L’appel à débrancher des Burning Heads

La formation skate punk orléanaise Burning Heads vient de partager un second extrait de son nouvel opus « All Fired Up ». Attendu pour le 16 octobre 2026, ce disque succède au titre « SOS 2 » publié début septembre. À l'aube de ses quatre décennies de…

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Twin Temple, amants maudits ?

Établis à Los Angeles, Alexandra et Zachary James, mariés à la ville, publieront leur troisième elpee, « Doomed Lovers », le 23 octobre sur leur propre label, Pentagrammaton Records, distribué à travers le monde par Secretly Distribution. L'annonce survient…

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Slobberbone

Slippage

Ils nous viennent du Texas, mais malheureusement ils n'ont ni la hargne ni le talent de Lift To Experience, Trail of Dead et Sparta : Slobberbone propose un rock FM convenu et bien sage, avec de grosses guitares, des mélodies sans grande originalité, une voix passe-partout à l'accent amerloque, des paroles sans grand intérêt (" Stupid Words " : tu l'as dit…). Qu'ils soutiennent Bush qu'on serait même pas étonnés, tant tout cela transpire le conservatisme de bon ton. Tout cela n'est donc pas très excitant, un peu comme du Counting Crows, du (B)Ryan Adams, voire du Pearl Jam… Pour avoir une image plus juste de l'Amérique moyenne, white trash et baignant dans le sang des massacres honteux de Columbine et de Washington DC, autant se plonger dans les chroniques amères d'Eminem et de Marilyn Manson.

 

Memphis Slim

The come back

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Memphis Slim restera à jamais au Panthéon du blues comme un des plus grands pianistes de tous les temps. De son véritable nom, Pete Chatman, il était né à Memphis le 3 septembre 1915. Delmark lui avait déjà consacré "Memphis Slim U.S.A", un elpee qui recelait deux de ses sessions accordées pour le label United, entre 52 à 54.

Ce nouvel album nous livre les deux autres sessions United auxquelles Slim a participé. Nous retrouvons ici 11 plages qui n'ont jamais été éditées précédemment. Memphis Slim nous a quittés depuis bien longtemps. Le 24 février 1988, très exactement. A Paris. Merveilleux guitariste, Matt ‘Guitar’ Murphy est ici son principal collaborateur. Et à l'écoute de ces enregistrements qui lui rendent un hommage assez vibrant, il y a vraiment de quoi se régaler.

Son jeu sur le blues lent, "The come back", est savoureux. Tant lors de la version connue que sur l'adaptation alternative. Murphy est aussi lumineux sur l'instrumental "Shuffleboard", au cours duquel il vole la vedette à son patron. Memphis Slim chante de sa voix de ténor "Living the life I love". Il nous invite à partager son plaisir évident de jouer, de chanter et de vivre le blues ; pendant que Matt gratte au même niveau, mais avec une tonalité toujours aussi contemporaine. Il y a ici tant de créativité dans le jeu, que vous risquez tout bonnement de tomber de votre chaise. Ce jeu devient même clair et chargé de feeling sur "Cool down baby", un nouveau blues lent que Murphy chante lui-même. L'intégralité de l'opus est un réel bonheur. Les blues lents, brûlants, sont nombreux et remarquables. Jim Conley se distingue au sax tenor sur "I love my baby". Murphy adopte un style proche de T-Bone Walker. C'est évident sur "Call before you go home" et "Two of a kind". La basse de Curtis Mosley nous fait vibrer sur le très downhome "5 O'clock blues", au cours duquel Slim shoute les vocaux avec une puissance si naturelle. Le disque contient également quelques plages sensiblement différentes. Et je pense tout particulièrement à "Smooth Sailin", "The cat creeps" et au pétillant "Back alley". La part belle est alors laissée au grand Jim Conley qui peut étaler son talent au honky sax, et libérer un swing du tonnerre. "Stewball" affronte un spiritual parcouru de percussions et de chœurs féminins. La finale est un véritable document dont l'authenticité, était à l'origine, plutôt incertaine. D'époque, enregistré 'live' au sein d'une atmosphère explosive, ce "She's alright" exsude toute la magie des House Rockers. Un rocker illuminé par le honky sax et le piano magique.

Cet album est un superbe testament de ce blues urbain pratiqué au début des 50s. Memphis Slim et Matt Murphy devaient encore collaborer ensemble quelques années plus tard ; notamment pour participer aux sessions d'enregistrements de Vee-Jay en 58-59 ; puis, en 1985 pour concocter l'album "Together one more time", paru chez Antones.

