Tout est fini pour Sprints…

Le groupe de Dublin, Sprints, sortira son deuxième album, « All That Is Over », le 26 septembre. Bien reçu par la critique, son premier long playing, « Letter To Self » (2024), a marqué le groupe comme une force majeure dans le paysage alternatif et a été…

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Denver ou DNVR ?

DNVR est l'étoile montante de la scène soul française, fusionnant les grooves sensuels des années 60, l’âme vibrante de la Motown, et l’improvisation subtile du jazz. Formé de sept musiciens passionnés, le groupe (qui se prononce Denver) propose une musique à…

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Rage Against The Machine

Renegades

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Rage n'est plus. L'info a fait le tour de la planète musique. Pourtant, le combat n'est pas terminé pour autant. Il a même commencé bien avant que le groupe ne sévisse. Rien n'a été inventé. C'est un peu l'intérêt de cet album exclusivement composé de reprises. Car le luxe de la bande à De La Rocha est de prouver que, quelle que soit la forme musicale, une pléthore de groupe ont à un moment ou un autre brandi le poing de la contestation. Peu importe le niveau de reconnaissance "artistique", le style pratiqué ou le propos. La liste des artistes ici repris est à elle seule parlante : Bruce Springsteen, les Stooges, Rolling Stones, Bob Dylan pour les dinosaures; Minor Threat, Devo, MC5 pour les contemporains; Eric B and Rakim, Afrika Bambaataa, Vol 10, EPMD pour le hip-hop. C'est une carte complète des influences de Rage qui nous est offerte ici. La recherche du texte précis, l'esprit punk, le phrasé si caractéristique de De La Rocha, tout y est. Voilà de quoi s'est nourri le groupe. La réinterprétation est excellente. Rien à redire, c'est efficace et toujours aussi percutant. Paradoxalement "Renegades" est peut-être l'album le plus personnel de Rage. Car chaque titre représente une face précise du groupe. Sans détour. Impeccable sortie de scène en entendant un hypothétique live…

 

Raise Hell

Not dead yet

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Reconversion totale pour la formation suédoise Raise Hell ! Après un apocalyptique « Holy Target », expertisé 100% death métal extrême, le combo rectifie sa trajectoire et nous replonge en pleine vague trash des années 80, avec une maîtrise et une fougue jamais égalée depuis le redoutable « Renewal » de Kreator. Evoquant avec brio le style cher à Testament, Slayer et Coroner, Raise Hell nous livre une avalanche de riffs en acier trempé qui insufflent un air de renouveau dans un genre en passe d'être sur le déclin. Neuf titres d'une richesse incroyable, capables d'arracher des hurlements de plaisir à toutes celles et tout ceux qui succomberaient à « Reign in Blood », « Peace sells » ou « Seven Churches ». « Babes » et son clin d'œil au « Light my fire » des Doors, « Dance with the devil », tranchant comme une lame de kat ana, et « Soulcollector », caractérisé par son irrésistible riff final, auront vite fait de convaincre les plus sceptiques. Trash avec classe !

 

David Raitt & Jimmy Thackery

That´s it!

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Jimmy Thackery est bien connu chez nous. A cause de sa longue participation aux Nighthawks ; mais également de sa carrière personnelle, qu'il mène en compagnie des Drivers et qu'il a ponctué d'excellents albums, sur le label Blind Pig. David Raitt est un inconnu. Quoique, comme frangin de la délicieuse et talentueuse rouquine, Bonnie Raitt, il a sans aucun doute de qui tenir. Jimmy et David jouaient ensemble lorsqu'ils fréquentaient la même école. Cela fait un bail ! Ils se sont retrouvés dans les studios de Patrick Ford à Berkeley. Les musiciens sont d'ailleurs des habitués du cercle familial Ford.

Si "Tell me" adopte un shuffle impeccable, le duo est plus proche du R&B. Et la voix de David, haut-perchée, se prête idéalement à ce style largement cuivré. La reprise de "Me", signée Mike Bloomfield et Nick Gravenites, est superbe. Bonnie vient donner la réplique vocale sur le funky "Same thing" fouetté par les cordes très offensives de Jimmy. Traitement shuffle à la texane pour la reprise du canon, "How many more years". David a revêtu l'habit du géant Howlin' Wolf. Jimmy prouve qu'il est capable de tempérer ses ardeurs, comme dans l'exercice du blues lent, "Watch your back". Et il se montre économe de ses notes en exécutant un solo qui force le respect et l'admiration quand il reprend "It takes time" d'Otis Rush. Quant à David, il est ravi lorsqu'il peut chanter un R&B bien frappé. Peuplée de cuivres, la version du " That's it " de Patrick Ford, permet à Jimmy de s'emparer d'une slide bien sage! L'exercice vocal est aussi très réussi dans la reprise de "Driving wheel" de Roosevelt Sykes. Cet album de bonne facture s'achève par " Cold heart ", une plage irrésistible, dansante et rythmée à souhait…

 

