Il n’existe pas de ligne droite pour The Beths…

The Beths, un groupe néo-zélandais composé de la chanteuse Elizabeth Stokes, du guitariste Jonathan Pearce, du bassiste Benjamin Sinclair et du batteur Tristan Deck, annonce la sortie de son nouvel elpee "Straight Line Was A Lie", le 29 août 2025. En avril,…

logo_musiczine

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (26651 Items)

Black Box Recorder

The worst of Black Box Recorder

Écrit par

Alors que la plupart des compilations sont intitulées "Best of " ou "Greatest hits", Black Box Recorder nous propose ce qu'il a fait de pire. En fait, le trio insulaire vient à nouveau de démontrer tout son art à pratiquer l'humour à froid. Faut dire que la plupart des lyrics écrits par l'ex-Jesus & Mary Chain, John Moore, et le leader des Auteurs, Luke Haines, relatent des histoires troublantes, cruelles, de sexe, de désespoir, de mort, et de suicide. Des contes trempés dans la mélancolie ténébreuse que chante Sarah Nixey, d'une voix fragile, angélique et spectrale. " The worst of B.B.R. " propose en bonus quatre clips vidéo. Mais surtout réunit flip sides, raretés et remixes. Une collection fort intéressante au sein de laquelle figurent la cover morbide et lumineuse du " Seasons of the sun " de Brel, un remix opéré par Chocolate Layer, soit Jarvis Cocker et Steve Mackay de Pulp ; et en final, une cover du " Rock'n roll suicide " de Bowie. Un document !

 

The Black Crowes

Lions

Écrit par

L'introduction en forme de long riff de guitare bluesy et graisseux en dit long sur le contenu de la nouvelle livraison des frères Robinson. Hormis le virage soul de certains fragments, dont le bien nommé Soul Singing, Lions ne révèle cependant aucune surprise pour quiconque a déjà fait le tour du propriétaire. Seventies et psychédélique en diable, quoique moins rock n' roll que ses prédécesseurs, cet opus est toujours hanté par l'ombre du dirigeable. Par celles des Small Faces et d'Humble Pie, également. Pas étonnant dès lors qu'à travers ce nouvel opus, le band américain nous replonge en pleine période baba cool. Certifiés has-been par les amateurs de nouvelles sonorités, glorifiés par les fans de classic-rock, les corbeaux perpétuent la tradition de la musique jouée avec de vrais instruments sur des amplis à lampes. Une musique qui sent le patchouli, l'encens et les herbes de Provence. Avec des titres comme " Cosmic Friend " ou " Greasy Grass River ", impossible de se tromper sur la nature de la marchandise. On vogue en pleine 'Flower power', et on en vient presque à regretter les bons vieux craquements du vinyle, et la lointaine époque où les Rolling Stones étaient encore considérés comme un groupe intègre. Black Crowes se la joue félin, grâce à un " Lions " absolument réconfortant.

 

Frank Black

Dog in the sand

Écrit par

Depuis le split des Pixies, Frank Black éprouve toutes les peines du monde à faire décoller sa carrière solo. Il a pourtant gravé " Teenager of the year " en 1993, " The cult of Ray " en 1996, "Frank Black & The Catholics" en 1998 et "Pistolero" en 1999. Des albums de bonne facture, variés, oscillant de punk au metal en passant par le surf et la new wave. Mais dont le succès n'a été que trop confidentiel. En fait, le fantôme des Pixies hante encore la musique de Frank. Un spectre dont il ne parvient d'ailleurs toujours pas à se débarrasser sur les planches. Un passé qui lui est aujourd'hui plus préjudiciable que profitable. Pourtant, si Frank n'est pas encore au bout du tunnel, il faut reconnaître que son nouvel opus embrasse un nouvel horizon sonore.

Hormis " Robert Onion ", sur lequel Joe Santiago est venu donner un petit coup de guitare, et sous une forme plus countryfiante, " Bullet ", les autres compositions ont pris un virage à 180°. De country/rock il en est d'ailleurs question sur ce disque. A cause du recours à la steel guitar et à la pedal steel. Si l'influence du Band de Bob Dylan (" Blonde on blonde ") est évidente, celle de REM l'est paradoxalement encore davantage sur " St Francis Dam disaster ". Mais c'est l'empreinte des Stones qui est la plus marquée. Et en particulier celle de l'elpee " Exile on main street ". Une métamorphose due, en grande partie, à la participation d'Eric Drew Feldamn (Captain Beefheart, Pere Ubu). Non pas à la production, mais aux claviers et au piano. Il apporte une chaleur et une fluidité spécifiquement rock aux compositions. Rock'n roll même, le disque ayant d'ailleurs été enregistré sans edits ni overdubs ; en prise directe quoi ! L'opus recèle également l'une ou l'autre ballade. Abordée dans l'esprit d'Eric Burdon des Animals sur " The summer " et de Lennon dans " Stupid me " (NDR : surtout à cause de la réverb dans la voix !). Bref un superbe album qui risque cependant de troubler les fans de la première heure, mais aussi et c'est sans doute plus réconfortant, de lui attirer un public différent. Et au vu de la qualité de ce disque, il le mérite franchement !

