Winter adults only ?

Winter, une artiste issue de la nouvelle génération de shoegaze, a annoncé la sortie de son nouvel album, « Adult Romantix », prévue pour le 22 août via son nouveau label Winspear. Cet elpee, inspiré par des textes de la période romantique comme…

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La vision de l’art prônée par Superchunk…

Superchunk sortira son nouvel album, « Songs in the Key of Yikes », ce 22 août. En attendant, il a partagé le single, « Is It Making You Feel Something ». ‘Il a toujours été vrai que tout le monde traverse quelque chose dont on n'est pas forcément conscient’,…

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Bill Perry

Fire it up

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Fils d'un Afro-américain et d'une Indienne, Bill est originaire de Chester, une localité sise le long de la rivière Hudson, près de New York. Au cours de sa jeunesse, il vénérait pour dieux de la guitare, Jimi Hendrix, Duane Allman et Johnny Winter. Ils seront ensuite remplacés par Albert Collins, BB King et Freddie King. De 88 à 92, il a sévi au sein du backing band de Richie Havens.

En 94, il commet son 1er album sur Rave-On, "Love scars". Un elpee qui est ressorti l'année suivante sur Pointblank, bénéficiant ainsi de toute la machine de distribution Virgin. Si "Greycourt lightning" paraît encore sur Pointblank en 1998, son live, "High Octane", est publié sur Car Wash, le label du célèbre club new-yorkais Manny's Car Wash, en 99. "Fire it up" est millésimé 2001!

Ouverture boogie, " Itchin' for it' " laisse augurer de fort bonnes choses. La voix est autoritaire, la section rythmique de plomb. La slide très métallique tente de s'imposer sur l'assise basse/percussions. "Clean thing" est une solide composition, proche du swamp rock, assez laidback. La guitare se libère à la manière d'un Hendrix. "Fire it up" est articulé sur un riff stonien. La rythmique domine. Soutenues par le piano de David Bennett Cohen, les guitares de Bill et Jimmy Vivino martèlent le tempo. "Pressure" est une ballade bluesy très électrique. Bill a un peu tendance à en remettre avec ses cordes, mais ses interventions passent plutôt bien, grâce à la solidité de la section rythmique constituée de Johnny B. Gayden et de Rob Curtis. "I can't see the light of day" est une remarquable ballade où la mandoline acoustique de Vivino se mêle à l'électricité. Et la mélodie me rappelle étrangement le "Purple Rain d'un certain Prince. "Born in New York" est un funky blues et "Thinkin' of you", un slow blues classique largement amplifié. "G & L Jump" est un instrumental bien rapide, inspiré par Mr Telecaster, Albert Collins. Rockin' blues furieux, "Heaven in a pontiac" nous entraîne, par la route, jusqu'au paradis. Le pied ! Lors de la finale, l'amplification a été coupée. Seul avec sa guitare, qu'il gratte toujours aussi furieusement, Bill se réserve alors "Cheatin' blues". Un bon album!

 

Rod Piazza

Beyond the source

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Un nouvel album de Rod Piazza est un évènement toujours très attendu et que l'on goûte avec plaisir. Et chaque fois, on prend une claque. Car Piazza et ses musiciens constituent, sans aucun doute, un des meilleur blues bands de la planète! La déception n'est pas encore au rendez-vous.

Le line up des Flyers est identique : la fidèle Honey au piano, Rick Holmstrom à la guitare, Bill Stuve à la basse et Steve Mugalian à la batterie. Service gagnant à l'ouverture pour "Who knows what's goin' on?". Rod crache ses vocaux dans le micro astatique et les petites phrases à l'harmo sont toutes des flèches qui font mouche. Produit par Jim Dickinson, "Love to spare" est une de ces balades accrocheuses dont Rod a le secret. La reprise de "Shim Sham Shimmy", signée Bill Emerson, est de la pure dynamite. Le rythme est au maximum. Les solistes se bousculent. L'harmo, la guitare jump et surtout le piano ne restent plus en place. Echange rap entre Rod et Honey, "If it is" est récréatif. "Shakin' hands with the blues" est le shuffle très attendu. Il entraîne Rod et Rick vers les sommets. Cette aisance et ce brio se retrouvent sur le jump boogie, "This time, this time". Introduction à l'instrument chromatique avant de hausser le rythme sur "High flyin' baby". Une longue plage ponctuée par de brillantes sorties swing des trois solistes. En fin d'album, nous retrouvons plusieurs instrumentaux, histoire de mettre un peu plus en avant encore les prouesses instrumentales des Flyers. "Easy baby" s'écoule dans la bonne humeur autour de Honey. Plage jazz, "Reece's boogie" est un témoignage de versatilité et du swing naturel de Rick Holmstrom. Evoluant sur un thème très lent, "Ghosting" part à la recherche des fantômes du passé ; et en particulier celui de l'ancien partenaire et maître de Rod, George "Harmonica" Smith. La finale est réservée à Miss Piazza Alexander. Un exercice sur les ivoires pour un boogie woogie de bravoure…

 

Ol.

