La clef de TOPS git 6 pieds sous terre…

TOPS sortira son nouvel elpee, "Bury the Key", ce 22 août. Le quatuor propose une musique intemporelle qui allie profondeur et immédiateté. Il s’agit de son premier album complet depuis 2020, un opus qui explore des tons plus sombres tout en restant maîtres…

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La fresque de Vincent Delerm

Six ans après « Panorama », le chanteur cinéaste au cœur battant Vincent Delerm élargit encore son travelling sentimental en gravant « La Fresque ». Un huitième album dont la chanson-titre parlée, sur un arrangement tout en palpitations électroniques et…

Denver ou DNVR ?

DNVR est l'étoile montante de la scène soul française, fusionnant les grooves sensuels…

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Une excellente reprise de Sly & The Family Stone et un nouvel album pour Red Beans & Pepper Sauce

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Sur son nouvel opus « Supernova », Red Beans & Pepper Sauce livre une musique incandescente où classic rock et soul fusionnent avec une intensité rare. Une véritable supernova sonore, une déflagration musicale portée par des riffs puissants, des rythmes envoûtants et une voix saisissante. Un hommage passionné à ces deux courants musicaux qui ont forgé l’identité du groupe. Pour les amateurs de sensations fortes et de sonorités authentiques, « Supernova » est un voyage au cœur même de l’essence de Red Beans & Pepper Sauce, un combo en perpétuelle quête d'un nouveau défi à relever. Un elpee qui a bénéficié du concours de nombreux invités de marque venus prêter main forte, des rencontres exceptionnelles faites en tournée que les Red Beans ont voulu convertir en musique : Fred Chapellier, Emmanuel Pi Djob, Boney Fields, Johnny Gallagher, Sax Gordon, Manu Lanvin, Yarol Poupaud et Fred Wesley.

Le clip de « I Want To Take You Higher », ft. Wesley/Yarol/Lanvin/Fields/Djob, une excellente reprise de Sly & The Family Stone, est disponible

 

 

Heather Nova

Nettoyer, c'est guérir, non ?

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A l'instar de son nouvel album, la musique d'Heather Nova lui ressemble : elle parait intemporelle.

Treizième elpee en trente ans de carrière pour Heather Nova, sirène (le titre de l'un de ses albums) bermudienne sur qui le temps semble avoir aussi peu de prise que la mer sur le sable. Cette perle, titre de son disque le plus célébré, qui navigue entre rock alternatif, pop dépouillée et références folk indie, remet du souffle dans ses compositions grâce à « Breath And Air », après un long playing de reprises, paru il y a trois ans. Sa voix éthérée qui évoque Kate Bush et Joan Baez, deux de ses héroïnes de jeunesse tout comme Patti Smith, fait chalouper des compositions fluides pour ne pas dire d'une limpidité forcément... caribéenne.

De quoi traite la première plage du nouvel elpee, « Hey Poseidon », et pourquoi introduit-elle l’œuvre ?

Je vis aux Bermudes et, pour la première fois depuis très longtemps, j'ai effectué de la voile en famille durant deux semaines. Ayant grandi sur un voilier, cette croisière m'a, en quelque sorte, redonné le sentiment d'être libre. Au fil de l'âge, nous avons tendance à être coincés dans nos habitudes et nos schémas de pensée...

Observant l'horizon, cette activité m'a communiqué le sentiment que les limites sont un état d'esprit et que nous pouvons toujours nous en débarrasser.

Puis-je affirmer que votre musique est plus liquide que fluide ?

Cette idée de liquide ou fluide me plaît, car, à mes yeux, il s'agit de la même chose. Elle suggère un flux, et cette musique en est un ; un flux de mélodies, de conscience, de pensées. Quand j'écris une chanson, des choses me viennent à l'esprit et je libère en quelque sorte ces sentiments et ces réflexions.

La musique serait-elle, dès lors, une sorte de catharsis pour vous ?

Oui, elle l'a toujours été depuis que j'ai commencé à écrire et composer. J'avais 12 ans et je vivais sur un petit voilier de 12 mètres au milieu d'une famille de cinq personnes. Je traversais des bouleversements, ces nouvelles émotions qui, à l'adolescence, transforment le corps et l'esprit. J'avais des parents merveilleux, mais avec qui je ne pouvais pas vraiment parler de ces sentiments, car ils s’occupaient des deux autres enfants, plus jeunes. J'ai donc intériorisé toutes ces situations. A cette époque, je m'installais seul sur le pont du bateau avec ma guitare, et toutes mes émotions ressurgissaient sous forme de chansons. C'était ma thérapie et ma catharsis. Et c'est toujours le cas...

J'ai parfois l'impression d'être trop auto-complaisante en écrivant constamment sur ce que je ressens, alors que des événements bien plus globaux et importants mériteraient mon attention. Mais cela m'est tellement naturel !

Le spectateur ou l'auditeur peut s'identifier à un artiste qui partage sa réalité. Ce qui crée des liens et permet à chacun de se sentir moins seuls dans ses propres préoccupations.

L'eau nettoie ou guérit d'une certaine manière ?

Je pense que nettoyer, c'est guérir, non ? Lorsque vous nettoyez votre corps, lorsque vous jeûnez, vous nettoyez votre corps pour ensuite le guérir. L'eau fait les deux... métaphoriquement.

Qu’expriment les paroles de la chanson, « The Lights on Sicily » ?

Je l'ai écrite loin de chez moi. Elle évoque le sentiment d'être anonyme ailleurs. Comme si vous pouviez ressentir exactement qui vous êtes, plus encore que lorsque vous vivez dans le contexte de votre domicile. Une expérience solitaire, mais également révélatrice...

Que signifie le dernier titre du long playing, « Farewell » ?

Parfois, j'écris des chansons pour me réconforter par rapport à ce que je m'attends à perdre. J'essaie de me préparer au deuil. Il est inévitable que les personnes que nous aimons soient ‘éphémères’, mortelles, comme nous tous. Je tente donc d'y trouver un sens et de m'y préparer. Cette chanson parle de la mort, de la transition qu'elle représente et de la beauté qu'elle peut avoir.

Vous êtes croyante ?

Non, mais emplie de spiritualité.

Je crois à un mystère et à la bienveillance de ce mystère.

Vous avez participé à ‘Lilith Fair’, festival de musique itinérant qui, à la fin des années 90, défendait le rock féminin et la présence des femmes dans la musique. Que pensez-vous de l'évolution de notre société après le mouvement ‘#MeToo’ ?

L'attention importante qui y a été accordée à l'époque est bénéfique. Mais en regardant autour de moi, je ne constate pas de grands changements dans notre comportement social ou culturel. Il y a sans doute une plus grande prise de conscience et un plus grand respect pour ce genre de situation. Mais il nous reste encore un long chemin à parcourir...

Pourquoi avoir enregistré cet album de reprises, révélateur du spectre de vos goûts puisqu'il comprenait aussi bien des titres de Rick Astley, The Pixies ou de Foreigner...

En fait, je m'y suis attaqué pendant la Covid, alors que je m'ennuyais de ne plus pouvoir tourner ou enregistrer. C'était un peu comme si je me lançais des défis. Même une ritournelle qui paraît totalement artificielle comme « Never Gonna Give You Up », en la dépouillant de sa production pour l'interpréter de manière acoustique, révèle une très belle chanson.

Oui, exactement. Mais j'ai été surpris qu'il n'y ait ni Kate Bush ni John Baez que vous révérez.

Parce que je voulais m'attaquer à un répertoire éloigné de moi. Je ne voulais pas de chansons avec lesquelles j'ai grandi et que j'adore. D'ailleurs, jamais je n'oserais toucher à Kate Bush...

