La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

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Wholes passe son chemin…

Wholes (ex-The Van Jets, Hypochristmutreefuzz, Pink Room, Elefant, etc.) a partagé une première chanson torride. Brute, non filtrée et chargée d’émotion. "Till We Don't Meet Again" est une collision de guitares tordues, de rythmes implacables et de voix qui…

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Jim Suhler

Bad Juju

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Jim est un solide guitariste de la banlieue de Dallas. Un spécialiste de la slide. Il compte déjà plusieurs albums à son actif : "Radio Mojo" en 93 et "Shake" en 95 ; sans oublier deux œuvres issues de collaborations différentes. La première menée sur "Let the dogs run", en compagnie de Mike Morgan. Et tout dernièrement celle qu'il a réalisée avec Alan Haynes, sur "Live at Blue Cat Blues". Il est également devenu, depuis plusieurs années, le 2ème guitariste des Destroyers de George Thorogood. Il a d'ailleurs participé au "Live in '99". Et cela s'entend !

La production est signée Jim Gaines. Suhler débute par "Deja Blue". La présence de l'accordéon de Tim Alexander, invité de marque, lui confère un son très tex-mex. Dopée par une rythmique qui porte le tout, ce titre fait mouche. "Don't do it" donne un coup d'accélérateur. Tim est passé au piano prodiguant des accents boogie à cette solide composition. La rythmique du Monkey Beat est en acier. Paul Hollis, qui a joué dans le Crawl de Mike Morgan, est aux drums, et Carlton Powell (un ancien du Smokin' Joe Kubek Band) est à la basse. "Bad stretch of road" manifeste une même intensité de rythme. Jim a enfin sorti son bottleneck. La slide commence à rugir. Sa manière de jouer la slide est assez violente, le plus souvent sur un rythme élevé. Son chant dialogue avec les glissements du bottleneck. Une technique qui me rappelle le regretté Irlandais Rory Gallagher, et qu'il applique sur "Restless soul". Je n'ai donc pas été surpris de voir mentionner que cette plage est effectivement dédiée à la mémoire de Rory, sur les notes de pochette. Tout au long de "Scattergun", la slide arrache. Primaire, elle dégage tout sur son passage, rappelant au passage le grand Hound Dog Taylor. Un exercice de style parfaitement réussi ! Jim a réalisé un album varié. Le côté tex-mex se rappelle à notre bon souvenir sur "Evangeline". Il est aussi capable de ralentir son tempo. Comme sur la ballade "Prayin' for rain" et surtout sur le superbe blues lent, "Sure as the sun rises". Un titre mené à la manière du Stevie Ray Vaughan des grands jours. Cet opus s'aventure également dans la rock music. Notamment sur le percutant "Lover's curse" qui, trempé dans l'orgue Hammond, ne navigue pas tellement loin du monde de Carlos Santana. "Bad Juju" se referme par "I.O.U". Un blues acoustique typiquement delta. Jim Suhler vient de commettre, à ce jour, son meilleur album. Et rien que sa maîtrise à la slide sur "Under the gun", vaut le détour ! Aux dernières nouvelles, il aurait mis en boîte un album acoustique…

 

Suicidal Tendencies

Friends and family 2

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Quel philanthrope ce Mike Muir ! Voilà donc sa conception d'une compile : une dizaine de titres de ses différents projets (Suicidal bien sûr, Infectious Groove, Sarsipius), complétés par 10 autres plages partagées entre d'obscurs groupes, se réclamant d'une manière ou l'autre de Suicidal Tendencies et de ses dissidences. Au risque de me faire fusiller par Muir, on ne m'enlèvera pas de la tête l'inutilité d'une telle démarche (tout au moins avec ce résultat). En effet, Suicidal ne nous réserve qu'un seul véritable inédit ; le reste ayant été puisé au sein de travaux antérieurs. Quant à ceux qui partagent l'affiche, aucun ne sort concrètement du lot (Missil Gul Scoot, Zen Vodou, My head, Creeper). A l'évidence le punk énergique de Suicidal inspire différemment tout ces artistes, chacun abordant un style de musique différent (punk, ska, indus…). Mais bon, pas de quoi sauter au plafond. On préférera donc nettement les originaux.

