La nation fantôme de The Besnard Lakes…

Le septième opus de Besnard Lakes, « The Besnard Lakes Are the Ghost Nation », paraîtra ce 10 octobre, confirmant ainsi son statut de l'un des groupes les plus constants de ces 20 dernières années, dont la vision et la qualité sont difficilement égalables…

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L’heure personnelle de Lucie Valentine

L'artiste belge Lucie Valentine dévoile « Minuit Moins Toi », le titre phare de son nouvel Ep éponyme. Une chanson touchante, lumineuse, qui célèbre le moment de bascule : celui où la douleur laisse place à la paix après une séparation. Née d’un atelier…

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Dave Arcari

Blue country steel

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Dave Arcari est le vocaliste du groupe écossais, The Radiotones. Un excellent chanteur de blues, dont le timbre graveleux se détache d’une musique qui n'hésite pas à teinter le blues, de rockabilly et de punk. Arcari a fondé Radiotones en 1997. A l’époque le trio se produisait sous un format acoustique. Les deux premiers albums témoignent de cet épisode : "Gravel road" (1998) et "Whiskey'd up" (2000). Fin 2001, le line up a été complété par un drummer, et l'amplification a fait son apparition. Depuis, la formation a commis un single 3 titres en 2002 ("Bring my baby back"), et un elpee en 2003 ("Bound to ride").
 
Dave Arcari a concocté "Blue country steel" en solitaire. Il s’est limité à la guitare et à sa voix. Ses cordes vocales si profondes, ravagées, sont taillées sur mesure pour ce blues qu'il narre, en s’accompagnant des cordes cinglantes de sa slide. Ce style lui sied à merveille sur son "Dreamt I was 100", ce rêve inimaginable de devenir un jour centenaire et de rencontrer des êtres proches disparus. Pour son "Project blues", il saisit sa National Resonator à la façade d'acier. Le son métallique qu'il en tire entretient une atmosphère unique. Dave joue le plus souvent de manière agressive ; mais l'ensemble semble tellement couler de source que c'est un plaisir de l'écouter. Taillée comme une serpe, sa voix lamine tout sur son passage tout au long de "Rough justice". Il reprend aussi deux titres du répertoire des Radiotones : "Close to the edge" et "Good friend blues" ; deux plages fondues dans le même moule que les titres précédents. Evoquant tour à tour Leadbelly, Big Bill Broonzy, Tom Waits ou Captain Beefheart, ce musicien doit sans doute impressionner lorsqu’il se produit ‘live’, dans un petit club.

All Night Radio

Spirit Stereo Frequency

Écrit par
Avant de fonder All Night Radio, Dave Scher et Jimi Hey avaient sévi au sein d’une multitude de formations, parmi lesquelles Lilys et Beachwood Sparks étaient les moins occultes. Un duo californien qui doit connaître l’histoire du psychédélisme sur le bout des doigts pour produire une musique aussi sinueuse, baroque, dense et complexe. Mais toujours mélodieuse. Enfin sur leur premier opus, « Spirit Stereo Frequency ». Si à premier abord, les spectres de Mercury Rev, de Flaming Lips, de Super Furry Animals et du défunt Olivier Tremor Control transparaissent instantanément, au fil des écoutes, les compositions se chargent de nuances. A l’instar d’« Oh when ? », un fragment imprimé sur un tempo échevelé, métronomique (Wire ?). De « Fall dawn 7 ». Une berceuse sinusoïdale, truffée de bruitages cosmiques mais dynamisée par un groove funky qui aurait pu naître d’une hypothétique rencontre entre Beck, Syd Barrett et les Fab Four circa « Magical Mystery tour ». Tout un programme ! Du ‘byrdsien’ (NDR : ces harmonies vocales !) « You’ll be on your own ». Ou encore de le la valse aquatique « Sky bicycle (you’ve been ringing) » ; sorte de remix des Beach Boys opéré par High Llamas. Et cette collision entre sonorités du passé, du présent et du futur permet ici une myriade d’aventures musicales qui dépasse le cadre d’un simple recyclage. Ces expérimentations portent même le nom de néo-psychédéliques…

