Les rituels étranges de This Is The Kit

This Is The Kit sortira son septième opus studio, « Ghost Coat », ce 15 janvier 2027. En attendant, il a partagé le single et « Skim a Stone ». Enregistré au cœur des Rockfield Studios dans la vallée de la Wye, au sud-est du Pays de Galles, ce disque place…

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Neil Young

Are you passionate ?

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Il y a quelques années, Neil Young avait accompli une tournée mondiale en compagnie de Booker T & The MG'S. Une expérience qu'il avait cependant abandonnée au beau milieu de son périple européen, estimant que la collaboration n'avait pas eu le résultat escompté. Faut croire que ce semi-échec lui est resté en travers de la gorge, puisque pour enregistrer son nouvel opus, il est allé rechercher deux musiciens de cette formation mythique : le claviériste Booker T. Jones et le bassiste Donald ‘Duck’ Dunn. Deux autres invités ont également participé à la confection de ce disque : Frank Sampedro, le guitariste de Crazy horse, et Steve ‘Smokey’ Potts, un drummer qui a côtoyé autrefois des artistes tels que Otis Redding ou Wilson Picket. Résultat des courses, " Are you passionate ? " trempe dans le Ryhtm'n blues. La Memphis soul ou encore la ‘Motown soul’, si vous préférez. L'orgue gargouillant, rogné de Booker T. Jones en donne la coloration, alors que l'assise rythmique est imposée par Dunn. Certaines ballades glissent cependant dangereusement dans le slow crapuleux, la guitare de Neil se mettant alors à sonner comme celle de Carlos Santana. A l'instar de " You're my girl " ou de " Differently ". Je dois néanmoins avouer que dans ce style, Neil ne me botte pas trop. On a ainsi parfois le sentiment qu'il y confond passion et sentimentalisme ; son timbre gémissant accentuant cette impression. Heureusement, lorsque le groove s'agite et palpite avec authenticité, le mélange devient presque magique. Comme lors du final, " She's a healer ", ponctué par l'intervention d'un trompettiste. L'elpee recèle également un hommage aux victimes du 11 septembre (" Let's roll "), et puis un fragment sculpté dans l'intensité électrique crazyhorsienne, et imprimé sur le rythme de la danse du scalp : " Going home ". Le seul ! 8'47 de bonheur total ! " Are you passionate ? ". Pour ce seul fragment, c'est sûr. Pour le reste, c'est un peu plus mitigé. Mais il faut croire que les aficionados de Booker T doivent penser exactement le contraire…

 

Mighty Joe Young

Mighty Joe Young

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Joe Young est né en 1927 à Shreveport, en Louisiane. Il a vécu à Milwaukee et à Los Angeles où il a exercé la boxe, en amateur. Mais le virus musical le ronge ; et il revient dans sa Louisiane natale en 1955, pour y enregistrer une première fois. Il aboutit finalement à Chicago, où il peut côtoyer les grands : Jimmy Rogers, Otis Rush, Magic Sam, Albert King et Koko Taylor. Cet artiste attachant nous a malheureusement quittés en 1998.

Cette collection est découpée en douze plages issues de ses deux albums édités par le label Ovation en 1974 et 76 : "Chicken heads" et "Mighty Joe Young". Deux sessions différentes commises en compagnie de deux formations distinctes.

"Green light" ouvre l'album sur un ton funky. Les claviers synthétiques d'Ed Tossing ne me bottent pas trop. Heureusement, la trame rythmique est solide : Cornelius Boyshaw à la basse, Alvino Bennett à la batterie et William Chinnock à la rythmique. Bien soudée, cette section est irréprochable tout au long de "Need a friend" ; un bon blues lent, accentué à la manière d'Albert King. "Takes money" est issu du même moule, mais souffre de la présence de ce malheureux synthé. Joe a une bonne plume. R&B bien entraînant, "I give" aurait pu figurer sur une bande sonore des Blues Brothers. On entend distinctement le piano de Kenneth Saydak qui s'éclate, pendant que le solo de Young tire son épingle du jeu, d'une manière bien inhabituelle. Sur l'accrocheur "Take my advice", il échange avec bonheur des soli avec son second, Bill Chinnock. Les plages enregistrées en compagnie des autres musiciens sont plus palpitantes. "As the years go passing by" est un canon du blues. On y est même en plein cœur. Joe le chante avec passion et fièvre. Epaulée de celle de Ron Steele, sa guitare bavarde par petites phrases bien senties, pendant que le piano de Floyd Morris souligne à la perfection cette interprétation fiévreuse et nonchanlante. "Big talk" persiste dans le même registre. Sur un riff que n'aurait pas renié Muddy Waters en personne. Sans être très puissante mais avec le soupçon de sensibilité et de vécu indispensable, la voix de Mighty Joe est bien modulée pour chanter le blues. Signée Calvin Carter et Bobby Rush, "Chicken heads" est une plage funky sans doute inspirée par le son de New Orleans. "Something on your mind" est une ballade blues aux accents soul, à la mélodie soignée, un peu dans le style de Fenton Robinson. Cette voix, capable de se faire si douce et élégante, lève le ton sur "Serve my time" lorsque les guitares rythmiques tiennent le devant de la scène. Cette collection se referme sur "Take over Chicago", une ballade soul soutenue. Un coup de chapeau à Blind Pig pour avoir exhumé ces bandes devenues rares, avec le temps.

