Il n’existe pas de ligne droite pour The Beths…

The Beths, un groupe néo-zélandais composé de la chanteuse Elizabeth Stokes, du guitariste Jonathan Pearce, du bassiste Benjamin Sinclair et du batteur Tristan Deck, annonce la sortie de son nouvel elpee "Straight Line Was A Lie", le 29 août 2025. En avril,…

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Le parfum de vie de Goudi

Pierre Goudesone, alias Goudi, trace son chemin musical depuis la fin des années 80. Après s’être fait connaître en compagnie des groupes Flesh & Fell et Speaking T, il poursuit aujourd’hui une carrière solo. Son univers musical riche et profond l’a conduit à…

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Joan Osborne

Relish

La presse yankee ne tarit pas d'éloges cette jeune artiste, déjà comparée à Joni Mitchell, alors qu'elle vient juste de sortir son deuxième album. C'est vrai qu'elle possède une superbe voix. Fine, cristalline, sensuelle. Que ses textes qui traitent de sexualité, à l'instar de Liz Phair et de Tori Amos, ne manquent pas de pertinence. Ni d'impertinence. Ce qui fait très mode aujourd'hui. Et puis qu'elle voue une grande admiration à Bonnie Raitt, Bessie Smith, John Lee Hooker et Aretha Franklin. Maintenant, ne vous attendez pas à rencontrer une œuvre exceptionnelle. Ce "Relish" est de bonne facture. Epinglant de remarquables compositions arrosées d'urban blues et de folk rock. Telles que "St Teresa" et le single "One of us". Mais, en général, il privilégie les pop songs traditionnelles. Trempées dans la soul, le gospel ou le jazz ‘nightclubbien’. Des ablutions qui nous laissent sur notre soif. Paraît quand même que sur scène, elle a la pêche...

 

Ozark Henry

I am seeking something that has already found me

Filip Tanghe et Piet Goddaer ont reçu le concours de Dan Lacksman pour coproduire leur dernier album, un duo flamand qui ne déparerait certainement pas la scène trip hop de Bristol, auprès de Tricky, Massive Attack et consorts. Son cocktail de jazz, de rap, d'avant-garde, de fusion (Zappa?), de jungle, d'ambiant et de pop traçant un chemin tantôt expérimental, tantôt mélodique sur un terrain favorable aux arrangements, aussi bien à caractère symphonique, électro-synthétique, qu'aux chœurs opératiques. Sans pour autant négliger l'instrumentation basiquement rock et les vocaux suavement, étrangement chuchotés...

 

Ozric Tentacles

Become the other

Tout comme pour les albums précédents, le graphisme de la pochette est absolument remarquable. Cartoonesque, humoristique, coloré, il nous rappelle celui que Daevid Allen réservait à Gong. Gong, une source d'inspiration incontestable pour cet ensemble insulaire, sérieusement contaminé par le psychédélisme atmosphérique. Mais un psychédélisme dont les propriétés technologiques autorisent des incursions dans une foultitude de styles musicaux. Aussi bien dans le rock, le jazz, la new age, le reggae que la rock music. Le dub, également. Comme sur ce "Become the other" dont le climat n'a jamais été aussi proche de System 7, voire de The Orb. D'autant plus que les interventions vocales, déjà rares auparavant, ont été définitivement gommées. Reste donc la guitare, la basse, la batterie, la flûte et la panoplie de synthés. Bienvenue dans le monde cosmique, astral, d'Ozric Tentacles, pour y entreprendre un voyage dans le labyrinthe du subconscient. "Become the other", c'est le cas de le dire!...