Tony Allen

Live

Écrit par
On ne présente plus le grand Tony, co-créateur de l’afro-beat en compagnie du non moins légendaire Fela Kuti. Après des années de vaches maigres, il a été récompensé de son travail par un regain d’intérêt pour sa musique. Et en particulier pour deux albums solos chaudement recommandés sur lesquels des pointures comme Ty et Damon Albarn sont venus donner un coup de main. Ce témoignage live permettra aux fans de goûter l’incroyable jeu de batterie du bonhomme, à la croisée du funk, du jazz et des musiques traditionnelles africaines. Enregistrés à Vancouver, Sao Paulo et Montreux, les sept morceaux flirtent presque tous avec le quart d’heure, durée classique pour l’afro-beat. Accompagné de musiciens pas manchots non plus, Tony laisse la part belle aux claviers ‘vintage’ et aux lignes de guitares insinuantes qui ponctuent ses morceaux. Mention spéciale à l’aérien « Black Voices » ainsi qu’aux hypnotiques « No Accomodation » et « Kindness », qui plairont aux amateurs de beau jeu.

GG Allin

Live and pissed Dvd

Écrit par
Eloignez les enfants, l’affreux GG Allin pointe le bout de son micropénis à l’intérieur de vos chaumières à l’aide de ce Dvd. Véritable figure mythique de la scène underground punk de la fin des eighties, GG incarne à merveille l’esprit borderline propre à certains performers de l’art contemporain. Ce Dvd immortalise 2 prestations live accomplies par l’inénarrable punk californien. Pour vous donner une idée, après 2 minutes, GG a déjà pissé sur son public, fracassé une bouteille de bière sur le sol et s’est contorsionné tel un épileptique sur les bris de verre ; il a slammé les deux pieds en avant avec des santiags bien pointues, asséné une flopée de coups de pieds sur 2 inconscientes passablement éméchées venues trouver refuge (?) sur le casier de bière qui fait office de scène (pour 4 personnes dont une batterie quand même). En 2 mots : chaos total. Evidemment l’épisode tourne assez rapidement au vinaigre ; et lorsqu’on connaît le jusqu’auboutisme de certains punks, le concert se transforme dignement en un pugilat de très bonne facture. Personnage résolument sans limites, la légende veut que “GG” serait le diminutif donné par son frère au sieur Allin, alors incapable de prononcer correctement son prénom, “Jésus”, ou “Jé-Jé”. De l’influence de la cellule familiale sur le bon développement de la personnalité de nos chers têtes blondes : un père visiblement inspiré par la bible pour baptiser ses rejetons. Allin aura bien sûr vécu comme il est mort : d’une overdose. En 1993. A l’âge de 37 ans. Alcool, drogue, violence et scatologie seront les ingrédients quotidiens de cet illuminé notoire. Ironie, notre gaillard est enterré à Linttleton... lui qui sera tête de liste des fichiers de la CIA pour avoir envoyé une lettre d’admiration à John Hinkley, qui n’est rien d’autre que le personnage inculpé pour avoir tenté d’assassiner le président Reagan. Ambiance ! Pas étonnant de voir graviter autour de ce phénomène une flopée de personnage singuliers de la scène musicale américaine : J Mascis de Dinosaur Jr, Thurston Moore de Sonic Youth, Wayne Kramer du MC5, Dee Dee Ramone des Ramones et plus étonnant encore Gérard Colsoy, fondateur du label Matador. Musicalement, vous l’aurez deviné, Allin ne fait pas dans la dentelle. Hardcore punk sans compromis. Pour ceux qui se lanceraient dans l’acquisition de la discographie du gentleman : bonne chance ! Et ne résistons pas à l’envie de vous faire un petit florilège des titres les plus évocateurs de ses compositions : “Cunt suckin cannibal”, “I wanna rape you”, “Bit it, you scum”, “I live to be hated” et l’incontournable “Fresh little meat”. Oubliez tout de suite ce Dvd pour un plan drague. Amis du soir, bonsoir !

