Un dixième album studio pour Idlewild

Idlewild sortira son nouvel opus – un éponyme – ce 3 octobre 2025. Il s’agira de son dixième. En attendant, il a partagé le single intitulé "Stay Out Of Place". Le chanteur Roddy Woomble explique que la chanson traite de la multiplicité des voix et de la…

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La vision de l’art prônée par Superchunk…

Superchunk sortira son nouvel album, « Songs in the Key of Yikes », ce 22 août. En attendant, il a partagé le single, « Is It Making You Feel Something ». ‘Il a toujours été vrai que tout le monde traverse quelque chose dont on n'est pas forcément conscient’,…

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Bloc Party

Ep

Ne cherchez plus : Bloc Party est la nouvelle hype du moment, foi de Musiczine. Vous attendez impatiemment le nouvel Interpol, prévu pour la rentrée ? Vous ne vous lassez pas de réécouter Joy Division, Josef K et les premiers Cure ? Vous aimez le punk funk rachitique, ses rythmiques métronomiques, son entrain survolté, ses décharges épileptiques ? Bloc Party arrive pour vous à point nommé. Il se pourrait bien que ce quatuor londonien fasse la différence dans les prochaines semaines. « Banquet » est déjà un tube : Martin Hannett et Ian Curtis peuvent reposer tranquille, à réécouter cet hymne retors, qui devrait selon toute logique faire tourner bien des têtes. Même Bauhaus est de la fête sur l’angoissant « She’s Hearing Voices ». Que dire de plus si ce n’est que Bloc Party est appelé à devenir un grand groupe ? Même le remix de « Banquet » ne tient pas en place, et pour cause : avec ses beats à la The Faint, sûr que dans un futur proche on dansera dessus jusqu’à l’apoplexie. En commettant ce fantastique EP, Bloc Party s’invite à la table des meilleurs magiciens post-punk. La découverte de l’été, et déjà un classique.

Blonde Redhead

Misery is a butterfly

Écrit par
En l’an de grâce 2000, un chroniqueur laissa sur ce même site un humble avis à propos de « Melody of certain damaged lemons ». Il termina par cette phrase : « Finalement le plus surprenant devient le label... » (le respect du travail d’autrui oblige à replacer cette constatation visionnaire entre guillemets). Abordant l’année de ces 30 ans, ce même chroniqueur arbora son plus beau sourire en recevant ce nouvel album de Blonde Redhead. En constatant immédiatement...un nouveau label. Hum, hum. Quel nez ! Quelle pertinence! Bon, d’accord, de l’eau a coulé depuis 4 ans et cessons cette autosatisfaction déplacée. La vie n’a pas épargné notre trio new-yorkais mixte préféré. « Elephant woman » démarre la galette et déjà Kazu offre toute son humanité en couchant sa mésaventure équestre qui lui a valu quelques vertèbres en désordre. Le type d’événement qui vous bouscule un calendrier de carrière. On imagine également les soucis administratifs pour la naturalisation de frères Pace. Lorsque le groupe retourne en studio, l’ambiance doit être au soulagement. Et si un groupe n’est jamais aussi meilleur qu’après quelques ‘soucis’, nous en venons à remercier ce cheval. Car Blonde Redhead tient ici son propre miracle musical. A la première écoute, vous êtes séduits; à la deuxième vous êtes intrigués ; à la troisième, littéralement envoûtés. Pas de hasards ici. En décortiquant un tout petit peu, les raisons de cette réussite tiennent en peu de mots. D’abord : piano et corde; ensuite : mélodies. La texture musicale s’enrichit considérablement par l’apport de ces instruments utilisés pour chaque titre. Une technique qui donne des couleurs et ajoute une dimension mélancolique bluffante. Et de se mettre à rêver. Nous savions que Blonde Redhead aimait Gainsbourg. Voilà qu’ils lui piquent ses violons. « Misery is a buttefly » calque ces sections sur le génie français. Nous ne savions peut-être pas que Blonde Redhead aimait l’album « Kiss me kiss me kisse me » des Cure. « Anticipation » en est la preuve. Voilà qu’ils leur piquent ses synthés d’après minuit. Depuis leurs tout débuts, Blonde Redhead cherchait toujours une qualité de mélodies. Cet album vous fait chanter, pas fredonner. Etonnant, 4AD sort « Equus » en single, titre le plus rock de l’album, comme pour nous rassurer de la bonne santé du band. Las, placé en fin de disque, le titre aurait pu tout simplement être gommé de l’opus. Simple remarque en passant pour ceux qui s’en tiennent qu’à ce qu’ils peuvent entendre en radio. Récapitulons : groupe gainsbourgien de la scène cold wave contemporaine new-yorkaise, Blonde Redhead marque au fer rouge son retour parmi les esprits assoiffés de hype. Allez, je me lance : finalement le plus surprenant devient la taille des salles...