 

Ocean Colour Scene

Moseley shoals

En 1992, O.C.S commettait un premier album éponyme, œuvre qui alliait à la fois l'esprit baggy des Stone Roses, le psychédélisme de My Bloody Valentine, la pop des Faces et les harmonies vocales byrdsiennes. Depuis, on ne peut pas dire que le quartette de Solihull se soit montré particulièrement prolifique. En fait, la moitié du groupe accompagne régulièrement Paul Weller sur les planches. Et cette situation a retardé la sortie de ce "Moseley shoals" tout en donnant une nouvelle orientation à la musique. Aujourd'hui presque exclusivement inspirée par les sixties. Le rythmn'n blues, tout d'abord. Celui de Spencer Davies Group et des Animals, comme sur l'excellente intro "The riverboat song", caractérisé par les claviers rognés, les cordes de guitare gémissantes et le tempo syncopé. Manfred Mann, le Spooky Tooth circa "Tobacco road" et même les Moody Blues originels (ceux dont les nuits ne s'étaient pas encore drapées de satin blanc!), ensuite. Voire dans la plupart des cas! On y recèle même des traces de seventies sur "The day we caught the train", celles des Wings de Paul McCartney, en particulier; puis lors de cet épanchement d'intensité intimiste, presque ‘dylanesque’, sur "Get away"...

 

Mike Oldfield

Voyager

Écrit par

En 1973, Mike Oldfield gravait " Tubullar bells ", un elpee dont la musique allait servir de bande sonore au film d'épouvante, " L'exorciste "; et puis surtout dont les seize millions d'exemplaires vendus allaient permettre à Virgin, de devenir le premier label indépendant mondial... Depuis, il faut reconnaître que Mike traverse une crise d'inspiration plutôt grave. En 1991, il a même poussé le ridicule à son paroxysme en enregistrant un deuxième volume de " Tubullar bells ". Ce qui ne l'a pas empêché de cumuler les disques d'or et de platine. " Voyager " n'est ni meilleur, ni pire que ses précédents albums. Mais il a au moins le mérite de revenir à une forme plus classique de son interprétation. Exclusivement instrumental, il fait la part belle aux hymnes celtiques et aux envolées de guitare atmosphériques (ça rime!). Il y aborde de nombreux thèmes traditionnels écossais et irlandais, et notamment une adaptation de la bande sonore du long métrage " Barry Lyndon ", " Women of Ireland ". Pour grand public et inconditionnels exclusivement (!?!).

 

Neurotic Outsiders

Neurotic outsiders

Imaginez un peu John Taylor, Steve Jones, Duff McKagan et Matt Sorum, réunis en studio. Ou pour mieux nous faire comprendre, le bassiste de Duran Duran, le guitariste des Sex Pistols, celui de Guns ‘N Roses épaulé par le drummer du même groupe, occupés d'enregistrer un album. Réunion improbable, nous rétorquerez-vous. Et vous avez tout à fait tort, car c'est exactement ce qui vient de se produire. Un disque pour lequel les quatre lascars ont reçu le concours de Jerry Harrison (Talking Heads, Heads) aux claviers et à la production. Ainsi que le bénéfice d'une signature sur le label de Madonna, "Maverick ". Excusez du peu! Et le résultat va au delà de toutes les espérances, les douze fragments de cet opus, impliquant une reprise du célèbre "Janie Jones" du Clash, débordant d'énergie électrique, de vivacité caustique et de passion ‘vitriolique’ (NDR: qualificatifs interchangeables!), comme si le quartette cherchait le chaînon manquant entre le hardcore juvénile d'Hüsker Dü et le métal stoogien d'Iggy Pop. Le tout raffiné de superbes harmonies vocales. Pour faire plus pop, of course!...

 

New Wet Kojak

New Wet Kojak

Au sein de New Wet Kojak, on retrouve notamment Scott McCloud et Johnny Temple, respectivement chanteur et guitariste de Girls Against Boys, ainsi que Nathan Larson, également guitariste, mais chez Shudder to Think. Deux formations new-yorkaises qui inévitablement marquent de leur empreinte, non pas un projet, mais un groupe. Expérimental, c'est vrai, mais décidé à remettre le couvert à la première occasion. La musique de NWK n'est pas facile à écouter. Sombre, malsaine, urbaine, elle implique, en outre, une forte coloration jazz. Et même free jazz. Impulsion qui accentue davantage l'impression de spleen. Pourtant, au fil des écoutes, la torpeur se mue en fascination. Un peu comme si vous assistiez à la projection d'un film nauséeux, cauchemardesque, dans une salle froide, humide. Et que le suspense et la volupté des images granuleuses, tâchées de nicotine, parvenaient à vous tenir en haleine. New Wet Kojak : le rock sordide de Tindersticks rencontre le jazz pervers de Morphine...

