Fence n’en a rien à foutre…

Le combo rock limbourgeois Fence sortira son nouvel album, « Nobody Gives A Fuck », le 16 octobre 2026. Un titre qui laisse peu de place à l'imagination, quoique... Propulsés par un nouveau batteur, Wim Coppers, installé derrière les fûts, les musiciens de…

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Le fossé à franchir par Snake Mountain Revival

« The Divide », le nouvel album du trio psychédélique indépendant américain Snake Mountain Revival, sortira le 23 octobre prochain. Formé sur la côte de Virginie à l’été 2017, Snake Mountain Revival est né de la rencontre entre des univers musicaux très…

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Various Artists

Urban Renewal Program

Au menu de cette compile au poil, on retrouve le gratin du hip hop et de l'électro outre-Atlantique, de Mos Def à Tortoise (tous les invités se fendant d'un inédit laissant présager du meilleur pour leur carrière respective). A la barre, les labels Ninja Tune (décidément en forme ces derniers mois) et Chocolate Industries, toujours à l'avant-garde des beats les plus futuristes et des samples les plus ravageurs ; aidés en cela (et de main de maître) par un autre label défricheur, Def Jux, qui se démarque encore une fois par l'exigence et la qualité des titres de ses pensionnaires (Aesop Rock, Mr. Lif, RJD2, El-P) A retenir également : les interludes hertziens de Prefuse 73 (Warp) et la participation étonnante (limite lounge) de Miho Hatori, mieux connue comme membre honoraire de Cibo Matto et de Gorillaz. Quant au livret, il est magnifiquement illustré d'œuvres d'artistes de la galaxie hip hop ; preuve que cet Urban Renewal Program est bien plus qu'un simple disque : c'est le reflet passionnant d'une culture underground sans cesse (é)mouvante, aux confins des musiques les plus excitantes de ces dernières années.

 

Various Artists

The New Preskriptions of Dr. Lektroluv

C'est l'été : l'electroklash bat son plein dans toutes les soirées hype de Belgique, des Ten Days de Gand au Pukkelpop de Kiewit. Miss Kittin érigée nouvelle ambassadrice de charme de ce disco du troisième millénaire et Gary Numan samplé à tout va par les nouvelles têtes de turcs du showbiz (des Sugababes à Marilyn Manson), c'est le grand retour des beats eighties et du glitter festif, du queer punky à la sauce vintage. Cette deuxième compilation du Dr Lektroluv reprend les choses là où la première les avait laissées : sur le dance-floor, voire dans les backrooms où l'on s'échange toutes sortes de fluides. L'electroclash, nouvelle aphrodisiaque pour go-go dancers en panne de Viacrème ? Pour sûr, tant ces beats transpirent la joie de vivre, l'insouciance bien méritée. Cette compile recèle des classiques (" Take Me Baby " de Jimi Tenor, " Fred From Jupiter " de Andreas Dorau & Die Marinas, et même " Planet Rock " d'Afrika Bambaataa) et des futurs classiques (" Plastique " de Crème de Menthe, " Mounting Yoko " de Japanese Telecom,…) ; en bref que du tout bon. Ne boudons donc pas notre plaisir, et battons le fer tant qu'il est encore chaud. Car comme on dit, ‘c'est là que ça se passe’, mais sans doute plus pour longtemps.

 

