La manille pour bébé de Panic Shack

Fondé en 2018, Panic Shack eéunit Sarah Harvey, Meg Fretwell, Romi Lawrence, Em Smith et Nick Williams. La formation a décidé de défier l'atmosphère exclusive des scènes indie et punk dominée par les hommes. Sa musique est décrite comme explosive et…

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La fuite d’Ellside

Le groupe parisien Ellside présente « Run Away », son concept album naviguant entre ombre et lumière pour un voyage qui durera un an. Une lente année pour dévoiler 6 chapitres de 2 chansons, 12 titres qui narrent l'histoire de Light. Le groupe invite les…

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Marcy Playground

Shapeshifter

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Drôle de combo, ce Marcy Playground. Des dizaines, voire centaines de pages sont consacrées au trio, tant sur le web que dans la presse. Pour la plupart sans intérêt. A vrai dire, sachez simplement que Marcy Playground est un trio issu de New York, emmené par un leader-compositeur dénommé John Wozniak, dont le second opus, " Shapeshifter ", vient de sortir. Douze titres exceptionnels, situés à la croisée de deux axes musicaux. L'un reliant la pop au rock. L'autre, la scène américaine à la scène britannique.

Au milieu donc, ce mystérieux mélange. On pense aux Pixies, à Frank Black, à Nirvana ou aux Foo Fighters, lorsque l'agressivité et les guitares tranchantes se glissent dans une production des plus travaillées. On songe à Grant Lee Buffalo quand l'électricité orageuse fait place à une brise plus acoustique et mélodique, propice aux ballades intimistes, tendres et profondes. Psychedelic Furs nous vient aussi à l'esprit. Surtout à cause du son particulier, légèrement synthétique, glacial, fluide, des douze compositions. Et les Australiens Rat Cat, le mythique Neil Young, l'énergique Ash, les délirants Butthole Surfers, Weezer et Dandy Warhols clôturent cette impressionnante énumération de références. Un enregistrement qui se veut diversifié. Sans vouloir gonfler gratuitement l'info disponible (attendons une possible interview), nous estimons avoir judicieusement replacé cette formation américaine dans son contexte musical. Voici un peu moins de dix ans, " Shapeshifter " aurait pu revendiquer une place d'honneur parmi les disques qui ont marqué la décennie. Il sort un peu tard, même si ces quelques rides n'enlèvent en rien la beauté des chansons. A découvrir !

 

Mardi Gras BB

Alligatorsoup

Franchement, ce Mardi Gras. BB ferait un véritable malheur s'il devait participer à un carnaval, chez nous. Pas étonnant, lorsqu'on sait que la formation est francfortoise. Un groupe constitué de tout un arsenal de cuivres, d'un percussionniste friand de rythmes afro-cubains et d'un vocaliste qui aurait franchement pu défendre ses chances, au sein d'un big band yankee de l'entre deux guerres. Et si ce disque ne manque pas de swing, il le doit aussi à la technologie moderne, même si ce recours, reste assez discret...

 

Mardi Gras BB

Supersmell

Écrit par

Issu de Manheim, en Allemagne, Mardi Gras. BB a été fondé par Reverend Krug, un vétéran de la scène krautrock qui a sévi chez le mythique Guru Guru. Pas à la fin des sixties, ni au cours des seventies, mais au début des années 80 (NDR : Et le combo existe toujours !). En 1994, il passe un coup de fil à Doctor Wenz, un musicien qui a bourlingé au sein de différents groupes depuis l'âge de 14 ans. Et très exactement depuis 1979. Il a ainsi sévi chez plusieurs combos punk, dont le dernier impliquait une section de cuivres. L'idée de monter un brass band semble leur plaire, puisque les deux compères se lancent dans l'aventure. Faut dire qu'ils avouent des goûts communs, et partagent en particulier une même passion pour la musique de la Nouvelle Orleans. Ils recrutent donc toute une panoplie de cuivres et un percussionniste. Des musiciens qui s'ajoutent ainsi au sousaphone pratiqué par le Reverend ; le Doc se réservant le chant, de son baryton cassé, dont le timbre rappelle tantôt Tom Waits, tantôt Captain Beffheart. L'an dernier le combo avait sorti " Alligator soup ". Un disque assez surprenant dans sa structure semi-rythm'n blues, semi carnavalesque. Mais surtout bourré de fun. Pour enregistrer " Supersmell ", Mardi Gras. BB a fait appel à un DJ. Un bidouilleur qui avait été invité à participer aux sessions du précédent elpee, mais pour un seul titre. Ce qui donne une coloration encore plus curieuse aux compositions. Et ce qui explique aussi pourquoi, le disque est plus difficile à assimiler. N'empêche, au bout de quelques écoutes, le charme opère et on ne peut plus résister au groove vaudou libéré par la musique très cuivrée de cette formation. Si l'opus réserve un hommage aux Beatles (" N°9 "), à Issac Hayes (" Meeting Isaac ") et aux Doors (" Riders on the storm "), c'est d'abord à Dr John que l'on pense en écoutant ce disque. Et puis ensuite à feu Screamin' Jay Hawkins. Sur les traces duquel ils marchent peut-être. C'est en tout cas leur volonté. Histoire de préserver son héritage…