Rajna

Yahili

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A l'écoute de ce jubilatoire " Yahili ", nous sommes en droit de nous demander comment ce jeune groupe français est arrivé à se faire signer sur Holy Records, label spécialisé dans le métal extrême. Aux antipodes du black et du death métal, Rajna évolue avec volupté dans une musique purement émotionnelle, tantôt teintée de world ou de gothique ; le tout bercé par un univers multiculturel. Authentique invitation à la sérénité atmosphérique et mystique, " Yahili " embrasse les cultures orientales avec la sensibilité d'un Dead Can Dance, influence incontestable du combo qui ne cache pas son engagement pour la cause tibétaine. L'occasion de méditer, de rêver et d'explorer le temps sans notion de réalité. Et pourquoi pas d'ouvrir la porte du trésor des mille et une nuits ?

 

Kid Ramos

West Coast house party

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Kid nous invite à une fameuse party. A n'en pas douter, l'homme a de nombreux amis et pas des moindres, croyez-moi! C'est bien une "West Coast pary", toute en swing et en jump à laquelle nous sommes conviés. Une musique qui a changé le jour où un certain Aaron ‘T-Bone’ Walker a quitté son Texas natal pour L.A et relié sa guitare à l'électricité. T-Bone a ensuite été rejoint par des grands du blues comme Pee Wee Crayton, Percy Mayfield et Johnny Watson. Kid a joué durant 8 années dans le James Harman Band. Il y a tout appris, de Hollywood Fats, un temps son coéquipier ; mais également de Junior Watson, alors membre des Mighty Flyers.

Beaucoup de potes se sont joints à la fête pour entourer le Kid. Des guitaristes et des chanteurs. En l'occurrence, Fred Kaplan au piano, Larry Taylor à la basse et Stephen Hodges aux drums ; sans oublier un trio de cuivres en or constitué de Jeff Turmes, de Steve Marsh et de Jonny Viau.

L'album débute et se termine par deux versions de "Strollin' with bone". Deux adaptations instrumentales qui rendent hommage à qui vous savez. Avec trois guitares. Celles de Kid, de Duke Robillard et de Clarence "Gatemouth" Brown. Quel feu d'artifice! Sur "Lizabeth" et "Silly dilly woman", il est rejoint par Rusty Zinn, qui chante et gratte. Les échanges sont de grande classe. Pour le reste, cet album présente une grande unité. Le jump R&B est d'un tel niveau, qu'il est malaisé de faire ressortir le moindre titre. On retrouve encore, parmi les invités, Rick Holmstrom, Little Charlie Baty et Junior Watson. Aux guitares. Et puis au chant, James Harman, Janiva Magness, Lynwood Slim, Kim Wilson, James Intveld et Big Sandy Williams. Un bouquet de rêve! Duquel j'épinglerai "Real gone lover" (de Smiley Lewis), avec Kim Wilson, impérial à l'harmonica lorsqu'il ne chante pas dans son micro Astatic. Kim reprend aussi un autre titre de Lewis, "Where were you?". James Harman chante son "One Mo' peep". Il est aussi amusant d'entendre Big Sandy (des Flyright Boys) se divertir du western swing pour chanter (fort bien) le blues sur le détonant "Guitar player" ; et surtout "Wipe your tears". Et la party se fait plus T-Bone que jamais lorsque Duke Robillard et Gatemouth viennent épauler le Kid sur "Welcome blues". Ce solide voyage dans le temps, qui remonte à pratiquement un demi-siècle, n'est pas banal, et est même tout à fait excitant!

 

Christian Rannenberg

Cool Blue

Écrit par

Né en 1956 à SoIingen, l'Allemand Rannenberg est certainement un des fleurons européens dans l'exercice de blues et du boogie woogie. Il a pris très tôt goût au blues, à l'écoute de Blind John Davis, Henry Gray et de Willie Mabon. En 82, il part à Chicago ; et dès son retour, forme un duo avec le saxophoniste Gary Wiggins, the International Blues Duo. En 90, on le retrouve à San Francisco auprès de Johnny Heartsman.

Il est apparu à maintes reprises chez nous. Notamment à Tamines, pour y accompagner Angela Brown. Il a accumulé une expérience peu banale, en écumant une multitude de scènes mondiales. Il a déjà pas mal enregistré pour le label Acoustic, dont l'album "Blues", en 1997.

Il débute seul, par "Honey from Amsterdam", une admirable pièce de boogie woogie tempérée. Aron Burton est venu prêter sa voix rocailleuse pour le blues lent, "Any day but today". Chris assire la partie de piano avec une sensibilité exacerbée, digne de Roosevelt Sykes ou de Sunnyland Slim. Chris chante un autre superbe slow blues, "Early morning blues", face à la guitare de Jan Hirte et la basse d'Aron Burton. Notre teuton a tout compris des maîtres. Il aborde avec aisance toutes les facettes du blues. Puissamment mélodique sur "Bye bye tiger" et "Hooked", boogie woogie sans artifices pour le délicieux "Boogie Woogie Red special", et Chicago Southside tout au long de "Since you've been gone", une composition dont le piano est talonné par la slide de son ami de Cologne, Richard Bargel. Muddy et Otis sont alors dans notre esprit. Et je m'en voudrais d'omettre la présence de sa reprise du "Swanee River boogie". Un régal d'une bonne heure pour les adeptes du piano !

