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Julia Drouot a coupé court…

De ses années de conservatoire, il reste à Julia Drouot peut-être le goût de ses fugues, non pas celles qui se jouaient au XVIIème siècle dans les salons des cours européennes, mais celle qui se chausse de semelles de vent. La chanteuse et compositrice a…

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Dave Riley

Whiskey, money and women

Écrit par

Dave Riley est né en 1949. A Hattiesburg, dans le Mississippi. Pour un musicien issu du Delta, il est encore assez jeune. Son premier album s'intitulait "Living in borrowed time". Dave avait produit quatre plages sur la collection "Blues across America - The Helena Scene", sur Cannonball.

Son deuxième opus a été mis en boîte aux studios "The Lip" à Oxford, dans le Mississippi. Autrement dit, la base de Fat Possum ! Il s'ouvre par "Call my job". La guitare est timide, pas très rassurée, mais sensiblement attrayante. Blues lent, "There she comes" est immergé dans le Mississippi. Les cordes montent déjà au créneau. Sam Carr assure le rythme soutenu de la plage titulaire. Weston souffle avec prudence dans l'harmonica. "Tribute" est un superbe hommage aux bluesmen chéris par Dave : Howlin' Wolf, Elmore James, Muddy Waters, Stevie Ray Vaughan, Jimi Hendrix, Paul Butterfield et quelques autres encore. Riley chante avec une humilité et un feeling jamais pris en défaut. Pour "Down south" et "Casino blues", le rythme est inspiré par le blues de Chicago ; mais la rythmique reste propre au sud. "I want to thank you baby" s'écoule avec paresse et profondeur. Il rend hommage à Howlin' Wolf à travers sa reprise tonique du "Smokestack lightning" ; et à Albert King en adaptant son "Angel of mercy". Un disque de bonne facture qui se termine très curieusement, par une nouvelle version, mais toujours autant chargée d'émotion, du célèbre "Imagine" de John Lennon.

 

Red Rivers

Wishbone

Écrit par

Red est né voici un peu plus de 40 ans, en Australie. A Cairns très exactement, dans le Nord du Queensland. Au cours de sa jeunesse, il a travaillé dans une distillerie. C'est à cette époque qu'il découvre la musique country de Johnny Cash et rock'n'roll de Dave Edmunds. Lorsque dans les années 90, il se décide de se lancer sur la route, il a déjà assimilé rock'n'roll, country, hillbilly, R&B et blues.

Il accomplit sa 1ère expérience studio pour Don Walker. Un chanteur pianiste, lui aussi australien, qui faisait partie du mythique groupe local, Cold Chisel. "Hillbilly hearts" constitue son premier essai en solitaire. Il sera suivi par "Quarter mile down", en 97. La même année, Charlie Musselwhite enregistre deux de ses compositions, "Natural born lover" et "Drifting bay". Elles figurent sur l'elpee "Rough News", paru sur Pointblank.

Avant d'enregistrer ce "Wishbone", Red Rivers avait encore commis "Low down twang", en 99. Le nouvel opus débute par un titre de country, proche du rockabilly, "How long am I supposed to wait for you". Il s'enfonce un peu plus profondément dans ce style musical, à travers "You've got no art". Une composition qu'il interprète en compagnie de la chanteuse Anne Kirckpatrick, et de Michel Rose à la la pedal steel. "I still dream of you" est une lente ballade, douce à briser les cœurs, dont la tristesse est accentuée par un accordéon. On se croirait presque au cœur de la Music City de Nashville. Caractérisée par une fort jolie mélodie sur fond d'orgue, "New fool" en est une autre. Le rythme accélère pour nous permettre de monter dans le train du "Big wheels" de la Indian Pacific. La palette s'étoffe sous la forme du western swing, "Crazy cat mama". Un fragment au cours duquel la pedal steel de Garrett Costigan partage les soli avec les cordes de Red. Les petites perles font leur apparition au beau milieu de l'album. Et en particulier le très bluesy "Digging my own grave", au cours duquel la guitare flirte avec le dobro de Rose. Plage puissante, "Baby blue Buick" nous invite à prendre place au volant de cette vieille américaine, pour prendre la route. Red se réserve un solo explosif, avant de céder le relais à la pedal steel. Rivers a le pied au plancher. Il passe au rock'n'roll sur "The girl likes to rock it", avec le soutien du piano de Bridie King. Le son des cordes est un plaisir des oreilles. La production de l'album est très réussie. Et elle atteint même la perfection sur le légèrement reverb "Western girl" et la ballade "Wishbone". Je ne me lasse pas d'écouter ce " Wishbone ". Pas étonnant que ses compositions me trottent, sans arrêt, dans la tête…