Heather Nova : « Breath And Air » (V2) 21/02/2025

En concert le 5 mai à De Roma, Anvers

 

 

Colt

Prêts à conquérir le monde…

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Après avoir milité au sein du duo Coline & Toitoine, Coline Debry et Antoine Jorissen ont décidé de changer de patronyme et d’opter pour celui de Colt, en 2018. Depuis, l’ascension du tandem belge est constante. A tel point que son concert programmé à l’Ancienne Belgique, ce jeudi 20 février, est complet. Son premier elpee, « Mille Vies », sur lequel figure le tube « Insomnies », a cartonné.

Antoine joue du piano depuis l’âge de 5 ans. Il a étudié la composition de musiques de films au Conservatoire de Mons. Coline –qui est la sœur du rappeur DIEGO, avec qui le groupe a écrit « Break Up With Your Cellphone »– a pratiqué du chant lyrique et a participé à de nombreuses comédies musicales, dès sa tendre enfance.

En basculant de l’anglais au français, le mélange rafraîchissant d’électro pop et de rock urbain de la formation est parvenu à séduire le public, notamment francophone.

Votre serviteur avait découvert le duo au Manège de Mons, en 2019, dans le cadre de l’’Envol Des Cités. Et il pressentait ce futur succès.

Le supporting act est assuré également par un autre duo électro/pop, Ambrose Dust. Il réunit le chanteur/guitariste Adrien et le claviériste Théophile. Entre douceur aérienne et puissance brute, sa solution sonore ‘dark’ invite à l’introspection. L’identité visuelle du band est accentuée par le côté sombre de sa musique caractérisée par un jeu de contrastes audacieux. La voix est étonnante. Cristalline et androgyne, elle amène une dimension intéressante à l’ensemble. En outre, les compos sont dansantes. Ce qui sert d’entertainer idéal pour la tête d’affiche page ‘Artistes’ ici).

Multigénérationnelle, la foule trépigne d’impatience en attendant Colt. Elle crie, sautille ou jette les bras en l’air. La scène est dépouillée : un piano droit placé à l’extrême- gauche et au centre, un synthé, le MPD et le bidouilleur de sons. Une tenture sépare le podium en deux, dans le sens de la largeur.

Antoine s’installe derrière ses machines (MPD, programmateurs, etc.), les tapote en douceur et entame « Milles Vies » au chant. Des lumières bleues inondent le podium, et Coline vient le rejoindre pour l’accompagner aux vocaux. Puis les beats électro dispensés par les percus et les synthés s’emballent. Coline bondit un peu partout sur les planches et occupe pleinement l’avant-scène. Fortement applaudie, elle salue chaleureusement l’assemblée. Avant de passer à « Première », elle clame : ‘Bonjour Bruxelles, vous assistez au dernier concert de la tournée ’Mille Vies’ et au début de la suivante’. Antoine se plante devant le piano droit et Coline raconte ses premières fois et son parcours depuis son adolescence, ses premiers concerts, les premiers 10 ans. A l’issue du morceau, elle confesse son émotion de se produire dans une Ancienne Belgique sold out. Elle ajoute même : ‘On est entre nous’. Elle signale qu’une personne, dont le duo a déjà pas mal parlé sur les réseaux sociaux, n’est pas foutue d’être présente. Elle s’épanche alors sur l’intimisme de ses chansons. Pendant les refrains de « Reboot », l’auditoire chante à pleins poumons. Elle annonce que le concert va vraiment commencer. Puis, le rideau tiré à l’arrière tombe et laisse apparaître une estrade que se partagent le drummer Gaspard et deux claviéristes, Mazarine et Charline, cette dernière se chargeant également de la basse.

« Esquive » relate une histoire d’amour et « La Salle Aux Lumières », paru en 2022, un coming-out, très personnel, qui a déclenché, chez Coline, l’envie d’écrire et de chanter l’opus « Insomnies », dans la langue de Molière.

Elle explique la raison pour laquelle il y a une bougie allumée au-dessus du piano. C’est pour rendre hommage aux personnes discriminées dans le monde. Les premiers rangs brandissent des ballons de baudruche lumineux. Et l’effet est accentué par les smartphones qui s’allument dans la pénombre.

Elle empoigne une sixcordes électrique pour attaquer « Démarre », mais la gratte n’est pas branchée. Elle doit recommencer la chanson. Sur le ton de l’humour, elle déclare : ‘Ma guitare n’était pas allumée. Pas à L’AB, non c’est scandaleux. Faudra le signaler à ceux qui s’occupent des balances !’ Ce qui déclenche l‘hilarité dans l’auditoire. Ce morceau traite paradoxalement de la mort. Puis les claviers entrent en conflit, se déchirent. Coline adopte une voix falsetto. « Chaos » est un hit qui a bien évolué. Il lui permet d’inviter le public à s’accroupir. Et à son signal, il saute et jumpe de partout. Dingue !

Après le légèrement plus rock « Invisible », le set replonge dans l’électro, mais dynamisée par la ligne de basse de Charline. Coline demande à la foule de serrer les rangs afin de lui permettre, ainsi qu’à Antoine, de se lancer dans un crowdsurfing. Puis ils accomplissent un aller-retour jusqu’aux ¾ de la fosse.

« ODIO » est interprété en chant lyrique et dans la langue de Verdi. Antoine est posté derrière le piano, alors qu’un faisceau lumineux de couleur bleue se focalise sur lui. Pendant ce temps, un brass band s’installe derrière le duo, sur l’estrade : deux cors de chasse, une trompette, un trombone à coulisse et un bugle. Nouveau titre, « Saveur Cœur Abimé » évoque la relation avec la mère et la famille de Coline. Elle salue d’ailleurs sa maman présente dans la fosse. Le brass band poursuit son intervention.

Pendant la petite chanson d’amour, « Oublie Pas Ok ? », elle sollicite la foule, pour allumer les petites lumières. Une compo qui prend aux tripes. Youssef Swatt’s est invité sur les planches pour partager un duo avec Coline, tout au long du rap doux, indolent et poétique « Etoile filante »..

Elle présente « Demi-Mot », une compo destinée à faire revivre l’amour. Et « Fleuve » achève le concert proprement dit. Coline remercie le public. Pour elle, un rêve de gosse s’est réalisé : faire l’AB. Petite, elle y a découvert ses premiers artistes.

Un des meilleurs concerts auxquels votre serviteur a assisté cette année. Et quelle superbe ambiance ! Les novices découverts dans la cité du ‘doudou’ sont prêts à conquérir le monde. De futures stars !

Setlist : » Mille vies », « Première », « Reboot », « Esquive », « La Salle Aux Lumières », « Démarre », « Chaos », « Invincible », « ODIO », « Saveur Coeur Abimé », « Oublie Pas Ok ? », « Etoile Filante » (avec Youssef Swatt’s), « Demi-Mot », « Fleuve ».

Rappel : « Reboot, Insomnies » (Acoustique), « Insomnies ».

(Organisation : Backinthedayz + Ancienne Belgique)

Pour les photos, c’est

 

The Veils

Finn Andrews se fait son cinéma…

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« Asphodels », le septième opus studio de The Veils, a été enregistré en cinq jours aux Roundhead Studios à Aotearoa, en Nouvelle-Zélande, là où vit aujourd'hui Finn Andrews, avec sa compagne et sa fille.

Finn, c’est le leader, le chanteur et le créateur du groupe. C’est également le fils du membre fondateur de XTC, Barry Andrews.

Le titre de l'album est emprunté à la fleur des Enfers de la Grèce antique. Introspectif, ce long playing est le résultat d’une collaboration entre Andrews et l’arrangeuse de cordes Victoria Kelly.

Finn a pris en charge la production en raison de contraintes financières.

