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Winter adults only ?

Winter, une artiste issue de la nouvelle génération de shoegaze, a annoncé la sortie de…

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Wholes passe son chemin…

Wholes (ex-The Van Jets, Hypochristmutreefuzz, Pink Room, Elefant, etc.) a partagé une première chanson torride. Brute, non filtrée et chargée d’émotion. "Till We Don't Meet Again" est une collision de guitares tordues, de rythmes implacables et de voix qui…

La fuite d’Ellside

Le groupe parisien Ellside présente « Run Away », son concept album naviguant entre ombre…

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Akosh s Unit

Lenne

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Découvert par Bertrand Cantat de Noir Désir, alors qu'il traînait dans le métro parisien, Akosh nous revient avec " Lenne ", un album de free jazz clairement orienté " world ". Installé depuis peu au cœur d'un certain conformisme musical, ce saxophoniste d'origine hongroise continue donc son petit bonhomme de chemin, mais surtout mérite qu'on jette une oreille sur son oeuvre, surtout ses précédents travaux. Par rapport à ceux-ci, " Lenne " correspond davantage à une prestation live, scène où notre saxophoniste se dévoile sous ses meilleurs jours. N'empêche que ce dernier album peut royalement servir d'entrée en matière à cet univers tourmenté, proche des parties de saxe entendues lors de la projection de " Lost Highway " de David Lynch.

16 Horsepower

Folklore

Écrit par

Exit le claviériste/guitariste Steven Taylor, Sixteen Horsepower est donc réduit aujourd'hui à un trio : Pascal Humbert, Jean-Yves Tola et David Eugène Edwards. Dans ces conditions, vous vous doutez bien que l'électricité à été réduite à s plus simple expression, et que la guitare et les claviers sont devenus les parents pauvres de la musique du groupe. Et vous n'avez pas tout à fait tort. Surtout tout au long de ce quatrième album. Un disque noir. La pochette est noire. Le booklet. Et le reste aussi. Bref, on ne rigole pas beaucoup tout au long de cet elpee. Un disque qui recèle 6 compositions de musique traditionnelle (hongroise, américaine, etc.) et 4 nouvelles chansons. Mais franchement, on ne voit guère la différence, tant le climat, alimenté par un violon acéré, un violoncelle grinçant, un harmonica spectral, un xylophone squelettique, un orgue pieux, un accordéon cajun, un banjo viscéral, quelques drums feutrés et des arrangements contemporains, est ténébreux, pour ne pas dire sinistre. A un tel point qu'au fil de l'écoute, une profonde mélancolie commence à vous envahir. Et ce n'est pas la voix lugubre de David qui va arranger les choses. David pose pourtant des questions. Auxquelles " Sinnerman " semble donner une réponse. Mais pour le reste, " Folklore " constitue un nouveau chapitre du 'Livre des révélations' qu'Edwards semble prendre un malin plaisir à écrire, sous un ciel de mauvaise augure. Brrrr…

Sleepy John Estes

Newport blues

Écrit par

John Adam Estes est un bluesman mythique, réputé et connu de tout esthète confirmé du blues. Il est né en 1899 à Brownsville, dans le Tennessee. Il avait perdu un œil au cours de sa jeunesse et est devenu complètement aveugle en 1949. Sa vie d'artiste a cependant été bien remplie, et ce jusqu'à son décès en 1977. Pourtant, à sa mort, il était dans un tel état de dénuement que ses funérailles durent être payées par souscription. Il a beaucoup enregistré : depuis ses débuts en 1929 pour Victor, et puis successivement chez Decca, Bluebird, Sun et Delmark.

Cet album est historique, car il n'a jamais été édité. John était passé, durant l'été 1964, au célèbre Newport Folk Festival. Des séances en studio ont été programmées suite à ce passage. Elles datent du 28 juillet de la même année. Cet album vaut aussi par la présence de ses deux fidèles amis, Yank Rachell et Hammie Nixon. Né en 1910, Yank a joué chez Beale Street avec Sleepy John. Multi-instrumentiste, il était surtout réputé pour son adresse à la mandoline. Il nous a quittés en 1997. Hammie Nixon était également originaire de Brownsville, où il avait vu le jour en 1908. Un remarquable harmoniciste qui a également disparu en 1984.

John ouvre l'opus par "Special agent". Un titre qu'il avait déjà enregistré ; mais sur un 78 tours ! Chez Decca, en 1938. Yank rejoint John et Hammie dès "Wadie green blues". Renforcée par l'harmonica lumineux, l'alchimie guitare et mandoline fonctionne instantanément. Le jeu superbe de Hammie Nixon est sans doute l'élément clef de cet album. Personnellement, c'est même une révélation ! Certaines sonorités atmosphériques balaient "Up & down", une espèce de blues scatologique au cours duquel la mandoline se libère. L'album offre une solide tranche de blues pur. Un folk blues qui ne suscite jamais l'ennui. Depuis le singulier "Need more blues" à "Newport blues", dominé par le brio de Nixon, en passant par "80 Highway", un superbe bues lent que Sleepy John chante avec une passion débordante, "NYC Breakdown" au cours duquel Estes et Nixon s'échangent des phrases vocales sur le mode du dialogue et "Worried mind blues". En fin d'album, Yank Rachell s'assied au piano. Il laisse d'abord Hammie Nixon chanter d'une voix chaude et rassurante, "Poor mother's child" ; avant de prendre le relais vocal pour interpréter "New doorbell blues". Un excellent album de downhome blues !

