La première ébauche de Beguiling Junior

Le mystérieux duo Beguiling Junior, formé par Kaya Wilkins (Okay Kaya) et Oli Burslem (YAK), s'apprête à dévoiler son tout premier elpee intitulé « First Cut ». Attendu pour le 2 octobre 2026, ce disque marque la naissance officielle d'une collaboration aussi…

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The Lemonheads rendent hommage à Townes Van Zandt

Un jour, on réalisera un film sur Townes Van Zandt – ce troubadour à part qui a inspiré tout le monde, de Bob Dylan à Willie Nelson en passant par Emmylou Harris et Evan Dando des Lemonheads. Sorti le 9 septembre, le nouveau single « Rake » est le premier…

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Girls Against Boys

You Can´t Fight What You Can´t See

Depuis plus de trois ans, on était sans nouvelles des Girls Against Boys (si ce n'est via la BO de " Series 7 "). Sans doute trop occupé à vouloir redorer son blason suite au bide de " Freak*On*Ica ", le groupe de Scott McCloud était donné pour mort, mangé tout cru par l'industrie du disque. Et voilà qu'il est de retour, plus en forme que jamais : finis les détours électro de ce " Freak " assez tiède, envolés les doutes existentiels et les remises en question (major oblige), Girls Against Boys est reparti pour un tour en première division de l'Internationale noisy. Produit par Ted Niceley, déjà responsable du son ravageur de leur " House of GvsB ", " You Can't Fight What You Can't See " sonne monstrueux : les deux basses de Johnny Temple et d'Eli Janney martèlent des lignes d'enfer (" Basstation ") et la voix de Scott est toujours aussi sexy… " Pussycat, what's new ? ", chante-t-il sur " All The Rage " : ce qui change ici, c'est justement ce retour aux sources, cette marche-arrière des influences que l'on aurait redouté chez les autres mais que l'on accueille avec joie chez les GvsB. Car leur rock écorché, hypnotique et moite n'a jamais mieux sonné que dépouillé de toute production trop léchée, comme c'était malheureusement le cas avec " Freak*On*Ica ". Ici, on retrouve le GvsB des guitares folles, pétant de jeunesse sonique et de mélodies magiques (" Kicking The Lights " et ses chœurs à la Pixies, le langoureux " Let It Breathe ", " Tweaker " et ses rythmes affolés). Parrain de toute une génération abonnée aux montées d'adrénaline (Mogwai, Six By Seven,…), Girls Against Boys ranime encore une fois la flamme d'un rock mature mais sans concession. Grand!

 

Ginger Ale

Laid Back Galerie

Ginger Ale, c'est l'histoire de Stéphane Bertrand et Jonathan Chaoul, deux producteurs français qui emboîtent le pas d'Air et maintenant de Cassius, à savoir écrire de vraies chansons sous influence électronique. Finis les morceaux instrumentaux, retour au format plus classique (et résolument en vogue) du single chanté par un invité de marque : ici Sondre Lerche (Röysopp n'est pas loin), Etienne Daho, Matthieu Malon (Laudanum), Johan Asherton et l'inconnue (plus pour longtemps) Angèle David-Guillou, alias Klima. Album de producteurs à la Playgroup, " Laid Back Galerie ", comme son titre l'indique, retourne aux prémices eighties de la house et de l'électro, les voix en plus. Au final, un beau voyage dans le temps, de Siouxsie (la reprise sautillante de " Happy Hour ") à Manchester, avec une brève escale à Rome (" If ", sorte de " Week-end à Rome " revisité, avec en guest-star… Daho lui-même). Mais malgré ses détours et ses virages en épingle, " Laid Back Galerie " surprend par sa cohérence, et semble montrer la voie que devait emprunter l'électro française si elle veut sortir de son ornière - privilégier plutôt le format de la chanson pop que celui des dance-floors. En ce sens, l'album de Ginger Ale est une belle réussite, et le signe avant-coureur d'un renouveau de la scène électro française.

 

Big Gilson

Live at the Blue Note NY

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Né au Brésil, à Rio de Janeiro très exactement, Big Gilson es âgé de 43 ans. Il a drivé le groupe local Big Allanbik, responsable de 4 albums au cours de son existence. " Live at the Blue note NY " constitue son 3ème opus solo. Il fait suite à "Yellow mojo blues", commis en compagnie d'Alan Ghreen" et "Car driver blues", déjà paru chez Topcat. Ce petit dernier a été enregistré live, en février 2000, dans le plus grand club de jazz au monde : le Blue Note de New York.

Big Gilson a toujours été inspiré par Johnny Winter et d'une manière plus générale par le Texas blues. Il est ici entouré par les Solid Senders. Marty Bauman est à la guitare, Steve Shaw à la basse et Bob Berberich aux drums. Ils sont épaulés par l'harmoniciste de Washington DC, Bruce Ewan.