Various Artists

Playgroup - Dj-Kicks

Au rayon des compil " Dj-Kicks ", je demande : Playgroup, alias Trevor Jackson. Auteur d'un album dance fabuleux sorti l'année dernière (ou comment mélanger funk, techno, soul, rap dans l'allégresse la plus communicative), Trevor Jackson (producteur, compositeur, remixeur, patron de label (Output), etc.) propose ici un mix haletant qui fait se croiser aussi bien les disco-punks new-yorkais de The Rapture (déjà la hype de 2003) que Depeche Mode remixé par ses doigts décidément bien habiles (" Behind The Wheel ", grandiose). En une heure et quelques minutes, vingt années de 'dance music' sont ainsi revisitées de mains de maître ; car Jackson a l'ambition de faire redécouvrir de sacrées pépites, pourtant tombées dans l'oubli : Harlequin Fours et leur " Set It Off " repris il y a peu par la déjantée Peaches, une reprise inattendue de " Tainted Love " par les inconnus Impedance, le " Caught Up " de Metro Area (aux manettes : Morgan Geist, producteur que tout le monde s'arrache aujourd'hui), Human League version dub, etc. ‘Rétro-futuriste’, diront les uns, ‘de la bombe’, diront d'autres. En tout cas dans l'air du temps, et follement déconnant. A tous ceux qui recherchent en vain la compile la plus branchée, les titres disco-funk les plus introuvables, les clins d'œil eighties de bon goût, les astuces d'un vrai connaisseur et les pépites d'un sacré fouineur, il est indispensable de se procurer d'urgence ce " Dj-Kicks ". Qui n'a jamais aussi bien porté son nom.

 

Various Artists

It’s only rock n’roll Part II

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Deuxième volet de la saga consacrée aux groupes stoners des maisons Suburban, House of Kicks, Zomba, Cargo, Sonic Unyon et consorts. Du rock pur jus, qui suinte l'huile de moteur, qui pue la bière du lendemain et qui trouve ses racines du côté de chez Motorhead, New York Dolls ou Monster Magnet. Peter Pan Speedrock (de loin le meilleur du lot), Spoiler, Incense, Human Alert, The Spades, Cooper et Bluefish nous offrent un bref échantillon de leurs albums respectifs. Ca fait beaucoup de bruit, ça décolle la tapisserie des murs et ça donne envie d'ingurgiter des litres de boissons houbloneuses en hurlant ‘vive le rock n' roll!’ Les voisins vont adorer ça!

 

Various Artists

International DeeJay Gigolos CD Six

Déjà la sixième compilation du label allemand le plus hype du moment, et toujours cette volonté explicite de donner un aperçu assez exhaustif de l'électro la plus festive, un pied sur le dance-floor et l'autre dans les années 80. Un double CD, 29 titres jouissifs, à faire péter les rotules : International DeeJay Gigolos compte bien vous en faire voir de toutes les couleurs, du come-back fracassant de Marc Almond en diva du dancing à ce duo improbable entre DJ Hell et les cultes Tuxedomoon. Le fil rouge de cette entreprise de fossoyeur électro-pop eighties : mettre au goût du jour refrains binaires, synthés Bontempi et boîtes à rythme crapahutantes. Electroclash, en somme, un terme inventé pour désigner cette techno qui emprunte davantage ses sonorités à Giorgio Moroder, Human League et Soft Cell qu'à Derrick May et Prodigy. Et comme d'habitude, cette compile contient son lot de futurs classiques, pour autant que cette vogue du beat discoïde tienne le coup jusqu'à l'hiver prochain : " Rodeo Mechanique " de Plastique de Rêve, " La Rock " de Vitalic, " The Poem " de Bobby Konders feat. Mutabaruka (sur lequel plane le spectre beatnik du grand Allen Ginsberg),… Sans compter deux remixes de Fisherspooner, stars maison déjà adulées aux Etats-Unis, pays pourtant réfractaire à tout ce qui évoque de près ou de loin BPMs et attitudes robotiques. Dans l'air du temps et donc forcément indispensables, les compiles d'IDG s'avèrent parfaites pour mettre le feu dans une soirée. A consommer sans modération jusqu'à leur date de péremption, sans doute assez proche.

