Tout est fini pour Sprints…

Le groupe de Dublin, Sprints, sortira son deuxième album, « All That Is Over », le 26 septembre. Bien reçu par la critique, son premier long playing, « Letter To Self » (2024), a marqué le groupe comme une force majeure dans le paysage alternatif et a été…

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La couleur intérieure de The Intemperate Sons…

The Intemperate Sons a fait irruption sur la scène rock alternative de Dallas (Texas), à l'été 2019, se distinguant immédiatement par un son mêlant riffs de guitare brûlants, mélodies obsédantes et profondeur émotionnelle brute. En 2021, son talent…

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DJ Vadim

USSR : The Art of Listening

Déjà le troisième album de la série " USSR " (après " USSR Repertoire " et " USSR : Life from the Other Side "), et pourtant DJ Vadim, côté inspiration, ne baisse pas la garde : loin de déposer les armes (samplers, beats triturés, éloge des bruits), le Russo-Anglais continue à explorer les coins les moins exposés du hip hop anglais, de toute façon quasi moribond. Son objectif : détourner instruments, voix et flow dans un but d'expérimentation, jouer avec le feu du hip hop, lui faire subir les pires outrages pour lui donner une nouvelle jeunesse. Exemple : ce " Revelations Well Expounded " plutôt bizarre, sorte de jazz-rap mutant où s'entremêlent bruits de succion, trompettes, " human beatbox " et sifflets-sucettes (en vente dans toutes les bonnes confiseries). Intéressant comme essai, plus pénible à l'écoute. Mais l'artiste-sampleur sait se faire également plus attractif, en proposant un hip hop revêche mais plus évident, quoique toujours en marge (" It's On ", " Combustible ", avec Gift of Gab de la nébuleuse Quannum). Et lorsqu'il invite la chanteuse Yarah Bravo (hybride d'Erykah Badu et d'Ursula Rucker) sur deux morceaux chauds comme la braise, DJ Vadim se la joue même grand séducteur… mais séducteur retors, faisant claquer son fouet pour que la dame se plie à ses bidouillages (la voix, utilisée comme un instrument). On l'entend, Vadim n'hésite pas à chambarder toutes les bienséances en vigueur dans le milieu, en fin de compte très conservateur, du rap anglophone. Un peu de finesse (et de non sens) dans un monde de brutes, ça fait du bien. Comme le disent TTC, invités d'honneur de ce disque fou, tout est dans " L'Art d'Ecouter ". Les oreilles vierges de préjugés. " Et si le rap est un sport, [DJ Vadim] est médaille d'or ".

Snoop Dogg

Paid Tha Cost To Be Da Boss

Le rap West Coast et son mélange de funk, de " bitches " et de flingues n'a plus trop la cote aujourd'hui. La violence clippée, c'est dépassé : voyez 2Pac et Notorious BIG, au cimetière, et Suge Knight, de nouveau en taule. Heureusement, les survivants du gangsta rap s'avèrent de futés businessmen… Prenez Snoop Doggy Dogg, rebaptisé Big Snoop Boss : alors que ses derniers albums furent des flops retentissants, voilà que l'ex-protégé de Dr. Dre se lance dans l'industrie du porno. Bingo : son DVD se vend à 150.000 exemplaires. Pas mal pour du cochon ! Le Snoop possède également sa propre ligne de vêtements, un label (" Doggystyle ") et même sa figurine Mattel (" Snoop Dogg Action Figures ") ! Mais aujourd'hui, il revient à la musique, avec un sixième album, sans doute son meilleur depuis " Doggystyle ", il y a… dix ans. Et comme Snoop a le sens des affaires, pas question de retomber dans les travers gangsta, plus très " aware " : cet album sonne ainsi comme un " Doggystyle " bis, mais version 2002. Autrement dit : chansons produites pas les Neptunes, DJ Premier, Hi-Tek et Jelly Roll, virages r'n'b (" I believe in you ", une chanson… d'amour !), featurings cotés en bourse (Jay-Z, Ludacris, Redman,…). A voir le titre, Snoop aurait " payé son dû pour être le boss " : finies les entourloupes, exit Dre, le rappeur à la voix nasillarde s'est débrouillé, cette fois-ci, tout seul (ou presque…). Les références G-Funk n'ont tout de même pas été balayées de son répertoire : " Suites N Booted " ou " Stoplight " (Parliament samplé, comme d'hab') en sont la preuve incontestable. Le reste se révèle d'une variété étonnante : soul à la Barry White (" Ballin' "), rap frétillant (" From Tha Chuuuch To Da Palace ", " You Got What I Want "), hommages old school à ses maîtres (" Paper'd Up ", reprise du " Paid in Full " d'Eric B et Rakim, " The One and Only " et ses samples de NWA, Ice-T et Ice Cube), ce " Paid Tha Cost… " dévoile les facettes multiples d'un Snoop Dogg requinqué, toujours prêt à défendre son image de " Boss " du hip hop. Devant tant de maîtrise et de talent, les autres prétendants au trône n'ont qu'à bien se tenir. Avis aux amateurs.