Ceux que je tutoie

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Y a-t-il un timbre de voix spécifiquement franco-camerounais ? Ol. chante sur le même ton gentil que son compatriote Yannick Noah et voue manifestement le même culte aux héros du reggae jamaïquain. Là s'arrête cependant la comparaison. Si l'ex-tennisman cherche surtout à faire danser, Ol. ouvre son premier album par un étrange folk urbain, qui rappelle plus les trouvailles de Beck que la musique africaine. Celle-ci s'immisce progressivement dans ses compositions, par touches discrètes, créant un univers vraiment original. Ol. pioche dans tous les styles, dans tous les rythmes, dans toutes les influences. ‘Rien n'est à moi ni personne’ proclame-t-il d'ailleurs dès sa première chanson comme pour planter le décor et justifier les emprunts. L'album de Ol. recèle donc de petits bijoux tout en vraie douceur et fausse simplicité. On y trouve même un succès radiophonique potentiel avec l'accrocheur " Julia ". Pas étonnant que Françoise Hardy ait interprété en duo une chanson de cet inconnu (" Celui que tu veux ", qu'Ol. n'a pas intégré à son propre disque) pour son dernier album.

 

Oldsolar

Many visitors have been gored by buffalo

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Premier album pour Mark Russel et Andrew Howie, alias Oldsolar ; et franchement, tant qu'il y étaient, il auraient pu encore rallonger le titre de ce disque… " Many visitors have been gored by buffalo " nous entraîne pour un voyage en dix étapes, à travers l'éther atmosphérique. Dix balades nocturnes, dix promenades opérées au cœur de rêves personnels, sur fond d'électronica ou de post rock. Un univers bien rendu par la voix mélodieuse et les interventions subtiles du piano et des guitares. Meilleur fragment de l'opus, " Endangered " parvient même à nous transporter sur des vagues samplées. Et nonobstant la présence d'une batterie, " Cut " et " The vessel " respectent l'esprit post rock. Si vous aimez le calme et la solitude, sans pour autant songer ( ?!?!) à la sieste, cet elpee est une invitation à la relaxation…

 

Omar Kent Dykes

Big Delta

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Il faut croire que le géant texan d'Austin a beaucoup apprécié le concours du producteur Papa Mali sur son dernier album, "The screaming cat". Parce que, si la mise en forme est ici signée Max Grace, non seulement Malcolm "Papa Mali" Welbourne assure la co-production ; mais en outre, il y joue de la slide, la baritone et la sitar guitar.

L'accent porté fixe l'ascendant sur une section rythmique, placée très en avant. Les musiciens y font véritablement merveille ; et en particulier les percussions de Terry Bozzio et de B.E ‘Frosty’ Smith, ainsi que la basse de Roscoe Beck.

" Big Delta " n'est pas un retour aux sources, même si Omar revisite quelques canons de son passé. Il accomplit cette tâche avec un effet très ‘nouvelle vague’. Il passe ainsi en revue "Monkey land" (1990), cris de singe à l'appui, et "Muddy Springs Road" (1994), dont le très haut niveau technique à la sitar guitare relève de la paire Beck/Bozzio. Slow blues texan, "Life without you" est rendu de manière assez classique. La nouvelle version de "Wall of pride" (88) est toujours imprimée sur le Bo Diddley beat ; mais pour la circonstance, Omar est à la rythmique et la slide qui se prélasse dans le décor appartient à Papa Mali. "Pushin' fire" est indéniablement l'une des réussites de l'album. La voix reste autoritaire, mais le climat lugubre est propice au gémissement métallique des guitares. Traversé par le célèbre riff de ce titre qui a fait la réputation de Mountain (en compagnie de Leslie West), "Mississippi Queen" entretient un climat obsessionnel, dramatique, tendu à l'extrême. Inspiré par son rythme de swamp rock, "Mystery Walk" (95) reprend le "Best of Omar". "Cavement rock" est un rocker conventionnel, accrocheur et classique. "Big Delta" se termine par une jam inédite intitulée "Conversation Mambo". Faire-valoir musical, rythmique accrocheuse, dialogue basse-percussions pour la mise en route, la guitare d'Omar d'un côté, la baritone de l'autre, lancent la voix caverneuse d'Omar pour ce mambo swamp hypnotique. Un opus qui possède vraiment ce petit soupçon de charme envoûtant…

 

