L’aurore de Lathe of Heaven…

Issu de Brooklyn, Lathe of Heaven sortira son nouvel elpee « Aurora », le 29 août. Né d’un processus d'improvisation, cet opus est propulsif, captivant et structuré, abordant des thèmes lourds et incorporant des influences littéraires. En attendant, la…

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Virgil Shaw

Quad cities

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Avant d'entamer une carrière individuelle, Virgil Shaw sévissait chez Dieselhed. Un groupe californien, de San Francisco très exactement, en compagnie duquel il a bourlingué une bonne dizaine d'années ; et puis surtout commis cinq elpees. " Quad cities " constitue donc son premier album solo. Un disque pour lequel il a quand même reçu le concours de quelques potes. Mais uniquement pour apporter quelques touches de sonorités insolites à sa solution basiquement acoustique, lo fi. Des sonorités clairsemées mais tellement lumineuses produites par des instruments aussi inattendus que la scie, les cloches, la trompette chinoise ou le vibraphone. Pour écrire ses chansons délicates, douloureuses, Virgil regarde le monde qui gravite autour de lui à travers des lunettes déformantes. Il y épanche alors ses émotions, ses angoisses, d'une voix savoureusement versatile, en s'accompagnant d'une simple guitare sèche, qu'il joue le plus souvent en ‘picking’. Néo country folk !

Michael J Sheehy

Ill gotten gains

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Le deuxième opus de Michael J Sheehy nous plonge au sein d'un univers atmosphérique, né s'un savant mélange de mélancolie, d'intimisme et d'indolence. Sis à la croisée des chemins de Nick Cave, de Tindersticks, de Cowboy Junkies et du Dream City Film Club sous son aspect le plus moelleux, cet univers est hanté par le vocal androgyne de Michael, dont les inflexions reverb, empruntées à Chris Isaak, sont régulièrement enrobées de chœurs gospel. Parfois, le ton peut néanmoins épouser une forme plus aride, plus agressive. A l'instar du tribal " Michael Jnr " ou de l'hypnotique " Wa'cha gonna do ? ". Deux titres que PJ Harvey pourrait facilement adapter au féminin. Coulé (?!?!) dans le delta, " Black holes is waiting (baby let's go) " est absolument superbe. Mais le meilleur fragment de l'opus est incontestablement la cover de " Mystery train ". Une chanson écrite par le tandem H Parker/S Philipps et immortalisée par Elvis Presley. Excitante, envoûtante, la nouvelle version vous remue véritablement les tripes. Un must !

 

The Sheila Divine

Where have my countrymen gone

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Bien qu'issu de Boston, Sheila Divine puise essentiellement ses influences dans la musique insulaire. Et en particulier chez U2, Radiohead, les Smiths, Kitchens Of Distinction et la cold wave des eighties. Une musique qui libère beaucoup d'intensité électrique. Normal depuis que le line up du combo a engagé pour deuxième guitariste, l'ex-Lincolnville, Colin Decker. Une intensité électrique luxuriante, chatoyante, brumeuse, bringuebalante, soutenue par une section rythmique solide, hypnotique et modelée par un sens mélodique particulièrement contagieux. Une intensité électrique balayée par le timbre vocal languissant, déchiré entre passion et émotion d'Aaron Perrino, responsable de chansons tantôt tendres, tantôt frénétiques, tantôt houleuses, tantôt hymniques. Et là, vous allez me dire, encore un groupe qui use et abuse des clichés britpop ! Et vous n'avez pas tout à fait tort. Car, si cet album est plutôt bien ficelé et même très agréable à écouter, il ne fera certainement pas avancer le schmilblick…

 

