Un dixième album studio pour Idlewild

Idlewild sortira son nouvel opus – un éponyme – ce 3 octobre 2025. Il s’agira de son dixième. En attendant, il a partagé le single intitulé "Stay Out Of Place". Le chanteur Roddy Woomble explique que la chanson traite de la multiplicité des voix et de la…

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Le cauchemar de This Will Destroy Your Ears…

This Will Destroy Your Ears verse dans le dark wave, puise son inspiration dans la noirceur des sons de l’Angleterre des années 80 tout en y mêlant des notes psyché accrocheuses et des salves soniques noisy. « Funland », son nouvel album, sortira le 10…

La vérité selon RORI

Après avoir marqué les esprits en assurant la première partie de Lana Del Rey, au…

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Sioen

Sioen

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Sioen est un jeune auteur/compositeur/interprète gantois. Il joue du piano. Avec virtuosité. Pas étonnant lorsqu'on sait, qu'au cours de sa tendre enfance, il a fréquenté le conservatoire. Il chante également. Dans la langue de Shakespeare. D'un timbre légèrement rocailleux, proche de la dEUS connection (pensez à Stef Kamil Carlens, Rudy Trouvé et bien sûr Tom Barman). Et ce bagage, ma foi semi classique, semi baroque, il le met au service de la chanson pop. Des chansons pop dont les très belles mélodies sont empreintes de douce mélancolie. Avant d'enregistrer ce premier opus, Sioen a été plusieurs fois lauréat de concours organisés dans le nord du pays ('Debuut rock', 'Oost Vlaams rock circuit', etc.). Ce qui lui permet aujourd'hui d'y jouir d'une popularité certaine. Ses émotions ? Il les communique à travers les accords de son piano. Tantôt syncopés, profonds, plaqués, graciles, mais toujours sonores, ils affrontent constamment des changements de rythmes. A un tel point que lorsque les inflexions vocales épousent ceux de son instrument, il me rappelle Peter Hammill. Plus prog encore, son aisance à aligner les notes était le signe distinctif d'un certain Keith Emerson, lorsqu'il sévissait encore chez Nice. Si, si, souvenez vous de la cover du " Hang on to a dream " de Tim Hardin, que le groupe était parvenue à magnifier. Le seul reproche qu'on pourrait adresser à Sioen, c'est que limitées à son instrument et à sa voix, les chansons finissent par se complaire dans l'austérité. Et je suis convaincu qu'entouré d'un véritable groupe ou d'un quatuor à cordes, Sioen pourrait faire un malheur ! Et ce serait pour son bonheur. Une chose est sûre, il est à suivre, de très près…

 

Siouxsie & The Banshees

The best of

Écrit par

Entre 1976 et 1996, ce groupe britannique a commis 11 albums studio, placé 13 singles dans le top 30 britannique, mais surtout marqué l'histoire du rock'n roll. Siouxsie & the Banshees peut même se targuer d'être une des rares formations issues du mouvement punk à avoir si longtemps survécu. Faut dire qu'au cours de ces deux décennies, les Banshees sont passés par plusieurs incarnations et autant d'approches musicales différentes. On en retiendra pourtant des chansons férocement aguichantes, des guitares placides et cruelles, une rythmique implacable, viscérale ; et puis cette voix acérée, mélange d'angoisse et de révolte, éructant des mots de violence totale ou susurrant des contes poétiques destinés à nous plonger dans un univers fantastique, propice aux maléfices et à la sorcellerie. Sur les 15 titres de cette compile, on retrouve inévitablement les compos les plus connues : " Spellbound ", " Hong Kong garden ", " Cities in dust ", " Peek-a-boo ", " Happy house ", " Israel ", " Christine " et la cover des Beatles " Dear prudence ". En édition limitée, l'opus est accompagné d'un bonus disc, réunissant 9 remixes de classiques du groupe, dont plusieurs figurent en version originale sur le premier morceau de plastique. Siouxsie & The Banshees, n'ayant à ce jour, jamais fait l'objet d'un recueil aussi exhaustif, ce 'best of' en devient indispensable.

