ce 24 décembre. Et pourquoi ne pas y joindre des places pour le set qu’ils accorderont le 18 février 2009, à l’AB de Bruxelles ? De beaux cadeaux en perspective !

 

Mariee Sioux

Faces In The Rocks

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Publié pour la première fois l’an dernier, le « Faces In The Rocks » de Mariee Sioux jouit d’une deuxième vague de promo grâce à l’essor du folk au féminin provoqué, entre autres,  par l’exemplaire Alela Diane. L’interprète de « The Pirate’s Gospel » avait d’ailleurs invité son amie d’enfance à se joindre à elle sur quelques morceaux de son œuvre intemporelle. Sur « Faces On The Rocks », Mariee Sioux continue de défier le temps et l’espace en solitaire et à sa manière. Puisant largement dans son lointain héritage amérindien, la jeune femme originaire de Nevada City appose une patte toute particulière à l’atmosphère folky de sa première œuvre. Au-delà d’évidentes influences (Joanna Newsom, Joni Mitchell ou Nick Drake), « Faces In The Rocks » parvient à insuffler un vent de fraîcheur authentique au genre.

Dès les prémisses du splendide « Wizard Flurry Home », on se laisse emporter par les vocalises apaisantes de la demoiselle. Celles-ci voguent délicatement le long de précieuses mélodies empreintes d’un amour évident pour la nature et les sonorités d’une Amérique ancestrale. Les neufs morceaux qui composent cette passionnante première œuvre s’écoulent paisiblement et sont propices à un délicieux moment d’introspection. « Wild Eyes », « Bundles », « Two Tongues »… Les merveilles s’enchaînent et, même si certains titres présentent quelques similarités, « Faces In The Rocks » marque les âmes au fer rouge. De par ses textes captivants, le recueil dévoile également une jeune femme à l’indéniable talent de conteuse. Ensorcelant.

 

Magnetics

Magnetics (Ep)

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Magnetics est le résultat de la fusion entre deux styles musicaux diamétralement opposés. David flirte avec l’électronique depuis sa plus tendre enfance tandis que les nuits de Gérald sont hantées par les cordes électriques et acoustiques. Malheureusement, le résultat de la rencontre entre les deux artistes n’est guère concluant. A la limite, il aurait peut-être mieux valu qu’ils ne se rencontrent jamais. Il y a bien quelques beats qui sont susceptibles d’attirer quelque peu l’attention ; mais au bout de quelques minutes, on se rend compte de la banalité de l’expression sonore. Edulcoré par des vocaux stériles, leur électro/rock n’a de magnétique que le patronyme. Maintenant, à force de travail et de remise en question, il y a toujours moyen de redresser la barque. En s’inspirant peut-être d’une manière plus judicieuse des formations qui relèvent des labels Kompakt ou encore BPitch Conrtol, auxquelles les deux Chtis reconnaissent comme influence majeure. (NDR : c’est mentionné sur leur page MySpace). Et comme on dit par là-bas : ‘Bon’ chince hein, biloute !’.

Un premier album pour LeATHERMOUTH

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Formation de harcore, LeATHERMOUTH sortira son premier album ce 26 janvier 2009 chez Epitaph. Il s’intutlera « Xo ». Au sein du line up de ce groupe du New Jersey, on retrouve Frank Iero de My Chemical Romance (chant) et Rob Hughes (guitare). A l’origine, c’est-à-dire en 2007, le projet se limitait à jammer entre amis pour exécuter une forme de punk rock conflictuel. Mais depuis, il a mûri… 

Tracklisting

1) 5th period massacre
2) Sunsets are for muggings
3) Leviathan
4) Catch me if you can
5) I am going to kill the president of the united states of america
6) Murder was the case that they gave me
7) Body snatchers 4 ever
8) My love note has gone flat
9) This song is about being attacked by monsters
10) Your friends are full of shit

http://www.myspace.com/leathermouthlives

 