Yoko Ono

Blueprint for a sunrise

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Nonobstant ses 58 balais, Yoko Ono continue de militer pour la condition féminine. Et cet engagement s'est toujours traduit à travers son art. Un art qu'elle a toujours voulu avant-gardiste Que ce soit la photo, la peinture, la gravure, le dessin, la poésie et bien sur la musique. Un engagement qui transparaît, bien évidemment, à travers les lyrics de ces chansons. Et c'est encore le cas sur " Blueprint for a sunrise ". Elle y a bien fait quelques concessions à la pop, mais uniquement sur le plan mélodique. Et encore, pas sur toutes les compositions. Spoken word, expérimentations et improvisations (dont un " Mulberry " immortalisé live au Tramp de New York City le 3 avril 1997) fleurissent au milieu de chansons à la fois exquises et fouillées. Telles que " It's time for action ! ", sorte de fragment à la fois découpé dans l'avant funk, peuplé de chants interprétés en langues différentes et balisé par un groove contagieux. Le syncopé, nappé de claviers manzarekiens " Wouldnit 'swing' ". " Is this what we do " également. Un titre dont le picking de guitare hispanique est brodé sur des motifs de guitare électrique particulièrement décapants. Et puis, l'étonnante finale " Are you looking for me ". Entamée sur un tempo aride, capricieux, digne de PJ Harvey, elle s'évapore dans une nature où la quiétude n'est troublée que par le chant des oiseaux. On se croirait revenu à l'époque de " More " du Floyd ! Pour enregistrer cet opus, Yoko a reçu le concours de toute une volée de collaborateurs, dont son fils Sean ; et puis de Rob Stevens à la production. Une œuvre assez surprenante, un instant délicate et veloutée, le suivant félin et frénétique. Faut dire que la voix très caractéristique de Yoko y est aussi pour quelque chose…

 

Our Lady Peace

Spiritual machines

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Serions-nous en présence d'un concept album? Tout porte à le croire, puisque les lyrics de ce disque sont inspirés par " The age of spiritual machine ", un livre de philosophie écrit par Ray Kurzweil dépeignant un monde déchiré entre humanité et technologie, au sein duquel l'informatique prend le pas sur l'intelligence de l'homme. Tout un programme ! " Spiritual machines " constitue le quatrième opus de cette formation canadienne. Un disque dont l'enregistrement a reçu le concours du drummer de Pearl Jam, Matt Cameron, sur deux titres : " Right behind you (mafia) " et " Are you sad " ; et puis de Brendan O'Brien (Soundgarden, Pearl Jam) au mixing. Tout au long de ce disque, OLP (NDR : rien à voir avec l'organisation politique dirigée par Yasser Arafat !) consomme une musique hymnique, vivifiante, généreusement électrifiée, sise à la croisée des chemins de Smashing Pumpkins, de Live et de Tragically Hip. Seule différence, mais elle est de taille, le chanteur, Raine Maida possède un timbre vocal clair, frémissant, tantôt acéré, tantôt falsetto, qui confère aux mélodies une sensibilité pop particulièrement rafraîchissante…

 

Owls

Owls

Écrit par

Tiens, déjà un nouveau Joan of Arc. Tiens, non. Tiens, les 3/4 du line up de Joan of Arc sévissent chez Owls. Mmmm. C'est cela, oui, c'est cela. Doit y avoir un quelconque avantage fiscal là derrière. Evénement annoncé en grande pompe, pour célébrer une reformation, sous sa forme originale, du ‘mythique’ Cap n' Jazz, cette plaque me permet de renvoyer le surfeur à " The Gap " de Joan of arc, cd de la semaine, il y a quelque temps. Sauf que cette fois ci on ne m'y reprendra pas à 2 fois. Notons tout de même l'absence des éléments électroniques compensée par une entrée remarquée de motifs post rock. Ce qui fait une différence notable, mais pas suffisante pour s'étendre plus longtemps…

 

Ozric Tentacles

Pyramidion

Écrit par

Bien que comptabilisant plus de 45 minutes pour cinq morceaux, ce " Pyramidion " est considéré par les musiciens d'Ozric Tentacles comme un mini album. En fait, hormis le titre maître, issu d'une session de studio, les quatre autres fragments ont été enregistrés ‘live’ au Boardwalk de Sheffield. Un disque exclusivement instrumental toujours inspiré par une myriade de styles qui oscillent du krautrock au psychédélisme en passant par la world, la techno, le prog, l'ambient, le funk, le dub et le rock. Une véritable fusion de sons, de styles et de genres qui permet peut être aujourd'hui d'affirmer qu'Ozric Tentacles est au rock ce que Jean-Michel Jarre est aux variétés… Je ne m'attarderai pas trop sur la symbolique, faite d'égyptologie et de mysticisme, qui entoure pour l'instant l'imagination d'Ozric, ou plus exactement qui hante l'esprit de leur leader ; mais rappellerai surtout que la formation a enregistré plus de 20 albums à ce jour, en un peu plus de 17 ans d'existence. Ce qui est quand même assez remarquable ! En outre, je tiens à épingler deux titres de ce disque qui devraient ravir les aficionados de space rock. Tout d'abord " Pyramidion ", bien sûr ; et ensuite " Aramanu ". Deux morceaux réminiscents du Pink Floyd circa " Meddle ". Et çà, c'est une référence !