 

Various Artists

Blues in Britain 2002

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A contrario de revues comme 'Blues & Rhythm' et 'Juke Blues', 'Blues in Britain' constitue le mensuel anglais de blues qui milite en faveur de la scène locale. En fait, il a succédé à 'Blueprint', un magazine qui a porté haut et durant une décennie le flambeau du british blues. Au cours des dernières années, la revue nous a proposé une collection miroir de l'activité locale, une collection réservée aux seuls abonnés, et donc impossible à se procurer dans des points de vente habituels. Pour 2002, on y retrouve pas moins de vingt titres, exécutés par autant d'artistes différents ; la plupart peu ou pas connus. A travers un répertoire né d'un savant mélange du blues électrique et de l'acoustique. Modestement sous-titré "The best of British blues", l'opus débute par un des plus sérieux espoirs anglais : le chanteur pianiste et harmoniciste Dave "West" Weston. Issu du fameux Delta de la Tamise, il est le leader de ses Bluesonics mais aussi membre régulier des Big Town Playboys et des Blues Kings de Big Joe Louis. Il est sans doute l'harmoniciste anglais le plus talentueux. Avec Paul Lamb. Lui aussi inspiré par le 'west coast jump'. Son "I know what's going on" est tout à fait excellent. Son jeu sur l'harmo chromatique est saturé de swing. Son chant lui colle à la peau. Alimentée par la basse acoustique de Ian Jennings, la section rythmique est chargée de groove. Le Daniel Smith Blues Band assurait derrière Mojo Buford, au dernier Spring Blues d'Ecaussinnes. Sur ce "Fast train" il est soutenu par la guitare de Jon "T-Bone" Taylor et l'harmonica d'Alan Glen (ex-Nine Below Zero) ; un solide espoir du piano d'outre-Manche qui incarne ici le successeur des princes du boogie woogie. Les Customtones pratiquent un boogie blues d'honnête facture. Chez "Let's slide", le piano et la guitare passent bien la rampe, mais la voix n'est pas inoubliable! Flanqué de Chad Strentz au chant, un personnage qui fut longtemps le vocaliste des Kingsnakes de Paul Lamb et du guitariste Pete Farrugia, auteur d'un excellent solo, le Breakout Blues tire très bien son épingle du jeu sur "Drunk 'n' homeless". Drivée par le chanteur/harmoniciste Pete G Welland, Pete "G" & the Magnitones est une formation prometteuse. Ses deux guitaristes assurent dans la discrétion sur le relaxant "Big man blues". "Just enough" bénéficie du concours de Sonny Black à la guitare. Un instrumental au cours duquel Lee Badau concède un solo de sax très intéressant. Les Blackjacks évoluent dans un univers fort proche de Little Charlie & the Nightcats. Ils le démontrent tout au long de leur "Blackjack boogie". Etonnant ! Cliff Stocker et Slack Alice me rappellent le Doctor Feelgood du regretté Lee Brillaux. Côté acoustique et roots, trois plages sortent du lot. Tout d'abord "Hallowed ground". Si Guy Tortora y tire son épingle du jeu, ce fragment est traversé par l'accordéon de Charlie Hart, le chauve bien connu chez nous. Eddie Martin et son Acoustic Trio également. Chez "It's a mystery to me". Dino Coccia enfin. Pour un "Hey Renee" au cours duquel on retrouve le merveilleux Gordon Smith au chant et à la guitare. Sans oublier le duo vocal partagé entre Marcus Malone et Papa George. Ce dernier se réservant, en outre, le dobro. Leur "Take it to heart" est tout à fait bouleversant. Cette très bonne collection s'achève par "Blues mag blues" (!!), un instrumental magique, un voyage au cœur du Delta, sur lequel on retrouve Chris Rea à la slide. En fait un fond de tiroir inédit issu des sessions d'enregistrement de son dernier album, "Stony road".

 

The Sea And Cake

One Bedroom

Autant les Américains de The Sea and Cake s'avèrent pénibles en concert, autant leurs disques se révèlent de délicieux écrins post-pop à savourer lentement, mais sûrement. Avec ce sixième album, Sam Prekop (chanteur-guitariste) et sa bande (Archer Prewitt à la guitare et au piano, Eric Claridge à la basse et John McEntire, éminence grise de Tortoise, à la batterie) prouvent encore une fois qu'exigence et sophistication peuvent rimer avec légèreté et décontraction. Leur pop aérienne et mille-feuille, construite comme un Rubik's Cube aux multiples facettes (rock, électro, jazz), s'apprivoise pourtant difficilement : certains étroits d'esprit pourraient la trouver trop précieuse, voire ‘intello’… Mais une fois domptée, passés ces clichés qui ternissent son éclat bien réel (‘Du Tortoise pop’, ce genre), elle dévoile alors ses charmes avec insistance, et touche à la grâce. Comme en apesanteur. Plus que jamais mélodieux (" Four Corners ", " Left Side Clouded "), voire assurément dansant (" Hotel Tell " et ses boucles enivrantes), ce " One Bedroom " d'une beauté immaculée assure la place de The Sea and Cake au firmament pop. Et lorsque retentissent les premières notes sibyllines du dernier titre, une reprise tubesque du " Sound and Vision " de David Bowie, c'est au septième ciel que nous sommes hissés, gentiment béats. Parce que " One Bedroom " et les trompettes des anges, en fin de compte, c'est du pareil au même.

