L’aurore de Lathe of Heaven…

Issu de Brooklyn, Lathe of Heaven sortira son nouvel elpee « Aurora », le 29 août. Né d’un processus d'improvisation, cet opus est propulsif, captivant et structuré, abordant des thèmes lourds et incorporant des influences littéraires. En attendant, la…

Winter adults only ?

Winter, une artiste issue de la nouvelle génération de shoegaze, a annoncé la sortie de…

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La vie explosive de Fine Lame

Groupe de rock poétique incisif, enflammé, tumultueux, exalté, tranchant, Fine Lame convoque le rock français à appétence littéraire et la tradition du spoken word anglo-saxon. Le groupe a sorti un premier Ep 5 titres le 29 novembre 2022 qui évoque tant le…

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Stonedigger

A collection of headphones songs

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Stonedigger est un quatuor belge, de Saint-Trond très exactement, qui peut compter sur deux chanteurs dont les timbres vocaux sont complémentaires : Olivier Elen et Steve S'heeren. Et franchement, si ce dernier n'est pas né aux States, il n'y a rien à comprendre, tant son accent yankee est prononcé ; tant il est nasillard, si vous préférez ! Et ce sont finalement ces harmonies vocales qui apportent une coloration très personnelle à leur musique. Qu'on pourrait qualifier de noisy/popcore. Encore que sur les morceaux les plus tendres, la conjugaison des voix me fait plutôt penser à la pop narrative d'Eels. Une noisy/popcore qui chercherait le point de rencontre entre les Pixies et Dinosaur Jr. ; mais avec un état d'esprit aussi torturé que celui de dEus ou de Zita Swoon. Et hormis la reprise approximative du " Space Oditty " de Bowie, le résultat n'est pas mauvais du tout. Il se révèle même excellent sur " Paranoid " (NDR : rien à voir avec le Black Sabbath !), une chanson profilée sur une basse caoutchoutée, saupoudrée d'une pincée de claviers et traversée de sous-courants d'électricité fiévreuse qui jaillissent lors de la finale. Le disque recèle, en outre, deux compositions beaucoup plus minimalistes. Tout d'abord " Blue bus ", limité à une six cordes électrique, deux voix et un clavier, et puis " Stargazer ", réduit aux deux voix et à une sèche.

Stratovarius

Infinite

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S'ils passaient pour des ‘ringards’ il n'y a pas si longtemps encore, les groupes de heavy métal qui s'attachent à une certaine tradition mélodique, voire symphonique, héritage d'un courant né dans les années 80, retrouvent depuis peu un certain crédit auprès du public hard. Aujourd'hui Dream Theater remplit l'Ancienne Belgique, Gamma Ray s'offre une place de choix dans le référendum d'Hard Rock Magazine, et Stratovarius, groupe finlandais, cartonne sur MCM. Solos flamboyants, refrains accrocheurs, nappes de claviers omniprésentes caractérisent la musique de la formation du pays du froid, qui signe là un huitième album que d'aucuns annoncent décisif pour sa carrière. A l'écoute de cette nouvelle livraison à la pochette somptueuse, le single " Hunting High n'Low " décoiffe d'entrée de jeu et annonce la couleur. Désormais, les prouesses guitaristiques du talentueux Timo Tolkki apparaissent comme l'élément majeur du combo mélodique, mais puissant. Stratovarius a innové, mais pas trop, juste assez pour séduire un public plus large, sans trahir ses fans de la première heure. Avec " Infinite ", même les adeptes du rock progressif trouveront leur bonheur ; des titres comme " Mother Gaia " ou " Celestial Dream " marchant allègrement sur les plates-bandes d'un Saga ou même d'un Genesis période Collins.

The Stryder

Masquerade in the key of crime

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Les coûts de connexion sont ce qu'ils sont. Surfeur/lecteur, pour t'éviter d'avoir à lire deux fois la même critique, je te signale que ce CD a déjà été commenté par mes soins sous le nom de Movielife. Alors si tu l'as déjà lue, voilà toujours quelques francs d'économisés…

 

James Solberg

The hand you´re dealt

Écrit par

James Solberg et son groupe ont servi de solide backing band à Luther Allison durant les dernières années de son existence. Reconnaissant, le JSB avait honoré une dédicace évidente avec leur "L.A Blues" sorti en 1998. Pour ce tout nouvel album, James a conservé un titre inédit rehaussé de la présence de Luther.