The Blood Brothers

Crimes

Écrit par
Quatrième album pour les Blood Brothers, assurément celui qui devrait leur ouvrir les portes de la reconnaissance publique. Cantonné à la confidentialité jusqu’il y a peu, remarqués en nos contrées en première partie de Mc Lusky et des Liars, le quintet frappe un grand coup avec “Crimes”. Les mauvais élèves du fond de la classe crierons ‘vendus’ et ils auront en partie raison tant la musique de BB s’est métamorphosée. Une signature chez V2 et une production signée John Goodmanson (Blonde Redhead) n’y sont certainement pas étrangères. Finis donc les albums responsables de mal de tête, inécoutables d’une traite. Aujourd’hui, place aux mélodies ! Ce qui frappe d’emblée chez les Blood Brothers, c’est les voix des deux gamins qui se battent comme des chiffonniers pour des bonbons. Véritable marque de fabrique, Jordan Blilie et Johnny Whitney tiennent toujours le haut de l’affiche. Et tiennent toujours la forme. Chaque titre est une véritable scène hystérique entre un adolescent qui essaie de jouer les crooners et un petit paon sous hélium. Délire garanti ! Musicalement on navigue entre Pretty Girls Make Graves, At the drive-in, Beep Beep et Q and not u. Du bien barré ! Remarquons une participation de Nick Zinner des Yeah Yeah Yeahs et l’affaire est bouclée. Voici enfin l’album que vos petites copines vont adorer.

The Blueskins

Word of Mouth

Après un EP furibard, voici enfin le premier album des Blueskins, jeunes rockeux bien dans leur perfecto, la coupe de cheveux sans doute savamment négligée, à peine vingt ans au compteur et déjà la classe. Si l’on croyait d’abord que ces quatre garçons dans le vent pratiquaient un rock garage rageur mais en rien inventif, force est de constater que tout au long de cet opus, les Blueskins font preuve d’un indéniable éclectisme. Si « Bad Day » sonne comme du Soledad Brothers pur jus (ce genre), la suite voit se bousculer au rayon des influences The Wildhearts (« Love Boat » et son riff punk rock neuneu), Led Zeppelin (« Magpie Blues »), voire Supergrass (« My Love is Law ») et The Coral (« Go »). The Blueskins n’est donc pas qu’un gang de petites frappes nourris aux mamelles de Meg White : même si ça cartonne pas mal, tout n’est pas ‘simplement’ rock’n’roll. Ces mecs ont du talent, de la morgue et de l’allant. Ils pourraient devenir grands… A moins que d’autres rockeurs du même genre ne piquent leur place dans les six mois. Jusque-là, on dira que les Blueskins sont un groupe à suivre, et que leur album est à écouter à fond les ballons.

Boenox

Studio

‘BOENOX’, ça vaut 100 points au scrabble. C’est aussi le nom d’un quatuor atypique d’Anvers, qui pratique de la musique classique à contre-courant des coutumes en vigueur, bref avec l’énergie des rockers et la sueur des clubbers. Un hautbois, une contrebasse, un violoncelle et un basson : de ces quatre instruments d’habitude réservés aux élites bien pensantes qui ne jurent que par Bach et Mozart, Boenox a tenté de retirer une toute autre moelle, moins académique, plus « populaire ». Le mot est lâché : chez Boenox, on ne parle pas de musique classique au sens « noble » du terme, mais bien de musique pop. Parce qu’ici, pas question de se tourner les pouces en scrutant le plafond d’une église : ça bouge, ça pète, ça dérouille, ça sursaute. C’est fou ce qu’on peut faire avec un archet, une anche et des cordes de basse… Incendier un dance-floor (« Obsession » et ses rythmes groovy), taper du pied en cadence (« Tic Tac », qu’on croirait signé Red Snapper), jerker à donf sur du « Pierre et le Loup » version digitale (« G Spot »),… Boenox ne rassurera sans doute pas les puristes de chez Deutsche Grammofon, qui crieront au sacrilège avant de se boucher les oreilles… Les nôtres resteront grandes ouvertes, parce que de mémoire on n’avait plus entendu tel affriolant mélange depuis DAAU. Vive les mariages contre nature, et vive Boenox !

