La manille pour bébé de Panic Shack

Fondé en 2018, Panic Shack eéunit Sarah Harvey, Meg Fretwell, Romi Lawrence, Em Smith et Nick Williams. La formation a décidé de défier l'atmosphère exclusive des scènes indie et punk dominée par les hommes. Sa musique est décrite comme explosive et…

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Ozark Henry connaît la musique Parker…

C'est vrai, l'attente a été terriblement longue ! « Us », son dernier album studio, date de 2017. Dans le monde éphémère de la musique pop, où les stars vont et viennent, c'est une éternité ! Mais il faut parfois savoir être patient, et en livrant « Light »,…

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Red Hot Chili Peppers

Mother´s milk

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Réédition du quatrième elpee de RHCP, toujours considéré, à ce jour, comme leur meilleur album. Le premier auquel participe le guitariste John Frusciante. Un opus qui recèle cinq bonus tracks dont deux covers inédites de Jimi Hendrix immortalisées 'live' (" Castles made of sand " et " Crosstown traffic "), un mix dub de " Higher ground ", la version longue de " Knock me down " ainsi que la démo de " Salute to Kareem. La reprise du " Higher ground " de Stevie Wonder est bien sûr un des titres phares de cet opus. Un fragment sculpté dans le métal funk qui va leur permettre de décrocher le premier grand succès. Pourtant les sessions d'enregistrement ne se passent pas trop bien. En fait la collaboration avec Michael Beinhorn tourne court, et le quatuor se retrouve avec quarante minutes de maquette sur les bras. Conséquence, la formation décide d'y ajouter " Fire ", une reprise de Jimi Hendrix qui figurait sur l'EP " Abbey road " ainsi que " Taste the pain ", morceau issu de la B.O. du film 'Say Anything'. Sur " Mother's milk " Anthony et Flea rendent à travers " Knock me down ", un vibrant hommage à feu Hillell Slovak. Parti rejoindre la nouvelle formation de Joe Strummer, Jack Irons est remplacé aux drums par Chad Smith. Un recrutement effectué après l'audition d'une trentaine de batteurs. Tous les morceaux qui figurent sur ce " Mother's milk " ont bien sûr été remasterisés.

Red Hot Chili Peppers

Red Hot Chili Peppers

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Réédition du tout premier elpee de RHCP, paru en 1984. Un album qui inclut cinq bonus tracks qui étaient toujours demeurés à l'état de démos. Soit " Get up and jump ", " Police helicopter ", " Out in LA ", " Green heaven " et " What is it (AKA Nina's song)". Jugé alors trop peu explosif, ce disque est alors tout naturellement passé inaperçu. On y retrouve bien le classique " True men don't kill coyotes " qui donnera le ton à ce qui va suivre ; mais en général les compositions manquent de pêche. En cause : la production un peu trop lisse d'Andy Gill. Ce qui peut paraître paradoxal, lorsqu'on sait qu'il était le guitariste de Gang Of Four. Côté line up, Anthony Kiedis et Flea sont alors assistés par Cliff Martinez (NDR : un ex batteur de Captain Beefheart) ainsi que du guitariste professionnel Jack Sherman. Ce dernier quittera la formation peu de temps après la sortie du disque. Toutes les plages de cet opus éponyme ont bien sûr été remasterisées.

Red Hot Chili Peppers

The uplift mofo party plan

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Réédition du troisième elpee de RHCP, paru en 1987. Un album qui comporte deux bonus tracks, " Behind the sun " et " Me & my friends ", deux démos jamais éditées à ce jour. La mise en forme est signée Michael Beinhorn, un personnage qui se forgera, par la suite, une fameuse carte de visite en travaillant pour Soundgarden, Hole et Korn. Le disque épingle une version métallique du " Subterranean homesick blues " de Bob Dylan, " Fight like a brave ", un morceau très proche de l'univers des Beastie Boys, un reggae (" Love trilogy "), un funk démoniaque (" Special secret song inside ") et bien sûr la version originale de " Me and my friends ", un fragment qui démontrait que Kiedis avait parfaitement assimilé le phrasé rap. Flea/Hillel/Irons/Slovak : les Peppers ont alors retrouvé leur line up originel. Pas pour longtemps, car le 27 juin 88, Hillel meurt d'une overdose d'héroïne ; alors que bouleversé, Jack Irons est interné suite à une dépression nerveuse. Un événement qui va remettre en question l'existence du groupe. Mais quelques semaines après ce drame, Anthony et Flea décident de poursuivre l'aventure. Un peu par thérapie. Anthony recrute alors un jeune guitariste de 18 ans, John Frusciante. Mais ici, c'est déjà une autre histoire. Tous les morceaux de cet " Uplift mofo party plan " ont bien sûr été remasterisés.

