Il n’existe pas de ligne droite pour The Beths…

The Beths, un groupe néo-zélandais composé de la chanteuse Elizabeth Stokes, du guitariste Jonathan Pearce, du bassiste Benjamin Sinclair et du batteur Tristan Deck, annonce la sortie de son nouvel elpee "Straight Line Was A Lie", le 29 août 2025. En avril,…

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Ricky Ross

What you are

En 1993, Deacon Blue splittait Un quintette écossais qui jusque là avait pourtant acquis une notoriété phénoménale aux Iles Britanniques. Il est certain que peu de groupes anglais peuvent se vanter d'avoir réussi à rester plus de six ans sur le haut du pavé de la pop britannique, décrochant ainsi plus de dix-sept hit singles et vendant chacun de ses quatre albums à plus de 500.000 exemplaires. Mais Ricky Ross, le chanteur et véritable leader du groupe n'arrivait plus à s'épanouir complètement au niveau musical. C'est pourquoi, il a aujourd'hui décidé de faire cavalier seul. Et ce " What you are " en est la première réalisation. Enregistré aux States sous la houlette des Frères Robr (Lemonheads, Buffalo Tom), la musique s'est totalement américanisée. Et ce n'est pas un hasard si Ricky a décidé de placer " Good evening Philadelphia " en ouverture du CD. Un ironique et très intelligent pied de nez à la presse anglaise ultra protectionniste et de moins en moins crédible. Seule la voix rauque, fragile, un peu cassée n'a pas changé. Une voix qui s'est moulée dans un mélange de guitares crépitantes, torturées voire crazyhorsiennes, d'accès de basse sinueux et de rythmes déchaînés. La température a manifestement grimpé. Plus rien à voir à voir avec l'époque glaciaire d'antan. Mais ce changement climatique nous a séduits. Reste à savoir si tout cela ne cache pas quelques perturbations atmosphériques… ou médiatiques.

 

Run On

Start packing

Album extrêmement intéressant, mais difficile à analyser pour ce quatuor new-yorkais. En fait, la formation donne l'impression de vouloir goûter une multitude de saveurs underground. Et en particulier celles qui ont inspiré PJ Harvey, Fall, Sonic Youth et Lone Justice. Un album qui peut se révéler tantôt sauvagement électrique, soumis aux percussions tribales ou imprimé sur un tempo hypnotique. Mais qui accorde une place importante à la sensibilité mélodique. Faut dire que Run On possède en la personne de Sue une remarquable vocaliste. Capable d'élever sa voix au registre de Maria McKee ou d'adopter un timbre proche de Polly Harvey. Une oeuvre qui peut également épouser un ton minimaliste. Comme sur "A to Z". Mais un minimalisme dans l'esprit de Cure. C'est à dire réduit au xylophone, à la guitare sèche et à la voix. Mais Run On atteint le sommet de son art sur les deux chansons qui ont le mieux dirigé leurs influences. D'abord le contagieux "Doesn't anybody love the dark" et ensuite le cuivré "Xmas trip". Un disque qui recèle en outre une composition qui aurait tout aussi bien pu figurer sur le dernier opus de Boss Hog, "Tried", et une autre sur celui de Stereolab, "Surprise". Une bonne surprise, c'est le cas de le dire!

 

Ruth Ruth

The little death (Ep)

Six titres sur le nouvel Ep ou mini-album si vous préférez, de ce trio new-yorkais. Et pas de grands changements par rapport à son premier elpee " Laughing gallery ", puisqu'on y retrouve le même power pop injecté de punk et d'électricité. Parfois on pense à l'énergie de Green Day, de Rancid ou d'Offspring, mais qui aurait été raffinée par une sensibilité mélodique à fleur de peau...

 

Rage Against The Machine

Evil Empire

Voici le nouvel album des Rage Against the Machine: "Evil Empire". Un album dont l'intérieur du booklet témoigne de la vision très caractéristique qu'ils portent sur le monde. Une photographie d'une dizaine de bouquins éparpillés, et dont le contenu ne cache certainement pas leur couleur politique. Des noms? Jean-Paul Sartre, Henry Miller et même Che Guevara! Faut dire que le groupe a plutôt le cœur à gauche et ne se prive pas de le faire savoir. Il se dit d'ailleurs influencé par les doctrines de Marx. Quant à ses chansons, elles parlent de sujets aussi brûlants que les problèmes multiraciaux vécus aux States ou encore des inégalités sociales rencontrées à Los Angeles, leur ville natale. Pour eux, le rock doit non seulement dénoncer la société comme elle est, mais également la changer. Côté musical, "Evil Empire" semble sorti du même moule que le premier elpee. Seul changement, le producteur; Brendan O' Brien succédant à Garth Richardson. Un style hérité à la fois de Run DMC, Led Zep, Red Hot et Public Enemy; et décrit à la croisée des chemins du funk, du heavy metal, du hardcore, du punk et du hip hop. Avec à la pointe du combat, Zack De La Rocha, vocaliste qui imperturbablement, impitoyablement vocifère ses slogans...