 

James Yorkston

St Patrick

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Etonnant que cet ensemble écossais n'émarge pas au label Twisted Nerve, tant ses affinités avec des groupes tels qu’Alfie et Badly Drawn Boy sont frappantes. D'ailleurs, James Yorkston est un grand admirateur de BDB. Mais également des artistes folk britanniques qui ont marqué les sixties et les seventies, tels qu'Anne Briggs, Jon Martyn ou encore Bert Jansch. Pourtant, avant de fonder ce groupe, James avait sévi au sein d'un combo de garage punk qui répondait au nom de Huckleberry. Comme quoi, tout arrive... Mais venons-en à cet EP quatre titres. La composition-maître, qui figurera sur le premier album de la formation, courtise inévitablement guitare sèche, violon, percussions, piano, flûte et mandoline, mais également concertino et surtout un clavier fluide, deux instruments qui constituent la marque de fabrique de leur musique. Une solution sonore au sein de laquelle la voix tendre, mais un peu désabusée de James évolue comme un poisson dans l'eau. Le disque propose également un remix cathédralesque de " St Patrick ", un morceau légèrement jazzyfiant (NDR : surtout dans le chef du piano électrique de la basse) intitulé " Catching eyes " et puis une plage countryfiée par les accords d'un banjo (" Blue madonnas "). On devrait en savoir plus lors de la sortie de l'album...

 

Yo La Tengo

Nuclear War (Ep)

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Je suis au regret d'employer une formule désormais consacrée : pour fans uniquement. Ce maxi est découpé en quatre adaptations d'une même composition de Sun Ra. Ces différentes formes bénéficient cependant du concours des membres de cette formation mythique (hum, hum). " Nuclear war " est drôle sur une plage à la fois. Seulement. Et après avoir écouté les 8 minutes de la version du trio new yorkais, il devient difficile de supporter les 7 minutes qui suivent, les 15 d'après et les 6 finales. Construit sur une ritournelle enfantine qui répète à l'envi " Yeah, stop the nuclear war, they pushed the button, yeah ", ce maxi réussit quand même à mettre de bonne humeur. Enfin, quelques minutes. Juste avant d'espérer qu'effectivement quelqu'un décide réellement d'appuyer sur le bouton… 'stop', en l'occurrence.

 

Yesterday’s Kids

Can’t hear nothin’

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Après avoir écouté ce " Can't hear nothin' ", je dois avouer ne pas avoir été aussi enthousiaste que les rédacteurs de la plupart des autres webzines. 'Innovant', 'incroyable', 'étonnant' ne sont pas réellement les termes qui définissent la musique de ce trio composé de jeunes américains. Une chose est sûre, elle est fortement influencée par le punk pop de Weezer et de Green Day. Les tempos rapides et les sons de guitares noisy du punk se mélangent ainsi avec les mélodies contagieuses et les vocaux à la sensibilité pop. " Yesterday's Kids " n'a rien inventé ; mais n'a rien trahi, non plus. Les arrangements respectent les bases musicales du genre, au pied de la lettre. " Can't hear nothing " est découpé en 11 morceaux. Onze fragments plus ou moins réussis selon qu'on apprécie ou pas ce style musical. Une musique destinée aux ados. Incontestablement aux ados ayant envie de se déhancher le samedi après-midi dans le salon familial, lorsque les parents sont partis faire les courses (NDR : ce n'est pas une critique, nous sommes tous passés par l'adolescence…). Bien que la pop l'emporte sur le punk dans la plupart des morceaux, les guitares reviennent invariablement rééquilibrer les échanges. " Keep it down " me rappelle même l'atmosphère qui régnait tout au long de " That think you do " (NDR : pour ceux qui connaissent !), mais avec une grosse louche de grunge. Funny. Tiny but very funny !

 

Doug Yeomans

Bayou blues

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Sculpté dans le country blues acoustique, ce deuxième album de Doug Yeomans est également paru en 2002. Un disque enregistré en compagnie de l'harmoniciste Jim Whitford. De brève durée, cet opus est découpé en 10 fragments, partagés équitablement entre plages instrumentales chantées. La production de l'album est parvenue à mettre en exergue la pureté du son, né de la rencontre entre les deux instruments.