 

Erskine Oglesby

Honkin´ & shoutin

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Originaire de St Louis, dans le Missouri, Erskine Oglesby est âgé de 67 ans. Un saxophoniste qui avait commis "Blues dancin", l'année dernière sur le label Black & Tan, label considéré comme le porte-drapeau du St Louis blues! Depuis, Oglesby a accompli une tournée européenne en compagnie de la très talentueuse formation allemande de blues, BB & the Blues Shacks. L'occasion était donc belle de réunir tout ce beau monde en studio. Une réunion qui s'est produite au cours du mois d'avril dernier. Et ce " Honkin'& shoutin " en constitue le résultat.

Ouverture instrumentale, "Cold duck" annonce la couleur. Une composition signée Eddie Harris, au cours de laquelle le saxophone se fait autoritaire. Nous percevons enfin la dimension du talent d'Erskine, propulsé par le swing naturel des musiciens teutons. Une rampe idéale, quoi ! Bien huilée, la machine poursuit son œuvre tout au long de "Let me go judge". Constituée de Henning Hauerken et d'Andreas Bock, la section rythmique est d'une solidité à toute épreuve. Talonné par l'orgue Hammond de Roel Spanjers et la guitare d'Andreas Arlt, dont le régime me fait penser à Albert Collins, le sax peut aller et venir. La reprise d'"I got eyes" de Johnny Guitar Watson est magistrale. Passé au piano, Spanjers donne la couleur boogie, pendant qu'Andreas Arlt peut s'affirmer avec bonheur dans l'exercice Watson. Le lent "Fair skin woman" permet au frère Michael Arlt de souffler dans son harmonica. Erskine se concentre sur le chant à la puissance naturelle aisée. Une ambiance swamp ouvre "I know I care" dont le rythme syncopé rappelle, bien entendu, la Nouvelle Orleans. Spanjers y est heureux derrière ses ivoires. Imbibée du delta, "I don't want to be no fat man" est une parenthèse très roots. Les frères Arlt en soupirent d'aise. Le sax se tait mais revient aussitôt à l'assaut, ravageur et éclatant, pour shouter l'instrumental "Backstreet". Un amusant duel entre le sax hurlant et l'harmo de Michael qui ne se laisse absolument pas dominer! L'opus recèle, en outre, deux reprises réussies: "Waiting on you" de BB King, et un superbe "It's good to see you" de Percy Mayfield. Autre bon blues, "Mindgames" permet à Arlt de libérer de ses cordes, des phrases empruntées à T-Bone Walker. La dernière plage "Early in the mornin" est inspirée de BB King. Cet album est, sans hésitation, l'un des trois meilleurs du catalogue Black & Tan. Erskine met en exergue ses talents de chanteur tout en permettant aux autres musiciens de prendre le devant de la scène.

 

The New Pornographers

Mass romantic

Écrit par

Inspiré du titre d'un livre écrit par Jimmy Swaggart, The New Pornographers n'est pas un véritable combo, mais un projet qui réunit des vétérans de la scène canadienne. De la région de Vancouver, très exactement. En l'occurrence Carl Newman (Zumpano, The Crusaders, Superconductor), Dan Bejar (Destroyer), John Collins (Evaporators, Thee Goblins), Kurt Dahle (Limblifter) et le réalisateur de film Blaine Thurrier. Une équipe qui a également reçu le concours de la chanteuse de country Neko Case. Pas seulement pour y assurer les backing vocaux. Puisqu'elle se réserve le 'lead' sur les deux morceaux les plus rock du disque. En l'occurrence le titre maître et " Letter from an occupant ", composition qui aurait pu naître de la rencontre entre les Breeders et Blondie. Pour la circonstance, elle a même troqué ses inflexions hoquetantes contre un timbre charismatique. Le reste de l'opus se révèle plus pop. La formation puisant allègrement dans celle des sixties (Zombies, Kinks, Beach Boys, Big Star) et puis dans la new wave des eighties (Cars, XTC, Martha & the Muffins, Split Enz, Go-Go's, Buzzcocks) pour ficeler des mélodies hyper contagieuses, croustillantes, rafraîchissantes, fruitées, filtrées par de superbes harmonies vocales, dont le feeling baroque me fait parfois penser à Supergrass. Seule différence, mais elle est de taille, les lyrics sont ici beaucoup plus spirituels. Bref, un superbe album dont les sessions d'enregistrement se sont déroulées sporadiquement entre début 98 et fin 2000. Ce qui explique, sans doute, pourquoi il n'est sorti que l'année dernière et n'est officiellement disponible en Europe que depuis quelques semaines.