Shelby Bryant

Cloud-wow music

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Comme rien ne s'approche de près ou de loin de Shelby Bryant dans ma discothèque (NDR : peut-être certaines productions de Thinking Fellers Union Local 282), cette critique va être coton. Tout d'abord, ce disque est paru chez Smells like records, c'est à dire le label de Steve Shelley (Sonic Youth), sur lequel on retrouve notamment Blonde Redhead. Dans ces conditions, ce " Cloud-woud music " devait forcément être intéressant. Il ne m'a effectivement pas déçu. Et c'est déjà un bon point. Car cette plaque est curieuse voire anachronique. Pensez-donc, ouvrir ce disque en chantant "It's a lovely day", et ne pas en démordre jusqu'à son terme, mérite que je leur tire mon chapeau. D'un optimisme béat, presque écœurant, nonobstant la présence en filigrane de mélodies à 2 balles et d'instruments bontempi, les compos frôlent à tout moment la pire des indigestions. Mais comme le sieur Bryant est un personnage attachant et que sa bonne humeur est communicative, c'est tout le contraire qui se produit. Reprendre une chanson de Daniel Johnston est d'ailleurs preuve de bon goût. Johnston qui doit partager sa chambrée avec Bryant, soit dit en passant. Même imagerie infantile, même naïveté dans les propos, même humour décalé nourri de dessins animés et de comics. En conclusion, "Cloud-wow music" constitue le truc le plus original et le plus surprenant que j'ai pu écouter, et donc apprécier, depuis belle lurette… Vous voulez une preuve ? J'en consomme plusieurs morceaux, au minimum une fois par jour !

 

William Sheller

Live au Théâtre des Champs Elysées

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Lorsque Sheller s'entoure d'un groupe traditionnel en plus d'un ensemble à cordes, je crains toujours le pire. En général, ça casse plus souvent que ça ne passe. Impression confirmée par cet enregistrement live de la tournée qui a suivi la sortie des "Machines Savantes", dernier album studio en date. Dès la deuxième plage, la batterie enlève toute la finesse de "Moondown". Au troisième, le solo de guitare saccage "Les millions de singes"… Sans le groupe, les choses s'arrangent sur les quatre fragments qui suivent : "Les orgueilleuses", "To you", Centre ville" et "Un endroit pour vivre" ; pour finalement repartir sur du rock (ou du métal) de bas étage. Fin du premier cd. Le second est différent. Sur les 11 titres seuls 3, regroupés en fin de concert, sont taillés dans le rock (dont "Rock n' roll dollars"). Sheller ne s'y trompe d'ailleurs pas et plaisante à ce sujet lors de la clôture. Parce qu'il doit reprendre l'exécution de sa "Chanson lente", tant l'écart entre les deux mondes, qu'il tente de faire cohabiter, est grand. Bon, voilà pour l'aspect "technique". L'interprétation générale est évidemment de qualité, la présence d'une clarinette ou d'une trompette ça et là donne une nouvelle dimension à certaines chansons. Le track list judicieux recèle quelques classiques ("Genève","Une chanson qui te ressemblerait",…) et de nouveaux titres. Mais si tout se marie plutôt bien, ce mélange rock/classique ne soude pas spécialement l'ensemble. Alors soit vous créez une programmation, soit comme moi vous réécoutez Sheller. "En solitaire" !

 

The Shins

Oh, inverted world

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Les Shins nous viennent du Nouveau Mexique. D'Albuquerque, très exactement. Une formation qui puise allègement dans la pop des sixties pour composer ses chansons. Et tout particulièrement chez les Kinks, les Beach Boys, Syd Barrett, Simon & Gardfunkel, les Byrds et les Beatles circa " Rubber soul ". Ce qui doit vous donner une petite idée du style qu'elle pratique. Qui n'a pourtant rien de revivaliste. Car elle possède la capacité de transcender ses influences, de manière à les fondre dans un contexte très contemporain. Ou alors tout simplement dans la mélancolie post punk. Ce qui explique pourquoi l'électronique n'est pas exclue. Elle est même parfaitement intégrée. Les Shins recèlent également des affinités avec les Lilys, Neutral Milk Hotel ou encore Kings Of Convenience, mais à des degrés divers. A cause du chanteur/compositeur, tout d'abord. En l'occurrence James Mercer. De son timbre éthéré, presque falsetto, régulièrement délayé dans de superbes harmonies vocales cristallines, il épanche ses lyrics douloureux, introspectifs, ésotériques, communiquant une certaine beauté fragile à des mélodies facilement mémorisables, le plus souvent semi acoustiques et légèrement teintées de psychédélisme. Et pour ne pas tomber dans la morosité, les Shins ont eu le bon goût d'intercaler, sur cet " Oh, inverted world ", l'une ou l'autre composition ensoleillée ou alors tout simplement plus enlevée. A l'instar du complexe, presque prog, " Caring is creepy ", réminiscent de Sunny Day Real Estate, du ferroviaire " One by one all day ", du power pop, presque new wave, " Girl on the wing " ou encore de l'allègre " Pressed in a book ". Un chouette album !