The Veils, signé par Rough Trade Records à l'époque où Finn Andrews avait 16 ans, a collaboré avec des réalisateurs renommés comme Tim Burton et David Lynch. Et son premier elpee, « The Runaway Found », a célébré ses 20 ans, l'année dernière…

Finn est venu parler de son dernier album, mais pas seulement…

Quelle est l'importance de Neil et Tim Finn, icônes du pop rock kiwi, de Splitz Enz et Crowded House, deux de leurs groupes, dans votre musique ?

Il est amusant que vous posiez la question, parce que cet album a été réalisé dans le studio de Neil Finn. Ce qui a donc probablement eu un impact sur les sessions. Neil a construit ce studio il y a peut-être 20 ans et il constitue comme une sorte de cadeau pour la Nouvelle-Zélande. Car à l’époque, on n’y trouvait rien de tel. Il possède le plus bel équipement qui soit, notamment un piano Steinway qui se trouvait autrefois au Royal Festival Hall de Londres.

Tout ceci nous a en quelque sorte permis d'enregistrer cet album en seulement quatre jours de prises tant tout paraissait simple et fluide. Par ailleurs, je connais bien Neil et Tim Finn et surtout Liam, le fils de Neil que j'ai beaucoup côtoyé au cours de ma jeunesse. Les Finn Brothers sont de véritables légendes dans ce pays.

Sur le plan musical, nous sommes tous influencés par la musique que nous écoutions adolescents. C'est un facteur très important, dans notre éducation musicale.

Oui, c'est certain ; le label Flying Nun existait dans mon enfance. Beaucoup de musiciens de ce label sont des amis de mon père. Chaque fois que papa venait me rendre visite quand j'étais enfant, des personnes comme Chris Knox, Shayne Carter et autres passaient toujours par la maison pour enregistrer et jouer de la musique. C’est l'arrière-plan de mon enfance. Cependant, j'ai passé mon adolescence en Nouvelle-Zélande à espérer être ailleurs. J'étais impatient de m'échapper à la première opportunité et d'atterrir à Londres, où je suis resté pendant 20 ans. Nous avions donc tous, dans le groupe, l'impression d’appartenir à un band londonien ; et désormais, vivant en Nouvelle-Zélande j'ai l'impression de faire partie de ces deux endroits en même temps.

Vous évoquiez votre père qui militait chez XTC, formation de pop-rock restée trop méconnue. A-t-il exercé une influence sur votre musique ?

J'ai adoré le groupe de mon père et leurs 17 albums ; ce qui me paraît faramineux. Il a évidemment été une grande source d'inspiration et je suis extrêmement fier de ce qu'il a accompli.

Vous vous êtes réinstallé en Nouvelle-Zélande, il y a cinq ans à peine. Au niveau de l'écriture, êtes-vous sensible à celle de Katherine Mansfield, grande figure néo-zélandaise des lettres ?

Je suis un vrai fan de Ted Hughes et d'autres poètes anglais et irlandais. Je suis tombé amoureux de la poésie avant la musique. Mais c’est récemment que j'ai vraiment essayé d'écrire des poèmes. Il s'agit d’un tout autre univers dans lequel je viens seulement de plonger. Mais j'ai toujours tenté d'insuffler aux chansons de la sensibilité ; j'ai toujours été attiré par les auteurs-compositeurs qui consacrent beaucoup de temps aux paroles et tenté de leur ressembler. Je souhaitais être parolier autant que musicien.

Existe-t-il une mélancolie néo-zélandaise ?

(Il rit) Oui, sur le plan musical, il y a toujours une sorte de junkie, de drogué sur la plage ou quelque chose qui ressemble toujours à une sorte de Flying Nun, de nonette volante, en effet, des années 80.

Plus sérieusement, la mélancolie est omniprésente dans le paysage. De ce point de vue, je me sens plus néo-zélandais que britannique, parce que ce sentiment intervient fréquemment dans mes chansons ; j'imagine, en quelque sorte, que les paysages néo-zélandais y contribuent. Ils procurent une sensation très différente de celle suscitée par les paysages de l'Angleterre qui s'est certainement infiltrée dans une majorité de mes chansons.

Et il y a un côté intemporel, parce qu'une grande partie du pays semble si intacte, même s’il a succombé à une sorte d'agriculture industrielle et que ce n'est pas toujours la carte postale qu'on imagine. Mais il y existe des endroits enchanteurs où l'on a le sentiment que seuls les oiseaux y ont vécu depuis des millions d'années.

Mon père dit toujours, pour se moquer, que la Nouvelle-Zélande ressemble au Surrey dans les années cinquante.

Vous insistez sur l'importance de violon de Victoria Kelly. Mais à l'écoute de l'opus, le piano se révèle également primordial...

J'ai tenté d'en améliorer ma pratique au cours des dix dernières années. En jouant des concerts en solitaire à la suite de la parution de mon album solo, il y a huit ans. Notamment ! Je n'ai vraiment commencé à apprendre le piano qu'à la fin de mon adolescence. Je ne me suis donc jamais pris au sérieux sur cet instrument, et encore aujourd’hui ; mais je compose presque exclusivement au piano désormais. Cette évolution est assez récente.

C'est l'instrument familial par essence ; celui que joue mon père, que pratiquaient sa mère et son père. Cela m'a procuré le sentiment de me connecter à une longue tradition familiale. C'est donc un instrument lourd à plus d'un titre dans notre famille. Je le prends donc au sérieux, et je crois avoir toujours craint de donner l'impression que j'essayais d'être un véritable pianiste, tout en étant conscient de ne pas l'être vraiment ; d'autant que je n'ai jamais vraiment pris de cours. Mais j'adore le toucher et j'aime le sentiment d'avoir un lien profond avec le piano, bien plus qu'avec la guitare, dont je pouvais jouer pendant que je chantais, ce qui m'occupait les mains.

J'ai tellement forcé sur le piano que je me suis cassé le poignet en en jouant, il y a trois ans...

Vos compositions ont été utilisées par des réalisateurs comme Tim Burton, David Lynch ou Paolo Sorrentino. Pensez-vous un jour composer la B.O d'un film ?

J'adorerais m’y consacrer. En revanche, je ne peux pas vraiment m'imaginer devoir écrire quelque chose et être totalement à la merci d'un réalisateur. David Lynch et Paolo Sorrentino ont utilisé du matériel existant. Il n'y a eu aucune contrainte pour moi. Mais j'étais ravi, car je ne m'attendais pas à entendre ma musique au cœur d'un film, moi qui étais tellement cinéphile au cours de ma jeunesse, au point de vouloir devenir réalisateur. Tous ces réalisateurs ont exercé une telle influence sur moi. Et jamais, je ne me serais imaginé entendre mes chansons dans leurs productions.

Etes-vous dès lors inspiré par les images que vous avez vues dans des films lorsque vous écrivez et composez des chansons ?

Bien sûr. Tout s'y trouve dans ceux que j'ai pu voir et qui m'ont marqué.

Comme ?

‘Blue Velvet’. Je me souviens l'avoir vu quand j'étais très jeune, et il revient souvent dans nos chansons. ‘Paris, Texas’ de Wim Wenders également. Ils sont tous là. Nous sommes exactement tout ce que nous avons vu, en bien ou en mal. C'est ce qui colore nos pensées. Toutes ces choses qui se déroulent au début de l'adolescence, la première fois que tu vois quelque chose qui t'étonne vraiment. Je pense que tu ne t'en remettras jamais. Et c'est vrai pour le film. D'ailleurs, David Lynch parlait d'un évènement traumatique qu'il a vécu au cours de son enfance, et qui l'a marqué à vie, lui donnant l'envie de faire du cinéma.

Les Pixies ont également été influencés dans leurs chansons et leurs paroles par les films de David Lynch...

Ce qui me paraît logique. David Lynch, qui a été aussi musicien et producteur musical, a exercé une influence si profonde sur la musique populaire au cours des 30 à 40 dernières années. Beaucoup d'artistes s'y réfèrent.

