Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare, psychédélique et garage-rock, il est décrit comme un chaos créatif à haute tension et imprégné d'humour, un élément souvent oublié dans le rock. En attendant, il a partagé…

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La couleur intérieure de The Intemperate Sons…

The Intemperate Sons a fait irruption sur la scène rock alternative de Dallas (Texas), à l'été 2019, se distinguant immédiatement par un son mêlant riffs de guitare brûlants, mélodies obsédantes et profondeur émotionnelle brute. En 2021, son talent…

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Danko Jones

I´m alive and on fire

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"I'm alive and on fire" compile des titres de ce band suédois, éparpillés entre 1996 et 1999. Majoritairement stoner, mais aussi parfois très punky dans l'esprit, Danko Jones devrait un jour partager les mêmes labels que leurs maîtres à penser. A savoir : Man's Ruin (peu importe le groupe...), Alternative Tentacles (Pachinko) ou encore Amphetamine Reptile Records (Feedtime). Cependant, la formation a signé sur un label...suédois. Pour en revenir à des considérations plus musicales, je soulignerai l'efficacité 100% de chaque morceau (très plug and play) et des lyrics empreints d'american way of life (surtout texan). Bref, le candidat parfait pour participer à un concert organisé dans le cadre d'une concentration de motards. Sans oublier le strip tease de circonstance...

 

Jean-Louis Daulne

Jean-Louis Daulne

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Jean-Louis Daulne réussit le tournant du 2ème album. Cette fois, ce n'est plus une surprise mais une confirmation des espoirs placés en lui. Vous connaissez déjà certainement "Je mets les voiles", belle chanson d'amour déçu, que les radios francophones passent très souvent (NDR : ne vous laissez pas uniquement bercer par la douce mélodie, écoutez bien les paroles, ça vaut la peine). Vous avez sans doute déjà entendu la version très personnelle du "Vesoul" de Brel, dans laquelle Daulne assure l'essentiel de la musique avec sa bouche et son corps. Vous devriez maintenant découvrir "S'aimer tissés", une chanson écrite par Bruno Coppens (NDR : ça se reconnaît au jeu de mot du titre) et qui décrit astucieusement les amours en noir et blanc, la ‘vie en ethnicolor’ qui sied si bien à Jean-Louis Daulne. Tout l'album n'est pas du même tonneau mais il s'écoute sans lassitude, grâce au timbre de voix original et à quelques trouvailles musicales ou littéraires.

 

Richard Davies

Barbarians

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Richard Davies n'est pas un illustre inconnu, puisque non seulement il vient de commettre son troisième album solo, mais en outre, avant d'entreprendre une carrière individuelle, il a sévi entre 89 et 92 chez la formation post punk australienne The Moles ; puis, lorsqu'il s'est exilé aux States, a collaboré avec l'arrangeur Eric Matthews chez le sous-estimé Cardinals. Ce qui frappe d'abord sur " Barbarians ", c'est la pureté du son. Un son unique, duveteux, cristallin qui vous flatte instantanément l'oreille. Etonnant lorsqu'on sait que l'écriture de Richard se veut minimaliste et aux harmonies basiques. Mais un phénomène qui peut s'expliquer lorsqu'on sait que les sessions d'enregistrement se sont déroulées aux célèbres studios de Fort Apache de Boston, dans le Massachusetts. Et comme les compositions sont sculptées dans une rétro pop aussi contagieuse qu'élégante, on tombe rapidement sous le charme. Tour à tour acoustique ou électrique, les chansons réverbèrent cependant une sensibilité mélodique qui n'appartient qu'aux Australiens. Et je pense ici tout particulièrement aux Go Betweens, même si le timbre vocal ténu, velouté, fatigué, de Richard, approche plutôt celui de Dean Wareham de Luna (NDR : encore que ce dernier soit Néo-zélandais) Bref, un chouette opus à côté duquel il serait vraiment dommage de passer…

 