Red Snapper

Red Snapper

Red Snapper n'est plus, épuisé par des années de vaches maigres à tenter de faire se rencontrer jazz et électro, instruments live et machines ronronnantes. Malgré un succès critique, le groupe de Richard Thair et d'Ali Friend n'aura jamais rassemblé le public escompté, et leurs albums seront restés, faute de mieux, confidentiels. Pourtant, rarement un groupe catalogué Warp n'aura réussi telle fusion des genres, surtout sur leurs deux excellents albums d'il y a quelques années (1996 et 1998), le fondateur " Prince Blimey " (après un premier LP en demi-teinte) et le plus hip hop " Making Bones ". Ce nouvel album posthume commence d'ailleurs par un titre en forme de clin d'œil : " Regrettable ", comme l'est cette aventure trop vite écourtée. A l'écouter, on ne peut en effet qu'être déçu devant le manque de reconnaissance qui leur a coûté une (belle) carrière : c'est que " Regrettable " met les petits plats dans les grands, en convoquant tous les ingrédients qui faisait la marque de Red Snapper (cette ligne de basse, cet entrain funky, cette vision panoramique, du jazz au trip hop). Plus loin, le beat se fait plus soutenu (" Ultraviolet "), tandis qu'un remix d'" Hot Flush " par Andy Weatherall (Sabres of Paradise) nous fait le coup de l'hommage nostalgique. Mais Red Snapper n'aime pas trop les mises en bière académiques, et enchaîne avec deux autres nouveaux morceaux, l'un presque latino (" Odd Man Out "), l'autre plus narcotique (" The Quiet One "). En clôture, " 4 Dead Monks " et " The Tunnel " en live (de " Making Bones ") rappellent une dernière fois que Red Snapper était l'une des structures rythmiques les plus explosives du circuit électro-jazz-drum'n'bass, dont les secousses telluriques se font toujours ressentir aujourd'hui, de Cinematic Orchestra à Jagga Jazzist.

RedNose Distrikt

Iller Dan Je Ouders

De ce duo hollandais (Kid Sublime et Steven De Peven), on ne sait pas grand chose, faute d'avoir cherché sur le Net… " Quelle paresse ! ", s'exclameront peut-être nos plus virulents visiteurs, et ils n'auront pas tort. Qu'à cela ne tienne, il ne nous faut pas jouer les détectives pour décrire la musique de Rednose Distrik : dès le premier morceau de cette compile, on comprend vite qu'il s'agit de nu-jazz. Une basse rutilante, des beats lancinants, du groove aphrodisiaque, et cette dextérité instrumentale qui rappelle le meilleur de Cinematic Orchestra et de Jazzanova… Coup de bol, Rednose Distrikt fait partie de ces groupes hollandais, rares s'il en est, qui font de la bonne musique. " You got to make your move, if you want to groove ", invoque une certaine Lady Alma sur ce morceau d'ouverture (" Gotta Make A Move ") : y a pas à dire, cette musique de tripot jazzy met le feu au bas ventre. Même qu'à la fin du disque, le duo remet le couvert, avec un remix du même titre, par DJ Spinna himself. Entre les deux, ça swingue aussi pas mal, bien que trop de morceaux mid-tempo cassent l'ambiance en ralentissant la cadence. Car il faut bien le dire : quand le tempo se fait moins percutant, Rednose Distrikt ne convainc plus qu'à moitié. Du dance-floor au plumard, il n'y a souvent qu'un pas qu'on préférerait ne pas franchir. Mieux vaut donc écouter ce disque la main sur la touche " Forward " : le bras ainsi soumis à des crampes intolérables, il devient plus difficile de s'assoupir.

 

Req

Car Paint Scheme

Req, alias Damien Harris, est plus connu pour ses graffitis que pour sa musique. Et pour cause : ces morceaux à la texture minimaliste, basés sur quelques nuisances rythmiques, interférences ‘bruitistes’ et breakbeats squelettiques, ont bien de la peine à retenir l'attention. Mélange de dub aphone, d'abstract hip hop sans relief et d'électro neurasthénique, " Car Paint Scheme " laisse froid et perplexe. Du dub à la Pole, Req ne retient que la structure la plus élémentaire, sans parier sur la mélodie, pourtant primordiale pour accrocher quelque peu l'oreille. Comme si de cette voiture graffée (le titre) ne restait qu'une carcasse abandonnée en plein terrain vague, le moteur noyé et les pneus crevés. A mi course (" Style Mentorz "), Kid Acne vient pourtant prêter main forte à notre ami graffeur… Mais ce concours ne suffit guère pour sortir Req de l'ornière. Les morceaux qui suivent, plus funky, laissent espérer un démarrage tardif, mais la machine s'enlise pour de bon dans un cocktail de scratches et d'asian beats sans saveur (" Blimpot "). Le " graff " est une chose, la musique en est une autre. Mieux vaut pour Req qu'il retourne à ses bombes de couleurs.