The Black Halos

The violent years

Écrit par

Bon : il faut qu'ils choisissent nos petits amis de Black Halos. Soit ils mettent le cap sur du bon petit punk rock bien enlevé, soit ils tracent vers un rock des plus plats et hélas mille fois entendu. Encore un groupe qui gagne certainement à être découvert sur scène. Parce que tout au long de cet opus, on devine une énergie débordante, canalisée de façon trop académique. Voilà !

 

Blues Band

Scratching on my screen

Écrit par

En sous-titrant son nouvel opus, "An album of acoustic blues music", le Blues Band ne pouvait pas mieux planter le décor! Fondée en 1979, à l'époque du punk rock, cette formation anglaise accuse un âge déjà très vénérable. Elle compte d'ailleurs déjà une bonne douzaine d'albums à son actif. Les musiciens ont tous un excellent niveau. Leur downhome blues est donc de bonne facture.

L'harmonica de Paul Jones ouvre le "Mean old Frisco" d'Arthur Crudup. Paul double au chant et Tom McGuinness se réserve la mandoline. Dave Kelly s'acquitte du célèbre "Crossroads" de Robert Johnson, en solitaire. Le son métallique du dobro est très pur. Paul pratique aussi l'exercice en solo. Sa voix dialogue avec l'harmonica sur le traditionnel "Jesus on the mainline". Tom reprend du service à la mandoline pour "Drop down mama" de Sleepy John Estes. Il est vrai que ce dernier pouvait en son temps s'appuyer sur la mandoline de Yank Rachell. Dave possède une voix taillée pour chanter le blues. Ce qui n'est guère étonnant lorsqu'on sait que notre homme est sur les routes depuis plus de 35 ans. Son timbre fait mouche sur "Still a fool" de Muddy Waters, un "Don't sell it don't give it away" parcouru par le piano sémillant de Bob Hall, et son "Sus blues". Mc Guinness et le bassiste Gary Fletcher font eux aussi l'une ou l'autre apparition au chant, mais de manière bien moins convaincante que Paul et Dave. L'adaptation du "Lonely avenue" de Doc Pomus, conjugue de bien jolies guitares. Et sachez que si l'album a été enregistré live sur différentes scènes, cette disparité est presque imperceptible.

Bluesin´ Machine

demo

Écrit par

Toute la région de Roubaix-Tourcoing et de Faches-Thumesnil (NDR : bien entendu !) a conservé le souvenir de Sugar Mama, un groupe local, devenu mythique, hanté par la longue silhouette de son jeune guitariste, Mathias Dalle. Ce dernier écoutait chez lui, en cachette Junior Watson, Kid Ramos, Rusty Zinn ou encore Alex Schultz. Le bon vieux Chicago blues des 50s ne le branchait plus. Il a donc logiquement tiré sa révérence, changé de look et remonté ce Bluesin' Machine. La musique de son nouveau combo est solide et navigue à très haut niveau. Nous partons de Kansas City, direction plein Ouest pour aboutir en Californie, à Los Angeles. Pour y jumper et swinguer. Mathias synthétise divinement le style de ses nouveaux dieux ; et il se met à chanter, plutôt bien d'ailleurs. La Bluesin' Machine swingue avec bonheur. Tous les éléments s'emboîtent parfaitement. Tout au long de "Certainly all", la guitare est divine, le piano de Stefan Orins sémillant, la section rythmique très soudée. Une section rythmique composée de Luc Dewerte à la basse, et d'Eric Navet à la batterie. Mathias, Luc et Stefan nous invitent à chanter en chœur "Certainly all". Long blues lent, "Love is a gamble" meuble nos fins de soirée. La guitare de Mr Dalle synthétise le style de T-Bone Walker. Très West Coast et un tantinet jazzy, la finale instrumentale, "Bluesin' machine jump", démontre que la "machine" est parfaitement huilée. A suivre de très près!