Michael de Jong

Juliet on the boulevard

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" Juliet on the boulevard " est un maxi cd découpé en deux morceaux. Deux fragments qui figurent sur " Park bench serenade ", le septième opus de Michaël De Jong. Les deux morceaux choisis ne sont pas les plus représentatifs de l'album et du style musical pratiqué par cet artiste. Le blues domine ses compositions, des compositions basiques dans ses rythmes, mais soutenues par une voix incroyable, émaillée d'un accent néerlandais. Les deux chansons ne manquent pas de dynamisme, mais isolées de l'album, elles perdent de leur charme. Commercialement, la sortie de ce maxi-cd, précédant l'album, semble compréhensible ; musicalement, l'apport de ces deux morceaux séparés de leur contexte est plus difficile à cerner, surtout que personnellement ce ne sont pas les morceaux les plus réussis. Enfin… rien ne vous empêche de consulter la critique du dit album, et pourquoi pas de l'écouter !

 

Michael de Jong

Park bench serenade

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Michaël De Jong est âgé de 55 ans. Il est né en France, a vécu quelques années en Hollande, avant d'émigrer avec sa famille aux USA. Il a partagé la scène avec plusieurs artistes américains de renom (Paul Butterfield, John Lee Hooker,…) Il a même sévi au sein du groupe légendaire de Jimmy Reed. Il enregistre son premier elpee en 1981. Quelques années plus tard, il retourne s'installer en Hollande, patrie de son père. Il est considéré comme un auteur, compositeur et interprète de blues. Sa voix rocailleuse est certainement son atout majeur.

" Park bench serenade " constitue son septième album (toutes maisons de production confondues). Dès la première chanson, le ton est donné : un parlé-chanté très intimiste enrobé d'une musique acoustique et dépouillée. Sa voix éraillée et chaleureuse nous entraîne parfois vers une certaine nostalgie agréable, à la limite de la mélancolie. Mais c'est surtout son accent néerlandais qui apporte une touche particulière et, assez paradoxalement, enrichissante à ses compositions. Les médias s'intéressent très peu à son travail ; et j'estime cette indifférence regrettable. Sincèrement, cet album est à découvrir, ne serait-ce que pour l'adorable accent de Michael…

 

Deacon Blue

Homesick

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L'aventure solo de Ricky Ross ayant pris fin (NDR: pour ne pas dire totalement foiré), la reformation de Deacon Blue était prévisible. D'autant plus que les expériences menées par les autres membres du groupe furent aussi brillantes que celles menées par leur ex leader. Avant d'écouter ce " Homesick ", j'éprouvais les pires craintes, toutes légitimes, de retrouver le goût aseptisé des derniers elpees de l'ensemble écossais. Un goût comparable à celui produit par Prefab Sprout. La surprise n'en a été que plus agréable. Car si ce " Homesick " n'est pas un sommet, il recèle quelques bonnes compositions. Les arrangements sont riches, très soignés, réalisés dans l'esprit de Burt Bacharach ; et les chansons interprétées avec une sensibilité désarmante digne de Paul Young. A l'instar du final " I am born ". Mais les titres les plus intéressants sont incontestablement le postcard délicat " Rae " (Aztec Camera ?) et les chansons de soul pop contagieuses, excitantes, " Out there ", " This train will take you anywhere " et " Beautiful still ". De véritables hits en puissance. Dommage que tout l'album ne soit pas de cette trempe…

 

Dead Man Ray

The Marginal (Ep)

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Pour être marginal, cet Ep est vraiment marginal. Vingt-trois morceaux pour un total de 36'30, dont certains n'atteignent même pas les 30'. En fait, ils constituent tout simplement des chutes de bandes abandonnées, lors de la mise en forme de l'album " Trap ". Des fragments qui ressemblent plus à des exercices expérimentaux qu'à autre chose. Dead Man Ray y passe en revue la fanfare, le jazz, la lo fi, la country, le ragtime, l'électro industriel, le surf, le trash, les bruitages, les collages et bien d'autres courants musicaux ou non, avec un sens de l'humour qui n'appartient qu'à Rudy Trouvé et son compère Daan Stuyven. Pour ceux qui l'ignoreraient encore Rudy a longtemps joué chez dEUS et sévit encore au sein d'autres projets parallèles tels que Kiss My Jazz, Gore Slut, Cynthia Appleby et Lionell Horrowitz, alors que Daan, graphiste de son métier, a transité, voici quelques années chez Citizen Kane, Running Cow et Volt. Hormis l'excellent " Cerchy ", le sinistre " Sofa " le ‘fallien’ " Stab " et le final filmique, ‘philpectoresque’ " End ", le reste varie du plus génial au plus insignifiant, en passant par le pastiche, à l'instar de la cover du " Killywatch " des Cousins ou de " Beer ", chanson au cours de laquelle Rudy se prend carrément pour Johnny Cash. Une chose est sûre, je n'ai plus rien entendu d'aussi déjanté depuis Captain Beefheart !