 

Busta Rhymes

It Ain´t Safe No More…

Depuis " Extinction Level Event - The Final World Front " en 98, Busta Rhymes semblait en perte de vitesse : son précédent disque, " Genesis ", passa plutôt inaperçu, éclipsé par les productions roublardes et fantastiques d'un jeune blanc-bec avide de reconnaissance et de gloire. Mais Busta, heureusement, n'est pas des plus dociles : pas question pour lui de baisser pavillon face à l'envahisseur… Reclus dans ses studios, il préparait une nouvelle bombe hip hop à terrasser tous ses rivaux, le petit blanc peroxydé en tête. " It Ain't Safe No More… " sonne ainsi comme un avertissement : sortez couverts, Busta is back, et ça va faire mal. Pour gagner sa guerre, le rappeur s'est entouré des Neptunes (l'excellent " Call The Ambulance "), de son fidèle posse Flipmode Squad et de la greluche Mariah Carey, pour une fois supportable (" I Know What You Want ", hit en puissance, à la Jay-Z et Beyoncé). A ceux qui pourraient encore lui reprocher ses râles gutturaux, son débit mitrailleur et ses ululements de bête fauve, Busta répond par une étonnante retenue, qui n'est pourtant pas synonyme d'épuisement, ni d'adoucissement : plus en forme que jamais, Busta aligne les tubes, sans jamais s'essouffler. Ni nous ennuyer : " What Up " et ses synthés SF, " Take It Off Part 2 " et ses flûtes indiennes entêtantes (Truth Hurts meets Majesticons), l'énorme " Make It Clap " et sa carcasse de " claps " minimalistes, " Taste It " et son refrain implacable, " Hey Ladies " et son sample latino de Notorious BIG,… Excellent de bout en bout, " It Ain't Safe No More " déchire. Comme le dirait Busta : " Who-Ha " ! ! !

 

The Riplets

Rock n´ Roll Beat

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Avec pareil titre d'album, on se doute bien que ce nouveau groupe de donzelles hollandaises ne fait pas dans le cyber rock ou le trip hop metal façon The Gathering. Les Riplets partagent avec Mensen, L7 ou les oubliées Pandoras cette même passion pour les sonorités 'garage', les titres courts et déjantés, les rhytmiques basiques des Ramones et un sens aigü de la revendication féministe. A l'écoute de titres comme " Porn in the USA ", " Wanna be your Girl " et " Sick of You ", nul doute que les trois complices ont des comptes à rendre avec le monde des mecs. Non contentes de se gausser des Beatles et des Stones dans les crédits de l'album, Janneke, L.A. Sun et Valesca poussent le bouchon encore plus loin en attaquant de front des groupes machistes de rap ou de néo metal ricains dans la chanson évocatrice " Porn in the USA ". 'Korn, Blink 182, Blood Hound Gang, fuck you !' : le message a le mérite d'être clair. Là ou la plupart des groupes originaires des Pays-Bas développent une musique ambitieuse, aérienne et aux parfums gothiques, leurs collègues contestatrices versent en effet dans une musique des plus primaires, mais diablement réjouissante, ressuscitant le punk dans ce qu'il a de plus underground, le rock à dix balles qui invite à tout sauf à se prendre la tête. Rien de vraiment neuf sous le soleil, juste une bonne dose de fun et d'énergie à consommer immédiatement : 'one, two, three, four... Let's go !'

Rise Against

Revolutions per minute

Écrit par

Fondé en 1973 en Australie, cet ensemble australien a déjà vendu, à ce jour, près de 80 millions d'albums. Une paille ! Avec ses hauts (album classé n°1 aux states) et ses bas (excès en tous genres, réputation sulfureuse et tragique changement de chanteur), son parcours est exemplaire. Désireux de casser son image, le band met de côté l'uniforme d'écolier du guitariste, la casquette du chanteur et coupe les franges des tignasses. But avoué : rajeunir son image. Relookage poursuivi sur le choix d'un label punk-rock (c'est jeune, ça !) et ralliement à la cause de Belgique/France Loisirs : la sélection du mois (Noam Chomsky, Ray Bradbury, George Orwell, etc.). Pour définitivement brouiller les pistes, on change aussi de nom, définitivement trop tapette (AC/DC, autrement dit à voile et à vapeur). Mais aussi inscription au Warped. Histoire de se dérouiller les articulations et d'en mettre plein la vue aux jeunots. Transformation radicale réussie, retour à l'anonymat garanti. Il est des groupes qu'on préférerait ne jamais voir vieillir.

RJD2

The Horror

Sorti l'année dernière, " Dead Ringer ", le premier album de RJD2, est une bombe de hip hop instrumental, à ranger soigneusement entre l'" Endtroducing " de DJ Shadow, le " Funcrusher " de Company Flow et l'intégrale de Stevie Wonder et de Shuggie Otis. En attendant la suite, on peut toujours se rabattre sur cet EP constitué d'inédits, de remixes et de versions instrumentales des déjà classiques " Final Frontier ", " Good Times Roll pt.1 " et " June ". Evidemment, ce genre d'opération marketing n'est vraiment intéressant que pour le tiroir-caisse du label, et pour les retardataires qui n'auraient pas encore découvert l'album original du pote à El-P. A ceux-là, on ne peut que conseiller l'écoute de " Dead Ringer ", un condensé fantastique de rap, de funk, de folk et d'électro. Pour les autres, " The Horror " peut toujours s'apprécier à la va-vite, comme sympathique bonus (également au menu : un cd-rom de lives, de clips et de making of) à l'un des meilleurs albums hip hop de 2002.