 

Lou Reed

Ecstasy

Écrit par

"New York", "Songs for Drella", "Magic & loss", "Set the twilight reeling", et aujourd'hui "Ecstasy". Depuis 1989, Lou a retrouvé l'inspiration. C'est vrai qu'il s'est toujours pris au sérieux et qu'il se considère comme un écrivain dont la muse s'exprime à travers la chanson. Des textes qui traitent invariablement de New York et de tout ce qui gravite inévitablement autour de cette métropole : artistiquement, socialement, humainement et politiquement parlant. Son nouvel opus ne déroge pas à cette règle, et le ton monocorde, destiné à épancher un lyrisme sombre, colle bien au personnage. Le prince des ténèbres a bien évidemment reçu le concours de son équipe habituelle. Soit Mike Rathke à la guitare, Fernado Saunders à la basse et Tony " Thunder " Smith aux drums. Sans oublier la participation de sa compagne, Laurie Anderson. Au violon, mais pour deux morceaux seulement. Enfin, le recours aux cuivres est beaucoup plus fréquent. Ce qui n'empêche pas les guitares d'être omniprésentes. Le plus souvent fiévreuses, desséchées, régulièrement obsessionnelles, velvetiennes, épisodiquement acoustiques, comme sur l'élégant " Bâton rouge " ; et pour notre plus grand bonheur intenses, décapantes, à l'instar des 18 minutes de " Like a possum ". Digne de " Sister Ray " ! Et pour nous rappeler que Lou est toujours accro au rock 'n roll, il nous accorde " Future farmers of America ", dont le tempo déménage comme à la plus belle époque de " Vicious "... Et à 58 piges, ce n'est pas donné à tout le monde !

 

Terry Robb

Heart made of steel

Écrit par

Terry Robb est un guitariste réputé dans le Nord Ouest américain. Il compte déjà plusieurs albums à son actif, mais n'est pas un musicien démonstratif. Il ne joue pas sur le son puisqu'il n'utilise ici que des instruments acoustiques. Ce qui ne l'empêche pas de s'entourer d'autres collaborateurs. Et dans ce contexte, c'est plutôt original.

Il ouvre l'album par " Home improvement ", une plage swinguante, découpée par le piano versatile de Miss Janice Scroggins et enrobée de toute une section de cuivres. La plage titulaire est un blues très roots, au cours duquel sa guitare acoustique tremble d'efficacité. Terry saisit sa bottleneck pour entamer un dialogue avec la lune, sur l'amusant "Little white moon". Proche du Memphis boogie, " Down and out " est imprimé sur un bon tempo, nerveux, renforcé par des cuivres. Bénéficiant du concours de la mandoline du compagnon de label, Steve James, la version du "Change my ways" d'Alan Wilson est bien rafraîchissante. Le swing revient avec l'alerte "Got me shakin' now". Sur "Now I know what they mean", nous nous retrouvons dans le jazz traditionnel. Terry n'est accompagné que par trois cuivres : sax, trompette et trombone. Robb n'est pas un chanteur remarquable. L'attention se focalisera donc davantage sur les diverses faces instrumentales qui complètent cet album. Et notamment le fabuleux exercice technique opéré sur "Omaha bounce", avec l'aide du piano jazz et swing de John Boe, ou lors du blues léger "Enron blues". On accordera le prix du bonheur de cet album à un duo instrumental qu'il partage avec Steve James, pour "Cypress inn stomp"...

 

Duke Robillard

Explorer

Écrit par

Duke est l'un des plus grands guitaristes de blues contemporain. Très prolifique, on ne compte plus ses albums ni ses participations. Pour concocter " Explorer ", il est secondé par ses fidèles musiciens. John Packer à la basse et Doug James au sax, rejoints par Jeff McAllister aux drums et Gordon "Sax" Beadle aux saxophones. L'ouverture est magistrale et annonce un début vraiment prometteur. Le groove dégagé par la section rythmique, les riffs des deux saxes, l'orgue de Tom West et la voix dominante de Duke contribuent à la confection de cette perle de R&B, intitulée "Male magnet". Tous les éléments avancés ci-dessus restent présents pour la suite.