Julie Doiron / Okkervil River

Julie Doiron / Okkervil River

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Julie Doiron est une femme d'intérieur : pour ce split-cd avec les Texans d'Okkervil River, elle a enregistré 5 chansons chez elle, à l'aide d'un minidisc, seule avec sa guitare et ses vieux démons. Elle y parle d'amour, de son mari, de ses enfants, de la neige qui tombe dehors… Finies les guitares crépitantes de son ancien groupe Eric's Trip : autour d'elle, juste le silence d'une matinée hivernale, et le souffle de sa famille qui dort. Lo-fi sans être malingres, les chansons intimistes de la Canadienne touchent presque au mystique, tant on y ressent un (aban)don de soi d'une simplicité désarmante. Ni pessimiste comme Chan Marshall, ni hystérique comme Scout Niblett, Julie Doiron nous émeut, et son folk nous apaise. Lui reprocher son minimalisme serait déplacé. Parce que la songwriter nous donne le maximum d'elle-même, sans fausse pudeur. Idem pour ses copains d'Okkervil River, qui alternent sauvagement country déglinguée et pop déchaînée, en y réservant parfois des envolées rock et soul qui les rapprochent de leurs cousins Lambchop, Sparklehorse et Songs : Ohia. Rarement l'équilibre des forces (Mal/Bien, déprime/délivrance, obscurité/lumière) n'aura été si savamment interprété, et avec une grâce qui elle aussi touche presque au sublime. Merde, que c'est beau… Un truc pareil vous arracherait presque une larme.

 

Peter Dolving

Bad blood

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Avant de fonder son groupe, Peter Dolving a sévi successivement chez Haunted et Mary Beats Jane, deux formations suédoises de métal pour lesquelles il s'impliquait beaucoup dans l'écriture des compositions. Après sept années, il a décidé de tourner la page pour embrasser un style musical plus contemporain, sis quelque part entre rock alternatif et pop indé. Flanqué de son propre combo, il enregistre "Just 'cause You Can Talk, Don't Mean I Have to Listen" en 2000 ; puis en solo, "One Of Us", l'année suivante.

A l'instar d'un Billy Bragg, Peter Dolving a beaucoup de choses à dire. Notamment dans le domaine politique. Il fait ainsi le procès du néo-libéralisme à travers ses lyrics, même s'il se proclame anarchiste. Musicalement, ce " Bad blood " offre de multiples facettes, dont trois prédominantes. Sous sa forme la plus acoustique, la plus minimaliste, les chansons évoquent tantôt Bragg (" Red Camino "), tantôt Connor Oberst alias Bright Eyes (" When you leave me "). Sous sa forme la plus luxuriante, la plus hymnique, elles libèrent une forme de 'big music' proche des Waterboys. Les contagieux " Be kind ", " Should have been you " et " Brake or bust " en sont les plus belles illustrations. Peter y épouse même les intonations chantées/parlées de Mike Scott. Sous sa forme la plus énigmatique, la plus tourmentée, elles sont hantées par le spectre du défunt Afghan Whigs. Et je pense tout particulièrement aux superbes " Fourteen " et " Soapoperaboxeduptoxic ", ainsi qu'au tout aussi excellent, mais davantage incantatoire " 45 and six ". Peter n'a pas oublié qu'il est passé par le métal, en nous gratifiant d'un solo de guitare sur le morceau de garage échevelé " New beauty queens ", et puis adresse un clin d'œil au " Love cats " de Cure, à travers " Water over bones ". Mais les meilleurs tracks de l'opus demeurent cependant, à mes oreilles, " On and on " et " Hey ! ", deux plages qui font un peu la fusion de toutes les influences susvisées. Je serais cependant ingrat, en ne soulignant pas la qualité du drumming dont l'efficacité et la souplesse me rappellent Jon Brookes, le drummer des Charlatans. Excellent !

Dopplereffekt

Linear Accelerator

Des machines accomplissent leur labeur dans une atmosphère postindustrielle, répétant leurs gestes mécaniques des centaines de fois, jusqu'à l'irruption fantomatique de beats ascétiques et d'échos extra-terrestres. Qui les contrôle, comment les arrêter, combien sont-elles ? L'auditeur, aux stimuli devenus pavloviens, ne peut rien faire, pris dans l'étau menaçant de ces automates imperturbables, qui continuent leur lavage cérébral, jusqu'à l'abstraction la plus minimaliste (" Photo Injector "). Quand le cobaye de cette expérience électronique croit être sauvé par le silence, de lourdes vagues radioactives surgissent de nulle part, emprisonnant sa victime dans une chape de bruits blancs dont elle ne sortira pas indemne (" Niobium Resonators "). Quelle est l'échappatoire ? La machine s'arrête. Peut-être est-ce l'occasion de… Une salve de bleeps retors, tapis dans les coins de cet univers oppresseur, réduit l'homme à l'état de légume : fait comme un rat, transpercé de tous bords par ces aiguilles technoïdes subliminales, il ne peut plus bouger, terrassé une dernière fois par un tir groupé d'interférences malignes (" Graviton "). Vaincu, exténué, l'auditeur n'a plus qu'à se laisser aller, vers une mort lente et paresseuse, enfin débarrassé de ce monde d'Apocalypse qui veut sa peau, ses os et ses tympans. Et puis c'est la lumière : des beats oniriques le libèrent de sa carcasse devenue inutile, le transportant dans un monde dénué de violence et d'angoisse (" Myon-Neutrino "). A l'horizon, le soleil, le calme plat, et toujours cette musique lancinante en fond sonore, mais cette fois sans ces bruits de souffrance (" Z-Boson "). Petit à petit, l'homme reprend des forces et des couleurs, regagne la vue et l'usage de ses membres. Cette lumière, au loin, l'appelle et le réconforte (" Higgs-Mechanism "). Réchauffé, rétabli, il peut maintenant s'endormir, enfin, bercé par cette électro qui ne lui veut plus de mal. Totalement libre et serein.

