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Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk londonien Daughter annonce la publication de Save As, un nouvel elpee attendu pour le 30 octobre chez 4AD. Pour faire patienter l'auditoire, elle dévoile le single d'ouverture…

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My Dying Bride

The Voice of the Wretched

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Enregistré dans le superbe complexe 013 de Tilburg (Hollande), une des meilleures salles de concerts d'Europe, ce premier live des anglais de My Dying Bride est le témoignage parfait de sa dernière tournée, opérée dans le cadre de la Peacefest. Toujours aussi doom, la formation nous livre en l'espace d'un mois, non seulement un album public, mais aussi un DVD enregistré en 1996 à Cracovie. Faut-il évoquer également les deux compilations, "Meisterwerk 1 et 2" sorties en 2001? L'actualité de ce groupe hors du commun est donc bel et bien chargée ; et le fan ne sait plus où donner du portefeuille. Live ou best-of supplémentaire? Toujours est-il que cette technique de marketing n'enlève rien à la grande qualité de la superbe musique dépressive de ce géant du métal des ténèbres. Les "She's in the Dark", "The Cry of Mankind", et autre "Your River" sont toujours aussi beaux à pleurer, mais on regrettera néanmoins l'absence du violoniste Martin Powell, dont un simple coup d'archet suffisait pour briser la monotonie de certaines plages. Une des faiblesses de l'elpee, je le concède ! Ce qui n'empêchera pas les fans de le considérer comme indispensable. Quant aux néophytes, ils se rabattront sur l'indispensable "Like Gods of the Sun", un sommet du genre.

 

Charlie Musselwhite

One night in America

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Figure de proue légendaire du blues blanc, Charlie est né en 1944 à Kosciusko, dans le Mississippi ; mais il a vécu plusieurs années à Memphis, dans le Tennessee. Il s'était établi à Chicago en 1962, où il a écumé les clubs, l'harmonica en poche et la guitare en bandoulière. Son premier album, "Stand back! Here comes Charlie Musselwhite's Southside Blues Band" était paru en 1966, sur Vanguard. Depuis, il s'est fixé en Californie et a sorti un nombre impressionnant d'elpees. Son dernier, "Continental drifter", remonte à 1999. Un disque remarquable, paru chez Pointblank. Une œuvre au cours de laquelle, il était parvenu à réaliser une fusion originale entre son blues et la musique traditionnelle cubaine. Cette nouvelle plaque opère un changement radical !

La première plage, "Trail of tears", plante le décor : nous sommes bien à Memphis, au carrefour du blues, du country et du rock'n'roll. La voix de Charlie se mêle à celles de Kelly Willis et de Christine Ohlman, pendant que les guitares de G.E Smith et Robben Ford se partagent les soli. Ecrit par le pianiste Ivory Joe Hunter, "Cold grey light of dawn" baigne au sein d'un climat parfaitement country. Sans aucun doute un des meilleurs moments de l'album ! Memphis Charlie se rappelle sa jeunesse. Cet album, dit-il, est une réflexion sur ses expériences que j'ai menées à Memphis, au cours des années 40 et 50. "Blues overtook me" est une composition autobiographique. Elle retrace la manière dont le blues l'accosta naguère à Memphis. Les guitares de G.E Smith et Robben Ford le suivent à la trace, alors que Robben sort un solo très rock'n'roll qui sied parfaitement à ce climat. "In a town this size" est clairement country. Authentique spécialiste de country et de bluegrass, Marty Stuart est à la guitare. La voix cristalline de la citoyenne d'Austin, Kelly Willis, accompagne parfaitement celle du vieux Charlie. Rehaussé par la présence de la chanteuse Christine Ohlman, "Walking alone" est une plage légèrement rythmée, assez différente de ce que nous avait habitué Charlie. Illuminée par la guitare de G.E Smith et la mandoline de Stuart, mais également balayée par l'harmonica, "Rank strangers to me" est une ballade très lente, proche des canons de la country et du blues. La reprise du "One time one night" de David Hidalgo et Louie Perez de Los Lobos est imprimée sur un rythme rock'n'roll. Tout fan de Charlie Musselwhite aime le retrouver dans l'exercice du blues authentique. Epaulé par la seule basse de T-Bone Wolk, il le pratique sur le grave "In your darkest hour". Et puis également chez le très très lent, enrichi par la voix de Miss Ohlman , "Ain't it time?". Charlie est aussi resté un vieux fan de Johnny Cash. Il le croisait régulièrement à Memphis, à l'époque des enregistrements Sun. Il reprend avec beaucoup de respect son "Big river". G.E Smith s'y révèle très à l'aise aux cordes. Soutenu par les guitares de G.E et de Robben Ford, la fin d'album est plus classique. Mais en même temps, Charlie retrouve toute sa verve à l'harmonica. A l'instar de son "I'll meet you over there" et du célèbre "Ain't that lovin' you baby", de Jimmy Reed ; une finale au cours de laquelle l'intervention de Ford est particulièrement brillante. Ce retour aux sources d'inspiration de l'artiste décontenancera sans doute le fan qui avait apprécié l'album précédent qui, je le rappelle, était le fruit de la rencontre du blues moderne et de la fusion cubaine.