 

Six By Seven

The way I feel today

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Depuis la sortie de leur dernier elpee, "The closer you get", paru en 2000, le line up du groupe a été réduit à un quatuor. Ce qui n'a pas changé grand chose au style musical pratiqué par la formation de Notthingham. Etonnant, lorsqu'on sait que le musicien qui a quitté le groupe était un des deux préposés à la six cordes. En l'occurrence, Sam Hempton, un des membres fondateurs. Non content d'assumer le chant, Chris Olley se réserve donc maintenant toutes les parties de guitare. Faudrait voir quand même comment ils vont pourvoir se débrouiller sur scène sous cette nouvelle formule. Première constatation, le climat de leur nouvel opus est beaucoup moins ténébreux. Le malveillant et hypnotique " Anyway " constituant l'exception qui confirme la règle. Il y a même une ballade mélancolique, hymnique, intitulée " All my new best friends ", chanson qui aurait pu relever du répertoire de Coldplay. Mais dans l'ensemble, l'opus libère une intensité dévastatrice, impitoyable, féroce, qui frôle le nucléaire. " Cafetaria rats ", " Flypapers for freaks " et " Speed is in, speed is out ", épousent même la sauvagerie tribale des Stooges! Et si le reste se révèle plus britpop, surtout à cause du sens mélodique hyper contagieux et du timbre vocal falsetto de Chris, la tempête sonore ne se lève pratiquement jamais, tout au long des 11 fragments de ce disque. Un souffle sonique entretenu, de manière quasi permanente par la guitare et les claviers. Une tempête chargée de colère existentielle, manifestée par le groupe à l'égard du monde contemporain. Les lyrics venimeux, caustiques, cyniques, semblent même avoir été nourris au punk ! L'opus recèle cependant un fragment assez curieux, " Karen O " ; un morceau dont le tempo est imprimé par une boîte à rythmes, la mélodie réminiscente d'Oasis circa " Definitely maybe ", et le mur de guitare(s) construit à la manière d'un Band of Susans. Un superbe album !

 

Sita

Happy

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Incroyable mais vrai ! Cette jeune Hollandaise de 21 ans avait été finaliste du ‘Starmaker’, sorte de Star academy hollandais, l'an dernier. D'abord enrôlée de force dans un groupe, Sita Vermeulen s'est rapidement libérée de cet engagement pour embrasser une carrière solo. Sita était donc née. Et on comprend aisément pourquoi elle a laissé tomber le nom de famille ! " Happy " est logiquement son tout premier opus. Composé de 12 morceaux, il est cent pour cent pop. Une pop sirupeuse, mélodiquement sans surprise, satinée par sa voix de petite fille. Certains morceaux réalisant un carton en Hollande, il faut s'attendre à ce que ce phénomène contamine bientôt nos ondes. D'autant plus qu'ils possèdent tous les ingrédients nécessaires pour y parvenir. Sita chante en anglais et non en néerlandais. Ce qui est manifestement un atout supplémentaire pour qu'elles y soient diffusées ! Son single " Happy " a même déjà été entraperçu sur une chaîne télévisée musicale. D'ailleurs, ce clip figure en bonus track sur l'album. La musique de Sita vise un public assez jeune qui se contente de souvent de rythmes très basiques. Aussi, si son style n'évolue pas en même temps que l'âge de ses aficionados, la lassitude risque de les gagner rapidement. Pour gouverne, Emiliana Torrini était quand même parvenue à réaliser des choses plus complexes et plus intéressantes. Mais énorme différence, elle les avait écrites ces chansons, ce qui n'est pas le cas de Sita !

 

The Somatics

The Somatics

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Chez les Somatics, on retrouve Richard Green, le guitariste du défunt Ultrasound. Si, si, souvenez-vous de cette formation britannique, responsable d'un premier opus absolument remarquable paru en 1999 et intitulé " Everything picture ". Une formation qui a malheureusement dû splitter suite à des dissensions internes, provoquées par une incapacité à gérer des conflits entre musiciens à la trop forte personnalité. Richard possède une technique de guitariste bien à lui, au sein de laquelle il injecte énormément de feeling. Si son manche est capable de libérer des sonorités tantôt venimeuses, gémissantes, bringuebalantes, chatoyantes, réverbérantes, jazzyfiantes, lysergiques et bien sûr psychédéliques, évoquant tout à tour Neil Young, Hank B Marvin, Tom Verlaine, Chris Isaak, Vini Reilly ou encore Robert Fripp, c'est parce qu'il essaie constamment de le maîtriser comme un serpent. Mais Richard peut s'appuyer sur un drummer, aussi bien capable d'évoluer dans un registre rock, pop, métal que free jazz. Et puis sur Stéphanie (NDR : pas de Monaco !) Cant à la basse et au chant. Probablement l'épouse de Richard, puisque la bio nous indique Stéphanie Green. Elle possède une voix au timbre angélique qui se conjugue parfaitement avec celui très clair de Richard. Mais surtout, ses accès de basse distordus, semi-funkysants, ténébreux, irradient au cœur même des mélodies. Pour enregistrer ce disque, les Somatics ont reçu le concours d'un claviériste, dont les interventions pourtant discrètes se révèlent aussi efficaces que judicieuses. Un superbe album qui s'achève par un titre de néo prog rock de plus de 12'30, " Goodbye 25 ", un morceau de space/jazz/rock qui nous replonge dans l'univers crimsonien de " Lark's tongue in aspic ". Et si le reste se révèle moins emphatique que chez Ultrasound, il est tout aussi riche et impressionnant. Et des compositions telles que " Guilt trip " ou encore " Last days in an old town " sont de véritables petites perles. Un must !