Johnny Dowd

Wire Flowers : More Songs From The Wrong Side of Memphis

Il y a six ans, un certain Johnny Dowd lâchait un pavé dans la mare country, la polluant et nous éclaboussant avec : " Wrong Side of Memphis ", un album de chansons brinquebalantes enregistrées sur un 4-pistes, pleines d'histoires de meurtres, de voix d'outre-tombe (entre Lou Reed et Johnny Cash, c'est dire…) et d'orgue funèbre. A l'époque, c'était plutôt mal vu : qui était donc cet écorché vif qui foutait le feu à l'americana bien pensante, avec ses brûlots mal attifés (une guitare, une boîte à rythme, du synthé) chantés à l'arraché avec un accent à la Donald Duck ? Depuis, pas mal d'eau sale (Baptists Generals, Bonnie Prince Billy,…) a coulé sous les ponts de la country, et la musique de Johnny Dowd n'est plus si écoutée de travers. Reste que cet album - des chutes de studio du fameux " Wrong Side… " - résonne toujours autant de complaintes écorchées, qui retroussent les babines et donnent la chair de poule. Entre blues apocalyptique et country bruitiste, ce " Wire Flowers " penche encore du " mauvais côté de Memphis "… Comme quoi les mauvaises graines qu'il sème depuis 97 continuent à bien éclore, dévastant le terrain fertile mais trop labouré des countrymen-prêcheurs, suppôts d'une Américaine puritaine qui se croit maître du monde.

Gordon Downie

Battle of the Nudes

Écrit par

Pour ceux qui s’en souviennent, les Tragically Hip ont beaucoup fait parler d’eux au cours des années 90. Ils ont d’ailleurs souvent figuré sur les affiches des festivals de l’époque. Gordon Downie était le frontman de cette formation qui n’a par ailleurs jamais pondu quoi que ce soit de vraiment emballant. On pourrait établir à peu près le même commentaire pour la plaque solo de Gordon. Il se fend ici de quelques tranches de rock épique où le bruit et le volume prodigués cachent bien mal la faiblesse des mélodies. Sa voix qui rappelle quelque peu Michael Stipe s’avère d’ailleurs assez vite crispante, même si l’album ne dure que 37 minutes. On retiendra cependant quelques ballades folk très réussies : « Into the Night », « Willow Logic », « Steeplechase ». Un bien maigre butin, insuffisant pour que Gordon gagne sa « bataille », surtout s’il est tout nu.

Dream Warriors

The Legacy Continues…

En 1990, " My Definition (of a Boombastic Jazz Style) " explosait les charts. Plus proche de Burt Bacharach que de Public Enemy, cette bombe sautillante signée King Lu et Capital O débordait de cuivres rutilants et de rythmes endiablés. Treize ans plus tard, le duo canadien nous revient avec un quatrième album primesautier et clinquant, qui fait du bien à nos zygomatiques. Depuis le temps, les deux rappeurs ont eu tout le loisir de digérer l'actualité des sorties de leurs collègues : dès " Dream Dream Warriors ", on croirait presque entendre Timbaland (ce tapis de beats), et sur " Who Said I Can't Keep Up (Part 1) ", c'est le hip-pop de Outkast et de Big Brovaz qui joue des coudes, tandis qu'" Armed Conflict " s'aventure en terrain miné drum'n'bass et que " God's Holodeck " lorgne du côté obscur des productions Definitive Jux. Ailleurs, c'est encore D'Angelo qui semble montrer ses pectoraux (la grosse basse soul de " Aqua Boogie "), alors que The Herbaliser s'invite le temps d'un " Road of Many Signs " décapant… En un mot : éclectique ! Loin d'être à la traîne, les Dream Warriors jonglent adroitement avec tous les genres de la musique black (soul, drum'n'bass, trip hop (" Dream War Thang "), jazz (" Who Said I Can't Keep Up (Part 2) "), spoken word (" Live From Collins Bay "), sans oublier leurs racines (l'Afrique de " Warrior's Drum "). En bonus, un remix de leur hit " My Definition " rappelle aux nostalgiques qu'ils sont toujours là, en forme et le talent intact ; et surtout, qu'ils ont encore des choses à dire. Le combat (le rêve ?) continue…