L'album démarre par un rocker royal "Build you a castle" qui abat tout sur son passage. Le producteur est le célèbre Jim Gaines de Memphis, et c'est bien dans l'atmosphère de Beale Street que l'on se retrouve pour un sémillant "Buzz me", avec l'orgue d'Ernest Williamson à l'animation. La plage titulaire est une ballade paresseuse, bien attractive dont le climat musical n'est pas sans rappeler le meilleur Dylan, lorsqu'il était accompagné du Band. La voix de Solberg, passablement graveleuse, naturellement forte, se prête superbement à ce type de rythme, alors que sa guitare peut décoller. Chatoyante, colorée, elle dessine des lignes mélodiques que tout guitariste envierait. Des chœurs féminins viennent l'entourer pour "I'm goin' home". Un gospel enivrant où Williamson s'imagine aux grandes orgues de l'église du coin. Cette joie divine se retrouve sur le doux "Members only". James a écrit "When's the last time", sur un rythme bien connu du Chicago blues. On s'imagine, à chaque instant, voir apparaître la silhouette de Luther Allison ; mais il se fait attendre. Toutefois, ce n'est que partie remise, car le blues somptueux "Still called the blues" introduit le célébrissime musicien. Et les bonnes choses ne sont pas terminées. Williamson passe au piano et le groupe de musiciens parfaitement soudé déménage, pour notre plus grand bonheur, lors d'un rock blues triomphant intitulé "You got me knockin".Un excellent album dont la conclusion s'opère dans le blues total, à travers "Perfect strangers".

 

Solex

Pick up

Après avoir commis le très intéressant " Solex vs the hitmester ", en 1998, Solex nous revient avec un deuxième album. Un disque toujours aussi complexe, expérimental, dont le mélange de pop, de lo-fi, de jazz, de bossa nova et de techno est contrebalancé par le timbre vocal glacé, doucement puéril d'Elisabeth Esselink. Intelligemment orchestrée, truffée de bruitages, de samples, de boucles et de rythmes angulaires, la musique de Solex déferle avec une force hypnotique, une sensibilité ésotérique et un intimisme capricieux. Pour enregistrer cet opus, Elisabeth s'est quand même entourée de quelques collaborateurs. Pas pour manipuler des machines, mais pour jouer des drums, des percussions, de la guitare ou de la clarinette. Un disque tout à fait original, undeground dans le sens le plus pur du terme, même si en cherchant bien on y retrouve l'une ou l'autre trace de Raincoats, de Delta 5, voire de Beck dans ce qu'il a imaginé de plus marginal...

 

Something Like Elvis

Shape

" Shape " constitue, apparemment, le deuxième album de cet ensemble polonais, qui est parvenu à intégrer un accordéon dans son punk oppressant, sulfureux, imprimé sur un tempo endiablé et parcouru de vocaux laconiques mais vindicatifs. On a ainsi parfois l'impression d'assister à une rencontre hypothétique entre Jane's Addiction et les Négresses Vertes, même si épisodiquement on retrouve des traces de trash, de funk et même de prog rock. Et si en final, Something Like Elvis s'aventure dans un free jazz de plus en plus déstructuré, c'est en " Tango " que nous avons décelé la meilleure composition. Basse qui rôde et tempo rampant nous rappelant les meilleurs moments de Morphine, même si l'accordéon a pris la place du saxophone...