Alasdair Roberts

Farewell Sorrow

La lande écossaise, au XVIIIe siècle : un barde mélancolique traîne ses savates de châteaux en villages, troquant quelques chansons (de Roland ?) contre de la bonne pitance. L'estomac souvent vide et le cœur écorché, il brave vents et tempêtes pour répandre la bonne parole, sa seule compagne étant une vieille guimbarde taillée dans le bois le plus coriace. Son public : de vieilles sorcières, quelques enfants, parfois une jolie dame. Pour ces spectateurs à l'attention fragile, notre homme chante des histoires d'amour, de vengeance et de voyage. Parfois, il dédie une de ses chansons aux (rares) filles qui le regardent : " Come, My Darling Polly ", dans laquelle il parle de chasteté, de luxure et de vin rouge. De ses passages au Sussex et dans l'Ulster, il rapporte des airs, qu'il arrange à sa manière (" Join Our Lusty Chorus ", " Carousing "). De temps en temps, il rencontre sur la route d'autres musiciens, eux aussi en quête d'un gîte ou, tout simplement, d'une oreille attentive : accordéonistes, flûtistes, violonistes, tous partagent le même espoir - celui de voir leur musique et leur art traverser les siècles, intacts. 2003 : Alasdair Roberts (Appendix Out) sort un deuxième album solo chez Rough Trade. Avec sa voix chevrotante à la Will Oldham et son goût pour les vieilles scies du Moyen Age, le chanteur passe un peu pour un type à la masse, à côté duquel David Eugene Edwards (16 Horsepower) et David Tibet (Current 93) seraient des enfants de chœur. Cette inclinaison pour l'écriture séculaire (qui parle encore de " ceinture de chasteté " aujourd'hui ?), les arrangements traditionnels (ne manque plus que la viole de gambe) et les ambiances médiévales risquent d'en laisser plus d'un perplexes. Pourtant, ces 12 chansons sont magnifiques, parce que hors normes, hors modes. La lande écossaise, au XXIe siècle : un doux rêveur traîne ses savates de clubs en festivals, troquant quelques chansons contre un peu d'attention. Comme ses ancêtres, il espère les garder intactes, les préserver de cette époque consumériste qui ne donne aucune chance aux musiques trop singulières. Comme pour ses ancêtres, le temps, sans doute, lui donnera raison.

 

Duke Robillard

Exalted lover

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Duke Robillard a entamé sa carrière en 1967. Au sein du Roomful of Blues. Après avoir commis deux albums en compagnie du big band et deux autres du Legendary Blues Band, il s'est lancé dans une carrière personnelle, flanqué des Pleasured Kings. Sous cette formule, il va commettre la bagatelle de sept elpees. Entre 84 et 92. Sur le label Rounder. Et pour Pointblank et Stony Plain, il en a aligné une dizaine. Sans compter les collaborations qu'il a concédées pour Johnny Adams, Ruth Brown, Jimmy Witherspoon, ainsi que pour le Kim Wilson Band et les Fabulous Thunderbirds. Ce qui explique, sans doute, pourquoi il a collectionné les distinctions. Et en particulier, au cours des dernières années.

Pour enregistrer, " Exalted lover ", il s'est entouré de son band habituel : Jesse Williams à la basse, Mark Teixeira à la batterie, Matt McCabe au piano et Doug James au sax ténor ainsi qu'au baryton.

Duke ouvre les hostilités par "Real live wire". Quelle mouche l'a donc piqué, pour faire preuve d'une telle vivacité ? La rythmique est très nerveuse. Matt McCabe virevolte au piano. Les guitares en re-recording ont la pêche. Duke nous réserve son blues lent : "Deep inside". Le piano répond aux courtes phrases vocales qu'il balance de sa voix chaude et puissante. Edifié par Doug James, son ami de toujours, le mur de cuivres murmure doucement, pendant que les cordes s'éclatent avec bonheur et frémissement. Le Robillard a le don de varier son répertoire. "Love made a liar out of me" en est une belle illustration. Une petite perle country qui semble sortir tout droit de Nashville. Il y manifeste une telle richesse, une telle diversité dans son jeu ! Plage intimiste, "Exalted lover" réconforte par ses paroles chaleureuses. Des mots prononcés dans la langue de Voltaire, par une maîtresse visiblement satisfaite, face à la trompette de Scott Aruna. Duke joue du dobro électrique tout au long de "Tore up". Un R&B qui se traîne sur tempo paresseux. La trompette d'Aruna pointe à nouveau le bout du nez, pendant que McCabe puise son inspiration dans la Nouvelle Orléans. De son timbre de crooner, il chante "I'll never be free". Dans un style cabaret. Mais en échangeant un duo avec la chanteuse de country, Pam Tills. Steve Burk est au piano pour interpréter "Down home country girl". Un R&B enlevé au cours duquel l'arrivée de Sax Gordon au sax ténor et de l'ami Carl Quefurth au trombone sonne le rassemblement des cuivres. Il invite Miss Debbie Davies à chanter "How long has it been". Mais elle est également venue donner la réplique à la guitare. L'album s'achève par le désuet "Travelin' mood". Les rythmes sont à la fête ; mais Duke y manifeste son évidente soif de voyager dans les états du Sud.