Mark Hummel

Golden state blues

Écrit par

Mark Hummel est originaire de New Haven, dans le Connecticut. Après avoir opéré un crochet via Los Angeles, il s'est établi du côté de Berkeley. Où il vit depuis une trentaine d'années. Il a fréquenté successivement Mississippi Johnny Waters et Sonny Lane, avant de fonder ses Blues Survivors. En 1980. Cinq ans plus tard, il commet son 1er album : "Playing in your town". "Golden state blues" constitue plus que probablement son 8ème elpee solo. Il fait suite à "Lowdown to uptown", paru en 1998. Mark est ici bien entendu entouré de ses fidèles Blues Survivors : Steve Wolf à la basse, Marty Dodson aux drums et le guitariste Charles Wheal. Lors des sessions d'enregistrement, qui se sont déroulées dans les studios californiens de Pacifica, il a bénéficié de la collaboration de quelques amis ; en l'occurrence le réputé Steve Lucky aux claviers ainsi que John Firmin et Robb Sudduth aux saxophones.

En ouverture, toute l'équipe s'attaque avec un réel bonheur à "Beepin' on me", un instrumental qui laisse déjà éclater tout le talent de Mark. Même s'il a longtemps vécu en Californie, l'artiste puise son inspiration essentiellement du côté de Chicago ; et en particulier chez Muddy Waters, Little Walter et James Cotton. Pourtant, son style trempe bien dans la West Coast, tout de jump vêtu, pour attaquer "Honey Do woman". Il bénéficie de la collaboration de deux nouveaux invités, les guitaristes géniaux MM Rusty Zinn et Anson Funderburgh, pour interpréter ce fragment écrit par Sonny Rhodes. Tout est parfaitement en place. L'ambiance tout à fait relax. Anson le Texan est toujours au poste pour attaquer "Right back where I started", un blues lent, plus proche du Chicago classique. Lucky tapote ses ivoires pendant que Hummel dispense un solo hyper émouvant sur l'instrument chromatique. Beau à pleurer ! Rien n'est à jeter sur cet excellent album. La voix nasillarde de Mark lui colle bien à la peau. Elle est soutenue par le sax de John Firmin sur "Don't know what to do about you". Une plage rythmée sur laquelle Charles Wheal démontre tout son talent sur les six cordes. Tellement proche de l'univers personnel de Jimmy Reed, le rythmé "Please" marque un retour à Chicago. L'harmonica pousse dans les aigus pendant que Zinn et Funderburgh s'échangent des phrases sur ce thème familier. "Sometimes baby" est un slow blues brûlant, discrètement cuivré. Le jump et le swing bien californiens reviennent chez "Baby I'm mad with you", un titre qu'il interprète sur scène depuis vingt ans. Enlevé, "I don't know" lui va à ravir. La section rythmique est à la fois légère, sautillante et surtout efficace. Il adapte, d'une manière très personnelle le rocker "Linda Lu" de Ray Sharpe. Une version excellente au cours de laquelle tout s'emboîte tellement facilement. "Blue Jimmy" est un instrumental jazzy dédié à la mémoire de son ancien batteur, Jim Overton. Ce très bon album se clôture dans la joie, par un rock'n'roll vigoureux, dont le thème est inspiré par une gare traversée lors de de leur périple en Suède : "Stockholm train". Un titre qui redémarre en instrumental, après une vingtaine de secondes d'arrêt, sur un tempo infernal du chemin de fer! Mark Hummel ne chôme pas. Il vient d'organiser, au cours de ce mois de janvier, la douzième édition des fameux Blues Harp Blowouts! Un rendez-vous destiné à rameuter, sur la même scène, ses amis souffleurs. Pour la circonstance, James Cotton, Paul de Lay, James Harman, et un certain Junior Watson à la guitare ont répondu présent. Double Mark!

The Chemical Brothers

Come with us

Écrit par

Pour enregistrer leur précédent opus, Tom Rowland et Ed Simons avaient reçu la collaboration d'une belle brochette d'invités, parmi lesquels figuraient Bernard Summer, Hope Sandoval, Bobbie Gillepsie, Noël Gallagher et Jonathan Donahue (Mercury Rev). Et ces expérimentations avaient permis au Chemical Brothers d'accoucher d'un album presque parfait, intitulé " Surrender ".