"Shufflin" ouvre l’elpee. Il émane une véritable beauté immaculée du titre maître. Un instrumental empreint d’une grande tristesse, mais également de charme et de sensibilité. "Amazing grace" est une compo traditionnelle. La guitare solo est jouée en picking tout au long de la bien jolie plage, "Hog run". Très mélodique, "School House blues véhicule les accents métalliques de la steel body guitar. Parmi les plages chantées, une seule n'est pas issue de leur plume : la reprise conventionnelle du Walkin' blues" de Robert Johnson. "Lord let me find my way" est un chant gospel au cours duquel l'homme seul et misérable implore le pardon de son dieu. Très roots et très respectueuses du country blues acoustique, deux excellentes plages sortent vraiment du lot. Tout d’abord "Jail house blues" caractérisée par ses petites interventions plaintives à l’harmonica. Très naturelle, tellement humaine, elle nous flanque la chair de poule. "Dead man blues", ensuite. Doug y transpire tout son vécu. Et j’adore la manière avec laquelle il nous communique cette expression. Il me fait même penser au talentueux bluesman, Gordon Smith. Bien que hanté par une énorme passion, ce mini elpee ne plaira qu’aux aficionados de country blues. Une question me taraude quand même l’esprit : qui est réellement l’harmoniciste Jim Whitford ? Est-il ce guitariste issu de Buffalo, réputé pour son jeu de lap steel ? Une chose est sûre, il s'acquitte de sa tâche à la perfection ; et tire même remarquablement son épingle du jeu, lors de la finale instrumentale, "Walk on".

 

Doug Yeomans

First flight

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Doug Yeomans est issu de Buffalo, dans l'Etat de New York. Un Américain capable de pratiquer une multitude de styles différents : country, blues, rock'n'roll, jazz, fingerpickin, bluegrass, etc. En 2001, ce chanteur/guitariste/compositeur avait décroché le ‘Buffalo blues award for best blues guitarist’. Aujourd'hui, il est à la tête de son propre groupe : Doug Yeomans and the Lo Blu Flame. En outre, il s’est associé à son ami Geoff Perry, pour monter un projet interactif réservé aux enfants. Un projet destiné à les initier à la musique et au chant. Il met ainsi à leur disposition une multitude d’instruments peints aux couleurs de l’arc en ciel : guitares, banjo, violon, basse et percussions en tous genres.

"First flight" constitue son premier album électrique. Il fait suite, naturellement, à un opus acoustique, enregistré en compagnie de l'harmoniciste Jim Whitford. La plaque s’ouvre par "Will's ride". Doug joue en fingerpickin'. Une compo bien électrifiée, coincée quelque part entre rock'n'roll et country music. George Carver se réserve l’harmonica tout au long de cet instrumental dont les thèmes oscillent du western swing au country hillbilly. Une carte de visite pour le guitariste (NDR : il dispose probablement d'une Fender Telecaster) qui se montre brillant dans l’exercice du picking. Blues rythmé, "Tell me why" s’inspire de BB King. Piano et orgue soutiennent les vocaux de Doug et Willy Scheolkopf. Mais Yeomans y démontre toute son aisance à la six cordes, qu'il est capable de faire rugir, par de courtes phrases incisives et très musicales, comme la célèbre Lucille. Très proche d’un Chuck Berry, "Don't you lie to me" est sculpté dans du pur rock’n roll. La section rythmique assure. Le piano de Jim Ehinger sautille. Doug doit certainement exceller sur les planches. "Help somebody" repose sur un riff imprimé par une guitare rythmique, conférant à la plage une coloration très Rolling Stones à la fois dynamique, dansante et entraînante. Plage rythmée, assez laidback (NDR : nonobstant le Bo Diddley beat), "Stop time" s’abstient paradoxalement de toute agressivité. La présence très marquée de l'orgue y est sans doute pour quelque chose. La mélodie pénètre doucement mais sûrement dans l’oreille. Et la slide jouée à la manière de Lowel George n’y est pas davantage étrangère. Excellent!! Shuffle instrumental, "Jivechai" est proche d'un thème immortalisé par Freddie King. Ballade instrumentale d’une beauté époustouflante, "Bayou blues" émarge au country & western (NDR : et j’avoue adorer la version acoustique qui figure sur l’elpee « Bayou blues »). Yeomans manifeste un grand éclectisme sur cet opus, puisqu'il tâte du country roots sur "First flight", s’impose rock songwriter pour "A man who loves you" et fait une incursion particulièrement brillante dans le country bluegrass en interprétant "The bluest man in town". L’ambiance y est sereine et très musicale. Un morceau dont on ne se lasse pas. Instrumental très western swing, "Train ride" est imprimé sur le tempo du chemin de fer et entrecoupé par de brillantes interventions à la guitare ainsi qu’au piano. L’opus s’achève par un surfin’ blues : "Blues player" (NDR : oui tout arrive sur cet album attachant. Et je vous le recommande).