 

 

Steve Marriott

Steve Marriott & The Official Receivers

Écrit par

Qui donc ignore encore, dans l'univers du blues, les vertus vocales de ce petit bonhomme anglais, disparu tragiquement le 20 avril 1991 dans l'incendie de son cottage ? Au cours des années 60, il avait ‘enflammé’ les foules du monde entier avec les Small Faces ; et plus tard, au sein d'Humble Pie, un des premiers supergroupes. Il y a côtoyé deux guitaristes d'exception. Peter Frampton d'abord, Dave ‘Clem’ Clemson ensuite. Quelques reformations de ces deux groupes émaillèrent, par la suite, sa carrière. Mais sans grand lendemain. Dans les années 80, il a sévi au sein du trio Packet of Three. Un groupe fréquenté par le bassiste Jim Leverton et différents batteurs.

Lors de son 40ème anniversaire, le 30 janvier 1987 très exactement, il monte une nouvelle formation, les Official Receivers. Jim Leverton est encore au poste, et le line up est complété par Richard Newman aux drums et Mick Weaver à l'orgue. Ce dernier est toujours actif, puisqu'il fait encore partie du backing band de Taj Mahal. Le groupe jouera cette année-là pas moins de 200 concerts. Mais si un album studio est alors planifié, il ne sortira pas avant l'an 2000. En 88, Steve change à nouveau de partenaires. Il collabore régulièrement avec une formation anglaise drivée par l'harmoniciste Simon Hickling et le futur et actuel guitariste de Dr Feelgood, Steve Walwyn : les DTs.

Ce double CD réunit l'album studio dont question ci-dessus et un concert live immortalisé à l'Hammersmith Odeon de Londres. C'est probablement le premier disque qui emportera vos suffrages. Tout au long d'"In concert 87", Steve Marriott démontre qu'il était probablement l'un des seuls blues shouters anglais. Il vivait intensément sur les planches. Il reprend des titres qui avaient fait sa gloire avec les Small Faces : "Watcha gonna do about it", "All or nothing" et "Tin soldier". Mais le reste se partage vraiment entre le blues et le R&B qu'il affectionnait tant. Avec beaucoup de bonheur et de vigueur, il passe en revue "Don't you lie to me", "My girl", Shame shame shame", "Don't need no doctor" et surtout une bouleversante interprétation de "Five long years". Je me demande si les parties de guitare ne sont pas assurées par Steve Walwyn ; car si Marriott était capable de sortir quelque chose de sa Gibson ES 335, je ne pense pas qu'il aurait pu produire un tel solo.

Le deuxième elpee, "Studio sessions 1987-1988", est d'un intérêt secondaire. Il épingle le célèbre "Oh well", composé par Peter Green. Steve joue de l'orgue hammond sur plusieurs plages. On comprend mieux ainsi pourquoi Booker T était une de ses références. Il exerce donc son talent de claviériste sur "Lonely no more", "Ain't you glad" et le très beau "Stay with me baby". Mais le meilleur de cet album procède du traitement vocal, menaçant et dramatique qu'il opère sur "I just want to make love to you", à l'art zeppelinesque très réussi! En bonus, il reste 4 titres live dont deux commis avec les DTs, "Watch your step" et "Let's work together". Repose en paix Steve!