L'elpee s'ouvre par "Tribute to Roy Buchanan". Un hommage appuyé au formidable guitariste disparu. Toujours pas repu, il reprend également "Messiah will come again" du même Buchanan. Un blues très lent et d'excellente facture. La présence de l'harmoniciste Bruce Ewan est un plus pour les Solid Senders. C'est en outre une collaboration cinq étoiles sur "Cab driver blues", même s'il faut oublier la voix passablement faible de Gilson. Heureusement, la slide de ce dernier fait facilement passer cette carence. La bonne impression laissée par Ewan subsiste sur "Ghreen's boogie", un boogie très participatif au cours duquel il se révèle percutant, doué d'un phrasé clair, habile dans les tons jazz. C'est avec un certain soulagement que Big G cède le relais vocal à son ami Bruce qui entame aussitôt deux compositions de Little Walter : "Blue and lonesome" et "I got to go". En harmonie complète avec la slide gouailleuse, la première est majestueuse. Elle est jouée sur l'instrument chromatique, avec beaucoup de passion et de feeling. Ewan accelère à fond sur l'harmo diatonique pour amorcer le second. L'intervention de Gilson sur cette plage est tout à fait brillante. Ewan est à nouveau mis en évidence sur "Judgment day" de Snooky Pryor". Une redoutable version, dont il respecte le style. Pour aborder "Shake your moneymaker", le célèbre tube d'Elmore James, les Senders bénéficient de la participation d'un autre guitariste : le très doué Bobby Radcliff. Pourtant, on ne l'entend plus guère depuis quelques années. Elève de Magic Sam Bobby, ce musicien de Washington compte quatre albums sur le label Black Top, à son actif. Mais son dernier, "Live at the Rynborn", date déjà de cinq ans ! Son intervention est nerveuse et sans bottleneck, Big Gilson se réservant la slide. La dernière plage est encore une cover d'Elmore J : "Drivin' wheel". Rampe de lancement idéale pour le décollage final de ce guitariste brésilien doué, elle s'étend ici sur plus de neuf minutes. L'opus recèle également "Hey doc", un blues original, très enlevé, marqué par les éclats d'Ewan à l'harmo. Un musicien à suivre, c'est une certitude...

 

Beth Gibbons & Rustin Man

Out of season

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La voix enchanteresse de Portishead, rappelons-le quand même, en vacances depuis maintenant près de 5 longues années, ressurgit aujourd'hui (encore et toujours) parée de ses plus beaux atours. Fer de lance du mouvement trip hop, flanqué de Massive Attack et/ou de Morcheeba, Portishead a durablement marqué les esprits à la recherche de spleen et de pathos à l'extrême. Suintant d'une émotion rarement autant exprimée par une voix, et soutenue d'une manière aussi pertinente par une musique parfaitement équilibrée entre sample et rock, la formation de Bristol nous a gratifiés de 2 albums désormais élevés parmi mes classiques. Et je ne suis pas le seul à le penser. Je rappelle une nouvelle fois que le groupe ne donne plus signe de vie sous cette configuration. Alors comme mise en bouche et comme pour mieux raviver cette empreinte, Beth Gibbons s'offre une petite gourmandise, en compagnie de Rusty Man. Si des comparaisons doivent absolument être établies, il faut franchement reconnaître que tout au long de cet " Out of season ", sa voix n'a jamais été aussi soul, aussi ‘mûre’. En résumé, Gibbons chante plus qu'elle ne gémit ! Si, si ! Force est de constater que la tentative se solde par une réussite complète. Musicalement, Rusty Man la joue plutôt acoustique, paisible, tranquille sous un arbre. Limite démodé. Cette plaque existe de façon autonome. Définitivement. Les fans de Portishead y trouveront leur compte, d'autres pas ; certains découvriront, d'autres passeront à côté. Ainsi va la vie…

 

Giant Sand

Cover magazine

Écrit par

Cet opus pourrait bien être le dernier de Giant Sand. En fait, vu son succès, Calexico exige de plus en plus de dépense d'énergie au tandem Convertino/Burns. Résultat des courses, il ne dispose plus assez de temps pour épauler Howe Gelb. Ce dernier va donc devoir, plus que probablement, se concentrer sur sa carrière solo.