 

Canned Heat

Live in OZ

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Cet album était sorti en 1981. Sous la forme d'un 33tours intitulé "Boogie Assault - Live in Australia". Réédité sou la forme d'un CD, il a été rebaptisé "Live in OZ" et sous-titré "Featuring Walter Trout". Un argument de vente bien plus efficace que la seule mention de Canned Heat. Cet elpee est loin d'être un des meilleurs albums du boogie band de Los Angeles ; mais je pense qu'il est indispensable de le replacer dans son contexte pour en comprendre l'importance.

Tout d'abord, retournons dans le temps. Le leader charismatique du Heat, Bob 'The Bear' Hite est décédé le 6 avril 1981 d'une crise cardiaque au Palamino Club de North Hollywood. Il avait 36 ans. En deux semaines, Fito de la Parra remonte le groupe pour assurer une tournée aux antipodes. Henri Vestine était dans une période profondément éthylique. Fito a donc eu recours au guitariste du backing band de John Lee Hooker. Un certain Walter Trout qui est devenu depuis mondialement célèbre. A cause de ces cinq années passées dans le Heat, bien sûr ; mais également son séjour chez les Bluesbreakers de John Mayall, sans oublier sa carrière personnelle. A la guitare rythmique, on retrouve Mike ‘The Mouth’ Halbey, à la basse Emile Rodriguez, et, à la demande du tourneur australien, un harmoniciste qui répondait au nom de Rick "Cherry Red" Kellogg.

Rebâti de toutes pièces pour la circonstance, ce Heat passe en revue, l'essentiel de ses hits. Et notamment "On the road again", "Amphetamine Annie", "Goin' up the country", "Let's work together" et inévitablement une version de "Refried hockey boogie" ; mais de près de 23'. L'opus recèle également des plages moins connues de l'époque, telles que "Hell's on down the line" (NDR : il est vrai que le Heat a toujours été un groupe adulé des bikers) et "So long". Un disque destiné aux fans de boogie d'ici et d'everywhere…

 

Capitol K

Island Row

En 1913, le futuriste Luigi Russolo présageait l'avènement de la techno dans son manifeste ‘L'Art des bruits’, proclamant que ‘les moteurs de nos villes industrielles pourront dans quelques années être entonnés de manière à former dans chaque usine un enivrant orchestre de bruits’. A l'écoute de l'album de Capitol K, on se dit que l'Italien avait foutrement raison : depuis Pierre Schaeffer et jusqu'à Richard D. James, les apôtres du bruit érigé en musique ont semé leur bonne parole à travers le monde, allant même jusqu'à contaminer de leurs bleeps post-modernes les genres les plus frileux, du R'n'B (Missy Elliott, Destiny's Child,…) à la chanson française (Brigitte Fontaine, Christophe,…). Derrière Capitol K se cache Kristian Craig Robinson, petit protégé de Mike Paradinas (Mu-ziq), à qui l'on doit d'ailleurs quelques perles de l'electronica la plus bruitiste. Né à Malte, ayant grandi à Bornéo, émigré à Londres, Robinson aurait pourtant pu s'enliser avec sa musique dans le pudding techno-world. Heureusement, il n'en est rien : bien implanté dans la cité, il a su capter l'ambiance urbaine avec éloquence, traquant le bruit comme un entomologiste l'insecte rare. " Island Row " oscille ainsi entre une techno déjantée mais subtile (" City "), du sampling exotique (" Darussalam ", enregistré dans la forêt équatoriale de Bornéo) et du psychédélisme de bon aloi (c'est-à-dire loin des clichés trance cher à Paul Oakenfold). Grâce à son éclectisme, Robinson nous livre un album passionnant et accessible, tout en étant exigeant.