 

Mars Electric

Beautiful something

Tout au long du premier album de ce quatuor de Birmingham, dans l'Alabama, la chouette voix de Jacob Bunton, dont le timbre nous rappelle parfois Ian Mc Nabb, et les harmonies vocales particulièrement soignées qui l'enrobent, ne parviennent que trop rarement à nous extraire d'un pop rock sans doute mélodique, mais tellement bourré de clichés puisé chez Nirvana, Aerosmith et Bush, qu'il suscite autant d'intérêt que Silverchair, sans pour autant tomber dans le hard rock. Dispensable !

 

Madrugada

Industrial silence

Écrit par

Encore une formation scandinave. Norvégienne très exactement. Dont l'expression sonore fait la part belle aux guitares. Des guitares, tout à tour crépitantes, chatoyantes, rafraîchissantes, gémissantes ou légèrement reverb qui consument une véritable intensité blanche. Et lorsque le baryton cristallin ( !) de Silvert Hoyem y épanche ses inflexions, c'est à une rencontre hypothétique entre Chris Isaak et Leather Nun que l'on se met à penser. Le superbe single " Vocal ", en est probablement le plus bel exemple. Encore que sur les fragments les plus hymniques, les plus vaporeux, c'est plutôt l'ombre de Kent qui se met à planer. A l'instar de " Higher ", " Belladonna ", " Beautyproof ", " Norwegian hammerworks corp " et " Strange colour blue ". Le quatuor prenant soin d'y ajouter une pincée de country par l'entremise d'un harmonica, d'un clavier hammond, d'un violon et surtout de la steel guitar d'un invité de marque, Bob Egan. Une seule exception, " Terraplane ", plage finale plus jazzyfiante que psychédélique, propice aux exercices vocaux de Robert. Excellent !

 

Lill' Mill

Nofo

Voici un groupe qui pourrait devenir la toute bonne surprise de l'an 2000. C'est en tout cas l'impression que nous a laissé ce mini CD six titres. Tout comme Arid, Lill' Mill nous vient de la région gantoise. Un quatuor qui semble, à premier abord, puiser ses influences dans la pop australienne. Et on pense plus particulièrement à Ed Kuepper (NDR : dont nous n'avons plus aucune nouvelle depuis trop longtemps !). A cause de cette utilisation jazzyfiante, en picking, de la guitare à douze cordes. Ou aux Go-Betweens. Le goût prononcé pour l'esthétisme et le sens mélodique particulièrement contagieux n'y étant certainement pas étrangers. La formation puise également son inspiration dans l'intensité des cordes de guitares. Un peu comme chez Bob Mould. Mais surtout possède des harmonies vocales, dont le raffinement et la limpidité évoquent instantanément les Wannadies. Avec un album de la même veine, Lill' Mill risque de faire un malheur...

 

Limp Bizkit

Chocolate starfish and the hot dog flavored water

Écrit par

Sacré phénomène que Limp Bizkit ! Mais ne rêvons pas, en continuant à pratiquer ce type de musique, Durst et sa bande finiront un jour ou l'autre par lasser. Attendus au tournant, nos gaillards ont donc joué la carte de la sécurité en parsemant ça et là ce "Chocolate…" de titres bien pêchus. Mais là où Korn assume et assimile une certaine influence de la musique des années 80', Limp Bizkit fait quelques faux pas et tombe même dans une espèce de plagiat mielleux de ritournelles que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. C'est peut-être la raison pour laquelle la majorité du public de Limp n'y voit que du feu. En supprimant ces titres honteux, nous tiendrions là un disque dont la densité aurait pu être aussi déterminante dans l'évolution d'un genre, auquel Rage Against The Machine a tant donné…

 