 

Rod Laver

In a perfect world…

Rod Laver est l'énième groupe de nu-metal. On pense à Papa Roach, Alien Ant Farm, Limp Bizkit, voire à Die Krupps et Clawfinger au niveau des voix. En clair à rien de bien neuf sous le soleil. Evidemment ça dégage pas mal d'énergie, ça suinte l'adrénaline, mais ça ne casse pas non plus trois pattes à un canard… Riffs et refrains éculés, on est loin du monde parfait du titre. La planète métal semble d'ailleurs dans une impasse : pour un bon groupe, combien de daubes ? Pour un Master of Reality ou un Slipknot, combien de Staind et de Creed ? La scène s'essouffle, et pourtant les kids en redemandent. Où est passé le sens du discernement, que diable ? A choisir entre un Linkin' Park soi-disant méchant (mais qui n'est finalement qu'un boys band d'headbangers pré-pubères formaté pour MTV) et la hargne de Mario et de JP lors de la finale de la Star Academy, mieux vaut ne pas s'abstenir. Pour voter Mario, tapez 1.

 

Li'l Ronnie

Young & evil

Écrit par

Flanqué des Grand Dukes, Li'l Ronnie Owens est un chanteur/harmoniciste. Il drive ses Grand Dukes. Issue de Richmond, en Virginie, la formation avait déjà commis un album en 99, "Too fast for conditions". Un ensemble qui s'inspire du Chicago blues et du West Coast jump, mélange au sein duquel il injecte un soupçon de Texas shuffle.

En ouverture, "Leavin' here tonight" est une véritable claque. Chaque instrument est parfaitement en place. En particulier l'harmo et le piano sautillant. Et la section rythmique porte le tout. Le swing est omniprésent tout au long de "Mellow chick", un R&B du début des années 50, façon Wynonie Harris ; au cours duquel chaque soliste passe successivement à l'avant-plan : Steve Utt au piano, Terry Hummer au sax tenor et Dutton ainsi que le redoutable Anson Funderburgh aux guitares. La sonorité texane, à la tonalité pénétrante, de la six cordes de ce dernier est d'ailleurs inimitable. L'amusant "Buck naked" persiste dans le style R&B. Blues lent, la plage titulaire est largement inspirée par T-Bone Walker. Utt est passé à l'orgue Hammond et Dutton a parfaitement assimilé le style T-Bone. Composition de George Smith, "Rockin" subit ici un traitement particulièrement brillant. Une rencontre opérée entre le Chicago et le jump, illuminée par la guitare de Funderburgh. De la dynamite ! L'harmo de Ronnie est en flammes pour aborder l'instrumental "Think big", un fragment dont le jeu est inspiré par le maître, Little Walter. Slow blues, "Early one Monday morning" est beau à pleurer. Une autre adaptation de George Smith, mais tellement proche de l'écriture de Muddy Waters. Un titre qui se signale par une nouvelle brillante intervention d'Anson. Et pourtant Mike Dutton est lui-même un redoutable gratteur. Il en impose dans la tonalité sur le saignant "Let me down easy", puissamment shouté par Ronnie. Proche de Fats et de Kid Ramos l'adaptation d' "I've been your good thing" de Slim Harpo prend la direction des swamps de la Louisiane. Un périple émaillé par une dernière apparition du gratteur de Dallas. Bouleversant ! Bill Dogett, Thelonious Monk et Jimmy Smith courtisent le cool jazz sur "Doggin' round", un espace sonore qui permet la rencontre de l'orgue Hammond, du sax et de la guitare d'un autre invité, Rick Olivarez. En finale, "Chicken shack boogie" d'Amos Milburn est à la hauteur de l'événement. Un album tout à fait excellent!