 

Yeah Yeah Yeahs

Yeah Yeah Yeahs (Ep)

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Les Yeah Yeah Yeahs sont un trio new-yorkais ; et ça se sent. Les Yeah Yeah Yeahs ont signé chez Touch and Go aux USA ; et ça veut tout dire. Les Yeah Yeah Yeahs ont opéré, entre autres, un lien vers le Blues Explosion de Jon Spencer, Ikara Colt ou encore The Liars, sur leur site web ; et ce n'est pas étonnant. Je pourrais m'arrêter là. Parce que je viens de vous citer 3 bonnes raisons de s'intéresser à cette formation. Mieux encore, elle me fait penser à Boss Hog, mais aussi à Mecca Normal, duo remarquable hébergé par Matador. Parce que ces bands sont emmenés par une voix féminine. Et quelqu'un me susurre à l'oreille de ne pas oublier le Velvet. New York, toujours New York. Cet ep donne toute la mesure, mais affiche aussi les limites du groupe : enregistrés dans une bouteille et associés à un entrain juvénile ainsi qu'à une insouciance rafraîchissante, ces 5 titres se font tour à tour blues, punk, noisy. Malgré ces atouts, le poids véritable du chant demeure la plus grande carence. Enfin vu ou plus exactement entendu de mon salon. Dans son vécu, elle n'assume jamais véritablement et pleinement soit son côté félin, sexy, lascif (Boss Hog) ou/et émotionnel, blessé (Mecca Normal). Il existe donc des pistes plus qu'intéressantes, mais l'expérience propre de la chanteuse semble en devenir. Dans le futur, elle pourrait les égaler ; mais aussi, pourquoi pas, les dépasser. D'après les infos qui traînent sur le net, le combo se lâche et assure sur scène. De quoi faire voler en éclats cette petite réserve de voix. A vérifier en tout cas ; à suivre de toute façon.

 

Zion Train

Original Sounds of the Zion

Malgré sa pochette très laide, le huitième album de Zion Train devrait séduire tout amateur de reggae-dub qui se respecte. Du moins les plus tolérants ! Car certains morceaux sont d'un cliché à faire se retourner Jah dans sa tombe. Aussi, mieux vaut prêcher la tolérance, sous peine d'indigestion rastafari… Justement, Zion n'est-elle pas la terre promise des fumeurs de ganja, où tout est paix, amour, extase ET tolérance ? Ceux qui aiment se défoncer sur des grosses basses bien chaloupées devraient aimer ce disque, s'ils s'en souviennent. Les autres crieront à la fumisterie, au propre comme au figuré.

 

Earl Zinger

Put Your Phazers On Stun Throw Your Health Food Skyward

Earl Zinger a-t-il jamais existé ? Cet homme aurait débuté sa carrière dans les années 40, avec comme copains de guindaille William Burroughs et Jack Kerouac. Au début des années 60, il convainc Robert Zimmerman de changer son nom en Bob Dylan, puis signe chez Stax et Motown avant de partir en direction de la Jamaïque pour taper le bœuf avec King Tubby et le jeune Bob Marley… Un jour de 76, il rencontre un Malcolm McLaren hésitant, qui lui demande des tuyaux pour créer un groupe. " Never mind the bollocks, just do it… ", répond le vieux briscard, jamais avare de conseils juteux. Un peu plus tard, il apprend l'art du Djing à Kool Herc, et refait le monde avec Afrika Bambaata. Public Enemy et Stetsasonic deviennent ses amis, tandis qu'il passe ses samedis soirs avec Larry Levan au Paradise Garage. Evidemment, il est aussi à Ibiza quand naît l'acid house, et c'est même lui qui aurait composé le fameux " Strings Of Life " de Derrick May… Euh, et Kurt Cobain, c'est son fils illégitime d'un mariage raté avec Madonna ? Et il aurait pas non plus inventé la drum'n'bass, par hasard ? Et puis les Strokes, c'est pas un coup monté de sa part ? Ne serait-ce pas LUI qui a gagné l'Eurovision de la chanson en 1986 en se faisant appeler Sandra Kim ? Non, mais sans blague ! ! ! D'où sort ce type, soi-disant présent lors de toutes les révolutions musicales de ces quarante dernières années ? Sans doute qu'Earl Zinger est un fameux rigolo, peut-être un véritable imposteur, mais, fort heureusement pour lui, sa musique le sauve : à mi-chemin entre un Ian Dury rasta et un Randy Newman engourdi par l'ecstasy, Earl Zinger jongle sans vergogne avec tous les genres (pop, rap, reggae, électro,…), les détournant pour mieux leur rendre hommage. En emportant le " Song 2 " de Blur sous les rivages enfumés de la Jamaïque (" Song 2Wo ") ou en transformant le " Once Around The Block " de Badly Drawn Boy en " Mélodie du Bonheur " (le film) avec " Go Round ", le sieur Zinger se joue des étiquettes avec altruisme et talent… Certains morceaux n'évitent cependant pas l'écueil de l'exercice de style racoleur et pompier, comme ce " Battle Of The Mic " aux tics très Beastie Boys et ces interludes délurés qui ternissent l'ensemble et la cohérence de l'œuvre (" Ringa Dinga Zinga "). " Put Your Phazers… " n'en reste pas moins un grand disque foutraque et gourmand, à consommer sans modération.