Quel plaisir pour un soliste de pouvoir venir s'intégrer à ce décor sonore. Et comme le soliste en question est du genre génial, tout s'imbrique idéalement comme les pièces d'un puzzle. A l'instar de "Just between me and you". Et puis pour assurer la montée en puissance, la guitare passe à l'avant-plan avec une facilité qui blesse sur "Soulful". Duke n'est pas un copieur. Il assimile certes, mais surtout il peut créer. Et ce solo dans les basses sur "Hang on", il faut vraiment aller le chercher. L'album se fait alors plus classique. Blues en compagnie de l'harmoniciste Jerry Portnoy sur "Sayin' don't make it so". Blues roots chez "Misunderstanding blues". Jump avec "Jumpin' with Duke". Swing blues "deluxe" tout au long de "You dropped the thing on me". Et il communique une ambiance quasi celtique à "Brand new fool". Avec violon, accordéon et mandoline. Duke est un véritable mythe. Il ne faut pas oublier qu'en 1967, il fondait Roomful of Blues. Très productif en 99, le Duke avait sorti "Conversations in swing guitar" avec Herb Ellis sur Stony Plain et "La Palette Bleue" sur Dixiefrog. Tout comme "New blues for modern man", ce dernier était sorti aux USA sur Shanachie. A mon humble avis, "Explorer" leur est supérieur. Une œuvre qui se termine dans un blues majestueux, "Time is short".

 

Rockin Daddy

Blues & Tall tales

Écrit par

Nous sommes à Minneapolis, le berceau du label Blue Loon. Rockin' Daddy est le surnom du guitariste Dan Schwalbe. Il a reçu le concours des Rough Cuts, drivés par l'harmoniciste Steve Grosshans. " Blues & tall tales " constitue leur 2ème album sur ce label, après "Straight shooter" en 93. Le groupe implique également Dave Sanny à la basse et Marty Bryduck à la batterie.

Dan ouvre l'album par "Yes she sends me", une chanson au cours de laquelle il gratte ses cordes dans le style cher à la West Coast d'aujourd'hui. "C.O.D" est un shuffle à la rythmique d'enfer, que Dan avait enregistré dans le passé avec son ancien groupe Blues Deluxe. RD & the Rough Cuts ne sont en fait que Blues Deluxe avec un nouveau nom! "Why do I stay" est un blues lent paraissant sorti tout droit des swamps louisianais. Bruce McCabe est au piano. Aujourd'hui dans le backing band de Joni Lang, Bruce fut longtemps du Lamont-Cranston Band et des Hoopsnakes. "Elbow room" reste du côté de Baton Rouge, avec un son qui flaire bon le style de Slim Harpo ou de Lazy Lester. La guitare vibrato, le jeu d'harmonica de Steve, tout y est! Parenthèse néo-orléanaise pour "Your conscience is on my side". McCabe joue du piano avec une réelle aisance. "Easy come, esay go" est un blues rock très entraînant. Dan attend impatiemment le moment de libérer ses cordes et Steve sort sans doute son meilleur solo. "Joke on your back" est un bon slow blues bien juteux. Une occasion pour Dan de sortir à nouveau de l'ombre pour produire un solo bien mesuré. Rockin' Daddy aborde en mode jump "Wiggle & wobble", démontrant ainsi qu'il sait se montrer alerte à la manière d'un Hollywood Fats des bons jours. "Can't believe" adopte un profil Chicago blues musclé. Dan joue merveilleusement dans un style sobre pouvant rappeler Steve Freund ou le meilleur Peter Green. La finale est toute en douceur. Un instrumental ne laissant cohabiter que guitare et harmonica, à l'instar des grands duos de Chicago, tels que Big Walter Horton et Robert Nighthawk par exemple. Un album de très honnête facture!

 

Alexandra Roos

Quand à Tokyo un papillon bat des ailes

Écrit par

On ne sait pas vraiment d'où sort Alexandra Roos. Elle a déjà enregistré un album en compagnie d'un obscur groupe de rock. Mais à part ça, rien ! Heureusement, en écoutant "Quand à Tokyo un papillon bat des ailes" (un tel titre, il fallait l'oser !) on apprend plein de choses sur elle. On imagine, en particulier, qu'elle se gave de bonne, de très bonne musique depuis longtemps. Sous des apparences frêles, Alexandra Roos nous sert un vrai disque de rock, avec des ambiances dignes de dEUS, avec un venin proche de PJ Harvey (incontournable référence féminine). La différence, c'est qu'elle chante en français. Pas de messages, pas vraiment d'histoires mais des climats - la nuit, la ville, la séparation - dépeints avec justesse et chantés avec conviction. A en croire ce qu'elle raconte, Alexandra Roos a bien vécu. Elle sait, en tous cas, décrire les derniers verres et les lendemains difficiles. Dans "J'émerge", elle se fait même alpaguer de très directs "T'es rentrée à quelle heure ?" éructés par... Arno. Irrésistible inversion de rôle pour l'Ostendais. Rassurez-vous, Alexandra Roos ne nous assomme pas avec sa petite personne. Elle n'en remet pas. Au contraire, elle se contente d'évoquer ses sentiments par petites touches aussi discrètes que pertinentes. Vous l'aurez compris, on est vraiment séduit par l'album et on adorerait voir Alexandra Roos confirmer tout cela sur scène.