 

Summer Hymns

A celebratory arm gesture

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Tout comme R.E.M., les B52's et Magnapop, Summer Hymns nous vient d'Athens, en Georgie. Un quintette responsable d'une musique fort originale, vaguement psychédélique, fruit d'un subtil mélange de pop, de jazz, de folk, de country, de rock, de gospel, de garage et de muzak. Imaginez un peu un Grandaddy qui aurait beaucoup écouté " Ruth is stranger than Richard " de Robert Wyatt, " Harvest " de Neil Young et " Another green world " de Brian Eno. La voix de Zachary Greshan possède même un timbre aussi plaintif et sudiste que celui de Jason Lytle. En outre, les deux formations manifestent un feeling rural typiquement yankee. " A celebratory arm gesture ", constitue le deuxième opus de Sumer Hymns. Un disque à la beauté austère et à la magie brumeuse, dont les mélodies tissées dans une instrumentation luxuriante (xylophone, trombone, clarinette, banjo, violon, flûte, lap steel, harmonica, piano, claviers aux sonorités pourries, guitare électrique et acoustique, basse, drums, percussions, samples, synthés, etc.) et raffinées par les arrangements impeccables, ondoient et tourbillonnent sans fin… Superbe !

 

James ‘Super Chikan’ Johnson

Shoot that thang

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James ‘Super Chikan’ Johnson est âgé de 50 ans. Il est né dans le Mississippi et y vit toujours. A Clarksdale, très exactement. Il a toujours été fasciné par les poules que ses parents élevaient. C'est ainsi qu'il fut baptisé Chikan Boy. Il réserva la plus grosse partie de son existence à conduire des taxis, des camions et à labourer les champs sur un tracteur. Aujourd'hui, James chante, joue de la guitare, du piano, de l'harmonica, et puis surtout compose avec beaucoup d'humour, des chansons dont les lyrics traitent le plus souvent de ses chères poules. Il est accompagné par Dione et Harvell Thomas des Fighting Cocks, à la section rythmique.

Son 1er album remonte à 1997. Il est sorti sur Rooster Blues, et s'intitulait "Blues come home to roost". Le second, "What you see" est paru en 2000, sur Fat Possum. Les compositions sont imprimées sur un rythme obsessionnel. James chante d'une voix bien assise et distille des phrases découpées au couteau. Sans être trop amplifiée, la guitare possède suffisamment d'écho et de réverbération. Elle donne d'excellents résultats sur "Guilty man" et "Don't mess with the blues". "Mennonite blues" concède une 1ère pause dans le rythme. Un blues lent assez déroutant. "Bus-train-rain" n'est pas vraiment un blues. La batterie reproduit le tempo du train. Les interventions de guitare sont assez surprenantes. Le rythme hypnotique, légèrement funky, envahit "Staingy wid it". Les petits motifs gallinacés reviennent régulièrement. A l'instar de "Could have been me" ou de "Junky trunk". Super Chikan passe au piano sur "Marry me". Un changement judicieux qui traduit la variété de l'album. Il chante ainsi le rock'n'roll boogie, seul devant son piano, à la manière d'un Jerry Lee Lewis. Pour aborder "Wrong to sing the blues", il souffle dans son harmonica. La basse dessine un motif simple. Elle soutient la guitare qui peut ainsi libérer des motifs très bien construits. L'album se referme par plus de 8' de boogie. C'est également la plage titulaire…

 

Superchunk

Here´s to shutting up

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A l'instar de Guided By Voices, Superchunk est probablement une des formations les plus brillantes et les plus méconnues de la scène indépendante yankee. Ce qui ne l'a pas empêché d'enregistrer la bagatelle de huit albums ainsi qu'une flopée de singles et d'Eps, en onze années d'existence. Pour produire ce " Here's to shutting up ", le groupe de Chapel Hill (NYC) a eu la bonne idée de rappeler Brian Paulson (Uncle Tupelo, Wilco, Jayhawks); c'est à dire le même personnage qui avait mis en forme " Foolish " en 1993. Une œuvre qui coïncidait justement avec leur changement d'orientation musicale. Sans pour autant tomber dans la country (hormis peut être " Phone sex ", sur lequel John Neff de Japancakes vient donner un coup de pedal steel), il est parvenu à donner un feeling beaucoup plus acoustique à ce disque, tout en apportant davantage de soin aux arrangements. Et la présence de Heather McIntosh (également de Japancakes) au violoncelle et de la violoniste de White Light, Anna Balka, y sont également pour quelque chose. Sans oublier les claviers qui créent une véritable toile de fond à cette tapisserie sonore assez complexe, où s'entremêlent fils mélodiques et sensibilité pop contagieuse, entretenue par le timbre vocal limpide de Mc McCaughan. Indispensable si vous aimez Grandaddy, Yo La Tengo et bien sûr Guided By Voices…