 

Various Artists

In the fishtank 9 : Sonic Youth / Icp / The Ex

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On ne se lassera jamais d'expliquer (pour la neuvième fois quand même), tout le bien que l'on pense de la collection " In the fishtank ". A savoir l'opportunité d'enregistrer 30 minutes, reparties sur 2 jours d'occupation studio, de matériel musical (reprises, inédits, duos improbables ou pas) en relative " liberté ". Et tout ça pour une somme modique une fois en rayon. De grands noms s'y sont déjà frottés : Tortoise, Nomeansno, June of 44', Low… Pour la circonstance, place à l'ancienne garde réunie lors d'une tripartite de choc. Doit-on encore présenter Sonic Youth ? Amputés de Kim Gordon, nos éternels adolescents exposent leur côté le plus expérimental. Deux représentants de The Ex ensuite, vétérans de la scène punk, mais également avant-gardiste batave. Les Sonic Youth européens en quelque sorte. I.C.P. enfin, jazzmen allemands. Au total, une association d'une dizaine de musiciens férus d'improvisations, en continuelle recherche, dans les tréfonds de la musique contemporaine. Aaaah, l'aventure…Vous l'aurez compris, les académiciens musicaux des ondes hertziennes peuvent dormir tranquille.

 

Vincent Venet

70 cl

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Ce disque commence très bien : par un sampling de " La Californie " de Julien Clerc. Vous l'avez sûrement entendu. Il rythme la chanson " Boomerang ", popularisé sur les ondes radiophoniques belges. La suite ? Je ne la trouve malheureusement pas à la hauteur. Malgré des mélodies agréables, malgré quelques bonnes idées (" Les amants chlorophylle ", une digression sur l'amour et le chewing-gum), cette musique propre et synthétique, ce chant peu expressif, ça me touche très peu. Ce chanteur belge propose aussi une étonnante reprise-traduction de " The Policy of Truth " (Depeche Mode) et un hommage à la série BD " Sambre " d'Yslaire, qui nous gratifie par ailleurs d'un dessin inédit dans le livret du Cd (NDR : de quoi décourager les graveurs !)

 

Stevie Ray Vaughan

Live at Montreux 1982 & 1985

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En 1982, Stevie Ray n'avait pas encore atteint la plénitude internationale ; et pourtant, il était déjà considéré comme un vétéran des circuits sudistes du blues. Il avait tout de même été choisi pour présider la ‘Blues night’ du festival de jazz de Montreux, en Suisse. Ce concert était important ; car dans la salle, parmi les spectateurs, il y avait Jackson Browne et David Bowie. Browne allait lui permettre d'enregistrer dans son propre studio les démos de ce qui allait devenir l'album "Texas Flood". Son tout premier! Il allait aussi être engagé par David Bowie pour la tournée de promotion de son album "Let's dance".