 

Johnny Nicholas

Rockin´ my blues to sleep

Écrit par

Johnny est un pur Texan. Il chante, joue de la guitare et surtout peut compter sur un tas d'amis. Ils sont d'ailleurs venus l'épauler pour enregistrer cet album, qu'il dédie à la mémoire de Doug Sahm, le Texas Tornado. Lors de leur dernière rencontre, Doug lui avait suggéré de réunir de solides musiciens texans, histoire d'interpréter de vieilles chansons du patrimoine texan et louisianais. Ce qui explique le sous-titre "Texas/Louisiana Blues & Dance Hall Favorites".

Un opus qui débute royalement par "Rockin' my blues to sleep". Un blues qui rocke sous l'impulsion du piano virevoltant de Riley Osborne et les saxos ravageurs emmenés par Kaz Kazanoff, pendant que Marcia Ball et Stephen Bruton assument les chœurs derrière l'ami Johnny. "Rain down tears" est un bon blues relaxant que Mr Nicholas chante avec bonheur devant le sax tenor de Rocky Morales. Tout ce beau monde texan se met à swinguer pour reprendre "The last meal" de Jimmy Rogers. La machine est parfaitement huilée. Les riffs de sax et le piano nous rappellent la glorieuse fin des années 40. "I'm a fool to care" nous fait passer la frontière louisianaise tout en évoquant la bonhomie de Fats Domino. Kaz souffle comme un damné dans son honky sax. Fats Domino est bien au menu puisque les All Stars s'acquittent en douceur de "Before I grow too old". La puissance de la voix augmente d'un cran et les cuivres deviennent brûlants pour aborder "Where you at?" de Lloyd Price. Retour au calme le soir au bord des swamps, pour reprendre impeccablement "Reap what you sow" et l'inévitable "Things that I used to do", de Guitar Slim. Du grand art ! Johnny se révèle un gratteur à la sensibilité fine. Lorsque sa guitare se met à rocker derrière la voix de Marcia Ball sur "Woke up screamin", elle nous rappelle au passage son superbe album "Presumed innocent". Miss Ball a été rejointe par Stephen Bruton pour soutenir Johnny sur le bien connu "Mama talk to your daughter" de J.B Lenoir. Boogie, "The hustle is on" est une invitation à la danse. Floyd Domino est assis derrière le piano. Al Gomez fait vibrer sa trompette. Et pour clôturer l'opus, on retrouve "Boogie back to Texas", un brûlot que Johnny avait écrit pour Doug Sahm en 92. Un album de classe !

 

 

Nightporters (UK)

Feelin´ good

Écrit par

La naissance de ce superbe groupe anglais ne remonte qu'à 1993. Son second album, "Rollercoaster", était d'ailleurs sorti sur Indigo. Mais alors que nous attendions avec impatience son 3ème, ce label ressort le tout premier. Edité en 1997, il avait été distribué discrètement sur le label Wang. Vous avez maintenant le bonheur de redécouvrir cet excellent album dont j'avais dit le plus grand bien lors de sa sortie. Et mon avis n'a pas changé d'une virgule aujourd'hui.

Je crois que l'arrivée des Nightporters apporte une note de fraîcheur bienvenue outre-Manche. Ces jeunes musiciens ont l'énergie déployée par les groupes issus du 1er mouvement R&B qui a sévi au début des 60s ; et au premier chef, celui des Rolling Stones. La musique de Nightporters est sensiblement différente. Très fifties. Mais l'énergie est explosive. L'album illustre bien le style du groupe qui agrège blues, rockabilly et boogie. Leur richesse repose sur le son de la section rythmique, la contrebasse de Chris Robbins-Davey et la batterie de Kevin Crowe. Une trame solide sur laquelle peuvent s'appuyer le guitariste Martin Vowles et le chanteur harmoniciste Ian Roberts.

Dès le "Mellow down easy" de W. Dixon, le combo prend son envol. "Let er roll", "Feelin' good" et "Certainly all" sonnent assez rockabilly avec, à chaque fois, de brillantes interventions de guitare. "Hip shake" est un long boogie dévastateur. Seuls titres lents, "Blue and lonesome" et "Love in vain" (de Robert Johnson), les, sont brillamment chantés par Ian. Et puis, mon coup de cœur va à la version étonnante de "Rollin' and tumblin". Un superbe album. Que dire de plus?