 

Superheroes

Igloo

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Si vous êtes un nostalgique de la musique des eighties ; et en particulier de sa new wave électronique qui a donné naissance aux Human League, Duran Duran, Ultravox, Depeche Mode, Scritti Politti, New Musik et consorts, vous apprécierez le deuxième opus de ce sextuor danois, de Skive pour ne rien vous cacher. Un album qui fait la part belle aux synthés analogiques, aux mélodies accrocheuses et aux beats imparables ; le tout dominé par la voix haut perchée de Thomas Troelsen. Certaines compositions incorporent même des accès d'électricité bien saignants, presque noisy, histoire de donner encore davantage de tonus à cette néo new wave plutôt kitsch mais tellement rafraîchissante…

 

Supersuckers

The Songs All Sound The Same

Un titre d'album pareil est une aubaine pour le critique blasé qui trouve que les punks font toujours la même chanson : en deux phrases bien torchées, le tour est joué, et les Supersuckers sont relégués au fond du bac à soldes, puisque leurs chansons " se ressemblent toutes ", et n'ont donc aucun intérêt. Seulement voilà : les Supersuckers n'ont rien d'un groupe à la formule facile, copiant leurs aînés Sex Pistols et Buzzcocks en changeant deux ou trois accords pour le principe. En lorgnant parfois du côté du hard rock eighties un peu bourrin mais fort jouissif, ils arrivent ainsi à tenir tête à Lemmy et à sa bande, dont ils reprennent d'ailleurs ici le faramineux " Sex & Outrage ". Mais là où ils surprennent tout le monde, c'est en donnant leur version rageuse et décalée du " Burnin'Up " de… Madonna, le silicone en moins mais la testostérone plein les poches. Les Supersuckers n'ont donc aucun scrupule, et cela fait plus de dix ans que ça dure. Ce CD contient en fait les premières démos du groupe, sorties à l'époque (circa 1990) sur différents petits labels et aujourd'hui rassemblées sur une seule galette, pour notre plus grand plaisir. On y décèle déjà les ingrédients qui ont fait leur succès à travers les années 90 ; c'est à dire du son bien garage aux mélodies accrocheuses. Seul bémol à cette entreprise de réévaluation (en attendant leur live, " Must've Been Live ") : le dernier morceau, " Razzmanazz ", se résume à une longue suite de larsens susceptible de dégoûter même les fans du " Metal Machine Music " de Lou Reed. C'est peu dire !

 

Susperia

Predominance

Écrit par

Susperia n'est autre que le groupe de l'ancien batteur de Dimmu Borgir. Une référence qui aura incontestablement un certain poids sur sa carte de visite. "Predominance" s'inscrit donc en toute logique dans la tradition des groupes de black métal mélodiques et symphoniques. Ici, comme sur le dernier Dimmu Borgir, l'alternance entre les parties brutales et mélancoliques se fait sans le moindre heurt ; et plus encore, apparaît d'un naturel incontestable. On pense souvent également à Immortal ou à Satyricon. Alors que le groupe alterne vocaux hurlés et chant clair dans un contexte où le break est prédominant, des riffs inhabituels surgissent quelquefois au beau milieu de cette furie black métal. Discrètes, les interventions de claviers donnent une petite touche moderne au son de l'ensemble, renforçant le côté mélodique des dix compositions qui méritent d'être saluées, sans pour autant détenir le potentiel réservé aux classiques du genre. "Predominance" sort d'une certaine convention par une furieuse envie de convaincre, mais est loin d'être absolument indispensable. Un bon album tout simplement.

 

Sweet Daddy Cool Breeze

Blowin´ down the house

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Drivé par le chanteur/harmoniciste Wally ‘Sweet Daddy’ Greaney, ce quartette implique également le guitariste Mark Easton, le bassiste Lee Kullkowski, et le drummer Barry Easton. Greaney a joué en compagnie de Matt ‘Guitar’ Murphy et au sein du John Kay & Friends (NDR : dont le leader n'était autre que le célèbre vocaliste de Steppenwolf).