 

Sonic Youth

NYC ghosts & flowers

Écrit par

Pas de hit imparable sur le nouvel album de Sonic Youth. Mais est-ce ce qu'on leur demande ? Coincés entre deux tendances incompatibles, nos new-yorkais n'en arrive pas moins à tirer de justesse leur épingle de jeu. Avec d'un côté leur label " syr " franchement expérimental et de l'autre les albums destinés à Geffen, leurs coeurs balancent. Ces hésitations sont bien palpables sur ce " nyc... ", d’où l'idée de ‘concept’ chère à une certaine élite intellectuelle de la grosse pomme côtoie l'envie de faire un rock n' roll de facture plus classique. La structure des morceaux est du Sonic pur jus. Les passages calmes sont annonciateurs de déchaînements sonores, l'alternance des voix tente d'installer leur jeu d'échos. Mais là où le groupe parvenait à créer une tension, un crescendo, les nouvelles compositions ne font que tomber à plat et la cohérence des précédents albums n'est plus qu'un souvenir. Force est de constater que le groupe tente de se renouveler, d'emprunter une nouvelle voie dans l'approche de la composition. Sans vraiment y parvenir, pour cette fois. Ce qui n'empêche pas nos petits amis de se ménager de la marge et de se permettre un petit écart. Pardonnés parce que c'est eux, les musiciens de Sonic ne doivent quand même pas abuser des bonnes choses s'ils ne veulent pas passer pour de vieux gâteux radoteurs.

Sonic Youth serait-il occupé de courir après des fantômes, ses fantômes, dans cette grande ville, qu'est New York...

 

Soulfly

Primitive

Écrit par

Depuis la sortie de " Roots ", album de Sepultura, le Brésilien Max Cavalera s'évertue à marier, avec bonheur, percussions et chants tribaux à son métal bien grassouillet. Deuxième salve de la formation Soulfly, " Primitive " n'échappe pas à la règle. Ressemblant de plus en plus à un projet solo, cet opus nous balance en pleine face un pavé de métal ethnique superbement construit, mais pas toujours facile à digérer. Le populaire et sympathique Max s'est entouré d'une brochette de copains pour accoucher de son nouveau-né. Ainsi, on retrouve Corey Taylor de Slipknot sur "Jumpdafuckup", Chino Moreno de Deftones sur "Pain", Sean Lennon (fils de John) sur "Son Song" et surtout Tom Araya de Slayer sur le décoiffant "Terrorist". La diversité est donc au rendez-vous, mais " Primitive ", oeuvre d'un des pères du néo-métal, pèche par manque d'innovation et par l'interchangeabilité de ses riffs et refrains. A ce jour, le cultissime Chaos AD demeure l'oeuvre la plus marquante de la famille Cavalera.

 

Soulwax

Much against everyone's advice

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Deuxième album pour cet ensemble gantois drivé par les frères David et Stephen Dewaele. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il est bourré de hits potentiels. Depuis le kravitzien " Conversation intercom " au techno métal " Too many DJ's ", en passant par " Saturday ", imprimé sur un tempo emprunté au " J'aime regarder les filles " de Patrick Coutin, la symphonie post industrielle " My cruel joke " et le titre maître, bercé par une power pop vivifiante digne des Wannadies. Et le reste ne manque pas d'allure, même si les ballades ont un peu trop tendance à lorgner vers le post grunge de Stone Temple Pilots voire de Soundgarden. Trois fragments se démarquent cependant de la coloration essentiellement pop américaine. Tout d'abord " Temptingly yours ", dont le psychédélisme pastoral et capricieux évoque le Gorky's Zygotic Mynci. " Scream ", ensuite. A cause des arrangements aussi raffinés que ceux opérés par les Nits. Mais dans leur période la plus électrique. Et enfin, le superbe " The salty knowledge of tears ", réminiscent de la britpop rafraîchissante et semi acoustique du défunt et mythique LA's. Et comme la voix de Stephen est à la fois superbe et puissante, toutes les chansons gagnent en intensité…

 

The Seatsniffers

Born again

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Le troisième album de nos Seatsniffers est curieusement axé sur le gospel ; et franchement, je ne m'attendais pas à cette célébration divine de nos Anversois. Curieux aussi de voir Walter Broes serrer la Bible entre ses mains. Mais, place à la Musique!