Certains de nos albums ont d'ailleurs été enregistrés chez lui. Il possédait un studio incroyable dans sa maison, qui ressemble à un cinéma, et dont nous avons pu disposer.

Nous avons enregistré sous la houlette de Dean Hurley, qui a été son producteur musical pendant de nombreuses années, et c'est ainsi que nous nous sommes retrouvés impliqués dans ‘Twin Peaks : the return’, car nous croisions David Lynch chez lui. 

The Veils : « Asphodels » (V2) 24/01/2025

L.A. Witch

Le dieu canin de L.A. Witch

L.A. Witch a émergé de l'underground rock sud-californien en plein essor grâce à un son qui fusionne le psychédélisme rétro et la dark-wave intrépide. Aujourd'hui, le groupe annonce un nouvel album, « DOGGOD », qui sortira le 4 avril 2025. Il a été enregistré à Paris et le groupe y repousse les limites de sa formule tout en réfléchissant aux thèmes spirituels de l'amour et de la dévotion. L.A. Witch a également partagé le single « 777 », qui souligne la capacité du groupe à mélanger dynamisme et rêverie. La chanson est à la fois brumeuse et viscérale, avec des guitares punk et un groove parsemé d'harmonies de guitare.

Sade Sanchez, membre de la formation explique : ‘Une partie de l'énergie de notre nouvel album est due au fait que nous avons pu enregistrer dans une ville que nous aimons tous et qui est si différente de la nôtre. Enregistrée aux studios Motorbass à Paris, « 777 » est une chanson qui parle de la volonté de mourir pour l'amour en le servant ou en souffrant pour lui. Il s'agit de la loyauté jusqu'au bout. Remplie de chœurs et de guitares, c'est l'une de nos morceaux préférés et nous sommes impatients de le jouer en concert’.

« DOGGOD » résume parfaitement l'approche de L.A. Witch. C'est à la fois romantique et menaçant, révérencieux et profane, une célébration et une complainte. L’opus a pour fil conducteur la relation entre le passé et le présent. Il prend des sons familiers et les remet au goût du jour. Cependant, il annonce aussi une nouvelle ère pour le band, en regardant au-delà des souvenirs Kodachrome de l'Amérique du milieu du siècle et creusant plus profondément dans les énergies médiévales et gothiques de Paris et d'ailleurs.

Le clip de « 777 » est disponible

 

 

BATZ

L’enfant sauvage de BATZ…

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Le groupe électro BATZ (Franck Marchal et Sébastien Moreau), signe son retour avec « Wild Child », un single puissant et hypnotique, une odyssée électro envoûtante, entre mystère et intensité à découvrir en single et en clip. Après avoir marqué les esprits avec leur album « Red Gold Rush », il y a un peu plus d’un an, BATZ nous invite à un nouveau voyage sonore et visuel. Porté par des synthétiseurs analogiques et des guitares résolument rock, BATZ joue ici encore avec les atmosphères cinématographiques (on entend même dans le clip des extraits de dialogues de films). Le beat devient rapidement hypnotique et les nappes créent un climat immersif, un terrain de jeu pour l’imagination et l’évasion, annonçant une direction musicale plus pop. Le clip a été réalisé par Sébastien Moreau et produit par Franck Marchal, un véritable court métrage d'anticipation à l'atmosphère envoûtante.

Le duo électronique a su imposer sa signature sonore unique dès son premier album « Red Gold Rush ». Inspiré par des artistes comme Vangelis, Giorgio Moroder, John Carpenter, Depeche Mode ou Jean-Michel Jarre, le duo convoque les synthés analogiques et des boîtes à rythme vintage à travers des titres immersifs et largement cinématographique.

Dans la vidéo, un enfant, plongé dans une nature luxuriante, évolue seul dans un monde sauvage et mystérieux. Mais est-il le dernier survivant d'une humanité éteinte ? Ou s’agit-il d’une autre planète, quelque part au-delà de notre système solaire.

La vidéo de « Wild Child » est disponible ici

 

 

Morcheeba

L’amour de Morcheeba…

Écrit par

Formé à Londres en 1995, Morcheeba a tourné aux quatre coins du monde, vendu plus de 10 millions d'albums et s'est imposé comme l'un des groupes les plus influents de ces dernières décennies.

Après son premier opus devenu culte, « Who Can You Trust ? », paru en 1996, Morcheeba a sorti 10 elpees studio, dont le fameux « Big Calm » en 1998, disque de platine. Le groupe légendaire a également collaboré avec David Byrne des Talking Heads et signé des bandes originales pour le réalisateur oscarisé Steven Soderbergh.

À l'occasion de son 30ème anniversaire, Morcheeba reste plus que jamais dans l'ère (l’air ?) du temps et s'apprête à célébrer ce moment en grande pompe.

Pour 30 années de plus !

En effet, les rois du trip-hop ont sorti un nouveau single, « Call For Love ». Ce morceau marque le premier retour musical depuis « Blackest Blue », en 2021.

Le clip est à découvrir

« Call For Love » est une mélodie envoûtante et relaxante, produite par Ross Godfrey, membre du groupe. C'est du pur Morcheeba : un morceau baigné dans la réverb et porté par la voix hypnotique de Skye. Ce titre est le premier avant-goût de leur futur album qui devrait sortir cette année.

 

Estelle Giordani

Estelle Giordani sème à tout vent…

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Autrice-compositrice-interprète originaire de la Haute-Savoie, Estelle Giordani avait gravé son premier elpee, « La première », fin 2019.

Elle nous revient avec un Ep intitulé « Sème ».

« Sème » c'est un éveil fougueux, libre et sensible. Une chanson française entre folk organique, pop acoustique planante et ballade éthérée.

Ecrites depuis le sol natal (la Haute-Savoie), les 5 chansons qui composent cet Ep ont germé entre racines, enfance et transmission, et toutes portent un vœu qui vibre haut.

« Sème » à la forme impérative, c’est le vœu de réveiller la terre qui dort et de voir éclore les histoires comme des promesses.

La vidéo de « Blanche princesse » est disponible

 

Jasper Steverlinck

La guérison de Jasper Steverlinck…

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Le nouvel elpee de Jasper Steverlinck marque le retour d’un des artistes belges les plus appréciés. Six ans après son dernier opus, l’interprète nous livre un travail plus personnel que jamais. Troisième LP solo de Jasper Steverlinck, « The Healing » vient de paraître. Cet essai est d’ores et déjà à considérer comme un tournant dans sa carrière.

Pour cet album, l’artiste s’est associé avec le producteur suisse Tom Oehler. Sur ces treize nouveaux titres, Jasper Steverlinck se confie sur le processus de guérison qu’il a traversé ces dernières années. L'auteur relate un périple fait d’introspection, d'évolution personnelle et, à la fin, de libération. L’interprète plonge dans son for intérieur, de « Nashville Tears », morceau empreint de sincérité, à « Till We Meet Again », titre final teinté d’espoir.

Pour les concerts live de « The Healing », Jasper Steverlinck opte pour un changement radical d'approche. La tournée de « Night Prayer » avait été créée sous le signe de l’intimité. Cette fois, l’artiste mise sur un spectacle dynamique et sur le mariage parfait entre des moments intimes et des passages grandioses.

Inspiré par la nature hypnotique du travail de Nick Cave, il a conçu un concert composé de contrastes. Silence et explosion, intimité et puissance musicale. Tout est opposition. Pour y parvenir, l’interprète s’est entouré d’un groupe éclectique. Citons bien sûr son compagnon musical habituel, Valentijn Elsen, virtuose du piano, rejoint ici par une volée de nouveaux musiciens triés sur le volet.

Grâce à une loop station, Jasper Steverlinck ajoute une dimension supplémentaire à l’œuvre. Il crée, en live, des arrangements multivocaux qui viennent sublimer son talent vocal.