 

Newsboys

Take me to your leader

Newsboys vient de commettre un album très controversé. Tellement controversé que nous avons eu la perverse idée d'en rédiger une mini dissertation. (NDR : au beau milieu de l'été!) Par un plan dialectique, nous nous sommes mis dans la peau de deux types de mélomanes tout à fait opposés. D'un côté, l'ado qui découvre petit à petit les richesses infinies de la musique anglo-saxonne, sortant tous les samedis pour danser sur les tubes qu'ils a écoutés et réécoutés sur sa radio pendant la semaine. Celui-ci devra certainement apprécier ce "Take me to your leader". L'autre. Celui qui économise toute l'année pour pouvoir participer à la totalité des festivals estivaux et avoir ainsi le loisir d'applaudir les groupes qu'il a découverts par l'intermédiaire de la presse spécialisée. Celui-là n'ira pas dépenser ‘un balle’ pour cet opus. Conclusion, ce "Take me to your leader" n'est pas du tout un mauvais album. Et les onze compositions oscillant entre la pop fébrile, touchante des Manic Street Preachers et la new wave jadis étincelante, aujourd'hui ringarde d'Erasure ou de Human League, sont même très agréables à écouter. Mais l'intérêt de cet opus ne se limite bien qu'à çà. Pas vraiment notre tasse de thé...

 

Nirvana

From the muddy banks of the wishkah

Sans Butch Vig, Nirvana serait sans doute demeuré une obscure formation issue de la scène américaine. Sans Nirvana, cette même scène n'aurait sans doute pas permis à des groupes tels que Pearl Jam, Stone Temple Pilots ou Soundgarden de sortir de l'underground. Privé de Nirvana, le grunge est cliniquement mort. Reste sa discographie, de laquelle la postérité retiendra ce fabuleux hymne aux nineties, "Smells like teen like spirit ", des prestations live en demi-teinte. Et surtout des questions. A ce jour demeurées sans réponse. Pourquoi? Pourquoi Kurt Cobain a voulu mettre un terme à son existence? Etait-il complètement dépassé par la fulgurante ascension de sa formation?... Album live, " From the muddy banks of the whiskah " réunit des enregistrements réalisés entre 91 et 94. Des classiques, bien sûr. Depuis " Heart-shaped box " à " Polly " en passant par " Aneurysm " et l'inévitable " Smells like teen spirit ". Juste de quoi consoler les ‘nirvatologues’ en mal de ‘nirvanatologie’...

 

Mojo Nixon

Whereabouts unknown

La dernière fois que nous avons entendu parler de ce baroudeur (!) yankee, c'était en 1990. Relevant du défunt label ‘New Rose’, il venait d'enregistrer son sixième album, "Horny Holiday" en compagnie des Toadliquors, groupe exclusivement composé de Texans. Et tout naturellement il était reparti en tournée mondiale. Aux States bien sûr, au Canada, en Scandinavie mais également en Australie. Malgré son activité débordante et un passage furtif sur MTV, on ne peut pas dire que Mojo soit souvent parvenu à dépasser les limites de la confidentialité. Il nous revient aujourd'hui avec "Whereabouts unknown". Un album qui transpire inévitablement le boogie, le blues et le rythm 'n blues qu'il teinte parfois de roots, de country ou de jazz. Un elpee pour lequel il a reçu le concours de Will Rigby (des DB's) aux drums, d'Eric "Roscoe" Ambel à la production, mais surtout d'un formidable pianiste, Pete ‘Wetdawg’ Gordon, qui donne une coloration toute particulière à la solution sonore. Et en particulier sur le doorsien (Roadhouse blues?) "Mr Correct". Un disque qui implique deux covers. Une de W. Earl Brown", "If I can dream", et plus inhabituel des Smiths, "Girlfriend in a coma"...