L'ouverture "The river of Jordan" est imparable. Du pur Seatsniffers, avec cette rythmique métallique à l'acier éprouvé. Walter est secondé par Luc Houben à la basse et Piet DeHouwer à la batterie. Tout les autres chantent, en effet, dans un style gospel qui s'inscrit sur nos fronts. "Born again" expérimente donc les voix à l'unisson. Elles sont de nouveau mises en avant sur "There's a higher power" des Louvin Brothers. La guitare est bien entendu très présente dans le décor rythmique. Mais le son est encore plus sale que celui de Dave Gonzales. Ils se lancent ensuite dans un reprise pas possible de "Backwoods preacher man" de Tony Joe White, un peu comme si le titre avait été créé par Sam the Sham, avec une partie de guitare sérieusement déjantée à la Vestine. Maintenant, quand j'entends la suite "Kneel at the Cross", "Pure religion", je me demande s'ils n'en font pas trop. La démarche est-elle si sincère? Au moment où j'allais lancer un avis de recherche pour le saxophone de Roel Jacobs, le voici qui apparaît dans une version ska de "Jesus died for me" de Hank Williams. Et les Sniffers de replonger dans leur gospelbilly avec un "Jubilee" intéressant, curieux, inattendu et surprenant. La production sans reproche est de Thomas Yearsley (ex-Paladins) qui actionne également la pedal steel sur la belle finale, "Taggin' along". Ceci dit, Roel, mériterait un peu plus de temps libre au sein de cet espace sonore...

 

The Seesaw (Netherlands)

Gold and money

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Si ce quatuor avait été américain, il aurait pu émarger au mouvement ‘riot grrrl’, tant ses affinités avec des artistes ou groupes comme Juliana Hatfield, Veruca Salt, Jale et consorts est frappante. D'abord, parce que le line up est constitué de trois filles et d'un garçon ; et puis surtout, parce que le groupe est responsable d'une musique vivifiante, électrique, post adolescente, héritée en ligne droite des Dinosaur Jr, Sonic Youth, My Bloody Valentine, les Breeders, Throwing Muses et des inévitables Pixies.

Pourtant, cette formation nous vient des Pays-Bas. Et ce " Gold & money " constitue son deuxième album. Un disque qui laisse quand même une place à l'une ou l'autre chanson plus tendre, plus lo fi. Et puis dont les compositions intègrent également des instruments moins conventionnels pour le style en présence, tels que l'orgue, le xylophone ou le violoncelle. Ce qui donne une coloration plus riche aux mélodies flottantes, légèrement psychédéliques, soulignées par la fraîcheur des harmonies vocales féminines. Pourtant, les titres que j'apprécie le plus demeurent, bien sûr, ceux qui ont été découpés dans l'intensité électrique la plus pure, la plus frénétique, capable d'exploser à tout instant. A l'instar de " My finest hour " caractérisé par ses changements de rythmes intempestifs, du menaçant " The party " ou du pixiesque " Choke me ". Un chouette album !

 

Harmonica Shah

Deep Detroit

Écrit par

Une bonne surprise, puisque j'ignorai l'existence de ce noir débonnaire, répondant au surnom d'Harmonica Shah. Un musicien originaire d'Oakland en Californie où il est né en 1946. Il a été élevé à Summerville au Texas et a finalement abouti, en 1967, à Detroit, la Cité du Métal. Depuis, il fait partie de la scène blues locale, au même titre qu'Eddie Kirkland, Eddie Burns ou des Butler Twins. Son blues est urbain, électrique, mais les profondes racines sont présentes en permanence. L'album a été enregistré en prise directe. Et s'il a été enregistré en studio, il n'a bénéficié d'aucune logistique technologique. C'est donc bien du blues à l'état brut que nos oreilles découvrent.