 

Radiohead

Kid A

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Le gag tout d'abord. La première mouture de ce CD recelait quelques traces d'enregistrements ‘live’. Rapidement retirée du circuit, elle permettra à ses premiers acquéreurs de disposer d'un exemplaire rarissime, qui vaudra d'ici quelques années, une petite fortune à la bourse des collectionneurs. Le choc ensuite. Ce " Kid A " est à Radiohead, ce que " Up " était à REM. Vous n'avez pas capté le message ? C'est bien simple pourtant ; sur ce nouvel opus, la formation insulaire a délaissé ses guitares pour privilégier l'instrumentation technologique. Et bien oui, samplers, synthés, boîtes à rythmes et tutti quanti ! Avec pour résultat une œuvre d'ambient avant-gardiste qui risque fort de rebuter les aficionados de la première heure. Et pourtant, ce disque est un petit chef d'œuvre. Expérimental ; c'est vrai. Mais tellement riche et tellement chargé d'intensité émotionnelle. Et si l'influence de concepteurs synthétiques tels que Autechre et Aphex Twin est évidente, celle de Charles Mingus, voire de Miles Davis est plutôt surprenante. A un tel point, qu'on a parfois l'impression de revivre certaines envolées prog-jazz-rock, immortalisées, près de trente ans plus tôt par King Crimson sur " Islands ". A l'instar du remarquable " The national anthem ". Sculpté sur un groove de basse contemporain, il est vrai ! Et le reste vaut son pesant d'or (virtuel ?). Tout au long de cet opus Radiohead nous plonge ainsi dans une brume atmosphérique, un univers peuplé de rythmes suffocants, convulsifs, que transcende la voix toujours aussi envoûtante de Thom Yorke. Un exercice de style au sein duquel, il excelle. Notamment sur l'ode à la désillusion " How to disappear completely ", la mélopée synthétique " In limbo " et le syncopé, presque new wave (Ultravox ?), " Idioteque ". Beau et insaisissable à la fois !

 

Radiotones

Whiskeyd up

Écrit par

Radiotones est un trio acoustique issu de Perth, en Ecosse. Une région industrielle défavorisée qui produit rarement des groupes de country blues aussi purs. Quoique la rudesse conjuguée à une certaine agressivité dans le timbre de la voix du chanteur, trahissent un mal de vivre évident.

A ce jour, cet ensemble comptait un seul album à son actif, "Gravel road". Ce nouvel opus épingle huit compositions personnelles qui s'ajoutent à des adaptations de classiques du Delta Blues. Dave Arcari chante et joue de la National steel guitare. Jim Harcus souffle dans son harmonica. Adrian Paterson assure le rythme à la basse. Et avouons-le, la production est excellente. Le son des cordes de la National est restitué avec toute la puissance et le caractère métallique que peut dégager l'instrument.

C'est gagné dès la 1ère plage, "Don't stop". Le son est dépouillé à l'extrême, les frappes sur la guitare glaciales. L'harmonica reste discret à l'arrière, avant d'éclater entre deux parties vocales arrachées à l'arrière-fond de la gorge de Dave! Et le meilleur est encore à venir. " Dry " tout d'abord. Et puis l'instrumental " Cool it ", qui permet à Jim de décoller vers le sommets. "Close to the edge" ressemble plus à un chant à boire, émanant d'un vieux pub irlandais. "Wherever I go" se goûte à nouveau près d'un comptoir. La National steel sonne comme un banjo. L'harmonica tout proche semble venir d'un lonesome cowboy du Far West. Le pub est devenu saloon. Le son du delta vient alors nous chatouiller les oreilles. Rien de surprenant dès qu'il s'agit de "Can't be satisfied" et de "Going to see the king" de Bling Willie Johnson ; de "Nobody's fault but mine", ou encore du "Preachin Blues" de Robert Johnson. Surtout lorsque la voix de Dave devient complètement graveleuse. Dans le genre, c'est un bon album !

 

Quickspace

The death of Quickspace

La mort de Quickspace. Drôle de titre pour un album ! D'autant plus qu'aux dernières nouvelles, la formation insulaire a toujours bon pied bon œil. Bref, ce " Death of Quickspace " constitue leur troisième opus. Un disque dont la musique se rapproche de plus en plus de celle que pratiquait Th' Faith Healers, avant que Tom Cullinan ne décide de dissoudre le groupe. Cependant, le combo a le bon goût de s'ouvrir à de nouvelles perspectives sonores. Psychédéliques tout d'abord. Le plus souvent dans l'esprit déchiqueté et turbulent de My Bloody Valentine. Mais également sous une forme plus minimaliste, tortueuses, sydbarrettienne. A l'instar du fragment de plus de onze minutes intitulé " Climbing a hill ". Encore qu'un parfum glamoureux, bolanesque, flotte étrangement sur cette composition. Un goût de l'étrange que Quickspace se plait à colporter tout au long de cet opus. Un peu comme si son monde était peuplé de gnomes. Et le violon bohème, qui parcourt " The lobbalong song " ou " Lob it " entretient ce climat. Ces disciples du krautrock continuent, bien évidemment, d'imprimer leurs mélodies sur un tempo métronomique aux accents délicieusement hypnotiques ; et si le chant n'est plus aussi négligé, il s'apparente davantage à des miaulements qu'à de véritables exercices de styles vocaux...