 

The Nixons

Foma

Un clou chasse l'autre! Alors que Stone Temple Pilots s'est presque totalement débarrassé de ses scories grunge, les Nixons viennent de prendre la balle au bond en récupérant, sans autre forme de procès, le créneau laissé vacant par le groupe californien. Maintenant, suffit pas de s'installer, faut également pouvoir assumer. Ce que le quatuor d'Oklahoma City ne semble pas encore prêt à faire, car si sa musique manifeste une même passion, une même fureur, une même puissance, elle n'atteint pas la même intensité, le même feeling, la même spiritualité. Et si la voix de Zac Maloy affiche les mêmes inflexions que celle de Weiland, elle ne témoigne pas d'une même passion, d'une même affliction. Conclusion: aucune des compositions de ce "Forma" ne parvient à sortir d'un trop relatif anonymat!

 

Number One Cup

Possum trot plan

Bien qu'issu de Chicago, Number One Cup n'a guère d'affinités avec la musique yankee. Mais bien insulaire. Celle de Yeah Yeah Noh et de TV Personnalities tout d'abord. Formations qui ont ouvert la voie à la new wave. Et puis également antipodale. Néo zélandaise, en particulier. Pensez aux Chills, Bats et autre Clean, ainsi que dans ses moments les plus humoristico-minimalistes, à Chris Knox. Au label ‘Flying Nun’ quoi ! D'autant plus que ce "Possum trot plan" est découpé en vingt fragments qui ne dépassent que très rarement les trois minutes. Des chansons arc-boutées sur des guitares pétillantes et infiltrées de claviers légèrement rognés... Excellent!

 

Nada Surf

High/Low

Qui n'a pas encore entendu "Popular " à la télévision, à la radio ou chez un copain? Un tube devenu en l'espace de quelques semaines un titre maître pour tous les ados. Et ce, grâce à la promo de sa firme de disques, bien sûr, mais aussi et surtout à F** Radio qui a choisi cette chanson pour assurer la bande sonore de sa nouvelle publicité télévisée. Et lorsqu'on connaît l'influence de cette fréquence sur les jeunes français et belges... Pourtant, il aura fallu près de cinq ans au groupe avant qu'il ne parvienne à s'extraire de l'incognito. Précisément lorsque Ric Ocasek (leader du défunt Cars et producteur de Weezer) a mis à leur service ses dons de producteur. Une opportunité qui les placera sur orbite. "High/Low " se situe au croisement de la musique pratiquée par Offspring, dans sa période la plus mélodique, Weezer (bien sûr!), Sonic Youth, et Whipping Boy (surtout quand Matthews Caws se met à déclamer ses textes). Bref, un album à l'image du single...

 

Morcheeba

Who can you trust

Coupable de consommer du ‘trip hop’, Morcheeba clame son innocence. Nous, on veut bien! Massive Attack, Portishead et Tricky, ils ne connaissent donc pas. Pieux mensonge ! Bien sûr, leurs compositions sont imaginées et texturées au départ d'une râpe acoustique. Mais le développement ultérieur passe par un inévitable recyclage. Climatique, à la limite de l'occulte, mais recyclable, pardon recyclage, quand même (suivez la piste!). Depuis le funk jusqu'au blues en passant par la techno, le hip hop, le dub, l'acid jazz, le psychédélisme circa sixties et la pop. Un traitement qui implique aussi bien le recours aux samplings, aux scratchings et aux overdubbings qu’au sitar, aux claviers, aux cuivres et à la guitare électrique, même steel. Sans oublier la participation d'un quatuor à cordes (violons, violoncelle, alto) pour les remarquables "Howling" et "Col". Un opus qui ne manque pas d'allure, opérant une alchimie parfaite entre la technologie moderne et la magie du vaudou...