 

Kid Ramos

Greasy kid stuff

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Kid Ramos est incontestablement chouchouté par son label, car il est ici encore une fois entouré par du beau monde! Evidence a donc décidé de miser sur le kid de LA. Surtout après le succès récolté par ses 2 autres albums "Kid Ramos", en 99 et "West Coast Party", l'année suivante. Une chose est sûre, il est respecté par ses pairs. Pas moins de sept harmonicistes figurent sur la liste des invités. Et tout le who's who des souffleurs de la West Coast signe présent.

Le quatuor de base est constitué de Kid à la guitare et parfois au chant, de Tom Mann au piano, et d'une super section rythmique réunissant Jeff Turmes à la basse et Richard Innes à la batterie ; c'est à dire des anciens membres du James Harman Band et du Hollywood Fats Band.

L'album s'ouvre par la plage titulaire. Un instrumental qui démontre tout le savoir-faire du kid dans le jump style. "Chicken hearted woman" est un blues lent. Ouvert par les cordes reproduisant le cri de nos gallinacés favoris, James Harman chante cette plage avec toute la maîtrise que nous lui connaissons. James chante aussi "Low down woman" au cœur d'une ambiance très country blues et "Gratitude is reaches", dans le style Chicago Southside, pendant que la slide de Ramos sonne comme la jumelle de celle d'Elmore James. L'entrée en lice d'un de mes harmonicistes favoris de toujours, Charlie Musselwhite, est bouleversante. Il a composé ce "Charlie's old Highway 51 blues" qu'il chante de cette voix immédiatement saisissable. Charlie est une légende vivante du blues. Un artiste attachant et authentique ; et les interventions de Ramos ne font qu'accentuer l'effet. Charlie revient chanter avec autorité le blues très dépouillé "Rich man 's woman". Paul deLay a certainement été l'une des meilleures découvertes des années 90. Il possède un style tellement personnel. Une voix cassée, puissante, qui transpire le vécu! Il est présent sur deux titres qu'il a écrits : "Say what you mean, baby", cuivré par Jeff Turmes, et "Ain't gonna holler". L'harmoniciste le plus proche de Kid est sans doute Mr Richard Duran, alias Lynwood Slim. Ils sont tellement complices que lorsqu'ils jouent ensemble, tout semble couler de source. Ils donnent ici une parfaite leçon de west coast jump lors de la reprise du "I don't care who knows" de Willie Dixon. Ensemble, ils apportent un traitement rockabilly au classique de Bobby "Blue" Bland, "Hold me tenderly". L'énergie reste présente. Le rythme s'intensifie avec l'entrée en lice du joyau de Sacramento, Rick Estrin (de Little Charlie and the Nightcats). Sa voix nasillarde et son harmo offensif s'acquittent parfaitement de "It's hot in here". Estrin aime aussi le blues pur. Il est merveilleux quand il pense au génial Little Walter. A l'instar de "Marion's mood", un fragment de derrière les fagots. Le virtuose Rod Piazza change de registre pour se consacrer à l'instrumental "Devil's foot". Il prend indéniablement une direction jazz et swing. Kid se met même à sonner comme Charlie Christian. La machine à vapeur s'emballe pour aborder "Mean ol' lonesome train". Une composition écrite par Lightnin' Slim et superbement rendue à la vie grâce au vieux Johnny Dyer. La Ramos party s'emballe pour la finale. Un tonique "Harmonica hangover" qui adresse un double clin d'œil à Charlie Musselwhite et à Rick Estrin. Un superbe album !

 

The Chemical Brothers

Come with us

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Pour enregistrer leur précédent opus, Tom Rowland et Ed Simons avaient reçu la collaboration d'une belle brochette d'invités, parmi lesquels figuraient Bernard Summer, Hope Sandoval, Bobbie Gillepsie, Noël Gallagher et Jonathan Donahue (Mercury Rev). Et ces expérimentations avaient permis au Chemical Brothers d'accoucher d'un album presque parfait, intitulé " Surrender ".

Le duo n'a pas eu la même chance pour concocter ce " Come with us " ; à moins qu'il n'ait voulu revenir à un style plus synthétique. Seul Beth Orton, mais pour chanter la ballade mi-figue mi-raisin " The state we're in ", et Richard Ashcroft pour magnifier le meilleur morceau de l'opus, " The test ", ont participé aux sessions d'enregistrement. Résultat des courses, une bonne moitié de l'elpee ressasse une forme de disco/techno/house beaucoup trop prévisible. Reste quand même quatre fragments qui sortent du lot. Tout d'abord, le titre maître. Une composition qui surfe sur des vagues ondulatoires de claviers sinueux, une houle sonore agitée par des code en boucles : les Beastie Boys rencontrent les Young Gods ! " It began in Africa ", ensuite. De la techno percussive, viscérale, obsessionnelle, au groove pulsant. Qui infecte également le single " Star guitar " ; mais davantage dans l'esprit de " Jus 1 kiss " de Basement Jaxx. Et enfin, et j'y reviens, la superbe composition atmosphérico-psychédélique à laquelle participe l'ex chanteur de The Verve. Pour le reste rideau. 18 mois de studio pour accoucher d'un tel album, c'est un peu léger…