William Elliott Whitmore voit des animaux dans le noir…

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Le premier opus de William Elliott Whitmore paraîtra ce 16 février 2009. Il s’intitulera « Animals In The Dark February ». Comme dans le passé, ses lyrics sont toujours aussi engagés politiquement. Dans l’esprit du Reverend Gary Davis ou encore de Bruce Springsteen. Lors des sessions d’enregistrement, il ne s’est plus contenté de s’accompagner au banjo ou à la sèche, mais y a ajouté des instruments comme les cordes, l’orgue ou la pedal steel ; des arrangements aussi. Et puis, il s’est entouré d’un groupe, pour la toute première fois.

Tracklisting:

Mutiny
Who stole the soul
Johnny law
Old devils
Hell or high water
There's hope for you
Hard times
Lifetime underground
Let the rain come in
A good day to die

Pour plus d’infos : http://williamelliottwhitmore.com et http://www.myspace.com/williamewhitmore

 

Le prix Rapsat-Lelièvre 2008 pour Baloji

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Dans le cadre du festival Coup de Cœur francophone à Montréal, Madame Christine Saint-Pierre, ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec a remis, le 10 novembre 2008, le Prix Rapsat-Lelièvre 2008 à BALOJI pour son album « Hôtel Impala » et ce, en présence de Messieurs Charles Houard, Délégué Wallonie-Bruxelles au Québec (dr.), et Alain Chartrand, Directeur général et artistique de Coup de Cœur francophone (g.). Baloji était en spectacle à Montréal le jeudi 13 novembre 2008.

(communiqué de presse)

Vidéo de la remise du Prix : http://www.dailymotion.com/video/x7dtrd_remise-prix-rapsat-lelievre-2008-ba_music

Pour plus d’informations : http://www.prixrapsatlelievre.org et http://www.baloji.com

Le fantôme du lundi hante Sophie Hunger

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Le premier album de Sophie Hunger paraîtra ce 26 janvier 2009. Il s’intitule « Monday’s Ghost ». De nationalité suisse, Sophie est née le 31 Mars 1983 à Bern. Elle a également vécu en Allemagne et en Angleterre. Autoproduit, cet elpee a bénéficié du concours de Stephen Eicher pour un titre, du groupe de l’artiste et de Marcello Giuliani, complice d’Etienne Daho, de Jane Birkin et du trompettiste Erik Truffaz, à la mise en forme.

Tracklisting

01. Shape
02. The boat is full das boot ist voll

03. A protest song
04. Walzer fuer niemand
05. Birth-day
06. Sophie hunger blues
07. Round and round
08. The tourist
09. Teenage spirit
10. Rise and fall
11. Drainpipes
12. Monday's ghost
13. House of gods
14. Spiegelbild (feat
. Stephan Eicher)

Pour voir le clip de Sophie Hunger en Concert à Emporter jouant « The Boat is full »
http://fr.youtube.com/watch?v=hEtiEVloqgU
Pour voir le clip de Sophie Hunger en Concert à Emporter interprétant « Rise and Fall »
http://fr.youtube.com/watch?v=Cob10vdCP6E&feature=related
Pour voir Sophie Hunger en Concert à Emporter interprétant « Beauty above All »
http://fr.youtube.com/watch?v=S8C63wYoyxs&feature=related

Pour plus d’infos : http://www.myspace.com/sophiehunger

 

Tom Jones aux 24 heures…

Écrit par

Le nouvel elpee de Tom Jones est dans les bacs depuis ce 24 novembre. Il s’intitule « 24 hours ». Lors des sessions d’enregistrement, l’interprète du hit interplanétaire "Sex Bomb" a reçu la collaboration de grosses pointures, et notamment de Bono et The Edge. La production a été assurée par Future Cat, dont la carte de visite mentionne des collaborations auprès de Lily Allen ou Kate Nash.