Cet elpee a été enregistré live au Theodore's Night Club de Springfield, dans le Maryland. Le 26 août 2000. L'harmonica mène le tempo devant une section rythmique qui libère une fameuse dose de groove. Wally avoue pour références James Cotton et Paul Butterfield. Heureux choix! Et il ne fait guère de doute qu'il soit également un fervent admirateur de Rod Piazza. Ce qui explique ainsi pourquoi il ouvre le feu par "Chicken Boogie", du même Piazza. Composé par Kim Wilson, "Don't bite the hand that feeds you" dégage beaucoup d'énergie. La voix n'est pas charismatique, mais s'inscrit dans le style propre au Cool Breeze, qui enchaîne par une bonne version du classique "Crosscut saw". Ce groupe comptait déjà deux albums à son actif : "Don't pass me fly" paru en 1993, et très curieusement, un "Live in France" (NDR : enregistré à Poitiers et Cahors), en 97. Le rythme ralentit pour aborder "Evil". Un blues lent signé Muddy Waters. Il vire ensuite au funk dès "Somebody" de …Rod Piazza, au cours duquel les cordes de Mark s'échauffent. Le guitariste semble bien à point pour engager "Teach me how to love you". Le rythme persiste tout au long de "Boogie man" de Leon Russell. L'inspiration sait aussi se faire proche de Chicago. A l'instar de "Hook", de "Party all alone" et de la finale, " Cross my heart", une reprise funky de la composition de Sonny Boy Williamson.

 

Swell

Everybody wants to know

Écrit par

Du line up initial, il ne reste apparemment plus que David Freel, chanteur, compositeur, guitariste et par la force des choses multi-instrumentiste. Pour enregistrer " Everybody wants to know ", il a bien reçu le concours d'un drummer, mais uniquement sur quelques morceaux. Ce sixième opus de Swell est bourré de contrastes. D'abord, il est beaucoup plus électrique. Pas que la guitare acoustique ait été négligée, mais elle est moins présente ; et puis elle n'est plus la seule à sculpter les mélodies, comme à l'époque de " 41 ", dont l'empreinte slo fi était devenue une référence, mais également l'antidote du mouvement grunge. Une bonne moitié des fragments du nouvel opus produisent un groove lancinant, obsessionnel. Et en particulier " Try me ", qui ne dépareillerait pas dans le répertoire d'un combo de néo baggy. " Feed " également. Pulsant, hanté par l'esprit de Dylan (NDR : et son " Lay lady lay ", en particulier) et gorgé de boucles et de samples, il est surtout terriblement excitant. Mais dans le style, c'est " …a velvet sun " qui demeure à mes oreilles le fragment le plus efficace. A cause des injections particulièrement savoureuses de piano sonore et de claviers fluides administrées dans un funk hypnotique digne de MC 900Ft Jesus. Swell n'a cependant pas perdu son art à traduire la complexité de la mélancolie dans une certaine élégance déchiquetée. Et puis de nous envoûter par ses sonorités étranges, ténébreuses, rampantes, brumeuses, écorchées par le timbre vocal de David, capable d'osciller du sardonique au dérangé en passant par le limpide et le fatigué, sonorités qui vagabondent au rythme du battement de cœur…

 

System Of A Down

Toxicity

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Combien de groupes peuvent se vanter de faire entrer à nouveau leur excellent premier album (1998) dans les charts à la sortie du deuxième ? Peu. System of a down l'a fait. Tant de monde était passé à côté en son temps ? Ou SOAD est-il réellement la ‘next big thing’ ? Il y a fort à parier. Partant de l'adage : ‘on ne change pas une équipe qui gagne’, " Toxicity " est de nouveau produit par Rick Rubin ; mixé par Andy Wallace, le tout supervisé par Daron Malakian, guitariste de son état et par Serj Tankian, chanteur du combo. Résultat des courses, SOAD vient peut-être de commettre l'attentat bactériologique tant craint. En tout cas toujours engagé politiquement, " Toxicity " est hautement contagieux : pas un moment faible (allez, si : " Chop suey " et j'apprends que c'est un single) ; vocaux toujours aussi délirants, alternants furie, lyrisme et mélodie rendent au final cette plaque exemplaire en de nombreux points. Que se soit au niveau de la cohérence et de l'imprévisibilité des morceaux ou dans une intensité jamais mise en défaut. La plaque coule, harmonieuse, d'une traite. Et que ceux qui les attendaient au tournant aillent se rhabiller, non seulement SOAD confirme sa (son) (in)différence au genre (néo-je sais plus quoi en l'occurrence), mais en profite également pour affirmer la paternité de son style propre. Bref, pour tout ceux qui découvrent : à écouter à plein tubes ; pour les autres, la touche repeat s'use certainement déjà. ‘Jump, pogo…’ ! Hop, Cd de la semaine.