 

The Nimmo Brothers

Coming your way

Écrit par

Les deux frères, Alan et Stevie Nimmo, sont des Ecossais pur-sang. Basés à Glasgow, ils sont entourés de Sam Firth à la basse et de Mark Barrett à la batterie. Ce dernier est un ancien membre d'Hoax ; ce qui explique sans doute pourquoi les Nimmo font penser à ce groupe défunt. Le talentueux Firth est aujourd'hui remplacé par Lindsay Coulson. Le groupe tourne régulièrement chez nous ; et vous êtes sans doute assez nombreux à les avoir vus et entendus.

Le son est puissant. Il est bien restitué sur ce 2ème album. Les deux frères se partagent le chant, les compositions et, bien sûr, les guitares. Le plus jeune est essentiellement inspiré par Stevie Ray Vaughan et Hendrix. L'aîné par B.B King et Peter Green. Les musiciens n'ont pas dépassé la trentaine. Leur jeunesse se ressent dans les accents les plus durs qui les rapprochent du son des Hoax. C'est surtout vrai sur les premiers morceaux "She's all mine" et "Flat broke". Leur face BB/Green se retrouve sans complexe sur les rythmés "She fills my cup", "Coming your way" et surtout "I'll be back someday". Mais c'est sur le lent "All Iwant" qu'ils sont dans la confidence de Peter Green. Le chant est calme, susurré et puis surtout cette Gibson Les Paul est caressée note après note avec beaucoup de feeling. Quand ils abordent leurs tempos lents, les frères le font toujours avec retenue. A l'instar de "Long way from everything" et du superbe "If I could see through your eyes". Un bon album !

 

Noahjohn

Had a burning

Écrit par

Fondé en 1997, Noahjohn se résumait (!) à un collectif d'une bonne vingtaine de musiciens gravitant autour de Carl Johns. Et c'est sous cette forme que la formation avait gravé un premier album intitulé " Tadpole ". Depuis, Carl a stabilisé son line up, qui compte aujourd'hui cinq musiciens. Si Noahjohn se révèle basiquement country folk, il a le bon goût de ne pas se limiter à cette forme traditionnelle. C'est d'ailleurs lorsqu'il en écarte qu'il est vraiment le plus intéressant. Hybride de Sonic Youth, de Violent Femmes et du Velvet Underground qui serait infesté de bluegrass, de punk, de rock et de psychédélisme, il entre alors dans le monde de la musique alternative. Et pendant que le violon fulgurant, hantant, rivalise avec les cordes de guitare torturées, écorchées ou que la steel guitar pousse des gémissements sinistres sur fond de clavier gothique, le vocal de Carl, dont le timbre semble coincé entre celui de Shane Mc Gowan (Pogues) et celui de John McCrea (Cake), épanche ses prophéties surréalistes, bibliques, qui doivent autant au spirituel qu'au sacrilège, lorsqu'elles ne sondent pas, d'un œil virulent, le bas ventre de l'Amérique rurale. Dommage d'ailleurs que toute l'œuvre ne soit pas de cette trempe, sans quoi elle aurait pu figurer parmi les meilleures de l'année…

 

Noir Désir

Des visages, des figures

Écrit par

Il est fini le temps des grands hymnes rock, de ces " Tostaky " repris en chœur. A 40 ans, on ne s'exprime plus comme à 20. On s'adoucit ? " Le vent nous portera ", ritournelle dans le plus pur style Louise Attaque, peut le laisser penser. A tort. Noir Désir ne se courbe pas ‘encore et toujours une ligne droite’, mais poursuit son chemin personnel, sans souci des modes et des conseils en marketing. Intégrité avant tout. Mais cette intégrité, les Bordelais ne la comptent plus en décibels mais en textes, judicieusement mis en valeur par un vrai groupe, toujours très énergique, même s'il s'évade régulièrement des sentiers balisés du rock. Paroles directes et poétiques, dénonciatrices et ensorcelantes. Pas étonnant que Noir Désir reprenne à la perfection Léo Ferré, rendant très contemporain cet artiste qui nous paraît d'un autre temps. Bertrand Cantat n'éructe plus, ou alors rarement. Désormais, il module merveilleusement sa voix selon le propos et les rythmes de son groupe, il ose un pertinent chanté/parlé. Le sommet est atteint dans un extraordinaire " A l'envers, à l'endroit ", où sur un petit bout de mélodie accrocheuse, Noir Désir raconte les contradictions, les abus et les renoncements du monde moderne. Un monde moderne qui ‘nous explose à la gueule’. Et l'on s'étonne, comme tout le monde, de cette chanson étrangement prémonitoire : ‘Le grand incendie/Il y a le feu partout/Emergency/Paris s'écroule/New York City/Iroquois qui déboulent’…

 

North Mississippi AllStars

51 Phantom

Écrit par

Après avoir commis " Shake hands with shorty " en 2000, le trio de Memphis nous revient avec un deuxième album. Le très prometteur NMBA est formé des deux jeunes frères Luther et Cody Dickinson, respectivement guitariste et batteur, et du bassiste noir, Chris Chew. La production est assurée par le paternel ; en l'occurrence, le vétéran Jim Dickinson.