 

Various Artists

Bompa Boogie

Écrit par

Qui ne connaît la passion que voue Walter Depaduwa, alias Doctor Boogie, à la cause de la boogie music ? Une passion qui le dévore en permanence. Toujours le pied au plancher, l'homme ne s'arrête jamais. Cette passion l'a amené à concocter, dans le passé, une demi-douzaine de collections. Labellisées Dr Boogie, elles sont sorties sur le label national, Rowyna Music. Pour cette nouvelle anthologie, il a fait fort, puisque la machine de guerre Virgin est derrière ce nouveau projet. Pourtant, Walter aurait souhaité colorer cette idée de blanc et de noir. Un certain réalisme a voulu que ce "Bompa boogie" soit uniquement teinté de blanc. Le contraste sera donc pour demain.

Parmi les 18 plages retenues, certaines vous seront sans doute familières. Quoique, et ce n'est pas un reproche, certaines datent déjà. Le Docteur ne peut décidément pas se mettre à l'ouvrage, sans glisser sur la platine un disque de Canned Heat ; il est vrai, le boogie band par excellence. Caractérisé par le piano roulant de Sunnyland Slim, "Turpentine Moan" s'imposait. D'autant plus qu'il s'agit d'un extrait du meilleur album du Heat, "Boogie with" !

Le best group de R&B américain était, et vous pouvez me croire, le J. Geils Band. Apparu à l'aube des 70s, il impliquait J. Geils à la guitare, Magic Dick à l'harmonica et Peter Wolf au chant. Issu de leur premier opus, "Wait" démontre toute l'étendue de leur talent.

Au cours des années 80, c'est le Texas qui a ramené beaucoup d'oreilles égarées au bercail du blues. Ce qui nous vaut la présence de leurs meilleurs représentants. Les Fabulous Thunderbirds notamment, pour cet extraordinaire "My babe". Jimmie Vaughan nous présentait alors son jeune frère, Stevie Tay. Une introduction illustrée ici par le rocker au groove pas possible, "The house is rocklin'". Voilà pour le gâteau.

Mais ce que je vous conseille de goûter sans réserve, chez le Docteur, ce sont les cerises qu'il y dépose. Délicieuses, acidulées, sauvages, elles ont même parfois le goût de pêche. Un délice ! A l'instar du "That's the truth" de J.B Hutto, contaminé par la slide de Jimmy Hall. Jimmy était le leader de Wet Willie, un groupe sudiste des 70’s. La slide (NDR : également !) de l'extraordinaire Mike Henderson et le piano rivalisent d'audace et d'agressivité sur une autre composition de J.B Hutto, "Hip Shakin". A elles seules, ces deux perles concentrent toute la boogie passion qui coule dans ce CD. Un son souvent sale, gras et poussiéreux colle à la musique.

Une adhérence qu'on retrouve chez Hook Herrera, Cub Koda et Mambo Chillum. Regretté musicologue Cub Koda dissèque à vif le cœur du Bo Diddley beat. Malgré une existence trop brève, le Chillum possédait cette folie créatrice qui manque à tant d'artistes aujourd'hui.

Impossible de citer tout le monde sur cette anthologie. Sachez simplement que cet opus ne souffre d'aucune faiblesse. Et laisse même un espace à la découverte. A l'instar du swing de la hard rockeuse Pat Benatar devant Roomful of Blues, du hillbilly furieux des Australiens Red Rivers, de la voix brûlante d'Eddie Hinton, du rockin' shuffle de Gary Primich , du nouveau swing band de L.A., 2.0000 Lbs of Blues et enfin du boogie woogie de Lee Roy Parnell.

Je tiens également à remercier le Docteur d'avoir laissé la porte ouverte à Mick Clarke. Parce qu'il porte son rockin' blues anglais depuis plus de trente ans. C'est à dire depuis ses débuts dans le Killin' Floor, lorsqu'il jouait en compagnie du pianiste Lou Martin. Continue de courir Walter et don't forget…

 

Sarah Strutter

A million of you

Écrit par

Sarah Strutter est née en 1953. A Coldwater, dans le Mississippi. Elle s'est, cependant, installée dans le Southside de Chicago depuis bien longtemps. Elle avait déjà commis deux albums pour Delmark, " Lay it on'em girls " en 93, et " Blues in the year one-d-one " en 96. Elle est entourée d'une solide formation dont deux guitaristes, Rico McFarland et John Hill, ainsi que du claviériste Roosevelt Purifoy, que l'on a pu applaudir cette année chez nous en compagnie du Mississippi Heat!