Le duo n'a pas eu la même chance pour concocter ce " Come with us " ; à moins qu'il n'ait voulu revenir à un style plus synthétique. Seul Beth Orton, mais pour chanter la ballade mi-figue mi-raisin " The state we're in ", et Richard Ashcroft pour magnifier le meilleur morceau de l'opus, " The test ", ont participé aux sessions d'enregistrement. Résultat des courses, une bonne moitié de l'elpee ressasse une forme de disco/techno/house beaucoup trop prévisible. Reste quand même quatre fragments qui sortent du lot. Tout d'abord, le titre maître. Une composition qui surfe sur des vagues ondulatoires de claviers sinueux, une houle sonore agitée par des code en boucles : les Beastie Boys rencontrent les Young Gods ! " It began in Africa ", ensuite. De la techno percussive, viscérale, obsessionnelle, au groove pulsant. Qui infecte également le single " Star guitar " ; mais davantage dans l'esprit de " Jus 1 kiss " de Basement Jaxx. Et enfin, et j'y reviens, la superbe composition atmosphérico-psychédélique à laquelle participe l'ex chanteur de The Verve. Pour le reste rideau. 18 mois de studio pour accoucher d'un tel album, c'est un peu léger…

 

Alex ‘Easy Baby’ Randle

If it ain´t one thing, it´s another

Écrit par

Alex ‘Easy Baby’ Randle est né en 1934. A Memphis, dans le Tennessee. Chargé de son éducation, sa grand-mère et son oncle lui enseignent l'harmonica. Il fait la connaissance de Howlin' Wolf, de James Cotton, de Joe Hill Louis et de quelques autres illustres musiciens, en jouant dans les juke joints de Memphis En 1956, il s'installe à Chicago. Pendant 20 ans, il va y fréquenter régulièrement la scène de Chicago, tout en assumant le job de mécanicien. Aujourd'hui, il ne se produit plus guère. Il a quand même commis un elpee en 1979 : "Sweet Home Chicago Blues", sur Barrelhouse. On y retrouve Eddie Taylor en personne à la guitare et Kansas City Red à la batterie. " If it ain't one thing, it's another " contitue donc son second album. S'il ne peut plus compter sur le fabuleux Eddie Taylor aux cordes, il bénéficie du concours des deux fils de l'ancien guitariste de Jimmy Reed. Timothy Taylor se réserve ainsi les drums sur quatre plages, tandis qu'Eddie Jr partage la guitare avec Johnny B. Moore. Eddie Jr est aujourd'hui âgé de 30 ans. Il n'a commis qu'un seul opus à ce jour : "Looking for trouble".

Sous-titré "A tribute to Eddie Taylor" (sur Wolf également), il est sorti en 1998. Cet elpee constitue déjà le 57ème volume des Chicago Blues Sessions du célèbre label autrichien. Il s'ouvre assez curieusement par "Lovey dovey", un rock'n'roll imprimé sur un bon rythme. Titre signature, le blues lent "Call me Easy Baby" nous ramène dans le Westside de Chicago. Il nous rappelle assez bien la démarche de Magic Sam ; mais ici, c'est l'harmonica qui est sur le devant de la scène. La voix transpire le vécu. Descriptive, un tantinet chevrotante, elle me fait penser à celle de Sonny Boy II. Flanqué de Johnny B à la guitare acoustique, il reprend d'ailleurs aussitôt "Let me explain", du même Sonny Boy. Ce qui démontre que Rice Miller est une de ses influences majeures. Bien saignant, imprimé sur un rythme galopant, "Baby you fine" permet au sémillant Alan Batts de se mettre en évidence. Easy pousse de courtes phrases, entrecoupées de silences, sur son harmo. La même formule est reproduite sur "Beggin' woman". Il empoigne son instrument chromatique pour amorcer un nouveau slow blues : "Sittin' here worryin". Une composition qu'il chante de manière remarquable, totalement naturelle, pendant qu'Eddie dispense avec retenue des grappes de notes, derrière son leader. Ce qui n'empêche pas, ensuite, les deux guitares de tirer leur épingle du jeu. Easy Baby accorde alors une version acoustique du 1er blues qu’il n’ait jamais appris : "Good morning little schoolgirl" de Sonny Boy I. Mais l'instant le plus poignant est sans doute son travail vocal sur "Good morning, Mr Blues". L'homme vit totalement ce qu'il chante. Omniprésente, sa sensibilité est fragilisée par les cordes de Johnny B. Inspiré sans nul doute par Muddy Waters, l'excellent "All pretty women" intègre bien la slide ; alors qu'en finale, la plage générique est consacrée à un spiritual. Un fragment au cours duquel le piano roulant de Batts et l'harmonica chromatique sont assez irrésistibles. Une découverte !

 

Filter

The Amalgamut

La bande à Richard Patrick s'est fait connaître au milieu des années nonante avec " Hey Man Nice Shot ", un tube metal-indus que n'aurait pas renié Trent Reznor. Au menu de ce troisième album, on prend les mêmes recettes et on recommence : guitares abrasives, voix tonitruante et slows FM pour détendre parfois l'atmosphère… Malheureusement, rares sont les passages qui accrochent vraiment l'oreille, tout au plus l'auditeur éprouve un plaisir simple mais anodin à l'écoute de ces 12 titres pas mauvais, mais loin d'être exceptionnels. Les Américains de Filter mériteraient quand même une plus grande reconnaissance de ce côté-ci de l'Atlantique, ne serait-ce que pour leur détermination et leur ambition… Mais l'envie d'être reconnus internationalement et de donner du " fun " suffit-elle à faire un grand groupe ? Certes non, d'autant plus qu'à force d'exporter leur " American Dream " dans nos chaînes hi-fi (" " I'm a American and proud of it ", déclame Patrick sur leur site officiel), il se pourrait que Filter en agace plus d'un… Il ne faut pas mélanger carrière musicale et arrogance patriotique, sous peine de passer pour d'affreux réactionnaires (WTC ou pas). " American Cliché " titre le deuxième morceau : c'est celui qui le dit qui l'est.