 

Rainbirds

Making memory

L'originalité de ce trio berlinois procède essentiellement de la présence d'une chanteuse exceptionnelle : Katharina Franck ; son timbre éthéré, pur, cristallin butinant tout à tour ceux de Lisa Gerrard (Dead Can Dance), de Mary Hopkins et de Beth Gibbons (Portishead). Excusez du peu ! Pour le reste, on reste (c'est le cas de le dire !) sur notre faim, les Rainbirds se contentant de dispenser une pop mièvre, sans grand relief, légèrement teintée de jazz ou de rythm'n blues, née d'une rencontre fortuite entre arrangements symphoniques et instrumentation électronique. Sur ce morceau de plastique, seuls " Give me a kiss ", subtilement texturé dans le piano électrique et injecté de cordes de guitare imperceptiblement reverb, à la manière de " Do it again " du Steely Dan, une " Education of soul " par les percussions et une nouvelle adaptation de " Memories ", composition de Hugh Hopper du Soft machine, immortalisée il y a un peu plus d'un quart de siècle par Robert Wyatt, tentent de sauver la mise. Mais sur treize fragments, c'est un peu maigre pour mériter de rester graver dans une quelconque mémoire…

 

Eddi Reader

Candyfloss and medecine

Eddi Reader était la chanteuse de la formation insulaire Fairground Attraction, ensemble qui, souvenez-vous, avait décroché un hit single en 1988 avec " Perfect ". Depuis, elle a embrassé une carrière solo. Tournée essentiellement vers une forme de pop folk qui s'adresse paradoxalement davantage à la sensibilité américaine qu'à celle des Britanniques. Bien que bénéficiant du concours de Calum McColl, multi-instrumentiste dans le sens le plus celtique du terme, " Candyfloss and medecine " ne s'écarte guère de la ligne de conduite empruntée sur les morceaux de plastique précédents. Il y a bien quelques traces de psychédélisme, d'ambient ou de music-hall, mais en général, les compositions mettent surtout en exergue la limpidité angélique du timbre vocal d'Eddi...

 

Red House Painters

Songs for a blue guitar

En écrivant les chansons de ce "Songs for a blue guitar", Mark Kozelek avait l'intention d'enregistrer un nouvel opus solo. Mais après avoir battu le rappel de ses potes, il s'est rendu compte que ce serait sans doute une erreur. Aussi, Mark a finalement opté pour un nouvel épisode de Red House Painters. Le cinquième, pour lequel il a également reçu le concours de Ric Ocasek, leader du mythique et défunt Cars. Pas à la production, mais au mixing. Un disque dont le titre maître est un véritable morceau d'anthologie. Plus de douze minutes de garage crazyhorsien hanté par le spectre de Mark Eitzel d'American Music Club. Tout un programme! D'autant plus que Kozelek y partage le chant avec une voix féminine, tout en ayant recours à la steel guitar, un peu à la manière de Cowboy Junkies. Pour le reste de cette œuvre, Mark s'éclaire à la lueur de la nostalgie; et de sa voix résignée, chargée de tristesse et de mélancolie il tente de préserver ce qui lui reste comme étincelle de vie. Un opus beau et triste à la fois, impliquant deux covers. Une des Wings de McCartney, "Silly love songs ". L'autre de Yes, " Long distance runaround ". Mais nous vous souhaitons bonne chance pour les reconnaître! Un must!

 

Red Red Meat

Bunny gets paid

Une chose est sûre, ce quintette de Chicago voue une grande admiration à l'œuvre des Stones. Et en particulier à "Exile on Main Street". Faut même croire que si la bande à Jagger avait un jour imaginé une suite à cet opus indispensable, elle aurait accouché d'un elpee dans le style de ce "Bunny gets paid". Pas côté vocal, bien sûr. Le chant de Tim Rutilli campant plutôt un timbre guttural proche de Kevin Weatherill, leader d'Immaculate Fools. Si Red Red Meat s'autorise d'ailleurs quelque incursions dans la lo-fi semi acoustique, accomplissant dans ce domaine des performances assez remarquables, il s'illustre surtout par une musique filandreuse, sordide, claustrophobe, aux pulsations nerveuses, âpres, qui prennent une véritable dimension au fil de l'écoute. Une sorte d'urban blues déstructuré, ravagé par l'émotion et la colère, destiné à soulever des thèmes aussi brûlants que la sexualité, la solitude, le nihilisme, la faim ou l'asphyxie des métropoles (New-York notamment).