Bolchi

She

On les connaît déjà, grâce à leur tube « City Trippin’ », entre Daft Punk et Sneaker Pimps. Bolchi : 5 Flamands de Gand, potes à Das Pop, en rotation lourde sur StuBru mais inconnus par-delà la frontière linguistique. C’est qu’ici on a déjà Superlux et Soldout ; alors un groupe électro-pop de plus… Surtout que Bolchi ne propose rien d’extraordinaire : des beats gentils, quelques riffs savamment crades, et deux voix (homme/femme) qui se répondent dans l’allégresse d’un samedi soir en club. C’est lisse, poli et mignon comme tout, bref ça ne mange pas de pain. Pour vraiment faire la nouba, l’écoute de Vive la Fête et de Magnus s’avère plus judicieuse.

Joe Bonamassa

Had to cry today

Écrit par
Né dans l’Etat de New York, ce jeune chanteur guitariste de blues rock est aujourd’hui âgé de 26 ans. Il a commencé à jouer de la guitare dès son plus jeune âge. A quatre ans ! Sur une petite guitare Chiquita. A huit ans, il était capable d’interpréter le répertoire de Stevie Ray Vaughan, une de ses influences majeures ; mais également de Duke Robillard, Danny Gatton, Eric Clapton ou Robben Ford. Excusez du peu! Il aime le blues et le son de la Fender Stratocaster. A douze ans, il ouvre pour BB King. Impressionné, ce dernier dit tout le bien qu'il en pense. Sur la côte Ouest, Joe rencontre quelques fils de stars. Et notamment Barry Oakley Jr (celui du regretté bassiste de l’Allman Brothers Band), Waylon Krieger (de Robby, le guitariste des Doors) et d’Erin Davis (du trompettiste Miles), préposé pour la circonstance à la batterie. Ensemble, ils fondent Bloodline. Puis enregistrent un opus éponyme dont la musique opère un amalgame de blues, de boogie et de funk rock. Joe commet son premier elpee solo en 2000 : "A new day yesterday". Gregg Allman, Rick Derringer et Leslie West y participent. Dans la foulée, il aligne trois autres elpees : "A new day live", "So, it's like that" et "Blues Deluxe". Son line up est pratiquement identique depuis le début : Kenny Kramme à la batterie et Eric Czar à la basse.
 
En ouverture, "Never make your move too soon" donne immédiatement le ton. Un power blues rock très électrique qui bénéficie du concours de Benny Harrison à l'orgue Hammond B3. La guitare est à la hauteur de son sujet. Elle libère des flots de notes consenties avec dextérité. Son jeu est très démonstratif. La voix colle parfaitement au style hard du trio. "Travellin' south" est issu du répertoire d'Albert Collins. Joe joue de la slide à une vitesse de grand prix. Et pour cause, il cherche à retrouver les effets des premiers enregistrements de Ten Years After. En prenant Alvin Lee et Leo Lyons pour modèles. "Junction 61" constitue une brève introduction instrumentale au célèbre blues de Lowell Fulsom, "Reconsider baby". L'approche est résolument british blues. Elle frôle l’univers sonore d’un Gary Moore. A cet instant, on comprend la démarche entreprise et le public ciblé. Attention, dans le registre, Joe se révèle aussi habile que Moore. D’ailleurs, la partie des cordes en solo est aussi dramatique. Une approche qui me rappelle un autre Américain très populaire dans le genre : Walter Trout! Pourtant, je préfère "Around the bend" qu’il partage en compagnie de Will Jennings. La démarche assez country est tramée sur des guitares acoustiques, avant l’explosion de la six cordes qui se produit devant des percussions fort intéressantes. Cette plage affiche une sonorité très southern rock. "Revenge of the 10 gallon hat" poursuit son périple dans le southern country rock. Il rend un hommage à un des gratteurs favoris de l’artiste : le regretté Danny Gatton. Proche d’un Scotty Moore, il se débrouille plutôt bien. Mais honnêtement, j’estime que Bonamassa est au sommet de son art lorsqu'il se tourne vers le Sud ; le regard bien plus posé sur la country music que le blues. Douce et lente, la jolie mélodie de "When she dances" s’étend parcimonieusement sur un lit de cordes de guitare et d’orgue Hammond. Le titre maître doit vous rappeler quelque souvenir. Ecrit par Stevie Winwood, à l’époque où il sévissait chez Blind Faith, il reflète un certain parfum des seventies. Le trio de Joe s’aventure au sein de longue jams, au cours desquelles orgue et guitares sont étroitement liés. Joe multiplie les effets, actionne les pédales. Il s’en donne à cœur joie. Mississippi Fred Dowell dans la tête, il prend alors la direction plein sud. Il entame "The river" au dobro, en chantant dans son style si caractéristique. Puis Bill Held (NDR : le producteur !) rebranche le courant ; moment choisi par Kenny pour forcer sur ses drums, pendant que Jon Paris vient souffler efficacement dans son harmonica. Joe embraie par "When the sun goes down". Au passage, il avoue modestement que si Robert Johnson avait eu une guitare électrique, il aurait sûrement joué de cette manière. Laissons Robert reposer en paix et ne réfléchissons donc pas trop à cette énigme! Essentiellement colorée par la guitare, la finale instrumentale ponctue un album qui n'est certes pas sans intérêt.