Stevie est bien entendu entouré de sa fidèle section rythmique : le Double Trouble. Chris Layton à la batterie et Tommy Shannon à la basse. Le 1er album est consacré à son apparition en 1982. Tout y est déjà : l'introduction instrumentale, le fameux "Hideaway" de Freddie King et son "Rude mood". Un concentré de tout le savoir-faire exceptionnel de l'homme d'Austin. Pour le reste, nous retrouvons le Texas shuffle "Pride and joy", au cours duquel les deux acolytes groovent le tonnerre ; et surtout les blues lents qui ont forgé sa réputation : "Texas flood" et "Dirty pool". Le rock'n'roll est bien présent tout au long de "Lover struck baby". Il adresse également un clin d'œil à ses maîtres. Tout d'abord à " Hound Dog Taylor " sur "Give me back my wig", qu'il entretient d'une slide d'enfer. A son concitoyen texan ensuite : le regretté Albert Collins, le maître de la Telecaster, pour son "Collins shuffle". Nous retrouvons Mr Vaughan trois années plus tard au même festival de Montreux. L'homme est devenu un artiste dont le nom est sur toutes les lèvres. Il a alors trois albums à son actif : "Texas flood" déjà cité sorti en 83, "Couldn't stand the weather" en 84 et "Soul to Soul" qui vient juste de sortir en 85. Double Trouble est renforcé par les claviers de Reese Wynans. Le son a manifestement évolué. Stevie a sans aucun doute beaucoup écouté Jimi Hendrix. Il trafique le son, joue des pédales avec beaucoup de confiance et d'autorité. Une technique qui dégage un maximum de vibrations dès les premières notes instrumentales de "Scuttle buttin". Et puis surtout sur "Say what!". La douceur fait toujours partie du monde de SRV. Il reste un maître incontesté du blues lent qu'il dispense avec beaucoup d'aisance et une sensibilité qui l'habite en permanence. A l'instar de "Ain't gone N' Give up on love", de "Texas flood" à nouveau et du merveilleux "Tin Pan Alley", dont les 13' de sensibilité à fleur de peau sont rehaussées par la performance magistrale de Johnny Copeland. A pleurer ! Ce titre figurait déjà sur l'album "Blues at Sunrise", paru en 2000. Moins connu, "Life without you" est le théâtre d'un superbe solo de guitare, tout en créativité émotionnelle. Les shuffles sont toujours présents. Et notamment la nouvelle livraison de "Pride and joy" et le très funky "Mary had a little lamb" de Buddy Guy, un fragment enrichi par l'orgue Hammond de Reese qui sort de sa réserve! La fièvre et la passion pour Hendrix se concrétisent dans la reprise de "Voodoo child". Une interprétation qui constituait un des moments forts de tous les concerts de Stevie Ray. J'épinglerai enfin l'instrumental jazz, "Gone home", caractérisé par un dialogue entre la guitare et l'orgue. Ce double album se termine par le funky "Couldn't stand the weather". A l'exception de plusieurs plages figurant sur l'album "Live Alive", le reste n'est jamais sorti officiellement dans le passé.

Vanden Plas

Beyond Daylight

Écrit par

Le précédent effort de Vanden Plas nous avait ouvert les yeux sur un groupe au fort potentiel. Qualifiés de clones de Dream Theater par certains, de symbole du renouveau de la scène progressive par d'autres, les Allemands cultivent également un terreau fertilisé par des groupes comme Rainbow, Yes, Magnum ou Malmsteen. Plus mesurée et fine que jamais, la musique de Vanden Plas ne doit rien à des effets par trop tapageurs. Chaque titre de "Beyond Daylight" est abordé avec légèreté et bon goût. Un chant inspiré, des lignes de guitares fluides et des mélodies imparables sont autant d'ingrédients que Vanden Plas s'est évertué à positionner avec intelligence tout au long de cet opus, au point de friser la perfection sur certains titres. La plage d'intro et le très émouvant "Cold Wind" suffiront pour convaincre les plus sceptiques. Au final, on sait que le groupe ne cherche pas à faire des vagues et à séduire les programmateurs de MTV ou de MCM, mais bien à entretenir son petit monde, à rester en famille pour jouer une musique vraie, chaleureuse, onctueuse mais jamais racoleuse. Vanden Plas aime le metal finement joué. Merci à lui.

 

Vandal X

13 Basic Hate Tracks

Avec un titre pareil, on pouvait s'attendre au pire, et pourtant on jubile : le rock hardcore des Flamands de Vandal X arrache grave, et cela rien qu'avec deux paires de mains (une guitare, une batterie). Jeux de mains, jeux de vilains : Vandal X fait s'écraser le rock'n'roll sur le mur du son. Moralité : les White Stripes peuvent aller se coucher, on a trouvé plus fort qu'eux. Les Black Stripes du rock belge ? Non peut-être : " 13 Basic Hate Tracks " sonne comme du Marylin Manson croisé à du Millionaire, du Fugazi fan d'Enthroned. Ceux qui les ont vus en live savent de quoi on parle, tant les Vandal X ne font aucune concession, au rock, à son cirque, à nos tympans. " Fuck'm All " en ouverture résume bien l'affaire : pas question ici de faire les starlettes en rouge et blanc, noir c'est noir, et tant pis pour ceux qui n'y entendront que du vacarme. " 13 Basic Hate Tracks " est un album qui tue, comme son titre l'indique. Un opus à écouter à fond la caisse, le poing rageur et la bave aux lèvres. Ames sensibles s'abstenir !