 

Lou Reed

Set the twilight reeling

Écrit par

Après sa trilogie morbide consacrée aux mégalopoles ("New York"), à l'artiste ("Songs for Drella") et à l'esprit ("Magic & loss"), Lou Reed revient à la réalité contemporaine. Celle de New York. Urbaine, encore et toujours ("NYC man"). Il en profite aussi pour dénoncer l'hypocrisie de la droite américaine ("Sex with your parents - Motherfucker- part II"). Et puis pour épancher ses sentiments profonds. Pour parler d'amour, quoi! De sa passion qu'il partage avec Laurie Anderson, à qui il dédie cet album. Enfin presque. Réservant "Finish line", en hommage à feu Sterling Morrison. Mais ce qui frappe surtout sur ce disque, c'est ce retour aux sonorités basiques de l'instrumentation. A la limite du minimalisme. Fernando Saunders à la basse, Tony ‘Thunder’ Smith aux drums et Lou au chant ainsi qu'à la guitare se partagent l'essentiel de l'espace sonore. Laurie Anderson aux backing vocaux, Roy Butter E Street et de très rares musiciens de studio complétant le décor. Lou a en outre utilisé une nouvelle technique de studio pour rendre le son plus "live", plus glauque. Un environnement qui convient parfaitement à ce spécialiste inégalable de l'énergie qu'il sous-entend de sa voix, metal-glace, faussement cynique, constamment à la recherche de ces phrases qui claquent, de ces mots qui cinglent. "Set the twilight reeling" implique en outre un titre qui figure sur la bande originale de "Brooklyn Boogie", dernier film de Paul Auster ("Egg Cream"); ainsi qu'en final un remarquable titre maître, réminiscent de "Rock 'n roll animal". Un must!

 

Refrigerator

Anchors of bleed

Apparemment, ce réfrigérateur est californien, et garantit un bien meilleur pouvoir de conservation à cet "Anchors of bleed" que celui qu'il avait accordé à son précédent opus. Un album qui nous avait d'ailleurs laissé de glace. Découpé en treize morceaux, cet "Anchors of bleed" alimente de chouettes mélodies tantôt trempées dans la lo-fi de Sebadoh ou de Swell, tantôt dans le garage épuré de Giant Sand. Une forme de minimalisme limitée à la guitare acoustique ou électrifiée, aux drums et aux harmonies vocales, parfois austères parfois luxuriantes accordées par les frangins Allen et Dennis Callaci. Le tout épisodiquement pulvérisé de bouffées de claviers. Le disque est en outre ponctué d'une superbe composition "Gold" (NDR: valant donc son pesant d'or!), qui ne dépareillerait pas le répertoire de Vic Chesnutt...

 

Quest For Rescue

Asparagus

On ne peut pas dire que le style de ce Quest For Rescue soit particulièrement original. Une sorte de choucroute garnie de grunge (Soundgarden), de grebo (Ned's Atomic Dustbin), de punk pop (Therapy ?), de noisecore (Sugar, Hüsker Dü, Green Day) de punkcore (Offspring) et même de heavy metal (Alice in Chains). Faut dire que le quatuor est allemand. Issu d'Erkrath, près de Leverkusen très exactement. "Asparagus" constitue son premier album. Un disque qui reste, nonobstant ces réserves, de bonne facture. Rythmique puissante, mécanique, ligne de basse glacée, énigmatique, riffs de guitares acérés, grinçants, sursaturés, distordus, procurent aux mélodies douces-amères une intensité constante et une énergie juvénile. On vous a quand même décelé une pointe de personnalité chez ce QFR, l'absence de morceau caché, formule qui, il est vrai, commence franchement à nous agacer...