 

Hank Shizzoe

Hank Shizzoe

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Après avoir publié " Low Budget ", " Walk " et " Plenty of time ", ce roots singer helvétique nous propose son 4ème album chez Crosscut. Si Hank chante et assume toutes les parties de guitares, il serait indécent de passer sous silence le rôle de Thomas Erb. Il a composé 13 des 14 plages de l'album dont il est le producteur et l'ingénieur du son. Excusez du peu ! Baptisé tout simplement " Hank Shizzoe ", cet opus est bien plus personnel. Solitaire même. Et ne cherchez pas le nom d'un autre musicien, Hank joue de tous les instruments sur cette œuvre intimiste au ton très folk.

Hank ouvre le disque par " Don't bore me, man ". Le climat est confidentiel, la voix chaude, proche de Tony Joe White, et la guitare sonne comme celle de Mark Knopfler lorsqu'il aborde son répertoire le plus folk. La ballade " Small time " s'inscrit dans le même registre. Elle est aussi la composition que je préfère. Les cordes sonnent parfois métalliques, proches des sonorités produites par la steel guitar. A l'instar de " Forget about taste ", pourtant plongé dans une ambiance hawaïenne. Hormis "No ghosts around here", il faut reconnaître que le blues est assez boudé. A contrario, le disque regorge de chansons sombres, minimalistes, à travers lesquelles transparaît l'ombre de Léonard Cohen. Et je pense tout particulièrement au doux et bien joli " You make it sway ", à " Sally goes home ", et puis à " Serious shopping ", plongé dans un climat carrément noir et blafard. Rare plage électrique, " Rock around the moon " est assez étonnante. A cause surtout de l'utilisation de vocaux, ma foi, extraterrestres et puis de l'explosion d'un étrange harmonica. Une idée à creuser ! Enfin, enrichie de dessins réalisés par Philip Brand, la pochette est fort soignée. Cet album reste de bonne facture, mais je lui préfère les précédents, exécutés au sein d'un véritable groupe…

 

Silverbullet

Citizen bird

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D'après la biographie, le premier album de cette formation suédoise transpirait à plein pores le métal urbain des Stooges. Une caractéristique beaucoup moins évidente sur " Citizen Bird ", leur nouvel opus, même si le guitariste a souvent tendance à torturer sa guitare comme Ron Asheton. Nonobstant le clavier rogné, poussiéreux, leur nouvelle ligne de conduite se rapproche davantage de celle de Loop. A cause du tempo hypnotique qui balise le climat franchement psychédélique. D'ailleurs, sous sa forme la plus space rock, la solution sonore épouse un profil aussi obsessionnel que chez Hawkwind, alors que lorsqu'elle s'évapore dans l'éther atmosphérique, elle flirte avec l'univers de Spacemen 3. Au fil de l'album, les compositions se révèlent beaucoup plus éclectiques. Acoustiques, également. A l'instar de l'excellent " Axe moon ". Lorsqu'elles n'épousent pas un profil new wave. Surtout lorsque le synthé se substitue à l'orgue. Seul le final " I love you " nous rappelle que la musique de Siverbullet est profondément marquée par Iggy Pop et ses Stooges…

 

Slipknot

Iowa

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Le retour. Baromètre du néo-métal (vous savez, le genre), Slipknot enfonce le clou dans la surenchère. C'est que nous avons à faire aux spécialistes en la matière, s'il est nécessaire de le rappeler. Et avouons qu'un nouveau palier vient d'être franchi : celui du foutage de gueule, intégral cette fois. Autant le premier album passait à moitié, autant celui-ci lasse très vite. De par sa monotonie très certainement. Mais surtout par sa complaisance envers les codes en vigueur. Plus spécialement au chant ! C'est du beuglement pour du beuglement et les passages plus aériens (vous savez, encore le genre) sont d'une niaiserie affligeante. Même le batteur, principal intérêt selon moi du groupe, ne tient plus la cadence. Slipknot se singe déjà, se mord la queue, mais vendra comme des petits pains sa cargaison de " Iowa ". C'est tout le mal qu'on leur souhaite. Les masques tombent déjà…

 