Le Nord du Mississippi est un pays de collines. C'est à Oxford, au cœur de cette région, que réside le berceau de Fat Possum. Il est évident que les Allstars y ont puisé une bonne partie de leurs idées, fort représentées tout au long de leur 1er album. Il reste que ce nouvel elpee se démarque assez bien de la partie bien plus roots observée à leurs débuts, pour se diriger vers la sphère rock. A première écoute, on a l'impression que le trio a l'intention de s'ouvrir de nouveaux horizons sonores et surtout de toucher un public bien plus large. Mais, ne nous y trompons pas, la machine de distribution orchestrée par Warner est derrière… Manifestement, nous nous retrouvons face à un trio électrique qui évoque les prestigieuses formations du passé telles que Cream ou Mountain.

Au sein de cette densité sonore profonde, nous pouvons discerner clairement les différents protagonistes, tous parfaitement maîtres de leur instrument. Et c'est tellement vrai sur " Snakes in my bushes ", proche du boogie blues texan de ZZ Top! Nous sommes en 2001. Il ne faut donc pas s'étonner si le son s'est adapté au monde contemporain. En s'enrichissant, par exemple, de divers artifices électroniques. A l'instar de " Sugartown " qui nous permet d'apprécier au passage, une agressivité certaine, une attaque tranchante et une montée en puissance qui aboutit à une véritable claque. L'inspiration revient dans le Delta pour l'interprétation d'une composition écrite par le regretté Junior Kimbrough, " Lord have mercy ". Une accalmie passagère marquée par l'évasion des cordes de Luther qui divaguent entre Dicky Betts des Allman Brothers et Jerry Garcia du Grateful Dead. L'aventure préside sur les remarquables " Storm " et " Leavin ". L'atmosphère se prête bien aux climats psychédéliques. Les soli prennent des allures de raga indiennes. Ils me rappellent même le mouvement Paisley Underground qui sévissait à L.A dans les 80s. Théâtre de voix inspirées du gospel et du hiphop, " Freedom highway " a été composé par Pops Staples. " Ship " observe un peu la même démarche. Libérant des flots de notes bien inspirées, la guitare est à nouveau proche de Dickey Betts. En fin d'album, " Up over yonder " nous plonge dans une atmosphère digne des Caraïbes. Et en finale, " Mud " manifeste un nouveau sursaut d'agressivité. Un titre très métallique, presque punk, qui me fait penser à ces vieux freaks britanniques de Pink Fairies. Un album assez impressionnant, mais définitivement rock!

 

Dave Navarro

Trust no one

Écrit par

Première constatation : les ombres de Jane's Addiction ou des Red Hot Chili Peppers, formations au sein desquelles Navarro a sévi comme guitariste, sont très discrètes, voire inexistantes, tout au long de ce premier album solo. Deuxième constatation : Navarro aime le rock au sens large du terme, et passe ainsi allégrement d'un "grunge" traditionnel à un indus ‘ministrien’. D'ailleurs les programmations tiennent une place non négligeable dans chacune des compos. Troisième constatation, Navarro ne fait guère preuve d'humour. A l'instar du titre de l'opus, ses textes sont relativement sombres, et manifestent des sentiments de solitude, d'amitié et d'amour, ou encore traitent des difficultés de dialogue entre êtres humains. Dans un premier temps "Trust no one" révèle du bon et du très bon, mais aussi du dispensable. Au fil des écoutes, les mélodies éclosent pour laisser place à une plaque pas toujours homogène, mais qui s'avère finalement de très bonne qualité. A signaler la présence de l'ex Smashing Pumpkins, Matt Chamberlain, aux drums et de Twiggy Ramirez (Manson) à la basse, mais pour un titre.

 

The Nectarine N° 9

Received transgressed and transmitted

Écrit par

Rien à faire, l'ombre du mouvement postcard plane toujours sur la musique de cet ensemble écossais; et plus particulièrement celle du défunt et mythique Orange Juice. Normal, me direz-vous, puisque les deux premiers albums de Nectarine N°9 étaient sortis sur cet illustre label. Pour enregistrer son quatrième opus, la formation a reçu un gros coup de main de l'ex majordome de Pop Group, Gareth Sage. Il y a apporté sa guitare, quelques compositions et surtout son esprit free jazz. Résultat des courses, les douze fragments de cet opus baignent dans une pop underground, mercuriale, énigmatique, malveillante, vaudou, recherchée, hypnotique, qui doit autant à l'ex et mythique groupe d'Edwyn Collins, qu'au Velvet Underground, à Captain Beefheart, à Mark E Smith et à Scritti Politti. Et si le combo s'essaie même au reggae blanc sur " Pocket radiodrops ", c'est à travers le surréalisme velouté et sonique du fabuleux " Sic " qu'on peut mesurer toute l'étendue de son talent : la conjugaison des sonorités gémissantes des guitares, des claviers fluides et ses oscillations produites par le vibraphone me donnent encore des frissons dans le dos…