 

Pain Teens

Beast of dreams

Sachant que Pain Teens relève de ‘Trance Syndicate’, label de l'ex-Butthole Surfers King Coffey, vous vous doutez certainement que ce "Beast of dreams" s'adresse à un public averti. Disciple de l'underground, le duo se manifeste à travers une musique opulente, étrange, hypnotique. Une musique composée et jouée exclusivement par Scott Ayers. Depuis la guitare aux samplers en passant par les drums, la basse, le violon, le sitar, les percussions et les bruitages. Bliss Blood se réservant les lyrics et le chant. Contant des histoires cauchemardesques peuplées de meurtres, d'épouvante, de troubles psychiques, etc. Des chansons qu'elle chuchote d'une voix à peine audible, insouciante, un peu comme si nous ne pouvions pas savoir. Il règne, en outre, tout au long de cet opus une intensité conflictuelle perverse, presque maladive; un peu comme si Bel Canto et Tuxedomoon voulait filer un hypothétique et impossible amour...

 

Pal Shazar

There's a wild thing in the house

Jules Shear et surtout l'ex-leader des Waterboys, Mike Scott, ont collaboré très activement à l'enregistrement de l'album de cette jeune et jolie californienne. Jules assure la plupart des backing vocaux, alors que Mike cumule piano et guitare, ne partageant le chant que pour le seul "Penny for your thought". Pal a composé toutes les chansons de cet opus. Elle joue également de la guitare. Mais surtout se réserve le lead vocal. Une voix très yankee dont le timbre campe un hybride entre celui de Tanya Donnely (Belly) et de Suzanne Vega. Certaines compositions affichent par ailleurs certaines affinités avec le style de la folkeuse new-yorkaise. Notamment les superbes "Ain't nobody's mistress but my own" et "Wade went wild", ouatées de claviers fluides. Pour le reste, hormis la texture presque garage du final "Sentimental breakdown", "There's a wild thing in the house" essaime country rock ou country folk avec tendresse et mélodicité...

 

Palace Music

Arise therefore

Palace Brothers, Palace Songs, Palace Music et Palace, c'est du pareil au même. Enfin presque. Puisque derrière ces différents patronymes, ce cache un certain Will Oldham, compositeur, guitariste, chanteur et surtout leader de cet ensemble yankee. Du Kentucky. De Louisville, très exactement. Une formation qui pratique, nonobstant le recours aux claviers, à la basse, aux guitares acoustiques ou électrifiées, aux drums et aux percussions, un country rock blues minimaliste. Un style desséché par la mélancolie languissante, désolée, morbide, des lyrics autobiographiques de Will et tourmentés par le falsetto troublant, spectral, dont les inflexions vocales rappellent parfois un certain Robert Wyatt...

 

Pangea

Pangea

Dan Lacksman, ex-Deep Forest, et Frank Michiels constituent la moelle épinière de ce projet qui répond au nom de Pangea. Un concept, dont l'album éponyme, nous entraîne sur les sentiers digitalisés de la culture d'Afrique centrale. Une world music reprofilée par l'ambient où les chants tribaux se fondent dans une symphonie de poly-rythmes. Des expérimentations que nous pourrions rapprocher de celles menées par le tandem Zazou/Bikaye si elles n'avaient pas été contaminées par le virus d'Okarina...

 

Pantera

The great southern trendkill

Écrit par

La plage qui ouvre ce nouvel opus de Pantera en dit long sur le contenu global de ce bloc en béton armé. Sauvage, aride et revendicateur, "The great southern trendkill" lamine en cinquante-trois minutes les tympans théoriquement immunisés du headbanger le plus acharné. Si la pochette et le titre constituent un hommage au rock sudiste cher à Blackfoot et Lynyrd Skynyrd, que les amateurs de boogie blues ne se méprennent pas. Le groupe de Phil Anselmo pratique un heavy radical surboosté sans nuances, appuyé par un chant beuglerie-bronchite que ne dédaigneront pas les fans de Fear Factory et de Machine Head. Comme à l'accoutumée en ce qui concerne Pantera, un stiker de censure orne le boîtier du cd... ça peut aider pour vendre des albums. On appelle cela du marketing!

 

John Parish & Polly Jean Harvey

Dance hall at louse point

" Dance hall at louse point " n'est pas un nouvel opus de PJ Harvey mais de Polly Harvey flanquée de son guitariste John Parish. Un guitariste qu'elle a récupéré lors de l'enregistrement de son dernier album, " To bring you my love ", après plusieurs années de séparation. En fait, avant de fonder PJ Harvey, elle avait déjà côtoyé ce partenaire au sein d'Automatic Dalmini. Et l'entente au sein du duo doit être à nouveau au beau fixe, puisque, pour la première fois, Polly s'est uniquement consacrée aux lyrics ; abandonnant la composition de la musique à John. Une formule qui ne change cependant pas grand chose; puisque les chansons du duo se révèlent aussi arides (si pas plus!) et impétueuses que celles du groupe. On y retrouve d'ailleurs cette même impression gothique, étrange, à la limite morbide, qui hante l'œuvre de Nick Cave. Mick Harvey, bassiste du groupe australien, vient d'ailleurs donner un petit coup de claviers et de râpe sur le standard de Peggy Lee, "Is that all there is", seule cover de l'album...