Aynsley Lister

Everything I need

Écrit par

Aynsley est un jeune espoir du blues rock d'outre-Manche. Pas étonnant, dès lors, que de plus en plus de monde s'intéresse à lui. Thomas Ruf qui comptait déjà Walter Trout dans son écurie, a décidé de le prendre sous son aile protectrice. Le jeune homme a du talent et une voix qui passe bien dans le style. Particulièrement dense, le boogie rock lâche ses décibels sur "Everything I need". Il est vrai que la production est assurée par Jesse Davey des Hoax. Cette plage se fond dans la suivante, "Angel o' mine". Une composition au tempo plus lent, mais à la mélodie accrocheuse. Aynsley se sent manifestement plus à l'aise sur ce terrain. "Soundman" trempe dans un Rockin' blues à nouveau proche des Hoax. Retour au calme ! Pour interpréter "As the crow flies" de Tony Joe White, l'électricité est même coupée. Lister se révèle le plus à l'aise dans les tempos lents, à l'instar de "Without U". A moins que ce ne soit sa voix qui s'y prête le mieux. Lister est un bon guitariste. Lorsqu'il se concentre sur son manche et ne tombe ni dans la facilité ni les effets, il peut alors devenir intéressant ; très Proche de Freddie King même, comme sur l'instrumental "Quiet boy!". Sans quoi son rockin' blues, destiné à un public plus jeune, reste agréable à l'oreille. Il se souvient qu'il existait en Angleterre un très grand guitariste du blues appelé Peter Green. Ce souvenir lui inspire le très lent et confidentiel "Need her so bad". La plus belle pièce de l'album ! Il termine par "Little wing", un hommage à l'une de ses références, l'inoubliable et mythique Jimi Hendrix…

 

Little Feat

Chinese work songs

Écrit par

Du line up initial, fondé en 1969, il ne reste plus que Richie Hayward et Bill Payne. Plus de trace de Roy Estrada, qui avait tout un temps joué avec les Mothers of Invention de Frank Zappa, ni de Lowell George, mort d'une overdose en 1979. La formation s'était d'ailleurs séparée, suite à ce drame, avant de se reformer en 1998, en compagnie d'une flopée de nouveaux musiciens. Le groupe compte d'ailleurs aujourd'hui sept personnes. Maintenant, on se demande bien à quoi peut servir ce type de reformation ; d'autant plus que leur mélange de rythm'n blues, de jazz et de rock a mal vieilli et n'a plus guère de punch. Et les musiciens ont beau être des virtuoses, on a l'impression qu'ils jouent pour eux mêmes, chacun dans leur coin. Echappent au naufrage le classique ‘boogisant’ " Marginal creatures ", dont le climat nous rappelle la meilleure époque du Steve Miller Band, et le titre maître, nonobstant les quelques vagues et inutiles sonorités asiatiques. Imprimée sur un tempo échevelé cette composition est littéralement rognée de claviers avec une fureur digne du Keith Emerson circa Nice. Mais deux fragments sur onze morceaux, c'est un peu maigre…

 

Liva

The distance to here & the acoustic sessions recorded in Brussels

Plus besoin de s'étaler sur son passé. Le nombre d'albums, de hits et de promos diverses ont fait de cette formation américaine un élément incontournable de notre environnement musical. Nous ne devons également plus vous remettre à l'esprit les bonnes critiques adressées à leur dernier album " The distance to here ". Celui-ci vient d'ailleurs d'être réédité accompagné d'un mini album live. Peut-être une occasion supplémentaire de faire grimper les ventes du CD. A la croisée de REM et de Pearl Jam, Live dispense une expression sonore empreinte de chaleur, d'excitation et d'émotion. Cependant, les cinq compositions acoustiques enregistrées à Bruxelles en avril dernier nous laissent sur notre faim. Malgré une superbe version du hit " I alone " agrémentée de retouches tout en improvisation ainsi que du single " Dolphin's cry ", dont l'émotion se dégage encore un peu plus, le mini set se perd progressivement dans la pop agréable certes, mais aussi insipide qu'un Rod Stewart au bord de l'épuisement...

 

Livehuman

Elefish Jellyphant

Écrit par

La tendance s'était marquée à la sortie de la compilation célébrant l'anniversaire de Matador : le label s'est ouvert à de nouvelles perspectives musicales. Les groupes à ‘guitares’ (e.a. Yo la Tengo, JSBX ou encore Pavement), qui ont fait la renommée de ces défricheurs underground, ne sont plus uniquement les fers de lance du label. Dorénavant une cohorte d'artistes du monde de l'électronique, de la drum'n bass ou du hip hop sont venus grossir leur catalogue. Parmi eux nous trouvons Livehuman.