Bernard Allison

Higher power

Écrit par
Bernard est le fils de Luther Allison. Jusqu'à sa mort en 1997, ce dernier était devenu un des bluesmen les plus populaires de la fin du XXème siècle. Un statut qu’il méritait amplement. Cadet d'une famille de neuf enfants, Bernard est né à Chicago. Très jeune, il se met à la guitare et impressionne déjà son père, mais aussi Stevie Ray Vaughan et Johnny Winter. Ses premières classes, il les accomplit au sein du Blues Machine de la chanteuse Koko Taylor. C’est à cette époque que toute sa famille émigre près de Paris. Il y devient alors le leader musical du Luther Allison Band. Et tout naturellement enregistre son premier elpee, judicieusement baptisé "Next generation". Depuis, il en a commis plus de dix, dont six pour le label Ruf : "Hang on!" en 94, "Funkifino" en 95, "Born with the blues" en 97, "Times are changing" en 98, "Kentucky Fried Blues" en 2003, et ce tout nouvel opus concocté, en mai et juin dernier, au sein des studios Echo Bay, dans le Minnesota. Et... il est retourné vivre outre Atlantique. Evidemment, il s’est entouré de musiciens du coin. Bernard ne se considère pas comme un bluesman, mais comme un musicien. Un musicien de la prochaine génération, ajoute-t-il! De toute bonne facture, cette plaque demeure pourtant tout à fait abordable pour le public blues.
 
Il a écrit "I've learned my lesson". Et effectivement, il a appris sa leçon. Il entame ainsi le disque par une plage résolument rockin' blue. Le riff de guitare est puissant, très électrique, sans le moindre artifice ni la moindre démonstration, mais très mélodique et exercé avec beaucoup d’adresse. Il est épaulé par d’excellents musiciens : Ron Sutton aux drums, Jassen Wilber à la basse et surtout Mike Vlahakis à l'orgue Hammond. Ecrit par son père, "Raggedy and dirty" adopte résolument un ton plus funky, mais observe le même tempo. Plus ou moins lent, son jeu sur les cordes reste très intéressant, mais encore une fois dispensé avec parcimonie et maîtrisé pour le plaisir des oreilles. Composée par JL Williams, "Standing on the edge of love" est une douce ballade soul ; et dans ce style, il est manifeste que la voix de Bernard peut se révéler très proche de celle de Luther. Bien posée, naturelle, riche, quoique moins puissante et moins vécue. Ravagé par la guitare, "Stay with me tonight" est un autre rock blues imprimé sur un mid tempo qui rappelle parfois le ZZ Top des bonnes années. Les claviers qui contaminent le funky soul rock "Too cool" ne me plaisent pas trop. A contrario, la guitare y est impeccable. Shuffle blues rock entraînant, "It's a man down there" est soutenu par le rollin' piano de Bruce McCabe. Cette plage véhicule énormément de groove. L'unité du backing de Bernard est irréprochable. Il en profile alors pour s’autoriser un solo redoutable. Un moment fort de l'album. A l’instar de "New life I’m in". Une plage tout à fait différente, extrêmement proche du style de son père. Une ballade R&B au cours de laquelle sa voix est expressive à souhait. De petits flots de guitare acérés soulignent les vocaux. A cet instant, on peut mesurer combien Bernard a pu tirer profit de l'héritage de Luther. Et il le prouve à nouveau sur la composition du paternel "Into my life", une ballade soul bien excitante. Plage funky R&B très dansante, "Woman named trouble" est le plus beau témoignage de la cohésion du band de Bernard. "Time flies by" est plus rock'n'roll, très nerveux. Ron Sutton est impérial à la batterie. L’ambiance me rappelle fortement celle que cultivait l’Allman Brothers Band ; d'autant plus que c'est armé d'une guitare slide qu'Allison se libère. Le bonheur ! Notre homme devrait plus souvent exploiter ce style, au cours duquel il rayonne littéralement. Signé Bruce McCabe, "Stakes have gone up" parvient à chatouiller les orteils. Bruce s’y réserve, évidemment, le piano ; et Paul Diethelm la guitare solo (NDR : Paul est le guitariste de Wanderworld, le combo de Jonni Lang, au sein duquel milite d’ailleurs Jonni Lang, aux ivoires !). Proche du ZZ Top contemporain,"Next 2 U" délire dans le hard rock. En finale, Bernard joue de la guitare acoustique sur la ballade à la beauté dépouillée "Ami", et Paul Dietholm du dobro. Ne boudez pas "Higher power" ! C’est un très bon album. Si officiellement, il vit aux States, Bernard passe une bonne partie de la mauvaise saison en Europe. Il y est déjà actuellement.