The Durutti Column

Somenone else´s party

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Si mes calculs sont exacts, The Durutti Column doit compter une vingtaine d'albums à son actif Etonnant pour cet artiste mancunien qui végète dans la zone crépusculaire de l'underground depuis plus de 20 ans. Artiste, car Durutti Column est le projet de Vini Reily. De groupe, il n'en a eu seulement été question qu'en 1978. C'est à dire lors de l'enregistrement de l'EP " A factory sampler " ; même si Martin Hannett, Peter Crooks et Toby avaient collaboré à la confection de l'indispensable " The return of… ", en 1980. Sur pratiquement tous les elpees de D.C., on reconnaît la signature de Reily à la sonorité minimaliste, chargée de reverb, de sa six cordes. Sa voix monocorde n'a jamais été exceptionnelle ; mais peu ou pas utilisée, elle a toujours bien collé à sa musique mélancolique, introspective, propice aux paysages sonores les plus intimistes. A une certaine époque, l'aspect technologique avait cependant pris le dessus dans sa composition ; Vini avait même osé échantillonner les voix dOtis Redding, de Tracy Chapman et d'Annie Lennox sur un elpee éponyme, paru en 1989. Par la suite, il a tenté de multiples expérimentations. Notamment dans le domaine du funk. Sans grand résultat. Et ce ne sont pas les trop rares collaborations, menées notamment en compagnie de Blaine L. Reininger et de Morrissey, qui lui ont permis de revenir sur le devant de la scène. J'ai donc été très agréablement surpris en écoutant ce " Someone else's party ". Le thème n'est pas à la joie, puisque cet opus est sensé rendre un dernier hommage à sa mère décédée, suite à une maladie. Mais cet immense chagrin a véritablement transcendé Reily. Auteur pour la circonstance de véritables petites perles. Et je pense tout particulièrement à " Love is a friend ". Déchirée entre samples fuyants, brisures de rythmes et cette fameuse guitare reverb, cette plage aurait pu naître de la rencontre entre Cocteau Twins et Happy Mondays. Au funky " Somewhere ", sorte de Kitchens of Distinction light et estival, Vini ayant pris le soin d'overdubber ses lignes de guitare. A la prière " Requiem for my mother ", combinaison de percussions clairsemées et de cordes de guitare chatoyantes, fleuries, hispaniques. Beau à pleurer ! A " Vigil " également ; un fragment tapissé par une chorale en boucle, dynamisé par un rythme de danse pulsant et irradié par des cordes acoustiques divines. Et des compos telles que " Spanish lament ", dont le sample du chant est issu de " Mullholland drive " de David Lynch, " Somebody's party ", éclairé par une passion morbide, le floydien (NDR : circa " Dark side of the moon " !) " Blue ", nonobstant ses accents hispaniques, " No more hurt ", qui croustille au tempo de la house mancunienne, et la finale " Goodbye ", ponctuée d'une réponse téléphonique imaginaire donnée par sa mère depuis l'Eden, sont loin de déparer l'ensemble. L'opus recèle, bien sûr quelques morceaux plus expérimentaux. L'hypnotique " Woman ", qui me rappelle à la fois Captain Sensible et Moby, constitue certainement la plus intéressante. Un seul reproche, les titres ont parfois tendance à tirer en longueur. Mais plongé au sein de cette beauté fragile, intemporelle, on ne peut résister à l'addiction…

Dust To Dust

Sick

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Tiens un groupe de néo-metal américain qui ne ressemble ni à Korn ni à Linkin Park ! Et capable de rivaliser avec ces derniers qui plus est ! Ca fait plaisir à entendre... Car Dust to Dust est tout simplement excellent, à tel point qu'il pourrait presque être comparé à l'extraordinaire "The Real Thing" des défunts Faith no More de Mike Patton. Les trois premiers titres "Rot", "Sick" et "Think about it" s'enchaînent merveilleusement et confirment déjà le potentiel énorme de ce groupe de Brooklyn. Trois morceaux, trois hits en puissance... ça promet. Le reste est quasiment à la hauteur du trio de perles ouvrant ce "Sick", un opus qui risque bien de réconcilier tous les fans de metal moderne, perdus ça et là, voire à servir de référence aux non-initiés. Oui, à ce point là! Au fil de l'écoute, l'influence Faith No More s'accentue davantage et on croirait presque entendre la voix de Mike Patton et la gratte de Jim Martin sur le superbe "This Way". Tandis que "Pusher" démarre sur des guitares hyper heavy et un chorus délicieusement mélodique et insidieux, "Blue Sky Lie" boucle en douceur l'œuvre d'un nouveau combo qui affiche une forme éblouissante, s'appropriant avec force le propos d'une scène en manque de sang neuf. Dust to Dust tamise le néo-metal, il respire, prend le contre-pied de la médiocrité cathodique envahissante. A savourer au plus vite !

Canned Heat

Friends in the can

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Pour célébrer la troisième année de bonne entente entre les membres actuels du groupe, les pères de la boogie music nous reviennent en Europe avec un nouvel album. Autour du père Fito de la Parra, gravitent Stanley Behrens au chant, à l'harmonica, au sax et à la flûte, John Paulus aux guitares, Dallas Hodges au chant et à la guitare, ainsi que Greg Kage au chant et à la basse. Soit quatre chanteurs pour cinq musiciens. Ce qui aurait dû être suffisant pour ficeler un album de boogie. Mais non, ils nous ont fait l'heureuse surprise d'attirer quelques amis dans leur boîte.

