La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

Winter adults only ?

Winter, une artiste issue de la nouvelle génération de shoegaze, a annoncé la sortie de…

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Paddang à la poursuite des fantômes…

Paddang est un trio de rock psyché formé en 2020 à Toulouse. Osees et King Crimson à fond dans lʼautoradio et un nom de groupe inspiré d'un spot de surf en Indonésie, Paddang file à toute berzingue dans une épopée cosmique. Les trois voix dictent le ton et…

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Smoking Popes

Born to quit

Les Smoking Popes affichent un line up unique en son genre, puisqu'il est partagé entre trois frangins: Matt, Elie et John Caterer, flanqués d'un quatrième larron qui répond au nom de Mike Felumlee. Manquait plus que ce dernier soit également de la famille et nous pouvions décréter que les Ramones avaient laissé en héritage un digne successeur. Encore qu'il est vrai que ceux-là n'étaient, paraît-il, que des faux frères. Les Ramones constituent une bonne introduction à la musique de ce quartet yankee, dont le presque mythique tempo 4/4 revient régulièrement à la surface. Mais pas pour y exploiter un punk caricatural. Non, plutôt pour y revitaliser un power pop nourri à la fois au garage et au britpop. En termes plus imagés pour y réaliser une synthèse entre la musique des Buzzcocks, des Luminarios, de Lightning Seeds et des Smiths. La superbe voix de John Caterer campant d'ailleurs un hybride entre celle d'Ed Kowalczyk (Live), Martin Rossiter (Gene) et de Morrissey. Une voix très en avant qui communique une sensibilité profonde aux mélodies mélancoliques de ce "Born to quit"...

 

Soft Parade

Get Well Soon

En 1992, cet ensemble batave avait bénéficié du concours de Dave Stewart pour enregistrer "Puur", son premier album. Production, studio et même label (Anxious). Un très chouette disque qui n'avait cependant pas récolté le succès escompté. Quatre années plus tard, Soft Parade revient avec un deuxième opus. Mais réalisé dans des conditions plus modestes. D'abord, les sessions d'enregistrement se sont déroulées à Tilburg, leur ville natale. Par souci d'économie, seules les bandes ont transité par Londres au Livingstone Studio. Pour y être remixées par John Mallison. Enfin, "Get well soon" est tout simplement autoproduit. Si le line up du quintette n'a pas changé, il faut reconnaître que le rôle du claviériste a été réduit à sa portion congrue. Il brille même par son absence sur les sept premiers titres. La texture épouse soit les caprices semi-acoustiques, ‘sydbarettiens’, de Robyn Hitchcock ; ou nous plonge dans l'univers velvetien, indolent, arty de Mojave ou de Tarnation. A partir du huitième morceau, Dirk Brouwers entre dans la danse, et infiltre progressivement ses sonorités fiévreuses dans la mélodie. Son phrasé ‘manzarekien’ refait naturellement surface. Et nonobstant le vocal hymnique, curieusement inspiré par Bono (pas le Band!), les portes (!) du psychédélisme s'ouvrent à nouveau pour célébrer une folle et douce Soft Parade...

 

Solid Gold Hell (New Zealand)

The blood and the pity

Depuis Clock DVA et Birthday Party, nous n'avions plus entendu quelque chose d'aussi sordide et torturé. Même le chanteur possède un timbre aussi ravagé que celui d'Adi Nelson ou de Nick Cave. Mais pour retrouver quelque chose de plus ou moins ressemblant, il faut remonter un peu plus loin dans le temps. Fin des sixties. Avec une formation qui répondait au nom de Juicy Lucy. Responsable en 1970 d'une formidable cover de Bo Diddley, " Who do you love ". Caractérisé par un timbre vocal tout aussi ravagé, mais surtout par la performance d'un certain Glenn Campbell (NDR: rien à voir avec le crooner du même nom) à la steel guitar. Oui mais, imaginez-vous qu'au sein de Solid Gold Hell, le chant est assuré par un autre Glen Campbell. Pseudonyme? Probablement! Mais ces coïncidences vous permettront peut-être de vous faire une idée plus ou moins exacte du néo blues pratiqué par cet ensemble néo-zélandais...