 

The Soft Boys

Nextdoorland

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Deux bonnes décennies après leur séparation, immortalisée par la sortie de leur classique "Underwater moonlight", les Soft Boys sont donc de retour. Et sous leur line up initial, s'il vous plaît ! C'est-à-dire Morris Windsor aux drums, Mathew Seligman à la basse ainsi que Kimberley Rew et Robyn Hithcock pour les vocaux et les guitares. Les deux derniers sont les plus célèbres, Kimberley ayant sévi chez les Db's et Katrin & The Waves, alors que Hitchcock a drivé les Egyptians avant d'entreprendre une carrière en solitaire. Un peu trop confidentielle, il faut le reconnaître, même si elle a été émaillée de quelques opus incontournables. Fin des seventies, les Soft Boys s'étaient donc illustrés par la pratique d'une pop teintée de psychédélisme. Un contre-pied au punk insulaire, inspiré par les Byrds, Syd Barrett et Captain Beefheart. Vingt ans plus tard, la recette n'a pas changé d'un condiment. On retrouve toujours ces guitares spasmodiques, scintillantes, le timbre nasillard de Robyn et ces mélodies contagieuses, mélancoliques, alimentées par des lyrics à l'imagerie visionnaire. Seul changement, le quatuor a largement dépassé la quarantaine. Et semble s'être essoufflé à l'issue du septième fragment de ce " Nexdoorland ". M'enfin, sur dix morceaux, il n'y a pas de quoi faire la fine bouche. D'autant plus que le reste est largement à la hauteur. Et en particulier l'instrumental allègre " Il love Lucy ". " Mr Kennedy ", ensuite. Une longue plage dont la tension électrique se consume comme chez le défunt et mythique Television. Et enfin, l'excellent et contagieux " Sudden town ". Un morceau caractérisé par un riff de guitare chimique, probablement pompé chez " The last time " des Rolling Stones. Une bonne surprise !

 

Snowpony

Sea shanties for spaceships

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Chez Snowpony, on retrouve l'ex-bassiste de My Bloody Valentine, Deb Googe, ainsi que Katherine Gifford, une vocaliste qui aurait transité par Stereolab. Une chose est sûre, Katherine compose. Elle signe même toutes les chansons du deuxième album de Snowpony. Elle assure également toutes les parties vocales. D'un timbre monochrome, rappelant parfois celui de Hope Sandoval. Et c'est ici que le bât blesse, car ce timbre ne colle pas tellement à la musique, et finit même par lasser. Une musique pourtant fort riche, née d'un mélange de country, de psychédélisme et d'électronique (y compris collages, samples et gadgets technologiques), et caractérisée par des rythmes qui s'agitent constamment en toile de fond. Le plus souvent drum'n bass, parfois hip hop. Et lorsque ces rythmes passent à l'avant plan, la solution prend une dimension plus rock. A l'instar du superbe " Crumpled 10 ", du débridé " Into the heart of dalston " et du groovy " Naked twister ".

 

Spock´s Beard

Snow

Écrit par

Spock's Beard est une des formations 'incontournables' de la scène prog. Ce qui explique pourquoi dès avant sa sortie, cet album a été salué comme un 'monument' par quelques chroniqueurs et amis du groupe. Le batteur de Dream Theatre, Mike Portnoy, l'a par exemple comparé au 'Lamb lies down on Broadway' de Genesis. Nous sommes en présence d'un pavé : un double CD concept ambitieux au digipack superbement présenté.