 

Roomful Of Blues

Watch you when you go

Écrit par

Le célèbre blues jump big band de Providence, dans le Rhode Island, a été formé en 1967 par le guitariste Duke Robillard. Quel chemin parcouru en 34 ans! ROB a hébergé de grands musiciens tels que Duke, Ronnie Earl, Curtis Salgado, Preston Hubbard et Fran Christina (ex-Fabulous Thunderbirds).

Depuis les départs de Ronnie Earl et de Greg Piccolo, c'est le guitariste Chris Vachon qui semble avoir pris le leadership. Ce qui explique sans doute pourquoi il a produit et mixé cet album. Le big band s'est amaigri au fil des ans. Il ne reste en effet plus que 3 cuivres : le sax de Rich Lataille (NDR : il est le plus ancien du groupe, puisque ses débuts remontent à 1970), la trompette de Bob Enos et le trombone de Ray Gennari. Depuis l'an dernier, Thom Enright, un ancien bassiste des Pleasure Kings de Duke Robillard, tient la basse, Chris Lemp la batterie et Hank Walther les claviers. Arrivé en 1998, le chanteur Mac Odom est le seul membre du groupe à la peau colorée. Sa voix chaleureuse, naturellement puissante est bien adaptée au style musical ; et l'environnement cuivré lui sied à merveille.

Odom a écrit la 1ère plage, "Roll me over". Une composition entraînante qui permet à Vachon et Lataille de mettre le nez à la fenêtre. Plage rythmée, très soul, "The salt of my tears" est soulignée de chœurs qui reprennent le refrain avec entrain. La voix de Mac est vraiment très riche. Sur "You give me nothin' but the blues", elle me rappelle celle de David Clayton Thomas, de Blood Sweat & Tears. Vachon lui, se montre le digne successeur de Duke et Earl. Secondé par le piano de Walther qui roule, "Love to watch you when you go" est inspiré par la Nouvelle Orleans. "Backlash" est un instrumental très réussi. Chris Vachon se met dans la peau de Freddie King avant que l'orgue Hammond ne vire dans le monde de Booker T & the MGs. Si la meilleure plage se fait attendre, "Wait and see" arrive à point nommé. Un boogie écrit par Fats Domino, dont la la version ROB dégage un maximum d'énergie. Un bon album, mais pas le meilleur du big band !

 

Diana Ross

Love & Life

Écrit par

" Love and Life " est un best of (un de plus) à mettre au compteur de la grande diva de la soul. Avant d'embrasser une carrière solo, elle a chanté chez les Supremes. Entre 1964 et 1970. Une carrière solo bien remplie, qui s'est traduite par de nombreux numéros 1 dans les charts américains. Comme cette talentueuse chanteuse, reconnue par ses pairs, n'est pas vraiment de ma génération, j'ai fait appel à une experte (ma grand-mère…). A son humble avis, cet album regroupe des chansons plus ou moins connues en leur temps et déjà rassemblées sur d'autres compilations. A l'écoute, l'accroche est difficile. Certains dinosaures de la chanson (Supertramp, Pink Floyd, The King,…) peuvent refaire vivre leurs succès, même à travers notre génération ; mais cette opportunité ne semble pas donnée à tout le monde. Malgré une écoute attentive, force est de constater que sa musique n'a pas aussi bien traversé les siècles (NDLR : !?!?!) dans la mémoire collective. Diana Ross est connue ; en tout cas son prénom et son nom de famille… Autant l'album remixé de Shirley Bassey était agréable, autant cet opus reste sans saveur et rend obscur les raisons du succès de Diana Ross. Sans doute toujours la même et infinie histoire des générations…

 

rUbY

Short-staffed at the gene pool

Écrit par

Au sein de RUbY, on retrouve Leslie Rankine, chanteuse du défunt Silverfish, formation basée à Seattle dont le hardcore teinté de blues, hérité en ligne droite du Birthday Party, était réputé sulfureux et chaotique.