L'album prend son envol de meilleure manière, par un titre imprimé sur un rythme implacable, " Train I ride ". Rico s'y montre intransigeant aux cordes. Responsable d'un tout bon album paru sur Evidence (Tired of being alone "). Rico McFarland est un gratteur noir particulièrement talentueux. Sarah puise au sein du répertoire d'Albert King pour adapter " Riverboat ". Rico et Hill s'y échangent des soli bien saignants. Sarah ne desserre guère l'étreinte. Le rythme reste roi pour l'exécution de son " Red dress ". McFarland ne peut tenir en place. Sûr de lui, il délivre des grappes de notes fluides avant de céder le relais à Purifoy aux ivoires. Le calme s'installe pour la plage titulaire. Une ballade lente qui démontre toute la puissance et la sensibilité de la voix de Miss Big Time. " Fanny Mae " est un blues rythmé qui ne peut venir que de la Cité des Vents. Purifoy y va d'un solo qui me rappelle, au passage, une galerie de grands pianistes du passé. Signée Elmore James, la cover du " The sky is crying " est exécutée de manière propre, sans slide. La guitare très classique de John Hill libère ses notes avec beaucoup de retenue et un maximum de feeling. Et la fête continue au rythme de " Daydreaming ", une composition marquée par l'arrivée des cuivres et qui concède un nouveau billet de sortie à Hill. Un peu jaloux, Rico remet les pendules à l'heure sur " Trying to make a living ". Brillant, vif et tranchant, il pousse Sarah à sortir le grand jeu. Le reste de l'album est toujours du même niveau. A l'instar du lent " I'll take care of you ", issu de la plume de Brook Benton et de l'instrumental " Blue guitar ". Une cover d'Earl Hooker, qui met en exergue l'art de McFarland. De " Stop your killing me ", également. Un fragment enveloppé de cuivres ; mais dans l'esprit Albert King, période Stax. Ou encore de " Don't make me pay ", un titre illuminé par l'harmonica magique de Monsieur Matthew Skoller. Un superbe album qui se referme par " Jump! ", composition caractérisée par une véritable bataille des guitares.

 

The Big Town Playboys

Western world

Écrit par

Du line up initial de cette formation britannique formée en 1984, il ne reste plus que le seul bassiste Ian Jennings. Leur ancien leader, en l'occurrence le chanteur/pianiste Mike Sanchez, les a quittés fin 1999. Pour le remplacer, deux nouveaux musiciens ont été nécessaires ; mais ce recrutement n'a pas été fait à l'aveugle. En effet, au chant, on retrouve une des valeurs sûres du british Blues, Big Joe Louis. Qui a dû abandonner ses Blues Kings. Il a aussi ramené sa slide. Deuxième renfort, le pianiste et harmoniciste West Weston. Un espoir anglais passé au stade de la confirmation.

Savoureux mélange de R&B, de rock'n'roll, de boogie et de jump & jive, le style des BTP reste très personnel. Un style inspiré par les artistes de la fin des 40s et du début des 50s ; et notamment Louis Jordan et Amos Milburn. Les Playboys comptaient 4 albums à leur actif : "Playboy boogie" en 85, "Now appearing" en 90, "Hip joint" en 95, et enfin le double live "Off the wall", en 97.

Ce nouvel opus était déjà sorti en 2000, mais la signature chez Indigo leur permet aujourd'hui de bénéficier d'une excellente distribution. Un contrat qui porte sur trois elpees. Atout supplémentaire, trois nouveaux fragments ont été ajoutés. Les trois 1ères plages sont les plus percutantes. Tout d'abord, le fracassant "Calling baby". Ensuite l'explosif "Don't know where she went", caractérisé par un duel entre le piano et la guitare. Et enfin, le nerveux "You know-Yeah" de Pee Wee Crayton. Voyage au cœur de la Nouvelle Orléans, "Hey hey now baby" est une composition de Big Joe. Weston fait rouler son piano. Lee Badau souffle dans le sax baryton. West abandonne le piano et empoigne son harmonica pour interpréter "Do what you want to do". Joe possède réellement une voix incroyable, passablement ravagée, mais qui colle tellement à ce style musical. Elle arrache tout sur son passage lorsqu'elle se met à rocker sur le "Love you baby" de Joe Liggins. Le piano de West passe au boogie pour aborder "Hurry up train". Jump & jive, rythme et swing animent "Where you at". Le swing s'attarde sur "Nit wit". Dave Wilson, le nouveau guitariste, prouve qu'il est un digne successeur d'Andy Sylvester, de Steve Walwyn et d'Andy Fairweather-Low. Ecrit par Percy Mayfield, "Life is suicide" est un slow blues très fin de soirée, qui tombe à point au sein de ce panorama musical. En attaquant à la slide, "Can't stop lovin" d'Elmore James, Joe Louis lègue tout de même un peu de son approche du Chicago blues. Une composition au cours de laquelle les saxes de Nick Lunt et de Lee Badau rivalisent d'audace. Le style Playboys est tout d'abord une invitation à la danse. Et à l'écoute de "Come home" et de "Is it true", il est impossible d'y résister. Ce très bon album démontre que cette formation était bien capable de continuer, même sans Mike Sanchez…