 

Pete Rodriguez

El Rey del Boogaloo

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Connaissez-vous le latin boogaloo ? A l'instar du ska ou du rock steady pour le reggae, le latin boogaloo se situe à l'origine de la musique latino. C'est donc un délice d'écouter ou de redécouvrir un enregistrement de Pete Rodriguez. D'abord parce que si les morceaux se ressemblent tous un peu, la musique est tellement allègre que le sentiment répétitif passe vraiment inaperçu. Certains trouveront l'ensemble un peu vieillot, mais franchement, quelle importance ! Parce que justement, l'ensemble possède un charme fou, et sans doute touchons-nous là au plus près de l'ambiance cubaine. La légèreté d'une telle musique a vraiment du bon dans une société parfois brutale. Ne cherchons pas les défauts de ces morceaux. Délectons-nous de ces rythmes qui parfois s'adoucissent pour reprendre de plus belle sur des cuivres énervés. Ce sont aussi parfois de très jolis solos jazz au piano qui interviennent sur un fond de percussions. Si l'impression de légèreté est due à la mélodie, la complexité instrumentale et rythmique qui règne sur ces morceaux, fait de Pete Rodriguez un musicien passé maître es boogaloo. Comment résister aux chœurs de Micaela, qui font sourire, tant les voix semblent sorties d'un autre temps. Voilà un album à écouter d'urgence en cas de déprime. Il s'agit d'un ensoleillement qui aura raison de votre humeur maussade !

Roomful Of Blues

That´s right!

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Bruce Iglauer est un gars très futé. En signant le big blues band de Rhode Island, il a manifestement fait une bonne affaire. Louée pour sa section de cuivres, cette formation célèbre ses 35 ans d'existence. Un réel exploit ! Bien sûr, il ne doit pas rester grand monde du band des débuts. Chris Vachon a succédé à des étoiles de la six cordes : Duke Robillard et Ronnie Earl. Guitariste et leader actuel, il peut cependant toujours compter sur la présence Rich Lataille aux saxes et de Bob Enos à la trompette. Les autres sont tous des nouveaux venus dans la formation : Jason Corbiere aux drums, Brad Hallen à la basse (il jouait pour Susan Tedeshi), Mark Stevens au piano et à l'orgue (il a épaulé Kim Wilson, James Harman et Jerry Portnoy), ainsi que Mark Easley aux saxes (ténor et baryton).

La plage générique ouvre le feu. Et quel feu ! Swing de tous les instants, cette plage libère déjà les solistes, en particulier l'alto du vétéran Rich Lataille. La guitare de Vachon introduit "We can't make it" (de BB King), à la manière de T-Bone Walker. La voix de Mark Dufresne surprend, mais elle est d'une rare efficacité. Cet harmoniciste du Nord-ouest des USA est à coup sûr la principale révélation de cet album. "Shame shame shame" est imprimé sur un tempo infernal, très boogie New Orleans. Enos crache le feu dans sa trompette. Mark Dufresne s'est à peine effacé que le piano tonitruant de Stevens libère le sax ténor. La fête peut commencer ! "How long will it last?" est un de ces blues fin de soirée, à ne pas décrocher sa partenaire. Marc chante comme un Dieu. Les cordes de Chris hurlent de bonheur. Les ivoires de Mark frétillent. C'est l'extase ! Vachon n'a vraiment pas à rougir devant la réputation de ses illustres prédécesseurs. Il est impérial sur ce blues lent. "You're driving me crazy" baigne dans un swing jazz blues qui faisait le bonheur des foules à la fin des années 40. Popularisée par Big Maybelle, "Ocean tears" est une plage familière. Elle convient à merveille au répertoire du ROB. Le retour de l'harmo comme instrument solo, disparu depuis Sugar Ray Norcia, se salue avec bonheur. Le terrain lui est aussi laissé libre sur "Tennessee woman". La forme instrumentale de "2 Point 8" sert de prétexte aux saxophonistes pour pouvoir guerroyer sur leur terrain de prédilection. Le swing demeure pour "I know your wig is gone". Vachon en profite pour étaler son carnet de route dédié à T-Bone. Le blues des bayous louisianais est un style qui a toujours collé à ROB. Avec une approche très Guitar Slim. A l'instar d'"I'll keep on trying" d'Eddie Bo. Les musiciens nous entraînent dans la danse tout au long de l'irrésistible "Lipstick, powder and paint". Dufresne peut shouter ses vocaux sur "I'm tryin'", un excellent blues signé Little Milton. Le blues est décidément à l'honneur sur ce nouvel album. En fin de parcours, Mark chante un très heureux "I just got to know". Sur cette cover de Jimmy McCracklin, Vachon se montre insatiable et intenable devant le front des cuivres. Un très grand moment ! Ce 17ème album s'achève par la reprise du "Stranger blues" d'Elmore James. Les cordes de Vachon émettent un son pourri, très métallique. Le chant de Marc est furieux. Rien n'est sage au cœur de cette tranche de blues à coupée vif. Les derniers accents sont lugubres. Une bien belle fête!

 

David Rotundo

Blues ignited

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Ce chanteur/harmoniciste canadien s'est converti au blues après avoir découvert James Cotton sur scène. Il va acquérir son expérience en accomplissant divers séjours aux USA : New Orleans, Clarksdale, Austin, Memphis et Chicago. Un périple qui va payer ! Les oreilles comblées des principes institués par les maîtres, Sonny Boy Williamson, Little Walter, George Smith, il fonde ses Blue Canadians. En 1996. Mais son premier elpee ne paraît qu'en 2001 : "Blown for broke". Une œuvre qui lui permet d'être élu meilleur nouvel artiste canadien, l'année suivante.