Tracklisting

1. I'm Alive 
2. If He Should Ever Leave You 
3. We Got Love 
4. Feels Like Music 
5. Give A Little Love 
6. The Road 

7. In Style And Rhythm 
8. Sugar Daddy 
9. Seasons 
10. Never 
11. The Hitter 
12. Seen That Face 

13. 24 Hours 

Pour plus d’infos : http://www.tomjones.com

 

Un live pour High On Fire!

Écrit par

Enregistré le 19 janvier 2003, à Philadelphie, “Live From The Relapse Contamination Festival” est un testament de la puissance manifestée ‘live’ par High On Fire. On y retrouve les classiques « Hung, Drawn, & Quartered », “Blood From Zion” et le seul enregistrement officiel du groupe reprenant le standard de Venom, “Witching Hour! ». Ce disque paraîtra ce 26 janvier 2009.

Tracklisting

1. Blood From Zion 
2. To Cross The Bridge 
3. Nemesis 
4. Razorhoof 
5. Speedwolf 
6. Eyes & Teeth 
7. Hung, Drawn, & Quartered 

8. Witching Hour 

Pour plus d’infos : http://www.highonfire.net

Le Live de Róisín Murphy à Bruxelles

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Le concert extravagant que Róisín Murphy a donné le 23 novembre dernier à Forest National est à présent disponible en streaming sur son site officiel pour un temps limité. La demoiselle ne précise pas si le show sera disponible en DVD donc pour l'instant, rendez-vous sur: www.roisinmurphy.com !

Alain Bashung

Un beau témoignage d’amour…

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Ce jeudi 27 novembre, c’est l’effervescence face au 110 du Boulevard Anspach. L’enceinte de l’Ancienne Belgique est prise d’assaut, une heure déjà avant le concert de ce soir. Ni la pluie, ni le vent qui vient nous glacer jusqu’aux os, ne semble décourager la meute impatiente. Pourtant, immobile depuis quelques minutes, je décide de me dégourdir les jambes. Impossible de rester sur place sans se me sentir happé par l’hiver dont la rigueur commence déjà à frapper. Je lance un regard circulaire vers la masse. J’essaye de retrouver Bernard Hulet, avec qui je partagerai la soirée. Il sera les yeux de Musiczine, je serai la plume. Introuvable ou noyé dans la foule, je sais qu’il doit être sur les lieux depuis un bon moment. Les photographes ne disposeront pas de couloir réservé ; c’est Monsieur Bashung lui-même qui l’a souhaité. Il devra donc se battre pour se creuser un trou stratégique, d’où il regardera le concert à travers l’œilleton. Je quitte le boulevard pour m’engouffrer chez un bouquiniste voisin.

45 minutes plus tard, je me dirige à nouveau vers la salle. Les vendeurs de places au marché noir grelottent ; mais il y a fort à parier que leur petit business sera lucratif. La soirée est en effet ‘sold out’ depuis belle lurette. Un arrêt au stand presse, un sourire ravi à l’hôtesse qui me remet mon sésame, une fouille en bonne et due forme et un détour par les vestiaires plus tard, je pars à la recherche d’un coin agréable pour ne rien louper de la soirée. Pas simple. Je suis même forcé de monter au deuxième balcon pour dénicher ce petit angle de vue, plus ou moins sympa. Je pose le bloc note sur le rebord de la rambarde. Ok, pour moi c’est bon les gars ! Je n’ai toujours pas retrouvé Bernard, mais ce grand gaillard se débrouillera, c’est une certitude. (NDR : Je vous invite d’ailleurs à aller jeter un œil sur ce lien pour confirmer mes propos : http://www.musiczine.net/fr/index.php?option=com_datsogallery&Itemid=47&func=viewcategory&catid=622)

Le public est composé en grande partie de quinquas. On y croise tous les looks : du classique au vieux rockeur. Quelques ados accompagnent leurs parents. Ils portent des tee-shirts dont l’effigie ne trompe pas sur leurs goûts musicaux. Pas mal de trentenaires aussi. Tout ce petit monde affiche une mine ravie, et prouve l’étendue des générations touchée tour à tour par la tête d’affiche. Il faudra que tout ce petit monde patiente encore. Fred, la première partie n’a pas encore commencé son set Il est annoncé pour 20 heures.