 

R.J. Mischo

Meet me on the Coast

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R.J est un des harmonicistes les plus doués de sa génération. S'il a établi aujourd'hui ses pénates à San Francisco, il a entamé sa carrière à Minneapolis. Il y déjà plus de vingt ans. Il y a signé tous ses premiers albums ; et en particulier son elpee initial, "Ready to go!". En 92. Un disque pour lequel il avait reçu le concours du Kid (Teddy) Morgan Blues Band et de Percy Strother. Il y commet encore "Gonna rock tonight". En 94. Il fonde ensuite son Red Hot Blues Band. Tous ses derniers albums sont sortis sur le label allemand Crosscut : "Rough 'n' tough" en 96, "Cool disposition" en 97, et "West wind blowin" en 99.

" Meet me on the coast " est issu de différentes sessions. Six plages ont été commises au studio Wally Sound de Berkeley, en Californie. Puis mixées dans notre plat pays, à Houthaelen très exactement, sous la houlette de Marc T. On y retrouve les musiciens qui côtoient habituellement R.J : son ami Jeremy Johnson à la guitare, Marc Carino à la basse, Robi Bean aux drums, Bob Welsh au piano et notre Marc T à la guitare. Les autres plages ont été enregistrées au studio Goldmine, à Ventura. R.J. et Frank 'Paris Slim' Goldwasser en assurent la production. Frank y prend même une part active dans l'instrumentation. Et pour quatre plages, Junior Watson se réserve les guitares, John Juke Logan l'orgue, Ronnie James la basse, et Eddie 'le cheyenne' Clark la batterie.

R.J chante un curieux "Put you down", les intonations de Marc T dans la voix. Le climat funky repose sur un riff pas vraiment éloigné de Magic Sam et son West Side sound. La paire Mischo et T s'attaque au "Take it easy" de Sonny Boy Williamson II. La guitare est nerveuse. Elle déverse des flots de notes avec parcimonie. Le solo est très bien construit. R.J qui a très bien compris le message, reste sur la défensive. Un excellent exercice de style très respectueux du titre original. L'adaptation du "Passing by blues" de Howlin' Wolf Blues est un autre blues classique. Mischo a écrit "Funky room" dans l'esprit le plus radical du Chicago blues des fifties. Tout est parfaitement mis en place. La section rythmique est solide, mais discrète. Le piano de Bob Welsh efficace. La guitare de Marc bien amplifiée, réverbérée. L'envol à l'harmonica sublime. Digne de Sonny Boy. Du blues comme on aimerait en entendre au quotidien. Susceptible de vous débarrasser du stress ! "You can lie to me" prend un faux départ. Ce titre me fait un peu penser à "Good morning little schoolgirl" de Sonny Boy I. Mais, c'est ici qu'on se rend compte que Marc T à la main mise sur la mise en forme. Et le confirme tout au long "Don't cross me". Si la ligne de basse est intéressante, c'est Fillmore Slim qui lacère les cordes de guitare. Du vécu ! Les sessions de Ventura se distinguent par un son plus propre. La finition est volontairement plus léchée. Ce qui n'empêche pas les deux formules d'atteindre des résultats plus que convaincants. En soufflant dans l'instrument chromatique sur "Old nightcat", R.J. prouve que sa fixation californienne n'est pas usurpée. "You think I'm lying?" marque un changement le style. La production communique de la puissance au son. James et Clark échafaudent une section rythmique de plomb. Juke Logan est à l'orgue. R.J chante avec autorité. La puissance sonore se communique au jeu de l'harmonica. L'homme semble disposer de quatre poumons. Et si Junior Watson est bien présent, il se limite à la rythmique, accentuant ainsi l'intensité dramatique de l'ensemble. Impressionnant! "My baby she's got it" de Slim Harpo campe un rock'n'roll foudroyant. Dommage que cette plage victorieuse soit si courte (1'36"), parce que déménager plus que ça, tu meurs!!! Le funky et exotique "One good woman" est une autre plage qui s'impose par sa force rythmique. Mischo chante divinement de sa voix un peu poussée. La plage titulaire est un slow blues. Le jeu de R.J est ici inspiré par Little Walter et toute la cohorte des grands harmonicistes blancs de la West Coast. Watson vient confectionner un court solo dans son style inimitable. R.J fait étalage de tout son savoir-faire, de toute sa technique, sur l'instrumental saignant "Bobsledding". Un fragment qui se fond dans "My muddy story". Les cordes de Paris Slim impriment un rythme très enlevé à cette chanson qui relate la première rencontre entre R.J et Muddy Waters. "Lucky that's me" est une composition très funky. Dans le passé, elle aurait pu être enregistrée par le Paul Butterfield Blues Band. "I'm your sideman" est taillé dans du Chicago blues soutenu. Le chant colle à ce style de manière indélébile.Les guitares de Junior Watson et de Paris Slim s'autorisent, à leur tour, un billet de sortie. Ronnie James prend son pied sur sa basse au son lourd. La fin de l'album nous réserve un titre acoustique : "I'll take the whole thing" ; une plage illuminée par l'harmo lumineux de Mischo, sur laquelle on retrouve Paris Slim, Ronnie James et Eddie Clark. Excellent!