Bonnie Prince Billy

Sings Greatest Palace Music

L’exercice peut surprendre : Will Oldham reprenant ses propres morceaux, avec en backing band des musiciens de Nashville. Objectif de ce ravalement de façade : prouver sans doute qu’en-dehors de leur aspect rachitique originel, ces chansons restent l’œuvre d’un des plus grands songwriters de ces vingt dernières années. Que même passées au filtre pompier de la country la plus conservatrice, elles conservent toute leur splendeur et leur force évocatrices. C’est donc toujours du Palace, mais du Palace gonflé en 16/9 et en Technicolor, avec des cuivres, des cordes, du piano, des chœurs et de la pedal-steel. Sans doute que les fans transis d’Oldham trouveront ces nouvelles versions trop policées, voire trop enjouées (on peut presque chanter dessus sous la douche), mais n’est-ce pas là la preuve de leur indéniable perfection formelle ? Qu’elles soient ainsi arrangées à la manière locale (Nashville, sa country de papa, ses Willie Nelson et ses cow-boys endimanchés) n’enlève finalement rien à leurs qualités mélodiques irréprochables. Will Oldham prouve encore une fois qu’il peut faire ce qui lui plaît sans vraiment se contredire, et rester ce petit génie de l’alt-country, intouchable et serein. Sing along !

Bossacucanova

Uma Batida Diferente

Écrit par
Troisième plaque pour ce trio de bidouilleurs brésiliens, dont un des membres ressemble furieusement à B-Real des Cypress Hill (regardez la pochette). Le concept de Bossacucanova réside dans une relecture lounge/electro de classiques de la bossanova. Dans cet épisode-ci, passent à la machine des chansons intemporelles de Chico Buarque, Caetano Veloso Carlos Jobim, plus quelques originaux concoctés en compagnie des nombreux invités présents sur « batida ». Parmi ces guests, on peut signaler Roberto Menescal, précurseur de la bossa et père d’un des membres du groupe, Zuco 103, le Trio Mocoto, les charmantes voix de Cris Delanno et d’Adriana Calcanhoto. Les Bossacucanova ont bien compris que ce sont les mélodies qui sauvent ce genre d’exercice du banal recueil de musique d’ameublement. Car en plus des classiques présents, ils ont composés des chansons qui tiennent très bien la route et n’ont pas à rougir devant leurs illustres aînées. On vous conseille d’ailleurs d’écouter en priorité les excellentes « Previsão » et « Bom Dia Rio », les meilleures compos originales présentées ici. Une sympathique tambouille qui s’écoute le sourire aux lèvres, l’esprit oublieux des sombres mois d’hiver qui nous pendent au nez. Bref, un disque qui a un bon karma, pour ceux que ça intéresse.