En retraversant l'Atlantique pour s'installer en Grande-Bretagne, Leslie a voulu changer radicalement de style. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que sa musique navigue aujourd'hui à des années-lumière de celle pratiquée par son ancien groupe. Digitale, électronique, technologique, elle adopte un profil trip hop que ne désavouerait pas Tricky, Morcheeba ou même Hooverphonic. Un trip hop sombre, sensuel, sophistiqué qui se singularise par ses motifs de funk et de jazz judicieusement dispensés. Et puis par la voix tendre, nonchalante et tellement attachante de Leslie. Mais si dans le style, cet opus est très agréable à écouter, on ne peut pas vraiment dire qu'il soit particulièrement novateur…

 

Hugo Race

Long time ago

Écrit par

Hugo Race est australien. A l'instar de Nick Cave qu'il a côtoyé chez les Bad Seeds entre 84 et 88, sa musique est ténébreuse, filmique, urbaine, marécageuse, suscitant dans votre esprit la bande sonore d'un long métrage de série noire que vous vous souvenez avoir visionné, il y a bien longtemps. Une musique dont les racines sont profondément enracinées dans le blues. Un blues contemporain ; c'est à dire traversé par des tas de courants différents qui oscillent du rock au psychédélisme, en passant par l'industriel et l'expérimental. Un blues alimenté par des lyrics introspectifs, parfaitement assortis à la solution sonore.

L'ambiance n'est donc pas à la rigolade chez Hugo Race, même si elle n'est pas dénuée d'humour ; sombre comme vous pouvez l'imaginer. Pourtant, si vous vous prenez au jeu, le climat de ses chansons vous envahit et finit même par vous envoûter, laissant au plus profond de vous même une sensation de douce mélancolie. " Long time ago ", n'est pas un véritable nouvel opus de Hugo Race flanqué de son True Spirit, mais un double CD rétrospectif, comprenant des extraits de ses 9 albums studio, des raretés, des inédits et des prises live ; avec sur le deuxième disque une majorité de titres nettement plus blues…

 

Radio Birdman

The essential Radio Birdman (1974-1978)

Écrit par

L'histoire de Radio Birdman commence à Ann Arbour, dans le Michigan. Deniz Tek assiste aux concerts des Stooges et de MC5. Des événements qui vont le marquer à vie. En 1972, il part en Australie pour y étudier la médecine. A Sydney très exactement. Le soir il joue de la guitare en compagnie de quelques potes. Puis se produit au sein de formations locales. Mais progressivement cette passion prend le dessus sur ses études. Il rencontre alors Rob Younger, Pip Hoyle, puis Chris Masuak. Et décident de monter un groupe. Il recrutent alors un drummer, puis un bassiste, et se mettent à interpréter des reprises des Stooges et de MC5 (NDR : évidemment !), mais également de Blue Oyster Cult, Doors, Ventures et consorts. Et leurs prestations scéniques sont à la hauteur de leurs goûts musicaux : dévastatrices. Si bien que leur réputation de groupe violent les rend indésirables un peu partout à Sydney. Sauf à l'Oxford Tavern, où ils finissent même par établir leur quartier général. La formation finit pourtant par s'imposer au niveau national, devenant même le chef de file du mouvement punk aussie.

En 1978, Radio Birdman accompagne les Flamin' Groovies pour leur tournée en Angleterre. Leur musique est beaucoup trop élaborée pour les punks insulaires ; et puis surtout les musiciens portent des cheveux longs… Résultat des courses, le périple tourne à la débâcle et le groupe se sépare. Comme son titre l'indique, cette compile réunit des compositions écrites entre 1974 et 1978. 22 fragments très exactement, d'une musique énergiques, sauvage, c'est vrai ; mais caractérisée par une combinaison de riffs de guitare liquides et surf, de vocaux sournois, acerbes, et de claviers rognés, ‘manzarekiens’.

Depuis, Radio Birdman est devenue une référence incontournable pour toute la scène rock australienne. Qui à mes oreilles constitue une des plus intéressantes, mais des plus méconnues au monde. Au cours des deux dernières décennies, elle a enfanté les Died Pretty, les Scientists, DM3, les Moffs, The Wreckery, The Lime Spiders ou encore les Saints d'Ed Kuepper et de Chris Bailey. Sans oublier le Birthday Party de Nick Cave. Et la liste n'est pas exhaustive. A l'instar du Deniz Tek Group. Des New Christs, au sein duquel on retrouve Rob Younger, par ailleurs devenu le producteur des Celibate Rifles ; sans oublier les Screaming Tribesmen du chanteur Mick Medew.