 

Fence

The Family (Ep)

Voilà que la pop lo-fi des Limbourgeois de Fence se taille une place respectable dans les hit-parades de Flandre et de Wallonie, avec ce " Family " bondissant comme un bon Weezer, entraînant comme une rengaine de Pavement, sympathique comme un air de Fountains Of Wayne. Avec en prime deux inédits pas désagréables (" Suzie, the lone crusader ", gentil, et " Walking nun ", bien accroché au plancher des vaches avec sa grosse basse), ce maxi est la preuve par trois que Fence devient une valeur sûre de la pop belge.

 

Echoboy

Giraffe

Écrit par

Pour enregistrer son troisième opus, Richard Warren a reçu le concours de Flood à la production. Un personnage célèbre pour avoir mis en forme certains albums de Depeche Mode, de U2 et du défunt Smashing Pumpkins. Un disque qui est loin de démarrer sur les chapeaux de roues, car les quatre premières plages sont étouffées par une boîte à rythmes aussi primaire qu’agaçante. Le pire, c’est qu’« Automatic eyes » et « Don’t destroy me », les deux premiers fragments du morceau de plastique, étaient annoncés comme des hits potentiels. N’importe quoi ! Mais le plus triste procède du traitement infligé à « Comfort of the hum », une très belle chanson, digne de Joe Jackson, véritablement massacrée par un ‘tchack tchack boum’ obsessionnel (NDR : manque plus que le pouet pouet !). Mais alors que j’étais prêt à siffler la fin de la récréation, la suite des événements a soudainement pris une tournure beaucoup plus intéressante. Beaucoup plus sombre aussi. D’autant plus que le ‘tchack tchack boum’ s’est mué en tempo plus new wave, plus hypnotique, lorsqu’il ne s’est pas totalement effacé. A l’instar du trip hop atmosphérique « High speed in love ». Le reste est cependant et manifestement influencé par le début des eighties. Epousant des mélodies sombres mais envoûtantes. A l’instar du gothique « Fun in you », du ‘joydivisionesque’ « Lately lonely », de « Good on T.V. », sorte de pop song californienne des sixties écorchée par une basse cold, mais revisitée par l’esthétisme glacé d’un Duran Duran. De « Wasted spaces », un fragment sculpté dans un funk blanc réminiscent d’A Certain Ratio que Chemical Brothers aurait pu remixer. Et enfin de « Nicely all the time », un blues industriel tramé sur fond de psychédélisme brumeux.

 

Burd Early

Magnet mountain

Écrit par

Burd Early est américain. Agé de 25 ans, il vit aujourd'hui à New York City. Burd aime raconter des histoires. Des contes poétiques, mélancoliques, intimistes, impressionnistes, qu'il épanche sur un ton nonchalant de sa voix profonde, fragile, vulnérable. Un peu comme chez Smog, Lambchop, Bonnie Prince Willie ou encore Songs : Ohia. Bref, à première écoute, on ne rigole pas beaucoup dans le monde de Burd Early. Pourtant, les douze fragments de cet opus ne manquent pas de charme. Sculptés dans la lo fi ou la country alternative, ils baignent même au sein d'une atmosphère paisible, vibrante, frémissante. Et puis, les superbes mélodies tissées par la conjugaison de l'instrumentation basique (piano, drums, guitares acoustique, électrique et slide, basse, claviers) et électronique (boucles, boîtes à rythmes, samples) avouent parfois également des propriétés contagieuses. A un tel point que parfois elles restent ancrées dans votre mémoire…

 

Mina

Expander

Quatuor issu de Berlin, Mina mixa benoîtement électro bontempi et rock alternatif. Cet " Expander " n'est d'ailleurs qu'un prétexte à en rajouter une couche, puisqu'il s'agit d'un album remix de leur précédente livraison, " A to B ". Au programme, l'électro-jazz du Notwist Micha Acher (" Boyroc/Lovers Rest "), la techno futée de Freischwimmer (" TBA "), la pop synthétique de Sitcom Warriors, croisement entre PIL et Bryan Ferry (" N° 6 "), l'instrumental samplant jeux vidéo et le " Low " de Bowie (Mina eux-mêmes, avec la reprise du " Theme From Arkanoid "), etc. La scène allemande se porte bien, merci pour elle… Bien que tout de même, il y a ici à boire et à manger. Certes pas mal comme exercice de relecture, mais tant qu'à faire, autant écouter le " Versus " des Kings of Convenience.