 

P-A-L

Release

Écrit par

Les plus fidèles représentants du courant industriel ayant sérieusement pris de la bouteille (Front Line Assembly, Skinny Puppy…), vous serez étonnés de retrouver du plaisir à l'écoute de quelques poncifs musicaux, considérés à tort comme les signes manifestes d'une fin de règne annoncée. En vrac, guitares décharnées, basses métalliques, vocaux d'outre-tombe, mélodies réfrigérées, le tout enveloppé d'échos nuageux. Vieux gothiques, vous qui crachiez sur les Sisters of Mercy tout en les écoutant encore en cachette, quittez votre tanière sans honte, ressortez votre trousse de maquillage, vos apparats sombres, les poèmes de Rodenbach, car P-A-L parvient à redorer l'étendard cold wave que vous désespériez de revoir flotter un jour.

Ce jeune outsider va de nouveau rameuter une foule de ténébreux, toute tranche d'âge confondue. Malicieux et cultivé, il sait à la fois jouer de la distorsion maladive, parvenant de fait à attirer les oreilles des plus anciens, puis il la couple à divers samples angoissés plus modernes, créant alors une sorte de mantra nauséabond aux relents de paranoïa tout de même délectable pour les plus jeunes. Voilà l'exemple même du gentil garçon ayant appris les bases de la musique avec les vinyles d'un grand frère aux cheveux crêpés, puis perdu ses boutons d'acné au son de la techno minimaliste de Detroit. Ces influences, il les malaxe puis les pare de son talent pour s'approcher de sommets seulement atteints par les meilleures compos de Download. Les connaisseurs apprécieront. L'habituelle structure technoïde, basée sur la répétition de motifs, trouve entre ses mains une nouvelle santé ; nous émouvant par ses jeux d'images décolorées sises à mi distance du grisâtre et du rouge sang. Lui cherche peut être à trouver un équilibre entre dancefloor et instrumentaux névrotiques ; ces derniers, par leurs mélodies, nous ramenant par moment au pire d'un Jean Michel Jarre, esthète bourgeois dont on se demande encore comment il pu influencer à ce point la branche dure de l'électronica actuelle. Là, n'est pourtant pas le sujet.

Emplie d'odeurs, de joies, de douleurs indélébiles, cet opus titille notre sensibilité infantile en autant de fragments d'ambiances qui, mis bout à bout, narrent notre histoire personnelle. On se demande alors si nous n'avons pas affaire à un cinéaste plus qu'à un musicien, ses morceaux s'apparentant plus à des photogrammes qu'à de simples tracks.

Tenons nous là le David Lynch goth ?

 

Papas Fritas

Building and grounds

Les Papas Fritas reconnaissent pour influence majeure les Beach Boys et Burt Bacharach. C'est une évidence. Les Beatles et XTC également, c'est une référence. Le trio manifeste également d'évidentes affinités avec Stereolab. Côté feeling, cependant, pas rythmique. Le groupe préférant fonder la structure de ses chansons dans la chaleur de l'émotion pour obtenir une pop rafraîchissante, intemporelle, contagieuse. Une pop dont la limpidité et la tendresse des mélodies reposent sur des arrangements riches en subtilités. Une pop parfumée d'harmonies vocales raffinées, diaphanes, tour à tour conduites ou partagées par Tony Goddess et Shivika Ashtana. "Building and grounds" constitue leur troisième elpee, une œuvre beaucoup plus sophistiquée qu'" Helioself ", leur précédent opus. Un morceau de plastique dont nous avions dit le plus grand bien en 1997, et qui d'une manière totalement incompréhensible, était passé totalement inaperçu. Alors, ne commettez plus la même erreur, vous risqueriez de passer à côté d'un des albums de l'année....

 

Junior Parker

Way back home

Écrit par

Herman Parker est originaire de West Memphis dans l'Arkansas. Le virus du blues lui a été inoculé en 1948 par le célèbre Sonny Boy Williamson II. C'est d'ailleurs Sonny qui lui a décerné le surnom de Junior. En 49, il reste dans le sillage d'un autre grand, Howlin' Wolf. Il commence alors à enregistrer sous le nom de Little Junior et monte ensuite sa formation, les Blue Flames. Cette collection est sous-titrée "The Groove Merchant years". Elle se concentre surtout sur la 2ème partie de la carrière de Junior. Bien moins focalisée sur le blues, elle se prolongera jusqu'à la mort prématurée de l'artiste en 71. Il n'avait même pas 40 ans.