 

The Music

You might as well try to fuck me (Ep)

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Le chanteur de cette formation de Leeds possède une voix exceptionnelle. Son nom ? Rob Harvey ! Et son timbre campe un hybride entre Perry Farrell et Grace Slick. S'il n'y avait les notes de la pochette, j'aurais presque juré qu'il s'agissait d'une femme, tant son falsetto éthéré, gémissant, est saisissant. The Music n'a pas encore sorti d'album, mais trois EP. Constitué de quatre titres " You might as well try to fuck me " baigne dans un univers psychédélique à l'intensité noisy. A cet égard, le titre maître de ce disque est un petit bijou d'intensité électrique. Beaucoup plus atmosphériques, nonobstant une forme dance héritée probablement des Stone Roses, les trois autres fragments nous replongent dans l'univers visionnaire, halluciné, tourmenté de The Verve, lorsque le cerveau de Richard Ashcroft était encore balayé par " A storm in heaven ". Un futur grand groupe est probablement occupé de naître…

 

The Music

The Music

Écrit par

Franchement, après avoir écouté cet album pour la première fois, je suis resté sur le cul. Un disque à ne pas mettre entre les oreilles du premier venu, il faut l'avouer. Pourtant, si le mélomane est branché, il vous remerciera plus de cent fois. Mais s'il est largué, il risque fort de péter un plomb, voire le circuit. Je m'explique. Sur les dix fragments qui composent le premier opus de ce quatuor de Leeds, peu d'espace a été réservé à la récupération. Le flux sonore, dévastateur, tumultueux, viscéral est une constante. Rien de tel pour opérer un lavage complet (NDR : et efficace !) de votre matière grise. Mais quels sont les paramètres qui permettent un tel phénomène. Tout d'abord la voix de Robert Harvey. Et quelle voix ! Haut perchée, stridente, sauvage, elle met littéralement le feu à la musique. Un peu à la manière de Robert Plant, lorsqu'il sévissait chez Led Zeppelin.

Fondamentalement, The Music a d'ailleurs hérité de la passion volcanique et de la conviction électrique cultivée chez le célèbre dirigeable, qu'il manifeste à travers un mélange de heavy métal sulfureux et de blues fougueux. Enfin, à la base. Car ce cocktail explosif laisse la porte ouverte à bien d'autres courants musicaux. Le psychédélisme tout d'abord. Celui de The Verve (NDR : ses deux premiers elpees !) et des Spiritualized Electric Mainline. Le funk et la house ensuite. Héritée en ligne droite des Stone Roses. Le tout raffiné par un zeste de technologie moderne, histoire de ne pas oublier que nous vivons en 2002. Un assortiment tempétueux, tentaculaire, au cours duquel The Music libère ses passions, ses frustrations, ses colères, mais également laisse la place à ses espoirs. Un must ? C'est une certitude ! Mais un must au sein duquel une flopée de remixeurs pourrait facilement trouver matière à travailler. Espérons simplement qu'ils soient de la trempe d'Underworld ou de Prodigy.