 

Faultline

Your Love Means Everything

On avait découvert Faultline il y a trois ans avec "Closer Colder", un album d'électro sombre et torturée, où se mêlaient violons malades, beats dépités et jazz à bout de nerfs. Derrière cet album sorti de nulle part, à des encablures du gotha trip-hop et big beat alors en vogue, se cachait un certain David Kosten, inconnu des pages d'or du monde techno, échoué sans passeport sur le label Leaf et jamais invité aux fêtes médiatiques. Pourtant, ceux qui auront eu la chance de croiser cet homme invisible via leurs platines n'en sortiront pas indemnes, sûrs d'avoir trouvé un nouvel ami pour la vie, timide mais fort attachant. Et voilà qu'aujourd'hui, David Kosten sort de son trou et se fend d'un deuxième album encore plus fort, plus écrit, plus mature. Fini les contrats d'anonymat et les fins de mois difficiles : Kosten se paie les plus grandes voix de la pop pour accompagner ses chansons (Chris Martin de Coldplay, Michael Stipe de REM et Wayne Coyne des Flaming Lips), sans pour cela vendre son âme au show-business. Au final, "Your Love Means Everything" sonne comme un chef-d'œuvre d'électro-songwriting baroque, assez proche en cela des travaux de DJ Shadow et de Brian Eno, mais pourtant sans équivalent ni concurrence. Plus formaté "chanson" que "Closer Colder", mais toujours aussi surprenant, cet album risque fort de devenir un (autre) classique ; et cette fois-ci, c'est sûr, sans passer inaperçu.

 

Elk City

Hold tight the ropes

Écrit par

Fondé en 1997, sur les cendres des Melting Hopefuls, Elk City s'était illustré lors de la sortie de son premier elpee par une cover particulièrement réussie du " California dreamin' " des Mamas and The Papas. Ce trio new-yorkais d'adoption peut compter sur deux excellents chanteurs, par ailleurs complémentaires. Ce qui ne gâche rien. Peter Langland-Hassan, tout d'abord. Dont les inflexions chaleureuses rappellent tantôt Ira Kaplan, tantôt Dean Wareham. Renée Lobue, ensuite. Son timbre éthéré, limpide, s'inscrivant davantage dans la lignés des groupes arty du label 4AD. " Hold tight the ropes " constitue le deuxième opus d'Elk City. Un disque partagé entre ballades countryfiées vaporeuses, claires-obscures, aux sonorités élargies (NDR : pensez à Mazzy Star) et compositions chargées d'intensité électrique, parfois même trempées dans les claviers fluides (NDR : sorte de rencontre hypothétique entre Galaxie 500, Lloyd Cole et Concrete Blonde). En outre, leur mélange de psychédélisme de la fin des 60's, de folk du début des 70's, d'indie rock de la mi 80's et de lo fi de la fin des 90's se traduit par un style à la fois aventureux et mélodique ; mais en même temps et paradoxalement anachronique et novateur ( !?!?!). Un peu comme chez Yo La Tengo et Young Marble Giants. Le combo tirant aussi bien parti de l'instrumentation basique que de la technologie moderne. Pour cette dernière, heureusement sans excès et très judicieusement. A l'instar des arrangements symphoniques apportés au bouleversant " Smile ". Etonnant !

Jordan Fields

Moments In Dub

DJ basé à Chicago mais de réputation internationale, Jordan Fields sort enfin son premier album, après des années de bourlingue à travers le monde et quelques maxis signés sous divers pseudonymes (Surreal Fields, Tropical Underground, Club Orchestra,…). " Moments In Dub " regorge évidemment de bombes dance-floor (" Paradise Garage " et " We Can Make It " en priorité), mais aussi de titres plus downtempo, comme ce " Soho Loungin " tout en douceur, parfait pour " comater " après s'être trop défoulé. Au rayon des influences, on retrouve Larry Levan, Dave Clarke, voire Roger Sanchez, bref que du beau monde… Mais c'est quand Fields se lâche que l'on passe les meilleurs moments, avec par exemple ce " What You Want " coté hip hop - une tentative étonnante de la part d'un DJ connu avant tout pour ses matraquages de BPMs. Pas mal pour un début, et peut-être le signe d'une renaissance du côté de chez Mo'Wax… On peut toujours rêver.

 

Archie Edwards

The Toronto Sessions

Écrit par

Archie Edwards est né en 1918 à Union Hill, en Virginie. Il partagera son enfance au milieu de cinq frères et de six sœurs. Son père Roy travaillait à la ferme et distillait son propre whisky de maïs. Le paternel était également musicien et jouait de l'harmonica, du bottleneck et du banjo. Archie fréquente ainsi la bonne école et apprend la guitare. Il fait ainsi ses débuts à Franklin County, en 1933. A l'âge de 37 ans, il prend son bâton de pèlerin et part à l'aventure. Il atterrit cependant à Washington DC, en 1946. Il exerce alors successivement les jobs de garde de sécurité, de chauffeur de taxi et surtout de barbier. Mais, il consacre également son temps libre à jouer le blues.

Au cours des 60's, il fréquente Skip James, John Jackson, John Cephas Phil Wiggins et Mississippi John Hurt. Il continue à hanter la scène locale durant les années 70 et 80. Il enregistre plusieurs singles entre 1977 et 83, dont on tirera un Cd en 91. Archie est mort en juin 1998. Dans son lit, chez lui, dans le Maryland. Les enregistrements de cet opus ont été immortalisés dans un studio de Toronto, en juin 1986.