 

Andy Votel

All Ten Fingers

On connaissait avant tout Andy Votel pour être le copain de chambrée (le label Twisted Nerve) de Damon Cough, alias Badly Drawn Boy. Producteur, remixeur, designer et boss dudit label, Votel-les-mains-vertes (la pochette) est donc aussi musicien. Après avoir commis l'EP " Styles Of The Unexpected ", il y a deux ans, il nous revient donc avec un premier album intitulé " All Ten Fingers ". Un titre qui est d'ailleurs à l'image de cet homme à tout faire : déjanté, décousu, déroutant. De l'easy-listening sacrement français de " Metro Attitude " au pop-rock psychédélique de " The Viy " (avec Guy Carvey du groupe Elbow au chant), " All Ten Fingers " explose dans tous les sens, sans éviter, le plus souvent, une certaine dilution. En dilettante, Andy Votel nous gratifie d'un album fourre-tout, à l'écoute duquel on a bien du mal à trouver quelque ligne de conduite. A force de vouloir montrer son savoir-faire, Votel agace, et sa musique avec. Restent quelques morceaux intéressants, comme ce " Salted Tangerines " avec le revenant Malcolm Mooney, premier chanteur du groupe allemand Can, dont on avait perdu quasi toute trace depuis… 1971.

 

The Von Bondies

Lack of communication

Écrit par

Deux kids (le chanteur et le drummer) et deux filles (la bassiste et la guitariste) constituent le line up de cette formation issue de Detroit. Un quatuor qui a bénéficié de la production de Jack White, pour enregistrer leur premier album. En fait de production, il n'y en a pratiquement pas, puisque le chanteur/guitariste des White Stripes a voulu laisser le son le plus brut, le plus live, le plus crade possible. Faut dire que les Von Bondies déversent leur voodoo blues détraqué et malade, dans la plus grande tradition rock'n roll des MC5 et des Stooges. Detroit oblige ! Certains parleront davantage de punk. Ou encore de garage rock. Une chose est sûre, ce style tour à tour rageur, sauvage, féroce, sensuel, halluciné ou tribal est hanté par les spectres de Gun Club et de Screamin' Jay Hawkins. Un style accentué par le cri primal de Jason Stollsteiner, une voix pourtant capable de se muer en falsetto bouleversant, lorsqu'elle emprunte les inflexions de Jeff Buckley, sans en avoir le timbre. Le disque propose en titre caché, une cover assez réussie du " Bring it on home to me " de Sam Cooke.

 

Volker Striffler

The Volker Striffler Band

Écrit par

Ce n'est pas une surprise si Roben Ford a écrit quelques mots sur la pochette, pour nous dire combien il appréciait le musicien, le compositeur et le chanteur Volker.