 

The Bigger Lovers

How I learned to stop worrying

Écrit par

Chez The Bigger Lovers, on retrouve l'esthétisme power pop du Who, la fragilité mélancolique de Big Star, l'énergie duveteuse des Buzcocks, les harmonies vocales byrdsiennes, le psychédélisme baroque de Robyn Hitchcock et la sensibilité country d'un Neil Young. Pourtant, ce quatuor philadelphien est parvenu à éviter le piège du revivalisme. En faisant sonner ses chansons à la fois fraîches et contemporaines. Notamment à cause de cette manière très subtile, très personnelle d'associer les accords délicats du piano et les cordes de guitare scintillantes, féroces ou brumeuses. Encore que Sebadoh, dans un registre plus lo fi, fasse régulièrement appel à cette technique. Leur premier album est, en tout cas, une belle réussite. Un disque produit par David Presley (Breeders, Spain) que nous pourrions qualifier d'aventureux, de puissant, d'intense, de contagieux et de mélodique. Le tout à la fois. Un must !

 

Billy Mahonie

What becomes before

Écrit par

Billy Mahonie n'est pas le nom d'un musicien, mais celui d'un quatuor yankee, responsable d'une musique exclusivement instrumentale, dont la principale caractéristique procède de la présence de deux bassistes. Un groupe dont le premier album avait reçu des échos très favorables, nonobstant des influences un peu trop pompées chez Slint et surtout Mogwai. Ce qui est tout à fait pardonnable, lorsqu'on sait que ces groupes jouissent d'une très bonne réputation.

" What becomes before " n'a pas gommé d'un seul trait ces affinités post rock, mais emprunte de nouvelles tangentes sonores. Beaucoup plus personnelles, même. Le disque est ainsi partagé entre instantanés rageurs, presque punk, morceaux éthérés, atmosphériques, qui invitent à la méditation, folk appalache et longs fragments dont le développement se révèle à la fois complexe, progressif (NDR : dans les deux sens du terme), et parfois même krautrock (NDR : pensez à Neu). C'est d'ailleurs dans ce domaine que la formation me semble la plus intéressante. A l'instar de l'hyper mélodique " The day wihtout end " (7'21), tout d'abord. Et puis de " Listing with a man for a shark " (6'37), " Keeper's drive " (8'40) et du final " Bres love " (9'24). Trois titres qui finissent par imploser au faîte de leur intensité, avant de laisser retomber les particules bruitistes dans une certaine quiétude ‘mybloodyvalentinesque’. Du grand art ! Même les aficionados de King Crimson devraient apprécier.

 

Marcia Ball

Presumed innocent

Écrit par

Bien que née en 1949, à Orange dans le Texas, cette chanteuse pianiste a été élevée à Vinton, de l'autre côté de la frontière louisianaise. Le décor était donc déjà planté. En 1970, elle se fixe à Austin et monte le groupe Freda and the Firedogs. Elle entame une carrière solo dès 1974. Une période marquée par la confection de superbes albums parus chez Rounder : "Soulful dress", "Hot Tamale baby", "Gatorhythms", "Blue House" et "Let me play with your poodle" ; et puis surtout des œuvres collectives : "Dreams come true" commise en compagnie d'Angela Strehli et de Lou Ann Barton, et "Sing it!" ; en 97, flanquée d'Irma Thomas et de Tracy Nelson.