Mais venons en à ce " Blues ignited ". La mise à feu débute par "Stranger". Un fragment imprégné de Chicago Westside. Le spectre de Magic Sam me traverse l'esprit. L'attaque opérée par la rythmique de l'invité italien, Enrico Crivellaro, est vive e saignante, mais surtout immédiatement reconnaissable. Il est en forme…éblouissante ! A l'origine très influencé par Ronnie Earl, notre Transalpin s'est aguerri pour se forger un style très personnel. Rotundo est un excellent harmoniciste. Il possède un souffle puissant, utilise sa capacité pulmonaire au maximum. Des dispositions qui promettent ! Il enchaîne d'ailleurs par "Talk to me ". Les accents très aigus extraits de son instrument évoluent dans un registre très proche de Jimmy Reed. La guitare ne distille que les notes nécessaires. La section rythmique épouse la démarche traînarde des swamps de la Louisiane. David saisit son instrument chromatique pour le jump blues bien nerveux "I want to get lucky". Un exercice de West Coast blues qui s'inscrit dans la lignée d'un de ses maîtres, William Clarke. Il chante "Worries & troubles", d'une voix tellement proche de Rod Piazza. Mr Rotundo choisit bien ses précepteurs ! Plus que probablement exécutée par Crivellaro, la partie de guitare est purement et simplement géniale. Il fait ici pratiquement jeu égal avec les maîtres californiens du genre. Impressionnant ! Plein feu sur Chicago pour "Wiggle a little boogie". Un shuffle qui aurait pu être signé par Jimmy Rogers. Slow blues bien senti, "Can I come in your kitchen" autorise une nouvelle sortie de guitare parfaitement ciselée. La rencontre entre Rotundo et Crivellaro a débouché sur une envie de travailler en étroite collaboration. Il en résulte deux plages instrumentales : "Let's have a good time" et le très T-Bone "The sway". "Sellout or starve" est bien plus proche d'un shuffle texan. Un fragment qui met bien en évidence la section rythmique : Shane Scott à la basse et Greg Cooper à la batterie, pendant que le piano de Julian Fauth sautille d'aisance. "Lonely nights" est un blues long et lent, qu'on pourrait qualifier de fin de soirée. A l'écoute de cette composition, le légendaire George "Harmonica" Smith me vient tout de suite à l'esprit. La démarche est identique. Minimaliste, l'harmonica chromatique est projeté à l'avant-plan. Les six cordes sont bien mises en évidence sur le Chicago blues rythmé "Drinking overtime". Nous venons de passer dans l'univers musical de Sonny Boy Williamson. David l'a bien compris et s'autorise une sortie exubérante sans le moindre faux pas. Rotundo joue dans un registre très proche de Rod Piazza sur le titre maître. Un instrumental détonnant ! Nous restons à Los Angeles pour aborder "Ball & chain". La dernière occasion pour Enrico de se mettre en valeur ! "I've got to move" ponctue l'opus. David y est épaulé par l'ami canadien Jack DeKeyzer, un des maîtres locaux de la guitare dans le domaine du blues. Cet excellent disque nous entraîne quelque part entre la Californie et Chicago. Ce qui n'est guère étonnant aujourd'hui, lorsqu'on sait que le niveau instrumental est de très bonne qualité. Le blues canadien pète décidément de santé !

 

Royal City

Alone at the Microphone

Au Canada, on chasse l'élan et le phoque pour en faire des sacs à main et des moufles. Mais il existe encore des gens qui chérissent la nature et lui rendent hommage. En chansons, par exemple. Chez Royal City (un quatuor de Toronto), on retrouve sans doute des membres de WWF ou de Greenpeace, tant la musique qu'on y entend reflète un état d'âme 100 % écolo : ce chant détaché et serein, ces instruments en bois, ces ambiances de feu de camp, … Y a pas à dire : cette country-pop aérienne a fait amie-amie avec Dame Nature. D'entrée, " Bad Luck " nous met la pêche (au saumon ?) : pas question ici de malchance, puisqu'on fredonne déjà cette mélodie sympa, entre Wilco et St Thomas. Puis c'est le banjo (" Under a Hollow Tree ") et l'harmonica (" My Brother is the Meatman ") qui se joignent à la fête, comme si Neil Young et Bobby Bare Jr jouaient à cache-cache avec Will Oldham dans les bois de sapin du Grand Nord. Le morceau suivant, " Spacy Basement ", dévale les terrains lisses de la pop marshmallow à dos de caribou… Yahoo ! ! ! Voilà une chanson entraînante (traîneau ?) qui vous met de bonne humeur ! L'ambiance se calme ensuite et laisse la place à quelques titres plus sombres : c'est l'hiver, les ours hibernent, les bûches crépitent dans la cheminée. Dans le poste radio, ce lent mais chaleureux (à la Songs : Ohia) " Rum Tobacco " nous précipite dans un sommeil réparateur. Un piano égrène alors quelques notes de berceuse (" And Miriam Took a Timbrel in her Hand "), mais il est passé minuit : tout le monde dort. A l'extérieur, les loups hurlent à la lune, affamés et grelottants. La nuit est noire, la neige est tenace. Mais sous l'édredon, l'homme fait de beaux rêves, en musique. Grâce à Royal City, son hiver passera plus vite.