 

Cast

Beetroot

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Dès le premier titre, on se rend compte que la formation liverpuldienne a pris un virage à 180°. En délaissant sa britpop juvénile pour embrasser une forme de funk/soul contaminée tantôt de gospel, de jazz, voire de reggae. L'électricité saignante, vivifiante qui alimentait tout leur univers sonore a été supplantée par une instrumentation luxuriante, parfois étoffée d'une flûte, de cuivres, de chœurs ou encore d'électronique. Hormis les ballade " I never can say " et " Jestream ", un fragment de folk pastoral intitulé " Kingdom and crowns ", abordé dans l'esprit de La's (NDR : au sein duquel John Powers a d'ailleurs sévi), ou encore le plus Kinks que nature " Giving it all away " (NDR : le meilleur fragment de l'opus !), le reste fait la chasse au groove. La voix nasillarde, si attachante de John arrondit pourtant bien les angles mélodiques, mais c'est tout à fait insuffisant pour sauver l'ensemble de la noyade sonore. Une déception !

 

Tommy Castro

The essential

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Doué d'une une voix faite pour chanter le R&B, et pas du tout manchot à la guitare, Castro compte un public fidèle. Au cours des dernières années, ce citoyen de San Francisco a franchi de nombreuses étapes. Il n'a pas ménagé sa peine et est apparu sur les scènes de tous les continents. Il comptait déjà quatre albums sur Blind Pig : "Exception to the rule", en 96, "Can't keep a good man down", en 97, "Right as rain", en 99 et le "Live at the Fillmore", en 2000. Indispensable à ceux qui ne possèderaient pas encore un Castro dans leur home, cette collection puise au sein des 3 albums studio. D'autant plus que le prix de cet album est modique et propose en CDRom une vidéo live.

Le disque démarre à un train d'enfer par "Can't keep a good man down" et "Exception to the rule". La voix est réellement superbe et les motifs de guitare très riches. "Lucky in love" évolue sur un riff que Mr Keith Richard aurait pu pondre en personne. Les deux titres live sont des inédits. De la dynamite ! Deux rocks, dont une version époustouflante de "The girl can't help it", qui met en exergue le piano de John Turk et le sax furieux de Keith Crossan ; ainsi que "Nobody loves me like my baby" (NDR : reproduite également sur la vidéo), au cours duquel Jimmy Pugh au piano se montre très en verve. Tommy sort les plans bien connus de Chuck Berry. Au chant, Castro sort son épingle du jeu sur les plages Memphis R&B qui pourraient aisément figurer dans le catalogue Stax. A l'instar du lent "Just a man", du funky "Nasty habits" lardé de riffs à la Albert King, et du nerveux "Sho' enough". Et n'oublions pas la plage la plus blues, l'instrumental "Hycodan". Vous savez ce qui vous reste à faire!

 

Catatonia

Paper scissors stone

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"Paper scissors stone" constitue donc le dernier opus de Catatonia, puisque la formation galloise a décidé de se séparer. L'état de santé précaire de sa chanteuse, Cerys Matthews, conjugué aux critiques plutôt tièdes, accordées à cet elpee par la presse spécialisée, a donc eu raison de l'existence du quintette. Pourtant, ce disque n'est pas aussi mauvais que les censeurs on bien voulu nous laisser croire. Il n'est pas exceptionnel, mais recèle de fort bonnes compositions. Bien que produit par Clive Langer et Alan Winstanley, la solution sonore souffre de sa trop grande richesse et de sa complexité. A un tel point que parfois on se croirait revenu au prog rock de Yes ou du Genesis de l'Archange Gabriel. Et s'ils épousent une forme plus pop, les arrangements sont tout aussi sophistiqués. En outre, le timbre vocal, tantôt fluet et timide, tantôt miaulant et féroce, n'est vraiment pas de nature à lier la sauce. D'ailleurs, ce sont les titres les plus simples, les plus immédiats qui font ici la différence.