L'opus commence très bien : la plage d'ouverture est à la fois énergique, contrastée et séduisante ; et la suivante, ballade très radiophonique, augure une belle variété d'atmosphères. De fait, la suite est un feu d'artifice prog parfaitement conçu, interprété et produit. Le savoir-faire de la bande à Neal Morse n'est plus à démontrer. Tout en proposant son lot de passages aventureux ou apaisants, l'ensemble ne déménage pas trop mal. Neal cède parfois le chant à Nick D'Virgilio, son batteur à la voix bien plus expressive. Et certains morceaux méritent vraiment une mention spéciale (NDR : et je pense tout particulièrement aux 4 ou 5 derniers, lorsque le groupe se lâche pour de bon). Le CD ralliera sans problèmes de nouveaux fans en plus d'émerveiller les plus vieux. On ne peut cependant s'empêcher de parfois considérer que le groupe 'en fait trop' et qu'il applique (avec brio) des recettes connues sans innover. Spock's Beard semble être au prog ce que Hollywood est au cinéma : une grosse machine à superproductions typiquement américaines mais sans réelle âme (dans cet ordre d'idée, la voix de Neal Morse a toujours autant de mal à transmettre de l'émotion ; et les passages à vocation intime sont souvent teintés d'un académisme encombrant). Certains détracteurs considèrent même le groupe comme une perversion du prog.

Alors, chef-d'œuvre ? Seul le recul, en fait, nous permettra de vérifier si ce 'monument' est de marbre ou de glaise. Pourquoi ne pas vous forger votre propre opinion ?

 

The Spirit That Guides Us

24 winters

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Joyeux maxi foutoir que voilà. A la jonction du hardcore, de l'émo, du rock et de la soupe radiophonique. Si, c'est possible ! La question se pose : tous les mélanges sont-ils heureux ? Dans le cas présent la réponse fuse : non. Et c'est bien dommage. Vraiment ! Pourquoi ? A cause des chanteurs. Remède ? Il faut en virer un des deux. Oui, mais lequel : celui qui hurle comme un forcené ou celui qui chantonne comme Bon Jovi ? Selon les affinités, le choix sera vite fait. Pourtant, les parties les plus dures sont remarquables d'intensité. Tout est à l'avenant. Mais putain que font-ils à ce chanteur ? Incroyable ! Il est sûr qu'il ne fera pas de vieilles cordes vocales. Le band derrière assume comme un seul homme. Noise, émo-hard-core, tout passe à la moulinette. Mais ne me faites pas croire qu'il n'y a qu'un seul band sur ce maxi. Devraient opter pour un split.

 

The Spike Drivers

Delta Roots

Écrit par

Basé à Londres, ce trio pratique un blues aux accents très country. Son leader, Ben Tyzack, est originaire d’Iowa City ; mais il a beaucoup bourlingué entre Charleston et Atlanta. Depuis quelques années il s'est installé à Londres. Il avait fondé les Spikedrivers, voici neuf ans, en compagnie d'un percussionniste. Marqué par Stefan Grossman, Ben privilégie un style qui répond au nom de Piedmont finger picking. Depuis près d'un an, il est épaulé par le batteur irlandais Maurice McElroy, qui joua naguère avec Otis Grand, et d'une bassiste américaine originaire de l'Oklahoma, Constance Redgrave. Encore une ancienne de la bande à Grand !

" Delta roots " constitue leur troisième album. Il fait suite à "Delta boogies" et à "Whiskey river blues". En ouverture, le cri des criquets surgit des marais. Les sons semblent venir tout droit des sources du blues. Ils sont même d'une grande pureté tout au long de "That's no way to get along". A cause de la guitare de Ben, qu'il joue avec concision et adresse. Sa voix s'imposer sur "Front porch swing". La section rythmique épouse bien le timbre de son leader, pendant que la guitare se divertit. Une excellente impression qui se confirme chez le rapide "Soul searchin' blues". Constance et Maurice répondent en chœur au chant de Tyzack qui a empoigné son bottleneck pour l'occasion. L'émotion est bien présente. Lors de l'introduction de "Stop breaking down blues", écrit bien entendu par Robert Johnson, un fantôme passe... Une cover imprimée sur un tempo plus lent que l'original. Le rôle joué par la section rythmique est déterminant. Ben chante d'une voix légèrement chevrotante. Les notes ciselées, sans le moindre empressement, de la slide guitare s'aventurent. "I can't be satisfied" est une autre chanson blues universellement célèbre. Mr Tyzack sait comment ficeler une mélodie. Il le démontre tour au long de son "Midnight Mademoiselle", épicé ça et là de petits mots écrits dans la langue de Voltaire. Constance Redgrave chante deux titres. Tout d'abord "Rhythm guitar" d'Emmylou Harris. Une composition blues de cette artiste country. Ben accompagne la voix de son dobro au son métallique. Et puis "Queen of the one night stand". D'une manière feutrée et un tantinet fragile. Maurice assume son rôle en chantant "Am I high", un titre amusant mais également une invitation à boire un coup. Ainsi que "Clyde" de J.J Cale. S'il possède une voix moins riche que celle de son leader, la version tient parfaitement la route. Et le rôle joué par le bottleneck n'y est pas étranger. Une excellente reprise! "Kansas City Kitty" est une courte plage instrumentale. Les derniers titres sont de nouveau assumés par la voix de Ben. Et c'est un soulagement ! "Life is fine " met en musique un poème de Langston Hughes. Signé Professor Longhair, "How long has that train been gone" exalte par ses changements de rythme bien négociés. En finale, "Hard to get" adopte un tempo nonchalant. A cet instant, le chant de Tyzack est à son meilleur niveau. Un très bon album !