 

Shakary

The last Summer

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De facture très classique, cet album de prog est exempt de toute filiation encombrante avec quelque aîné, y compris les groupes dont font ou ont fait partie certains de ses membres (Klepsydra, par exemple). L'album est accrocheur, riche et mûr. Peut-être parce qu'il est la finalisation de créations déjà anciennes. La musique est parfois très énergique, toujours mélodique, jamais agressive. Tout au long du CD, on se réjouit d'un bon équilibre entre claviers et guitares. Le son si particulier, rarement entendu ailleurs (un petit air de Steve Hackett, quand même), des soli de guitare très émotionnels de Lele Hofman n'est d'ailleurs pas pour rien dans la forte identité du groupe. Le chanteur est moins expressif que celui du précédent (double) CD « Alya », mais par contre, « The last Summer » ne souffre pas de la redondance un peu verbeuse de son prédécesseur. On ne ressent jamais de lassitude à son écoute. Il faut dire que les sonorités sont variées : chœurs cristallins et cornemuse (sur le très beau « Sparkless in the Dark »), trompette, flûte, clavecin,… Et le tout est parfaitement arrangé et produit, avec en prime une discrète touche latine. Un peu trop sage, peut-être ? Certes ce CD impeccablement coiffé n'est pas une révolution, mais il peut figurer très dignement dans toute discothèque 'prog' et s'avérer une initiation idéale pour tous les novices que sophistication et contrastes effraient.

 

Virgil Shaw

Still Falling

Il y a quelques années, Virgil Shaw était le leader de Dieselhed, un groupe de San Francisco quasi inconnu de ce côté-ci de l'océan. Aujourd'hui, il préfère se la jouer solo, à l'instar d'un Will Oldham en échappée belle de Palace. Les deux chanteurs ont d'ailleurs en commun cette fragilité country qui peut faire des merveilles quand elle n'est pas trop appuyée : c'est le cas tout au long de ce " Still Falling ", comme sur les deux albums de Bonnie Prince Billy (l'un des pseudos d'Oldham). Pas question donc de verser ici dans le sentimentalisme niais ou dans la tristesse maladive, qui sont souvent synonymes d'ennui le plus profond : " Still Falling " captive, du moins une fois sur deux. De fait, les chansons paires sont meilleures que les chansons impaires : hasard du tracklisting et de notre subjectivité, sans doute ; en tout cas difficile de ne pas succomber aux jolis " Wet Splashes " et " Still Falling ", sans parler d'" Imaginary Guitars ", longue complainte cyclothymique, pleine de cahots de guitares et de chants habités. Quant aux deux reprises, " Wilderness Of This World " (Terry Allen et David Byrne) et " Sing Me Back Home " (Merle Haggard), elles ne s'avèrent pas totalement convaincantes : normal, elles font partie des chansons impaires… A noter également la participation de Mark Eitzel et de Danny Heifetz (Mr Bungle). Un conseil aux amateurs de rock burné : passez votre chemin. Quant aux autres, ils peuvent toujours tenter une partie de pile ou face. Pile : les chansons 2, 4, 6 et 8. Face : les chansons 1, 3, 5, 7 (pas mal) et 9. A vous de jouer.

 

Michael J Sheehy

No longer my concern

Écrit par

Avant d'opter pour une carrière individuelle, Michael J Sheehy avait sévi chez le très prometteur (mais trop vite défunt) Dream City Film Club ; une formation en compagnie de laquelle il avait d'ailleurs commis deux elpees. " No longer my concern " constitue son troisième opus solo. Un disque pour lequel il a reçu le concours de quelques invités de marque. Et notamment le pianiste Simon Raymonde (Cocteau Twins), le guitariste 'slide' Patrick Mc Carthy ainsi que d'Alison Shaw (The Cranes) aux backing vocaux ; mais pour un seul titre : " Dark country moment ". Evoluant au sein d'un univers suspendu quelque part entre Nick Cave, Howe Gelb, Lambchop et Chris Isaak, la musique de Sheehy exerce une fascination toute particulière. Tour à tour intimiste, mélancolique, spectrale, hypnotique ou urbaine, elle fouille dans les recoins les plus profonds de l'âme humaine. Une sensation accentuée par les lyrics. Des lyrics autobiographiques, qui traitent avec autodérision de la douleur, du chagrin, de la déception, de l'alcoolisme et de l'amour physique. Tout un programme ! Deux fragments épousent même une forme de gospel déjanté (" Donkey ride straight to hell " et " Swing low "). Mieux encore, un morceau caché renoue avec la noisy pop ténébreuse et lancinante de Jesus & Mary Chain. Remarquable !