RPWL

Stock

Écrit par

Troisième Cd pour ce combo allemand né des cendres de l'excellent mais éphémère Violet District. Un opus qui marche sur les traces de ses deux prédécesseurs, donc sur celles du grand Pink Floyd. Avec conviction, respect, passion et efficacité. Contrairement à 'Trying to kiss the Sun', commis en 2002, 'Stock' semble cependant se moquer éperdument du formatage FM et de toute autre forme de concession. Outre la (brillante) reprise de 'Opel', une composition écrite par Syd Barrett, RPWL semble ici être parvenu à restituer 'l'esprit' floydien, sans toutefois que l'on puisse établir la moindre relation directe entre l'une des plages et sa 'source' dans le répertoire de son aîné. Les amateurs de musique à la fois psychédélique et planante seront ravis par cet album recelant quelques perles. Les mélodies sont superbes et les arrangements somptueux. Les musiciens ont un souci croissant du détail et leur interprétation gagne en finesse à chaque album. La voix de Yogi Lang est un pur bonheur et la production est tout simplement magique. Gage de qualité: le CD s'écoute volontiers d'une traite. Si vous êtes en deuil du Floyd, il n'y a donc pas lieu d'hésiter: RPWL se montre tout à fait digne de son maître. Et si ce n'est pas votre cas, intéressez-vous à cet opus pour ce qu'il est, à savoir un bien bel album de Progressif mélodique, accessible et attachant. Les plus rapides bénéficieront de l'édition limitée ; c'est à dire la version SURROUND 5.1 en cadeau. Et dans ce cas-ci, ce n'est vraiment pas un gadget!

 

Olivia Ruiz

J´aime pas l´amour

Ce n'est pas notre genre de parler de la Star Ac', surtout en bien. A vrai dire, on se fout un peu de ces pauvres gamins transformés en bêtes de foire du show business FM : n'avaient qu'à pas s'inscrire à tout ce cirque en croyant naïvement devenir de vrais artistes. La plupart, c'est une certitude, ne sont pas bien malins. Leurs disques, heureusement, sont vite oubliés par le public lambda, une fois la saison finie et de nouveaux cobayes enfermés dans le château. Olivia, par exemple. Qui se souvient encore d'elle ? Une petite brune mignonne, qui sortait avec le pseudo-cultureux de la bande, Fabrice (si, si, souvenez-vous), le type avec ses cheveux savamment coiffés en pétard et qui aujourd'hui, faute de savoir chanter, se retrouve figurant dans ‘Sous le soleil’… Olivia, donc. Eh bien ! Olivia, Ruiz de son nom (parce que ces gens ont des vrais noms), pourrait bien mettre à sac tous nos préjugés de mélomanes avertis avec cet EP, euh, hum,… fort bien fait. La Star Ac' ne serait donc pas qu'une infâme machine à fric suçant le sang de jeunes fans de karaoké prêts à tout pour passer chez Arthur. Elle cachait bien son jeu, la garce. Olivia. Peut-être qu'après tout, elle n'était pas si bête. Parce qu'il faut bien dire que ces 5 chansons plaisent, même si derrière tout ça se cache sans doute un marketing hyper balèze, réfléchi des mois durant par une armada de consultants d'Universal, payés des milliards pour faire de cette gentille fille la ‘parfaite antithèse de Jennifer : rock, saltimbanque, au parfum suranné à la Piaf, bref un truc chiadé pour redorer le blason de la téléréalité, parce que jusqu'ici on s'en est trop pris plein la gueule’. Ouaip, Olivia : une gentille fille, au look et au répertoire singulier par rapport à ses potes (‘Mais pas trop non plus, faudrait pas choquer le bourgeois’). Une survivante. Epaulée ici par Weepers Circus, Juliette (Victoires de la Musique 97), Chet et le tandem Iso/Mitch, metteurs en son du dernier Rita Mitsouko. Justement, ces 5 titres sonnent un peu comme du Rita, en plus lisse, en plus vulgarisé. De l'accordéon, du tuba, de la clarinette, voire du theremin : dès " Qui sommes-nous ? ", le cadre est installé - ça se veut jazzy, cabaret, années 30/40… ‘Il faut faire voyager la ménagère de 60 ans, lui rappeler sa jeunesse ! Et puis regarde, la Bruni, elle a bien vendu 800.000 albums avec trois fois rien, mais c'est son univers, mon vieux, son univers, qui plaît à l'acheteur de disques ! Voilà les clés du succès : un son original, bien huilé mais pas trop ; un son que le fan de Nolwenn n'a pas l'habitude d'entendre !’. D'où la fanfare à l'ancienne (" Le Tango du Qui "), l'atmosphère à la Dietrich et tout le toutim. De toute façon, Olivia se fout bien du quand dira-t-on, elle est ‘sortie grandie de ce conte’, elle ‘a sauvé son âme’, elle ‘s'est enfuie de la fable’ (" Petite Fable "). C'est vrai ma chérie, et comme tu le chantes si bien sur ‘Le Tango du Qui’ : ‘Quel beau métier, la vie d'artiste’…