Si les élégantes valses lentes, hantées par un orchestre symphonique, " Godspeed " et " The mother of misoginy ", ne manquent pas de charme, la palme revient à " Immediate circles ", caractérisé par son tempo new wave et son piano plink plonk, réminiscence de Lene Lovitch, au basique " Is everybody here on drugs ", à " Imaginary friend ", fragment qui transite avec beaucoup de bonheur de l'intimisme douloureux à la fièvre instrumentale entretenue les claviers en fusion; et puis enfin au r&b " Village idiots ", mais un r&b abordé dans l'esprit de Jam, notamment à cause de ces accès de basse empruntés à " A town called malice ". Et puis, il ne faut pas oublier les lyrics. La force des chansons de Catatonia. Souvent engagés, toujours intelligents, ils traitent même parfois de politique. A l'instar du révolutionnaire " Fuel ", qui s'en prend avec virulence aux véritables responsables de la crise du pétrole…

 

Malcom Catto

Popcorn Bubble Fish

Qu'elle semble lointaine et révolue l'époque où Mo'Wax scintillait de milles feux au-dessus de la mêlée des productions downtempo, faisant la pluie et le beau temps dans le petit monde de la musique électronique à tête chercheuse… Aujourd'hui, le label de James Lavelle n'est plus que l'ombre de lui-même, et ce n'est pas cet album qui viendra le sauver du naufrage : entre funk poussif et (mauvais trip)-hop, " Popcorn Bubble Fish " frise l'indigestion, comme son titre l'indique… Pourtant, Malcolm Catto n'a rien d'un mâcheur de chewing-gum abonné aux Fish and Chips. Son parcours en atteste: de batteur au sein du groupe Perfect Disaster (aux côtés de Josephine Wiggs, future Breeders, et de Phil Parffit, futur Spiritualized) aux premières parties de Primal Scream concédées chez The Weeds, le jeune Malcolm a prouvé son goût pour le psychédélisme baggy et les fusions en tous genres. Avec des antécédents pareils, il semble donc normal que Malcolm ose ici les mariages a priori les plus contre nature, comme des guitares wah wah en plein délire moog ou du hip hop se mélangeant au jazz le plus déjanté. On pense parfois à Red Snapper, et surtout à Money Mark, pour l'humour qu'il a su injecter dans ses compos, bien que cela ne suffise pas pour nous faire oublier la faiblesse de certains morceaux, et l'impression de ‘déjà entendu’… en meilleur chez bien d'autres.

 

Cave In

Lost in the air / Lift off

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Je dois avouer que le dernier opus de cet ensemble bostonien ne m'avait pas vraiment tapé dans l'oreille. Pourtant ce " Jupiter " manifestait une volonté d'explorer de nouvelles perspectives au sein du hardcore. Faut croire que l'aspect mélodique avait été un peu trop négligé. A moins que ce ne soit l'immersion dans la prog qui soit le responsable de cette sensation. Pour enregistrer ce single, Cave In a décidé de privilégier ce profil mélodique qui lui avait tant fait défaut. Résultat des courses, les deux titres qui y figurent ont pris une toute autre dimension. " Lost in the air " macère dans un bain d'électricité pétillant, rafraîchissant, réminiscent de Luna (NDR : et Dieu seul sait combien j'aime Luna !), alors que la ballade " Lift off " irradie une intensité électrique sauvage digne de Pearl Jam. Si le nouvel opus de Cave In est de la même trempe, il risque fort de décrocher la timbale…

 

Nick Cave

No more shall we part

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Le grand Nick laisserait-t-il à nouveau de la place aux Bad Seeds ? "The Boatman's call", avant dernier album intimiste et dépouillé se concentrait sur l'homme, son piano et ses petits tracas du moment. Désormais installé au Brésil, mari et père, Cave semble trouver maintenant opportun de ramener sa bande au bercail et de ne plus se la jouer solo. Tout le monde semble retrouver sa place, comme si de rien n'était. Fondamentalement, rien ne ressemble plus à un album de Nick Cave…qu'un album de Nick Cave. Ceux qui ont accroché à "Murder Ballads" ou à "Let Love in" retrouveront sans problèmes leurs marques. Les différences majeures se mesurent par le concours d'une section de cordes très présente, emmenée de main de maître par Warren Ellis des inestimables Dirty Three; par l'ambiance bluesy plus marquée que jamais, reléguant ainsi au placard les passages furieux des premières heures du groupe; et finalement à travers la voix de notre crooner, désormais moins grave et profonde qu'auparavant. Autant les précédents opus reflétaient un vrai travail de groupe, autant ce "No more…" ressemble malgré tout à un "Boatman's…", sur lequel on aurait greffé guitare, batterie et basse. A partir de ce moment là, et bien que ce nouvel opus soit des plus honnêtes, très beau et pur, il n'en reste pas moins l'effort d'un seul homme. Pour une réelle collaboration entre ce creuset de talents concentré chez Bad Seeds et le charisme de Cave, on pourra repasser…