Pour fêter le 20ème anniversaire du groupe, le trio est quand même parvenu à se réunir, le temps d'enregistrer cet opus. Un disque presque exclusivement constitué de reprises, qui a bénéficié du concours de leurs meilleurs amis. Et tout d'abord de Polly Jean Harvey. Sur la cover aride, fiévreuse du " Johnny hit and run Pauline " de X. Aux backing vocaux. Ou plus exactement aux gémissements sanglants. Matt Ward ensuite. Aux chœurs et au piano. Pour la version énigmatique, méconnaissable, cuivrée, du célèbre " Iron man " de Black Sabbath. On frôle même parfois ici l'univers du jazz moderne. Neko Case et Kelly Hogan, encore. Toujours aux backing vocaux. Sur le blues lo fi signé Johnny Cash " Wayfaring stranger/Fly me to the moon ", dramatisé à la manière de Will Oldham. Jim Fairchild, le guitariste de Grandaddy, enfin. Chez le crazyhorsien " Blue marble girl ". Une compo de Gelb interprétée 'live' à Oslo. Le disque épingle encore deux enregistrements immortalisés en public. Et en particulier le classique de concert " The inner flame ". Un morceau signé par feu Rainer Ptacek, un pote de Gelb disparu en 1997. Sans oublier l'adaptation du célèbre " The beat goes on " de Sonny & Cher. Qui bénéficie ici de deux versions sculptées dans la rumba. Une live : la dernière de l'elpee. Et une autre en studio, qu'il partage en duo avec Sofia, son épouse. Les autres covers épinglent encore le folk sinistre " Red right hand " de Nick Cave ; le lugubre " Human/lovely head " de Goldfrapp, dont l'atmosphère oscille entre jazz et trip hop ; une interprétation très libre du classique de jazz " King of the road " ; la cover bluesy du " Plants and rags " de PJ Harvey (NDR : encore !) ; " I'm leaving now (Adios) " de Johhny Cash, une adaptation de country jazz que ce même Cash aurait pu jouer s'il s'était mis à écouter Chuck Berry ; et enfin, " El paso/Out of the week end ", un medley qui s'ébroue dans le tex mex, ou si vous préférez le mariachi, avant de virer assez rapidement vers une superbe adaptation d'" Out of the week end " de Neil Young, plage qui figurait sur l'incontournable " Harvest ". La sélection de toutes les plages de cette œuvre varie en style et en genre ; démontrant ainsi que Gelb possède parfaitement l'art d'assortir une cover avec l'invité approprié…

 

Geschmacksverstarker

God = pushin´

A part leur nom à coucher dehors, ces deux Limbourgeois ont tout pour plaire, du moins si l'on est fan d'EBM et de métal indus : riffs bien crades et acérés, beats tectoniques, voix électrifiées, refrains rentre-dedans. Découverts avec " Blow Your Cover ", ils reviennent en pleine forme avec ce " God = Pushin' " féroce, rappelant les heures de gloire de Front 242 et des Young Gods, voire de Prodigy (" Motion Thrills ") ou de Stabbing Westward (" Sold Out ! "). Tout cela pourrait sonner un peu " vintage ", ce genre de fusion techno-métal-industriel n'ayant plus forcément la cote auprès des jeunes, plus friands de Faithless et de Nickelback… Pourtant, mettez-les sur un ring avec Maxi Jazz, et ils vous le plient en deux d'un tour de main (voir la pochette). A force d'être arrogant (" Pushin' "), dieu ne sera plus alors DJ, et Faithless d'atterrir dans les bacs à soldes, sa véritable destinée. Faut pas pousser ces Limbourgeois, sinon ils se fâchent. A bon entendeur…

 

Mary Gauthier

Filth & Fire

‘De la country !’, s'exclame le néophyte, la peur au ventre et les mains sur les oreilles. Certes, la country évoque pour nous les stetsons élimés, les étoiles de sheriffs, Willie Nelson et Kris Kristofferson chevauchant leur guitare comme un yankee son taureau dans l'arène. A l'écoute de l'album de Mary Gauthier, tous ces stéréotypes, heureusement, volent en éclats : son " Filth & Fire " prend aux tripes - et toutes nos railleries préparées pour l'occasion d'être reléguées au placard. Cet album est un album de country, mais il est accessible à tous, du rockeur fan de Ben Harper au néo-folkeux n'écoutant que Palace et Lambchop. On y retrouve tous les ingrédients de la country, la hargne en plus : c'est que Mary Gauthier n'a pas eu la vie facile (junkie, fugueuse, SDF, …), et sait merveilleusement nous en chanter le récit. Ses paroles sont tétanisantes, on reste pendue à ses lèvres du début à la fin, et pourtant ce n'est pas gai. En s'érigeant porte-parole des laissés-pour-compte de l'Amérique profonde, Mary reprend le flambeau d'Emmylou Harris, l'une de ses idoles, pour mieux la surpasser. Révélée il y a un an avec " Drag Queens in Limousines " (fameux titre pour un album country), Mary Gauthier devrait devenir énorme.

 

Galahad

Year Zero

Écrit par

Cet elpee fait figure d'OVNI dans le paysage prog de l'an de grâce 2002. Franc-tireur anachronique et singulier, Galahad n'en est pas moins l'auteur d'une œuvre 'originale', séduisante et captivante. Comment oser qualifier d'" original " un album qui, telle la madeleine de Proust, évoque tant de souvenirs ? Il est indéniable que ses concepteurs ont beaucoup écouté des groupes aussi variés que Yes, Asia, Porcupine Tree, Hawkwind, Tangerine Dream et j'en passe… Mais il faut saluer leur capacité à réinventer la syntaxe d'un vocabulaire emprunté, à assembler des mots antagonistes en alexandrins chatoyants, puis en poèmes puissants et longs en bouche.