Boy From Brazil

Pointless Shoes´ 04

Écrit par
Fan d’électro et de rock garage, ce disque devrait vous intéresser. Projet de Razi Barakat, Boy From Brazil se révèle en effet être une sorte de mix hybride entre de l’électro allemande et les Cramps ou le Jon Spencer Blues Explosion. Très dans l’air du temps, le résultat n’est franchement pas inintéressant et se révèle même, en certaines occasions, réellement excitant. Si les paroles pourront en chauffer plus d’un (du style « I need your pussycat burn… »), la cause de cet emballement sera plutôt à chercher du côté d’une musique susceptible, dans ses moments les plus inspirés, d’enflammer n’importe quel dance floor prêt à s’ouvrir à la réconciliation actuelle entre rock et électro. Ainsi, en faisant fi d’un début d’elpee assez faible et de deux morceaux ‘kitchissimes’ chantés en français (une affreuse reprise du « Claqueur de doigt » de Gainsbourg et un titre intitulé « Condoléances »), l’auditeur pourra trouver en des morceaux comme « I Just Wanna Fuck », « Mailiners Sect » ou « America » des raisons d’espérer que continue encore longtemps cette période bénie où aimer danser sur du rock et de l’électro n’est plus considéré comme une hérésie…

Pat Boyack

Voices from the street

Écrit par
Pat Boyack est aujourd’hui âgé de 37 ans. Originaire de l'Utah, sa fascination pour l'univers musical texan l’incite à émigrer vers Dallas. Il concède cependant un petit séjour à Phoenix, en Arizona, où il y sévit au sein des Rocket 88s en compagnie du chanteur/harmoniciste Jimmy Morello. Mais en 93, il revient à Dallas, pour y fonder les Prowlers. Après avoir commis un 1er album plutôt discret ("Armed and dangerous") il rappelle son compagnon Morello et commence à se forger une certaine popularité. Il signe chez Bullseye et sort "Breakin' in" en 94 et "On the prowl" en 96. Le brillant Morello prend cependant son billet de sortie et cède le relais à Spencer Thomas. Sous cette formule, il réalise un dernier album en 2000, "Super blue & funky". Pat Boyack devient alors le guitariste officiel du groupe de Marcia Ball. Il a ainsi participé à la confection des deux derniers elpees de la longiligne pianiste. Deux disques parus chez Alligator. Ainsi que sur les elpees de W.C Clark et de Robin Banks. Repéré puis signé par les fins limiers de Doc Blues records, il enregistre alors cet opus.
 
Pat n'est pas chanteur. Il a donc reçu le concours de cinq vocalistes. Il est également soutenu par la section rythmique du Phantom Blues Band de Taj Mahal. En l’occurrence Larry Fulcher à la basse et Tony Braunagel à la batterie. Le tout Austin est présent : Riley Oborn et Nick Connolly aux claviers, ainsi que les Texas Horns parmi lesquels on retrouve le sémillant Kaz Kazanoff, également responsable de la production.
 
L'album s'ouvre par le "Listen to me" de Robert Parker. Chanté par sa patronne, Marcia Ball, ce R&B puissant est soutenu par une section de cuivres très riche, composée de trois saxophones, deux trompettes et un trombone, et par des chœurs assurés par trois voix mâles. Une entrée en matière royale. Marcia est au sommet de son art et la solution sonore coule de source. Le climat reste franchement R&B tout au long de "Misery". Ruthie Foster chante de son timbre soul. Unique rescapé des cuivres, Kazanoff accomplit une brillante sortie sur son sax ténor. W.C Clark chante, de son timbre grave et expressif, "The power is gone", une composition lente, sculptée dans le Memphis R&B, guère éloignée de ce que peut réserver BB King en personne. Dans le même registre, W.C chante le très beau "First comes the grievin" ; mais dans l'esprit des meilleures productions de Stax, exécutées au cours des sixties. Sweetpea Atkinson interprète "Chance in love", une ballade blues soul légère, imprimée sur un tempo modérément funky, soulignée de chœurs féminins et traversée discrètement de petites grappes de notes dispensées par Mr Boyack. Le bassiste Larry Fulcher chante le "Who's gonna help brother get further?" de Lee Dorsey sur un rythme syncopé, réminiscent de la Nouvelle Orléans. Pat entame "Ain't that a shame", une nouvelle tranche funky, chantée par Atkinson et hydratée par l'orgue Hammond d’Osbourn. Pour la première fois, on a droit à un excellent solo dans un style assez proche d'Albert Collins. Mais il est trop court. Ruth Foster chante remarquablement "Feel like goin' on" sur un tempo très enlevé, presque rock'n'roll, soutenu par le piano d'Osbourn et l'orgue de Connolly. Il faut attendre la dixième plage pour enfin entendre Pat s'éclater sur un instrumental funky et cuivré : "Sexy coffeepot". Fan de Marcia Ball, j'apprécie tout particulièrement la ballade douce "These are people". Atkinson réapparaît sur "Shogun Slim", un funk puissant, très proche de James Brown, caractérisé par un superbe solo de Pat, dont les notes sont acérées, véritablement tranchantes. Le rythme reste funky, répétitif et contagieux tout au long d’un "Pushin' on" animé par Ruth Foster. L'album s’achève brillamment par la reprise du "Time has come today" des Chambers Brothers, un hymne particulièrement populaire au cours des 60’s. Libéré, Pat s'en donne à cœur joie. Atkinson, Ball, Foster et Clark, les vocalistes, se passent le relais dans la bonne humeur. Et c'est bien la fête ! "Voices from the street", vous l'avez compris, n'est pas un album de blues, mais une œuvre dont la fusion de R&B, de soul et de funk, est destinée à se remuer, à danser. Cet excellent elpee se poursuit par une longue plage cachée, que l'on pourrait qualifier de free jazz funk rap. Dommage tout de même que Boyack ne se mette pas plus souvent en évidence, car il est brillant gratteur. Il faut féliciter Doc Blues qui manifeste autant de célérité à nous faire découvrir les aspects les plus intéressants de la scène texane. Si vous en avez le loisir, n’hésitez pas à vous procurer les albums de Sonny Boy Terry, Long John et Tom Hunter, Jeffrey P. Ross, John McVey ainsi que Walter T. Higgs, autant d’artistes qui relèvent du label d’Austin.