 

Shivaree

Rough Dreams

Ambrosia Parsley est charmante : son joli minois, malheureusement caché sur la pochette par un masque aux allures SM, nous ferait presque oublier sa musique, aguicheuse, et sa voix, sensible et sensuelle. On aimerait bien l'enlever, ce masque, pour plonger dans les yeux de la belle, comme on se love dans les airs délicats de ses chansons douillettes. Il y deux ans, elle se révélait à nous avec son premier album au titre interminable, " I Oughta Give You a Shot in the Head for Making Me Live in this Dump ", un CD bric à brac rempli de jolis morceaux à fredonner au coin du feu, le tube " Goodbye Moon " comme charpente un peu branque. Ce " Rough Dreams " mêle encore toutes les musiques les plus troublantes, preuve qu'Ambrosia et ses deux compagnons de route (le guitariste Duke McVinnie et l'organiste Danny McGough) n'aiment pas les chapelles : jazz, blues, rock (" Thundercats ", aux envolées de riffs à la Garbage), swing (" John, 2/14 ", ou la rencontre entre Goldfrapp et Phil Spector), pop (" Reseda Casino "),… Riche et voluptueux, " Rough Dreams " ravira les fans et convaincra les autres. Ambrosia, quand tu nous tiens !

 

Sick Speed

The Way I Am

Écrit par

Surprenante découverte que ce premier album de Sick Speed ! Réunissant d'anciens musiciens du déjà culte Stuck Mojo, Sick Speed défie les lois du métal d'aujourd'hui en provoquant avec bonheur des croisements dont on pourrait croire, à priori, qu'ils sont contre nature. Combinant des riffs à la Korn et des vocaux mélodiques, titillant le métal industriel tout en vénérant l'esprit du hard rock des années 80, Sick Speed gagne son pari haut la main ! Sur certains titres l'organe vocal de Rich Ward n'est pas sans rappeler un certain Dee Snider, sémillant chanteur de Twisted Sister, groupe glam américain qui connut son heure de gloire le temps de quatre albums incontournables. Les riffs de guitare sont imparables, et de nombreux refrains d'une efficacité endiablée. Complètement en marge de tout ce qui se fait maintenant au pays de l'Oncle Sam, Sick Speed séduira les mordus de néo métal comme les amateurs d'un hard plus traditionnel. Prenez un peu de recul avant d'écouter cette plaque de métal universel. Ne vous y lancez pas tête baissée. Mais l'aventure vaut la peine d'être vécue…

 

Scumbucket

Aficionados

Leur rock plutôt lourd, tendance stoner, devrait ravir les fans de Queens of the Stone Age et de Fu Manchu, d'autant plus que les mélodies sont solides et les tempos costauds. A la base de ce son bien plombé, on trouve un Allemand, un Espagnol et un Anglais. Bref une sacrée équipe pour battre le Brésil et fermer le clapet de Ronaldo une fois pour toutes. Celui-ci, d'ailleurs, écoute sans doute Enrique Iglesias, alors que son pays compte en ses rangs de supporters ce vieux Max Cavalera, gloire du métal (inter)national. Attention : loin de nous l'idée de comparer Scumbucket à Sepultura… Certes, les deux ne font pas dans la dentelle, mais Scumbucket a le mérite d'être audible, s'approchant parfois du génie mélodique de Masters of Reality, groupe honteusement méconnu et dont la musique vaut autant que celle de Josh Homme et de son ami exhibitionniste. Avec ce disque fort bien foutu, qui devrait s'assurer pas mal d'aficionados, Scumbucket rejoint la cour des grands de l'âge de pierre. Chaud devant !

 

Selby Tigers

The Curse of The Selby Tigers

Produit par John Reis de Rocket From The Crypt, le deuxième album des garage punks Selby Tigers dégage grave… pour autant qu'on ait échoué sur une île déserte ces derniers mois, sans radio ni télé. Sinon, il ressemble à Yeah Yeah Yeahs, Gluecifer, The Hives, voire les White Stripes ou Le Tigre ; bref à du rock DIY et CBGB de NYC. LHOOQ, la chanteuse ? Pas plus que le chanteur, sorte de Frank Black plus mince (pas dur) à la fausse moustache. Ce disque, avec ses voix criardes et ses mélodies à deux accords, pourrait servir d'ABC à l'apprenti punk rocker, tant il est facile d'accès et agréable à écouter. Bon plan pour capter l'ambiance musicale de cette année, sinon sans grand intérêt artistique (CQFD).