 

Shed Seven

A maximum high

Shed Seven vient de frapper fort. Très fort même. A l'instar de la pochette de leur nouvel album. Illustrant un strike! Encore un ensemble insulaire qui témoigne de la bonne santé actuelle de la scène britpop. A contrario des formations du pays de l'Oncle Sam qui semblent marquer le pas depuis quelques mois. "A maximum high" figurera certainement parmi les "musts" de cette année. Douze fragments sculptés dans la pop mélodique, électrique. Depuis les cuivrés, trempés dans la même arrogance que celle des frères Gallagher, "Getting better" et "Going for gold" jusqu'aux huit minutes de psyché garage de "Parallel lines" en passant par l'irrésistible touching pop de "Where have you been tonight?" (Sad Lovers & Giants), les accès de postcard (Smiths?) de "Ladyman", de "This day was ours", voire de " Bully boy " (Morrissey?), le bolanesque, glamour "Falling from the sky", les tendres "On standby" et "Magic streets" (Bluetones?) et enfin la ballade romantique enrichie d'un clavecin "Out by my side", pour une hypothétique rencontre entre les Stones et Modern English. Et si on vous affirme que Shed Seven, c'est un peu un cocktail d'émotion de Suede, de sens mélodique d'Oasis, d'attitude, de sauvagerie de Radiohead, de fraîcheur des Smiths et de groove des Stone Roses. Croyez-le!

 

Michelle Shocked

Mercury poise

Tout comme Billy Bragg, Michelle Shocked est aussi bien capable de dénoncer les injustices sociales ou de vilipender le pouvoir politique capitaliste que de s'épancher à travers une prose autobiographique. Sans le moindre accès de sentimentalisme, mais avec un réel talent pour aiguiser des phrases mordantes et drôles. Née au Texas, mais émigrée depuis quelques années en Angleterre, cette folksinger se démarque cependant du créneau traditionnel en n'hésitant pas à s'aventurer dans le blues, le skiffle, le gospel, le ragtime, le swing ou le jazz. " Mercury Poise ", compilation qui couvre une période de sa carrière sise entre 88 et 95, en est une excellente illustration...

Silkworm

Libertine (Réédition)

Réédité aujourd'hui sur Matador, "Libertine" avait fait l'objet d'une chronique en 1994. Un album dont les mélodies sombres et claustrophobes rejoignaient l'univers de la lo-fi de Swell, Sebadoh et Smog. A l'époque, nous avions surtout souligné la faiblesse des performances vocales de Tim Midgett et d'Andrew Cohen. Voix beaucoup trop étouffées par rapport au timbre vibrant et clair de Joel R L Phelps. Aussi, en apprenant que ce dernier avait quitté Skilworm, nous ne donnions pas cher de la peau du nouvel opus. Et pourtant, le trio semble s'être bien remis de ce départ. Très bien même. En accouchant d'un excellent "Firewater". Sculpté tantôt dans la popcore des Pixies. Sans la rage vocale de Frank Black, bien sûr. Mais avec la même violence électrique et la même efficacité mélodique et contre mélodique. Tantôt dans le garage crazyhorsien. Lorsque l'intensité mélodique devient monochrome. Ou encore avec une versatilité aussi dérangeante que chez Pavement. Quand le réalisme, la satire ou l'écologie commencent à s'imbiber d'alcool. Pas à brûler. Mais bien à boire. De la "Firewater". Anisette ou bourbon. Un verre à boire plutôt qu'un ver à soie. Pourquoi pas?