 

Centro-Matic

All the falsest hearts can try

Écrit par

Will Johnson a fondé Centro-Matic en 1995. Mais à l'époque, ce n'était qu'un projet alternatif au groupe Funland. Chez qui il jouait des drums! Aussi, lorsque la formation a splitté, il a décidé de transformer son projet en véritable concept. Au sein duquel il joue, tout naturellement, de la guitare, chante et surtout compose. A une cadence frénétique ! En cinq à six années, il doit avoir écrit plus de 200 chansons. Dont il n'a pu, à ce jour, reproduire l'intégralité sur CD. Faut dire qu'à ce régime, il en aurait sorti près de 20 ! " All the falsest hearts can try " constitue donc et seulement le quatrième opus de Centro-Matic. M'enfin, Will semble avoir trouvé une solution pour écouler son stock de compos, puisqu'il a créé un nouveau projet alternatif : South San Gabriel. En compagnie duquel, il avait sorti un excellent opus essentiellement acoustique, " Song / Music ", début de cette année.

" All the falsest hearts can try " explore la face la plus électrique de l'esprit de Johnson. Will n'a d'ailleurs pas besoin de moyens extraordinaires pour composer des chansons qui sortent de l'ordinaire. Mais surtout des chansons fragiles, contagieuses, qu'il envoûte de son timbre vocal grinçant, traînant, écorché, mais tellement attachant. Centro-Matic a probablement hérité du génie pop de Big Star, du dynamisme popcore de Hüsker Dü, de la mélancolie ténébreuse de Neil Young circa " Tonight the night ", de la lo fi de Sebadoh et de la power pop de Replacements. Ce qui ne l'empêche pas de tâter au garage, au folk, au psychédélisme et à la country. Dans ces conditions, vous comprenez bien que cet album devrait plaire au même public qui a succombé aux albums de Guided By Voices et d'Uncle Tupelo…

 

Centro-Matic

Distance and clime

Écrit par

Will Johnson compose comme il respire. Non content d'avoir commis plus de 90 singles et six albums en moins de cinq ans pour Centro-Matic, mais il parvient encore à alimenter de sa plume deux autres projets parallèles : The Static vs. The Strings et surtout South San Gabriel, pour lequel un nouvel opus est en préparation. Un régime infernal qui ne l'empêche pas de partir régulièrement en tournée tout en apportant un soin tout particulier à la finition de ses enregistrements. Faut dire que dans le domaine de la mise en forme, il peut compter sur son drummer, Matt Pence, capable de faire des miracles à l'aide de moyens plus que rudimentaires. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle Centro-Matic a longtemps été étiqueté de groupe lo-fi, alors qu'il répond surtout à une logique garage. C'est d'ailleurs dans ce style que son précédent opus, " All the falsest hearts can try " et le nouveau, " Distance and clime " s'inscrivent. Raison pour laquelle vous ne décèlerez que peu de différences entre les deux œuvres. On y retrouve ainsi ces mélodies pop contagieuses empreintes de douce mélancolie, découpées par une six cordes acoustique bourrée de feeling, ou alimentée par l'intensité blanche, sale, chargée de feedback, des riffs de guitare. Des mélodies pop hantées par ces accords de piano au mauvais œil, agitées par un tempo aride, poussiéreux et égratignées par la voix grinçante, gémissante, écorchée de Will, responsable de lyrics qui traitent tantôt de politique, de nucléaire ou d'écologie. Et pourtant, aucune des 15 chansons incluses ici ne ressemble à une autre issue des précédents elpees. C'est sans doute là que se situe la force de cet ensemble texan…

 

Centro-Matic

Truth flies out (single)