 

The Soundtrack Of Our Lives

Behind the music

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En 1996, ce sextuor suédois commettait son premier elpee, " Welcome to the Infant freebase ". Un disque assez étonnant qui puisait essentiellement son inspiration dans la quintessence du psychédélisme. Un opus qui est cependant passé totalement inaperçu. Tout comme le suivant d'ailleurs, " Extended revelation for the psychic weaklings of western civilization ".

" Behind the music " constitue donc le troisième album de TSOOL. Si le psychédélisme y est toujours bien présent, il n'y est plus omniprésent. Deux compositions libèrent ainsi un groove aussi voluptueux que chez les Stones. Circa " Gimme shelter " chez " Sister surround ", " Brown sugar " chez " 21st century rip off ". Hymnique, contagieux, "Keep the line movin" est taillé dans le même moule punk rock que le " Wild things " des Troggs, alors que " Broken imaginary time ", nonobstant ses séquences d'orgue en spirale, cathédralesques, est tramé suivant le schéma 'par paliers', adopté par les Beatles sur " I want you ". L'ombre des Fab Four plane encore sur " In somenone elses mind " ; mais acoustique, et plus exactement celle du " Double blanc ". Elle devient même progressivement sydbarretienne, avant de glisser insidieusement dans l'univers, planant, floydien, de " Broken imaginary time "… Si " Infra riot " réussit le parfait croisement entre le heavy folk du Led Zep (NDR : du " III ", of course !), la vision lysergique de 13th Floor Elevators et le psyché débridé de Spiritualized (NDR : pardon de Lupine Howl !), " Independent luxury " est agité par un tempo house que n'aurait pas renié les Stone Roses. Le reste de l'œuvre se révèle davantage mélancolique et contemporain. Hit potentiel, " Nevermore " transpire le feeling mélodique d'un Coldplay et l'uptempo " Still aging " celui des Bluetones. Le 'Remesque' " Ten years ahead ", le plus enlevé " The flood " et le légèrement countryfié " Into the next sun ", vibrent aux tonalités bringuebalantes de la six cordes, comme chez House Of Love. Acoustique et bouleversant, " In your veins " bénéficie d'arrangements de cordes prodigués dans l'esprit d'un Sophia, alors que le piano sonore frémit tout au long de " Tonight ". Un fragment qui aurait pu figurer sur le projet de Martin Hederos et de Mattias Hellberg (NDR : Normal, puisque Martin est le claviériste/pianiste de TSOOL). Bref, un album indispensable, ou si vous préférez, cinq étoiles (NDR : ça rime !). Et au plus je l'écoute, au plus j'y décèle de nouvelles richesses…

 

The Sound

From the lions mouth

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Adrain Borland s'est donc donné la mort en avril 99. Sa carrière solo a été un véritable fiasco. Et ses aventure successives chez les Outsiders et chez le Sound, au sein desquels il était le leader/compositeur/chanteur/guitariste n'ont pas eu le succès mérité. Celle du Sound s'est terminée en 1988. En compagnie duquel il a commis huit albums et une poignée de singles. Dont ce " From the lions mouth ", paru en 1981 ; et qui fait aujourd'hui l'objet d'une réédition en compact disc. Dix fragments plus un morceau caché, qui n'est autre que le single " Hothouse ", commis également la même année.

A l'aide d'une structure instrumentale classique (basse, batterie, guitare, claviers), le Sound développait une structure sonore dense, lyrique, mélancolique, mais tellement bouleversante. Une structure ‘cold wave’ sur laquelle la voix tendre et intense d'Adrian collait à merveille. Mais victime de l'ignorance collective, ce groupe n'atteindra jamais le statut d'Echo & The Bunnymen ou de Joy Division auxquels il était parfois comparé.