Radio Birdman s'est reformé en 1996, le temps d'une mini tournée en Australie, mais n'a pas poursuivi l'expérience. Une chose est sûre cet opus est ‘essential’ !

 

Queen

The platinum collection

Écrit par

Dix ans déjà que Mercury nous a quitté. Le 24 novembre 91, très exactement. Il était atteint du SIDA. Diva à la personnalité extravagante (NDR : et le mot est faible !), Freddie (de son vrai nom Farookh Bulsara) était avant tout le chanteur de Queen, une formation britannique qui a rencontré un succès planétaire en jouant un hard rock teinté tantôt de rockabilly, de glam, de prog, de music hall, d'opéra, de musique de film, de funk ou de pop ; mais surtout en accumulant pendant près de vingt ans les disques d'or et de platine. N'empêche, et je dois l'avouer, j'ai toujours eu beaucoup de mal à digérer leur démarche, on ne peut plus nombriliste. Mais une chose est sûre, le groupe avait atteint la quasi perfection dans le domaine des arrangements vocaux. Particulièrement les chœurs à trois voix, dont la formation s'était fait une spécialité. Il suffit d'écouter le fabuleux " Bohemian Rhapsody " pour s'en rendre compte. Cette anthologie propose, en trois disques et 51 morceaux, le best du best de Queen. Tout y est. Y compris la collaboration menée entre le combo survivant et Bowie sur " Under pressure " et " Barcelona ", interprété par Freddie et la chanteuse d'Opéra Montserat Caballé. La compile épingle, en outre, la cover de " The show must go on ", réalisée par Elton John au Théâtre National de Chaillot à Paris et celle de " Somebody to love " par George Michael, accordée dans le cadre du Tribute Concert de Wembley. Un testament !

 

Quetzal (Belgium)

Dead end tracks

Écrit par

Pourquoi nécessairement aller chercher à Chicago ce qui peut se mettre dans l'oreille, près de chez soi ? Prenons par exemple Quetzal. Mettez les aux mains d'un Steve Albini et préparez vous au choc. Furieux comme il se doit et né d'un croisement entre ‘noise’ et ‘post rock’, "Dead end tracks" ne constitue pourtant que le deuxième album de Quetzal. Aussi j'imagine sans peine que le meilleur reste à venir ! Particularité du groupe sur cet opus: l'alternance de 3 voix et l'utilisation (judicieuse) du violon et du violoncelle. Une technique qui laisse présager une identité forte, un caractère trempé dans l'acier. Les différentes scènes qui évoluent aux côtés de The Ex ou de At the drive-in promettent également des prestations maîtrisées et de qualité. Le son oscille entre grattes âpres, batterie étouffée mais très mélodique et basse, dont la principale caractéristique est de ne pas uniquement se contenter de calquer son jeu sur celui des guitaristes. Les voix partagées entre différents registres font évidemment fortement penser à Neurosis. Le tout s'assemble joliment pour nous servir un disque d'émo/noise particulièrement intéressant. A suivre donc…

 

Quantum

Initium

Écrit par

Depuis Machiavel et Now, il ne s'est rien passé de vraiment révolutionnaire dans le paysage du rock progressif belge. C'est donc à bras ouverts que nous accueillons le premier mini-cd (quatre titres) d'une formation verviétoise qui cite Rush comme principale influence. Bien que sa solution sonore s'oriente davantage vers le hard FM américain des années 80 que vers le néo-prog de formations telles IQ ou Pendragon, Quantum fait preuve d'un grand professionnalisme. Mieux encore, son " Initium " n'a rien à envier aux grandes productions du genre. Le chant de Philippe Boudron constitue sans aucun doute un apport peu négligeable pour le quatuor ; et le titre " Believe " pourrait même faire un hit tant son potentiel mélodique est énorme. Habitué de la scène du Spirit of 66 et glorifié dans le magazine Prog Resiste, Quantum ne demande qu'à sortir de l'anonymat. Un espoir est né!