Difficile de définir la musique proposée par ce trio. Malgré des éléments à priori disparates, cette formation parvient à offrir un album cohérent. En effet chaque musicien apporte aux compositions sa touche et son style ; même si de prime abord nous nous trouvons face à des orientations musicales incompatibles. Alors que le DJ nous emmène dans des ambiances et des sonorités hip hop, le bassiste semble plus sensible au jazz ; à charge du batteur de lier tous ces ingrédients, se faisant tantôt machine, tantôt plus discret. Et le résultat final est plutôt convaincant. Bien sûr les intégristes des genres respectifs crieront sûrement au sacrilège ; mais pour ceux dont les mélanges ne repoussent pas, voilà un album intéressant. Même si la formule risque de lasser après plusieurs albums, le genre a le mérite d'exister et tente à prouver que la musique ne nous a pas encore livré tous ses secrets. Bien sûr, il a fallu qu'un disque pareil nous parvienne de chez Matador... Car en matière d'ouverture, il n'y a pas à dire, ce label a encore de beaux jours devant lui !

 

Llama Farmers

El toppo

Écrit par

Trop envoûté à ses débuts par le " Nevermind " de Nirvana, Llama Farmers semble être parvenu à prendre une certaine distance avec sa référence. D'abord, Bernie Simpson a abandonné le grognement ‘kurtcobainesque’, pour laisser couler naturellement son timbre vocal clair et fluide. Et puis le flux d'électricité libéré par la guitare, est régulièrement raffiné, lorsqu'il n'est pas suppléé par une six cordes acoustique. Avec beaucoup de dextérité, il faut le souligner. Parce que flux d'électricité, il y toujours. Et c'est tant mieux ! Vivace, torturé, crépitant, furieux ou filandreux, il est tantôt capable d'atteindre l'intensité d'un Muse, la spontanéité fruitée d'un Teenage FanClub ou la férocité juvénile d'un Pixies. Mais lorsque la mélodie est littéralement bercée par les cordes d'une sèche, c'est plutôt à And Also The Trees que l'on se met à penser. Enfin dans sa phase la plus ténébreuse. Et sous un angle introspectif et minimaliste, aux Pastels…

 

Löbe

Ondulation

Écrit par

" Ondulation ", second album du duo Löbe (NDR : sur le jeune label nordiste FBWL TOW), confirme, après le succès mérité de Hint et de Prohibition, les qualités d'une scène musicale française non consensuelle où les guitares noisy et l'électronique dure se partagent l'espace sonore. Sans nostalgie. Sur les lambeaux d'un ambient dub aérien, la guitare d'Alex égraine de délicats motifs. Tantôt pesants, tantôt mélancoliques, ils s'éternisent en spirales répétitives, pour librement s'évaporer, happés par la basse massive de son acolyte. Lorgnant vers des espaces dilatés, quelques incursions de samples d'origines primitives, de flûtes, de percussions, invitent les compositions partagées entre le spiritualisme et l'isolationnisme urbain, à flirter avec un tribalisme suffocant. Tout leur propos est là. Derrière leurs morceaux tendus pointe une énergie rageuse, violente, gouvernée par une volonté émancipatrice, faisant par instants songer à Godflesh.

La voix gutturale racle nos viscères, puis les purge des tréfonds obscurs de l'individualité humaine, afin de l'élever encore et encore. La puissance d'" About Fading ", de " Writer's project ", de " Post Traumatic Stress Disorder " ou les mantras du bien nommé " Diaphane " ou encore de " Thelma ", broient à la fois les barrières musicales et mentales, empruntant secrètement ou non des sonorités hindoues aiguës. Impliqués dans des projets parallèles hautement recommandables tel que Micro :mega, on sent chez eux un désir d'apporter réellement une dimension différente au rock français. De creuser une ouverture à travers le mur ankylosé construit par les " fonctionnaires " de l'électronique. Ombrageux, ce deuxième elpee surprend. Notamment à cause de cette tentative d'incursion en territoire drum'n'bass. Une aventure vécue le temps d'un track en deux temps où se chevauchent nappes cotonneuses et lignes de basse cold wave, donc mélancoliques. Butés mais pas inconscients, ils prennent le soin d'abandonner, chemin faisant, quelques petites pierres. Histoire de laisser le soin à d'autres de les ramasser et de les accommoder à leur sauce, sous peine de devenir ringards. Le troisième album est déjà en préparation. Et s'il est de la même trempe, il ne devrait pas nous décevoir...