Slut

Lookbook

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"Lookbook" constitue déjà le troisième album de Slut. Un quintette allemand dont la musique évoque, à premier abord, New Order, Talk Talk et Naked Eyes. A cause des arrangements particulièrement soignés, parfois même sculptés dans les instruments à cordes ; du sens mélodique mélancolique, à la sensibilité new wave. Du timbre vocal tendre, clair, chargé d'émotion de Christian Neuburger. Et puis du rôle majeur joué par le claviériste/pianiste. En finale, " Hope " est même découpé dans une mélodie cold wave digne du Cure. Et pourtant, au fil des écoutes, on se rend compte que Slut est capable d'embrasser différents horizons sonores. Tantôt progressif, technologique ou même complexe. A l'instar du curieux " No say ", plus qu'inspiré par Brian Eno. Mais les compositions les plus intéressantes sont aussi et cependant les plus électriques. Abordées avec un esprit britpop. Et je pense plus particulièrement au convulsif et blurien " No time ", à " Global cut ", qui s'inscrit dans la lignée de Radiohead, Muse, Coldplay et consorts ; et puis d' " On fire ", dont la longue construction de plus de sept minutes épouse un profil fort proche de Kent. Un ensemble à suivre de très près, c'est une certitude !

 

The Smashing Pumpkins

Greatest hits

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Le plus agaçant (NDR : mais aussi le plus stimulant !) pour les inconditionnels d'un groupe, c'est de découvrir sur un " Best of " ou un " Greatest hits ", l'un ou l'autre titre inédit. L'édition limitée de cette compile ne devrait pas trop faire hésiter les aficionados de Smashing Pumpkins, puisqu'elle en recèle une bonne dizaine. Pour la plupart excellents ! Faudra quand même qu'ils se grouillent, puisque la vente de ce double CD est limitée dans le temps. Des morceaux issus des sessions d'enregistrements de " Melon Collie and the infinite sadness ", de " Adore " et de " Machina ". Mais aussi des raretés et des faces " b " de singles. Pour celles ou ceux qui viendraient de découvrir l'existence ( ?!?!) du défunt groupe chicagolais (NDR : ça arrive, faut pas rigoler !), réputé pour son mélange très personnel de métal et de psychédélisme, ce recueil découpé en 34 fragments constitue une excellente introduction. Pour en savoir davantage, je les invite quand même à utiliser notre moteur de recherche…

 

Saga

House of Cards

Écrit par

Figure emblématique de la scène des années 80, cet ensemble canadien avait forgé sa réputation en brassant un subtil alliage de rock progressif, teinté de musique médiévale, à des éléments typiquement hard rock US. Après un passage à vide, amorcé en 1985 par le trop poppy " Behaviour ", Saga réussissait un beau tour de force, il y a deux ans, en sortant " Full Circle ". Un opus qui renouait avec le son qui avait fait son succès jadis. " House of Cards " en est la suite logique et renferme lui aussi tous les ingrédients qui ont façonné ses classiques. " God Knows ", " The runaway " et " Always There " séduiront d'emblée les inconditionnels du groupe période " Heads or Tales ", tandis que le " Chapter 11 " (NDR : les fans comprendront), dont le riff rend hommage au fameux single " Careful where you step ", concilie passé et présent avec fougue et brio. Mais la marque de fabrique de Saga demeure la voix superbe, unique, caressante, veloutée, immédiatement identifiable, de Michael Sadler. Loin de constituer une œuvre passéiste, House of Cards jouit de l'apport modéré des nouvelles technologies, comme les samples par exemple. Ainsi, sur le titre " That's how we like ", le combo s'est amusé à repiquer la foule chantant son refrain lors d'un concert à Toronto. Et ce n'est là qu'une des surprises qui jalonnent ces onze nouvelles fines pièces de dentelle !

 

Curtis Salgado

Soul activited

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Curtis n'est pas très connu chez nous. Pourtant il possède une solide aventure musicale derrière lui. N'a-t-il pas inspiré John Belushi pour la création des Blues Brothers? Il est né en 1954 dans le North West américain, mais vit aujourd'hui à Eugene, dans l'Oregon. Le premier fait saillant de sa carrière remonte à 1976, lorsqu'il décide de rejoindre le Robert Cray Band, pour assurer le rôle de chanteur/harmoniciste. Il y restera six ans. En 1984, il entre dans le Roomful of Blues. Toujours comme chanteur/harmoniciste. Il y sévira deux ans. De retour à Portland, en 86, il forme les Stilettos en compagnie du bassiste de John Lee Hooker, John Mazzocco.