 

Pink Floyd

Echoes. The best of Pink Floyd

Écrit par

Je ne vais quand même pas vous refaire l'histoire du Pink Floyd. Il existe suffisamment de bouquins ou d'articles de presse, consacrés à ce dinosaure, susceptibles de répondre à ce type de demande. Mais venons en à ce best of. Un double. En 26 titres remasterisés et judicieusement répartis, il offre un aperçu assez succinct de l'œuvre du groupe.. Cependant, il ne réserve aucune surprise ni expérimentation de nature à perturber l'esprit du commun des mortels. Ce qui ne devrait pas empêcher ce double CD de bien se vendre. On y recèle bien " Astronomy domine ", " Set the controls for the heart of the sun ", " Echoes ", " One of these days " et puis deux classiques écrits par Barrett, " See Emily play " et " Arnold Layne " ; mais l'empreinte du " Dark side of the moon " est la plus présente. Et puis tout ce qui lui a été postérieur; et en particulier "The Wall". Pas de trace, cependant du " diabolique " (!?!?) " Lucifer Sam ", de " Cirrus mirror " et de " Nile song ", commis sur l'elpee " More ", ni aucune référence à " Atom heart mother ". Peut-être à l'occasion d'un prochain best of the best of…

 

Pistol Grip

The shots from the kalico rose

Écrit par

J'avoue être rentré dans cet album comme dans du beurre. Punk rock aux refrains mémorisables dès la première écoute, énergie communicative en plein, pas de prise de tête à l'horizon. C'est du plug and play avec nos lascars. Fait suffisamment remarquable pour être signalé : pas l'ombre d'un seul titre ska, ce qui me rend tout de suite hautement estimable la galette. Tous sont fans des Ramones, de Rancid, de NOFX et de toute la clique punk rock. Des classiques comme des nouveaux. Bon, ce n'est pas pour autant un disque inoubliable en soi, mais qu'importe, puisque cette plaque me réconcilie avec le genre. Répétitif, mais recommandable le temps d'une rentrée.

 

Shawn Pittman

New King in town

Écrit par

Shawn est originaire de l'Oklahoma. Il a appris le piano et la batterie avant de se tourner vers la guitare, à l'écoute des albums de Jimmy Reed. En 92, il se fixe au Texas, à Dallas très exactement, où il participe à de multiples jams au sein de différents clubs de blues. Il comptait déjà deux albums à son actif, "Burnin' up" en 98, et "Something's gotta give" en 99, tous deux parus sur Cannonball. Shawn est aujourd'hui âgé de 26 ans et il veut marquer le coup, en sortant ce 3ème album sur son propre label, sous la houlette de Jim Gaines. Il a également fait appel à la section rythmique de Double Trouble ; en l'occurrence Tommy Shannon, Chris Layton et le claviériste Riley Osborne. Parmi les autres invités on retrouve Preston Hubbard, John et Joe Moeller.

Comme nous sommes au Texas, tout débute par un bon shuffle. Il s'intitule "New king in town". Et il ne faut guère attendre bien longtemps avant que ne fuse les premières notes dispensées en solo, par l'ami Pittman. Pas étonnant, dès lors, que ses interventions soient stimulées par le concours de Double Trouble, comme au bon vieux temps de Stevie Ray. Traversées par des cordes qui sonnent bien métalliques, la reprise du "Runnin' shoes" de Juke Boy Bonner est imprimée sur un rythme boogie. Pour rester sur l'impression de SR Vaughan, il reprend le célèbre slow blues "I smell trouble", à la manière du maître. "Distress signal" est un shuffle rapide au cours duquel les texans Pittman et Moeller échangent un duel de guitares. Ils s'entendent comme larrons en foire pour conjuguer leurs riffs très rock'n'roll. "It's your turn" est un southern rock bien solide. Shawn semble très à l'aise tout au long de cet exercice. Les notes de sa guitare sont lacérées au couteau! La machine est lancée. Le rockin' blues texan s'alourdit sur "One of these days", au cours duquel l'orgue de Riley Osborne vient en renfort. La cover du "It takes a lot to laugh, it takes a train to cry" de Bob Dylan est du très beau travail. Entamée au piano, elle est bien vite enrichie par les cordes en transe. "One thing on my mind" est un rockin' blues lent, dramatique. Trafiquée par le jeu de pédales de Shawn, la guitare peut décoller. "Hell or high water" est interprété en trio par Shawn, Chris et Tommy. Et cet exercice de style ressemble furieusement au "How many more years" de Howlin' Wolf. Musicien de scène par excellence, Shawn Pittman se produit chez nous au cours de ce mois de novembre. Ne le manquez surtout pas!