Shah aborde " Dun made my gateway " en rendant hommage à Buddy Guy et Junior Wells, dans un style très direct, sans fioritures, qui navigue quelque part entre Howlin' Wolf et Magic Slim. Shah souffle bien, mais sa technique est assez rudimentaire. Invité à la guitare, Howard Glazer n'est pas du genre discret. Il a réglé son ampli au maximum, et joue avec beaucoup d'écho. L'homme est habité par le blues. C'est indiscutable sur le lent "Bloodstains upside the wall". Un blues à ras de terre qui vous décoiffe au passage. Su-per-be!! Si Shah n'a pas la technique innée, il est saturé de feeling. Ce qui explique pourquoi son discours à l'harmonica passe la rampe admirablement. Sa version de "Mellow down easy" est un bonheur. Une formule ultra simple, mais gagnante à coup sûr. Et lorsqu'il maintient le rythme, il évolue à proximité du style très roots de Magic Slim. Avec bien sûr, l'accent réservé, non pas à la guitare, mais à l'harmonica. A l'instar de "Don't kick me to the curb", "Eyesight to the blind" et de la cover de Sonny boy Williamson, "Born blind". Et, vous l'avez compris, même si l'homme de Detroit est très imbibé de la fameuse Hastings street, c'est bien l'atmosphère du South Side de Chicago qui se dégage tout au long de "Deep Detroit". Et, au bout de l'album, il devient complice d'un autre merveilleux bluesman, Jimmy Reed. Pour y souffler dans les aigus sur "Repro man". Enfin, avant de clore l'opus, il vous inocule un dernier frisson, en interprétant le lent "Once upon a time". Il était une fois….un excellent bluesman, appelé Harmonica Shah. Laissez-vous tenter!

 

The Shaka Brothers

Blues Blood

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Réputé sur le circuit allemand du blues, Tom Shaka aura bientôt 50 ans. Il passe d'ailleurs une bonne partie de son existence à Hambourg. Je lui connaissais l'album "Hot'n'Spicey", sorti sur Crosscut en 92. Il fait équipe cette fois avec son frère Bill. De leur vrai nom Sciacca, les frangins ont du sang sicilien qui coule dans leurs veines. Ce qui explique, sans doute la chaleur qu'ils dégagent naturellement. Tom chante, de manière excellente, et joue des guitares. Bill l'accompagne à l'harmonica. Leur downhome blues est croustillant et d'excellente facture.

Très bien enlevée, leur version de "Sugar Mama" respire le blues bon teint. Envoûtante, profonde, la voix de Tom Shaka éclate depuis les tréfonds de sa gorge. Sa puissance naturelle donne du relief aux plages pourtant déjà bien connues telles que "Peach Tree blues" d'Eddie Taylor ou le sublime "Cold Chills". Lorsque les Shaka s'excitent sur le bouillonnant "Send you back to Houston", c'est pour mieux annoncer leur hommage à l'un des plus grands, Sam "Ligthnin' Hopkins. Et c'est avec beaucoup d'émotion qu'ils s'acquittent de son "Drinkin' woman". Bill Shaka y va du style "whoopin'" de Sonny Terry sur "Crawdaad song". J'adore les deux versions de "Prowling Groundhog" de Joseph Lee Williams. Tom nous y flanque le frisson dans son interprétation à mi-chemin entre Sam Hopkins et John Lee Hooker. C'est également d'une voix très noire qu'il chante a capella le traditionnel "John the Revelator". Les trois dernières plages ont été prises live au Dowtown Blues Club de Hambourg. Les frères interprètent "Found true love" de Jimmy Reed, avant d'inviter Lousiana Red et sa slide roucoulante pour "Sweet leg girl" ; et enfin de laisser Honeyboy Edwwards prêter sa voix fantomatique au "Shake 'em on down" de Tommy Mc Clennan. Excellent dans le style!