Après une introduction composée d'errements électroniques espiègles, la deuxième plage lance les hostilités avec panache. La magistrale combinaison d'une rythmique irrésistible et de riffs synthétiques superbement distribués nous plonge dans un espace sonore immense. Et même si la suite n'est pas intégralement à la hauteur, elle réserve suffisamment de moments de bravoure pour mériter une mention spéciale. En fait, la référence la plus évidente, dans l'architecture d'ensemble, consacre Alan Parsons Project, dont Galahad conserve aussi la prédilection pour les morceaux chantés à tempo lent et richement orchestrés. Mais l'APP des meilleurs jours, avant qu'il ne devienne insipide. Et avec cette réserve que Galahad ménage quelques ponctuations très énergiques, transitions facétieuses et cassures pertinentes telles qu'on n'en a jamais entendu chez APP. Par ailleurs, le CD offre de longs soupirs romantiques ou expérimentaux aux notes de synthé aussi capricieuses que le vol d'un papillon. Le chanteur possède une voix fragile mais bien expressive. A deux reprises, il reçoit l'aide d'un John Wetton en colère. Les sonorités sont variées : du hautbois à la trompette, de l'orgue d'église à la flûte, sans oublier les bidouillages électroniques très nombreux. Le souci du détail ainsi qu'une production valorisante finalisent cet ouvrage comme une dentelle de Bruges. Galahad a ainsi le mérite de parcourir de vieux sentiers peu fréquentés, leur restituant une bonne praticabilité grâce aux techniques modernes et un brin d'ambition personnelle, mais sans en trahir le décor naturel. Il ne manque vraiment qu'un morceau phare pour que cet album soit absolument incontournable. N'empêche, on en redemande !

 

Roy Gaines

In the house

Écrit par

Roy Gaines avait commis, il y a peu, "New Frontier lover". Un superbe album paru sur le label Severn, au cours duquel il se révélait comme un brillant successeur de T-Bone Walker. Roy a été élevé à Houston, au Texas. Ce qui explique, sans doute, sa vénération pour T-Bone. A l'instar de ce dernier, il a aussi émigré vers la Côte Ouest, du côté de Los Angeles. Il est ici entouré de sa formation californienne.

"Standing up for women's rights" s'ouvre par un riff de guitare que n'aurait pas renié un artiste rock. Il y milite pour les droits de la femme, à travers un R&B puissant, appuyé par la ligne de cuivres composée, il est vrai, de fameux musiciens : George Pandis à la trompette, Troy Jennings au sax baryton et le plus que célèbre Johnny Viau au sax ténor. Cette assise est parfaite et idéale pour libérer les cordes inspirées de Gaines. Roy est aussi doué d'une voix puissante, forgée dans la lignée des shouters du blues. Elle est très inspirée sur le rythmé "Wolfman", au cours duquel sa guitare au son métallique, soutenue par le travail au piano de Neil Wauchope, ne demande qu'à s'évader. Gaines a la réputation d'être un parfait showman. Une bête de scène. Il n'hésite pas à utiliser tout un arsenal de "pyrotechnies", et de se servir de son manche à gratter dans toutes les positions. Parfois empruntée au style cher à Carlos Santana, la partie de guitare sur "Hind ends and elbows" est divine. Troy Jennings y prend son ticket au baryton. Introduit par la trompette de Pandis, "I got my thang on you" laisse ici le champ libre à la guitare, dont les cordes sont parcourues à la manière de T-Bone. Un blues au tempo semi-lent et au feeling jazz. Une longue plage rondement menée au cours de laquelle chaque musicien est mis en exergue. Et c'est ici qu'on se rend compte que le pianiste et les saxophonistes sont habitués de jouer ensemble (NDR : écoutez-les sur des albums de Jimmy Morello, de Kris Wiley, de Richard Boals ou de Candye Kane). J'adore la tonalité de la voix de Roy sur le blues coloré "Lucille works for me". Les cuivres y sont intenables et le travail en dentelles, exercé par la guitare, sur la trame de base de T-Bone, est remarquable. Faut dire que le gratteur est génial ! Imprimé sur un rythme enlevé, "Too many men" est une autre composition maison. Roy éclabousse une nouvelle fois le public par son incontestable talent. Le travail accompli au piano par Neil Wauchope sur "Rag blues" baigne dans le swing jazz. Les cuivres nous y font vibrer comme à la meilleure époque du ragtime et du dixieland façon New Orleans. "Petrol for your tank" marque le retour au R&B façon Stax. Les musiciens sont décidément à l'aise sur tous les terrains! "W.C Handy sang the blues" campe un tout bon blues imprimé sur un tempo modéré. Introduit par un riff que n'auraient pas renié les Rolling Stones, " Southern women " renoue avec le bonheur de goûter à l'immersion d'une guitare au cœur des cuivres. Un excellent album qui s'achève dans la douceur veloutée qui berce la Crescent City : "New Orleans". Nous quittons alors ce festival de blues qui s'est déroulé à Lucerne ce 9 novembre 1991, le cœur léger, heureux d'avoir pu goûter à ces exercices de style aussi remarquables…