 

Pixies

Complete B sides

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En 1997, les Pixies avaient déjà fait l'objet d'une compile. Intitulée " The death of the Pixies ", elle réunissait, sous la forme d'un double CD leurs meilleurs titres ainsi que l'enregistrement d'un concert accordé peu après la sortie de " Doolittle ". Comme son nom l'indique, " Complete 'B' sides " rassemble les flips sides de leurs singles. Et contrairement à ce que vous pourriez imaginer, le résultat est loin d'être inintéressant. Parce qu'il ne s'adresse pas exclusivement aux archivistes ou aux collectionneurs. Bien sûr, on y retrouve l'une ou l'autre rareté. A l'instar de la cover du " Evil hearted you " des Yardbirds, interprété en Espagnol. Ou de l'adaptation surf du " Wave of mutilation ". Et puis des versions inédites. Mais le plus intéressant procède de la qualité des dix-neuf fragments sélectionnés sur ce disque. Des chansons dont la plupart auraient pu mériter une 'A' side, et dont certaines figurent sur l'un ou l'autre elpee du groupe. Et je pense plus particulièrement à " River Euphrates ", " Vamos ", " Into the white ", " Manta ray ", " Dancing in the manta ray ", " I've been waiting for you ", " Theme from Narc " ou encore de " Build high ". Bref de quoi vous replonger avec beaucoup de bonheur dans l'univers d'un des plus grands groupes de la planète qui a sévi entre 1986 et 1992; et puis de retrouver ces sonorités si caractéristiques constamment déchirées entre mélodicité et férocité, entre douceur et violence, qui devaient donner naissance à la popcore, mais aussi et surtout influencer le Nirvana de Kurt Cobain…

 

Placebo

Special K (single)

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"Special K" constitue le troisième single extrait du dernier album de Placebo, "Black market music". Mais le plus curieux, c'est que l'industrie musicale britannique vient de se rendre compte que cette chanson traitait avec une certaine condescendance des homosexuels, de la misogynie, de la haine et de la violence. Faut croire qu'elle n'écoute que les singles ! Sept titres quand même sur ce disque, dont des tas de remixes exclusifs, exercices de style opérés par quelques bidouilleurs aussi réputés que Timo Maas, mieux connu pour avoir remis en forme " Don't tell me " de Madonna, ou encore Phill Vinall. Pour être complet, sachez que " Slave to the wage " se paie quand même un sample du " Texas never whispers " de Pavement et que le disque recèle, sous la forme du CD rom, une vidéo du titre maître.

 

Pleasure Forever

Pleasure Forever

Le plaisir éternel… Tout un programme pour ce groupe (ex-Slaves) qui nous vient tout droit de San Francisco, là où le Flower Power a fait tourner les têtes dans les années soixante. A l'écoute de ce premier album, c'est justement à cette période que l'on pense, tant les morceaux sentent bon le patchouli, une odeur de décadence mêlée de suavité, proche aussi de l'ambiance cabaret des années trente. Avec des titres comme " Stay Precious " ou " Magnus Opus ", on a l'impression d'entendre du Kurt Weill mâtiné de Doors, avec les Bad Seeds en backing band. La combinaison piano, guitare, batterie fonctionne à merveille, donnant une touche d'autant plus mélancolique aux chansons que la voix d'Andrew Rothbard rappelle celle de Michael Stipe imitant Tom Barman (mais là je dis n'importe quoi). Bref, ça flaire bon les fins de soirée bien arrosées, quand tout le monde est parti et que vous êtes accoudé au bar d'un vieux troquet genre " Casablanca ", sauf qu'ici Sam se la joue trip psychédélique, faisant les yeux doux non pas à Ingrid Bergman mais à Nina Simone.