Mr Edwards est seul avec sa guitare. Il joue dans le style Piedmont, en fingerpicking. Il possède une voix agréable pour chanter ce blues venu de l'est de la Virginie. Son style aux cordes est très clair. De très bons moments émergent de ces sessions canadiennes. Il interprète ses maîtres à travers "One thin dime blues" et "Easy rider" de Blind Lemon Jefferson, ainsi que "I'm down today" et "Take me back baby" de Mississippi John Hurt. On y retrouve quelques airs bien connus dont le "Sitting on top the world" des Mississippi Sheiks. Lorsqu'il attaque "I called my baby long distance" de sa slide, il pense certainement à Robert Johnson. Il est bouleversant lors de son interprétation du célèbre "How long", signé Scrapper Blackwell/Leroy Carr. Il injecte également beaucoup de sensibilité dans ses propres compositions. A l'instar de "Pittsburgh Blues" et de "Poor me", une chanson qui fustige les mauvais jours de l'administration Reagan. Ce très bon album de country blues s'achève par "Meet me in the bottom", un classique écrit par Buddy Moss dans les années 30…

 

 

 

D Hiver Rock 2002 : dimanche 22 décembre

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50 personnes pour assister au set d'Au Coin de La Rue, c'était quand même un peu vide. Les absents ont eu tort. Le trio franco-belge (deux Français et un Belge) expérimente une formule de rock/théâtre très au point, mais qui laisse paradoxalement une large place à l'improvisation. Beaucoup d'humour. De métier, aussi. Pas pour rien qu'il parvient à déplacer la plupart des spectateurs de leur siège vers le devant la scène. Pour s'y asseoir sur le plancher des vaches. Trois excellents vocalistes très complémentaires. Dont les harmonies vocales évoquent tantôt les Frères Jacques, tantôt les Négresses Vertes. Trois instrumentistes (un contrebassiste, un guitariste et un clarinettiste/accordéoniste) qui ne craignent pas de tutoyer tous les styles musicaux. C'est vrai qu'il y a un petit côté hybride dans la musique du combo. Une rencontre entre toutes les cultures qui peuplent l'Hexagone. Avec un sens de la fête, de la répartie, et du spectacle auquel le public est invité à participer (NDR : et participe). Franchement, les absents ont eu tort. Car leur spectacle m'a permis de passer un bon moment. Ce n'est pas non plus à négliger !

 

D Hiver Rock 2002 : samedi 21 décembre

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450 personnes le vendredi pour les concerts de Raspoutitsa de Mud Flow et de Yel. On peut affirmer qu'il s'agissait d'un succès. Raspoutitsa ? C'est le groupe né des cendres de Larsen Lupin. Une formation tournaisienne qui a troqué le grunge contre du prog rock. Et je dois avouer que nonobstant le côté un peu revivaliste de leur musique, elle est plutôt bien jouée. Les musiciens sont irréprochables, excellents même, et se complètent comme des vieux briscards. Les ombres d'un Ange et de l'Archange (NDR : Gabriel ?) se mettent même à planer. Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes s'il n'y avait la voix de Mathieu. Elle ne colle décidément pas à la musique. Et pourtant, elle est capable de changer d'octave. Ah oui, et les textes. A ses débuts le King Crimson avait eu recours à un parolier. Ne rigolez pas, dans le style, si le groupe parvient à progresser, il va devenir le chouchou de Marc Isaye. Et à l'issue de leur prestation, je n'étais pas le seul à partager ce point de vue…

Mud Flow ? Je ne connaissais que leur premier album. Très pop. Très clean. Très mélodique. Très radio. Quelle n'a pas été ma surprise d'assister à un set ravageur et sauvage, sans pour autant que le groupe ne néglige l'aspect mélodique des compositions. Le quatuor bruxellois nous en a mis plein la vue. Pas étonnant qu'il multiplie les clins d'œil à Placebo à Hüsker Dü, dEus, House of Love et aux Scabs. Et les oreilles, bien évidemment. Son chanteur possède le charisme d'un véritable showman. Le band possède le format international, c'est une évidence.  Et franchement, s'il passe près de chez vous, ne le manquez sous aucun prétexte…

Yel est une valeur sûre du rock belge et francophone, en particulier. Normal, puisque les chansons sont interprétées dans la langue de Molière. Partout où le combo se produit il fait l'unanimité. Il ne lui manque pas grand-chose pour monter d'une division. Sur scène, son style se révèle quand même moins britpop. Enfin, c'est ce que la presse avait décrétée à l'issue de l'écoute de son premier opus (NDR : désolé je suis dans l'incapacité d'apporter mon grain de sel, puisque la promo n'est pas arrivée jusque Musiczine…). Moins britpop et plus passionnel. Dans l'esprit de Noir Désir et d'Aston Villa. Les deux ensemble. Le groupe permet aussi à Claudia, la chanteuse de Starving, de partager l'interprétation d'une compo. Avec beaucoup de bonheur, il faut le reconnaître. En final, Yel montre qu'il est aussi capable de tâter du psychédélisme. Et puis en rappel, il a le bon goût de se libérer sous une forme de punk branché sur un numéro de Téléphone piqué chez lez Pixies.