Aña (France / Brionne)

(en attendant)

Duo originaire de Brionne (France), Amandine Rebière et David Fontaine pratiquent un rock écorché aux teintes clairs-obscurs, qui n’est pas sans rappeler les ambiances délétères de This Mortal Coil et de Siouxsie and the Banshees. A base de percussions tribales (tendance Cure période « Faith ») et d’électronique vrombissante, la musique d’Aña s’écoute d’abord le soir, ‘en attendant’ que le soleil se couche… Dommage qu’Amandine Rebière surjoue parfois son rôle de Médée cold-wave (dark folk ?) des temps modernes : pop et théâtralité font rarement bon ménage. Un début prometteur, mais quelque peu gâché par cette légère propension manifestée par le duo à pratiquer l’emphase. « Patience est mère de sûreté » : en espérant qu’Aña mûrisse encore et pour son prochain disque évite de ressasser ses mauvais penchants… pour le romantisme eighties.

Anathema

A natural Disaster

Écrit par
Souvent répertorié 'métal atmosphérique', voire 'doom metal', Anathema prouve par ce 'A natural Disaster' toute la variété de son inspiration et l'étendue de son talent. Sur la carte, cet album devrait se situer quelque part au sein d’un triangle dont les sommets seraient balisés par Radiohead, Coldplay et Porcupine Tree. Excusez du peu ! Et il trouve tout naturellement sa place parmi les incontournables de l'année. De mélodies décharnées en chansons sans refrain, de comptines tristes en appels désespérés, de plages dépressives en rengaines névrotiques, de mises en abîme en éruptions sulfureuses, Anathema étale sa langueur ténébreuse et brosse un tableau sonore à la beauté lugubre et fascinante d'un grand arbre solitaire, effeuillé et couvert de givre. Pas un moment faible, pas une note déplacée. Le chant, partagé entre quatre belles voix, est toujours envoûtant et la production s'avère tout simplement flamboyante. Le tout est présenté dans un emballage somptueux en accord parfait avec son contenu. Album magnifique, profond, attachant et indélébile, qui prend congé sur la pointe des pieds. Un incontournable, je vous dis!

And Also The Trees

Further from the truth

Écrit par
Cette formation britannique (sur)vit dans la zone crépusculaire de l’underground depuis sa naissance ; c'est-à-dire depuis 1978. Au cours de cette longue période, le groupe n’a jamais cessé de tourner. Pour y accorder des concerts proches de l’envoûtement. Faut dire que leur musique ténébreuse, gothique, d’inspiration moyenâgeuse, déchirée littéralement par le phrasé de guitare si caractéristique de Justin Jones, a toujours servi à merveille des textes littéraires et poétiques ; des lyrics chantés de son timbre emphatique par son frangin, Simon Huw Jones. Et puis d’enregistrer. Il est ainsi responsable de trois albums incontournables : un éponyme enregistré sous la houlette de Lol Tolhurst (Cure), paru en 1983, « The Millpond Years » (1988), et « Farewell to the shade » (1989), elpee sut lequel figurait une cover élégiaque du « My Lady d’Arbanville » de Cat Stevens. A partir de cette époque, l’inspiration a commencé à faire défaut. Et la discographie s’en est fort ressentie. N’intéressant finalement plus que les aficionados, bien sûr. Pourtant, depuis quelque temps, on reparle d’And Also The Trees. Comme référence pour certains artistes contemporains. Mud Flow, notamment. Oui mais ce « Further from the truth », alors ? Beaucoup trop linéaire pour mériter une attention particulière. Pas qu’il soit de mauvaise facture, mais on n’y retrouve plus les envolées atmosphériques qui avaient fait leur charme et surtout leur force. Vous souhaitez faire plus ample connaissance avec ce groupe ? Il ne vous reste plus qu’à vous procurer leurs trois premiers elpees. Les yeux fermés !