Il sort son 1er album, "Curtis Salgado", en 91. Et le suivant, "More than you can chew", en 95. La même année, il rejoint Santana pour participer à une tournée nationale. En 97, il grave "Hit it and quit it" ; mais en compagnie de Terry Robb, un guitariste de l'Oregon. On raconte que Curtis avait une voix comparable à celles d'Otis Redding et de Paul Rodgers. Je ne pense pas qu'il soit judicieux d'évaluer son timbre de cette manière. Curtis, c'est… Curtis. Sa voix est superbe, expressive, légèrement éraillée, très personnelle. Maintenant, il est vrai que la plupart des plages de cet album auraient pu être chantées par Otis ou Paul. Mais le résultat aurait été différent. Le style dispensé tout au long de cette œuvre, qui alterne le bon et le très bon, est le fruit d'un mélange entre R&B et soul. Encore que le tempo soir rock, et le plus souvent imposé par les six cordes. Deux guitaristes collaborent à 7 des 11 titres. En l'occurrence Jesse Young et John Wedemyer, le gratteur attitré de Charlie Musselwhite.

La section rythmique est très soudée, dense, et s'impose en permanence. En ouverture, "Old enough to know better" bénéficie du concours d'un troisième guitariste, Jimmie Vaughan. Pas pour rien qu'il s'agit d'un des meilleurs morceaux ! "The harder they come" se distingue par un son très catchy, très contagieux, si vous préférez. Curtis est un harmoniciste brillant. Il est dommage qu'il ne manifeste pas plus souvent ce talent. Il nous réserve quand même un joli solo mélodique sur l'exercice de style, "Portable man" ; et sur un instrumental puissant, enrichi de la guitare de Lloyd Jones, "Lip whippin". La fin de l'album est superbe. Rehaussé par la présence de la chanteuse Lou Ann Barton et par le retour de Jimmie Vaughan aux cordes, "Hip hip baby" est un rocker qui sent bon le Texas. Quel bonheur! Jimmie reste en place pour attaquer, en finale, un autre rocker : "More love less attitude", comme à ses plus beaux jours…

 

Eric Sardinas

Devil´s train

Écrit par

Eric Sardinas incarne la version contrastée de Johnny Winter. Il commet l'album "Treat me right", en 1999. Pour accomplir ce second chapitre, il n'a rien changé, profitant à nouveau de l'absence prolongée de son idole albinos. Eric n'est pas texan mais californien. Il dirige son trio sans concession, flanqué du bassiste Paul Loranger et du batteur Scott Palacios.

"Piece of me" ouvre l'album. La slide réverbérée dégage un maximum d'énergie. Le chant est éructé à la manière de qui vous devinez. Sardinas déballe sa National steel pour aborder "My sweet time". Son jeu sur l'acoustique est de qualité. Il se permet par ailleurs une version étonnante du "Gambling man blues" de Honeyboy Edwards, quand il chante en duo avec le mythique bluesman. Pour obtenir le son que dégage la slide, il a recours à une guitare resonator acoustique amplifiée. Une technique qui donne d'excellents résultats pour les plages inspirées par le Mississippi Delta country blues, telles que "Aggravatin' Papa", "Be your man" et "Devil's train". Eric peut adoucir son tempo, et même un tantinet calmer son chant. A l'instar de "Killin' time blues". Son cœur s'arrête du côté de Chicago, lorsqu'il reprend le "My kind of woman" d'Elmore James, en dispensant le riff de slide bien connu. Une autre facette intéressante du personnage relève de son attachement au southern rock. Et il le manifeste à travers "Country mile" et "8 goin' south". Pour produire ce " Devil's train ", Eric a reçu le concours de Neil Citron. Et la mise en forme accomplie par le duo est de qualité. (NDR : Loranger, puis Citron ; faut croire qu'il aime les agrumes…)

 

Savoy Grand

Dirty pillows

Écrit par

Réponse insulaire à Slint et à Low, ce quatuor de Nottingham pratique une musique intimiste, mélancolique, ténébreuse, indolente; une musique minimaliste, traversée de courants légèrement jazzyfiants, réminiscents du Soft Machine de Hugh Hopper voire de Mark Hollis, où l'instrumentation parfois insolite, partagée entre guitare, vibraphone, basse, percussions, trompette et piano, murmure, vibre; pendant que la voix de Graham Langley, fragilisée par une incroyable tristesse, se lamente, gémit… Et s'il se sent seul et désespéré, à l'instar de " There is nothing new here ", il a le courage de résister. Nous aussi !