Skiploader

From can through string

Tout comme Pond et Everclear, Skiploader nous vient de Portland, dans l'Oregon. Mais si les deux premiers cités émargent au grungecore classique, Skiploader manifeste dans cette expression davantage de sophistication mélodique et surtout d'originalité. Nous avions d'ailleurs déjà pu le constater lors de la sortie de son mini elpee, "Anxious, restless", en décembre dernier. Skiploader pratique une musique riche, complexe même, aux vapeurs austères mais terriblement grisantes. Sorte de décoction alcoolisée préparée à base de Dig, de Foo Fighters, d'Hüsker Dü et de Minutemen. A la saveur tantôt popcore, tantôt punkcore ou même progcore. Manifestant une rage adolescente venimeuse responsable de lyrics angoissants, cruellement contemporains, chantés et composés par son leader, Tom Ackerman...

 

Skyclad

Irrationnal anthems

Mais qu'est-ce qu'un violoniste aussi doué peut faire dans un groupe pareil. Retenez son nom: George Biddle. Il joue également du piano et des claviers. Mais alors à l'archet, c'est un véritable virtuose! Au sein d'une formation de folk punk, du style Levellers, on comprendrait encore sa collaboration. Mais au profit d'un ensemble de hard rock aussi limité, c'est plutôt tragique. Enfin hard rock à la limite du métal pur et dur, vous voyez le topo! Un guitariste qui écrase ses riffs, l'autre qui se prend pour Van Halen; et pour corser le tout un chanteur atteint de laryngite aiguë. Et ce n'est pas l'interprétation exclusivement instrumentale de la danse du sabre de Khatchatourian qui recollera les morceaux. Alors, dans ces conditions, coupez!

 

Skycraper

Superstate

Au sein de ce trio londonien, on retrouve l'ex-chanteur/guitariste de Milk, Vic Kemlicz, ainsi que l'ancien bassiste de Swervedriver, Adi Vines. Ne tenez cependant pas de conclusion trop hâtive, puisque ce Skycraper cherche un compromis entre le grunge et le hardcore post industriel. Un compromis pas toujours facile à négocier, puisque si certaines compositions ont une fâcheuse tendance à patauger dans la boue seattlenesque, d'autres s'abandonnent un peu trop facilement dans le métal bruitiste. Dans le pire des cas avec la férocité de Metallica, voire d'Anthrax. Dans le meilleur, suivant un code post punk institué par les Young Gods, Ministry et surtout Killing Joke. On comprend alors beaucoup mieux la présence de Roli Mosiman à la coproduction. Mais curieusement, les deux meilleures compositions du disque répondent à des critères hymniques, mélodiques, empruntés aux Silencers. "Bed of nails", tout d'abord. Et puis "Coming down day" caractérisé par le groove particulièrement contagieux, ce riff de guitare très accrocheur et ses effets spéciaux psychédéliques du meilleur goût. Dommage que tout l'album ne soit pas de cette trempe!

Sleeper

The it girl

Après avoir milité pour la cause de la new wave de la new wave, à l'instar d'Echobelly, d'Elastica et de Darling Buds, sur son premier elpee ("Smart"), Sleeper s'oriente aujourd'hui vers une forme musicale plus mod, plus glamour. Plus mod à cause des textes de Louise Weener qui traduisent, un peu comme chez Ray Davies des Kinks, une vision ironique de la société britannique. Des textes qui stigmatisent la corruption des partis politiques et désapprouvent la censure des opinions. Plus mod à cause du ton utilisé dans les chansons. Maniéré, lyrique, avec arrangements et orchestrations, plus proche de Blur que de Pulp, mais dans une version féminine. Plus glam dans l'esprit de la new wave du début des eighties. Pensez à Blondie, Katrina & the Waves ou à Altered Images; les inflexions vocales de Louise, frôlant même parfois celles de Nena. "The it girl" laisse cependant une place à deux fragments sculptés dans la britpop post "Inbetweener": "Lie detector" et "Dress like your mother"; et puis un excellent "Sale of the century", single contagieux, amer et mélancolique...