Nous le retrouvons vers 1970 lorsqu'il est pris en main par le producteur Sonny Lester. De l'album "Outside man", sorti en 70 sur Capitol, nous ne retrouvons rien de bien excitant. Je retiendrai quand même les reprises. Et en particulier "River's invitation" de Percy Mayfield, "You know I love you" de B.B King, rehaussée par une armée de violons, mais également caractérisée par la présence d'une guitare minimaliste toute en sensibilité ; sans oublier une version très originale du "Lady Madonna" des Beatles. De l'album, "Dudes doin' business", gravé en 71 et enregistré en la compagnie de l'organiste Jimmy McGriff, j'épinglerai "Drowning on dry land" d'Albert King. Mais également "Ain't that a shame" de Fats Domino, un autre titre des Beatles "Oh darling", une cover assez réussie d'un blues de Dr John particulièrement réussie, "A losing battle", et un hit pour Johnny Adams. A l'époque, Lester lui fait réenregistrer des plages mises en boîte pour le label Duke, il y a des lustres. Et notamment des classiques du blues tels que "Sweet home Chicago", "Tin pan Alley", "Look on yonders wall" et "That's alright". Une occasion pour Junior d'empoigner son harmonica et de nous montrer comment il peut toujours chanter le blues de manière bouleversante. Ces titres furent réunis sur l'album "Blue shadows falling". Nous serons sélectifs dans l'écoute de cette collection, car si nous ne retrouvons pas l'énergie de l'époque où il créa "Mistery train", ses interprétations du blues lent sont autant de brûlots. A l'instar cette adaptation live de "Don't throw your love on me so strong" d'Albert King, enrichie par la guitare de O'Donel Levy et surtout l'intervention remarquable à l'orgue de Mc Griff.

 

Parker’s Alibi

Exposed

Écrit par

Parker’s Alibi est un jeune quartette anglais issu des cendres de Monty Turnbull!! Il est drivé par un jeune de 23 ans, diplômé en psychologie de l'Université de Derby. Un chanteur/guitariste qui donne son nom au groupe. Il est entouré de Morg Morgan aux claviers, Chris Lomas à la basse et de Tony Baylis à la batterie. L'album a été enregistré live, le 27 juin 2000, au Robin R&B Club de Merry Hill.

Les premiers accords sont sèchement plaqués sur la guitare. L'orgue progresse dans l'ombre. "Cheatin' on you" est une plage rythmée qui accroche l'oreille. "Five long years" est un des slow blues les plus célèbres du pianiste Eddie Boyd. L'interprétation d'Alibi est typiquement british blues. La guitare au son réverbéré, très amplifiée, aux accents dramatiques, occupe l'avant-scène. Une formule qui me rappelle le Chicken Shack de Stan Webb. La voix de Ian est bien posée et dialogue avantageusement avec sa guitare. Le rythme s'accélère pour "Brick" qui accorde un nouveau clin d'œil au style extraverti de Webb. Alibi n'hésite pas à passer au scat, pendant que le chant accompagne la guitare débridée, dans ses épanchements. Du tout bon travail! Sur "Funky now", Parker prend son billet de sortie sur le style cher à Carlos Santana. La reprise très climatique du "It's a man's, man's, man's world" de James Brown est un des moments forts du concert. Le tempo est très, très lent. L'atmosphère est sombre. Parfois, le son est à peine audible, tant la quiétude est de rigueur ; et l'instant suivant la guitare se libère, éclate, dans un torrent de notes. Une belle réussite d'Alibi! D'ailleurs, la force du groupe réside certainement dans l'interprétation des tempos lents. Je soulignerai tout particulièrement la finale, "Almost cut my hair", une chanson issue de la plume de David Crosby. David chantait avec autorité cette chanson flanqué de ses célèbres acolytes, Steve Stills et Graham Nash. Parker's Alibi est une bonne formation qui mériterait de passer par chez nous.

 

Passi

Genèse

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Après un premier album aux multiples tubes et le projet Bisso Na Bisso, " Genèse " signe le grand retour de Passi. Le rappeur businessman n'a pas fait les choses à moitié, car les invités et la production sont au rendez-vous. Rita Marley, Bisso Na Bisso, Stomy Bugsy, etc.…il y a du beau monde. Il tape fort dès le début. " C'qu'ils veulent " et " Rap bizness " nous claquent des refrains entraînants. Les grands thèmes de l'album restent néanmoins l'Afrique et la religion (" Dieu créa Einstein ", " Famille et amis "), par opposition aux allures de lascars et de titres un peu plus légers. Techniquement, le flow de Passi est très varié. Saccadé sur " Rap'bizness ", rapide sur " Ghetto star " ou plus lent sur " 7 société va mal ". Les instrus ont un petit arrière goût d'aseptisé. " Africa Jamaica " ou " Rêve africain " auraient pu être beaucoup plus intéressants mais restent musicalement superficiels. Seul " Mélodie " sort vraiment du lot avec un beat laid back et des sonorités plutôt jazzy. Grosse déception de l'album, www.passiweb.com se résume à une pure opération commerciale, sans autre intérêt que de faire de la pub pour son site. Si " Genèse " recèle pas mal de morceaux réussis, d'autres sont plus décevants ou clairement calibrés radio. Que penser ? Passi fait certes les choses sincèrement, mais se veut trop grand public pour figurer dans les grands du rap français…