 

Sentenced

The Cold White Light

Écrit par

Si Nightwish est le groupe finlandais le plus médiatisé du moment, Sentenced est sans doute le plus sous-estimé des nombreux combos originaires de la patrie de Tarja. Ce "Cold White Light", mine de rien, célèbre déjà leurs dix ans de carrière. Une carrière riche de six albums 'dark', atmosphériques, mélancoliques, froids comme la glace. L'intro est lourde, façon My Dying Bride, mais bien vite l'atmosphère générale devient légère et souple. Les vocaux sont clairs, les mélodies poignantes, et le jeu de guitare évoque le gothic métal d'Entwine ou de Him. Mais la musique est assez différente pour qu'on ne soit pas obsédé par ce lien de parenté. Comme "Killing me, Killing you", issu du superbe "Frozen", "Cross my heart and Hope to die" possède toutes les qualités pour faire un bon single, accessible à un plus large public. Des titres tels que "Blood and Tears" et "Neverlasting" procurent le grand frisson dès la première écoute, tandis que les arrangements, plus soignés qu'à l'accoutumée, donnent à l'ensemble de l'œuvre une impression de grandeur et de noblesse. Sentenced frappe très fort! Laissez-vous séduire par son métal empreint de mélancolie nordique.

 

Ron Sexsmith

Cobblestone Runway

Déjà un sixième album pour ce folk-singer de Toronto, et toujours pas de consécration à l'horizon. Pourtant, ce " Cobblestone Runaway " n'est pas avare en compos superbement maîtrisées (" Least That I Can Do ", pour n'en citer qu'une), d'autant plus que Ron Sexmith dispose d'un grain vocal particulièrement envoûtant (à la fois grave et léger). On pourrait dire : " Un garçon charmant, ce Ron. Un peu timide, certes. Le genre de copains que les mères adorent ". Mais surtout, le genre de chanteurs que tout le monde aime, mais que personne n'écoute. C'est bien dommage, parce que " Former Glory ", Gold In Them Hills " ou encore " Dragonfly On Bay Street " (aux touches électroniques surprenantes, un peu disco) sont des chansons fort émouvantes. Chris Martin, lui, ne s'y est pas trompé, puisqu'il est venu seconder son pote sur " Gold In Them Hills (Remix) ". Quand on sait le succès de Coldplay, certes amplement mérité, on se dit quand même que le monde est trop injuste. " Ron, tu as aussi ta place aux côtés des plus grands songwriters folk-pop du moment ! ", hurlons-nous à qui veut l'entendre. Et ça fait six albums qu'on le dit. Un auditeur (nous) par album, cela fait six auditeurs. Assez pour créer un fan-club : le RSCA (Ron Sexmith Club Amateurs). Allez, encore cinq, et on l'a, notre équipe de foot !

 

Tom Shaka

Bless my soul

Écrit par

Sicilien d'origine, Tom Shaka est un excellent bluesman. Presque quinquagénaire, il jouit d'une énorme popularité en Allemagne, pays au sein duquel il réside le plus clair de son temps. Il y a d'ailleurs enregistré deux albums pour Crosscut : "Hit from the heart" en 90, et "Hot 'n' spicey" en 93 ; trois pour Stumble : "Blues Magic" en 97, "Timeless in blues" en 95 et "Keep on keepin' on" en 99. Il avait également commis un elpee en compagnie de son frère Bill, en 2000. Paru sur ce label Acoustic Music, il s'intitulait "Blues blood".

Tom débute sur les chapeaux de roue par un brillant "I feel so good today", une composition signée par son ami Honeyboy Edwards. Sa voix est rocailleuse et puissante. Il joue de la guitare tout en soufflant avec brio dans son harmonica posé sur le rack! Shaka a assimilé l'essentiel des plus grands : depuis Charlie Patton à Blind Lemon Jefferson, en passant par Big Joe Williams et quelques autres. C'est évident sur le "Going up to the country, paint my mailbox blue" de Taj Mahal. L'émotion pure transpire facilement de ses notes. Il le démontre tout au long de "Down & out in Amsterdam" ; un morceau au cours duquel il susurre chaleureusement son texte, hanté par Lightnin' Hopkins. Superbe! Une sensation qui se reproduit à plus d'une reprise sur ses compositions. A l'instar de l'intense "Churchhouse blues" ou encore de "War blues", sur lequel il me rappelle assez bien un de ses amis, Louisiana Red. Sa technique instrumentale est très affûtée. Elle est impressionnante tout au long de l'instrumental "Tom's boogie". Shaka reprend aussi quelques classiques bien connus tels que "Smokestack lightnin" d'Howlin' Wolf, "You gonna miss me" de Muddy Waters, le fameux "Georgia rag", de Blind Willie McTell ou encore "Sitting on top of the world" de Little Walter, qu'il interprète en s'accompagnant à la mandoline. La reprise qui me botte cependant le plus appartient à une petite partie de rock'n'roll solitaire signée Huey "Piano" Smith : "Sea Cruise". Et c'est d'une voix bien grave qu'il achève cet opus par "Keep your eyes on the road". Recommandé !