 

Spearmint

A different lifetime

Écrit par

En quatre albums, la musique de cet ensemble insulaire s'est profondément métamorphosée. En outre, le line up du combo est passé d'un quatuor à un quintette. Disparues les références à New Order, Pulp et Mink Deville. Digérées les influences exercées par Scritti Politti, Style Council et les Smiths. Avec pour résultat un nouvel opus essentiellement constitué de ballades mélancoliques, empreintes de quiétude et de tendresse. Des chansons parfois légèrement teintées de soul, de jazz ou de bossa nova, soulignées par le vocal limpide, mais un peu mièvre de Shirley Lee. Seuls les allègres " Scottish pop " et " Julie Chrisitie ", ainsi que le très électrique " The Flaming Lips " (NDR : un hommage ?), démontrent que le groupe n'a pas totalement perdu son dynamisme. Pour enregistrer " A different lifetime ", Spearmint a reçu le concours de Pete Hofman (Gene, Black Box Recorder) à la production. Il est également responsable des arrangements de cordes. Des arrangements qui accentuent la charge émotionnelle des mélodies, dont la nature semble naviguer à la croisée des chemins du Travis contemporain, de l'Everything But The Girl originel et de Trash Can Sinatras…

 

Specimen (Netherlands)

I Don´t Wanna Be Your Dog

Patrick Delabie n'en est pas à sa première plaque, bien au contraire : The Acorns, Diablos Innocentos, Bad Influence, sont autant de groupes à inscrire sur son cv de musicien multi-instrumentiste. Roulant sa bille dans le circuit alternatif hollandais depuis une quinzaine d'années, il sort cette fois-ci un album solo, où ses talents de guitariste, batteur et producteur s'entremêlent dans un joyeux capharnaüm digne des artistes les plus fêlés du ciboulot (John Frusciante, Stephen Jones, Syd Barrett, ce genre). Son titre, évidemment, annonce la couleur : on est ici en terrain punk accidenté, entre les déflagrations sonores de Minutemen et les grosses gueulantes de Black Flag. Mais bien plus qu'un simple album à réminiscences " No future ", " I Wanna Be Your Dog " emprunte aussi des chemins de traverse, louchant parfois vers la pop (à la Hüsker Dü) et le planant, et tout cela avec seulement deux bras et deux jambes. Une chose est sûre : cet Hollandais volant est un spécimen rare.

 

Speedboat FC

Ghetto Stylez

Le trio hollandais Speedboat FC nous donne envie d'haïr le sampler : sur la dernière plage de leur nouveau CD, on est surpris de croiser cette vieille canaille de Bukowski au détour de quelques bleeps pourris, salissant l'aura du grand Buk et sa voix rocailleuse d'outre-tombe. En réactualisant des artistes oubliés par ses méthodes d'emprunt et de citation, le sampling a toujours été un fabuleux travail de mémoire… Sauf qu'ici, le résultat (sans doute parti d'une bonne intention) est pitoyable, non pas en raison de l'utilisation d'un poème de Bukowski, mais en raison de son intégration dans une trame musicale plus que faiblarde. Du début à la fin, cet album pue le renfermé. Les membres du groupe aiment dire qu'ils font de la " sample-pop ". On y voit seulement du bric et du broc. Les titres s'enchaînent et se ressemblent, collent tous à la même étiquette de produit périmé, bon pour la poubelle. Sans doute pourrait-on y voir un symbole de la culture lo-fi ou " DIY ", prônant la création à la maison, avec les moyens du bord. Mais peut-être que les Speedboat FC auraient dû sortir de leur cuisine pour nous épargner cette déconfiture. " Leur donneriez-vous de la viande faisandée qu'ils (les jeunes) se jetteraient dessus ! " nous dit Bukowski dans son journal intime, à propos de la musique de ‘djeunes’. S'il parle de Speedboat FC, il a foutrement raison. Sauf en ce qui concerne la deuxième partie de la phrase.