Entrée en matière, "The scene of the crime" constitue déjà un concentré de la suite des événements. Accompagnée de son piano et s'appuyant sur des musiciens d'exception, tels que Pat Boyack à la guitare, Riley Osborne à l'orgue et Gary Primich à l'harmonica, sa voix pure s'élève sans difficulté. Lors de la reprise du "You make it hard" d'Allen Toussaint, celles de Marcia et de Delbert McClinton rivalisent de qualité. Tous les musiciens méritent d'être cités. Un véritable who's who qui rassemble Roscoe Beck, Doyle Bramhall, Casper Rawls, Kaz Kazanoff et Derek O'Brien. Un premier sommet! Plage rythmée enrobée de chœurs "Count the days" affiche un potentiel commercial naturel. "Let the tears roll down" est une ballade lente, douce, belle à pleurer. Marcia se cale bien dans son fauteuil et entame "Louella", un zydeco boogie woogie parcouru par le piano déchaîné et talonné par l'accordéon de Pat Breaux. Mieux encore, sur "Thibodaux, Louisiana" le piano et l'accordéon sont rejoints par les trois guitares de C.C Adcock, Derek O'Brien et Sonny Landreth. Un second sommet! "Fly on the will" est un R&B au rythme paresseux, illuminé par la slide de Sonny Landreth. "I'm coming down with the blues" est une nouvelle superbe ballade très New-Orleans. L'accordéoniste Pat Breaux nous délivre un de ces soli sur le sax tenor! Sur le rocker "Shake a leg", Marcia échange des politesses avec la guitare de Par Boyack. L'intimité et l'atmosphère cabaret hantent le lent et jazzy "She' so innocent". Derek O'Brien est à la six cordes et Roscoe Beck à la basse acoustique. Dans le style, Marcia vient de signer un album parfait…

 

The Baptist Generals

Dog

Écrit par

Dans le domaine de la lo fi, les Baptist Generals sont vraiment un cas particulier. D'abord, il y a Chris Flemmon, un type capable d'extraire des sonorités pas possibles d'une guitare sèche qui ne doit pas valoir plus de 20 $. De chanter comme un vieillard de 90 piges prêt à rendre son dernier souffle, pour raconter des histoires, tantôt désespérées, sordides ou mêmes horribles, peuplées d'alcoolos, de clodos, de desperados et de populo qui ne fera pas de vieux os. Un peu comme s'il cherchait à exorciser ses propres démons qui le rongent à l'intérieur. Ensuite, il y a Steve Hill. Un percussionniste qui tape sur tout ce qui lui tombe sous la main : casseroles, marmites, seaux et autres objets insolites. Et le résultat de cette rencontre est le plus souvent étonnant ; même si sous sa forme la plus dépouillée, il marche un peu trop sur les traces de Will Oldham. Mais lorsque l'émotion débridée et la tension malsaine entrent en osmose, les compositions atteignent l'intensité " III " sur l'échelle du Led Zeppelin. Ou en terme de référence pure, revisite l'univers de Roy Harper. A l'instar de " 2/3rds Jim's head ", " Pats the rub ", " Dancing magnetic people " ou encore " Damn the bloom ", les meilleures compositions de l'opus. Dommage, d'ailleurs, que les quatorze fragments de ce " Dog " ne soient pas tous de cette trempe…

 

Bardo Pond

Dilate

Écrit par

Bien difficile de ne pas penser à Mogwai ou à Godspeed You Black Emperor ! à l'écoute du dernier Bardo Pond. Rendons à César ce qui lui appartient : Bardo Pond faisait du "Mogwai You Black Emperor" avant tout le monde. Le monde à l'envers, je vous dis : Bardo Pond ouvre et souffle la vedette à Mogwai lors de leur dernière tournée commune. A quand la reconnaissance (des ventes surtout) ? Vous l'aurez compris, l'orientation musicale est résolument noisy, éthérée ainsi que traînée en long et en large (10 titres, 71’ : les climats, faut bien les installer, hein !). Le genre souffre désormais de ces limites. Les surprises ne sont plus au rendez-vous et dans ce cas, l'album lasse malheureusement assez rapidement. Non pas que qu'il soit dépourvu de qualités, mais force est de constater que l'impression de déjà entendu ne se voit diminuée que par le chant féminin très porche de Kim Gordon des Sonic Youth. Tout ça nous ramenant au bon vieux temps de la scène shoegazer anglaise (Pale Saints, My Bloody Valentine et consorts). Si vous ne vous êtes pas encore procuré "Rock Action" ou "Lift your skinny fists…" des 2 bands cités en première ligne, pourquoi ne pas accorder une sa chance à "Dilate" ? Le débat reste ouvert et la question mérite d'être posée.

 

Syd Barrett

The best of / Wouldn´t you miss me ?