 

The Smashing Pumpkins

Pisces iscariot

" Pisces Iscariot " n'est pas le nouvel album d'un des groupes les plus importants des nineties, mais nous aurions pu le croire. En effet, s'il n'est sorti aux States, il y a déjà deux ans, ce morceau de plastique qui ne réunit que des faces B de singles, des reprises et des " Peel sessions " présente tous les ingrédients nécessaires et indispensables à la réalisation d'un album événement. Tout y est. Sensibilité, profondeur et mélancolie pour les ballades telles que " Soothe ", " Blew away " ou " Whir ". Agressivité, puissance musicale et ferveur pour les titres plus âpres, difficiles comme " Frail and bedazzled " ou " Pissant ". Le tout marqué par cette volonté profonde d'innover. Smashing Pumpkins n'a plus rien à voir avec cette scène grunge qui a fait son temps. Il représente aujourd'hui toute une génération en manque de projet, d'espoir et risque fort bien dans quelques années d'être l'image de toute la musique américaine des années 90, tels que l'étaient les Doors ou le Velvet Underground, durant les sixties. Indispensable!

 

The Sex Pistols

Winterland concert

N'imaginez surtout pas que les Pistols viennent de sortir un deuxième album " live " pour consacrer leur reformation (NDR: Pourquoi, le premier est sorti?). Faut pas rêver! Comment voulez-vous qu'ils pompent un max de frics à leurs aficionados? " Winterland concert " nous renvoie en 1978, à San Fransisco. Un concert où le line up était encore composé de Cook, Jones, Rotten et bien sûr du défunt Sid Vicious. Un document fort intéressant, même si la qualité des enregistrements laisse parfois à désirer. Mais au moins qui épingle la plupart des standards du groupe. Depuis " God save the Queen " à " No fun ", cover des Stooges, en passant par " Anarchy in the UK ", " Pretty vacant ", et quelques autres...

Shaker

Kiss me

Versez une dose de New Order (ou à défaut d'Electronic), une de Crowded House, une de Visage et une dernière de Naked Eyes (de préférence cuvée 83) dans le gobelet ad hoc. Ajoutez-y de la glace sophistiquée avant d'agiter technologiquement dès que le shaker est reconstitué. Dénoyautez quelques Jesus Jones de leur hip hop. Placez en trois à quatre quartiers dans chaque récipient et servez le contenu de ce cocktail dans un cristal préalablement frotté d'harmonies vocales satinées. Vous venez ainsi de préparer un breuvage bien onctueux, mais dont le parfum commercial ne devrait allécher que le monde très superficiel des ex-radios libres...

 

Fred Schneider

Just Fred

Pour enregistrer son premier album solo, le vocaliste des B 52's a reçu le concours de trois groupes différents. Tout d'abord, Deadly Cupcake, formation circonstancielle impliquant Russel Simins du Jon Spencer Blues Explosion, Rick Sims autrefois membre de Supersucker et des Didgets ainsi que le bassiste de Tar, Tom Zaluckjy. Ensuite, Six Finger Satellite, ensemble yankee de néo post punk. Enfin Shadowy Men on a Shadowy Planet, un des nombreux backing groups de Steve Albini. Un Steve Albini que l'on retrouve d'ailleurs à la production de ce morceau de plastique secoué par l'esprit le plus agressif du punk pop. Celui des Heartbreakers, notamment. A cause de cette débauche d'électricité cinglante, vibrante, dispensée comme à la plus belle époque de Johnny Thunders. Mais également la forme du pop. Celle des B 52's. Et pas seulement parce que la voix véhémente, déclamatoire de Fred nous rappelle qu'il est toujours et encore le chanteur d'un des deux plus grands groupes d'Athens (NDR: l'autre, vous vous en doutez, répond au nom de REM), mais à cause de ce rythme caractéristique, épileptique, irrésistible qui a ouvert la voie au post punk insulaire. Un tempo qui se laisse même parfois ici emporter dans le psychobilly tribal des Cramps...