 

Muriel Moreno

Toute seule

Pas très attirés par l'œuvre de Niagara, nous n'étions pas davantage emballés par la découverte du premier elpee solo de Muriel Moreno. La surprise n'en aura été que plus grande. Car cet album est excellent! Un disque que Muriel a écrit, composé et réalisé pratiquement toute seule. Et puis interprété, bien sûr. Au piano, à la guitare, à la basse, à la batterie et aux samples. Sans oublier les parties vocales. Chez elle. Dans un studio aménagé pour la circonstance. Gilles Martin n'intervenant qu'au tout dernier moment. Quatorze fragments au cours desquels elle épanche toute sa sensibilité féminine. Sa sensualité, sa spiritualité, son goût pour l'exotisme créole, jamaïcain, africain ou oriental. Dans un climat aussi énigmatique et glamour que chez Garbage. A l'aide de lyrics empreints de poésie visionnaire. D'une voix dont les inflexions sont capables d'osciller de Lio à Brigitte Bardot en passant par Shirley Manson...

 

Motorpsycho

Blissard

La dernière fois que nous avons entendu parler de cet ensemble norvégien, c'était en 1994. Il venait de sortir "Another Ugly". Un mini album qui insistait particulièrement, à l'instar de Lenny Kravitz, sur la sonorité très seventies des compositions. Multipliant les clins d'œil à Blind Faith, Free et Pretty Things. Entretemps, Motorpsycho a changé de label et gravé "Timothy's Monster". Un album totalement passé inaperçu, mais qui marquait cependant un changement radical d'orientation musicale (NDR: ça rime!). C'est apparemment avec le même esprit que de "Blissard" a été enregistré. Quoique le groupe ait pu bénéficier pour la circonstance, des célèbres studios d'Abba à Stockholm. Une œuvre qui comporte un morceau d'anthologie de 9'45. Composition qui fusionne un peu tous les styles présents sur cet opus. Depuis la lo-fi de Pavement au krautrock de Neu, en passant par la no wave de Sonic Youth et l'ambiant jazz de King Crimson ("Islands"). Sans oublier la part d'ambient que l'on retrouve à l'état pur sur le final "Nathan Daniel's tune from hawaii". D'une manière tantôt proto paysagiste (Labradford), cosmique (Cul de Sac), voire post industrielle (Cabaret Voltaire)...

 

Bob Mould

Bob Mould

Avant de fonder Sugar, Bob Mould était le principal acteur du mythique Hüsker Dü, groupe responsable de l'éclosion de la noisy rock américaine. Entre ces deux expériences, il avait déjà tenté une aventure en solitaire. Sans grand succès. Ce qui apparemment ne l'a pas dissuadé de recommencer. Il nous revient donc avec un album solo. Eponyme. Et il n'aurait pas pu mieux choisir son titre! Car toutes les compositions, toute l'instrumentation, toutes les parties vocales et même la production sont assurées par Bob. Dix compositions où l'artiste manifeste toute son amertume, sa douleur, sa révolte, ses angoisses à travers les lyrics. Musicalement, il aborde trois styles fondamentalement différents. Plus cold d'abord, plus lancinant, un peu à la manière d'un Love Spit Love ou d'un Jesus & Mary Chain. Comme sur "Anymore time between" ou "Next time that you leave", lorsque les guitares grinçantes, crépitantes se mêlent avec des rythmes convulsifs, excitants. Dans une style plus traditionnel ensuite, inévitablement proche de Sugar ou d' Hüsker Dü ("I hate alternative rock", "Art crisis"). Et puis finalement, de la pop plus harmonieuse, plus sophistiquée, plus accessible. Il n'a d'ailleurs pas hésité à utiliser les claviers et la guitare acoustique presque ‘edkuepperienne’ pour enrichir la texture de certains morceaux. Comme sur les petites perles "Fort Knox, king Solomon" et "Hair stew". L'opus implique même un intermède instrumental limité aux claviers, intermède dont la mélodie mystérieuse, presque occulte nous a littéralement glacé le dos. Superbe!