« The Healing » est la suite logique du long playing, devenu disque d’or, « Night Prayer » de 2018, lequel a débouché sur une tournée réussie de plus de 200 dates, pour le bonheur de 70 000 spectateurs.

« The Healing » (NPO Radio 2) est à découvrir, en ‘live’, ici

 

 

Thomas Fersen

Thomas Fersen a choisi sa reine…

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Trente-et-un an après son premier album paru chez tôt Ou tard, Thomas Fersen revient avec un nouvel album où il revisite ses morceaux emblématiques, accompagné par le trio SR9.

Thomas Fersen dévoilera, le 28 février 2025, « Le choix de la reine », dans lequel il réinvente ses compos emblématiques en collaboration avec l’ensemble de percussions TrioSR9. Cet opus conjugue son univers poétique et l’inventivité sonore d’instruments tels que le marimba, le vibraphone, le glockenspiel et le piano préparé.

Sous la direction de Clément Ducol (Vincent Delerm, Camille, Vianney...), arrangeur et réalisateur, l'elpee offre un éclairage nouveau à des titres incontournables, renforçant leur dimension fantastique et théâtrale.

Ces réinterprétations font écho aux vers de ‘Dieu sur Terre’ (2023, L’Iconoclaste), premier roman poétique de Thomas Fersen, et traduisent une quête d’intemporalité où le mot, le silence et le geste se mêlent aux vibrations des instruments.

Le trio SR9 insuffle une modernité singulière, tout en soulignant l'étrangeté et l'irréalité des personnages chers à l’artiste. Chaque son crée un espace vivant, amplifiant les ombres de ce répertoire avec une subtilité qui invite à la contemplation.

Une série de concerts permettra de découvrir ce nouvel univers en live. Thomas Fersen propose une expérience où l’invisible se dévoile, porté par la puissance des mots et la résonance des lames de bois et de métal.

La vidéo de « Blasé » est disponible

 

SOKY

La prise de SOKY…

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Auteure/compositrice/interprète, SOKY cofonde le groupe électropop M/A en 2015.

Son Ep, « Fight », sorti en 2017, et son album « Forty After Eighties », en 2020, rencontrent un bel accueil auprès des médias ; et les clips, « Wonderful Life », « The Clones » et « Dance for Me » cumulent près de 60 000 vues.

En 2022, elle démarre un nouveau projet en duo baptisé DELICATE.

Invité par le DJ Italien Wender à participer à son nouvel album, DELICATE lui propose 2 titres, « All Together » et « Soleil de Minuit », dont ils sont auteurs et interprètes.

Ces 2 morceaux sont choisis par Wender pour figurer sur son elpee, « Stories », paru en 2021.

Le long playing « Stories » de Wender se classe #1 du top iTunes Dance Italia à sa sortie, devant celui de David Guetta.

En 2023, DELICATE sort un nouveau single « La Main Jaune », dont le clip roller disco réalisé par ATEMI Productions, est diffusé sur MTV.

À la suite de ces 2 aventures aussi riches que fructueuses, SOKY a besoin de se recentrer et de voyager dans la musique autrement.

Après différentes phases exploratoires et expérimentales, SOKY décide de sortir son premier Ep solo en 2025.

Influencée par Björk, Jeanne Added, Etienne Daho, Portishead, Vivaldi, Agnès Obel, Weval, Erik Satie, Kings of Leon ou encore Junior Boys, elle nous livre 4 titres électropop en français et un remix.

On retrouve Joachim Olaya du Collectif Scale au mix (Chloé, Carl Craig, Bachar Khalifé, ...) et Sébastien Lorho du studio Near Deaf Experience au mastering (Shaka Ponk, Thomas Fersen, Amelia Warner, ...)

Sur ce premier Ep intitulé « Tenir », elle aborde des thématiques très personnelles telles que la persévérance et l’accomplissement (« Tenir »), le rapport au corps (« Rien de Pire »), la féminité sauvage (« Mangeuse d’oiseaux ») ou encore la sidération et notre lien à la Nature (« Béton Pacotille »).

Béton Pacotille à écouter ici

Charles

Le Sabotage de Charles…

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Après un premier Ep et un premier album remarqués, manifestes de son fascinant univers dark-pop alternatif, Charles revient avec une esthétique punk et pourpre pour présenter un projet audacieux qui la voit, pour la toute première fois, raconter ses histoires captivantes en français. Un nouvel Ep baptisé « Sabotage », et qui s’érige comme le récit initiatique chaotique et formateur d’une nouvelle femme forte, nourrie par les expériences et les mélodrames de sa petite vingtaine, qui fait enfin éclater sa bulle pour la faire sauter à nos visages et à nos cœurs.

La grande nouveauté de cet Ep réside dans une collection de morceaux entièrement déclinés dans les deux langues, en français et en anglais. Un défi fou et laborieux, mais surtout un exercice formateur pour celle qui a toujours douté de ses capacités dans sa langue maternelle.

D’abord pensés en anglais, les cinq titres ont été réécrits en français par la suite, en restant fidèles au sujet initial pour certains, et en revisitant la trame pour d’autres, comme sur « Miroir » et « Red Light », qui partagent les mêmes bases mais se séparent là où l’un parle de cette addiction à la fête, et l’autre d’une addiction plus précise aux opioïdes.

Pour Charles, le choix de la langue a toujours été purement affinitaire, et l’introduction du français sur « Sabotage » découle surtout d’une envie d’explorer d’autres horizons. Loin du mythe selon lequel on traduit plus facilement ses secrets dans une langue étrangère, Charles affronte ses vices et ses histoires avec la même hargne, dans la langue de Molière. En témoignent ses textes forts et importants sur les abus psychologiques (sur l’électrisant « Inner Peace » / « silence ») ou l’addiction à la drogue (« Marble » / « le marbre »), vibrants de sincérité, qu’importe la langue dans laquelle on les écoute.

Gravas

Les couleurs de Gravas…

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Aurélie Gravas est une chanteuse obsédée par la peinture. Et c’est aussi une peintre envoûtée par la musique. Elle transforme les visions hallucinées de ses toiles en chansons, chaque morceau en tableau, et chaque mot en une couleur.

Françoise Vidick, batteuse chanteuse (Joy, dEUS, Zap Mama) est sa sœur, sa voix et ses rythmes du cœur. Une langue siamoise est née de leurs voix entremêlées. Marc A. Huyghens, guitariste chanteur (ex-leader de Venus, Joy) est son frère pigment, délicat ou radical.

Trio rock folk minimaliste belge, Gravas déploie les visions hallucinées de grands espaces libérateurs et de mondes intimistes et privés, perçus à travers le trou d’une serrure. La musique évolue entre lentes ascensions souterraines et chevauchées oniriques, avec l’intimité et la puissance qui nait de la formule magique en rock, le trio.

En 13 titres, ce premier elpee s’ouvre sur la description d’un dernier instant vécu sur terre et de l’imminence d’une catastrophe (« I’m on Earth »), et se termine par la douceur ambiguë d’un amour sororal et serein (« Sisters »).

Entre deux, on y croise des femmes-lionnes qui vagabondent dans des prairies fluorescentes, des chiens de traîneau qui emportent les derniers trappeurs, des enfants orange qui vivent les yeux clos, des drames qui se changent en du velours, des vieilles femmes qui chantent au bord des falaises. Les maîtres du temps sont maudits et les lois sont écrites par des femmes…

Le clip de « Is it the Moon » est disponible

Bienvenue dans le monde halluciné de Gravas !

 

Les Volcans Dorment

Les "Monstruations", de lorsque Les Volcans Dorment

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Le collectif post-rock féministe Lorsque les volcans dorment, réunit des membres de Bank Myna et de Skinsitive. Pour inaugurer cette nouvelle étape, le groupe dévoile un clip à la fois crépusculaire et libérateur : "Monstruations", premier extrait de son album attendu pour le 14 mars prochain 2025 chez Voice Of The Unheard records.