 

Peter Gabriel

Up

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Honnêtement, j'ai l'impression que l'Archange a dû traverser des moments très difficiles pour enregistrer une œuvre aussi sombre. Une sorte de concept album au cours duquel, sur plus de la moitié des morceaux, il pose des réflexions sur la séparation, la mort et la douleur qu'elle engendre ; même si régulièrement il laisse une place à l'espoir.

Hormis le récréatif et funkysant " The Barry Williams show ", réminiscence de " Sledgehammer ", on ne rigole pas beaucoup à l'écoute d'" Up ". Certaines plages ne manquent pourtant pas de mordant. Et je pense tout particulièrement à " Growing up " et à " More than this ", deux morceaux électro-tribaux. Le premier 'björkien', boosté par un groove de basse viscéral. Le second, truffé de samples. Ou encore du semi post industriel, semi atmosphérique, " Darkness ". Mais au fil de l'écoute, une profonde mélancolie commence à vous envahir ; le ton particulièrement intimiste et pessimiste des chansons accentuant cette impression. Depuis " Sky blue ", qui bénéficie pourtant du concours des choristes du Blind Boys of Alabama et surtout de l'omniprésence de Daniel Lanois ( percus, machines, guitare et bidouillages) à " The drop " (NDR : tout au long duquel il se la joue à la Peter Hammil, en accompagnant sa voix de son seul piano, avant de sauter dans le vide), en passant par la prière filmique (Ennio Morricone ?) " No way out ", l'éthéré, 'wyattien' " My head sounds like that " (falsetto, cuivres et mellotron y compris), et deux symphonies contemporaines, prog rock. Tout d'abord " I grieve ". Mais surtout " Signal to noise ". Une compo qu'il avait conçue et jouée 'live', en compagnie de Nusrat Fateh Ali Khan, mais également de Youssou N'Dour. NFAK participe à cette nouvelle mouture, mais également le London Session Orchestra. Sans oublier les percus de The Dohl Foundation. Le tout pour un fragment bouleversant de mélancolie. Beau à pleurer ! Comme d'hab, le Gab s'est entouré d'une pléiade de musiciens de studio, parmi lesquels on retrouve les incontournables Manu Katche, Tony Levin et David Rhodes. Mais faudra vraiment être un inconditionnel de Gabriel pour apprécier cette œuvre, car nonobstant l'intensité phénoménale qu'elle libère, elle n'est plus dans l'air du temps ; et surtout, elle m'a foutu le bourdon. Là dessus je m'en vais remettre Manu Chao dans mon lecteur Cd…

 

Guided By Voices

Universal Truths And Cycles

Robert Pollard sort des disques comme Lucky Luke dégaine son colt : plus vite que son ombre. Presque tous les ans, lui et ses potes se rappellent ainsi à notre bon souvenir, par des albums souvent pleins à craquer de chansons foutraques mais attachantes. Cette fois-ci encore, Guided By Voices a donc mis les petits plats (des titres courts) dans les grands (beaucoup de titres), même si quantité ne rime pas forcément avec qualité. C'est en effet là que réside le gros problème de Guided By Voices : à force de vouloir remplir son quota de vingt chansons par galette, l'inspiration se dilue, et notre patience avec. D'autant plus que Pollard, comme à l'accoutumée, n'a guère pensé à terminer ses chansons… Résultat : des demi-tubes, des hits étouffés dans l'œuf, des impressions de refrains mais jamais des certitudes. " Vite fait bien fait " semble avoir toujours été la devise de Pollard. Cette fois-ci c'est bonbon, tant le goût d'inachevé reste en travers de la gorge. M'enfin, c'est pas si grave… Rendez-vous l'année prochaine !

 

Liz Mandeville

Back in love again

Écrit par

Miss Mandeville Greeson est une chanteuse blanche de blues. Une Chicagolaise d'adoption qui compte déjà plus de vingt ans de route à son compteur ; et dont la voix langoureuse est capable de s'étaler langoureusement sur pas moins de quatre octaves. Elle a également une plume facile. Pas pour rien qu'elle a écrit l'intégralité des chansons de cet album. Liz s’est déjà produite chez nous. Lors d'un set dont le charisme naturel nous avait éblouis.

Son 1er album "Look at me" était sorti en 96. Il a été suivi par "Ready to cheat" en 99. Elle a aussi participé à la collection " Red Hot Mamas", parue en 97, sur le label Blue Chicago. En compagnie du George Baze Blues Band. Elle remet donc le couvert pour ce troisième album. Un disque plus personnel, plus introspectif, plus relax, mais très réussi.