 

D Hiver Rock 2002 : vendredi 20 décembre

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Dyonisos ayant déclaré forfait, la Maison de la Culture de Tournai avait donc décidé de monter un mini festival regroupant 6 groupes en trois jours. C'est à dire Major Deluxe et Morning Star le jeudi 20 décembre, Raspoutistsa, Mud Flow et Yel le vendredi, et enfin Au Coin de La Rue le samedi. Et il faut reconnaître qu'hormis le samedi, le public a répondu présent.

Major Deluxe et Morning Star à la même affiche se comprenait aisément, puisque les deux formations tournent, depuis quelque temps, ensemble. Et que la plupart des musiciens de Major Deluxe servent de backing group à Morning Star. Enfin pour la tournée. Drivé par le chanteur/compositeur/guitariste tournaisien Sébastien Carbonelle, Major Deluxe aligne la bagatelle de 8 musiciens. Sur scène. Dont un trompettiste et une violoniste. Un line up renforcé épisodiquement par une fanfare de quatre cuivres. Le concept est original. Ce n'est pas tout à fait de l'easy listening. Ni tout à fait de la prog pompée dans la Canterbury School (NDR : pensez à Caravan). Et pas davantage du néo prop pop à la sauce Beta Band. Peut-être un peu des trois ! Le seul hic, c'est que l'osmose entre les différents musiciens ne se produit que trop rarement. Bref, la mayonnaise sonore ne prend pas. Elle reste à l'état d'ébauche. Manque de répétition ? Probable ! C'est une certitude dans le chef de la fanfare, qui n'a jamais si bien porté son nom. Et puis, je pense que pour optimaliser ce concept, il aurait fallu un ingénieur du son balaise. Ou alors deux ou trois complémentaires. 29 curseurs ouverts, faut pas non plus demander l'impossible ! Par contre, je suis convaincu qu'en studio, le groupe aura davantage le temps et la patience de tout bien mettre en place. C'est tout le mal que je leur souhaite…

Auteur d'un premier elpee plutôt bien ficelé (« In place in the dust »), Morning Star peut compter en la personne de Jesse D Vernon, sur un chanteur/compositeur particulièrement talentueux. Un gars de Bristol qui a des planches (NDR : au propre comme au figuré !). Avant de fonder Morning Star, il avait sévi au sein des Moonflowers. Pour la circonstance, son orchestre réunit la plupart des musiciens de Major Deluxe, dont Sébastien à la seconde guitare, une clarinettiste, la bassiste de Mellon Gallia… et parfois aussi la mini fanfare ( ?!?!?!). Objectif : frotter, mixer, confronter les genres, les styles, tisser minutieusement des lignes mélodiques, avant de les laisser s'effilocher au gré de l'inspiration, en prenant bien soin d'en capturer les moments les plus intenses… Malheureusement, si Jesse tire facilement son épingle de jeu, les moments d'intensité sont beaucoup trop rares pour véritablement envoûter. Encore une fois, le manque de communion entre les musiciens y est pour quelque chose…

 

Nashville Pussy

Une oeuvre de salubrité publique...

Le rock'n'roll, cette chose vilaine qui a pris d'assaut les couv' des magazines, proclamant son grand retour (de flammes), intronisé « tendance de l'année ». Les Nashville Pussy, eux, n'ont pas attendu que de jeunes groupes en colère prennent le maquis rock pour nous en mettre plein les oreilles. Il y a déjà quelques années que leur histoire dure. « Let Them Eat Pussy » (…) date d'ailleurs de 1998. Et ce n'est pas fini ! Nashville Pussy, donc : une escouade de rednecks puant la mort, le gasoil et la vaseline – le genre de groupes qui fait peur aux aînés, et aux bigots partis en croisade. Nashville Pussy : ça parle de cul, de cul, de cul. Des gros riffs bourdonnant dans le bas ventre, jusqu'à l'éjaculation. Une musique du diable, sûrement. Du Texas. Avec des femmes à la guitare et à la basse, qui tiennent l'engin comme un gros sexe turgescent prêt à exploser… Tout cela, c'est normal, devrait être interdit au moins de 12 ans. Une fois l'âge atteint, c'est à un cours d'éducation sexuelle que nous convient les Texans, éructant des « Go Motherfucker Go » et des « Let's Fucking » à tout va : Nashville Pussy, une œuvre de salubrité publique.

Chez certains, tout cela pourrait quand même être mal interprété. Les lyrics explicites et tendancieux faisant office de feu au poudres : ce rock sudiste, ces bonnes femmes les seins à l'air, ce chanteur (Blaine) au look de sympathisant KKK… Du calme ! Ce n'est que de la musique ! Mais quelle musique : incandescente, sauvage, primaire, comme l'étaient celles de Mötorhead et d'AC/DC, il y a 20 ans. Pas question d'amalgame donc, Blaine allant jusqu'à sermonner les spectateurs du premier rang qui brandissaient fièrement un drapeau sudiste (Plus ou moins : « Beaucoup de bouseux racistes aiment à se balader avec ce genre de drapeau : faites gaffe, les gars »). Pas con, le mec, et c'est tant mieux. Parce que c'est sûr : les Nashville Pussy pourraient passer pour de gros crétins du manche, des Amerloques de bas étage, s'ils n'avaient pas une sourde colère qui tapissait leur bide et qui transformait tout ça en rock'n'roll sacrement jouissif. Encore une fois, le rock était dans la place, avec ses plus beaux spécimens. Chaud.