Ce clip pose les bases d'une œuvre profondément intime mais qui va bien au-delà, en transformant un parcours traumatique individuel en expérience collective et militante. Réalisé par Pierre Sopor Montali, avec la complicité d'Alain Delvare dans un esprit DIY, il incarne l'essence même du groupe avec une esthétique brute et poétique, inspirée des atmosphères crépusculaires de Dario Argento et du cinéma de Julia Ducournau et Coralie Fargeat. Le texte est signé par la poétesse Sélia Louise Château.

Le premier opus de Lorsque Les Volcans Dorment est pensé comme une longue montée en puissance combinant post-rock solaire et électro-indus glacé. Chaque morceau de l'elpee est une histoire, portée par des invité∙es issu∙es de différents horizons (slam, poésie, musiques extrêmes...) Le long playing s'accompagne d'un zine imaginé et fabriqué par le collectif ; il regroupe les textes originaux des différent∙es invité∙es, assortis de collages, découpages et illustrations 100% DIY.

La vidéo de "Monstruations" est à découvrir ici

 

 

Elise Bourn

L’alliance d’Elise Bourn…

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Elise Bourn est une jeune artiste folk d'origine néo-zélandaise au talent brut.

Chanteuse et multi-instrumentiste autodidacte, elle a écrit et enregistré son premier album majoritairement depuis sa chambre d'enfance. Des chansons chaleureuses, empreintes de spiritualité et d'une rare profondeur.

Repérée très jeune par le Collectif Øpera, elle développe son projet sous le parrainage discret des réalisateurs new-yorkais Timothy Bright (Kate Davis, Grey Reverand, Lazlo Blane) et nantais Grégoire Vaillant (Abraham Fogg, Paul Colomb, Moongaï), ainsi que du batteur angevin Baptiste Brondy (Delgres, M, Jean-Louis Aubert).

En 2022, elle sort un premier single "Fire Eyes" qui sera propulsé à l'international par Curators et lui ouvrira les portes d'une première tournée en solo dans les SMAC françaises (Stereolux, Carène, Astrolabe, VIP etc.) et quelques festivals (MaMA, We will folk you, Mo Low, Heimathafen Berlin etc.).

Son premier opus, "Covenant", qui paraîtra, en avril 2025, rend hommage aux grands des années 60-70.

Composées lors du premier confinement, en 2020, les chansons de l'elpee racontent des histoires touchantes. Le son granuleux et rond des enregistrements, ainsi que la douceur et la sincérité avec lesquelles l'artiste partage ses mots, évoquent un mélange entre Adrianne Lenker et Joni Mitchell ou encore This Is The Kit fusionné avec la production sonore de Beck.

Le clip consacré à "Pickles" est à voir et écouter ici

 

Steven Wilson

Chef d'œuvre en vue: Steven Wilson dévoile son nouvel album en avant-première

C'est un événement qui fait grand bruit dans le petit monde de la musique progressive. Steven Wilson, le musicien culte, auteur-compositeur et producteur, leader de Porcupine Tree, se prépare à sortir son huitième album, “The Overview” et le moins que l'on puisse dire, c'est que c'est une production ambitieuse.

Cet album de quarante-deux minutes est l'œuvre la plus audacieuse de Wilson à ce jour - ce qui n'est pas peu dire, car toute son œuvre est innovante. Dans cet album écrit, produit et mixé dans son home-studio entre décembre 2023 et août 2024, Wilson élargit une fois de plus les paramètres de la musique progressive, un genre qu'il a longtemps contribué à redéfinir à travers sa carrière solo et son travail au sein de Porcupine Tree.

“The Overview” se compose de deux chansons : “Objects Outlive Us” et “The Overview”, inspirées par « l'effet de vue d'ensemble » que ressentent les astronautes lorsqu'ils regardent la Terre depuis l'espace. Dans cette œuvre unique, Wilson va puiser dans les différentes périodes de la musique moderne, du classicisme 'prog' (“Dark Side of The Moon”) aux expérimentations électroniques (ambient music, Aphex Twin), en passant par la pop 'indie'. On y retrouve donc des clins d'œil aux disques de Porcupine Tree, mais aussi au scénario de l'album The Raven That Refused To Sing, à l'électronique progressive de The Future Bites et aux références spatiales de son précédent album The Harmony Codex. Après avoir expérimenté avec différents styles au cours de sa carrière, il fait exploser les frontières et s'autorise une sorte d'anthologie sonore, une encyclopédie rétro-futuriste ouverte sur le “tout”, sur l'immensité cosmique.

Wilson est accompagné par ses musiciens habituels: Craig Blundell (batterie), Adam Holzman (claviers) et Randy McStine (guitares). Andy Partridge, de XTC, un des artistes que Steven admire le plus, a contribué aux paroles.

L'album sort le 14 mars 2025 sur Fiction Records. Pour le pré-commander, c'est ici. Pour l'album teaser, c'est

Steven Wilson se produira au Cirque Royal le mercredi 7 mai à guichets fermés.

 

Laura Cox

Biberonnée au blues et au heavy rock vintage…

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En quelques années à peine, Laura Cox s’est imposée sur la scène musicale. Considérée comme l’une des chanteuses-guitaristes les plus en vue du rock français, grâce à ses deux premiers albums « Hard Blues Shot » (2017) et « Burning Bright » (2019), elle peut s’enorgueillir de s’être produite lors des plus grands festivals européens (Hellfest, Pol’and’Rock, etc.) et d’avoir participé à la célèbre émission allemande consacrée au rock, Rockpalast.

Ce jeudi 13 février, elle est programmée au Zik-Zak, à Ittre, soutenue par un backing group au nouveau line-up, puisque le guitariste Mathieu Albiac a été remplacé par un claviériste. Une belle occasion d’évaluer ses compos sous un angle neuf, sur les planches. D’autant plus que son nouvel opus devrait sortir bientôt et qu’inévitablement, elle va nous en proposer des extraits. Et le concert est sold out.

Le drummer, le claviériste et le bassiste entament « Freaking Out Loud », un extrait du second long playing, « Burning Bright », en attendant l’arrivée de Laura Cox. Elle débarque ensuite, armée de sa dobro. Accentuée, la ligne de basse communique des accents bluesy old school au morceau.

Extrait du futur elpee, « A Way Home » embraie. Un rock idéal pour le ‘live’ ! Issu du premier LP, « Too Nice For Rock’n’Roll » macère dans un climat hard rock bluesy et crasseux. A cause des sonorités de la sixcordes, proches de celles de la Gibson SG d'Angus Young, alors que la voix de Laura rappelle plutôt celle de Lita Ford.

Autre nouveau titre, « Grosse Bouche » se distingue par ses riffs huileux et graisseux, poursuivis par des claviers Hammond tout droit sortis des seventies. 2’30 de pure intensité ! Et lorsque ces riffs sont sculptés dans le southern hard blues, on ne peut s’empêcher de penser à Lynyrd Skynyrd et ZZ Top.

La voix de Laura est vocodée tout au long de « So Long » (« Head Above Water ») et lorsqu’elle s’emballe, elle semble hantée par Pat Benatar voire Joan Jet, et en particulier sur « Take Me Back Home », alors que l’expression sonore fleure bon le heavy metal à la AC/DC.

Laura explique qu’il lui arrive de proposer des versions acoustiques de ses chansons, à l’instar de « Fire Fire », mais aussi de reprises dont « Personal Jesus » de Depeche Mode (NDR : ou encore « Hallelujah » de Leonard Cohen, mais pas proposée ce soir) qu’elle a le bon goût de nous réserver. Un moment magique !