Écrit par

De son vrai nom Roger Heith, Syd Barrett est le fondateur du Pink Floyd. C'est même lui qui en avait inventé le patronyme, en s'inspirant de deux bluesmen américains, Pink Anderson et Floyd Council. Un personnage énigmatique responsable de l'intégralité des compositions du premier elpee du Floyd, " The Piper at the gates of dawn ", ainsi que des premiers 45trs, dont les notoires " Arnold Layne " et " See Emily play ". En 1967, Syd commence à perdre la raison. L'abus de substances hallucinogènes, et du LSD en particulier, le précipitent dans la schizophrénie, dont il ne sortira plus qu'épisodiquement. Notamment pour graver deux albums solo : " The madcap laughs " et un opus éponyme ; et puis pour écrire l'une ou l'autre chanson qu'il ne termine même pas. Des artistes aussi célèbres que Jimmy Page, Brian Eno, Twink des Pretty Things et bien sûr les quatre autres membres du Floyd ont essayé de le relancer sur la scène musicale. Certains ont même essayé de le faire de nouveaux enregistrer. Mais sans succès. Depuis 1972, il vit chez sa mère passant ses journées devant la télévision. Pourtant, il est incontestablement un des artistes qui a le plus influencé le rock ; et en particulier sa branche psychédélique. Autant que les Beatles, les Stones ou Bowie. Ce qui n'est pas peu dire. En 22 titres, cette compilation tente de nous le rappeler. Elle ne comporte cependant qu'un seul inédit, " Bob Dylan blues ". C'est sans soute le seul reproche que je puis adresser à ce disque. Car, j'en suis convaincu, des bandes inédites doivent dormir quelque part, peut-être sous plusieurs couches de poussière psychédélique…

 

Basement Jaxx

Rooty

Écrit par

Souvent comparé à Daft Punk, Basement Jaxx a sorti son premier album en 1999. Intitulé " Remedy ", il recelait le fameux single tonitruant et dansant, " Red Alert ". Tout comme son précédent elpee, " Rooty " semble viser le seul et même objectif : faire danser. Et à cet égard, sur des titres tels que " Romeo ", " Jus I Kiss " ou encore " Where's your Head at ? ", le duo britannique se révèle très efficace. L'opus épingle également des fragments tout aussi groovy, mais un peu plus downtempo. A l'instar de " Broken Dreams ", caractérisé par une jolie intervention à la trompette ou encore du titre final de ce morceau de plastique, " Do Your Thing ". Ne cherchez cependant pas un message quelconque à travers leurs lyrics. En général légers et répétitifs, ils ne volent guère très haut. M'enfin, personne ne leur a demandé un engagement quelconque ou des textes subtils. Juste faire danser. Et là, faut reconnaître qu'ils ont des planches…

 

Beautiful Skin

Revolve

Écrit par

Une chose est sûre, cette formation a beaucoup écouté la musique des eighties pour concocter un tel album. La new wave, la cold wave, le post punk, le funk blanc et tutti quanti. Hormis le final électro-atmosphérique " Current time ", titre qui aurait pu figurer, s'il n'y avait eu les parties vocales, sur un elpee de Tangerine Dream, les neuf autres fragments de l'opus agitent une multitude de spectres nés au cours de cette époque. Et en particulier ceux de Joy Division, PIL, Gang Of Four, Throbbing Gristle, Orchestral Manœuvres In The Dark, Simple Minds circa " Real to real cacophony " et Depeche Mode " Conctruction time again ". Et lorsque le groove prend une forme hypnotique, à l'instar de "Hold still", c'est même à Hunters & Collectors qu'on se met à penser. Dans ces conditions, il est facile d'imaginer que les mélodies trempent dans un climat mélancolique, un climat entretenu, inévitablement, par des vocaux ténébreux ou frénétiques, des synthés lancinants ou glacés, des accès d'électricité gémissants ou écorchés, un tempo convulsif ou robotique, ainsi que des expérimentations post industrielles…

 

Beaver

Mobile

Écrit par

Et mon calvaire a duré près de 45 minutes… Guère inspiré par cette plaque, je me suis baladé sur le site de Man's Ruin pour prendre le pouls. Les avis sont unanimes, les notes de " Mobile " peinent à atteindre le 5/10. La sentence, prononcée par les habitués du genre, le ‘stoner’, par les fervents adeptes du label américain, est sans appel. Ce qui ne doit guère encourager les patrons à signer des Européens (en l'occurrence des Bataves) pour un genre qui colle si bien aux States. Alors, que dire de plus ? Gonflé à outrance de clichés, Beaver tente de faire illusion, mais personne ne s'y trompe. Le tout se dégonfle dès la 7ème seconde de chaque plage et nous inflige ensuite près de 4 minutes d'ennui profond. Et ce chant… Une des plus faibles sorties de la semaine, du mois, de tout ce que vous voudrez.