 

Shellac

1000 hurts

Écrit par

Tous les groupes de post rock et d'émo-core sont redevables de Shellac. Véritable objet de convoitise et de repère musical, ce projet " défouloir " imaginé par Steve Albini sort des plaques épisodiquement ; et en particulier lorsque ses emplois du temps lui permettent. C'est dire le caractère quasi événementiel qui revêt une telle sortie. Sous la forme du vinyle d'abord. Toujours. Le cd suivant quelques semaines plus tard. Aucun exemplaire promo de ce " 1000 hurts "n'a été envoyé à la presse. Les distributeurs ont même signé un contrat à cet effet. J'y suis donc allé de ma poche ( NDR : ça m'arrive encore souvent, faut pas croire). Petit détail, lorsque vous achetez le vinyle, le cd est négligemment inclus dans le box en carton… Passés ces détails, il faut bien admettre que Shellac possède toujours une longueur d'avance sur ses suiveurs. L'album est captivant de bout en bout, évitant finement les pièges du genre. Bien sûr le style est toujours le même : syncopé, aride et lancinant, mais la réinvention constante permet de passer outre l'impression de déjà entendu. Un cran au-dessus de " Terraform " (1997), mais pas de l'inégalé maître étalon, " At action park " (1994), " 1000 hurts " constitue une des très bonnes sorties de cette fin 2000.

Lonnie Shields

Midnight delight

Écrit par

Digne représentant du Delta blues moderne, Lonnie Shields est aujourd'hui âgé de 44 ans. Originaire de West Helena, dans l'Arkansas, il est venu au blues, après avoir rencontré les Jelly Roll Kings, Frank Frost, Sam Carr et Big Jack Johnson. Lorsque le label Rooster se fixe à Clarcksdale, dans le Mississippi, il est le 1er bluesman local à y enregistrer. L'album "Portrait", en 92, pour ne rien vous cacher. Johnny Rawls le fera signer chez JSP, le label anglais de John Stedman, sur lequel il sortira 2 albums, "Tired of waiting" en 96 et "Blues is on fire", l'année suivante. Lonnie avait commencé à enregistrer cet album pour Rooster en 93, mais ce travail a été complété pour "Midnight delight". Il est accompagné par l'équipe locale de Rooster. En l'occurrence, Johnny Rawls, L.C Luckett et Super Chikan.

Lonnie est surtout un chanteur de soul blues. Sa musique est légère, empreinte de beaucoup de sensibilité. La guitare semble frêle, mais elle aussi, laisse échapper bien du feeling. Ce n'est donc pas un album de Delta blues, car la place laissée à la soul l'emporte aisément. Dommage, car lorsque notre homme s'attaque au blues, c'est plutôt réussi.

Curieux, mais la meilleure plage, "Lookin' up at the blues", clôt le disque. Un blues réellement savoureux. Son jeu tout en finesse sur les cordes épouse idéalement sa voix chaleureuse. Dans le genre, "Arkansas is my home", interprété en compagnie de son ami Super Chikan à la guitare n'est pas mal non plus. L'ouverture qui donne son nom à l'album se dessine autour d'une bien jolie mélodie, colorée par les cuivres des Gold City Horns. Voilà une plage que j'aimerais entendre chantée par Robert Cray. La guitare toute en dentelle de L.C Luckett et le jeu de basse d'Eric Thomas accompagnent à merveille "Love games". Le riff de "I'm bad" nous invite à la danse. L'instrumental "De Soto bridge" (un pont qui relie l'Arkansas au Mississippi) est aussi un bon moment au cours duquel se distinguent Johnny Rawls à la guitare et Charles Hodges à l'orgue.

 

Silkworm

Lifestyle

Écrit par

Saviez-vous que ce trio compte, à ce jour, sept albums à son actif ? Une jolie performance pour un combo qui ne rencontre qu'un succès très confidentiel. Et le mot est faible ! Ce qui peut paraître une injustice, lorsqu'on connaît la qualité de leur musique. Une musique aussi capricieuse que celle de Pavement, mais qui épouse un profil semi garage, semi lo fi, tout en libérant une intensité électrique tantôt crazyhorsienne, tantôt marécageuse, réminiscence du défunt et mythique Dream Syndicate. Exceptions qui confirment la règle, ce " Lifestyle " recèle deux compositions acoustiques (" Roots " et le final " The bone "), et puis surtout une cover assez réussie du " Ooh la la " des Faces…

 