 

Robert Lockwood Jr

Delta crossroads

Écrit par

Robert est né en 1913 à Turkey Scratch, dans l'Arkansas. Le tournant de sa vie intervient lorsque sa mère se met en ménage avec un homme à peine plus âgé que lui. Et pour cause, il s'appelait Robert Johnson ! Ce dernier apprit tous ses secrets à la guitare à Robert Jr, son beau-fils. La vie d'un bluesman n'a jamais été dorée. Ce qui explique pourquoi Lockwood a abandonné la musique, au moins à six reprises. Il vit depuis longtemps à Cleveland, dans le Mississippi ; et c'est là qu'il a enregistré ce premier album pour Telarc. Seul, sa voix et sa guitare. Il y interprète un country blues tellement pur, tellement rafraîchissant, nonobstant l'âge de son répertoire. A plus de 85 ans, il reste l'un des plus vieilles gloires du blues encore en vie ; une légende vivante en quelque sorte.

Il reprend avec bonheur six compositions de son beau-père mythique : "32-20 blues", "I believe I'll dust my broom", "Stop breakin' down blues", "Love in vain blues", "Little Queen of spades" et "Ramblin' on my mind". Il y est réellement poignant. Il adapte également d'autres thèmes du blues ; et notamment "C.C Rider" de Lightnin' Hopkins, "In the evening (when the sun goes down)" et un superbe "Mean mistreater mama" de Leroy Carr ainis que "Key to the highway" de Big Bill Broonzy. Robert pouvait aussi écrire ses blues. Souvent des dialogues échangés avec sa guitare qu'il jouait d'une manière très rythmique et surtout fort originale. A l'instar de "Run your Mama", "This little girl of mine" ou "Train my baby" que l'on retrouve sur cet opus. Enfin, il produit de bonnes vibrations, lorsqu'à la manière d'un jeune songster du bon vieux temps, il reprend ce vieux canon du blues, "Mr Downchild" (qu'il attribue à Robert Johnson).

 

Louise Attaque

Comme on a dit

Écrit par

Trois éléments pourraient résumer l'essentiel de ce qu'il faut savoir du phénomène rock français nommé Louise Attaque. Il s'agit de l'engagement politique, des instruments acoustiques, et puis surtout du groupe mythique Violent Femmes. L'engagement politique tout d'abord. Diplômés de l'université, les quatre Bretons disposent d'un statut qui ne les oblige pas à tout investir dans la musique. Néanmoins, quand on vend plus de deux millions d'exemplaires de son premier album, il apparaît évident que les projets musicaux prennent une place non négligeable dans une vie. Et tant mieux pour eux, puisque le groupe veut revendiquer des choses et défendre des idées politiques, plutôt marquées à gauche. Et quel est le plus beau moyen de répondre à cette envie, si ce n'est dans le cadre de sa propre passion : la musique.

Parlons maintenant de leur première influence. Les Violents Femmes. Ce nom ne vous dit rien ? C'est normal. Cette formation américaine issue des années 80, monstre de la scène underground, n'a jamais connu de succès notoire. Le trio constitue pourtant le terreau sur lequel a poussé la fleur Louise Attaque. Le nom en est inspiré (Louise pour femme et Attaque pour Violent). Et le son du quatuor français transpire le folk-rock groovy pratiqué par le mythe depuis plus de quinze ans. Et puis, le leader Gordon Gano a assuré la production des deux premiers albums. En compagnie de Warren Bruleigh.

Le troisième élément qui doit encore être soulevé concerne le style adopté par Louise Attaque. Très acoustique, il s'est, dès le début, démarqué de la scène musicale ‘jeune’ française ; tournée corps et âme vers le rap et la techno. C'est ce qui explique sans doute pourquoi il aura fallu attendre que le premier disque dépasse les cent mille exemplaires vendus pour que les radios françaises décident enfin de les programmer à fréquence régulière. On peut en tout cas affirmer qu'elles se seront bien rattrapées depuis !