Sa voix se fond naturellement au cœur d'un tapis sonore élaboré par ses nombreux musiciens et invités. Elle a composé des superbes ballades, qui adoptent un profil assez Memphis Soul. Elle les chante remarquablement. A l'instar de l'ouverture, "Soul tender", abordée par Liz à la guitare acoustique. La voix, une force innée, disserte avec passion et bonheur. Un solo de honky sax accordé par Sonny Seals brûle tout au long de "The night thing". "All my love" s'étend paresseusement sur des parties instrumentales de classe concédées par le piano de Phil Baron et les cuivres des Chicago Fire Horns. Le timbre vocal de Liz se fait voluptueux sur le doux "All alone". Le réputé harmoniciste Billy Branch collabore sur trois titres avec brio. Lorsque Liz élève la voix, elle me rappelle la grande Janis Joplin. C'est évident sur le blues assez classique "Juicehead man", et sur le merveilleux et plus rythmé "Back in love again". Les guitares crépitent de joie, surtout celle de Mike Gibb. Billy est toujours présent pour le real blues, "Johnny and me". Un fragment aux accents plus roots, au cours duquel on retrouve Allen Batts au piano. "Broken hearted fool" est un tout bon blues lent enrichi par le piano de Batts, les cordes de Mark Wydra et les chœurs émouvants. Une telle richesse vocale illumine des plages franchement gospel, telles que "Face the music" ainsi que la finale "Shine clear with joy", caractérisée par un échange de voix a capella. Excellent !

 

Various Artists

Great Gospel Quartets : On the battlefield…

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Tout comme son frère yankee Delmark, le sous-label United immortalise régulièrement des témoignages du temps passé. Robert Anderson, les Staple Singers et les Caravans, avaient déjà eu le privilège de cette consécration. Moins connus, ces quatre autres exemples remontent au début des années 50. Soucieux d'améliorer leur qualité d'existence et surtout de trouver du travail, un grand nombre d'afro-américains quittèrent les Etats du Sud pour se rendre dans les villes bordant la région des grands lacs : Chicago, Detroit et Cleveland. Avec pour conséquence indirecte, une multiplication des quartets. En 1951 Leonard Allen fonde United, un label qui va tenir la route jusqu'en 57 ; s'illustrant par la sortie de merveilleuses sessions de jazz, de blues, de gospel et de R&B. Celles consacrées au gospel commencèrent en 52.

L'album s'ouvre sur quatre plages interprétées par les Joiner's Five Trumpets, un groupe formé au début des années 40. A Gary, dans l'Indiana. Les voix sont superbes. Elles se manifestent a capella à travers toutes les tonalités, atteignant le sommet de leur art sur les merveilleux "The changing world" et "Freedom after awhile".

Les Chicagolais Southern Tornadoes on transité, pour la plupart, chez les Veteran Singers. Pas moins de huit gospels leur sont consacrés. Ils chantent, le plus souvent, suivant un mode traditionnel ; ou plus exactement sous une forme questions/réponses. A l'instar de "Toll the bell easy", "How about you" ou encore "Precious memories". "When they ring the golden bells" et "Satisfied" bénéficient de la présence d'une guitare. Le chanteur soliste possède un timbre fort proche d'Elvis Presley (NDR : le King a aussi chanté le gospel, quelques années plus tard).

Les Veterans se sont formés sous la houlette du Reverend Glover, juste avant que n'éclate la 2ème guerre mondiale. Six plages, ma foi fort classiques, leur sont réservées. Dont le très bluesy "Glory to his name" et "How much more", parcouru par un piano délicieux. Tout au long de "He'll never let go" et du titre maître de l'opus, les voix sont véritablement remarquables.

Les Spiritualaires clôturent le recueil. Commis lors d'un radioshow accordé en Caroline du Sud, leurs sept plages sont bien dans la continuité des trois autres. Consacré à la musique gospel, cet album bien agréable épingle 25 plages, dont 17 plages inédites...

 

The Hanson Brothers

My Game

Ironiquement estampillés ‘punks d'origine’ (leur disque est faussement daté de 1975), les frères Hanson prouvent encore une fois qu'ils manient l'humour comme un joueur de hockey sa crosse. Normal, ils sont Canadiens et ce sport national est leur deuxième passion après la musique. Ils ont d'ailleurs créé une école de leur sport favori, " The Johnny Hanson Hockey School ", enseignant aux gamins en street wear les vertus du " turtling " marié aux décibels du rock le plus bâtard. Cette combinaison sonne comme une grosse blague, et pourtant… les Hanson Brothers (un hommage aux boutonneux du hit " Doo wap " ?) se la jouent vrais pros du palet et du manche à guitare. " Un, deux, trois, let's go ! " : partis pour marquer un point, aussi bien sur la glace que sur scène, ils rivalisent avec les plus grands, de Gretsky aux Damned. Certes, leurs paroles sont débiles. De l'ode à la défonce (" Give Me Anything ") au couplet répété à l'envi, jusqu'à l'abstraction (" I Know You "). Et leur look grotesque. Mais c'est normal, puisqu'ils aiment les Ramones. Ilôt de sérieux et de retenue dans cet océan de déconnade ras-du-plancher, le vibrant " Joey Had To Go " en est la plus belle démonstration. Le fin mot de l'histoire ? Il n'y en a pas, c'est juste pour rire, et c'est déjà pas mal.