 

Muse

Hullabaloo

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Deux plaques sur le nouvel opus de ce trio insulaire. La première est consacrée à une sélection de faces B de singles enregistrés entre mars 99 et octobre 2001. La deuxième immortalise un digest des deux concerts accordés au Zénith de Paris les 28 et 29 octobre 2001. Ceux qui n'ont jamais eu le loisir de les applaudir sur scène, pourront ainsi se rendre compte de l'énergie et de l'intensité dispensés par Muse tout au long d'un concert. Et puis du registre vocal phénoménal manifesté par Matt Bellamy. Pas pour rien que sa voix soit souvent comparée à celle de Jeff Buckley. Ce double Cd sort au même moment qu'un DVD consacré à ce set live. Si c'est de la même qualité, je vous invite à vous le procurer. Mais, faudra peut-être aussi vous fendre d'un lecteur Dvd, si vous souhaitez le visionner…

 

Elliott Murphy

Soul surfing

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"Soul surfing" constitue le 22ème elpee de ce chanteur/poète/romancier yankee, exilé à Paris depuis de nombreuses années. Ce qui ne l'a pas empêché de s'entourer de ses musiciens new-yorkais préférés. En l'occurrence Ernie Brooks (ex Modern Lovers), le claviériste/accordéoniste Kenny Margolis (ex Mink DeVille) et le drummer Danny Montgomery, un autre expatrié américain qui a notamment joué pour Percy Sledge et Concrete Blonde. Sans oublier l'ex guitariste de Little Bob, Olivier Durand. Un disque dominé par l'instrumentation acoustique. Mais un peu comme chez Bob Dylan. C'est à dire quelque part entre folk, blues, country et rock'n roll. Exceptions qui confirment la règle, " Strangers on a train " trempe dans la bossa nova, alors que " Dragon " porte des accents soul/jazz. Parfois épaulé par une voix féminine, le chant d'Elliott se révèle tendre, profond, empruntant même parfois les inflexions de Willy DeVille, parfois celles du Zim, parfois celles de Bruce Springsteen ; alors que la conjugaison des six cordes acoustiques (l'une grattée, l'autre en picking) est un véritable régal. En parlant de cet opus, Elliott a déclaré : ‘Nous avons utilisé des guitares sèches, parce qu'elles sonnent presque humaines, parce qu'elles sont sculptées comme le corps d'une femme…’ On peut ainsi imaginer toute la sensualité qui transpire de ses mélodies à la fois touchantes et belles, mais également des instants empreints de poésie qu'il enrichit de ses lyrics chargés de mélancolie douce…

 

Jean-Louis Murat

Le moujik et sa femme

Écrit par

C'est vrai que cet album est sombre, très sombre. Mais qu'est-ce que c'est bien fait. Mieux encore : pas trop bien fait. Les compositions soignées de Murat conservent un côté artisanal, qui les place largement au-dessus de la moyenne radiophonique. Au fil de l'écoute, on s'est même surpris à songer aux périodes acoustiques de Neil Young, à cette même capacité à introduire une fêlure dans des mélodies imparables. Ecoutez la guitare râpeuse et les notes d'harmonica du tubesque "L'au-delà " ou le bluesy " Molly " pour vous en convaincre. La même analyse vaut pour les paroles. Murat, le poète, n'a pas peur de balancer soudainement un ‘nom de Dieu’ pour changer de registre. Du grand art ! Et pourtant, a priori, je ne suis pas un fan de Murat.

 

Mummy The Peepshow

School girl pop

Écrit par

Et maintenant une petite devinette : d'où viennent les Mummy The Peepshow ? Hein ? Hein ? Allez, un indice : le titre ! School ! Girl ! Pop ! Non, rien ? Un autre pour brouiller les pistes cette fois : un tee-shirt de foot américain (attention !) pour le haut, une jupe écossaise (attention !) pour le bas, des bas rayés bicolore type guêpe dessous (trop tard)... Alors, reconnaissez-vous dans quel pays cette mode peut déchaîner les foules ? J'en vois qui commencent à décrypter l'énigme. D'accord, le suspense n'a que trop duré : je lâche le morceau, vous êtes intraitables : Osaka, au Japon !!! Mais oui, c'était pourtant pas compliqué ! Pourtant, certains sont capable de me rétorquer : "mais bien sûr". Toutes ces (légères) considérations mises à part, il faut quand même admettre que les éléments "surprise" et "exotisme" répondent aux abonnés absents. Il est vrai que MTP sème quasiment plus de titres sur des compiles estampillées "girlsbands made in japan" que sur ses propres albums. Mais formé depuis maintenant 1994, il se démarque musicalement trop peu (NDR : un titre à la Piaf quand même) pour frapper les esprits et créer ainsi des mouvements de foule hystérique, des débordements en tout genre qui nécessiterait l'intervention des forces de l'ordre. Sur cet album tout au moins. D'autant plus que le radicalisme musical existe chez Melt Banana ou que le côté kitsch est totalement assumé par les Ex-girl ; pour ne citer qu'eux.