 

Sonic Youth

Murray street

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"Murray street" est donc le titre du 16ème album officiel de Sonic Youth. Mais c'est également le nom de la rue qui abrite le studio au sein duquel il a été enregistré. Une artère adjacente aux tours jumelles de New-York, qui ont été détruites le 11 septembre 2001. Un choix qui peut se comprendre, lorsqu'on sait que les membres du groupe sont new-yorkais ; et ont donc été très marqués par ces attentats.

Pour réaliser cet opus, la formation a reçu le concours de Jim O' Rourke. A la production, à la guitare et aux claviers. Une collaboration que le compositeur expérimental avait déjà apportée dans le passé. Mais la nouveauté procède de sa nouvelle implication. Non seulement il accompagne le combo pour leur tournée mondiale, mais il se chuchote qui deviendrait le cinquième membre du band.

Mais venons-en à cette nouvelle plaque. Découpée en sept fragments, elle réalise le parfait compromis entre les noisy " Sister ", " Daydream nation " et " Dirty ", et l'énergie ainsi que le dynamisme développés sur " A thousand leaves " et " NYC ghosts & flowers ". Compromis, mais pas compromission, car si les mélodies sont beaucoup plus contagieuses, leur construction est toujours aussi peu orthodoxe. Tramées, tout au long de ce " Murray street " sur le dialogue échangé entre les trois guitares. Trois fois six cordes qui se conjuguent avec une redoutable efficacité, nous entraînant dans un périple psychédélique, pour ne pas dire noisy. Bienvenue, donc dans l'univers du psychédélisme. Celui de la west coast de la fin des sixties et du début des seventies. Pensez à Greateful Dead. Mais également à David Crosby, lorsqu'il avait commis le fabuleux "If I could only remember my name". C'est tout à fait évident chez "Disconnection notice". De la fin des eighties, également. Le spectre de My Bloody Valentine hante ainsi le croustillant " Rain on tin ", les onze minutes de " Karen revisited ", dont le final scintille d'un feedback ultraviolet ou encore " Sympathy for the strawberry ", imprimé cependant sur un tempo métronomique. Plus éthéré encore, " Radical adults lick godhead style " frôle la nébuleuse King Crimson, lorsqu'elle était encore proche de la galaxie " Lark's tongue in aspic ". Reste deux titres qui vont à contre-courant de cette impression générale. Tout d'abord la chanson élégante et fruitée " The empty page " ; et enfin le punkysant, 'pjharveysque' " Plastic sun ". Ah oui, j'allais oublier : les vocaux si caractéristiques accordés alternativement pat Kim Gordon et Thurston Moore sont toujours du même tonneau. Epatant !

 

Songs : Ohia

Didn´t It Rain

Songs : Ohia fait partie de ces groupes qui cultivent une certaine mélancolie suicidaire, à bout de nerfs, proche de la litanie, mais sans tomber dans le misérabilisme chronique. Comme Bill Callahan et Will Oldham, Jason Molina chante d'une voix fatiguée des histoires pas gaies, portées fébrilement par quelques accords bancals et une batterie enrhumée. Comme tableau, on fait difficilement plus pathétique, et pourtant : les chansons de Songs : Ohia émeuvent, bouleversent. Quand Jason Molina répète inlassablement qu'il est " paralysé par le vide " (sur " Blue Factory Flame "), on se surprend à fredonner la gorge serrée, comme si notre vie en dépendait. Neil Young, Nick Drake, Willie Nelson sont évidemment passés par là. Des traces de leurs chansons et de leurs voix en témoignent sur ce disque, fantômes d'une ère où le rock s'alimentait encore aux sources du Delta blues et du Mississippi. Songs : Ohia a su faire siennes ces influences, intégrant dans son répertoire du bluegrass, du folk, de la country. Et si Jason Molina semble chanter avec des béquilles, c'est pour mieux se relever, toujours, et l'espoir d'apparaître enfin. Sa musique alors se teint d'une aura presque mystique, à laquelle il est difficile de ne pas succomber.

 

Superbox

Sissy Boy (Ep)

Ce sympathique trio de pop-rock nous vient d'Hasselt, encore que ses influences sont clairement à chercher de l'autre côté de l'Atlantique, auprès des mélodies sucrées de Weezer, Fountains of Wayne et des Lemonheads. Depuis ces derniers mois, une pléthore de groupes flamands clame leur amour de la chanson pop bien écrite, de Lemon à Starfighter en passant par Zornik. Espérons seulement qu'il ne s'agit pas d'une vague musicale destinée à se briser sur les barrages de l'indifférence générale, surtout du côté francophone.