Hormis "Little wheel", toutes les plages ont été enregistrées en studio au cours des deux dernières années. Une composition signée John Lee Hooker à laquelle il participe, puisque cette prise date de 1989 ; c'est à dire des sessions réalisées pour l'album "The healer". L'album s'ouvre par "Same old games". Les accents de la guitare accordés par Paulus sont légers et la voix d'Alan Wilson, cette voix inoubliable qui sévissait tout au long d'"On the road again", chargée d'émotion. Manifestement, Fito de la Parra tient à sauvegarder ce timbre si familier à tout fan du Heat. Dès les premières mesures de "Bad trouble", on se rend compte que la machine de guerre est parfaitement huilée. La voix rocailleuse de Dallas Hodge mène la bande de L.A, tambour battant. Dès que la voix de Hodge s'efface, une slide bien nerveuse se libère. Un brillant exercice de style opéré par un des élèves les plus doués de l'école : Mr Roy Rogers. Il est vrai que ce vétéran relevait du Coast to Coast Blues Band de Mr Hooker. Puis Dallas prend le relais en empruntant une sonorité que n'aurait pas renié Vestine. Dallas n'est autre que le frère de Catfish Hodge. Encore un musicien intéressant, mais surtout connu des initiés. De sa voix majestueuse, il chante ensuite "Black coffee", un blues lent classique que Stanley colore discrètement de courtes phrases de sax. Un riff puissant introduit "Getaway". Une plage rockin' blues que chante Corey Stevens devant l'harmo de Behrens. L'impact est immédiat. Cette plage était le titre maître du 3ème album de Stevens, paru en 2000. Le léger "It don't matter" marque un changement de style. Stanley chante d'une voix frêle, en s'accompagnant de son harmo chromatique. La nouvelle version du "Let's work together" de Wilbert Harrison est un vrai bonheur. La voix puissante et graveleuse de Dallas Hodge fait bien revivre l'inoubliable Bear. John Paulus est transcendé à la slide, car il bénéficie d'une puissance rythmique exceptionnelle. En fait Harvey Mandel est venu épauler Fito et … Larry "The Mole" Taylor!! Superbe blues lancinant, "1, 2, 3 Here we go again" a été écrit par Dallas. Il chante toujours avec la même autorité et se réserve ici le solo de guitare, pendant que Stanley souffle paresseusement dans son saxophone. Greg Kage a composé "That fat cat", une plage très cool, au subtil parfum de jazz, que chante Greg, d'une voix très musicale. Caractérisée par la flûte de Behrens et les percussions de Fito, ce fragment baigne dans une ambiance latino-américaine. "Home to you" est un blues légèrement rythmé. Une rythmique assez lourde introduit un ancien guitariste du Heat : Walter Trout ; un musicien qui depuis, a fait fortune en embrassant une carrière individuelle. Walter ne veut pas en remettre exagérément. Son solo demeure (presque) retenu. Il ne cherche absolument pas à égrener le maximum de notes à la seconde. C'est ainsi qu'on t'apprécie Walter ! Le brillant Taj Mahal est venu chanter le "Never get out of these blues alive" de John Lee Hooker. J'ai un gros pincement au cœur, en entendant sa voix. La guitare de John Paulus respecte la marque du vieux maître disparu. Taj chante ce blues dépouillé avec passion et feeling. L'émotion est intense. Un climat renforcé par l'harmonica de Stanley et la (vraie) voix de John Lee. Elle revient aussitôt, bien vivante, pour interpréter le fameux "Little wheel". John épaulé par Henry Vestine et Larry Taylor : c'est du bonheur pour les fans de boogie ! Un tel album ne pouvait se terminer sans rappel. C'est prévu ! Suffit de patienter une bonne minute pour laisser la place aux accents dramatiques de "Let's work together". Harvey Mandel et Larry Taylor sont toujours au poste ; mais pour la circonstance, les vocaux et la slide sont assurés par l'extraordinaire Robert Lucas. Enfin, "Getaway" revient dans le parcours. En fait, il s'agit du titre dont le potentiel commercial est le plus flagrant. Cette version a été éditée pour la route ; celle des radios américaines FM. Au beau milieu des trois guitares en rythmique, Corey Stevens y révèle toute sa compétence au chant, Mike Finnigan à l'orgue et Behrens à l'harmonica. Si cet opus recèle pas mal de bonnes choses, sachez que Walter Dr Boogie a prévu de sortir, fin de cette année, le deuxième volume des Boogie House Tapes. Don't forget to boogie!

Canyon

Empty Rooms

Avant de battre le fer country-rock pendant qu'il est encore chaud, les cinq gamins de Canyon jouaient de l'emocore dans leur quartier de Washington DC, sans doute pas très loin des bureaux de Dischord. Une époque bien révolue : entre leur ancienne mouture " straight edge " et cet " Empty Rooms " bucolique, il y a un… gouffre qu'on ose à peine franchir. Mieux vaut faire table rase du passé et considérer Canyon comme un groupe d'americana, nourri aux mamelles du Crazy Horse et du Band plutôt qu'au lait mal battu de Fugazi et consorts. Mais si le folk de Canyon évoque à l'esprit des images parfois champêtres, ce n'est jamais dans un style mièvre ni carte postale : les vaches qu'on y rencontre sont celles de chez Milka, et les gens qui s'y promènent sont tout nus et fument des trucs bizarres. De l'americana, certes, mais du genre psychédélique, comme si Mercury Rev jouait de la country en pleine descente d'acide, dans un champ de cannabis en plein Haight-Ashbury. Sur " Mansion on the Mountain ", un piano électrique donne la mesure, tandis que tintent des clochettes de Noël et qu'une guitare flottante tourne autour : si Pink Floyd n'était pas devenu début 70's un groupe pour vendeurs de chaînes hi-fi, voilà ce qu'il aurait pu faire. Pareil pour " The Long Weekend " et " Head Above " (une sorte de diptyque), sauf qu'ici on croirait entendre Pearl Jam jammer avec Neil Young (ça s'est déjà fait), mais sans la graisse et le grunge. Parfois, on entend des filles à l'arrière (" Other Shore ", " Ten Good Eyes "), comme dans une grande partouze sonique. N'empêche qu'à la fin l'ambiance se calme (" Blankets & Shields "), et c'est pas plus mal : c'est alors que Canyon montre son vrai visage - celui d'un groupe ressuscité de ses cendres, qui prouve que la country et le psychédélisme ne sont pas qu'une affaire de vieux schnoks.