 

Mull Historical Society

Loss

Écrit par

Parmi les formations contemporaines excentriques les plus connues, figurent Gorky's Zygotic Mynci et Super Furry Animals. Deux ensembles gallois qui ont plus que probablement eu une influence sur Mull Historical Society. Un combo écossais, pas gallois, derrière lequel se cache Colin Mc Intyre. Un chanteur/compositeur/multi-instrumentiste qui fait à peu près tout chez MHS. Faut dire qu'à l'origine, le line up de sa formation se résumait à Colin et à son ‘quatre pistes’ portable. Depuis, il a engagé un véritable groupe pour accomplir ses tournées ; et puis a reçu le concours de quelques musiciens de studio lors de l'enregistrement de son premier elpee, " Loss ". A la fois pastorales et baroques (NDR : question de célébrer la rencontre entre les Gorky's et les Super Furry Animals), les compositions de Mc Intyre flirtent également avec le sens mélodique de Supergrass. Sans l'exubérance. Mais avec le même soin pour les harmonies vocales. Qu'il duplique au lieu de les conjuguer. En les enrobant parfois de chœurs exécutés par une chorale enfantine. Si chacune de ses chansons semble véhiculer sa propre histoire, son propre mélodrame, c'est parce que les lyrics sont écrits avec le même esprit oblique et la même intelligence que chez Morrissey. Des lyrics dont les aspects sombres agitent son imagination déchirée entre le sublime, le ridicule et le contagieux. Bref, un opus fort intéressant, mais qui exige une certaine tournure d'esprit, pour être apprécié à sa juste valeur…

 

Mr Scruff

Trouser Jazz

Andy Carthy aime bien jongler avec tous les styles : house, jazz, soul, disco, funk, rock,… Ses albums sont souvent d'inénarrables fourre-tout, à ne pas mettre entre toutes les oreilles sous peine de méchant tournis. Encore une fois, " Trouser Jazz " ne faillit pas à cette règle : il y a sur ce disque à boire et à manger. L'avantage de ce genre de dédale musical : tout le monde y trouvera bien son compte. L'inconvénient : jusqu'à s'y perdre et ne plus entrevoir la sortie. A force de vouloir tout mettre dans son mixer, Mr Scruff en met plein les murs, et c'est fort dommage. Un bon torchon et un seau d'eau auraient bien fait l'affaire pour nettoyer cet album de quelques impuretés encombrantes : à tort, on emploiera la touche ‘accéléré’.

 

Mr. Lif

I Phantom

Tout au long de ce premier album, Mr. Lif nous narre l'histoire d'un pauvre type tué par balles, qui ressuscite (par la musique) pour sauver l'Amérique de sa morgue patriotique… jusqu'à son réveil, direction le boulot et toutes ses injustices. Un rêve ? Peu importe, le B-boy décide de prendre le taureau capitaliste par les cornes : Bush n'a qu'à bien se tenir, et avec lui tous les symboles écrasants de l'impérialisme sauvage et du consumérisme ravageur (argent, religion, travail, médias, drogues, justice,…). Mr. Lif, rappeur érudit qui n'a pas sa langue dans la poche (sorte de cousin de Mos Def et de Tribe Called Quest), tire à boulets rouges sur tout ce qui gangrène l'Amérique, loin de toute démagogie et avec un talent certain. Chroniqueur hors pair qui veut amener la population occidentale à une prise de conscience (tout n'est pas noir, mais il y a du pain sur la planche), Mr. Lif se pose donc en digne descendant de KRS-One et de Chuck D, avec toutefois moins de virulence et plus de discernement. Et quand la musique est bonne (à la production, El-P, Fakts One, NASA, Edan et Insight, bref la crème du hip hop underground le plus fascinant), ça nous donne un concentré de beats, de flow et de samples supérieurs à la moyenne. " I Phantom " dépeint les démons d'un homme en prise avec son environnement immédiat, cette Amérique 'post 11 septembre' toujours groggy, aveuglée par la haine de l'autre et la soif de vengeance. A la fin du disque, c'est la menace d'une guerre nucléaire qui pointe même à l'horizon, avec " Earthcrusher " et " Post Mortem ", constats désabusés d'une société pourrie qui court vers son anéantissement. On n'a pas fini de mesurer les secousses sismiques enclenchées par l'effondrement des Twin Towers… ce disque en est la preuve. Effrayant, mais important.