« Before We Get Burned » nous entraîne, dans notre imaginaire, à travers les grandes plaines du Far West, aux States. Et à l’écoute de l’inédit, « No Need to Try Harder », pas de doute : on a hâte de découvrir ce nouvel opus.

Deux plages du troisième long playing, « Head Above Water », s’enchaînent : le titre maître et « Wiser ». Le son est bien gras et lourd, tout en restant mélodique. De quoi confirmer que Laura a été biberonnée au blues et au heavy rock vintage.

Le concert s’achève par l’efficace « Bad Lucky Blues », un hard rock teinté de blues.

Excellente prestation pour Laura Cox qui aura également brillé par son interactivité face à un public conquis d’avance, il faut le reconnaître. Laura se produit souvent en Belgique, mais c’est la première fois qu’elle foule les planches du Zik-Zak ; et elle signale que ce ne sera pas la dernière.

Setlist : « Freaking Out Loud », « A Way Home », « Too Nice for Rock 'n’Roll », « Grosse bouche », « So Long », « Take Me Back Home », « Set Me Free », « Fire Fire » (acoustique), « Personal Jesus » (Depeche Mode cover) (acoustique) (mail), « Before We Get Burned », « Last Breakdown », « No Need To Try Harder », « Head Above Water », « Wiser », « One Big Mess », « If You Wanna Get Loud (Come to the Show) », « Bad Luck Blues ».

Pornographie Exclusive

Le duo “Pornographie Exclusive” crée l'événement à Bruxelles grâce à la première de son ciné-concert

C'est sans nul doute un des concerts de l'année qui s'est déroulé à l'Espace Magh hier soir. C'était la première belge du ciné-concert “One-Way Ticket To The Other Side”, accordé en clôture du festival “Court Mais Trash”.

Pornographie Exclusive, c'est un couple aussi bien sur scène que dans la vie, composé de Séverine Cayron et Jérôme Vandewattyne. Sa musique fait voler en éclats les frontières entre les genres musicaux, en concoctant un mélange alchimique d'influences cold-wave, goth-rock, psyché, darkwave, shoegaze, krautrock, techno et indus, le tout sublimé par une dimension cinématographique. Les deux artistes sont également actifs dans le septième art : Séverine en tant qu'actrice et Jérôme, comme réalisateur (notamment, du film ‘The Belgian Wave’). Et, cerise sur le gâteau, Séverine joue merveilleusement du violoncelle.

Hier, à Bruxelles, le duo fêtait la sortie de son premier album, gravé sur vinyle par le label Antibody, et on peut dire, sans exagérer, qu'ils ont cassé la baraque. Les chansons étaient rehaussées par la projection sur grand écran de clips réalisés par des réalisateurs différents, le tout relié par des séquences filmées par Jérôme et présentant un 'road-movie' très 'lynchéen', décalé et dystopique. Deux personnages masqués y traversaient un monde apocalyptique. “Ce sont un peu nos 'alter egos'”, a précisé Séverine Cayron lors de l'interview accordé il y a quelques semaines. “On ne sait pas qui ils sont vraiment. Tout est un peu dans un flou artistique.”

Le spectacle, époustouflant, alternait entre les moments calmes, “ambient” (“Pire que la Douleur”), les séquences psyché (“Kosmische Liebhaber”) et les envolées electro-rock les plus violentes (“Cracks”), démontrant toute l'étendue du spectre musical du duo. Un inédit, “Slander”, joué à la fin du show, avait même des accents techno-indus, évoquant par moments Nine Inch Nails. Le public fut clairement conquis, accordant une 'standing ovation' aux deux musiciens à l'issue du concert.

Une chose est sûre: hier, PE a gagné son “one-way ticket” pour le succès...

Pour regarder des extraits du ciné-concert, c'est ici.

Pour lire l'interview de Pornographie Exclusive, voir ici

Pour écouter l'interview en podcast de l'émission WAVES (avec, en bonus, les sélections de PE), c'est ici

Pour écouter et acheter l'album de PE, c'est sur le label bruxellois Antibody de Yannick Franck.

Jasper Steverlinck

Un concert cinq étoiles…

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Une fois n’est pas coutume ! Alors que les tensions politiques Nord-Sud sont vives, votre serviteur fait irruption chez les Vlamingen. Et par les temps qui courent, les Wallons ne sont pas nécessairement les bienvenus en Flandre.

Direction Gand précisément, une bien jolie ville belge, située en Région flamande, au confluent de la Lys et de l'Escaut.

Jasper Steverlinck se produit au Capitole, un ancien cinéma transformé en eldorado des amateurs de musique, de comédie, de cabaret, de ballet ou encore de stand-up. Bref la culture y est bien implantée !

L’endroit compte environ 1 500 places. La date est sold-out depuis un bon bout de temps. Autant le signaler, les spectateurs francophones se comptent eux aussi sur les doigts d’une main, alors que la vedette qui livre son show jouit d’une renommée internationale.

L’intérieur, de type Art Déco, est drapé de tissus rouges tant au sol qu’en élévation, ce qui lui confère un côté intimiste. Adéquat pour la prestation de ce soir, l’artiste ayant choisi de s’armer d’une gratte semi-acoustique le temps d’une tournée.

Son nom est inévitablement associé à celui d’Arid, qui a pas mal sévi sur les ondes. Un groupe de rock belge incontournable réunissant des figures de proue de la scène rock indépendante comme le guitariste David Du Pré, le bassiste Filip Ros et le drummer Steven Van Havere.

Jasper et son groupe ont été finalistes du ‘Humo's Rock Rally’, en 1996. En 2000, Arid a sorti son premier opus, « Little Things of Venom » et sa suite « All Is Quiet Now », en 2002. Le band s’est également produit au festival ‘Rock Werchter’, à plusieurs reprises…

La formation a suspendu son aventure dès 2012, en partie à cause de ce succès. Il ne se reformera qu’exceptionnellement et notamment à l’occasion du vingtième anniversaire du premier long playing, acclamé par la critique. L’album y sera joué dans son intégralité.

Pas étonnant donc que le peuple se soit déplacé en masse.

Après avoir monté divers projets, dont un consacré à un album de reprises intitulé « Songs of Innocence » et entrepris une carrière de coach dans ‘The voice’, version néerlandophone, Jasper Steverlinck décide alors de se remettre à l’écriture, sous sa forme la plus pure et la plus subtile. Et depuis, il embrasse une carrière solo avec le succès qu’on lui connaît.

Après une brève intro laissant augurer le meilleur, le Gantois sert un « Here’s To Love », d’une justesse imparable, immédiatement suivi de « That’s Not How Dreams Are Made », tous deux issus de « Night Prayer », son précédent (et excellent) disque. Une vision personnelle de la guérison comme l’homme aime à le signaler.

Aucun doute, l’expression sonore fait immédiatement penser aux regrettés Jeff Buckley et Freddie Mercury, l’artiste parvenant à accomplir de grands écarts dans les octaves. Mais, c’est dans les aigus qu’il est le plus à l’aise comme ses deux pairs.

L’utilisation des projecteurs est réduite à sa plus simple expression ; ils mettent en exergue les principaux acteurs, Jasper Steverlinck évidemment, mais aussi son comparse, l’excellent pianiste Valentijn Elsen.

Afin d’agrémenter le spectacle, l’un ou l’autre morceau bénéficie du concours de musiciens additionnels, alternant contrebasse et violoncelles. De quoi rassurer quant à la qualité de la prestation !

Et si le live est prétexte à servir les titres de « The Healing », son nouveau-né, à l’instar de cette ravissante « Annabelle », le chanteur n’est pas en reste en ce qui concerne l’intégralité de sa carrière.

Ainsi, le spectateur a pu se délecter d’un moment de grâce, lorsque plongé dans une quasi- pénombre, blotti dans un recoin de la scène, Jasper s’est mis à nu lors de « Night Prayer », le titre maître de son précédent elpee. Un moment grandiose ; et c’est peu dire !