"Doggin' it" est une excellente entrée en matière. Si cette composition me fait penser à Magic Sam, le groove libéré par la section rythmique, composée de Claus Bubik à la basse, et de Stefan Bollack aux drums, manifeste davantage d'affinités avec Double Trouble. A cause de ce son caractéristique popularisé par les meilleures formations texanes. Et je pense ici tout particulièrement au style imposé par Stevie Ray Vaughan. Strifler est un guitariste très subtil qui possède, en outre, plus d'une corde à son arc. "Never like this before" baigne au sein d'une atmosphère néo-orléanaise. Une situation peu fréquente pour une formule trio guitare, même si Tony Lufrano a été invité à siéger derrière un piano. Pour interpréter "Struck by lightning" Tony est passé à l'orgue. A la manière de Jimmy Smith il y entretient une ambiance cool, particulièrement jazzyfiante. Volker maîtrise parfaitement ce style. Son doigté est sûr et génère un maximum de swing. Pour attaquer l'atmosphérique "In your arms", il enfile son bottleneck et glisse avec bonheur le long de ses cordes. Une composition à la démarche très originale. Sa voix, un tantinet frêle, s'adapte idéalement à ce type de plage. Elle reste mélodique et se fond dans l'environnement musical, je dois avouer, assez éloigné de l'univers du blues. "Love" sonne le retour au jazz blues. Un fragment à nouveau fort mélodique et réminiscent du style pratiqué par les frères Robben et Patrick Ford. Une sensation confirmée par la plage instrumentale "JPB", ainsi que sur "Heard it on the news". L'opus ne recèle que deux reprises. Tout d'abord le célèbre "I smell trouble" de Don Robey. Un slow blues capiteux bien connu des fans de Stevie Ray. Nonobstant la voix légère qui se démarque singulièrement de l'ensemble, le registre musical est fort proche. Il se dégage, en outre, beaucoup d'expression de cette interprétation. L'autre reprise adopte également un tempo lent : "Never been to spain" d'Axton Hoyt Wayne. "Movin' on" concède un nouveau shuffle. A la texane comme il est de bon ton de dire. Cet elpee de très bonne facture s'achève par "True blue thing", un blues nonchalant, inspiré par les swamps de la Louisiane… Une œuvre à découvrir absolument !

 

Wuz

Wuz

En concoctant un tel album, Alex Gopher s'est posé un défi de taille : sauver la scène électro française de la panade disco. Alors que Modjo et Bob Sinclar recyclent tant bien que mal les mélodies " en C mineur " de l'ami Cerrone, d'autres cosaques du poumtchak se font la belle, préférant respirer les vapeurs technoïdes de Détroit et le parfum soul de Philadelphie que les mauvaises odeurs du marketing à la Vivendi. Fini la french touch estampillée Amélie Poulain (" Visitez Paris, son quartier Montmartre, ses clubs dédiés à la house filtrée "), Gopher et son partenaire Jeremie Mondon (alias Demon) nous ont concocté un petit bijou de house maligne et chaleureuse, sans concession mais pas sans charme. On est loin ici d'une électro pseudo-branchée calibrée pour les hit-parades et le rayon hi-fi des supermarchés : Wuz, c'est de la house racée, pas surgelée ; une potion magique pleine de bleeps chipés aux plus grands (Derrick May, Luke Slater), et sans les gimmicks house faciles qui donnent la nausée. D'ailleurs, l'album sent plus l'encens d'appartement que la sueur des dancefloors : à part trois titres uptempo (dont le tubesque " Without You "), l'album se prête plus au cocooning qu'au Djing… Les deux meilleurs morceaux, " Use Me " (tubesque) et l'entêtant " The Shell ", devraient pourtant se tailler une sacrée réputation en club, de Bruxelles à Chicago. Gopher et Demon, nouveaux chamans de la scène française ? Suite à la déconfiture manga-régressive de Daft Punk, on est prêt à le parier... En tout cas, la classe !

 

Wovenhand

Wovenhand

Écrit par

Le leader/chanteur/compositeur de 16 Horsepower, David Eugene Edwards, a donc décidé de monter un projet parallèle à son propre groupe: Wovenhand. Un duo. Qu'il partage avec un certain Daniel Mc Mahon. A première écoute, on a l'impression de retrouver le folk pastoral, énigmatique, hymnique, parfois incantatoire de 16 Horsepower. Mais une écoute plus attentive gomme cette impression première, car la musique est ici de nature très différente. Si David Eugene Edwards joue toujours de ce curieux instrument, sorte de croisement entre la mandoline et le banjo, il a délaissé l'accordéon. En outre, son compère, se réserve les claviers. Le piano, tout d'abord. Un orgue à soufflets, ensuite. Dont il tire des sonorités vraiment inattendues. Et puis un casio. Dont il se sert sur le dernier morceau de l'opus, " Last fist ". Pas de drummer, mais une boîte à rythmes. Et une dose d'électricité suffisante et judicieuse, apportée par un invité qui répond au nom de Stephen Taylor, pour dynamiser l'ensemble. Car le tout tient bien la route. Les mélodies sont imparables. Irrésistibles, même. A l'instar de " The good hand " ou de " Glass eye ". Dix compositions tramées tantôt dans la valse, le folk punk, le psychédélisme la new wave ou le country rock. On a même parfois l'impression d'assister à une rencontre hypothétique entre le " Murmur " de REM et le " Killing moon " d'Echo & The Bunnymen. Remarquable !