The Cardigans

Long gone before daylight

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Je dois avouer que les quatre premiers elpees de ce quintette suédois m'avaient beaucoup plu. Et en particulier " Life " (95) et " Gran turismo " (98). Le premier à cause de son style texturé à la fois dans le jazz, le surf, le music-hall et le postcard (Smiths, Orange Juice). Le deuxième parce qu'à la recherche de sonorités électro-atmosphériques que ne désavoueraient pas Pizzicato Five ou Bel Canto, il épinglait quelques hits particulièrement savoureux ; et je pense tout particulièrement à " My favourite game " ou encore à " Erase rewind ". Probablement à court d'inspiration, les musiciens s'étaient alors lancés, chacun de leur côté, dans des expérimentations individuelles. Pour la plupart passées inaperçues, même si " A camp ", le projet solo de Nina Persson, avait reçu une bonne critique. Les aficionados auront donc dû patienter cinq longues années pour voir sortir ce " Long before daylight ". Mais attendre une demi-décennie pour sortir un tel navet frôle d'indécence. Paraît que le groupe a voulu en revenir à une forme musicale davantage épurée. Plus basique, si vous préférez ! Mais j'ai plutôt l'impression que la formation a passé son temps à écouter le catalogue de Sherryl Crow en boucle. Ce qui explique aussi pourquoi les arrangements sont toujours aussi soignés. Mais hormis l'électrique et vivifiant " A good hour ", le reste de l'opus regorge de ballades sirupeuses. La pilule passe pourtant chez " And they kissed me ", à cause des claviers fluides, rognés, judicieusement infiltrés. Ou encore sur " Live and learn ", davantage inspiré par la country américaine ; et paradoxalement seul titre sur lequel Ebbot Lundberg (Soundtrack Of Our Lives) participe (NDR : qu'est-ce qu'il est venu faire dans cette galère ? Gagner du blé, sans doute…) Et ne rigolez pas, en finale, les Cardigans ont même eu le culot d'intituler une de leurs chansons " 03.45 : No sleep ". Manque pas de toupet ! Qui a dit soporifique ?

 

Carl Verheyen

Six

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Carl est un guitariste californien. Un artiste qui avoue aimer interpréter le blues, le jazz, la musique classique et la country. Il a joué pour des nombreux groupes et musiciens. Pour la plupart issu du monde du jazz. Mais il a également dépanné régulièrement Supertramp. En 1985, il avait ainsi déjà remplacé Roger Hodgson. Par la suite, il a embrassé une carrière solo.

Son premier elpee, "No borders", est paru en 1988. Il faudra cependant attendre 94 pour le voir commettre un second opus, "Garage sale". "Slang justice", son troisième est édité en 96. Pour la première fois, il prend les couleurs du blues. Il rejoint alors une nouvelle fois Supertramp et enregistre en leur compagnie "Some things never change" et "It was the Best of times". Son 4ème album personnel sort en 98. "Slingshot". Très rock blues. "Atlas overload" ensuite. En 2000. Carl Verheyen poursuit aujourd'hui sa carrière individuelle, tout en continuant à collaborer pour Supertramp. "Six" constitue, vous l'aurez deviné, son 6ème album. Pour l'enregistrer, il a bénéficié du concours de Cliff Hugo à la basse et de Steve Di Stanislao aux drums. Carl est un brillant technicien. C'est incontestable. Le type de guitariste dont on parle constamment dans les pages des magazines spécialisés. Et en particulier chez Guitar Player, un spécialiste de la ‘rock fusion’.

Il ouvre cet elpee par "Lay your hammer down". Un morceau de hard rock très propre sur lequel il se montre particulièrement démonstratif, nonobstant le renfort Jim Cox, à l'orgue. Et si "24 and 10" s'ouvre sur les accents acoustiques du Delta, la suite s'orientalise insidieusement avant de virer dans un rock progressif très électrique. "Give a try" est une ballade bien ficelée. "Come down tonight" pourrait figurer au sein du répertoire de Supertramp. Les amateurs de blues n'ont donc ici pas grand chose à se mettre sous la dent. Provogue nous avait habitués à des productions rock trempant bien plus largement dans le blues.

Cat Power

You Are Free

Si l'on excepte " The Cover Record ", Chan Marshall n'avait plus sorti de disque depuis " Moonpix ", bref il y a cinq ans. Entre-temps, la jeune fille a mûri, combattu ses démons et roulé sa bosse de songwriter folk neurasthénique sur toutes les scènes du monde. Ce qu'il y a de neuf avec ce sixième album, c'est la lumière : Chan Marshall ne chante plus seulement de mornes ballades affectées. Même sa voix se fait ici plus enjouée. " Free ", le deuxième morceau, pourrait même devenir un mini-tube, du moins dans le cœur de tous les ados transis. " Liberté " : Marshall n'aurait-elle plus de fiel à cracher, se sentirait-il libérée de tous les malheurs du monde ? A en juger par les chansons qui suivent, du très pop " He War " au somptueux " " Werewolf " (et ses violons), on en serait presque persuadé. Dans la deuxième partie de l'album, Chan Marshall semble pourtant faire une rechute : seule au piano, elle nous refait le coup des litanies glaciales, comme avec ce " Names " pathétique, une énumération bancale de ses amis disparus (appelez Child Focus). Autant le début de l'album fait montre d'une diversité surprenante, autant la suite s'enlise donc dans l'autosatisfaction pénible, à la limite de l'autisme. Une chance que Chan Marshall n'ait pas hésité à débarrasser ses premiers titres (jusqu'au n°9) de ce spleen qui nous foutait d'habitude le bourdon. Après c'est donc une autre histoire, qu'on connaît déjà par cœur pour l'avoir entendue psalmodiée cinq albums durant, avec emphase et atermoiement.