 

Nitin Sawhney

Prophesy

Écrit par

Après avoir commis " Beyond Skin " en 1999, le porte-parole du label Outcast nous revient avec un quatrième album. Guère de changement par rapport à l'opus précédent, même si Nitin Sawhney fait toujours preuve d'un bel éclectisme, pour élaborer son savant mélange d'electro et de world music. Parmi les meilleures compositions, je retiendrai surtout les superbes morceaux de trip hop " Nothing " et " Nothing More ", pour lesquelles Tina Grace est venue donner de la voix, celui de world music ", Moonrise ", auquel participe Cheb Mami, un rap tramé sur fond de guitares saturées, " Ripping Out Tears ", rehaussé par la présence de Pinky Tuscadero, et enfin, " Breathing Lights ", fragment caractérisé par une rythmique jungle et enrichi de sublimes arrangements de cordes. Valeur sûre de la scène electro british/asiatique, Nitin Sawhney confirme donc, sur " Prophesy " tout le bien que l'on pensait de lui, même si personnellement j'ai toujours un petit faible pour son précédent elpee. N'hésitez pas à fouiner du coté du label Outcaste, car si Nitin Sawhney vous branche, le label grouille d'artistes de la même trempe.

 

Scared Of Chaka

Crossing with switchblades

Écrit par

Scared of Chaka pourrait un peu être au punk-rock-pop-garage (ordre aléatoire) ce que Bob Log III est au blues. Nous nous retrouvons donc face à une formation instantanément contagieuse. Et sans l'ombre d'un doute capable de déclencher l'adhésion inconditionnelle des fans. Le son est brut, la production réduite à son plus strict minimum. Face à tant de bonne volonté mélodique, d'intégrité musicale, un seul constat : Scared ne se repose pas sur ses lauriers. Et si on veut bien survoler sa discographie, il faut bien admettre que nous sommes en présence du prototype même de formation qui mouille sa chemise, saute sur chaque opportunité, mais qui, je pense, ne se leurre pas trop sur son avenir. En toute logique, le groupe ne devrait jamais sortir des limbes underground ou alors très fugacement. Mais là n'est pas l'essentiel. En effet, l'attrait réside ici dans la spontanéité, dans l'évidente urgence à jouer. Mais surtout dans le plaisir. En perpétuant, en respectant les genres abordés, mais aussi en tentant d'imprimer sa propre vision, Scared of Chaka évite un intellectualisme fatigant, les honneurs de type " Sauveur " (‘woaw, sans vous nous serions passés à côté, grand merci…’), réhabilitant une certaine insouciance et une spontanéité, qui, au hasard, fait maintenant défaut au… Jon Spencer Blues Explosion…

 

Seafood

Surviving the quiet

Écrit par

Si on ne tient pas compte du mini elpee " Messenger in the camp ", " Surviving the quiet " constitue le premier véritable album de ce quatuor londonien. Un opus dont l'édition limitée est enrichi d’un deuxième cd quatre titres.

Naviguant quelque part entre lo fi (Pavement, Sebadoh), noisy pop (My Bloody Valentine, Sonic Youth) et noisecore (Pixies), Seafood diffuse une pop mélodique, contagieuse, parsemée d'éruptions d'électricité caustiques, métalliques, voire même frénétiques. Et pourtant, parfois la musique semble baigner au sein d'un climat plus paisible, plus atmosphérique. Mais le plus souvent, c'est pour mieux libérer l'intensité des cordes jumelées produite par les deux guitares. Ce qui ne veut pas dire que leurs chansons manquent de nuances. Que du contraire. L'opus réserve d'ailleurs la place à l'une ou l'autre composition plus countryfiante, enrichie d'une pedal steel guitar. Ou même à un intimisme rafraîchissant. A l'instar de " Beware design ". Chantée par la drummeuse Caroline Banks, cette mélopée puérile est ainsi subtilement soulignée par un violoncelle. Bref, un album déchirant, déchiré entre punch et douceur, dont la sensibilité est accentuée par le timbre vocal plaintif, aride, de David Line. Superbe !