 

Sunstorm

The Comeongohigher (Ep)

Originaires de Los Angeles, les musiciens de Sunstorm n'ont rien perdu de cette propension typiquement West Coast à toujours en rajouter (souvenons-nous des Grateful Dead et de tous leurs aficionados) : on a donc droit ici à un rock un peu rétro, lorgnant du côté des Rolling Stones (la voix), des Doors (l'orgue Hammond) et, donc, de l'acid rock (le titre du CD). Le son est léché. Le slow Mojave's Town est d'enfer. Le tout s'écoute avec plaisir. Mais c'est quand même moins bien que Spiritualized.

 

Suede

A new morning

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Souffrant, le claviériste Neil Codling a donc été remplacé par un deuxième guitariste, qui répond au nom d'Alex Lee. Facile donc d'imaginer que Suede en soit revenu à une formule plus électrique. Pas du tout. Hormis le très enlevé " Street life " (Roxy Music ?), une superbe chanson sordide, up tempo, tempétueuse, presque britpop, traversée par un harmonica cinématique, intitulée " Obsession ", et " Beautiful lover ", dont les arpèges méticuleusement tissés font immédiatement penser au style que pratiquait Bernard Butler, l'électricité est toujours aussi discrète. Ce qui n'empêche pas ce disque de receler quelques chouettes compositions. Et je pense tout particulièrement au hit single " Positivity ". Pur jus Suede, il est enrobé de somptueux arrangements de cordes. Tout comme le tendrement folk " Lonely girls ". Si l'hymnique " One hit to the body " ou encore le ‘lennonesque’ " Astro girls " ne manquent pas d'allure, le reste s'enlise un peu trop facilement dans la balade sirupeuse. Dépouillée aussi. Un dépouillement qui ne sied guère à des chansons aussi nonchalantes (NDR : qui a dit soporifiques ?). Je me demande même ce que Stephen Street est venu faire à la production. Il avait pourtant pris le relais de Tony Hoffer, dont la bande à Brett Anderson, n'était pas satisfait. Mais en participant à la mise en forme d'un opus trop inégal, il n'a certainement pas enrichi sa carte de visite…

 

Stuurbaard Bakkebaard

Chuck !

Ce trio guitare/contrebasse/batterie vient de Hollande ; et pourtant on le croirait tout droit débouler d'Anvers, tant ses accointances avec nos groupes fétiches (dEUS, Think Of One et surtout Zita Swoon) sont flagrantes. Même souci d'acoquiner blues, pop et country, de donner la fessée aux clichés, d'envoyer s'écraser le rock trop poli sur les murs capitonnés des musiques les plus déglinguées, de Tom Waits à Captain Beefheart. Véritable auberge espagnole où les pensionnaires s'appelleraient Soul Coughing (« Où est le bon », cherchez le lien) , Johnny Cash ("Willytone") voire le John Spencer Blues Explosion ("Bank Account"), la musique de Stuurbaard Bakkebaard accuse parfois le trop-plein d'influences, mais ne baisse jamais la garde. Et en chantant aussi bien en flamand qu'en français (plus l'anglais), ce trio n'a pas peur des frontières linguistiques. Une bonne leçon pour tous nos chers artistes, frileux en la matière. Roots, nerveux, chaleureux, ce "Chuck !" est un sacré compagnon de biture et un parfait remède à la morosité.

 

Bob Stroger

In the house

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Le label Crosscut vient de prendre l'excellente initiative d'éditer une série fort intéressante d'elpees enregistrés en public. Intitulés "In the house", ils ont été enregistrés en Suisse, dans le cadre du Lucerne Bues Festival. Un soir de novembre 1998, la scène était occupée par de véritables routiers du Chicago Blues, venus apporter la bonne parole! Le vétéran Bob Stroger est un gentleman du blues. Il est originaire du Missouri mais vit à Chicago depuis 1955. Il s'est très rapidement converti au blues. Pendant une quinzaine d'années, il a participé à l'aventure d'Eddie King & the King Men ; mais au cours des années 80, il a embrassé une carrière de musicien freelance. Ce qui lui a permis de côtoyer les meilleurs bluesmen : depuis Otis Rush à Sunnyland Slim, en passant par Jimmy Rogers et quelques autres ; et d'enregistrer en compagnie de la crème de la scène blues chicagolaise. A l'instar de Billy Flynn et de James Wheeler, il a sévi au sein de la première mouture du Mississippi Heat.

Le line up de ses Chicago Blues Legends me donne l'eau à la bouche. Il est constitué, à la base, du Ken Saydak trio ; c'est à dire Ken au piano, Marty Binder à la batterie et Bob à la basse. James Wheeler et Billy Flynn aux guitares, ainsi que Ron Sorin à l'harmonica, complètent le tableau.