Carla Bozulich

Red Headed Stranger

« Red Head Stranger » est l’un de ces albums concept dont Willie Nelson avait le secret : c’est l’histoire du Far West au XIXe siècle, Lucky Luke, les cow-boys et les indiens, John Ford et toute la mythologie du western. Carla Bozulich (ex-Geraldine Fibbers) a sans doute été bouleversée par cette pierre angulaire de la musique country, puisque cet album est la cover intégrale de l’album du grand Willie. Mais là où l’exercice aurait pu virer à l’hagiographie pompeuse d’un des artistes américains les plus mésestimés du XXe siècle, Carla Bozulich n’a pas hésité à saboter les titres du maître en les passant au filtre d’une country moins chiadée et moins bonasse. Résultat : ce « Red Head Stranger » bis surprend le quidam à stetson en lui prouvant qu’on peut tout faire du répertoire de son idole : le medley de « Time Of The Preacher », « Blue Rock Montana » et « Red Headed Stranger » sonnent ainsi presque comme du slowcore à la Low… Un « remake » reptilien qui frôle parfois la transe, avec en guest… Willie Nelson himself, sur « Can I Sleep In Your Arms ? » et « Hands On The Wheel ». Pour une fois, ce n’est même pas la peine de rendre à César ce qui lui appartient… La prochaine fois, Carla Bozulich osera-t-elle s’attaquer à l’inattaquable, au « Man In Black », le seul l’unique ? On prend d’ores et déjà les paris.

The Briefs

Sex Objects

Écrit par
A l’écoute de cette plaque, on est surpris d’apprendre que les Briefs sont originaires du pays de l’Oncle Sam, de Seattle plus précisément. Car leur punk rock très pop contaminé par un accent ‘cockney’ semble plutôt émaner du Londres circa 1977. A ce stade de la lecture de cette chronique, vous aurez donc compris que si vous êtes à la recherche d’originalité pure, vous pouvez d’ores et déjà passer votre chemin. Le chanteur embrasse un style à la croisée de Pete Shelley (Buzzcocks) et de Johnny Rotten. Les chansons s’enchaînent le plus banalement du monde ; mais on se surprend quand même à taper du pied sur les très sympathiques « Ephedrine Blue », « Mistery Pill », « Sally I can’t go to the Beach » ou encore « Shoplifting at Macy’s » qui rappellent confusément les Ramones, les New York Dolls et d’autres grands maîtres. L’atmosphère bon enfant du disque et la belle énergie qui s’en dégage rendent l’objet attachant même si musicalement le résultat s’avère furieusement anecdotique. M’en vais chercher ma vieille cassette des Buzzcoks.