 

Peter Hammill

The thin man sings ballads

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Comme Peter Hammill le précise au sein du booklet, cette compile n'est pas représentative de son œuvre. Elle réunit tout simplement douze ballades que l'artiste de Bath a écrites entre 82 et aujourd'hui. Douze fragments parus sur 9 de ses derniers albums, donc chez le label Fie. Douze plages qui dévoilent une seule des facettes de l'artiste : le romantisme. Car il en possède une multitude. Pas pour rien qu'il est considéré comme un des artistes les plus alternatifs de la musique progressive. En outre, lorsqu'on sait que Hammill a gravé, à ce jour, plus de 30 elpees (si on cumule ceux en solo et en compagnie du Vandergraaf Generator), on comprend mieux sa mise en garde ; d'autant plus qu'hormis " Fool's mate " (NDR : son tout premier !), " Fireships " et " Everyone you hold ", les ballades ne sont pas légion. Deux titres de chacun des deux derniers opus cités ont d'ailleurs été retenus. Pas du premier, puisqu'il remonte à 1972. Une entreprise un peu trop limitée dans le temps à mon goût, mais pas désagréable à écouter. Surtout pour celles ou ceux qui ne connaîtraient pas Peter. Les compositions ont inévitablement été remasterisées, et certaines d'entre elles carrément remixées. Soit par l'incorporation des voix soprano de ses filles, soit par le violon ou les arrangements de cordes de Stuart Gordon…

 

Peter Hammill

The Margin + live

Écrit par

Réédition (NDR: of course, remasterisée pour la circonstance ; mais par Peter lui-même) du double elpee 'live' " The Margin ", paru en 1985 (NDR : le titre " The second hand " figure sur le deuxième compact disc, mais sous une version différente). Cette œuvre offre un concentré époustouflant du talent insolent de ce 'magnificent loser' ; et propose la synthèse d'un itinéraire exemplaire qui court alors sur quinze années. En vingt et un fragments, pas douze. Puisque la deuxième plaque réunit des versions inédites enregistrées également en public, à la même époque, et sous le même line up. Seule différence, les plages sont en général plus urgentes et agressives. Pas de production gonflée, de soumission aux standards sonores de la FM, de recours aux synthés et boîtes à rythmes, mais un son parfait : musique lancinante de dépouillement qu'Hammill propose dans les combinaisons d'instruments qui lui sont habituellement propres. En virtuose du déroutement, le K Group l'encadre avec une remarquable souplesse. On y retrouve la section rythmique du défunt Vandergraaf Generator : Guy Evans et Nic Potter ainsi que l'ex Vibrator John Ellis à la guitare. Hammill assure évidemment les parties de piano et joue aussi de plusieurs guitares. Mais la caractéristique principale reste avant tout la voix écorchée de cet artiste hors pair. Les morceaux proviennent en partie des albums solos de Peter : " A black box " et " Sitting targets ", mais le K Group s'est laissé aller à des improvisations et à de nouvelles compositions. La recette reste la même : l'ardeur du chant, les ruptures de rythmes, l'austérité de certains passages. Le poète mutant de la rock music fermait ici un parcours jalonné de seize elpees, désormais attachés à la composition d'un opéra inspiré de l'œuvre d'Edgar-Alan Poe…

 

Neil Halstead

Sleeping on roads

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Au cours des nineties, Neil Halstead a sévi chez Slowdive avant de fonder Mojave 3. Une formation dont il est d'ailleurs toujours le leader. " Sleeping on roads " constitue sa première expérience en solitaire. Un disque dont les mélodies raffinées, délicates, trempent au sein d'un climat paisible, intimiste. Neil Halstead a longtemps été un disciple de My Bloody Valentine. C'était tout à fait évident chez Slowdive. Sous une forme country en compagnie de Mojave 3. De nature plus folk en solo. Enfin, tout au long de ce " Sleeping on roads ". En extrapolant, on pourrait imaginer l'âme de Nick Drake envahir l'imagination d'un Jason Pierce (Spiritualized). Parce que Neil possède l'art d'écrire des chansons complexes avec une simplicité désarmante. Des chansons d'amour tantôt tristes, tantôt douloureuses, mais toujours teintées d'espoir, qu'il nous chuchote au creux de l'oreille d'une voix douce, enchanteresse. Pour commettre cet opus, il s'est quand même entouré de quelques collaborateurs : un pianiste, un drummer, un claviériste, un bassiste, un violoncelliste et même un trompettiste. Pas n'importe qui, puisqu'il s'agit de Mark Arsmstrong. Sur deux titres cependant : " Seasons " et " Driving with Bert ". Et à l'instar des interventions de Neil à la six cordes acoustique (NDR : le plus souvent en picking !) ou électrique, tous ces musiciens apportent leur concours par petites touches, un peu comme s'ils peignaient un tableau sonore impressionniste. Rafraîchissant !