Quasi

Hot Shit

Sûr que Quasi ne va pas révolutionner le monde de la pop : ses mélodies un peu branques, sans cesse sur le point de se prendre une gamelle, n'ont pas l'ambition de devenir de gros tubes à siffloter sous la douche. Encore faudrait-il parvenir à les chantonner, tant leur structure part en couilles au moindre semblant de couplet-refrain… A cet égard, Quasi porte bien son nom : c'est quasi de la pop, mais c'est trop désaccordé pour concourir à ce genre d'étiquette. Et quand on entend la voix de Sam Coomes, c'est quasi comme si on se trouvait à côté de Wayne Coyne… Quasi : les Flaming Lips du pauvre ? " Seven Years Gone ", " White Devil Dreams " et " Lullaby Pt.2 " en donnent l'impression fugace. Cet univers dissonant mais sympathique, ces mélodies mineures mais sincères, ces instrumentations foireuses mais généreuses : voilà ce qui rapproche Quasi de la joyeuse bande à Wayne. Quasi. Parce qu'évidemment, Quasi restera toujours un groupe de série B, alors que les Flaming Lips, malgré leur attirail de série Z (costumes, peluches et confettis), font aujourd'hui partie de la cour des grands. Quasi, à côté, c'est un peu du pipeau. C'est chouette, mais sans conséquences. Genre Quasi-Modo de la pop indie. D'accord, c'est un peu méchant de l'écrire… Enfin… Quasi.

Quark

Sombre extase

‘Je ne suis pas indispensable, je serai même compensable’, susurre Qvoice en fin de ce disque aux allures fin de siècle : chez Quark les mots (maux) cinglent et les guitares éructent. C'est la bérézina des bons sentiments, la chasse aux clichés romantiques. Quark ne ‘se sent pas prêt pour ce monde parfait’ (" Perfect World ") : à la dérive d'une pop française qui porte aux nues Kyo et Superbus, ce trio volubile ne mâche pas sa colère. " Noir, c'est noir ", comme gueulerait Johnny ; sauf qu'ici on crache dans toute cette soupe, puis on renverse le tout par terre, dans un accès de rage. " Sombre extase " se fiche de la pop music : son Dada, c'est la poésie maudite, le commentaire situ, le slogan rebelle. On n'est pas là pour s'amuser : plutôt pour constater l'effondrement du monde, la perte des valeurs, le vide des émotions. Pas commode… Et pourtant : cette musique, tendue comme un fil à couper le beurre (et l'argent du beurre), est loin d'être barbante ou trop blessante (on n'est pas chez Programme). Au contraire : il y a du rythme, des refrains à murmurer (cette basse à la Simon Gallup sur la chanson titre), des boîtes à rythmes disloquées, (" Complainte du Monstre "), du dub (" Disco Sono "), des murs de bruits (" Jerry "), des empreintes world (les chœurs de " La Chute "). La musique verbeuse, nerveuse et chercheuse de Quark s'apprécie comme un bon livre : sur la longueur, avec patience… Dans le glossaire, on retrouvera sans doute des références à Gomm, Daniel Darc, Autour de Lucie, Holden… Mais c'est au sommaire qu'il faut coincer son marque-page, parce qu'à chaque écoute, c'est une nouvelle énigme. Quark ne se dévoile qu'en filigranes : à vous de creuser et d'y trouver (ré)confort. Le bonheur (auditif) est à ce prix.

 

Pleasure Forever

Alter

De leur premier disque éponyme sorti l'année passée, on avait dit qu'il fleurait bon cette " odeur de décadence mêlée de suavité " que l'on retrouvait dans les cabarets des années trente et à la fin des années soixante, comme du " Kurt Weill mâtiné de Doors avec les Bad Seeds en backing band ". Pour ce deuxième album, rien n'a changé ou presque : l'ambiance est encore plus tamisée… Plus lourde aussi : les Bad Seeds ont été jetés dehors par les brutes de Black Sabbath, et Jim Morrison tient une sale biture. Andrew Rothbard (le chanteur) s'en serait lui aussi pris sur la gueule qu'on ne s'étonnerait pas : du début à la fin, sa voix reste noyée sous une chape de reverbs, comme filtrée à travers un syphon d'évier de cuisine… La gueule de bois ! Pour le reste, c'est toujours ce rock psyché un peu garage (les riffs acérés de " White Mare ", " Draws on 8 ", " This is the Zodiac Speaking ", " Axis Exalt "), un peu boogie (le piano et l'harmonium, omniprésents), un peu répétitif. Le retour de l'acid rock n'est pas loin : après The Warlocks, BRMC et The Polyphonic Spree, Pleasure Forever pourrait bien ramener le Summer of Love dans nos chaumières, et faire péter les tympans de grand-mère… En plus, ils sont la 666ème sortie du label Sub Pop : ça ne s'invente pas. Allez, ressortez vos pattes d'eph', et roulez jeunesse (ou plutôt vieillesse) !