 

Sand

Still Born Alive

En mélangeant les lettres qui composent le nom du groupe, vous obtenez, à une lettre près, le mot ‘danse’. Quant au titre, il rappelle étrangement le tube disco de Patrick Hernandez, cet hymne régressif coupable de faire se dandiner les étudiants bourrés sous les spotlights des kermesses aux boudins… Autant d'éléments devaient donc nous mettre la puce à l'oreille : derrière le patronyme Sand se cacheraient d'infâmes adorateurs des Bee Gees, des enfants bâtards de Patrick Juvet et d'Amanda Lear. Mais l'écoute du premier morceau fout (heureusement) en l'air tous nos pronostics : en proclamant les noces des guitares les plus abrasives et des beats les plus cradingues, Sand ressemble plus à Death In Vegas qu'à Hollywood and the Bananas. Rassurés, nous prêtons l'oreille plus attentivement : à certains moments, on croirait entendre Bobbie Gillepsie chanter chez Mr Oizo (" Body in the river "), ou Add N to X prêter ses vieilles machines à Roni Size (" Bug Chaser ")… Sur la plupart des titres, on assiste donc à un déluge (super)sonique où la fée électro aurait jeté un sort au rock le plus binaire… Malheureusement, ces décharges fusionnelles ont plutôt carbonisé les batteries et fait sauter les fusibles que provoqué une véritable poussée d'adrénaline. Pas que " Still Born Alive " soit décevant sur toute la ligne (" Airlock " et " Whalebone Snack " sont sympas) ; mais il lui manque juste un peu de sève et d'originalité pour casser la baraque. Le dernier morceau, " Rubber Eye ", court ainsi après l'ombre d'un Red Snapper qui se serait drogué à l'EPO, mais qui aurait trébuché avant la ligne d'arrivée. Dommage, mais ce n'est que partie remise.

 

Hope Sandoval

Bavarian fruit bread

Écrit par

Hope Sandoval a quitté David Roback. Et par la même occasion Mazzy Star. Elle a décidé depuis d'entamer une carrière individuelle. Et ce " Bavarian fruit bread " constitue son premier opus solo. En fait, pour enregistrer ce disque, elle s'est entourée d'une multitude de collaborateurs. Et notamment le héros folk Bert Jansch, qui s'est réservé la guitare sèche sur deux titres. Et puis d'un groupe : les Warm Inventions, au sein duquel on retrouve son nouveau partenaire, Colm O' Coisoig. Mieux connu pour avoir joué des drums pour le défunt et mythique My Bloody Valentine. Colm ne se contente cependant pas de la batterie sur cet elpee, puisqu'il s'est réservé la plupart des parties de guitare. Qu'il a appris en deux ans. Si on retrouve toujours la voix douce, hantée, détachée et sensuelle de Sandoval (NDR : un timbre vocal semblable aux flocons de neige qui se couchent sur le sol…), les compositions s'appuient sur une instrumentation principalement acoustique, des compositions cependant capables de s'aventurer tantôt dans un paysage atmosphérique, noisy ou psychédélique, des compositions réminiscentes du Velvet Underground, de Jesus & Mary Chain voire de My Bloody Valentine, mais sous leur forme la plus épurée. Pour My Bloody Valentine, pas difficile de comprendre pourquoi. Pour Jesus & Mary Chain, suffit de se rappeler que Hope avait chanté sur le single " Sometimes always " des frères Reid. En outre, elle reprend ici " Drop " de l'elpee " Automatic ". " Bavarian fruit bread " révèle ici sa beauté dans la subtilité des harmonies posées sur le bord de la léthargie ; et on tombe peu à peu sous le charme de ces ballades nonchalantes, traversées tantôt d'un harmonica, d'un piano, d'une section de cordes ( " Feeling of gaze " ), d'une pedal steel ou d'un glockenspiel, des ballades trempées dans un psyché folk brumeux, spectral, mystérieux, magique, captivant et complexe, au cœur duquel le très beau " Clear day ", abordé à la manière du " Harvest " de Neil Young mériterait une gravure en single, et surtout un passage sur les ondes radiophoniques. Un bien album auquel je n'adresserai qu'un seul reproche : un tempo lent et uniforme. Soit il finit par envoûter, soir par agacer. Suivant les sensibilités…