Brightblack Morning Light

Ala.cali.tucky

« Printed On Recycled Paper », peut-on lire dans le livret qui accompagne l’album de Brightblack. On aurait pu croire qu’il s’agissait plutôt de carbone 14, tant la musique de ces Américains semble avoir été déterrée en plein désert mojave, fossilisée depuis des siècles et enfin ramenée à la vie, après de longues heures de brossage et de dépoussiérage. C’est que la country de Brightblack paraît figée dans le temps, tellement elle est languissante : ici, on joue au ralenti, comme si la lenteur pouvait sauver les notes de la putréfaction. A côté, Low et Mazzy Star passeraient presque pour des groupes de rock’n’roll… Slowcore, et c’est peu dire : Brightblack étire son folk crépusculaire comme pour empêcher le sable de la vie de s’égrener trop vite… Soit on calque notre cadence sur la leur et l’heure passée avec eux dure une journée, soit on s’endort bercé par cette torpeur et l’on perd toute notion temporelle. Dans les deux cas on ne comprend guère ce qui se passe, et c’est pas plus mal. Un disque à écouter si ’on n’a rien à faire, parce que c’est obligé (au risque de passer pour un zombie shooté aux somnifères).

Chris Brokaw

My confidante + 3

Écrit par
Codéine, Come, The New Year, Consonant, Pullman, Evan Dando, Steve Wynn et bien d’autres: on ne compte plus le nombre de groupes au sein duquel le Bostonien a sévi, ou d’artistes pour lesquels il a collaboré et collabore encore. Depuis 2002, Chis semble avoir enfin décidé d’embrasser une carrière solo. Lorsqu’il lui reste un peu de temps. Son dernier opus, « Wandering as water » remonte d’ailleurs à 2003. Histoire de nous faire patienter (NDR : pas trop longtemps, on l’espère), il nous propose donc cet Ep quatre titres. Tout d’abord une version électrifiée de « My confidante », fragment qui figurait sur l’opus en version acoustique. Et puis trois covers de compositions inédites écrites par Thalia Zedek, Liz Phair et par le duo Holly Anderson/Lisa Burns. Et le résultat est impressionnant. A l’instar du titre maître, le « 1000 mph » de Thalia surfe sur une vague d’électricité chatoyante, frémissante, vibrante. Et si l’adaptation minimaliste, lo-fi, d’« In love with yourself » de Liz, se révèle plus Pavement que nature, « Across the blue » réverbère certains échos rafraîchissants du défunt Luna. Bien vite un album !

Broken Dog

Harmonia

Écrit par
Aaah, mais que voilà un disque de saison ! Si vous êtes du genre à apprécier la lumière rasante, les feuilles rouges/oranges et l’odeur des champignons, ce disque est pour vous. Parfait pour envisager les bon cotés de l’automne naissant, ce quatrième opus de Broken Dog est une délicieuse petite tranche de calme et de délicatesse que l’on dégustera volontiers une tasse de thé bouillant à la main. Débutant par « Words », petite perle de mélancolie hantée par le fantôme de Sparkelhorse, l’album se clôture par un « Many words » qui achèvera de vous plonger dans un monde ouaté et crépusculaire. Entre les deux, Broken Dog vous invite à une balade, mains dans les poches et bonnet sur le crâne, en quête d’un amour perdu ou de la dernière tribu de Hobbits vivant dans la foret de Soignes. Vous pourrez également y jouer à cache-cache avec Hood et Low, références évidentes du groupe… Conseillé !

Broken Edge

Obey and conform !

Écrit par
En 10 d’existence, ce quatuor de power trash français a commis deux albums pour autant d’eps. La qualité de leurs enregistrements est irréprochable. Broken Edge dispense une musique puissante (d’où power ?), aux riffs saignants (d’où trash ?), aussi variée que le style le permet. Largement influencé par la sainte trinité Roadrunner (Machine Head en tête, Sepultura et Fear Factory ensuite), “Obey...” dépoussière et réactualise le genre de manière convaincante. Et tout d’abord à cause de compositions personnelles, rehaussées par un travail de studio que François Jamin (Loudblast et No Flag) est parvenu à mijoter aux petits oignons. Voici revenu le temps des headbangings...

The Broken Family Band

Jesus Songs

On pourrait croire, au vu du titre, que ce quatuor de Cambridge voue un culte sans bornes à Jésus. Sur les sept chansons qui composent cet EP, trois portent d’ailleurs le même titre, « Walking Back To Jesus », une autre s’intitule « Mother O’Jesus ». Mieux que Will Oldham, Johnny Cash et Jim White réunis, The Broken Family Band pourrait donc être un groupe de bigots, remerciant chaque matin le seigneur de lui donner la chance de faire de la musique. Heureusement, à bien écouter les paroles, on se rend compte qu’il s’agit plus d’un prétexte à chanter l’amour, la perdition, la trahison… Toutes ces choses qui nous pourrissent l’existence tout en la rendant si supportable. La mauvaise nouvelle, c’est la musique : une pâle resucée de Saint Thomas et de Belle and Sebastian, bref de la country/pop sympatoche mais pas exceptionnelle. O doux Jesus, illumine-les de ton inspiration divine, « ils ne savent pas ce qu’ils font »…