 

Hundred Reasons

Ideas above our station

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Pour enregistrer leur premier album, ce quintette insulaire (NDR : du Surrey, très exactement) a reçu le concours de Dave Sardy aux manettes, un personnage dont la carte de visite mentionne des collaborations avec Red Hot Chili Peppers, Far et Helmet. Une formation dont le mélange d'émo rock, de post hardcore et de métal rappelle At The Drive In et Rival Schools. La voix du chanteur campe même un timbre fort proche de celui de Walter Schreifels. Beaucoup d'énergie, donc, tout au long de cet opus, énergie vitaminée par les deux guitares cinglantes, tranchantes, vivaces, et dynamisée par une section rythmique imparable. Malheureusement, hormis la chanson plus paisible " Falter ", le nu métal " Gone too far " (NDR : pas ma tasse de thé, cependant !), le semi acoustique " Avalanche ", et puis le splendide et hymnique " Gone too far ", fragment dont la texture oscille entre variations de tempo et de ton, le reste manque singulièrement de relief. Aux States, il y a pléthore de ce style de groupe…

 

Houwitser

Rage From Inside The Womb

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A l'instar de Lock Up, qui rassemble des musiciens de Napalm Death et de Dimmu Borgir, Houwitser est le side-project de quelques membres de Sinister. Un projet dont la musique évolue quelque part entre death brutal et grind core. Outre l'aspect particulièrement grossier de sa solution sonore, piège dans lequel n'est pas tombé Lock Up, le combo pousse le bouchon vraiment très loin dans le style "goût douteux". Il introduit ainsi chacune des plages de cette nouvelle plaque par le speech d'un serial-killer, histoire de mettre l'auditeur au diapason ! C'est gore, sans relief, graveleux, mal produit, et ennuyeux. Tout le monde ne peut pas avoir la classe d'un Morbid Angel ou d'un Hypocrisy.

 

The House Of Destructo

Destructo Are Go !

Apparemment, il s'agit d'une bande originale d'un film de Sonny Weissmuller. Un inconnu au bataillon des cinéastes qui est sans doute sorti tout droit de la cervelle cramoisie de ces punks en salopette. A l'écoute de ce " Destructo Are Go ! ", il est pourtant facile de s'imaginer le film : du gore italien bien seventies avec des bimbos à poil (Argento ? Bava ? Jess Franco ?). Une bleuette pour motards amateurs de gros calibre et de gros seins (Supervixen ?). Un porno soft sur fond d'Easy Rider de série Z (starring Linda Lovelace ?). Tout cela à la fois, bien évidemment… Destructo are go ! Go pour en mettre plein les oreilles, go pour se la jouer sexe, drogues et rock'n'roll, go go go ! 25 minutes avec les turbines à plein régime : The House of Destructo fait rugir le Motör(head), sans jamais lâcher les gaz.

 

Hot Rod Circuit

Sorry about tomorrow

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Découpé en 11 morceaux, "Sorry about tomorrow" est un bon petit album dynamique de pop/rock teinté de quelques légers accents punk. Un style que HRC maîtrise relativement bien, même si " Sorry about tomorrow " n'a pas la prétention de revendiquer le statut de l'album de l'année. Un style qui ne brille pas davantage par son originalité, mais qui a au moins le mérite de conjuguer efficacité et simplicité. Un style étiqueté " poppy emo music " versant dans le rock ! Autrement dit : 'poppy' pour son aspect pop et sucré ou encore parce les chansons sont diffusées sur toutes les ondes radios ; 'emo' pour émotions (bien sûr), mais éclaboussées de coloris plus durs, plus rock. Il faut donc déduire que leur musique est légère, joyeuse et riche en émotions ; mais à la différence de NSYNC ou des Backstreet boys, elle a davantage de pêche. Mais bon, nonobstant ces termes grandiloquents, il ne faut tout de même pas s'attendre à une révolution. Il n'y a d'ailleurs pas grand chose à dire sur le troisième elpee de cette bande venue du Connecticut. Ils sont 4 mecs qui se complaisent dans l'adolescence n'aiment pas trop se prendre la tête. Leur musique me fait même parfois penser à celle de Baby Chaos (NDR : encore que ces derniers privilégient l'aspect punk plutôt que pop ; ce qui n'est pas pour me déplaire). Bref, guère innovateur, " Sorry about tomorrow " démontre quand même que ce Hot Rod Circuit possède un certain " goût " musical, pour ne pas employer le terme 'talent'.