 

Lee Sankey

My day is just beginning

Écrit par

Né à Londres en 1970, Lee Sankey est un jeune harmoniciste anglais qui a la particularité de ne plus avoir un poil sur le caillou. Largement inconnu sous nos cieux, ses premières expériences musicales ont été opérées dans les milieux hip hop, avant qu'en 83, il n'assiste à un concert du groupe de blues Howlin' Wilf and the Veejays. Son influence majeure devint alors son compatriote Paul Lamb, avant qu'il ne taquine des géants comme Little Walter, Sonny Boy Williamson, Sonny Terry, Kim Wilson et William Clarke. Depuis, il a beaucoup travaillé. Il apporte même de l'originalité à son style dans lequel le blues flirte avec jazz, le roots et le funk.

Lee a écrit toutes les plages de l'album. Il est aussi le responsable des arrangements et de la production. Il est entouré d'une formation assez conséquente, au sein de laquelle on retrouve le redoutable Matt Schofield aux guitares, David Migden au chant, Jeff Walker à la basse, Rob Eyers aux drums et une section de cuivres composée de Nick Payn, Sid Gauld et Andy Hamilton.

L'ouverture "Drinking game" lorgne vers un R&B largement cuivré. Schofield y produit un excellent solo dont un maximum de notes est libéré dans un ton proche du jazz. Si le morceau tient bien la route, il écarte de manière assez surprenante, l'harmonica. Il est vrai que Sankey joue aussi des cordes. L'opus embraie par le jazzyfiant "Only my baby". Lee souffle à la manière de notre Toots national. Le ton est d'une clarté irréprochable. Le chanteur Migden s'acquitte bien de sa tâche. "Woman and trouble " est une superbe plage rythmée. David Migden chante à la manière d'Earl Green, le chanteur actuel des Kingsnakes. La tonalité et le phrasé sont identiques. La guitare disserte avec beaucoup d'originalité. Les cuivres rejoignent le rythme ; et en finale, l'harmonica se déchaîne. Un exercice très réussi ! L'harmo se mêle ensuite à la ligne de cuivres pour entamer "Shout it on out". Une plage blues plus conventionnelle. Sankey est passé à l'instrument chromatique. Il souffle avec beaucoup de verve et d'inventivité. Retour au bop jazz sur "Office politics". La sonorité d'un harmonica blues, plus proche d'un classique, intervient lors de l'interprétation de "Stone in my shoe". Une plage nerveuse, assez longue, au climat instrumental qui monte facilement en puissance, permettant aux solistes de s'évader au cœur de prestations toujours sobres et éclairées, tant à la guitare qu'à l'harmonica. "S'picious" est un shuffle assez proche de ce que nous offrent habituellement les meilleurs Texans Migden domine les vocaux. La guitare et harmo travaillent à l'unisson pour notre bonheur ; et en fin de parcours, le ralentissement du rythme est judicieux. "My day is just beginning" opère huit minutes de dissertation jazz. Tous les instrumentistes évoluent à un niveau plus que respectable ; et en particulier la section rythmique. Caractérisé par un effet vocal saisissant à la Howlin' Wolf, le funkysant "I don't like my way of living" est un réel bonheur! Cet excellent album s'achève par le vigoureux "Where we going to". Mais lorsqu'il n'y en a plus, il y en a encore. Car cet elpee nous propose en bonus, un EP de près de 50'. Un disque qui s'ouvre par le superbe slow blues "She's not alone'. Une compo très dépouillée, probablement inspiré par T-Bone Walker. Les trois titres live confirment tout le talent manifesté par le Lee Sankey Group. Son savant cocktail de blues et de jazz mâtiné de funk fait vraiment merveille. La version de "Stone on my shoe" évolue également à ce haut niveau. Une excellente découverte !