Broken Social Scene

You forgot it in people

Écrit par
Issu de Toronto, ce collectif réunit une bonne dizaine de musiciens (quinze si on compte les invités) issus de la scène locale ; et en particulier des Stars, Do Make Say Think, Treble Charger, A Silver Mt Zion et Mascott. Un projet expérimental responsable de deux elpees à ce jour. Produit par un illustre inconnu qui répond au nom de David Newfeld, « You forgot it in people » évolue au sein d’un univers sonore riche, très riche même, que certains médias n’ont pas hésité à qualifié de ‘symphcore’. Parce que leurs compositions sont régulièrement enrichies d’arrangements et d’orchestrations symphoniques. Imaginez un peu une rencontre hypothétique entre Godspeed You ! Black Emperor, Sigur Ros et Mogwai, et vous aurez une petite idée du style pratiqué par Broken Social Scene. Une petite idée, parce que le résultat de cette fusion est très souvent filtré à travers différentes sources sonores. Psychédélique, post et alt rock, pop et popcore, jazz, prog, punk, lo fi, noisy, lounge, dub, cold wave, électronique ou encore ambient. Vous ne serez donc pas trop étonnés d’apprendre que cet opus recèle plusieurs plages instrumentales. Mais le plus intéressant procède de cette originalité, de cette fraîcheur, et surtout de ce sens contagieux de la mélodie que nous communiquent les 13 fragments de cet elpee. A l’instar de « Cause = time », dont le groove irrésistible est littéralement tapissé de cordes de guitares chatoyantes, ‘pépiantes’ (NDR : réminiscences de Dinosaur Jr ou de Clapton époque Delaney & Bonnie, au choix !) ; du majestueux « Lover’s spit » qui aurait pu figurer au répertoire d’un Flaming Lips ; ou encore de « Stars ans sons », tramé sur une ligne de basse digne de Peter Hook ! Bref, un album fort intéressant, même si sa complexité nécessite plusieurs écoutes avant d’être apprécié à sa juste valeur. Serions-nous entrés dans une ère de néo prog ?

The Bronx

White Drugs

Écrit par
Protégé de Gilby Clarke, ex Guns n' Roses, The Bronx débarque de Los Angeles avec son punk rock teinté de métal et de hard core typiquement estampillé US. Groupe de scène confirmé, il a partagé la scène, en l'espace de deux ans, avec Social Distortion, Rocket from the Crypt, Turbonegro, Supersuckers, Circle Jerks et même avec les Anglais de GBH. Avec de telles références, ces admirateurs d'Henry Rollins et de Black Flag ont décroché vite fait un contrat avec le label indépendant Wichita Recordings. Enregistré dans le home studio de Gilby Clarke en un temps record; White Drugs est tout sauf un recueil de poésies. Avec des titres aussi évocateurs que " Kill my Friends ", " I got Chills " ou " Heart Attack American ", The Bronx séduira les teenagers rebels du pays de l'Oncle Sam et les nostalgiques des Exploited, des Misfits et autre UK Subs.

The Apes

Tapestry mastery Ep

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Issu de Washington D.C., The Apes ne possède pas de guitariste. Mais un bassiste, un drummer, un chanteur et une claviériste. Une formation qui vient d’enregistrer son quatrième Ep. Découpé en 6 plages, ce disque recèle deux titres qui macèrent dans l’expérimentation pure : « Maximilla intro » et « Mind of Maximilla ». Et s’il n’y avait les drums métronomiques, quoique frénétiques, « Warpand wolf » figurerait à la même enseigne. Le titre maître, « Mr Changeling » et « 3 mages » se révèlent beaucoup plus intéressants. Ils nous replongent dans l’univers mystérieux, menaçant, mais combien envoûtant du Simple Minds circa « Real to real cacophony ». Lorsque Nick Mc Neil nappait toutes les mélodies de ses claviers fluides, rognés, fruités. Et la basse robotique, presque synthétique d’Eric Jackson, ainsi que le vocal reverb, légèrement en retrait de Paul Weil, accentue cette impression. On devrait y voir plus clair lors de la sortie de l’album…