Du violon donc, de l'accordéon, de la guitare sèche, une rythmique exempte d'agressivité, le tout plongé dans un lyrisme teinté d'émotion et de poésie. On a même parfois l'impression que Gaëtan Roussel chante un peu à la manière de notre cher Jacques Brel. La musique gambade de la postcard des Smiths et de James au folk-rock de 16 Horsepower, en passant par le souffle poignant de Nick Cave pour terminer sa course dans l'énergie et le sens mélodique des éternels Violent Femmes. Le premier album nous paraissait fort accessible. Un peu trop peut-être. Celui-ci mérite la mention très bien. Un candidat sérieux pour les albums de l'année !

 

Lunar

There is no 1

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Comme quoi, venir de Zagreb n'est pas nécessairement un handicap. Mariage d'électronique et de rock, Lunar déploie tout au long de cette plaque un calme, une assurance et un savoir-faire dignes des formations les plus reconnues en la matière. Et je pense plus particulièrement à Tortoise et June of 44. Bin oui, Lunar est de ce genre… Une petite touche noisy en plus. Et j'allais oublier : un penchant marqué pour la pop. D'ailleurs, les quelques titres chantés auraient pu relever du répertoire de The Sea and the Cake. Pas de dépaysement astronomique en perspective, mais je mets ma main à couper que vous installez un McEntire à la production ou au triangle sur la plage de clôture, et vous faites de Lunar un groupe dont on parle (en bien) dans les Inrocks ; ou qui décroche une tournée en compagnie des groupes à qui ils doivent tant. Que l'industrie musicale est parfois étrange !

 

Lungfish

Necrophones

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Fondé en 1988, cet ensemble issu de Baltimore dans le Maryland, en est déjà à son neuvième album. Et franchement, je dois avouer que ses œuvres précédentes ne m'avaient pas laissé un souvenir impérissable. Faut croire qu'avec le temps, la formation a pris de la bouteille, puisque ce " Necrophones " est autrement excitant. Bien sûr la voix de Daniel Higgs est toujours aussi limite. Elle me fait même parfois penser à un hybride entre celle de Shane Mc Gowan et de Mark E Smith. Mais il faut avouer que tout au long de cet opus, elle colle parfaitement à son support sonore. Tantôt punk, à l'instar du Fall, mais en plus minimaliste, tantôt franchement psychédélique, venimeux, obsessionnel, dans l'esprit de Loop, Spacemen 3, voire de Spiritualized. Lorsque les compositions n'évoluent pas entre ces deux pôles…

 

Trudy Lynn

U don´t know what time it is

Écrit par

Trudy Lynn est texane. Elle a toujours vécu dans sa bonne vieille ville de Houston. Considérée comme la reine de la soul locale, elle possède une superbe voix, puissante et limpide à la fois. Son répertoire se situe entre le blues et le southern soul. Elle a enregistré jusqu'alors sur le label soul Ichiban. Son meilleur date de 1995, "First lady of soul".

Ce nouvel album a été enregistré à Dallas en 1997. Parmi les invités, on retrouve Lucky Peterson, aux claviers, et Bernard Allison, à la guitare. La majeure partie de cet opus est consacrée à la musique soul, mais une soul négociée le plus souvent en douceur. Je me bornerai donc d'évoquer les meilleurs titres de cet elpee, ou plus exactement ceux que j'ai préférés. Et notamment, "Shake rattle & roll", profilé sur un rythme funky et nappé par l'orgue Hammond de Lucky. La fort belle reprise du "Help me through the day" de Leon Russell, sous le contrôle impeccable de la guitare d'Allison. "Time gone by", lorsque Lucky passe aux cordes. Et un vrai blues, "I should have known". Le reste se situe le plus souvent dans un registre pop soul, qui n'interdit pas à Trudy de chanter remarquablement "Nothing but love" ou le lent "Mama and Papa Hopkins". Ceci n'est pas un album génial, mais un l'ensemble tient bien la route et ne manque pas de charme...