 

Mr. Bungle

Disco volante

Derrière Mr Bungle se cache le chanteur de Faith No More, Mike Patton. Enfin, lui et quelques potes. Notamment ceux avec lesquels il partageait sa sombre existence avant de remplacer Mosely au sein de FNM. "Disco volante" constitue le deuxième volet des élucubrations de Mr Bungle. Etranges, hostiles, déstructurées, hallucinées elles explorent un funk surréaliste, avant-gardiste, morbide, dérangé, dont la violence domestique rappelle les frasques étudiées du défunt et mythique Frank Zappa. Parfois, l'expression devient même filmique, et s'enfonce dans l'univers de la bande sonore cinématographique. Que n'aurait pas désavoué un Fellini. Ou alors David Lynch. Hallucinant!

 

Mega City Four

Soulscraper

Bien que fondé en 1987, ce quatuor insulaire rame désespérément dans l'antichambre de l'élite musicale. Et ce n'est pas faute d'avoir essayé de s'en extraire. Ce "Soulscraper" constitue d'ailleurs son quatrième opus. Mais apparemment son style est boudé par les Insulaires qui lui reprochent, peut-être, de ne pas avoir accepté de se laisser enfermer dans le même sac grebo, où moisissent ou ont moisi, les Pop Will Eat Itself, Wonderstuff, Senseless Thing, Ned's Atomic Dustbin et consorts. De trahir davantage une dévotion pour le punkcore d'Hüsker Dü. Et ce n'est pas ce "Soulscraper" qui résoudra le dilemme. Déjà que les lyrics cultivent un sentiment de culpabilité et d'amertume. Mais en plus toutes les compositions reposent sur cette ambiguïté de ton. Agrégeant groove rampant, adolescent, véhément et sens mélodique vulnérable, dont l'énergie nerveuse, irascible est raffinée par des harmonies vocales immaculées, à la limite byrdsiennes...

 

The Melvins

Stag

Les Melvins viennent de commettre leur album le plus progressif à ce jour. Mais progressif dans le sens où l'âge de l'acier est un progrès par rapport à l'âge de la pierre. En fait, ce trio californien, jugé responsable de la naissance du grunge, n'a pas tout à fait renié le culte satanique qu'il voue à Kiss et Black Sabbath. Il s'est surtout adapté aux circonstances du temps et de la mode, inoculant un zeste de cuivres, une pincée de ‘scratches’, un doigt d'expérimentations post industrielles et quelques miettes de délire cartoonesque, dans sa débauche de riffs de guitares malveillants, fracassants, ses accès de basse menaçants, ses drums écrasants et ses vocaux monolithiques. Seul le pseudo folk (Tom Waits ?) " Cottonmouth " ainsi que le remarquablement floydien et allègrement psychédélique " Black box " échappent au naufrage. Mais c'est un peu maigre pour prétendre à une véritable évolution.

 

Metallica

Load

Écrit par

Chroniquer objectivement "Load" n'est pas chose aisée pour quiconque a succombé en 1984 à l'énergie dévastatrice de "Kill em all", premier assaut de Metallica qui engendra à lui seul la vague trash et la tendance au metal extrême. Si le groupe se réclamait à l'époque de Motörhead, Discharge et Venom, James Hetfield et compères ne dissimulent pas aujourd'hui une certaine admiration pour Oasis, Neil Young et Aerosmith. Après avoir réussi l'ultime en matière de trash, Metallica présente aujourd'hui un parcours dans le registre de la diversité, de la nuance et du (hard) rock. L'alternance de tempos lents et enlevés, l'apparition de véritables refrains, et les nouvelles performances vocales d'Hetfield ont le mérite de surprendre, donc de susciter un intérêt certain. L'album que tous les métalleux ont attendu avec la langue pendante nous propulse dans un décor complètement différent, un scénario d'une grande richesse à des années lumière de tout ce qui apportera aux "Four horsemens" un nouveau noyau de fans, tandis que d'autres se consoleront en dévorant le dernier Sepultura.