20 heures tapante, la salle s’obscurcit. Le premier Français de la soirée débarque guitare à la main. Son set est tendre. Sa voix se pose agréablement sur des accords simples et envoûtants. Les textes parlent d’amour ou de relations humaines. D’écologie ou de prise de conscience. Il se sample lui-même, le pied sur la pédale, pour permettre des croisements d’accords. Il reçoit les acclamations du public. Il en recevra encore plus lorsqu’il se permettra une reprise de Noir Désir « A l’Envers à l’Endroit ». En 25 minutes Fred est parvenu à capter notre attention, et préchauffer nos cœurs. Un bien beau défi quand on connaît le pedigree de l’artiste suivant ; pas mal s’y seraient cassés les dents.

La salle continue à se remplir. Dans mon pigeonnier on commence à se sentir à l’étroit. Un couple vient juste de se coller (et c’est peu dire) à ma gauche, essayant au fil des minutes de grappiller un peu plus d’espace. Même les flagrances insupportable de ce parfum dont les ‘vieilles’ se tartinent en général, ni les dialogues complètement vides qu’ils m’obligent à écouter n’auront raison de ma ténacité. Je reste bien à ma place, je bombe le torse. Tout le monde veut le meilleur confort pour tout voir, on n’est pas prêt de me déloger.

20h50, l’AB a respecté ses engagements de ponctualité. Les musiciens font leur apparition. Alain Bashung arrive à son tour. C’est l’hystérie dans la salle. L’accueil est d’une puissance telle, qu’il doit insuffler une bonne dose de motivation à l’artiste. Coiffé d’un chapeau noir, vêtu d’un costume de la même couleur et les yeux cachés par de lunettes fumées, l’homme est beau. Il a la classe du dandy, et un charisme à couper le souffle.