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Ce nouveau single de la formation texane, de Denton très exactement, prélude la sortie d'un nouvel album. Le sixième en cinq ans. Si le titre maître figurera bien sur cet opus, les deux autres chansons adoptent un profil qui correspond davantage à celui de South San Gabriel, l'autre projet de Will Johnson. " Fidgeting wildly ", tout d'abord. A cause du recours à la slide, des accords si particuliers, si sonores, du piano, et des harmonies vocales presque obliques (voix/contre voix). " Actuator's great ", enfin et surtout. Un fragment acoustique aux vertus intimistes. Quant à " Truth flies out ", il consume une intensité électrique blanche, sale, torride, lo fi, vivifiante, semblable à celle qui sera dispensée sur le futur elpee…

 

The Charlatans

Wonderland

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Paru en 99, " Us ans us only " avait permis aux Charlatans de découvrir ou de redécouvrir des mythes du rock'n roll tels que le Band de Dylan, les Stones circa " Beggars Banquet " ou même les Byrds. Un superbe album qui figurait d'ailleurs parmi les " must " de l'année. " Wonderland " n'est malheureusement pas de la même trempe. D'abord Tim Burgess, le chanteur, a un peu trop facilement tendance à se prendre pour Mick Jagger ou à Prince. Et en particulier lorsqu'il emprunte un timbre falsetto. Et puis les claviers de Martin Duffy se font trop rares dans le registre rogné. Ce qui faisait pourtant la marque de fabrique du combo. Enfin, la formation patauge, tout au long des dix fragments de cet opus, dans une sorte de soul/rock/funk/house dansant, c'est une certitude, mais destiné aux midinettes qui fréquentent les night clubs, le week-end. On a même droit à un instrumental electro, et de surcroît sub Chemical Brothers, intitulé " The bell and the butterfly ". Une grosse déception !

 

Children of Bodom

Follow the Reaper

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Aussi surdoué que tourmenté, Alexi Laiho mène actuellement une double carrière plus que fertile. Guitariste au sein du groupe Sinergy, ce natif d'Helsinki est aussi et surtout le maître à penser des Enfants du lac Bodom dont le troisième album vient de débarquer. Un opus dont le titre évoque une célèbre plaque du groupe US Korn. Clefs de voûte de l'ensemble de l'œuvre, les hallucinantes mélodies en cascade et les prouesses guitaristiques du très jeune Alexi rendent ces neuf nouveaux titres absolument irrésistibles ! A mi-chemin entre heavy-speed et death-métal mélodique, les compos relèvent toutes d'une efficacité pointue, sans jamais tomber dans l'esbroufe gratuite. Single percutant extrait de ce " Follow the reaper ", " Hate me " a atteint la première place des charts finlandais devant Britney Spears et Eminem. En Belgique, Children of Bodom n'atteindra jamais un tel niveau de popularité, mais pourrait bien devenir le symbole d'une nouvelle génération de fans de heavy métal pure souche.

 

Chocolate Genius

Godmusic

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Le groupe Chocolate Genius est en réalité l'œuvre d'une seule personne : Mark Anthony Thompson. En 1984, il sort un premier album puis un deuxième en 1989. Mais c'est surtout grâce à " Black Music ", sorti en 1998 qu'il s'est fait connaître. Cet album est un tournant dans son style musical. Il est orienté vers la black music, style qu'il maîtrise parfaitement tout au long de cet opus ! La black music peut être définie comme le résultat d'un mélange de plusieurs styles : soul, jazz, swing, rythm'n blues, reggae,…. Il est pratiqué par des artistes comme Cunnie Williams, MoSolidGold, et Chocolate Genius, of course. " Godmusic " continue sur cette lancée mais ose quelques incursions plus aventureuses. Les prémisses engagent directement l'album dans des eaux plus troubles, plus complexes. On retrouve les rythmes basiques de la black music mais également des expérimentations menées à l'aide de boîtes à rythmes et de samples. Autant " Black music " était fluide à l'écoute et semblait être une agréable découverte, autant " Godmusic " est parfois difficile à assimiler. Pour les adeptes du style, mieux vaut commencer à faire connaissance avec le groupe par l'intermédiaire de l'album précédent, plus cohérent à mon goût...