Archetype

Dawning

Écrit par
Cette réédition comblera d'aise les frustrés qui recherchent vainement cet album culte du groupe Archetype, épuisé dans le commerce quelques mois à peine après sa sortie originale. Catalogué par son label de melodic power prog metal, Archetype possède également des sonorités issues de la new wave of british heavy metal, et évoque par certains aspects, la deuxième période d'Angelwitch et la finesse d'un Diamond Head. Pourtant, le combo ne vient ni de Sheffield ni de Birmingham, mais bien de l'Ohio. Dès le premier titre "Final Day", on sent que ces p'tits gars en connaissent un bout en matière de hard rock mélodique. Les riffs sont d'une redoutable efficacité, la voix est claire et les nombreux breaks qui ponctuent les morceaux agrémentent les mélodies finement construites. La bio du groupe présente Archetype comme une sorte de croisement entre Iced Earth et Dream Theater. A mon humble avis, si la formation jouit sans aucun doute de bonnes références, elle possède aussi sa propre personnalité. A redécouvrir d'urgence si vous êtes passé à côté de l'édition originale.

Archie Bronson Outfit

Fur

Le label Domino oserait-il faire marche arrière en signant ce trio biberonné au pub-rock des années septante, du genre Ian Dury meets Motörhead ? Que les Franz Ferdinand se rassurent : leur trône de nouveaux princes pop-rock ne risque pas d’être piqué par ce trio malpoli (et mal dégrossi)… Sans doute trop occupé à ‘aphoner’ des pintes au bar du coin, entre deux répètes à la bourre. Parfois, quand l’alcool descend au creux de leur estomac, les trois lascars se réveillent : c’est la gueule de bois, que tapisse en fond sonore « Tonight’s The Night » de Neil Young (« On The Shore »). Ces types sont la face noire et cradingue du rock bien coiffé de leurs compères de label : ils rotent au micro et ne se lavent qu’en fin de semaine. Etrange : c’est Jamie Cullum des Kills qui produit. On ne le savait pas portés sur la bouteille.

Archive

Noise

Écrit par
Toujours sous le charme de leur précédent opus, « You all look the same to me », et en particulier de leur splendide composition " Again ", je m’attendais à être replongé au cœur même d'une atmosphère planante, pulsante, fruit de la rencontre entre la britpop, le trip hop et le psychédélisme cosmique. Malheureusement, il a fallu rapidement déchanter. Pourtant l’elpee débute sous les meilleurs auspices. Hydraté de claviers fluides, le titre maître ne manque pas de charme. Particulièrement énergique, « Fuck you » joue sur les rythmes. Et puis nonobstant son intro un peu fade, les 7 dernières minutes de « Waste » entretiennent un climat franchement hypnotique imprimé sur un tempo tribal. Et puis rideau ! Leur mélange de trip hop et de prog tire en longueur, sans plus jamais surprendre, multipliant les clichés ‘floydiens’ pompés essentiellement chez « Wish you were here ». Et comme la voix de Craig Walker est plus que limite pour ne pas dire quelconque, la déception fait progressivement place à l’ennui. Pour votre info, sachez que le groupe a également réalisé la B.O. du film de Michel Vaillant. Mais si c’est de la même trempe, il ne fait aucun doute que ces deux plaques seront rapidement à archiver…

The Arlenes

Going to California

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The Arlenes macère dans une solution country pur jus…On écoutera son disque au volant de son Humvee ou de sa décapotable, une Budweiser à la main, en essayant de ne pas se faire choper par la police du comté d’Austin, au Texas. Des enceintes de l’autoradio se répandront de langoureuses mélodies engendrées par une armée de guitares travaillées à la slide tandis que, le visage fouetté par le vent et l’esprit altéré par l’alcool, on se laissera bercer par ces histoires d’amoureux perdus par delà les routes sablonneuses.... Pour les amateurs ‘old school’ du genre, ce petit voyage sera un vrai bonheur. Pour les autres, par contre, l’écoute risque d’être un peu plus difficile…