 

Tracy Nelson

Ebony & Irony

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Tracy est originaire de Madison, dans le Wisconsin. Elle a découvert le blues à Chicago au contact du jeune (à l'époque) Charlie Musselwhite. Fin des 60s, elle émigre à San Francisco, alors en plein délire psychédélique. Elle y fonde le groupe Mother Earth. C'est à cette époque qu'elle se fixe définitivement dans une ferme, près de Nashville. Nous sommes alors en 1969.

" Ebony & Ivory " constitue le 20ème album de cette extraordinaire chanteuse. Elle le dédie à la mémoire de Doug Sham, disparu au moment de ces sessions. Tracy entame ce morceau de plastique de la plus belle manière, par "You will find me there". Sa voix majestueuse est enrobée de chœurs chaleureux. Jim Pugh est à l'orgue. Et puis, soudain un solo de guitare sort de nulle part. Une sonorité lugubre qui n'appartient qu'à Mike Henderson, des Bluebloods. D'ailleurs, cette richesse musicale alimente l'ensemble de l'album. "Strongest weakness" progresse à la cadence de la rythmique puissante, appuyée par les cuivres des Memphis Horns. Reese Wynans est à l'orgue. Il a emmené son guitariste, Bob Britt. Tracy et Marcia Ball sont de grandes copines. Aussi, lorsque Tracy décide de chanter le solide rock "Got a new truck", elle invite Mrs Ball au piano. Imprimé sur un riff très Stones, "Quicksand" est coulé dans le même moule. Déjà responsable de plusieurs plages sur "Sing it!", le fameux album commis en duo par Marcia Ball et Irma Thomas, David Egan a écrit les délicats "If you knew how much" et "Even now". Et cela s'entend ! Tramée sur une musique traditionnelle "Last chance" rappelle l'héritage celtique. Et l'accompagnement minimaliste mais tellement efficace de la flûte de pan et du violon fait le plein d'émotion. La voix puissante de Tracy est secondée par le murmure frêle et ombrageux d'Alice Newman qui a écrit cette chanson. Ballade jazzy particulièrmeent lente, composée par Mose Allison, "How much truth" conjugue intimité et beauté. L'arrangement au piano de Reese Wynans est somptueux. Les formules simples sont souvent les meilleures. Le délirant "I must be crazy" se révèle très efficace alors qu'une 2me version de "Strongest weakness" met en exergue la guitare acérée d'Henderson et le piano de Pugh. Un excellent album ; mais quelle chanteuse!

 

Neurosis

A sun that never sets

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Pour ceux qui suivent, inutile de rappeler à quel point Neurosis me semble un incontournable de la scène métal. Créateur d'une oeuvre très forte, nos Californiens ouvrent la marche, leur position de meneur jamais mise en défaut. En entretenant cet attachement indéfectible aux sons et aux ambiances qui leur appartient, Neurosis peut se targuer d'être un modèle de persévérance et d'intégrité. A l'instar d'un Tool, puisant exclusivement dans sa propre création pour se réinventer, se renouveler et se dépasser, Neurosis utilise également à sa manière cette totale autonomie musicale. A l'écart des mouvements, donc théoriquement à l'abri des effets du temps. Septième album du combo, " A sun that never sets " réoriente, élargit le spectre musical balayé par le passé. Les différents travaux en solo des principaux compositeurs du groupe n'y sont certainement pas étrangers. Plus proches du contenu de " Time of grace " que de celui d' " Enemy of the sun ", ces 10 nouveaux titres poursuivent le travail amorcé depuis 2 à 3 ans. C'est-à-dire en prônant un retour vers un métal peut-être plus classique dans sa forme, mais toujours aussi travaillé sur le fond. Pas de doute, c'est bel et bien un album de Neurosis, composé de ces longues, lourdes et lentes plages, parfois sises, grâce aux samples, à la frontière du death-ambient. Sans oublier la polyphonie des 3 voix si caractéristiques du groupe, les déchaînements sonores et les crescendos. Aujourd'hui les percussions répétitives et incantatoires semblent abandonnées au profit des cordes qui ajoutent une touche plus mélancolique, funéraire à l'ensemble. Selon mon humble avis, le groupe perd au final un peu d'originalité (même dans le packaging), dans le voyage, mais devrait allégrement se rattraper sur scène où se déploie sa véritable puissance de feu. Patience donc.