Une compo ayant pour effet d’immortaliser l’instant. Les accords des instrumentistes sautillent joyeusement comme des gouttes d’eau sur le sol et plongent l’auditoire dans une atmosphère empreinte de douceur.

JS maîtrise assidument sa gratte ; c’est un sacré musico. Ses doigts glissent agilement sur le manche. La complicité qu’il voue avec son équipe fait plaisir à voir. Des sourires s’échangent même entre deux petites blagues que seuls ceux qui maitrisent la langue de Vondel peuvent comprendre.

Un « Cold » du feu de Dieu, dévoile une facette encore inconnue de son répertoire. Sa voix haute percée atteint des sommets. Le public en reste bouche-bée.

Après avoir exploité au mieux les aigus de son organe vocal, c’est avec une réinterprétation de « Life on Mars » que le Sieur rend un hommage vibrant à une grande voix de la sphère musicale, David Bowie. Un titre qui figure par ailleurs sur « Songs Of Innocence », un elpee paru en 2005.

En guise de clin d’œil à ses comparses d’antan, c’est « You Are », en mode fast tempo, qui est proposé, plaçant ainsi le millier de spectateurs dans une forme olympique et dont les applaudissements fusent encore aujourd’hui. Une chanson qui s’ouvre vers de grands espaces de liberté, réanimant de vieux feux sacrés.

Comme s’il avait encore quelque chose à prouver, l’homme de cœur et de talent entame alors un « Nessun dorma », extrait de l'opéra « Turandot » de Puccini. Une interprétation d’une précision époustouflante, rappelant au passage le regretté Luciano Pavarotti qui peut, de là-haut, être fier de notre compatriote.

Et des reprises, il en sera encore question, à l’instar de ce « Somebody To Love » de Queen ou encore de « Domino », un titre de Clouseau, un combo fondé formé en 1984 autour du chanteur Koen Wauters et qui vient de signer sa tournée d’adieu.

Le concert touche doucement à sa fin. Steverlinck se livre alors en toute humilité et se positionne en résilient tout au long de « Rivers », un titre dans lequel il se livre en toute humilité face aux doutes qui l’ont submergé pendant longtemps. Mais, c’est dans la nature qu’il a pu retrouver les ressources nécessaires face aux vicissitudes de la vie. Une compo qui lui sert de pansement, en quelque sorte…

Généreux et altruiste, Jasper, en parfaite forme, est entré en communion totale avec ses musiciens et un public qu’il parvient constamment à choyer.

« Raise my voice » intervient naturellement pour se dire, non pas adieu, mais un aurevoir. Les loopings (séquences musicales destinées à être répétées indéfiniment) s’effacent peu à peu, sa voix retentit encore et encore et le refrain devient entêtant. Au fil du temps, les musiciens quittent la scène eux aussi, ne laissant plus distinguer que des notes qui s’estompent. Steverlinck, dans un dernier élan, salue le public et prend congé. Les boucles s’arrêtent alors définitivement, les lights s’éteignent, le vide s’installe insidieusement et la solitude s’invite alors dans l’auditoire.

Le concert est à présent terminé. L’artiste s’est dévoué corps et âme durant plus de deux heures.

Aucun doute, grâce à ses chansons aigres-douces, le public se souviendra encore longtemps de cette prestation cinq étoiles...

 

 

Ventura

Le superhéros de Ventura…

Le cinquième album studio de Ventura, « Superheld », sortira le 7 mars 2025 chez Vitesse Records. Parallèlement à cette annonce, le groupe en a extrait le single « Most Arts » accompagné d'un clip réalisé par Elise Gagnebin-de Bons.

Ventura (Lausanne, Suisse) a débuté en 2003 et a publié 4 elpees à ce jour.  « Superheld », son cinquième opus a été enregistré sous la houlette de Serge Morattel, et affiche un son légèrement plus agressif et intense que le précédent long playing, même s'il explore quelques nouvelles voies à travers des chansons comme le semi-acoustique « Freeze In Hell » ou le motorik « Optimistic ».

Le single « Most Arts » parle en partie des gens qui prétendent aimer toutes sortes d'art ou de musique, et en partie du meurtre d'Abby Choi, un mannequin de Hong Kong dont le corps sans tête a été retrouvé trois jours après sa disparition. ‘J'ai vu une interview’, commente le chanteur/guitariste Philippe Henchoz, ‘dans laquelle un détective disait simplement qu’il était toujours à la recherche du mannequin, et notamment de la tête. J'ai trouvé cela assez brutal et, en même temps, drôle…’

Le clip de « Most Arts » est disponible ici

 

High Vis

Une énergie communicative !

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Initialement formé en 2016, sur les cendres de nombreux groupes punk hardcore, High Vis est un groupe établi à Londres, mais dont les membres sont originaires des quatre coins du Royaume-Uni et de l'Irlande. Le chanteur, Graham Sayle, a grandi dans une famille ouvrière du nord-ouest de l'Angleterre ; ce qui explique pourquoi la lutte des classes est un thème régulièrement abordé dans les paroles, mais aussi, pourquoi le patronyme a été inspiré d’une marque connue de vêtements de travail.

Son troisième elpee, « Guided tour », est paru ce 18 octobre 2024, une œuvre empreinte d'une énergie et d'une mentalité street punk, tout en intégrant des références post punk, britpop, néo-psychédélique, hardcore progressif, house, garage, gothique et shoegaze.

La tournée de la formation passait par la Belgique et s’arrêtait, notamment, ce 5 février, au Trix à Anvers et le 8 du même mois, au Cactus Muziekcentrum de Bruges, avant de poursuivre son périple en Grande-Bretagne. C’est le concert accordé au Trix auquel nous avons assisté. Compte-rendu.

Narrow Head assure la première partie. Issu du Texas, il a également publié un troisième long playing, « Moments of Clarity », mais il remonte à février 2023. Lors d’un set de presque 40 minutes, il a enchaîné les morceaux de cet opus. Et les amateurs de shoegaze ont manifestement apprécié les riffs saturés des grattes et l’énergie dispensée par le chanteur/guitariste, Jacob Duarte (photos Romain Ballez )

Place ensuite à High Vis. Dès le premier titre, « Talk For Hours », extrait du premier LP, « No Sense No Feeling », Graham Sayle, met littéralement le feu à l’auditoire. Son influence punk hardcore se retrouve dans l’énergie explosive qui anime spontanément la foule, amassée au bord de la scène. Et un flot constant de stage diving va déferler jusqu’à la fin du spectacle.

A aucun momenl le public ne s’est calmé. Lorsque les aficionados ne grimpent pas sur le podium, pour se jeter aussitôt sur la foule, ils chantent à tue-tête avec Graham en s’empoignant joyeusement pour participer à cette fête.

Graham semble toujours aussi surpris du succès fulgurant de High Vis. Ce qui peut cependant s’expliquer, car la colère qui nourrit les textes, il la partage avec son public.

Le combo n’en oublie pas ses plus gros hits, à l’instar de « Altitude » et « Walking Wires », qui figurent sur ce même album de 2019.

Et bien évidemment il nous réserve plusieurs extraits du dernier, « Guided Tour », dont « Drop Me Out » et le morceau éponyme. Finalement Graham Sayle a tombé le tee-shirt, lors du final, « Choose to Lose ».

Si l’heure de concert est passée en un clin d'œil, elle a laissé les fans ravis…

(Photos Romain Ballez ici

Setlist :

    Talk for Hours

    Altitude

    Walking Wires

    Drop me Out

    Guided Tour

    0151

    Out Cold

    Farringdon

    Mob DLA

    Forgot to Grow

    Fever Dream

    Mind’s a Lie

    Trauma Bonds

    The Bastard Inside

    Choose to Lose

(Organisation : Live Nation + Trix, Anvers)

 

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