 

Spineshank

The Height of Callousness

Écrit par

Présent au Pukkelpop, Spineshank a démontré ses indéniables qualités scéniques. Proche de System of a Down ou de Static X, cette nouvelle bombe néo-métal est le fruit d'une production particulièrement brutale signée Gart Richardson et Scott Humphrey, connus pour leurs méfaits commis sur les plaques de Rob Zombie et de Rage Against The Machine. Enregistré au Mushroom studio de Vancouver, ces onze nouveaux titres possèdent la rage d'un Fear Factory, mais manquent cruellement de véritables innovations et de cette petite touche qui ont fait de "Follow the Leader" ou de "Evil Empire" des classiques du genre. Des titres tels que "Asthmatic" ou "Full Circle" possèdent bien des atouts, mais la plaque dans son ensemble fini par lasser, tout en laissant un sérieux arrière-goût de déjà entendu.

 

Spiritualized

Let it come down

Écrit par

Seul maître à bord depuis qu'il a viré Mike Money, Damon Reece et Sean Cook (NDR : ils ont fondé depuis Lupine Howl), Jason Pierce a entièrement écrit et co-produit le nouvel opus de Spiritualized. Un disque pour lequel il a reçu le concours d'une bonne centaine de musiciens, dont des choristes gospel et un orchestre symphonique. Excusez du peu ! Sans oublier les arrangements panoramiques (NDR : ça rime !). Ce qui donne une envergure particulièrement vertigineuse, majestueuse, aux onze fragments de ce " Let it come down ". Et s'il subsiste l'une ou l'autre envolée torturée, hallucinatoire, pour ne pas dire psychédélique, elles se fondent totalement dans l'expression sonore. Encore que le frénétique " The twelve steps " constitue l'exception qui confirme la règle. Peu ou pas d'artifices électroniques sur cette plaque, mais un perfectionnisme ambient qui, parfois, prend une forme filmique, voire cartoonesque. Pourtant, les mélodies manifestent un feeling fondamentalement pop. Des mélodies puissantes, limpides, contagieuses, qui valent leur pesant de rêve et de fascination. Un bien bel album !

 

Spoon

Love ways

Écrit par

Si le sens mélodique des compositions de Spoon est aussi coriace, aride, intense et effilé que celui des Pixies circa " Surfer Rosa ", il est loin de manifester la même férocité (NDR : même pas au niveau de la voix) ; en outre, il évite soigneusement les brisures de rythmes caractéristiques chez le défunt groupe de Frank Black. Sur son dernier EP, la formation texane (d'Austin très exactement) s'est même autorisé quelques écarts de conduite. A l'instar de " Chips and dip ". Une composition ‘lennonesque’ alimentée d'accords de piano profonds et voilée d'arrangements psychédéliques. De " Figures of art ", dont les riffs de guitare funkysants, sont abordés dans l'esprit de Keith Richards. Du boogie " I did'nt come to here. Ou encore de "Jealousy", aussi sucré et contagieux qu'une chanson des Buzzcoks. Reste " Change my life ", titre lo fi qui correspond davantage au style pratiqué par le trio texan…

 

Stache

Grow up to be just like you

Écrit par

Bien que formé en 1997, Stache n'a adopté son line up définitif qu'en 1999. Et c'est sous cette forme que la formation d'Opwijk, un patelin perdu quelque part entre Bruxelles et Dendermonde, vient d'enregistrer son premier album. Un disque qui réunit compositions studio et quelques prises ‘live’ ; douze titres découpés dans des mélodies torturées, sombres, écorchées par la voix déclamatoire de Gunther Verspecht, dont le timbre est aussi éraillé que celui de Tom Waits, voire du chanteur de Gomez, Ben Ottewell. Pas étonnant dès lors que la musique de Stache navigue dans des eaux aussi troubles. Mais sous une forme plus lo fi que jazz ou r&b. Ce qui n'empêche pas la section rythmique d'avoir son mot à dire ou Gunther d'injecter, de temps à autre, une bonne dose d'électricité. Et dans le style, il faut reconnaître que ce " Grow up to be just like you " ne manque pas d'allure. Un groupe à suivre, c'est une certitude !