 

Plexiq

20 000

L'électro allemande n'est plus à présenter : depuis Kraftwerk, Can et Amon Düül II, les Teutons ont su prouver qu'ils savaient manier un sampler et un séquenceur mieux que quiconque; et ce ne sont pas Gonzales, Tarwater ou Mouse on Mars, leurs dignes descendants, qui vous prouveront le contraire. Néanmoins, Plexiq préfère éviter toute étiquette et refuse d'être assimilé au côté élitiste de certains de leurs confrères et compatriotes. Ainsi, à tous ceux qui voudraient par exemple les mettre dans le même sac que Notwist, les membres de Plexiq répondent qu'ils " n'appartiennent pas à cette faction de groupes rock semi-conventionnels qui saupoudrent leurs morceaux d'un peu d'électro pour être dans leur temps ". Voilà qui est dit sans détours… Malheureusement pour Plexiq, et avec tout notre respect, il ne s'agit pas, dans le cas d'un groupe comme Notwist par exemple, de retournement de veste, mais d'évolution sincère et significative. Des musiciens comme les frères Acher (Notwist, Lali Puna,…), comme Markus Popp (Oval) ou Alec Empire proposent sans doute une musique à certains égards élitiste, mais en aucun cas insipide, comme peuvent l'être certains titres de cet album. Quelque part entre Ozark Henry et Playground, " 20 000 " mélange le disco et l'electronica ; mais sans cette touche de génie qui ferait de Plexiq un groupe allemand à retenir pour les années à venir.

 

Iggy Pop

Beat´em up

Écrit par

Selon notre Iguane préféré, cette plaque est sensée faire la nique à la nouvelle génération de jeunes groupes faussement ‘sauvages’. Bin, ces groupes peuvent continuer leur bonhomme de chemin, tranquilles. Pour la première fois depuis son retour sur le devant de la scène médiatique, Pop décroche haut la main le statut de dinosaure du rock, mais hélas pour lui, dans le sens le plus fossilisant du terme. Pauvre de bout en bout et en tous points, cette plaque agace dès le quatrième titre. Pauvreté de riffs, son à la limite de la première répète du groupe du coin, mélodie inexistantes ; bref un bien sombre tableau. Tout au plus en fin de piste, la sauce prend sur quelques morceaux… Notre brave quinquagénaire vient de nous gratifier de ce qui doit être sa pire plaque. Respectueux du bonhomme, nous fermerons les yeux pour cette fois, et nous consolerons à l'idée de le voir continuer à se débattre on stage, endroit où il peut encore enterrer les yeux fermés bon nombre des groupes visés plus haut… Non, je ne citerai pas de noms !

 

Prefab Sprout

The Gunman and other stories

Écrit par

Formé en 1978, (c'est-à-dire un siècle avant ma naissance) Prefab Sprout est composé de 4 Irlandais. Le nom du groupe, pour le moins particulier, viendrait d'un malentendu que Paddy McAloon, le chanteur, aurait volontairement gardé par goût du non-conformisme et peut-être aussi de tout ce qui touche au non-commercial. Pas facile d'être reconnu dans le milieu avec un nom pareil !

Après avoir commis 8 albums et quelques compilations, la formation nous revient avec un nouvel opus intitulé " The Gunman and Other Stories ". Certains l'attendaient avec impatience, tandis que d'autres ne connaissaient même pas les vastes possibilités qu'offre l'alphabet, pour effectuer des combinaisons de lettres particulièrement difficiles à intériorisées. Même après quelques semaines d'approche, le nom de ce groupe reste toujours aussi peu parlant. Du point de vue musical, le style paraît plus défini, oscillant de la pop à quelques sonorités country. Les thèmes des compositions parlent de cow-boys, d'armes et de l'Ouest mais les rythmes se rattachent à la grande et éternelle famille qu'est la musique pop. L'ensemble est léger et entraînant, particulièrement " Farmyard Cat ", enrichi d'une section de cordes. Les 10 morceaux enregistrés campent sur un ton doux et optimiste, facilement assimilable. Mais paradoxalement, le patronyme du groupe est en totale contradiction avec la musique qu'il pratique.