 

Within Temptation

Ice Queen

Ce métal symphonique et celtique à la Gathering devrait surtout séduire les amateurs de belles nymphettes en cuir noir de chez Moda Moda, puisque Within Temptation, c'est d'abord une chanteuse à la voix céleste et au corps de rêve : Sharon den Adel. Quant au morceau, qui fait un tabac chez nos amis flamands, il s'agit d'une sorte de comptine hardeuse sur fond de clavecin du plus horrible effet. Si Till de Rammstein culbutait Heather Nova dans une église nordique abandonnée en écoutant du Bach joué par Wendy Carlos, ça donnerait ça. Un conseil : si vous voulez séduire une fan de Marylin Manson, évitez Within Temptation. Elle vous renverrait vite fait à vos disques de chochotte.

 

Wire

Read and burn 01 (Ep)

Écrit par

Et non, vous ne rêvez pas, Wire vient de se reformer. Au grand complet ! On ne va pas vous refaire l'historique de ce quatuor anglais, considéré aujourd'hui comme un des groupes les plus déroutants et novateurs apparus à l'époque du punk. Ni de vous reparler de toutes leurs expériences individuelles. Simplement, rappeler que le drummer, Gotobed, s'était tiré en 1990, parce qu'il en avait un peu marre de voir ses fûts mis en quarantaine au profit de boîtes à rythmes (NDR : d'où l'aventure Wir…) Sachez simplement qu'il s'agit de la deuxième reformation du groupe ; la première remontant à 1985. Oui, mais venons en à l'essentiel : le retour de Wire sur la scène musicale. Et la parution d'un premier mini elpee, qui prélude la sortie d'un second. Six titres en 17 minutes. Six fragments rapides, hypnotiques, contagieux, minimalistes, dispensés avec un raffinement à couper au rasoir. Comme on les aime quoi ! Rien que le métronomique et irrésistible " In the art of stopping " vaut son pesant de fil métallique. Et le reste… n'est pas en reste. Depuis le post industriel, lourd de menaces, " I don't understand " à " Agfers of kodack ", déchiré par les tonalités élégantes et décapantes des deux guitares, en passant par le concis, belliqueux et noueux " 1st fast " (Stanglers ?), l'impétueux et hybride " Comet ", ainsi que " Germ ship ", une plage sculptée dans la noisy la plus croustillante. Un régal !

 

The White Broncos

Room

Écrit par

Les White Broncos nous viennent des Pays Bas. D'Amsterdam très exactement. Un quintette qui pratique une lo fi aventureuse, sale, directement inspirée par Built To Spill, Radar Bros et surtout Pavement. Enfin, leur premier album. A cause des cordes de guitares saturées, filandreuses, abrasives, de ces changements de rythme imprévisibles et puis de la voix de F Mertens, aussi sinueuse que celle de Stephen Malkmus. On a même droit aux inévitables samples et aux bruitages. Et à l'instar de Pavement, les mélodies pop/rock, qui naissent de ce curieux bric à brac, sont terriblement contagieuses. Seule différence un filet de clavier vient se faufiler dans le jeu de quilles. Un peu comme chez Weezer. Ce qui donne parfois une coloration new wave (Cars ?), cold wave (Cure ?), post punk (Magazine ?) ou même grebo (Ned's Atomic Dustbin), aux compositions.