 

Pearl Jam

No code

Depuis que les musiciens de Pearl Jam ont enregistré un album en compagnie de Neil Young (" Mirror Ball "); et puis surtout ont suivi le Canadien, l'an dernier, pour mener à bien une tournée mondiale, la presse spécialisée porte un regard totalement différent sur la formation de Seattle. Assimilé, à tort, au mouvement grunge, le quintette réussit même aujourd'hui à défier le temps et la mode. Sur ce " No code ", seuls les popcore " Mankind " (Sugar? Hüsker Dü? Green Day?) et le crazyhorsien " Smile " transpirent des références plus ou moins nettes. Le reste nous entraîne dans un périple âpre, malveillant, angoissant, au sein d’un rock déchiré par la fureur et la passion. Un périple au sein duquel Eddie Vedder, redevenu maître à bord, charge chaque mot, chaque syllabe, chaque phrase d'émotion, d'amertume et de tourment...

 

Perverted

For lonely men to jerk off to

Depuis le départ de Bo Lemaître, la musique de cette formation limbourgeoise a pris une orientation plus progressive, plus expérimentale, plus métallique. Ce qui n'est pas rien lorsqu'on sait qu'à l'origine, soit lorsque son patronyme n'avait pas encore été abrégé, le groupe reconnaissait pour influences majeures Frank Zappa, Captain Beefheart et les Residents. Bien sûr, on y retrouve la voix de Genis U, dont le timbre frémissant, agressif, rappelle Johnny Rotten. Mais ses interventions vocales se font plus rares, laissant une place plus importante à des textures instrumentales complexes, atmosphériques, déchirées entre violence et sérénité. Une forme de musique néo progressive, qui mêlant basiquement l'instrumentation ethnique et la technologie moderne, n'hésite pas à incorporer des éléments de funk, de psychédélisme et même de post punk gothique. On y trouve même une composition chantée en latin! Et pour tout savoir, sachez que c'est toujours Kramer qui assure le mixing et la production de ce "For lonely men to jerk off to"...

 

Phish

Stash

Comment une formation dépourvue de la moindre originalité peut-elle récolter un tel succès au States? Et vendre autant d'albums? La réponse est simple. Le public yankee, quadragénaire en particulier, est friand de musique progressive et de hard FM. Aussi, faute de Kansas, Kayak ou de REO Speedwagon, il se tourne vers des revivalistes de la trempe de Toto ou de Phish. Dont la caractéristique essentielle est de compter d'excellents instrumentistes. Capables de s'aventurer aussi bien dans le jazz, le rock, le rythm 'n blues que le funk. Et ce "Stash", recueil de morceaux choisis du quartette, en est la plus belle illustration.

 

Poe

Hello

Née d'un père polonais, célèbre réalisateur de films, et d'une mère actrice, elle a vécu successivement au nord de l'Amérique, en Europe, en Inde et en Afrique, avant de retourner à New York. C'est ce que la bio nous raconte, laissant planer un doute sur la véritable identité de cette jeune artiste. Probablement la fille de Roman Polansky qui a choisi pour patronyme Poe, par passion pour le livre d'Edgar Alan Poe, "Le masque de la mort rouge". Pour enregistrer cet album, elle a bénéficié de la production de Dave Jerder (Alice in Chains, Jane's Addiction, Rolling Stones) et de R.J. Rice. Un disque qui démarre sur les chapeaux de roues. Avec le titre maître et le single "Trigger happy Jack (Drive by a gogo)". Compositions de pop tranchantes au groove irrésistible, nées d'un subtil mélange de hip hop, de punk, de metal et de swing. Mais, à partir du troisième fragment la solution se dilue progressivement dans l'électronique ou l'acoustique. Les rares éclairs de vitalité sont alors systématiquement rabotés par les arrangements moelleux, légèrement "dance". Reste la voix de Poe. Superbe. Instantanément identifiable. Que nous pourrions glisser entre le timbre de Suzane Vega et celui de Chrissie Hynde. Dommage!