Cave In

Antenna

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J'ai bien peur que ce quatuor bostonien ne se morde les doigts d'avoir signé chez un major. Enfin, pour l'Europe. La vieille Europe. Car de son nouvel album, je n'ai entendu que très peu d'écho. Ce qui est une profonde injustice, car Cave In vient de signer ici son meilleur opus. Bien sûr, ceux qui regrettent le caractère hardcore de leurs premiers disques vont définitivement tourner la page. S'ils ne l'avaient déjà pas fait après la sortie de " Jupiter ". Personnellement, je préfère cette nouvelle démarche. Toujours aussi électrique et cinglante, mais moins caustique et plus raffinée. Plus chatoyante et plus mélodique, elle met davantage en évidence les harmonies vocales. Limpides, cristallines, elles peuvent s'appuyer sur le timbre velouté de Stephen Brodsky, dont la voix me fait penser à un hybride entre Mark Chadwick (Levellers) et John Wetton (King Crimson). Une voix qui épouse même parfois les courbes instrumentales, comme à l'époque du prog rock. Produit par Rick Costey (Audioslave ; mais ce n'est pas une référence !), " Antenna " conjugue mélancolie, violence et expérimentation avec beaucoup de bonheur, oscillant du tempétueux et baroque (" Strained silver ") à la cold (en faisant abstraction du tempo, " Youth overrided " aurait pu relever du répertoire des Chameleons ), en passant par la pop rafraîchissante ( balayé de guitares bringuebalantes, " Beautiful son " me rappelle le meilleur House Of Love) ou contagieuse (" Anchor " et " Woodwork ", ainsi qu'" Inspire ", nonobstant son groove sale et viscéral), la britpop complexe circa Radiohead (" Breath of water), le métal zeppelinien (le furieux " Rubber and glue ", l'écorché et palpitant " Penny racer ") et bien sûr la prog (si " Joy opposites " palpite au son des oscillations galactiques, " Seafrost " ressemble à une odyssée cosmique, épique, presque floydienne, enrichie par une basse qui rôde et des accès de jazz aventureux). L'elpee recèle également une chanson écrite début 2002, réenregistrée et réarrangée, qui bénéficie pour la circonstance de deux chorus au lieu d'un seul : " Lost in the air ". Un bien bel album !

Nick Cave

Nocturama

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Enregistré début 2002 en une semaine, lors d'une pause accordée au beau milieu de la tournée australienne destinée à promotionner le précédent opus " No more shall we part ", " Nocturama " constitue le douzième album des Bad Seeds. Un groupe au sein duquel milite toujours les deux guitaristes Blixa Bargeld (Bad Seeds originels et Einsturzende Neubauten) et Mick Harvey, déjà impliqué chez Birhtday Party. Produit par Nick Launey (Kate Bush, Eric Clapton, Silverchair, Talking Heads), ce nouvel elpee souffle le chaud et le froid. Le froid tout d'abord. Parce que sur la moitié des compositions, Cave nous refait le coup du crooner. Parfois on a même l'impression qu'il se prend pour Neil Diamond. Et ce ne sont ni le piano sonore, ni les accès de violon tzigane qui parviennent à changer cette impression de déjà entendu. Seuls les lyrics sauvent, quelque peu, la situation. Des textes venimeux, à l'humour noir, acide et décalé, qui racontent des histoires peuplées de personnages effrayants et bizarres, d'amours déchirés et de morts inquiétantes, des textes reflétant les phobies et les obsessions les plus sombres de l'artiste. Mais dans ce domaine, il est nécessaire de bien comprendre toutes les subtilités de la langue de Shakespeare. Heureusement, Cave se ressaisit au fil de l'album. Pas tellement lors de son duo échangé avec l'ex chanteur des Saints, sur la pop song hymnique et contagieuse " Bring it on ", mais surtout chez le salace et teigneux " Dead man in my bed ". Toutes orgues vrombissantes dehors, les guitares débridées, psychés, il évolue enfin sur un tempo enlevé. Ensuite sur " There is a town ", fragment torturé, hypnotique, mais imprimé sur un mid tempo. Et enfin tout au long du remarquable " Babe I'm on fire ". Une prière hallucinatoire, démoniaque, lugubre, de plus de 15 minutes, découpée en 43 couplets, qui libère un groove épileptique, sulfureux et malsains, comme seuls les Bad Seeds sont capables de se rendre coupable. Pensez à "From her to eternity". Dommage que tout le morceau de plastique de soit pas de cette trempe. Nick Cave aurait-il pris un coup de vieux ?

Ceili Moss

Glad to find you well

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Récemment constitué dans sa forme actuelle, Ceili Moss est un groupe de musique celtique ne faisant aucune concession à la modernité. Pas l'ombre d'un instrument électrique en effet. Accordéon, flûte, guitare sèche, harmonica, piano et violon déclinent mélodies, rengaines et ritournelles, parfois appuyés par des percussions variées, tandis que les voix de Sophie, Yannick et Laurent nous chantent ces histoires de naguère. Les musiciens ne sont pas pour autant des puristes, puisque à leurs traditionnels irlandais ils associent l'une ou l'autre chanson chantée en français et aux couleurs sud-américaines (« Dies Irae »), et laissent parfois place à la musique médiévale ou au folk scandinave voire méditerranéen. Une musique simple mais colorée, chaleureuse et festive, interprétée de façon irréprochable et enthousiaste. De quoi mettre une belle ambiance sur scène! Et c'est là toute la prétention du groupe, qui compte déjà plus de 60 concerts animés en Belgique et dans les régions limitrophes. Intéressé? Consultez http://www.ibelgique.com/ceilimoss