 

Saybia

The second you sleep

Écrit par

Bien que fondé en 1993, ce quintet danois vient seulement d'enregistrer son premier album. Faut dire que la formation a longtemps cherché son identité musicale. A ses débuts, elle militait même dans le domaine du hard rock. Avant de commette " The second you sleep ", Saybia avait quand même commis deux singles, " 7 demons " et " The day after tomorrow ", deux fragments que l'on retrouve sur cet opus. Un disque essentiellement constitué de ballades. Des ballades taillées dans la britpop. Paradoxal pour un groupe scandinave ! Une britpop hypermélodique, mise en valeur par la voix de Soren Huss, dont le timbre campe un hybride entre celui de Thom Yorke (Radiohead), de Matthew Bellamy (Muse), de Fran Healey (Travis) et de John Lees (Barclay James Harvest). Et dont la musique navigue à la croisée des chemins de ces quatre ensembles. Vous avez certainement déjà eu l'occasion d'entendre, ou d'écouter, le très beau " The second you sleep ", sur l'une ou l'autre station radiophonique. L'album est de la même veine. C'est peut-être ici que le bât blesse, car on a l'impression que toutes les chansons sont issues du même moule. Parfois un peu plus ou moins hymniques. Parfois un peu plus ou moins enlevées. Seule exception qui confirme la règle : " The one for you ". Un fragment très lent, ténébreux, modulé par la section rythmique légèrement jazzyfiante. C'est probablement sous cette forme que Saybia a le plus de chances de sortir de l'anonymat…

 

Tony Scherr

Come Around

Compagnon de virée de pas mal de groupes new-yorkais (des furibards Lounge Lizards à la douce Norah Jones), Tony Scherr sort son premier album, sur le vénérable label de Sonic Youth (Lee Hazlewood, Fuck, Catpower,…). " Enfin ! ", diront certains, " Qui ? ", diront d'autres… en tout cas, qu'on le connaisse ou pas, son country-folk ne laisse pas de marbre. Pourtant, ce " Come Around " n'offre rien d'exceptionnel à se mettre sous la dent : juste de la bonne zique, tranquille, laidback, bref au poil (pour autant qu'on aime ce genre de complaintes poussiéreuses à la Jim White, voire à la Palace). On savait Steve Shelley capable d'exhumer de vieux trésors (les rééditions du grand Lee) : encore une fois, il a découvert une belle pépite.

 

Schneider TM

Zoomer

Il y a deux ans, Schneider TM nous gratifiait d'une reprise amusante du fameux " There is a light that never goes out " des Smiths : un exercice de style apparemment vain, mais qui laissa des traces (prémices de l'elektroklash ?). Avec ce " Zoomer ", Dirk Dresselhaus fera sans doute moins de vagues : pas que ses morceaux ne soient déplaisants (on pense à du Kraftwerk remixé par Jimi Tenor), bien au contraire… Seulement voilà, l'Allemagne, en deux ans, a enfanté d'un autre trublion à l'élégance rare, dont l'électro-cabaret (dixit lui-même) frappe plus notre imagination : Gonzales. Tant qu'à mélanger joyeusement bleeps canailles, voix sous acide et refrains pop, un " Presidential Suite " ferait mieux l'affaire. " Zoomer " arrive certes en bon deuxième avec ces petits tubes d'électro-pop minimalistes ; mais rien ne sert de courir : Schneider TM n'impressionne plus autant qu'en singeant Morrissey. Comme le dirait notre ami fan d'Oscar Wilde : " Some Germans are biggers than others ".

 

The Scooters

I can see your house from here

Écrit par

Les Scooters nous viennent du Pays de Galles, de Cardiff très exactement. Premier véritable album, " I can see your house " fait suite à " Peepshow ", un mini elpee paru en 2000, dont le titre maître était même devenu un hit aux States. Ce qui explique, peut-être pourquoi le nouvel opus y a été enregistré. A Los Angeles, pour ne rien vous cacher. Sous la houlette d'un certain John Mastro, dont le patronyme pourrait être synonyme de maître es mise en forme. A l'origine, le quintette puisait son inspiration dans la new wave ; et en particulier chez Squeeze. Faut dire que les harmonies vocales conjuguées par les deux chanteurs, Anthony Carey (le guitariste) et Tim Rooney (le drummer), sont aussi soignées que chez le trio Glen Tilbrook/Chris Difford/Paul Carrack. Et c'est une référence ! " I can see your house from here " fait davantage la part belle à la britpop. Une britpop mélancolique, raffinée, hymnique, alimentée de lyrics intelligents mais ténébreux, dont la première écoute évoque inévitablement Travis. Hormis le power pop " GBH " (Buzzcocks ?) et l'allègre et cuivré " Broadway mission ", les 8 autres fragments sont sculptés dans la ballade. Mais la ballade dont les contrastes sont largement amplifiés Des contrastes tantôt enrichis d'une section de cordes, de bruitages électroniques, de textures acoustiques relativement complexes, de sonorités de guitare bringuebalantes ou encore d'un piano sonore réminiscent de Coldplay. A l'instar du très beau final " The hardest thing ". On a même droit chez " 5 o' clock " à un titre de country/folk alternatif que n'aurait pas désavoué les La's. Pure pop !