On essaye un instant, d’effacer de sa mémoire les mots ‘maladie’, ‘cancer’, ‘chimiothérapie’ qui sont souvent associés au chanteur. On essaye de se persuader que c’est uniquement la timidité qui le pousse à se dissimuler derrière ses lunettes et son couvre-chef. On oublie le mal qui le ronge pour ne se consacrer qu’aux émotions positives. Un petit pincement au cœur surgit malgré tout, de temps en temps. Assis sur un tabouret, il remercie son public pour l’accueil réservé. Il ouvre les festivités par une phrase qui va tout embraser : ‘Ce soir, je vous propose des chansons, des chansons… et encore des chansons’. Comme au Cirque Royal au mois de mai dernier, il ouvre son set par « Comme un Lego ». La sobriété, est de mise. Le violoncelle et la guitare viennent élever l’instant. Les premiers frissons n’ont aucune peine à vous envahir. C’est l’échine électrisée qu’on est plongé au sein d’un univers sensuel et délicat. Il embraie par « Je t’ai manqué ». Le jeu de lumière vient découper les différents protagonistes ; mais on ne voit que le chanteur. Il avale littéralement la lumière. Il se lève du tabouret que les roadies viennent discrètement déplacer pour entonner « Hier à Sousse », accompagné de son harmonica. Le deuxième clin d’œil de la soirée adressé à Bertand Cantat, apparaît sous le costume de « Volontaire » qui est proposé de manière beaucoup plus rock que la version originale. « Mes Prisons » précède « Samuel Hall ». Une adaptation plus soutenue que celle opérée sur l’elpee « Fantaisie Militaire ». Les lumières transfigurent l’instant, en embrasant la scène de ses milles feux. Complètement bluffé, et sous les coups de butoir du solo de guitare, on frise le sublime quand démarre « Vénus ». Un silence complet dans la salle traduit le respect accordé par l’audience à l’artiste. La peau se couvre d’émotion. Les poils se hérissent. « La Nuit je Mens » est accueilli de manière soutenue. Le public est complètement acquis à la cause, et le fait savoir. L’intro est à nouveau enrichi par le violoncelle et la guitare. Bashung lève les mains. Il enrobe, de ses mouvements lents, la moindre parcelle d’amour que les spectateurs lui accordent. « Je tuerai la Pianiste » et « Légère Eclaircie » sont des compos que l’auteur semble vivre de l’intérieur. « Mes Bras », un extrait de l’album « L’Imprudence », approche la perfection. ‘Sauve toi. Sauve moi, et tu sauras où l'acheter le courage’ : ces quelques mots suscitent à nouveau la révérence. Une leçon de courage que tout le monde se prend en pleine poire. La salle est subjuguée. Elle est encore sous l’emprise des paroles prononcées, juste avant, par l’artiste. Mais il devra se ressaisir en écoutant « Happe » ; histoire de ne pas en louper une miette. Ballade mélancolique, « J’passe Pour une Caravane » déclenche une salve d’applaudissements. Le groupe s’accorde une pause, quelques instants. Le chanteur a ainsi tout le loisir de s’exprimer en solitaire. Il interroge les spectateurs. Leur demande si quelqu’un connaît le film « Macadam Cowboy ». Un hurluberlu ignare hurle : ‘C’est un film de pédé !!’ Bashung manifeste un flegme exemplaire dans sa réponse : ‘Non, c’est un film d’amour’, et entonne « Everybody’s Talkin » de Harry Nilson, une adaptation de la BO du film de John Schlesinger. Et il embraie par un morceau dont l’intro a été volée à Bob Dylan : « Blowing In The Wind ». Cet interlude ouvre une version percutante du célèbre « Osez Joséphine ». Le light show est vraiment superbe et danse autour des musiciens. Sans le savoir, nous entamons le dernier morceau de la soirée. « Fantaisie Militaire » achève la prestation, une compo démantibulée par un solo de guitare énergique qui doit en étonner plus d’un. Il est 22h15.

Le rappel est incroyable, les applaudissements et les cris s’entrechoquent pour former un brouhaha incroyable. Bashung ne s’en sortira pas ainsi. Il en faut une dernière, une ‘sublime’, comme si les 85 minutes précédentes n’étaient qu’une mise en bouche. Bashung revient interpréter « Madame Rêve ». Il en profite pour présenter ses acolytes. Et nous laisse comme deux ronds de flanc, complètement sur les genoux. D’un pas lent et imprécis, il quitte la scène, remerciant la main sur le cœur le témoignage d’amour qu’il vient de vivre. Et que nous venons de vivre. Il se retourne, s’en va dans l’embrasure du côté de la scène. Il y laisse un grand vide. Dans nos cœurs aussi. Sûr, c’est la véritable clôture de la soirée ! Les lumières réapparaissent. Les roadies commencent à démonter le matos. Rien n’y fait, le public continue de hurler. Sans doute résignée, la foule se décide finalement à quitter les lieux. Cette soirée du 27 novembre était magique, et me laissera, longtemps encore, de superbes souvenirs. Je vais par contre tenter d’oublier le parfum de ma voisine de soirée… Quelle horreur !

Organisation Ubu

Those Dancing Days

In our space hero suits

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La Suède, terre bénie de la pop, n’en finit plus de nous sortir des nouveaux groupes. Et en parlant de fraîcheur, la transition est facile quand on connaît l’âge des protagonistes de Those Dancing Days. 18 ans à peine pour la plupart. Ce quintet féminin a donc la ferme intention de ne pas attendre les années de décantation pour nous faire boire jusqu’à la lie, le vin issu de leurs jeunes pousses. Pour un trentenaire (bien tapé) de mon acabit, c’est se prendre un coup de vieux supplémentaire, quand on entend avec quelle énergie les donzelles se lancent dans l’aventure.