Centro-Matic

Love you just the same

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Quelques semaines après la sortie de l'album de South San Gabriel, Centro-Matic nous revient avec son septième opus. Pour rappel, je vous signale que SSG est le projet à géométrie variable de C-M. A l'instar de " Distance and clime " et d'" All the falsest hearts can try ", ses deux précédents elpees, " Love you just the same " recèle des mélodies pop contagieuses empreintes de douce mélancolie, découpées par une six cordes acoustiques bourrée de feeling ou alimentée par l'intensité blanche sale, crazyhorsienne, chargée de feedback, des riffs de guitare. Des mélodies pop fragiles, hantées par des accords de piano au mauvais œil ou des claviers gémissants, agitées par un tempo aride, poussiéreux, écorchées par le violon grinçant de Scott Danbon, et égratignées par le timbre vocal, légèrement éraillé, déchirant, mais tellement attachant de Will. Un compositeur prolifique qui n'a pas besoin de moyens extraordinaires pour composer des chansons qui sortent de l'ordinaire. Pour cet opus, la formation a voulu recréer le son le plus brut possible ; celui qui a fait leur réputation sur les planches. Matt Pence, le producteur/drummer l'a donc un peu joué à la Steve Albini, parvenant ainsi à réaliser une combinaison étrange entre urgence émotionnelle et accessibilité pop. Une chanson comme " Reset anytime ", n'a d'ailleurs jamais été aussi proche de l'univers d'un Grandaddy. Mais sans le moindre artifice électronique…

Cex

Being Ridden

Riyan Kidwell est un stakhanoviste : un album par an, et à chaque fois c'est différent. Pour celui-ci, l'Américain s'essaie au hip hop et à l'anti-folk, avec toujours cette touche de laptop qui fait mouche. De l'anti-électro-rap-folk ? Difficile de classer la musique de ce garçon (à peine 20 ans au compteur), qui joue avec les styles comme un jongleur avec ses balles. Imaginez Mike Skinner ou Eminem obligés de produire leur disque avec des bouts de ficelle : un ordi, une guitare pourrie et quelques amis (ici Venetian Snares)… Pas simple. Kidwell, lui, l'a fait. Et le résultat groove, sans frimes ni avance sur recettes (" Earth-Shaking Event ", " Stamina "). Notre homme se déclare " half man, half human ", ce qui veut dire la même chose, mais prouve son humour et son sens de la répartie. Et ce disque regorge de bons mots et de rimes désopilantes. Comme si les Moldy Peaches se mettaient à l'avant-hop avec Kevin Blechdom en pom pom girl. Sur le dernier titre, " Nevermind ", on croirait même entendre… Nirvana, avant que la chanson ne déraille et se plante, attaquée par une sorte de virus informatique. Ce genre d'accident, Kidwell en a fait son fond de commerce. Si bien qu'à la fin, on se demande si tout va bien dans la tête de ce jeune homme, et si celle-ci se trouve bien sur ses épaules. Une version plus électronique de cet album existe également (" Being Ridden Instrumentals "), pour les amateurs de bleeps un peu cradingues. Quant aux fans de Bowie, ils apprécieront la pochette (une parodie de " Heroes "), preuve supplémentaire que Kidwell apprécie les clins d'œil et le second degré.

 

Claude Challe - The REG Project

New Oriental

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Quand les portes du Liban nocturne s'ouvrent à notre ouïe de clubber en quête de nouveaux sons, Claude Challe nous accueille pour assouvir nos désirs d'une musique vraiment inspirée. Après avoir exploré les routes hindoues avec "Nirvana Lounge", Claude Challe revient avec "New Oriental", en collaboration avec"The REG Project", alias Ralph, Elie et Guy. Les puristes de l'électro et de la house n'aimeront probablement pas ce projet, car sans doute le trouveront-ils "facile" ou banal. Les autres, rêveurs ou aimant s'évader par la musique y trouveront leur compte, et surtout de l'énergie, s'ils l'avaient perdue. Car cet album est vraiment enclin à la gaieté, grâce au rythme endiablé des basses qui ne donnent même pas la migraine ! La mélodie procurée par des violons orientaux rappelle, de temps en temps, Moum Khalife ou plus près de nous les raïs de Rashi Tahar. Mais si l'ensemble paraît effectivement simpliste ou juste bon pour danser, il va au-delà de la première perception. Car en l'écoutant plus attentivement, "New Oriental" fait preuve d'une grande inspiration. L'album commence doucement par le magnifique "Lost Love", au cours duquel l'arpège du clavier suffit à donner une touche nostalgique. Un violon, une flûte, et une mandoline, aux tonalités presque tristes, le rejoignent, amenant à une impression aquatique. Pourtant ils ne sont que les prémices de morceaux beaucoup plus rythmés et très orientaux : un vrai délice libanais. En revanche, basé sur le clavier aux accents latinos, "Casa del sol" est en rupture totale avec le reste. Pourtant, le morceau n'est pas dénué d'intérêt. Mais le paroxysme de l'endiablement oriental est atteint sur "Batwannis Beek", où les voix envoûtantes et furtives de chanteurs orientaux complètent le morceau d'une profondeur sensuelle. Les enchaînements permettent de donner une homogénéité à l'album qui se conclut par un morceau plus éléctro et plus doux, comme les deux premiers qui introduisaient cette fête libanaise. La boucle est ainsi bouclée, et Claude Challe réussit un album à la jaquette accrocheuse : une photo aérienne de Beyrouth par Yann Arthus-Bertrand : rien que ça !