 

Scratch My Back

Take that train (demo)

Écrit par

Depuis quelque temps, La France est traversée par une vague de West Coast et de Jump. Rosebud Blue Sauce et Bluesin' Machine sont des groupes qui pratiquent ce style de fort belle manière et avec beaucoup d'esprit. Le groupe nantais Scratch my back fait partie de cette mouvance. Il se produit sous un line up basique (basse, guitare, batterie et harmo) ; mais lorsqu'il interprète des morceaux plus swing, il fait appel à une section de cuivres.

Premier titre de la démo, "Party girl" permet de découvrir le ton que cette formation entend imposer. Les accents jazzy sont hérités de T.Bone Walker et de ses compères. La section rythmique est impeccable. L'harmoniciste technique est épaulé par un sax aérien. Le solo du guitariste démontre une maîtrise des accords de la côte ouest-californienne et révèle une influence manifeste d'artistes de la trempe de Rick Holmström ou encore d'Alex Schultz. Deuxième plage, "Caldonia" (NDR : la version 2, celle de Louis Jordan) nous entraîne dans un swing très dansant. Un fragment qui confirme la cohérence du band et la direction empruntée. Retrouver le son de la période 40's & 50's semble être une de leurs préoccupations. "Big boss woman" amorce un changement de cap. Un titre de funky soul dans la lignée des JB'S ; et plus particulièrement de Maceo Parker, le saxophoniste disjoncté (NDR : dont "Scratch my back" a assuré une première partie). Ce CD se termine par "Keep it yourself" de Sonny Boy (Rice Miller). Ce blues rythmé met en exergue le jeu de l'harmoniciste/chanteur et démontre l'étendue des qualités de ces musiciens qui ne peuvent encore qu'évoluer. La tournée opérée aux States le printemps dernier a certainement dû les "booster". Ils se produiront dans la région du Nord pas de Calais, cet automne. Ne les manquez surtout pas !

 

Saint Etienne

Finisterre

Saint Etienne s'est toujours donné pour mission périlleuse de composer la chanson pop ultime, l'anthem (euro)dance idéal, le tube FM incendiaire. Douze ans que ça dure, et toujours pas la timbale, le podium, la piste aux étoiles. Au bout du compte, Saint Etienne s'est petit à petit engoncé dans une formule sans cesse remâchée, au risque de ne jamais conclure, mais surtout de ne plus séduire. C'était sans compter sur l'énergie et la persévérance de Pete Wiggs, Bob Stanley et Sara Cracknell, qui cette fois-ci semblent au bord de la réussite. Le Saint-Graal à portée de main, le trio anglais n'a plus qu'à prier Saint-Top of The Pops pour que leurs chansons se transforment en hits et forcent enfin les portes de la gloire et des dancings de la planète. Car ce " Finisterre " n'est pas avare en pépites dance-floors (" Action ", " Amateur ", " Shower Scene " qu'on croirait piqué à New Order, " New Thing ") et en slows downtempo, avec mirror balls et paillettes eighties en option (" Summerisle ", " Stop And Think It Over "). Finies les ambiances trop délétères de son prédécesseur " The Sound Of Water " (produit par To Rococo Rot et Sean O'Hagan des High Llamas), " Finisterre " roule plutôt des mécaniques sur les pistes de danse et sous les sunlights des tropiques. Tel le Phoenix qui renaît de ses cendres, Wiggs, Stanley et Cracknell sont donc repartis pour un tour (de carrousel) à tenter d'attraper la floche du succès. Parce que comme le dit leur ami Etienne Daho (fan de la première heure) : ‘Notre manège à nous, c'est eux !’