Relativement bien arrangé, « In our space hero suits » possède ce petit charme innocent, ce cachet acidulé, comme le sucre au fond d’un sachet de bonbon. Par contre, dans le domaine de l’originalité, la différence de génération est très marquante. Le son est très eighties. J’avoue qu’à cette époque, j’éprouvais déjà beaucoup de mal à l’assimiler. En outre, l’elpee ne scie pas un barreau de chaise. Les compos légères et naïves répercutent cet écho répétitif comme celui qui résonnait à l’époque. Cette période ou le fluo était signe de bon goût et d’originalité ; et où le brushing masculin rendait beau Kajagoogoo. Il y a fort à parier que les cinq Suédoises ont dû réécouter de vieilles cassettes audio de leurs grands frères ; et y trouver l’univers à leur gré. La voix entraînante de Linnea Jönsson ressemble, à s’y méprendre, à celle de Kate Jackson, vocaliste chez The Long Blondes, un groupe encore influencé par les années fuseaux et jambières… Avouer que la galette est tannante serait un mensonge. Beaucoup de charme en émane ; et la volonté de vouloir faire rebondir l’auditeur est indéniable. Il plaira certainement aux plus jeunes auditeurs ; mais à des ancêtres comme nous, on ne la fait plus. Qui a dit vieux con ?

 

Thievery Corporation

Radio Retaliation

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Après une longue période d’absence, ils sont de retour. Le visage encagoulé sur la pochette ne trompe pas, il y a de la révolution dans l’air pour Thievery Corporation et leur « Radio Retaliation ». Mais à quel niveau se situe-t-elle ? Rob Garza et Eric Hilton sont des habitués du texte et de l’engagement politisé. Dans ces conditions, ils n’ont plus rien à prouver. Pour les compos, là aussi, ils semblent vouloir garder la même forme. Pour son grand come-back dans les bacs ( ?!?!?), la maison Thievery (NDR : elle est née début des années 90) cherche à reconduire cette fameuse recette ‘lounge’ ; une recette qui faisait sa marque de fabrique depuis cette époque. Sur des beats langoureux et quelques remix efficaces, des basses poussées à leur paroxysme viennent conforter que les Américains n’ont rien perdu de leur savoir-faire. Leur ‘magic touch’. On repense vite à cette époque où ils étaient considérés comme des messagers du coocooning à outrance. Oui mais… ce style musical à pris aujourd’hui un sacré coup de vieux. Les souvenirs que nous en gardons ne devraient pas dépasser le niveau de la mémoire. Se remettre dans le mood ‘peace and beat for ever’ est un exercice oublié depuis belle lurette. Ainsi, l’écoute des 14 plages de cette œuvre ne peuvent que susciter une sensation d’ennui. On plonge assez rapidement dans une enveloppe de ‘déjà entendu mille fois’, dû au manque flagrant d’originalité dans les arrangements. Toute cette mixture d’aliments ultra connus développe donc le côté un peu ‘has been’ de la plaque.

Afin d’éviter la descente complète vers le désintérêt de l’album, Thievery Corporation a décidé de rameuter une volée de comparses. Ce qui explique pourquoi « Radio Retaliation » bénéficie de la collaboration de quelques featurings ; histoire de le rendre plus contemporain. Comprenez, les apparitions de Femi Kuti, Seu Jorge ou Anushka Shankar, pour ne citer qu’eux. La touche que ces invités propose parvient à sortir l’album de la noyade, mais de justesse. Nonobstant le respect réservé au groupe, on doit admettre que vu leur pedigree, difficile de crier au génie. En espérant que ce disque ne soit que le reflet d’une volonté de remise sur pied. Ainsi, après ces longues années d’absence, un futur album potentiel devrait enfin se révéler révolutionnaire. Enfin, c’est ce qu’on espère…