 

Paul Lamb

Take your time and get it right

Écrit par

Les Kingsnakes viennent d'opérer des changements importants dans leur line up. On y retrouve toujours Paul Lamb et son fidèle guitariste, Johnny Whitehill ; mais deux vétérans de la scène blues anglaise ont rejoint la formation. En l'occurrence le bassiste Rod Demick et l'excellent chanteur Earl Green, un personnage qui a autrefois milité au sein des Dance Kings et du Big Blues Band d'Otis Grand.

Cet opus démarre par le rythmé "I'm a bluesman", une composition au cours de laquelle le piano boogie flirte avec l'harmonica de Paul. Ce piano, c'est celui de West Weston. Invité de marque, il constitue un des meilleurs espoirs du blues outre-Manche. Avant de prendre la succession de Mike Sanchez chez les Big Town Playboys, il dirigeait ses propres Bluesonics. Il serait peut-être indiqué aux Kingsnakes, d'héberger un bon claviériste, car "No glue in the world" poursuit dans cette excellente impression, dans un style proche de la Nouvelle Orléans. "Lend a hand" est un superbe blues au cours duquel Earl Green prend toute sa dimension. Le chanteur a de l'épaisseur sur cet exercice proche du meilleur de Magic Sam. Il s'essaye encore avec plus de brio sur le merveilleux "Open up". La voix d'Earl est l'une des meilleures de l'autre côté de la Manche. Elle impressionne sur le riff de Bo Diddley, "Crazy for me", avec les Kingsnakes qui répondent à ses injonctions. Whitehill est comme un poisson dans l'eau sur ses cordes. Cette voix est toujours aussi conquérante sur "I don't want" avec Lamb qui se promène de manière nonchalante au chromatique. "Tuesday blues" est abordé sur un mode plus proche des racines, électrique mais imbibé du son du Delta. L'opus reste dans le sud paresseux lors d'un blues de haute facture, "Looking back" ; mais plus proche encore des swamps louisianais sur "Money world". Les Kingsnakes conventionnels ne sont pas disparus. Et ils le démontrent sur le swing blues " Groovin ", un exercice de style consacré à Little Walter et à George Smith, pour Paul Lamb, à l'harmonica chromatique. Paul s'exerce au "whoopin" cher à Sonny Terry sur "I'm going down". Pour le shuffle, "Take your time", l'entente entre Green et Lamb est parfaite. Paul sort un solo magique devant la slide de Johnny. Du grand ouvrage! Boogie boogie avec "Days of jive". Lamb est brûlant. Personne ne peut le retenir. Même les ivoires de Weston. Le meilleur album des Kingsnakes à ce jour !

 

Leon Lamont

Breakbeat Mechanic

Écrit par

Vouloir consacrer un album entier à un genre résolument danceflooor demeure, pour les apprentis musicos, un risque qui peut vite prendre des allures de ratage intégral. Même Goldie, pourtant talentueux, ne réussit pas à supporter le choc de la longueur. Pas facile de tenir aussi longtemps le breakbeat, par essence dynamique et propice à la débauche sonique. Leon Lamont construit ses titres avec fantaisie et maîtrise. Il n'a ni le génie d'Amon Tobin, ni le potentiel du dieu du two step, MJ Cole, pour nous surprendre de bout en bout. N'empêche, Lamont fait preuve de beaucoup de bonne volonté et surtout possède de bonnes idées. Comme celle d'enregistrer une batterie live. Mais il pêche (NDR : la honte !) par un abus de rythmiques roboratives, voire ennuyeuses, alors que le style repose avant tout sur les cuts violents. De plus la nature des sonorités n'améliore certainement pas le climat général de l'opus. Dont la plupart des fragments lorgnent, à divers degrés, vers l'attendu ou le vulgaire. Dommage, car une ou deux bonnes surprises laissaient augurer une toute autre dimension à ce disque. A l'instar du mongolo " Humanoid ", un titre riche et souvent drôle dont le gimmick semble sorti tout droit d'un manga, ou encore le jazzy " Dust ". Mais quel est l'intérêt de sortir un elpee du breakbeat si seulement deux tracks partent un peu en vrille, décapent enfin nos viscères ?