Six By Seven

The closer you get

Taxé dès ses débuts de pâle copie de Radiohead, Six By Seven s'est progressivement débarrassé de cette allégorie, en embrassant un style plus sauvage, plus viscéral, propice à des excursions soniques aussi élaborées que chez Quickspace voire Mogwai. Dispensant une intensité aussi malveillante et sensuelle qu'un Afghan Whigs et libérant un groove implacable et hypnotique digne de Spacemen 3, sa musique manifeste aujourd'hui une virginité émotionnelle très personnelle. Le timbre vocal de Chris Olley, qui oscille du falsetto au cri primal, y est sans doute pour quelque chose. Mais également la causticité et l'inventivité des accords de guitares. Des riffs qui peuvent à tout instant exploser dans une cacophonie lacérante de distorsion et de feedback, avant de retomber sur le fil mélodique. On a même droit, avec " England and a broken radio " à un détour par la cold wave ; alors que nappé de claviers hammond, " Another love song " aurait pu relever du répertoire des Charlatans. Et pourquoi pas même faire l'objet d'un single. Et, en finale, Six By Seven nous réserve une dernière surprise, sous la forme d'une ballade psychédélique et mélancolique : " 100 something foxhall road ". Encore qu'on imagine plus facilement un Smashing Pumpkins, atteint d'un coup de cafard, épancher ce type de spleen...

 

Slash’s Snakepit

Ain´t life Grand

Écrit par

Débarrassé du carcan Gun's n' Roses, le guitariste Slash s'était fait plaisir avec son premier album solo "It's five o' clock somewhere". Il retrouvait ainsi des sonorités bien plus hard rock n' roll que celles des dernières productions d'Axl Rose et compères. Avec "Ain't Life Grand", Slash enfonce le clou et se permet même de donner une leçon d'énergie à ses anciens condisciples des Guns. Très Aérosmith dans l'âme, la nouvelle galette cogne ferme et transpire le cambouis de la première à la dernière plage, pour le plus grand bonheur des inconditionnels de rock bien gras. Cependant, à l'issue de l'écoute du nouveau bébé de Slash, les métalos en quête d'originalité et d'innovation resteront sans nul doute sur leur faim. Ni fioritures, ni arrangements tarabiscotés, ni réminiscences de néo-black-gothic-fusion-prog-true-électro-métal. Rien que du rock n' roll, du Jack Daniel's, des bagnoles et des demoiselles aux mœurs peu recommandables. Cliché, mais oh combien fun, fun, fun...

 

Sleater-Kinney

All hands on the bad one

Depuis la disparition des Breeders, de Belly et de Veruca Salt, il n'existe pratiquement plus de formations popcore de pointe dont le line up est majoritairement ou exclusivement constitué de filles. Un phénomène né à Boston qui avait battu son plein au milieu des nineties. Baptisé en son temps " riot grrrl ", il avait la particularité de s'inspirer directement du mythique Pixies. Sleater-Kinney possède tout les atouts pour ranimer la flamme de ce mouvement. Un trio féminin qui ne compte pas de bassiste en son sein, mais deux chanteuses/guitaristes et une drummeuse. Ce qui explique pourquoi leur musique est aussi âpre et féroce, mais rafraîchissante et contagieuse que celle des Pixies circa " Come on pilgrim ". Seule différence, les accès de funk blanc, empruntés plus que probablement à Gang Of Four ou à Au Pairs. Bref, un opus fort intéressant, même si on lui reprochera une certaine austérité post punk dans les vocaux...

 

Filmore Slim

Other side of the road

Écrit par

Ce bluesman est assez difficile à cerner, tant il change de nom, ou plutôt de surnom! Né en Louisiane voici 64 ans, il a émigré vers la Californie en 1955. A Los Angeles d'abord. A San Francisco deux ans plus tard. Après un long passage au pénitencier, il fréquente le célèbre Eli's Mile High Club de Troyce Key, d'Oakland. En 1987, il signe son premier elpee, " Born to sing the blues ", sous le nom de Clarence ‘Guitar’ Sims, sur le label du club. Cet album a été réédité sous la forme d'un CD en 98, sur Mountain Top. En 96, il grave "It's going to be my time after while", sur Uptown Video. Il nous revient au cœur de l'écurie Fedora, encadré du boss Chris Millar aux drums, de Jeff Henry à basse, de J.J Malone au piano et de Paris Slim à la deuxième six cordes.