 

Seedling

Elevator tourist

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Trio féminin amstellodamois, Seedling ne bénéficie de la collaboration du bassiste Bas Jacob, que sur les planches. Un musicien qui a quand même participé à l'enregistrement de cet opus, mais pour une seule composition, " Silver & blue ". Tout comme chez les Throwing Muses de la fin des eighties, cette formation adopte la formule vocale du dialogue décalé. Ce qui procure à leurs mélodies une forme plus complexe, plus underground. Des mélodies sculptées dans l'intensité blanche popcore. Qui peuvent même s'aventurer dans le semi funk blanc. A l'instar de " 27 hours ". Lorsqu'elles ne débordent pas d'adrénaline électrique. Maintenant, n'imaginez pas que Seedling marche sur les traces des Veruca Salt, Breeders, Belly, Juliana Hatfield et consorts. Il s'en inspire, c'est vrai. Mais plus encore de That Dog. A cause des interventions au violon de Susanne Linssen. Le plus souvent frénétiques ; surtout lorsqu'elles se fondent dans l'ensemble. Mais aussi grinçantes, à l'instar du dEusien " High on the downside ". Ou encore gémissantes et mélancoliques. Comme sur le minimaliste " Malice ". Le combo n'hésite pas non plus à tirer parti de la technologie moderne. Question de donner plus de mordant au groove. A un tel point qu'une chanson comme " Cool baby " aurait pu naître d'un hypothétique croisement entre Garbage et PJ Harvey. Rafraîchissant !

 

Sully Sefil

Sullysefilistic

Écrit par

Sully Sefil est un artiste ambigu. Il véhicule, d'une part, une image de rappeur qui a sévi dans le groupe Koalition, avant de commencer sa carrière solo ; et dont la notoriété a explosé grâce au single " J'voulais ". Un tube matraqué par les radios, et dont le succès fut foudroyant, mais de courte durée. D'autre part, Sully Sefil est le fondateur de la marque de vêtements ‘Royal Wear’, du collectif Royal Squad, et de la boîte de production Royal Produksheun. Une chose est sûre, il cumule…

Mais venons-en à l'album. Nonobstant plusieurs écoutes, force est de constater que disque ne brille pas par son originalité. A cause des lyrics, tout d'abord. Des textes qui transpirent une certaine sincérité, plus ou moins crédibilisée par le fait que le monsieur ne cherche pas vraiment à se donner un style bad boy, mais qui ne dépassent guère le stade de la banalité. Des instrus ensuite. Surtout lorsqu'ils sonnent presque ridicule en optant vainement pour le format éléctro (" Hip hop de dingue ", " Pour mes ladies et mes lauss "). Pourtant, l'opus recèle quelques très bons titres. Et je pense tout particulièrement à " Putain d'journée " et à " Ca fait bizarre ". Ce qui explique pourquoi j'ai un avis plus que mitigé vis à vis de cet album. Mais de là à le qualifier d'indispensable…

 

Radiohead

I might be wrong / Live recordings

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Le premier album ‘live’ officiel de Radiohead réunit des compositions écrites pour leur deux dernier elpees, "Kid A" et "Amnesiac", ainsi qu'une chanson qui avait été commise à l'époque de l'enregistrement du " OK Computer ". Intitulée " True Love waits ", elle n'avait toujours pas été reproduite sur CD. Enfin, officiellement. Un fragment minimaliste que Thom chante en s'accompagnant uniquement d'une six cordes acoustique. Les sept autres fragments nous replongent dans cet univers étrange, avant-gardiste, presque glacial, qui envahissait les deux derniers opus. Ce qui paradoxalement, n'empêche pas ces adaptations de libérer une dose d'émotion assez phénoménale. En fait, l'instrumentation basique a beau prendre ici le pas sur la technologie moderne, les morceaux sont tellement imprégnés du nouvel état d'esprit affiché par Thom Yorke, qu'ils conservent toutes leurs propriétés lugubres et douloureuses. Et à travers cette œuvre anti commerciale, on se rend compte que Radiohead manifeste de plus en plus le désir de revenir au cœur de l'underground. Quoique j'estime tout à fait paradoxal que les spectateurs aient dû débourser plus de 30 euros (NDR : faites le change en dollars, puisque les enregistrements sont issus de leur dernière tournée accordée aux States) pour assister à ce type de concert. Enfin, pour être tout à fait complet, sachez que l'opus est habillé d'une superbe pochette. Probablement une des plus belles de l'année !