Screaming Trees

Dust

Lorsque Sreaming Trees enregistre " Sweet oblivion " en 1991, le temps est au grunge; et le groupe s'en imprègne inconsciemment. Une emprise fort regrettable et qui lui vaudra de traîner une même étiquette qui colle depuis, toujours aux basques de Nirvana, Soudgarden, Melvins, Pearl Jam, Stone Temple Pilots et consorts... Pourtant, les six albums précédents sont d'un tout autre calibre. Et enfermer la formation dans ce carcan ‘seattlenesque’ serait une grave erreur. " Dust " en est d'ailleurs la plus belle démonstration. Le quatuor revient à une forme de rock plus conventionnelle, mais tellement plus efficace. Acide dans le sens psychédélique du terme. Pensez aux Byrds, à Steppenwolf, à Gun Club, et plus près de nous à Leather Nun. Il règne d'ailleurs tout au long de ce disque une intensité blanche, électrique, crépitante, entretenue par les cordes de guitares, et une profondeur douloureuse, angoissante, qui émane du baryton de Mark Lanegan, dont les textes traitent d'alcoolisme, de décrépitude et d'autodestruction. Le titre de l'elpee est d'ailleurs suffisamment évocateur: " Dust ". Et qu'y a-t-il après la poussière?

Sebadoh

Harmacy

A l'instar de Cell, Afghan Whigs et autre American Music Club, ce trio bostonien explore la face la plus sombre du rock alternatif. Mais il le parcourt d'une manière différente. Développant une texture mélodique franchement rampante, capricieuse, instable, responsable d'un véritable spleen. Sur son nouvel opus, Sebadoh alterne pop songs aussi contagieuses que celles issues du répertoire de REM voire de Go-Betweens, aussi intensément électriques que chez Hüsker Dü, Nova Mob et même Pixies, et titres expérimentaux, beaucoup trop décousus pour véritablement accrocher...

Self

Subliminal plastic motives

Self, c'est une histoire de deux frangins qui se retrouvent après quelques années pour enfin monter leur propre groupe. En fait, si Mike Mahaffey sévissait déjà depuis quelques années au sein de groupe locaux dans son Tennessee natal, le parcours de Matt est beaucoup plus révélateur. A l'âge de douze ans, il joue de la batterie. A dix-huit, fréquente l'université où il commence à bidouiller des tas de styles musicaux à l'aide d'un quatre pistes et d'une guitare. Des expérimentations qu'il mène dans le domaine du hip hop, de la lo-fi et du rock alternatif. Mais pour enregistrer son premier album, et surtout pour monter son propre studio, qu'il veut à la pointe de la technologie moderne, il retourne écumer les clubs et les bars, derrière ses drums. Et lorsqu'il a amassé suffisamment de flouze pour passer à l'action, il rappelle son frère, engage quelques musiciens de studio et enregistre ce "Subliminal plastic motives". Si Mike et Matt se sont évidemment assuré l'essentiel de l'instrumentation, ce dernier s'est réservé, bien sûr, la composition, le chant, la production et surtout la gestion des samples. Il estime d'ailleurs que ceux-ci sont devenus une expression de sa personnalité et il les traite comme s'ils étaient devenus des instruments à part entière. Et le résultat est plutôt éloquent. Onze pop songs soignées, riches, opulentes, mélodiques. Au groove irrésistible, aux cordes de guitare croustillantes, effilées, aux harmonies vocales claires, suaves. Et si nous vous avançons que la musique est à la croisée des chemins de Weezer, de Beck et de Whale, comment voulez-vous dans ce cas, ne pas hériter d'un bon album?