Aroah

The Last Laugh

Une belle fille qui caresse son chat, dans sa cuisine. Elle se demande ce qu’elle va faire aujourd’hui, après son jogging matinal et la lecture du courrier. Il fait chaud : c’est l’été. Sa guitare traîne sur le porche, dans son étui vermeil acheté à Barcelone. Après une cigarette, elle décide de répéter ses dernières chansons, celles qui figureront sur son prochain album, « The Last Laugh ». Toute seule, elle chante dans l’ombre de la gouttière qui la protège du soleil. De jolies complaintes folk à la Shivaree. Elle espère qu’en studio, ses amis d’Acuarela emmèneront leur matos de fortune (une batterie, une guitare électrique, une flûte ou un petit synthé, pourvu que ses chansons ne restent pas à l’état d’ébauches). Son style à elle n’est pas encore très affûté, mais elle y met tout son cœur : « L’important, c’est l’émotion », pense-t-elle en regardant le soleil se coucher. A l’intérieur il fait encore chaud, et la poussière vole à chacun de ses pas sur le plancher du living. Elle pose sa guitare sur le fauteuil, caresse son chat et prend son bloc-notes. Lui reste à écrire quelques paroles, qu’elle récite de sa voix si rassurante, si souple (Suzanne Vega, Chan Marshall, elle aime). Mais il est l’heure d’aller se coucher. Le chat dort déjà au pas de la porte, restée entrouverte pour laisser entrer les lucioles. Irene Tremblay ferme les yeux, l’étui de sa guitare étendu à ses côtés. Demain peut-être songera-t-elle à terminer cet album, qu’elle espère réussi et sincère. Un dernier soupir : la voilà déjà au pays des rêves.

Arrested Development

Among The Trees

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Disparu des scènes depuis quelques années, on n’avait des nouvelles de ce collectif de Los Angeles que par l’intermédiaire de la carrière solo de son leader Speech. Pour leur retour, ils ont pris le parti de ne pas faire un album 100% hip hop. « Among The Trees » reste fidèle aux thématiques originelles du groupe mais explore plusieurs styles musicaux différents. L’afrobeat, le funk, la samba, le r’n’b et même le rock y sont présents en large dose. Une démarche qui rappelle celle des Black Eyed Peas, sans le côté désagréablement putassier de ces derniers. A l’arrivée on obtient une plaque ensoleillée qui contient beaucoup de bonnes chansons et une nuée de tubes en puissance. Le hip hop de « Lot of Things To Do », les mélodies de « Luxury », d’« Among The Trees » et d’« Honeymoon Day » ou encore le rock de « Wag Your Tail ». Un retour réussi et décomplexé, qui aurait encore gagné à contenir un peu moins des 19 morceaux réunis en son sein.

Ash

Meltdown

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Pour enregistrer leur cinquième elpee, Ash s’est rendu à Los Angeles. Dans les mêmes studios occupés par Nirvana lorsqu’il avait commis son célèbre « Nevermind ». Pas sous la houlette de Butch Vig, mais du producteur Nick Raskulinecz (System Of A Down, Queen Of The Stone Age, Foo Fighters) et de l’ingénieur du son Rich Costey (Audioslave). Une situation qui ne transparaît que sur deux titres. Deux plages au groove hénaurme. Tout d’abord l’hypnotique « Detonator », aussi addictif que « Smells like teen spirit ». Ensuite le single « Clones ». Fruit d’une rencontre hypothétique entre R.A.T.M. et Teenage Fan Club. A cause des harmonies vocales limpides, célestes, que Tim et Charlotte conjuguent en harmonie. Et puis de l’intensité née de ce mélange subtil de punk, de métal et de hip hop. Mais si l’aspect métallique des chansons est plus prononcé, Tim n’a pas perdu pour autant son art de rendre ses refrains contagieux. Et certains d’entre eux pourraient même se siffloter sous la douche. Bref, que des bonnes nouvelles ! L’opus recèle une seule ballade, « Starcrossed », une chanson d’amour mélancolique, douce, chargée d’émotion ; un hymne rock estival à la Weezer (« Out of the blue »), et puis en final le zombiesque et hyper métallique « Vampire love », un morceau qui a servi de bande sonore à « Dawn of the dead ». Epatant !