 

Starflam

Survivant

Écrit par

Starfalm, anagramme de ‘malfrats’, est issu des cendres du groupe Malfrats Linguistiques. Après avoir commis un premier album en 1998, disque qui les avait propulsés à la tête de la scène hip hop belge, ils nous reviennent avec un deuxième album, " Survivant ". Dès la première écoute, deux impressions se dégagent. D'abord, le hip hop pratiqué est de bonne qualité. Ensuite, les 17 titres d'une durée moyenne de 4 minutes me permettent de déduire que cette plaque affiche un timing respectable. Les deux DJ's qui sévissent au sein du groupe sont soutenus par une instrumentation variée. L'homogénéité n'exclut pas les influences un peu salsa (" De Frente ", " La Sonora "). Les titres old-school ou hardcore sont marqués de l'empreinte Starflam. Côté lyrics, les thèmes sont hétéroclites. En général engagés, ils se penchent sur les problèmes de la mondialisation, reflètent leur attitude face aux maisons de disques, ou encore relatent leur vision de la vie ou de leur quotidien. A l'instar des compos " Le vice ", " Mentalité de resquilleur " ou " Soir de dèche ". Et lorsqu'on sait que l'opus a bénéficié de quelques featurings respectables, parmi lesquels figurent Zap Mama, Arno et Shyrock, il n'est pas étonnant que " Survivant " constitue un des disques les plus frais et sincères qu'a pu enregistrer un artiste de rap francophone, ces derniers temps…

 

Solex

Low kick and hard bop

Écrit par

Derrière Solex se cache Elisabeth Esselinck, un petit bout de femme dont l'imagination débordante lui permet de développer de nouvelles idées musicales. Une Néerlandaise responsable de trois opus solo à ce jour ; " Low kick and hard bop " constituant son troisième. Et il faut le reconnaître, elle est encore parvenue à étonner. En faisant cohabiter au sein de sa trip hop très personnelle, lo fi, jazz, garage, pop, blues, rockabilly, funk, électronique et une multitude d'autres styles musicaux. Une trip hop que nous pourrions situer à la croisée des chemins de Tricky, Ween et Cibo Matto. Mais une trip hop contaminée par un humour kitsch qui tient autant du surréalisme que de la bouffonnerie. Rien ne l'arrête au sein de son alchimie sonore. Même pas la rencontre de rythmes négligés et de vocaux maladroits, de boucles et de cuivres, de percussions tribales et de piano spectral. Et la liste des fusions périlleuses ou contre nature est loin d'être exhaustive. Sur " Good comrades go to heaven ", elle est même parvenue à marier percussions mariachi et kazoo! Un goût de l'expérimentation qu'elle cultive sans jamais négliger l'aspect mélodique de ses compositions. Et la mayonnaise prend à tous les coups. Déconcertant !

 

Sons Of Otis

Songs For Worship

Dès les premiers accords de ce nouvel album des Canadiens, le ton est donné : plus lourd que ça tu meurs. Selon le leader du trio, Ken Baluke, ce " Songs Of Worship " " contient les morceaux les plus heavy connus de l'humanité "… Sans doute qu'Ozzy et ses acolytes approuveront, tout comme Chris Goss (Masters of Reality) et Joshua Homme (Queens Of The Stone Age). Mais à la différence de ces derniers, qui font le stoner aujourd'hui, Ken et ses amis se posent davantage comme les ambassadeurs d'un rock psychédélique qui serait inscrit au Guiness Book, dans la catégorie ‘très, très gros son’. En accordant leurs guitares au plus bas, les Sons Of Otis dégagent une puissance dantesque, renvoyant tous les Kyuss du monde au rang de groupes pour midinettes. La quatrième dimension, diront certains à l'écoute de ces riffs, tant leur effet sur l'oreille renvoie aux hallucinations que pourraient nous procurer un voyage dans le vortex, entre spirales bourdonnantes et fractales hypnotiques. Ce n'est plus de la musique, c'est une expérience ‘synesthésique’, un voyage dans l'infini, déroulant ses volutes heavy comme un cordon de Moebius, d'où l'on ne sort pas indemne… Dix batteurs se sont déjà succédés derrière les fûts de ce gang intersidéral : sans doute n'ont-ils pas survécus aux décharges à neutron des guitares les plus heavy du monde, que dis-je de l'univers. Si vous n'avez pas peur de vous perdre dans les univers parallèles du heavy rock (au sens large), plongez dans ce disque sans vous retourner, vous en reviendrez transformé (NDR : l'écoute de Sons Of Otis n'est pas remboursée par la mutuelle).