Sense Field

Building

Bien que fondé en 1990, ce quintet californien ne comptait à ce jour que deux Eps à son actif. Un groupe dont nous n'avons jamais manqué de mettre les qualités en exergue. Parce qu'il le mérite. D'abord il y a la superbe voix de Jonathan Bunch, dont le timbre navigue quelque part entre Ray Thomas (Moody Blues), George Michaël, et Ed Kowalczyk (Live). Et puis cette musique dont l'électricité opulente post Hüsker Dü est dispensé avec un sens mélodique très britpop (Marion?), mais avec une pêche d'enfer, digne d'Offspring. "Building" est ainsi découpé en treize fragments agressifs, sauvages, pulsants, dont la palme revient au capricieux et insidieux "Will". Qu'est-ce qu'ils attendent pour passer en Belgique?

 

Seven Year Bitch

Gata negra

Début des nineties, Babes in Toyland, L7 et Seven year Bitch sévissaient sur la scène ‘Riot Grrrl’, scène féministe extrêmement active, virulente et démonstrative aux States. 7 Year Bitch a cependant été frappé par la fatalité lors de la disparition tragique de leur guitariste originelle, Stefanie Sargent. Depuis remplacée par Roisin Dunne, il est vrai. " Gata negra " constitue son troisième album. Un disque dont le groove sinueux est capturé par l'éloquence âpre et l'énergie pure du style musical. Metal punk bien sûr. Caractérisé par une ligne de basse paresseuse, des riffs de guitare incisifs, dévastateurs, ‘zeppeliniens’ et des vocaux frénétiques, aussi tourmentés que ceux de Perry Farrell (Porno For Pyros) et tout aussi possédés par le désir, l'amertume ainsi que la frustration…

 

Saint Etienne

Tigerbaby

Depuis sa création en 1990, St Etienne n'a jamais vraiment pratiqué une musique conforme à notre sensibilité personnelle. Et pourtant ! Comment expliquer le plaisir ressenti à l'écoute de leurs CD ? Peut-être parce qu'ils se sont toujours montrés imprévisibles. Peut-être également à cause de cette attitude baroque qu'ils n'ont jamais abandonnée. Celle d'exagérer la mode des seventies, par exemple. Mais c'est sûrement dans sa musique qu'il faut aller chercher la réponse. Car il ne faut pas renier les qualités exceptionnelles que possèdent les membres du groupe. Peter St John Wiggs et Robert Arkady Stanley dans le domaine technique, et Sarah Jane Cracknell au niveau vocal. En tous cas, la technopop de leur nouvel elpee, " Tigerbay ", a encore réussi à nous mette en boîte… comme des ados ! Et à nous émoustiller. Par sa diversité, surtout. Pensez qu'en quinze titres, le groupe passe en revue la musique de film, la techno pop, la ballade romantique, le trip hop ‘portisheadien’ et l'électrodance. On a même droit à une composition acoustique qui nous rappelle Kristin Hersh des Throwing Muses. Quel paradoxe pour un groupe synthétique ! Soulignons également l'apparition ponctuelle d'Etienne Daho déclamant un poème au beau milieu d'une chanson. Un excellent album donc, qui démontre que contrairement à l'équipe de football, St Etienne fait toujours partie de l'élite, mais musicale, cette fois…

 

Salt

Auscultate

La scène suédoise est en pleine ébullition. Après Whale, Cardigans et Wannadies, il faudra compter sur Salt. Un trio basique drivé par une fille. Nina Ramsby. Guitariste et chanteuse. Douée d'une voix aussi capricieuse que celle de Polly Harvey. Ce qui apporte une coloration toute particulière au style noisecore pratiqué par le groupe. Impétueux, excitant, proche de celui de Veruca... Salt. Mais mélodique ment aussi difficile et aride que celui de PJ Harvey. "Bluster", hit potentiel, constituant l'exception qui confirme la règle. Bien que fondée au printemps 92, cette formation scandinave n'en est qu'à son premier opus. Mais pour un coup d'essai, elle vient de commettre un disque underground dans le sens le plus électrique, le plus tempétueux, le plus décapant du terme!...