 

Moxie

Broken fantasy

Écrit par

Deux filles et trois kids constituent le line up de cet ensemble bruxellois. Une formation qui avait commis un premier album en 1998 (" Blue sky maybe "), pour lequel elle avait reçu la collaboration de Kylie Statham (Fuck) ; et un EP en 1995, enregistré sous la houlette de Pierre Vervloesem, le producteur du premier elpee de dEus. Pour la mise en forme de " Broken fantasy ", Moxie a fait appel à Jim Putman, leader de Radar Bros, auquel le groupe voue une grande admiration. Un personnage qui ne se contente cependant pas de driver son groupe, puisqu'il produit également ses disques. Pas étonnant qu'à première écoute, l'influence du combo américain est très palpable. Tout comme celles de Pavement, de Blonde Redhead et de Sonic Youth. Surtout pour les guitares. C'est tout à fait évident sur l'excellent " The beat of your heart ". Mais en général, la forme est beaucoup plus minimaliste. Au fil de l'écoute, ces références s'estompent pour laisser place à une solution sonore intimiste, délicate, envoûtante, à la fragilité bouleversante. Une pop paradoxalement à la fois contagieuse et glacée, recouverte d'harmonies vocales vaporeuses, infiltrée sobrement de collages et d'effets spéciaux, que balaie furtivement, ponctuellement, et dans l'esprit d'un Stereolab, un clavier à quatre sous. A l'instar d' " Early morning " et de " Secret ", probablement les deux meilleures compositions de l'opus. Ou encore de " Happy buzz ", rehaussé par la présence d'une slide, du kitsch " I.C.U. ", bâti sur un jeu de mots (" I see you "), et de l'incantatoire " Love life ". Personnellement, je dois avouer que la surprise (NDR : ce " Broken fantasy", bien sûr) est d'autant plus agréable, qu'elle était totalement inattendue…

 

Mousse T

Gourmet de funk

Mousse T est l'auteur heureux de deux méga-hits, " Horny " et " Sex Bomb " (avec Tom Jones), qui ont ébranlé la planète dance il y a deux ou trois ans. Alors qu'il aurait pu décliner la même formule pour empocher d'autres pactoles, Mousse T a préféré se mettre en danger, préférant se montrer, avec ce premier album, sous un jour moins festif et dragueur. " Gourmet de funk’ propose ainsi une house apaisée aux teintes jazzy surprenantes, bien loin finalement de ses hymnes ‘jump up’ un peu balourds qui donnaient plus des maux de ventre que des fourmis dans les jambes. Des relectures ‘swing’ de " Sex Bomb " et ‘jazz’ de " Horny " vont d'ailleurs dans ce sens, avec réussite. Si la formule downtempo s'essouffle vers la fin (les deux-trois derniers titres sont dispensables), on peut dire que Mousse T a passé l'examen casse-gueule du premier album avec brio.

 

Mother Tongue

Streetlight

Leur boogie rock incandescent donne le vertige, leurs envolées fusionnelles le tournis et leurs slows vaporeux une trique d'enfer. La langue bien pendue, ces Mother Tongue aiment jouer avec le feu, jonglant avec les notes et les riffs comme des acrobates sur la corde raide, toujours prêts à sauter dans le vide, les nerfs à vif et la tension au maximum. Après plusieurs années d'absence, leur nouvel album, produit par Mario Caldato Jr (Beastie Boys), montre enfin les crocs, tel un Boogie Man enfermé dans le placard pendant trop longtemps : rythmiques haletantes, vocaux surhumains, refrains détonants, les Mother Tongue allient le meilleur des Red Hot avec le son roots du blues, voire de la soul. A les entendre rugir, on les imagine sans peine bêtes de scène… Mother Tonghe is back, et ça va faire mal.

 

The Moroccos

Bang goes my heart

Écrit par

Au cours des 50's, le label United privilégiait les groupes vocaux, et en particulier les quartets gospels, sans pour autant négliger d'autres styles moins sacrés. Ce recueil réunit des enregistrements opérés par quatre groupes qui ont sévi entre 53 et 55. Un phénomène qui allait ouvrir la voie au doowop. La collection "Cho Chop Boom" était réservée au label States. Elle sera donc limitée à United! Les Moroccos appartenaient à la Communauté Englewood du South Side de Chicago. Drivés par Ralph Vernon, ils s'appelaient à l'origine, les Four Chimes. Un line up qui allait passer à un quintet, lors de l'engagement du ténor Sollie MeElroy. Les Moroccos se taillent la part du lion sur l'album. Et pour cause, douze titres leurs sont consacrés.