 

Dave Peabody & Brendan Power

Two trains running

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Voilà un autre album de country blues, fruit d'une collaboration entre le bien connu chanteur guitariste anglais, Dave Peabody, et un harmoniciste qui nous vient des antipodes, Brendan Power. Un répertoire très conventionnel qui débute par "Broken down engine" de Blind Willie McTell. J'adore la version vigoureuse de "Ride, ride mama" de Johnny Shines. La voix, la guitare et l'harmonica remplissent tout le décor sonore. Brendan souffle puissamment, de manière désespérée et perçante. Dave et Brendan se transportent dans le Chicago de la fin des 40s, sur "Queen Bee". On pourrait imaginer Jimmy Rogers aux cordes et Sonny Boy Williamson, à l'harmonica. Un exemple d'efficacité ! Le duo enchaîne avec "Two trains running" de Muddy Waters. Brendan Power y est bouleversant. Le traditionnel "Crow Jane" bénéficie d'un traitement étonnant. Le jeu d'harmonica n'est vraiment pas celui de monsieur tout le monde. Sans doute fort proche du "Whoopin' sound" de Sonny Terry, cet exercice de virtuosité est aisément réussi. "Losing hand" est un titre lent, très triste. Dave se limite à quelques accords tandis que l'harmonica sonne le glas. La reprise percutante du célèbre "Mama talk to your daughter" de J.B Lenoir est bien plus joyeuse. Brendan est sans équivoque un magicien de l'harmonica. L'écouter procure une claque permanente. Un album de country blues chaudement recommandé qui se termine sur les accents d'une guitare National Resophonic.

Pearl Jam

Bercy Paris France

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Tout le monde connaît plus ou moins l'objectif de cette série de’ lives’ enregistrés lors de la dernière tournée européenne du groupe : couper l'herbe sous le pieds des bootleggers. En effet, Pearl Jam s'étant fait plus que rare en Europe, Vedder et sa bande ont décidé d'enregistrer chaque date, avec un tracklist différent et de manière professionnelle, afin de ne pas voir fleurir des concerts pirates de mauvaise qualité. Mouais… Ceux qui ont déjà eu l'occasion d'entendre certains de ces pirates devraient partager mon humble avis : il en existe de meilleure qualité. Les fans les connaissent ou les ont déjà, parfois payés le prix fort. Conclusion, l'argument avancé par Vedder me semble un peu faible… Maintenant, ces mêmes fans devaient, pour la plupart, être présents ce soir-là à Bercy ! Et là quel bonheur ! Ils peuvent presque s'entendre reprendre le refrain d'Alive ou applaudir à la fin de chaque morceau… Mais là encore, le fan (car c'est surtout à lui que s'adresse ce double CD) va se retrouver face à un cruel dilemme : cette série de " live " devient par la force des choses des " collectors "… Et pour ceux qui souhaiteraient s'en procurer l'intégrale, la note risque d'être salée… Même si cette tournée s'est interrompue de manière tragique avec le décès de 8 personnes pendant la prestation du groupe au festival de Roskilde, Bercy est " classé " sous le numéro 10. A vos calculettes !

Et le concert alors ? Pour tout vous avouer, c'est là que le bât blesse… Ceux qui y étaient ont probablement trouvé ça génial. Pour ma part, l'émotion qu'a pu dégager ce concert passe très mal sur ma chaîne ! Tout au long des 16 titres du premier CD, Pearl Jam a vraiment toutes les peines du monde à mettre le feu ! Et ce n'est pourtant pas le répertoire qui est en cause, car les fragments choisis sont tirés de chaque album. Par contre, je n'étais pas présent lors de l'enregistrement unplugged d' MTV, ce qui ne l'empêche pas d'être excellent. Non, mon principal reproche s'adresse plutôt, d'un point de vue général, à l'interprétation. Le son manque globalement de puissance, la basse est trop discrète, la batterie pas assez, les guitares trop étouffées… Seul Vedder tire plus ou moins son épingle du jeu. Et ce ne sont pas les 10 autres titres du deuxième CD qui arrangent les choses. Mis à part " Rear View Mirror ", coincé avant le premier rappel (!), Pearl Jam donne une image boursouflée, vidée de son énergie. Et le reste n'est plus guère brillant. Enfin presque. C'est à dire si on ne tient pas compte des deux dernières chansons. Les plus intéressantes. En l'occurrence " Fuckin up ", une reprise de Neil Young et " Yellow Ledbetter ", titre composé en son temps pour la b.o. du film " Singles ". Ironie du concert, une des rares fois où Vedder ose (?) s'exprimer au public, c'est pour remercier toutes les personnes présentes ce soir-là, et plus particulièrement, les 3 premières rangées qu'il qualifie de ‘survivors’…