 

EC

Ici (Ep)

Écrit par

Eric Thomas a écrit ses premières chansons dans une grange avec une guitare, un sampler et un walkman. Son bricolage minimaliste lui a quand même permis d'adapter des musiques de film, des bandes-sons pour le théâtre… Il a rencontré le batteur Nicolas Courret. Ensemble, ils ont affronté des festivals de rock, des premières parties (Noir Désir), etc. Textes surréalistes et rock minimaliste ont dû surprendre quelques audiences. Y a-t-il là une voie à suivre ? Je reste en tout cas dubitatif face à l'univers très étrange d'EC. Ce qui ne m'empêche pas de saluer l'audace du choix de la formule du duo guitare-batterie et d'espérer que des innovations captivantes en sortiront.

 

Impact

Rêve obscur

Ce groupe d'amateurs de la région de Saint-Vith n'a pas peur du ridicule : lyrics simplistes aux rimes éculées sur fond de riffs poisseux et sans attrait, batterie sourde et mélodies pompettes de midinettes, leurs morceaux n'auront guère d'impact, si ce n'est auprès des ados en pleine crise de puberté (et encore !). Mais pardonnons à ces jeunes gens (en moyenne 20 ans) leurs grosses fautes de goût, puisqu'ils y mettent tout leur cœur. Elise, chanteuse à la voix de (Vanessa) Paradis, a d'ailleurs l'air fort charmante : dommage que ses textes sur le viol (" Blessée "), les drogues (" Fuite ") ou le suicide (" Lui, l'enfant ") ressemblent à une dissertation de classe primaire, ou paraissent s'adresser à son doudou ou son journal intime. Sorte d'exorcismes d'une fille en mal d'amour et de compréhension (le lot de toute ado de18 ans, en somme), les chansons d'Impact ne nous touchent donc guère, d'autant plus que l'ingénieur du son semble lui aussi avoir l'âge de jouer au papa et à la maman dans la cour de récréation. Le son est très approximatif et la voix, déjà peu assurée, se noie sans cesse dans le vrombissement des guitares et le bourdonnement de la batterie ; bref c'est du gros cafouillis. Le clou du CD : une chanson sur Kenny (si, si, le gamin de South Park !), et même une chanson en anglais, histoire de prouver aux copains et au prof de langue que l'excursion à Douvres, c'était chouette et instructif … Résultat du bulletin : 14/20 pour l'application, 17/20 pour la sincérité, 10/20 pour la musique. Oh, pas cool, une balance !

 

John Home

Demo

John Home est un trio parisien à deux voix (masculin/féminin) qui apprécie sans aucun doute les groupes noisy à la Sonic Youth et à la Blonde Redhead (Paradis). A la recherche d'un label, il écume les clubs de la capitale française, ses 22 chansons en bandoulière. Ce Cd runit une sélection de leurs meilleures compos. Un peu pénible sur la longueur (imaginez Françoiz Breut reconvertie en fan de Yo La Tengo), John Home se débrouille quand même bien dans un genre à ranger du côté de cette frange lo-fi qui aime les filles minaudant sur fond de saturations arty. Reste à leur souhaiter bonne chance dans leur carrière de rock stars rongée par leurs désillusions dont ils aiment tant s'épancher en lamentations dans des chansons tristes, voire ennuyeuses (mais il y en a qui aiment ça).

 

Maria Blonde

Démo

Des Français venant de Bordeaux, fans de Slint et de Portobello Bones, qui aiment donc les poussées noisy d'adrénaline, les voix pleines de colère retenue, les rythmiques puissantes et l'émotion à fleur de peau : voilà le portrait de Maria Blonde, un groupe à la réputation scénique déjà confirmée, et qui pourrait devenir le Placebo ou le Six By Seven français. Sur cet EP, " Christmas Day " impressionne par ses mélodies, " Dahaina " par sa hargne proche de Sonic Youth et ses breaks déments, " One Gram Of Her " par sa capacité à rivaliser avec Mogwai. Sauveront-ils la face du rock indé hexagonal ? Réponse en novembre, avec l'album.