 

Willard Grant Conspiracy

In The Fishtank n°8

Dans la collection ‘In The Fishtank’, la collaboration des Bostoniens folkeux de Willard Grant Conspiracy et des électroniciens de Telefunk pourrait bien faire figure de poule aux œufs d'or, tant le résultat est sidérant : alors que tout les séparaient, voilà que ces deux groupes nous livrent six titres impeccables, entre folk sombre et rock à la Nick Cave. A l'origine de ce mini-album étonnant car sorti de (presque) nulle part, il y a donc le label Konkurrent, dont le projet est finalement assez simple : inviter deux groupes et les obliger à enregistrer en deux jours une vingtaine de minutes de musique de leur choix (nouvelles compos, reprises, impros,…). Cette fois-ci, le choix des intéressés s'est porté sur des morceaux traditionnels du début du siècle dernier : au final, cela ressemble encore fort à du WGC, mais beaucoup moins à du Telefunk. Naviguant dans les eaux troubles d'un blues qui se serait frotté au folk-rock mélancolique des Tindersticks ou de Madrugada, les six morceaux ici présents prouvent bien qu'en deux jours et avec un peu d'imagination, il y a moyen de créer pas mal de choses intéressantes. Et si à l'écoute, Telefunk semble s'être plutôt fait mener à la baguette par Robert Fisher et ses musiciens (où est le beat ?), c'est finalement pour la bonne cause. Vivement le prochain numéro !

 

Wilco

Yankee hotel foxtrot

Écrit par

Juste après avoir enregistré cet elpee, Jay Bennett a quitté le groupe ; alors qu'il s'y était énormément investi. " Yankee hotel foxtrot " constitue donc le quatrième et dernier volet de l'association Bennett/Tweedy. Et il faut reconnaître qu'elle se termine par un coup d'éclat. Fini ou presque la country alternative (NDR : il reste encore quelques résidus de slide éparpillés tout au long de l'opus), Wilco vient de commettre un disque résolument contemporain, aventureux même, dont les pop songs acidulées sont truffées de bruitages, de relents psychédéliques, de sonorités sophistiquées, brumeuses et de dérapages bizarres. Une solution sonore qui baigne au sein d'une atmosphère ténébreuse qui n'est pas sans rappeler Sparklehorse, mais avec une approche aussi fantaisiste que chez Super Furry Animals. Un disque pourtant très humain, bouleversant, dont l'intimisme croissant est hanté par la voix fragile et nasonnante de Tweedy, qui chante l'amour avec des propos plutôt drôles. Bénéficiant du concours de Jim O' Rourke aux manettes, le disque regorge de bonnes surprises. A l'instar du cuivré " I'm the man who loves you ", taillé dans le rock sudiste. De " heavy metal drummer ", chanson pop imparable que seul Grandaddy aurait pu commettre, si Brian Eno avait décidé de la mixer avec l'esprit tordu de Pavement. De " Pot kettle black ", dont la ligne mélodique rappelle étrangement " In between days " de Cure. Ou encore du premier morceau, " I am tryin to break your heart ", agité par des flux et contre flux bruitistes, au sein d'un impressionnant travail sonore. Excellent !

 

The White Birch

Star is just a sun

Écrit par

 "Star is just a sun" constitue le 3ème album, en six années d'existence, pour ce trio norvégien. D'Oslo, très exactement. Et, à l'écoute de cet opus, il n'est pas étonnant que la formation soit régulièrement invitée à participer à la confection de bandes sonores pour films. Des travaux qu'elle mène d'ailleurs depuis 1997. La musique de White Birch est donc le résultat d'un mélange d'ambiance et d'intensité, un mélange très visuel de sons, de bruits et d'harmonies. Vocaux diaphanes, instrumentation subtile, dont un piano sonore forme la trame, et arrangements somptueux constituent les éléments de base d'une musique solennelle, organique, visionnaire, atmosphérique, mais plongée dans la zone crépusculaire. Parfois on pense à Labradford, à Savoy Grand, à Dakota Suite ou encore aux expérimentations individuelles de l'ex Talk Talk, Mark Hollis. Mais une chose est sûre, cette œuvre finit par vous envoûter… Superbe !