L'opus s'ouvre par "Bang goes my heart", un fragment rehaussé par la présence d'une guitare surprenante. Le piano s'emporte sur le sémillant et rythmé "The hex" pendant que Red Holloway actionne son sax ténor, avec beaucoup de bonheur. Les Answers ont participé aux sessions finales de United. En 1957. Ils sont inconnus au bataillon, mais signent ici deux plages dont une face jump : "Keeps me worried all the time"et le rapide "Have no fear", qui bénéficie du concours du Lefty Bates Trio et à nouveau de Red Halloway au saxophone. Les Sheppards étaient issus du South Side de Chicago. Un quintet ici responsable de deux faces jump : "Just let me love you" et "Pretty little girl". Elles datent de 1956. On y retrouve les mêmes collaborateurs. C'est à dire Horace Palm au piano et Red Holloway et Mac Easton aux saxophones ; mais le lead vocal est assuré par le ténor John Pruitt. Les Pastels sont également issus de Chicago. Ils ont commis deux sessions pour United, en 1956. Six plages dont un " Boom De Boom " parcouru par l'excellente guitare jump du leader Lefty Bates. Bates partage la vedette de ces sessions avec avec Red Halloway. Il accorde quelques petits bijoux de soli sur "Goodbye", et donne un merveilleux exemple de doowop sur "My little girl". Le nombre de formations auditionnées à l'époque était très important. Parfois elles disparaissaient sans laisser de traces, sans même qu'un disque ne vienne témoigner de leur existence. A l'instar du Mystery Group, qui interprète les deux dernières plages de cette collection. Ce sont des illustres inconnus dont l'interprétation de la fort jolie ballade "Tender love" est renforcée par des chœurs! Dommage qu'à l'issue de cette fin mouvante des fifties, ce style allait progressivement disparaître, pour laisser la place à la folie du rock'n'roll…

 

Alanis Morissette

Under rug swept

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Alanis a un fameux caractère. En quelques mois elle est parvenue à virer son fidèle collaborateur, Glen Ballard, s'est brouillée avec Madonna, qui n'est autre que la patronne du label sur lequel elle est signée, et a défrayé la chronique en se payant un flirt avec Jessica Parker, au beau milieu de la série télé " Sex in the city ". En outre, cette Canadienne n'en rate pas une pour se payer la tête des machos ou de tailler le portrait de l'homme idéal. A travers les lyrics de ses chansons, notamment. Et c'est encore le cas sur " Under rug swept ". Son quatrième opus. En particulier sur " Flinch ", " So unsexy " et " A man ". Ce qui ne l'a pas empêchée de recevoir le concours de collaborateurs mâles. Et pas n'importe qui, puisqu'on y retrouve Flea (Red Hot Chili Peppers), Dean De Leo (Stone Temple Pilots) ou encore Eric Avery (ex Janes's Addiction). Les braves types ! Et pour démontrer qu'elle est capable de se débrouiller toute seule, elle a assuré la production de son opus. Si Alanis possède toujours ce timbre vocal falsetto fiévreux, grondant, son elpee nous a laissé sur notre faim. Hormis les trois premiers fragments, les chansons se fourvoient progressivement dans la ballade fromatée. Et ce n'est pas l'apport de boucles ou de rythmes hip hop qui y change quelque chose. Dommage, car l'hypnotique " Narcissus ", le contagieux " Hands clean " et le percutant " 21 things I want in a lover " ont une pêche d'enfer…

 

Morcheeba

Charango

La dernière fois qu'on avait croisé Morcheeba, c'était avec leur tube FM "Rome wasn't build in a day", une incartade pop trop sucrée qui nous avait donné la nausée. Dégoûté par tant de mièvrerie, le public délaissa un moment le joli minois de Skye, certain qu'elle et ses deux amis avaient viré leur cuti trip-hop pour le compromis lounge-mainstream, ce cocktail parfait pour danser les bras en l'air et la tête au frais, mais sans l'entrain d'antan, qui faisait de "Big Calm" et de "Who Can You Trust ?" ces albums à chérir tendrement, au coin du feu. On n'avait donc plus trop confiance en Morcheeba, jusqu'à l'arrivée impromptue de ce " Charango ", splendide retour au bercail trip-folk de leurs débuts. Dès "Slow Down", on se dit donc qu'on a eu tort de les maudire tout un temps, la voix de Skye et les beats langoureux de Paul Godfrey nous rappelant que Morcheeba n'a finalement jamais vraiment rimé avec lambada. Et quand Kurt Wagner de Lambchop ramène sa country tranquille sur "What New York Couples Fight About", on s'étonne que l'alchimie fonctionne, en tout cas le choix fut risqué - rien que pour cela, chapeau bas. Avec ses mélodies ouatées, ses refrains tout en caresses et ses ambiances délétères, "Charango" fera chavirer nos tympans pendant encore longtemps.