Asrai

Touch in the Dark

Écrit par
Les Pays-Bas constituent un véritable vivier en matière de groupes "à chanteuse". The Gathering, Within Temptation, After Forever, Orphanage, et Epica sont désormais les ambassadeurs d'un courant musical qui a donné naissance à une scène internationale. Les Italiens de Lacuna Coil, la sensation nordique Nightwish et même les Américains d'Evanescence n'éprouvent aucune honte à citer les Bataves parmi leurs influences. Basé à Rotterdam, Asrai offre d'emblée une bouffée d'air frais à un style qui souffre d'un manque de renouvellement ces derniers temps. Formé par les soeurs Margriet et Karin Mol, le combo signé sur le label d'After Forever et d'Ayreon, délivre des compositions catchy mêlant agréablement voix mélodique, mais pas lyrique, et structures typiquement gothic metal. Empruntant autant à Black Sabbath qu'à And Also the Trees ou All About Eve, Asrai donne de la profondeur à ses compositions et apporte une vitalité nécessaire pour éviter les comparaisons avec ses compatriotes. Du sublime single "Pale Light" jusqu'au dernier titre, tout n'est qu'enchantement et splendeur, soulèvent un implacable tourbillon de hits metal qui séduit l'auditeur dès la première écoute. Mixé par Sascha Paeth (After Forever, Rhapsody...) "Touch in the Dark" est un labyrinthe musical très habilement construit. Des samplers, un arrangement baroque par ci, une ligne mélodique enfouie sous de gros riffs par là, et des ambiances parfois proches d'un Dead Can Dance donnent à l'ensemble un petit quelque chose en plus. On croyait le style saturé. Asrai nous démontre le contraire le temps de dix titres classieux.

Virginia Astley

From Gardens where we feel secure

Écrit par
Sous une très jolie pochette toute champêtre, Virginia Astley propose un CD … très champêtre! Tout au long des neuf plages entièrement instrumentales, son piano égrène ses notes, souvent en boucles, dans la plus grande simplicité. La musique se promène donc entre minimalisme, new age, ambiant et comptines enfantines. Le clavier est parfois soutenu par une flûte papillonnante, une clarinette ou un xylophone. Et divers bruitages illustrent le propos : ici la cloche d'une église de village, là le chant d'oiseaux ou d'enfants, ou encore une vache, des moutons. Virginia semble avoir tout fait seule et précise dans les notes le lieu, la date et l'heure de captation des bruitages. Gageons que cet opus remplit pour elle une mission onirique ou lui restitue des sensations de son enfance. Me concernant, l'empathie a très vite cédé la place à la lassitude.

Kristofer Astrom

Loupita

Il y a trois ans Kristofer Astrom sortait un premier album solo : pas du rock-EMO dont il nous avait habitué en compagnie de son excellent groupe Fireside, mais du folk country crépusculaire, à écouter les tentures bien tirées sur nos rêves de grandeur. Une musique profil bas, mais dont la beauté sourde, quelque part, nous rassurait. Tout au long de " Loupita ", Astrom creuse le même sillon, mais cette fois-ci vraiment seul. Son backing band, Hidden Truck, étant trop occupé dans d’autres projets musicaux, c’est à l’arrache, avec sa guitare et son harmonica, que le songwriter suédois continue son bonhomme de chemin. Un chemin poussiéreux sentant bon l’Amérique de Palace et de Timesbold, qu’on foule en espérant se perdre. Astrom a donc enregistré ce disque. En quatre jours. Bénéficiant de la participation de l’inconnue Britta Persson, sur certains morceaux. Aux vocaux. Et à l’instar, d’un Nona Mez chez nous, on sent le couple parfait. L’amour, toujours : le meilleur remède à la mélancolie et au surplace. Kristofer Astrom l’a bien compris, et livre ici treize titres d’une élégance cajoleuse. Joli travail!

At The Close Of Every Day

The sound of someone watching me

Écrit par
Le 12 novembre 2003, At the Close of Every Day se produisait à l’AB de Bruxelles. Pour la circonstance, le trio avait reçu le concours de David Eugene Edwards, le leader de 16th Horsepower, à la guitare. Un set immortalisé sur ce CD ‘live’. 12 plages parmi lesquelles figurent la célèbre cover d’« Under the milky way » de Church, morceau qui leur avait permis de se faire connaître, et le titre maître de leur album studio, « Zalig zijn de armen van geest ». 12 fragments qui évoquent tour à tour American Music Club, Red House Painters, Songs : Ohia, Low ou encore Early Day Miners. 12 chansons subtiles et intenses, murmures sonores empreints de mélancolie, de fraîcheur et d’innocence. Et il faut reconnaître qu’au cœur de cette extase contemplative, Axel Kobboord, Minco Eggersman et Jan-Erik Stig épanchent toutes les facettes de leur sensibilité et de leur talent. Bien vite un deuxième album !