 

Munky Posse

A dead season

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Après une démo remarquée et saluée par la presse métal hexagonale, Munkey Posse sort aujourd'hui un MCD qui ne manque pas de qualités. Et je n'ai pas du tout envie de m'écarter des commentaires qui ont salué la parution de ce premier effort. Je réitère même les encouragements manifestés pour la circonstance : ultra énergique, brutal, hyper puissant, le hardcore de ce quintet originaire de Besançon se frotte sans aucun complexe aux ténors du genre, Vision of Disorder en tête. Là où d'autres pêchent par un manque d'originalité, Munkey Posse imprime une certaine recherche jamais mise en défaut tout au long de ces 6 titres. Tant au niveau des vocaux, avec la désormais classique alternance beuglement/poussage de chansonnette, que de la complexité des morceaux (flirtant avec le black, le death et le punk). Jamais ennuyeuse, leur musique interpelle concrètement. L'attention est captée dès les premières secondes et il est très, très difficile de faire la sourde oreille. Bien sûr, les voir 'live' doit produire un effet plus proche de la claustrophobie que de l'apaisement ; impression que ce disque ne manifeste pas, à premier abord. Bref, du très bon boulot !

 

Melt

Comme à la maison

Melt tente d'intégrer la scène rock française avec ambition et un certain talent, en témoigne ce " Comme à la maison " plutôt bon à défaut d'être grandiose. Rythmiques funky, basse slappée à la Flea des RHCP, riffs entraînants : Melt, avec de l'entraînement, pourrait bien damer le pion, un de ces jours, à FFF. En choisissant le français comme langue de chant, le quatuor affirme son attachement à l'Hexagone - bizarre alors que l'on pense à du Vénus plus électrifié, la voix du chanteur ressemblant à celle de Marc Huyghens, voire à celle de… Pierre Rapsat. Melt serait-il un groupe belge, comme Brel et Hallyday sont soi-disant Français ? Qui sait… Parce qu'en écoutant cet EP, sûr qu'on se sent un peu comme chez soi (du moins côté wallon). Melt, made in France ? Allez, Léon, j'ai les mêmes à la maison !

 

Raspoutitsa

Démo

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Deuxième démo pour ce quintette tournaisien issu des cendres de Larsen Lupin. Quatre titres, dont trois chantés dans la langue de Molière et un dans celle de Shakespeare. Première constatation, pour une autoproduction, le son est impeccable, voire même raffiné. Mais il faut reconnaître que depuis l'arrivée d'un claviériste, leur musique n'a strictement plus rien à voir avec le post grunge consommé au sein de leur ancienne formation. On nage même parfois carrément dans le prog. Pensez au Genesis de l'Archange Gabriel. Claviers fluides, envolées lyriques, changements de rythmes impromptus, guitares tantôt syncopées, sinusoïdales ou cristallines, construction mélodique par paliers. Tout y est. Seul le vocal ne parvient pas à décoller au sein de la solution sonore propulsée dans l'éther atmosphérique. Pas qu'il soit médiocre, mais il ne parvient pas à se muer en falsetto. Et il est vrai, que ce style de musique exige une 'voix' ! Un titre s'écarte légèrement de l'ensemble : " Born in Christmas time ". Celui chanté en anglais. Plus funk blanc, plus métallique, plus viscéral, il est à la fois torturé par une guitare wah wah et (parfois) tourmenté par un vocal trafiqué ; mais, en fin de parcours revient à une forme plus prog…

 

Scratch My Back

Take that train (demo)

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Depuis quelque temps, La France est traversée par une vague de West Coast et de Jump. Rosebud Blue Sauce et Bluesin' Machine sont des groupes qui pratiquent ce style de fort belle manière et avec beaucoup d'esprit. Le groupe nantais Scratch my back fait partie de cette mouvance. Il se produit sous un line up basique (basse, guitare, batterie et harmo) ; mais lorsqu'il interprète des morceaux plus swing, il fait appel à une section de cuivres.

Premier titre de la démo, "Party girl" permet de découvrir le ton que cette formation entend imposer. Les accents jazzy sont hérités de T.Bone Walker et de ses compères. La section rythmique est impeccable. L'harmoniciste technique est épaulé par un sax aérien. Le solo du guitariste démontre une maîtrise des accords de la côte ouest-californienne et révèle une influence manifeste d'artistes de la trempe de Rick Holmström ou encore d'Alex Schultz. Deuxième plage, "Caldonia" (NDR : la version 2, celle de Louis Jordan) nous entraîne dans un swing très dansant. Un fragment qui confirme la cohérence du band et la direction empruntée. Retrouver le son de la période 40's & 50's semble être une de leurs préoccupations. "Big boss woman" amorce un changement de cap. Un titre de funky soul dans la lignée des JB'S ; et plus particulièrement de Maceo Parker, le saxophoniste disjoncté (NDR : dont "Scratch my back" a assuré une première partie). Ce CD se termine par "Keep it yourself" de Sonny Boy (Rice Miller). Ce blues rythmé met en exergue le jeu de l'harmoniciste/chanteur et démontre l'étendue des qualités de ces musiciens qui ne peuvent encore qu'évoluer. La tournée opérée aux States le printemps dernier a certainement dû les "booster". Ils se produiront dans la région du Nord pas de Calais, cet automne. Ne les manquez surtout pas !