Fillmore Slim n'a pas la voix caractéristique d'un shouter. Il n'en a ni le timbre, ni la puissance. Elle affiche même, en permanence, un certain sentiment de fragilité. Ce qui ne l'empêche pas de chanter juste et avec une bonne dose de feeling. Le plus intéressant chez Slim, c'est la manière de faire sonner sa guitare. La tonalité est propre, très amplifiée mais à aucun moment lourde. Ses soli sont autant de petits ouvrages savamment ciselés.

Et on s'en compte dès les premières plages, "Let's talk about love" et "Dial 911". Parmi les meilleurs instants de cet album, je poserai le doigt sur le paresseux "Kicked out" et, dans le même registre, la superbe plage titulaire. Sur "The girl can't cook". Paris Slim joue de la steel guitar, rappelant ainsi, avec émotion, l'un des bluesmen que Clarence rencontra dans ses 1ères années à Frisco, le redoutable LC "Good rocking" Robinson. Sur "Lousiana scat", Slim renoue avec ses origines de la Nouvelle Orleans. Le trombone de Los Nunes est à l'avant-plan, et y reste pour la finale écrite par Danny Bartholomew, " Blues Monday ". Légèrement funky, colorée de phrases de guitare empruntées à Albert King, " Annabelle " est une composition que j'aime beaucoup. Tout comme le dépouillé, proche du Delta " Down on the farm ". Un bon album!

 

Magic Slim

Snakebite

Écrit par

Morris Holt, alias Magic Slim est l'un des derniers grands bluesmen de Chicago toujours présents. Et quelle présence! Il est aujourd'hui âgé de 63 ans. Né à Torrence, dans le Mississippi, il est devenu l'ami d'enfance d'un autre bluesman magique, Magic Sam Maghett. Slim a formé ses Teardrops en 1967, avec ses jeunes frères, Nick et Douglas, respectivement à la basse et aux drums.

Son premier album, "Born under a bad sign", est sorti en 1977, sur le label français MCM. Et le suivant, "Highway is my home", l'année suivante, sur Black & Blue. Depuis, il ne cesse d'enregistrer. Autant en studio que live, pour les labels Alligator, Rooster Blues et Wolf. "Snakebite" constitue déjà le 4ème pour Blind Pig, après "Gravel road", en 90, "Scufflin" en 96 et "Black Tornado", en 98. Frère Nick tient toujours la basse, Allen Kirk, les percussions et Michael Dotson, la 2ème guitare.

L'ouverture "What's wrong", est du pur Magic Slim. La voix est voix puissante. Le rythme et la guitare ne cessent de s'évader. Quand il a obtenu la résidence au club Florence à Chicago, il succédait à Hound Dog Taylor. Instrumentale, la plage titulaire est ici un vibrant hommage à ce dernier, le même produit brut ; et Dotson tient la slide pour rivaliser avec Slim. "Please don't dog me" est bien entendu le blues lent attendu. Son climat volontiers dramatique est appuyé par la guitare qui ne produit que les notes nécessaires, mais avec intensité. Parfois Slim pousse un petit écart vocal emprunté à Howlin' Wolf. "Key to your door" émarge au funk, matière à se trémousser face à la scène. Rock'n'roll très Berry "Shake it" déménage. Et lorsqu'il nous envoie "Lump on your stomp" de Little Milton, sur un rythme à peine adouci, tout le monde se secoue. "Lump on your stomp" de Little Milton est envoyé sur un rythme à peine adouci. La reprise du "Country Boy" de Muddy Waters est du pur Chicago Southside. Muchael Dotson chante son "Lonesome trouble", avec une bonne dose de soul, et une guitare tournée vers Albert King. "Snakebite" se referme comme il s'était ouvert, avec du pur Magic Slim ; un boogie shuffle intitulé "Mind your own business". Un excellent album!