 

John Mooney

All I want

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John Mooney est newyorkais. Au cours de sa jeunesse, il a appris à jouer de la guitare. Il avait à peine assimilé la technique, qu'il se convertissait déjà au blues. A 16 ans, il fait la connaissance d'un de ses voisins : Ed ‘Son’ House, le légendaire bluesman du Delta qui aurait été le professeur du mythique Robert Johnson. John commence à tourner aux USA et lorsqu'il descend à New-Orléans, il rencontre celui qui sera une autre influence majeure : le maître du piano local, Professor Longhair.

Son 1er album, "Comin' your way" (Blind Pig), date de 1979. Depuis 81, il tourne avec sa formation, le Bluesiana Band. D'autres albums ont suivi : "Telephone king" en 83, "Sideways in paradise", commis en duo avec Jimmy Thackery en 85, "Late last night" en 90, "Travelin' on", un live immortalisé à Brême (Crosscut) en 91, "Testimony" en 92, "Against the wall" (House of Blues) en 95, "Dealing with the devil" (Ruf) en 96 et "Gone to hell" (Blind Pig) en 2000.

"All I want" constitue donc le petit dernier. John est entouré de trois musiciens : Alfred Roberts aux percussions, Bernard Johnson aux drums et Jeff Sarli à la basse. Mooney ouvre par le titre maître de l'opus. Une plage imprimée sur le rythme du chemin de fer qui lui permet déjà d'étaler toute sa dextérité sur le manche. Marqué par la voix graveleuse et partiellement ravagée de Mr Mooney, "Baby please" est du pur Delta Blues. La National Steel répond du tac au tac au chant du maître. Toujours seul, il remet le métier sur son ouvrage en abordant "Buried treasure" et un blues traditionnel mené avec autorité intitulé "Future blues". Au passage, John nous rappelle que l'une de ses influences favorites, c'est également la musique de New Orleans, façon Professor Longhair. Il le démontre sur "She ain't no good". Un fragment joué en trio. La rythmique est d'acier, sûre et sans faille. Le son de sa slide découpé au couteau. Mooney est un maître du style. Il reprend d'ailleurs "Hey little girl" de Henry Byrd, alias Professor Longhair. Il l'attaque avec une voix pas possible. Le bonheur ! Il est tout aussi convaincant dans le domaine du Mississippi blues amplifié. Sa slide communique toujours cette intensité métallique. A l'instar de "Feel like hollerin, un fragment dur, abrupt, sans concession. Il libère un son hawaiien de cette slide, pour prodiguer l'exotique "Tell me who". La musique pourtant complexe semble couler de source. La plénitude est de retour. La prouesse conjugue à la fois la technique et le feeling. "Son's blues" a été écrit il y a bien longtemps par Son House. Sa reprise très fidèle est un vibrant hommage au maître. L'émotion transpire tout au long des cordes d'acier. Il poursuit par "You got to move ", sans doute la composition la plus connue d'un autre seigneur légendaire de la slide : Mr Fred McDowell. Il la traite avec une attitude empreinte de beaucoup de respect vis à vis du maître. Il referme cet opus par une version chargée d'émotion d' "If you love me" de Ted Hawkins. Une fois de plus, Mr Mooney a signé un bon album !

 

Coco Montoya

Look back

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L'ancien drummer d'Albert Collins a fait son chemin! Originaire de Santa Monica, en Californie, il a aujourd'hui dépassé le cap du demi-siècle. Au début des années 80, il avait sévi chez les BluesBreakers de John Mayall en compagnie d'un autre guitariste devenu célèbre, Walter Trout. Il y est resté une dizaine d'années, avant d'entamer sa carrière personnelle. Son 1er album est paru en 1995 : "Gotta mind to travel". Sur Silvertone. Le suivant, "Ya think I'd know better", est sorti l'année suivante et "Just let go" en 97. Tous deux sur Blind Pig. En 2000, il a décroché un contrat chez Alligator. Pour lequel il a commis, quelques mois plus tard, "Suspicion".