Bob entame au chant son "Talk to me Mama", un titre bien saignant qui met en exergue la guitare de Wheeler et l'harmo de Sorin. "The blues is back in town" nous clame Mr Stroger, avant de nous servir un blues à fleur de peau intitulé "Stranded on St Louis", un fragment écrit par Omar Shariff, au cours duquel tous les musiciens sont parfaitement en place. J'épinglerai cependant le rôle joué par Ken Saydak ; un rôle semblable à celui qu'Otis Spann exerçait pour Muddy Waters, c'est à dire tantôt dans l'ombre, tantôt sur le devant de la scène, mais du début à la fin brillant, discret et toujours efficace. Ken opéra ses débuts chez le groupe de Mighty Joe Young, avant de rejoindre celui de Lonnie Brooks. Il participa également à des sessions pour Johnny Winter, avant de former Big Shoulders, en 1987. Billy Flynn chante le "Lovin' man" de Muddy Waters. Il n'oublie pas d'y inclure une bien solide partie de slide. Flynn est un guitariste blanc qui fut découvert par Jimmy Dawkins. Ce musicien très apprécié et très sollicité à joué depuis avec le Legendary Blues Band, Mississippi Heat, Kim Wilson et Otis Rush. "Extension 309" marque le retour du blues lent et prenant. Un morceau composé, chanté et interprété par James Wheeler ; un musicien qui a longtemps joué pour Otis Rush et Willie Kent & the Gents. James chante aussi le très rythmé "Gonna make some changes". Le rythme emprunte celui du chemin de fer tout au long de "Loan me train fare", une plage qui souligne les qualités de l'harmoniciste Ron Sorin. Un musicien fort proche de Ken Saydak. Il a participé à son album "Foolish man", paru sur Delmark, et fit aussi partie de Big Shoulders ainsi que du backing group de Johnny Winter. "Heads up" est un instrumental signé Freddie King, il est interprété à la manière de ….Freddie K. Ken Saydak adore les envolées rythmiques de la Nouvelle Orléans. Il le démontre à travers sa version du "Thinking and drinking" d'Amos Milburn. Il le chante d'une voix chaude et ravagée, dans le même style que son "Watching the river flow", paru sur son album "Love without trust". Un disque édité également chez Delmark. Ecrit par Jimmy Rushing et un certain Count Basie, le somptueux "Going to Chicago" constitue le dernier blues lent. L'album s'achève par un vigoureux "Keep your hands off her". Une heure d'excellent Chicago blues classique!

 

Star Club West

Oh Dry Blue Menthol

Produit entre autres par Rudy Trouvé, le trio Star Club West propose une pop sans additifs mais pas sans colorants. Pas que leurs morceaux manquent de peps, bien au contraire : " Linda Trip " rappelle Metal Molly, " Chamonix " sonne comme du Fence sous la neige et " Karma " invite Sonic Youth à croiser les manches. Bonne mixture sans chichis mais jamais banale ni barbante, leur folk-rock mélancolique confirme la bonne santé de nos voisins flamands. A noter qu'avec l'ex dEUS à la console, difficile de tomber à court d'idées… En tout cas, bienvenue au club !

 

John Squire

Time changes everything

Écrit par

Il y a cinq bonnes années que l'ex-guitariste et co-compositeur du légendaire Stone Roses n'avait plus rien enregistré. C'était en compagnie de Seahorses, pour l'album " Do it yourself ". Un groupe qui, nonobstant le succès plutôt confortable, ne parvint pas maintenir le cap. John nous revient donc avec un opus solo. Pour lequel il se réserve la guitare et pour la première fois le chant. Si sa technique à la six cordes est toujours très au point, il a le bon goût de ne pas trop en rajouter, histoire d'apporter davantage de corps aux chansons plutôt que de les dominer. Vocalement, son timbre aigre me fait surtout penser à un hybride entre celui de Peter Perrett (Only Ones) et de Tom Verlaine. Mais en épousant les inflexions de Bob Dylan, sa voix devient rapidement lassante. D'autant plus que les lyrics sont assez pauvres. L'elpee l'est tout autant. Hormis le single tempétueux " Joe Louis ", " I miss you " au souffle bluesy troublant, le plus complexe " Welcome to the valley ", " Strange feeling ", tramé sur une slide douloureuse et calqué sur " You can't always get what you want " des Stones, ainsi que le presque psychédélique (Mojave 3 ?) " Transatlantic near death experience ", on reste sur sa faim. Ni funk, ni punk, ni house à se mettre sous la dent. La pitance sonore se contente de tremper dans un folk rock sans grande saveur, réminiscent d'un Tom Petty des mauvais jours.