 

Ghalia Benali & Timnaa

Wild harissa

Écrit par

Avant de se lancer dans une carrière musicale, Ghalia Benali s'était illustrée comme actrice de cinéma. Elle avait notamment joué dans le film " La saison des hommes ". Un long métrage qui ne vous dit peut-être rien, mais qui a rencontré un certain succès dans le maghreb. Ghalia est d'origine tunisienne et elle avait envie d'associer la culture arabe, et en particulier classique d'origine jordanienne, iranienne et bien sûr tunisienne, à de nouvelles formes musicales, parfois même médiévales, slaves, brésiliennes voire andalouses. C'est la raison pour laquelle elle s'est entourée de musiciens venus de tous les horizons. Des guitaristes flamenco, des percussionnistes orientaux et surtout des violonistes talentueux, capables d'enflammer les mélodies de leurs accès tantôt fougueux, tantôt raffinés, tantôt grinçants, tantôt suaves… Tout un contexte au sein duquel la voix chaude, chaloupée, de Ghalia, vient se glisser dans une tonalité intermédiaire inhabituelle. On a même parfois l'impression d'assister à une rencontre entre le Transglobal Underground de Natacha Atlas et l'orchestre égyptien qui avait accompagné Page & Plant pour enregistrer " No quarter ". Surtout lorsque les violonistes Guido Schiffer et Renaud Ghilbert conjuguent leurs instruments au cœur de leur sphère passionnelle. Et si l'opus concède l'un ou l'autre morceau plus faible, il recèle aussi des morceaux très forts, et même splendides…

 

The Beta Band

Hot shots II

Écrit par

Bienvenue dans l'univers atmosphérique, excentrique, mais tellement mélodique de Beta Band. Un groupe qui n'hésite pas à mêler acoustique, hip hop, vocaux spectraux et diaphanes, instrumentation éclectique, percussions insolites et technologie moderne pour se balader à travers les styles et les sons. Et c'est encore le cas sur leur nouvel opus, " Hot shots II ". Encore que nonobstant les multiples samples, le disque paraît beaucoup plus homogène que ses prédécesseurs. Et le travail accompli par Colin Emmanuel, alias C-Swing, à la coproduction n'y est pas étranger. Un disque qui recèle, bien évidemment, la cover revue et corrigée du " Daydream " de Wallace Collection, un hit qui avait tant cartonné au cours des sixties. Une nouvelle version que vous avez certainement déjà eu l'occasion d'entendre ou d'écouter sur l'une ou l'autre station radiophonique. Et figurez-vous que les musiciens de Beta Band ont adapté ce tube, sans en connaître l'histoire. En fait, ils l'on découvert, par hasard, sur une compile. " Hot shots II recèle " d'autres surprises. Tout d'abord " All sharp " qui agrège chants grégoriens, rythmes reggae et ligne de basse groovy. Le tribal et psychédélique " Quiet " également, sorte de rencontre hypothétique entre Primal Scream et Syd Barrett. L'ombre de l'ex Floyd plane encore sur " Human being ". Elle a même pris une forme underground digne d'" Arnold Layne. Et enfin " Gone ", berceuse de pure soie pop qui sied tellement bien au timbre vocal lugubre, lancinant, de Steve Mason. Plus éthérées, les autres compositions sont davantage visionnaires. Un peu comme chez Mercury Rev. A l'instar du final " Eclipse ", tellement propice à la rêverie (!?!?)…

 

Beulah

The coast is never clear

Écrit par

Beulah serait-il aux States ce que Pulp et Divine Comedy sont à la Grande-Bretagne? Je ne pousserai pas le bouchon aussi loin, mais il faut reconnaître qu'il existe de grandes affinités entre ces trois formations. Surtout dans le domaine des orchestrations et des arrangements empruntés au music hall. Et puis à cause de leur goût commun pour la pop des sixties. Beulah avouant cependant une préférence pour les Beatles, les Beach Boys et les Kinks. Et pourtant, Beulah ne verse pas dans le revivalisme. Probablement à cause de cette approche toute particulière de la mélodie. Aussi légère, moelleuse et capricieuse que celle de Pavement. La voix de Miles Kurosky campant, nonobstant un timbre plus clair, des inflexions fort proches de Stephen Malkmus. Et puis de ces empreintes pas toujours très nettes, mais très présentes de country & western. Tout un ensemble de caractéristiques qui mises ensemble, débouchent sur douze fragments fort agréable à écouter, aussi ensoleillés que rafraîchissants, un peu à l'image de la pochette. Manque plus que le cocktail, le hamac et… (NDR : qui a dit les jolies filles ?)