L'opus s'ouvre par "Wish I could be that strong". Un titre blues rock qui flatte l'oreille. Blues modéré, légèrement funky, "Running away from love" a sans doute été inspiré par Albert King. Coco ne perd à aucun moment sa ligne mélodique, permettant ainsi à la guitare de s'égarer de manière divertissante. Il reprend avec beaucoup de bonheur "Something about you", un ancien hit des Four Tops écrit par Holland, Dozier & Holland, l'équipe attitrée de la Tamla Motown. Le backing band assure très bien son rôle ; et notamment Chuck Kirkpatrick à la rythmique et Benny Yee à l'orgue. Montoya est alors libre de délivrer un de ces solos dont il a le secret. "I won't beg" est une ballade rythmée plus soul, sur laquelle il peut mettre en évidence sa voix naturellement puissante et chaude. "Trip, stumble and fall" est une plage tonique, écrite par les texans Stephen Bruton et David Grissom. Constituée de Steve Evans à la basse et de Randy Hayes à la batterie, la section rythmique est d'une solidité soumise à toute épreuve ; une assise qui permet à la guitare de galoper à vive allure. Coco peut enfin aborder "Can't see the streets for my tears", un slow blues conduit de manière fort semblable à celle de son ex patron, John Mayall. "Same old thing" est une composition du maître de la Telecaster, Albert Collins. De toute évidence, il rend un nouvel hommage à celui qui l'a tant aidé à se forger une personnalité, dans les années 70. "Can't look back" est une ballade soul agrémentée de cuivres. Joe Sublett est au sax et Darrel Leonard à la trompette. "Women have a way with a fool" permet de mesurer une nouvelle fois encore l'aisance vocale de Coco dans le R&B. Sa versatilité sur les cordes est assez remarquable. Inspiré une fois encore par le travail qu'il a accompli au sein des Blues Breakers, "Back in a Cadillac" est un blues bien rythmé. En fin d'album, il concède "No longer a part of your dreams", une plage dansante bien agréable enrichie par la guitare slide, le sax de Sublett et l'orgue de Tommy Eyre, un ancien sideman de Joe Cocker. Ce disque de bonne facture s'achève par "Free", une plage très blues rock, assez majestueuse dans le riff. Montoya peut encore y faire respirer sa Stratocaster aux parfums très électriques. Et pour être complet, sachez que la production est signée Jim Gaines.

 

Moby

Rare : The Collection B-Sides 1989-1993

Enième réédition des vieux albums de Moby (voir autres critiques) : cette fois-ci, il s'agit d'une compilation de remixes et d'extended plays, bref des ersatz de morceaux déjà pas terribles… En général plus dance que les originaux, ses remixes étaient au départ destinés aux dance-floors des clubs du monde entier. ‘Etaient’, car datant pour la plupart de 91-92, ils n'ont évidemment aucune chance d'encore faire danser la ‘club babe’ d'aujourd'hui, davantage fan d'électro-clash et de bootlegs à la Dewaele Brothers que de ce genre d'hymnes pompiers à la défonce, pleins de bruits de sirènes ringards et de boum boum dépassés.

 

Moby

Moby

Cette réédition du premier album de Moby a le mérite de rappeler qu'avant d'être une star planétaire aux millions d'albums vendus, le petit Richard Hall essuya quelques vestes : qui se vanterait aujourd'hui d'avoir un de ses albums de la période pré-Play, quand l'arrière-petit-neveu de Melville jouait encore dans la cour des DJ's de troisième zone, écumant les raves sordides à la recherche d'une seule âme pour écouter ses beats de freluquet ? Certes, il y a eu " Go ", gros tube samplant sans vergogne la musique de Twin Peaks, et cette reprise du " James Bond Theme ", sympathique mais sans plus. Cet album de 1993 contient le fameux " Go ", le reste oscillant entre l'acid et l'ambient, avec des pointes de 1015 bpm (" Thousand ", figurant au Livre des Records en tant que " morceau le plus rapide jamais enregistré "). A part ce tour de force qui n'a d'autre intérêt pour Moby que d'avoir un beau cadre du Guinness Book dans ses toilettes, on se demande donc qui peut bien écouter ça en 2002… A écouter pour rigoler, ou si l'on aime la New Beat (ce qui revient au même).