Melissa Auf Der Maur

Auf Der Maur

Tout le monde connaît Melissa Auf Der Maur : ex-bassiste de Hole, ex-bassiste des Smashing Pumpkins. Comme si son arrivée au sein des deux groupes avait précipité leur chute… Puis un groupe de reprises de… Black Sabbath, et enfin ce duo avec Sirkis, de bien triste mémoire. Pas terrible comme plan de carrière. Ne restait plus à la belle Canadienne que l’exercice solo pour vraiment nous convaincre : pas de bol, parce que dans le genre « gros riffs métallo-gothiques sans odeurs sous les bras (Rexona) », c’est plutôt râpé. Auf Der Maur (Melissa, ça fait un peu pute) avait pourtant appelé tous ces vieux potes à la rescousse : Matt Chamberlain et James Iha (ex-Smashing Pumpkins), Josh Homme, Mark Lanegan et Nick Oliveri (QOTSA, ou plutôt ex-), Chris Goss (Masters of Reality), Jeordie White (ex-Twiggy Ramirez, ex-Marilyn Manson). Cet album, en somme, c’est un peu le club des ex : on se mate un film à la téloche en bouffant des saucisses Zwan. De temps en temps, il y en a un qui trouve un riff bien couillu et c’est Melissa qu’est toute contente. Parfois elle râle parce qu’elle n’a pas envie de passer pour une copieuse alors tout le monde la laisse tranquille au piano (« Overpower Thee ») et elle braille comme une enfant gâtée. C’est pas bien, Melissa, de gémir comme ça. Allez reprends ta basse, et fais-nous un p’tit solo. Voilà, t’es contente ?

Austin Lace

Easy to cook

Écrit par
Le deuxième album d’Austin Lace n’est pas aussi facile à cuire qu’il n’y paraît. Et pour cause, ses influences sont tellement bien cachées qu’il est indispensable de gratter leur musique jusqu’à la moelle pour les déceler. Vous avez certainement déjà pu lire l’une ou l’autre critique émise à leur égard, du style ‘leur pop naïve, insouciante, sensuelle et charmante alimente des chansons allègres ou mélancoliques, rapides ou lentes, électro ou plutôt teintées de guitare’. Sympa, mais franchement, après avoir lu de telles banalités, bonjour la prise de tête pour déceler ce que contient réellement ce disque. D’autant que certains médias les ont comparés à Girls In Hawaii. N’importe quoi. Même si les deux formations accordent un soin tout particulier aux harmonies vocales et possèdent un sens inné de la mélodie contagieuse. Un art qu’ils doivent avoir assimilé en écoutant les Papas Fritas. Ce sont, d’ailleurs là leurs seuls points communs. Car la formation nivelloise évolue la plupart du temps sur un ton swing/jazz/cool. Parfois même bossa-nova (NDR : un des meilleurs fragments de l’elpee porte d’ailleurs ce titre !). Mais la coloration sonore est tellement subtile et délicate, qu’il faut prêter une oreille attentive pour s’en rendre compte. Début des eighties, Week-End et Everything But The Girl avait déjà exploré cette veine. Et si Austin Lace ne dispose pas d’une voix féminine du type Tracey Thorn, le falsetto de Fabrice concède certaines affinités avec le timbre de Ben Watt. N’empêche, pour bien noyer le poisson, Austin Lace a l’intelligence de nous entraîner vers des tas d’autres courants sonores. Funk d’abord. A l’instar de « Kill the bee » qui célèbre une rencontre entre Mercury Rev et Gomez. De « Bossa-nova », la meilleure plage de l’album, qui libère un groove rappelant le « Mellow gold » de Beck. Mais l’amplitude est telle que chaque écoute permet de nouvelles découvertes. « Say goodbye » lorgne ainsi du côté de Weezer, « To Ronald » s’achève par une envolée au violon que n’aurait pas renié Mud Flow ou encore « Your heart is a hook » étonne par sa violence maîtrisée. Mud Flow, Girls In Hawaii, Ghinzu, Showstar, Hollywood Porn Stars et puis maintenant Austin Lace, le rock wallon se porte plutôt bien. Et c’est une bonne nouvelle !